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Full text of "La bibliothèque du marquis de Santillane"

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THE  UNIVERSITY 
OF  ILLINOIS 
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L161— O-1096 


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http://archive.org/details/labibliothquedumOObibl 


LA  BIBLIOTHÈQUE 

DU 

MARQUIS  DE  SANÏILLANE 


CËALON-SUR-SAONÉ 
IMPRIMERIE    FRANÇAISE    ET    ORIENTALE    DE   E.    BERTRAND 


LA  BIBLIOTHÈQUE 


DU 


MARQUIS  DE  SANTILLANE 


PAR 

mwmr 

OF  THE 

MARIO    SGHIFF        W1VERS.tyof.ll.noi8, 


ARCHIVISTE-PALEOGRAPHE 
ÉLÈVE    DIPLÔMÉ    DE    L'ÉCOLE    DES    HAUTES    ÉTUDES 


PARIS  (2e) 

LIBRAIRIE  EMILE  BOUILLON,   EDITEUR 

67,    RUE    DE    RICHELIEU,    AU    PREMIER 

1905 

(TOUS   DROITS    RÉSERVÉS) 


BIBLIOTHÈQUE 

DE  L'ÉCOLE 

DES  HAUTES  ÉTUDES 


PUBLIEE  SOUS  LES  AUSPICES 


DU  MINISTÈRE  DE  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE 


SCIENCES   HISTORIQUES  ET   PHILOLOGIQUES 


CENT  CINQUANTE-TROISIÈME  FASCICULE 

LA     BIBLIOTHÈQUE     DU     MARQUIS     DE      SANTILLANE 
PAR      MARIO      SCHIFF 

ARCHIVISTE-PALÉOGRAPHE 
ÉLÈVE    DIPLÔMÉ    DE    L'ÉCOLE    DES    HAUTES    ETUDES 


PARIS  (2-) 
LIBRAIRIE  EMILE  BOUILLON,  ÉDITEUR 

67,    RUE    DE    RICHELIEU,    AU    PREMIER 
1905 


(TOUS   DROITS    RÉSERVÉS) 


*■"*>    r^    y-»    jr^i  -•!     K"*rv 


A 
M.    Alfred    MOREL-FATIO 

qui  m'a  fait  connaître  l'espagne 
ET  A 

D.   Marcelino  MENÉNDEZ  Y  PELAYO 

QUI   ME    LA    FAIT   AIMER 

Je  dédie  ce  livre, 

Florence,  mars  1905, 


A  V*/  A  i^-i*  W>i-Î4 


BOOKSTACKS  OEEICB 


Sur  l'avis  do  M.  A.  Morel-Fatio,  directeur- 
adjoint  des  Conférences  de  philologie  romane,  et  de 
MM,  G.  Paris  et  E.  Châtelain,  commissaires  res- 
ponsables, le  présent  mémoire  a  valu  à  M.  Mario 
Schiff  le  titre  à' Elève  diplômé  de  la  Section  d'his- 
toire et  de  philologie  de  V Ecole  pratique  des  Hautes 
Etudes. 

Paris,  le  3  novembre  1901. 

Le  Directeur-adjoint  de  la  Conférence, 
Signé:  A.  Morel-Fatio 

Les  Commissaires  responsables, 
Signé  :  G.  Paris. 

E.  Châtelain. 

Le  Président  de  la  Section, 
Signé  :  G.  Monod. 


REMOTE  STORA 

BOOKSTA  rtCE 

AVANT-PROPOS 

HWIVERSip 

Le  14  août  1884  les  députés  espagnols  votèrent  une 
loi  autorisant  le  Ministre  de  l'instruction  publique  à 
acquérir  la  bibliothèque  des  ducs  cTOsuna  ei  de  l'In- 
fantado(l).A  partir  de  cette  époque,  cette  célèbre 
collection  est  incorporée  à  la  Bibliothèque  Nationale  de 
Madrid  (2). 

On  sait  que  Pancien  fonds  de  la  bibliothèque  de 

1.  En  1841,  à  la  mort  de  D.  Pedro  AJcântara  de  Toledo,  trei- 
zième duc  de  l'Infantaclo,  le  titre  de  L'Infantado  et  les  biens  de 
cette  maison  passèrent  à  l'aîné  des  fils  de  sa  nièce,  D.  Pedro  Tellez 
Giron,  onzième  duc  d'Osuna,  et,  après  la  mort  de  celui-ci,  à  son 
frère  D.  Mariano  Tellez  Giron,  douzième  duc  d'Osunaet  quinzième 
duc  de  l'Infantado  (D.  Francisco  Fernândez  de  Béthencourt, 
Historiée  genealôgica  de  la  monarquia  espanola,  Madrid,  1900, 
t.  II,  p.  605  et  suiv.). 

((  D.  Mariano  Tellez  Giron,  héritier...  de  biens  immenses  et  de 
))  titres  innombrables,  a,  par  de  folles  prodigalités  et  une  admi- 
»  nistration  déplorable,  anéanti  pour  toujours  ce  patrimoine  prin- 
))  cier,  dû  à  la  réunion  sur  une  seule  tète  de  plusieurs  des  plus 
»  riches  et  des  plus  célèbres  majorats  de  la  vieille  Espagne.  Ce 
))  douzième  duc  d'Osuna  est  mort  en  son  château  de  Beauraing 
))  (Belgique)  le  2  juin  1882  »  (Morel-Fatio,  Études  sur  l'Espagne, 
deuxième  série,  p.  195-196). 

2.  Les  manuscrits  restèrent  tous  à  la  Bibliothèque  Nationale  de 
Madrid;  des  imprimés,  on  ne  retint  que  ce  qui  manquait  à  la  pre- 
mière des  collections  espagnoles,  le  reste  fut  distribué  aux  autres 
bibliothèques  de  Madrid  et  à  des  bibliothèques  de  province, 


XII  BIBLIOTHEQUE    Dl     MARQUIS    DE   SANTILLANE 

PInfantado  comprend  les  manuscrits  que  Don  [fligo 
I  ,opez  de  Mendoza,  marquis  de  Santillane  ei  comte  du 
Real  de  Manzanares,  avait  réunis  dans  son  château  de 
Guadalajara.  Amador  de  losRios  a  étudié  cette  bi- 
bliothèque dans  un  important  appendice  de  son  édition 
des  œuvres  d'Ifiigo  Lopez  de  Mendoza(l).  L'édition 
des  œuvres  du  Marquis  est  un  des  meilleurs  travaux 
de  Fauteur  de  YHistoHa  Crîtica,  niais  son  élude 
de  la  bibliothèque  de  Guadalajara  laisse  beaucoup  à 
désirer.  Los  Rios  confond  souvenl  les  œuvres  ou  les 
auteurs  cités  par  Santillane  avec  les  manuscrits  (jiie 
celui-ci  a  réellement  eus  sous  les  yeux,  e1  rien  chez 
lui  ne  sépare  l'hypothèse  du  fait  démontré.  Toutefois 
il  faut  admirer  la  multiplicité  des  connaissances  dont 
il  fait  preuve .  Si  sa  reconstitution  de  la  bibliothèque 
du  Marquis  ne  nous  satisfait  pas,  il  n'est  que  juste  de 
reconnaître  qu'il  a  été  le  premier  à  la  tenter,  et  c'est 
à  lui  que  nous  devons  l'idée  du  travail  que  nous  avons 
entrepris.  Comme  il  a  étudié  les  manuscrits  de  la  bi- 
bliothèque de  l'Infantado  cinquante  ans  avant  nous,  il 
a  eu  la  bonne  fortune  d'y  voir  encore  des  volumes 
disparus  depuis  et  pour  lesquels  nous  avons  trouvé 
bon  de  citer  textuellement  ses  notices.  Nous  lui  devons 
aussi  la  conservation  d'un  certain  nombre  d'anciennes 


1.  Obras  de  Don  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  ?narqués  de  Santi- 
llana,ahorapor  vez  primera  compiladas  de  loscôdices  originales, 
é  ilustradas  con  la  vida  del  autor,  notas  y  commentarios  por  Don 
José  Amador  de  los  Rios,  Madrid,  1852.  La  Tabla  alfabética  de 
los  autores  mencionados  en  estas  obras  occupe  les  pages  591  à  645 
et  compte  cxviii  paragraphes  ;  elle  porte  le  sous-titre  de  Biblioteca 
del  Marqués  de  Santillana. 


AVANT-PROPOS  XIII 

cotes;  qui  se  trouvaient  sur  les  feuillets  de  garde  de 
manuscrits  reliés  plus  tard  pour  le  duc  d'Osuna  par 
le  relieur  Binet,  feuillets  que  ce  dernier  a  supprimés. 
Il  existe  deux  inventaires  sommaires  des  manuscrits 
de  la  bibliothèque  Osuna.  L'un  est  inédit  :  il  fut  dressé 
par  les  conservateurs  du  département  des  manuscrits 
de  la  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid  lors  de  l'ac- 
quisition de  ce  nouveau  fonds.  L'autre  a  été  imprimé; 
son  auteur  est  Don  José  Maria  Rocamora,  ex-conser- 
vateur de  la  bibliothèque  du  duc  d'Osuna  et  de 
rinfantado  (1).  Ces  deux  inventaires  sont  insuffisants 
et  le  second  est  souvent  erroné  ;  ils  nous  ont  cependant 
beaucoup  servi.  En  les  comparant  entre  eux,  nous 
sommes  arrivé  à  trouver  les  cotes  de  presque  tous 
les  manuscrits  antérieurs  au  XVIe  siècle  que  conser- 
vait la  bibliothèque  Osuna  (2) . 

1.  Catâlogo  abreolaclo  de  los  manuscritos  de  la  biblioteca  del 
Excmo.  Sehor  Du  que  de  Osuna  é  Infantado,  hecho  por  el  conser- 
vador  de  ella  don  José  Maria  Rocamora,  Madrid,  1882.  Les  nu- 
méros de  ce  catalogue  reproduisent  la  cote  Osuna  moderne  (chiffres 
arabes).  Partout  où  nous  avons  trouvé  la  cote  ancienne  (Plut. 
N°,  etc.),  nous  l'avons  relevée;  enfin  nous  donnons  la  cote  que 
portaient  les  manuscrits  de  la  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid 
au  moment  où  nous  les  avons  étudiés  (1896-1897):  ces  cotes  ont 
été  récemment  remplacées  par  une  numérotation  suivie  qui  com- 
prend tout  le  dépôt,  mais  on  a  eu  soin  de  dresser  des  tables  de 
concordance  qui  permettent  de  retrouver  les  volumes  cités  d'après 
l'ancien  classement.  Les  trois  manuscrits  qui  ont  fait  partie  de  la 
bibliothèque  des  ducs  d'Osuna  et  de  l'Infantado,  et  qui  ont  été 
acquis  par  la  Bibliothèque  Nationale  de  Paris,  ne  sont  pas  men- 
tionnés dans  le  catalogue  de  Rocamora.  Ils  proviennent  de  Bel- 
gique (Cf.  Notice  ix,  ms.  D.,  p.  60  ;  Notice  xlix,  ms.  #C,  p.  328, 
Ibidem,  ms.  *I,  p.  340). 

2.  Nous  avons  pu,  grâce  à  l'obligeance  de  M.  Paz  y  Mélia,  chef 
du  Département  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  Nationale  de 


\l\  BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANtILLANE 

Nos  recherches  d'inventaires  anciens  de  cette  bi- 
bliothèque ont  été  vaines  (1).  Nous  ne  pouvons  citer 
ici  que  les  Noiicias  de  la  Biblioteca  del  Duque  de 
Osuna  y  del  Infantado,  pour  nous  pou  intéressantes 
et  qui  ont  été  imprimées  dans  le  tome  CIX  de  la  Co- 
leccton  de  Documentos  inéditos  para  la  historia  de 
Espana(2)]  elles  datent  d'une  époque  où  les  titres 
d'Osunaet  de  l'Infantado  étaient  encore  séparés  el  no 
nous  renseignent  que  très  sommairement  sur  l'étal  de 
la  bibliothèque  qui  nous  occupe.  11  est;  en  outre,  à 
propos  de  remarquer  que, par  le  mariage  de  D.  Pedro 
d'Alcantara  Tellez  Giron,  marquis  de  Penafiel,  neu- 
vième duc  d'Osuna,  avec  Dona  Maria  Josefa  Pimen- 
tel,  douzième  comtesse  de  Benavente,  mariage  effectué 
en  1771  (3),  des  livres  ayant  fait  partie  de  la  biblio- 

Madrid,  examiner  les  fiches  de  l'inventaire  sommaire,  et  parmi 
ces  fiches  figure  celle  d'un  manuscrit  demeuré  jusqu'ici  introu- 
vable et  qui  est  ainsi  décrit  dans  Rocamora  :  «  N.  126.  Hegesip- 
))  pus.  —  De  bello  judaico  et  urbis  Hierosolymitana  (sic)  excidio. 
»  Hippocrates.  —  Epistolœ  super  cura  democriti.  Aristôteles. 
»  —  De  mundo  liber,  ad  Alexandrum.  Traducido  del  griego  al 
))  latin....  Siglo  XV.  Encuadernaciôn  de  la  época.  )) 

1.  Les  Archives  des  ducs  d'Osuna  et  de  l'Infantado  sont  la  pro- 
priété des  créanciers  du  dernier  duc.  Lors  de  notre  séjour  à  Ma- 
drid, les  chargés  d'affaires  de  la  liquidation  faisaient  dresser  un 
inventaire  sommaire  des  pièces.  Nous  avons  obtenu  l'autorisation 
d'entrer  dans  les  archives,  mais  l'absence  d'ordre  y  rendait  les 
recherches  impossibles.  Nos  efforts  pour  retrouver  les  liasses  de 
papiers  des  archives  de  l'Infantado  ont  été  inutiles,  tout  ce  qui 
avait  trait  au  marquis  de  Santillanc ayant  disparu.  Los  Rios  avait 
encore  vu  ces  papiers.  Les  retrouvera-t-on  ?  L'inventaire  sommaire 
a  été  achevé  depuis,  mais  il  n'a  pas  encore  été  publié. 

2.  Madrid,  1894,  p.  463-477. 

3.  Morel-Fatio,  Études  sur  l'Espagne,  deuxième  série,  p.  122, 
note  1. 


AVANT-PROPOS  XV 

thèque  des  comtes  de  Benavente  (1)  auraient  pu  passer 
dans  celle  des  ducs  d'Osuna(2).  Toutefois,  parmi  les 
manuscrits  que  nous  avons  examinés,  il  n'en  est  qu'un 
que  nous  puissions  désigner  comme  provenant  à  coup 
sur  de  la  bibliothèque  du  château  de  Benavente,  et 
celui-là  n'a  pas  fait  partie  de  l'ancien  fonds  de  la  bi- 
bliothèque Osuna  (3) . 

La  première  des  pièces  imprimées  dans  le  tome  CIX 
de  la  Coleecion  de  Documentos  inéditos  contient 
l'histoire  sommaire  de  la  bibliothèque  del  Eoccmo 
Sr.  Duque  de  Osuna,  desde  su  establecimiento  Jiasta 
la  muerie  de  su  primer  Director  D.  Manuel  de 
Uriarte.  Nous  n'y  trouvons  rien  qui  ait  trait  à  l'an- 
cien fonds  de  cette  collection.  On  y  mentionne  l'achat 

1.  Fray  Liciniano  Saez,  Demostracion  histôrica  del  verdadero 
valor  de  todas  las  monedas  que  corrian  en  Castilla  durante  el 
reynado  del  sehor  Don  Enrique  III.  Madrid,  1796.  Note  XIII. 
On  trouve  là  un  inventaire  de  la  librairie  du  château  des  comtes 
de  Benavente. 

2.  Dans  la  bibliothèque  particulière  de  Don  Marcelino  Menéndez 
y  Pelayo  à  Santander,  nous  avons  examiné  des  manuscrits  pro- 
venant de  la  maison  d'Astorga  et  qui  pourraient  avoir  fait  partie 
de  la  bibliothèque  des  comtes  de  Benavente. 

3.  C'est  le  manuscrit  Ii-73  delaBiblioth.  Nat.de  Madrid  (Cf.  Ro- 
camora,  n°67etR.  Menéndez-Pidal,  La  Leyenda  de  los  infantes 
de  Lara,  p.  394,  Q).  Ce  volume  contient  la  Crànica  de  1344.  Une 
rubrique  finale  nous  donne  le  nom  du  copiste  et  celui  du  seigneur 
pour  qui  il  a  travaillé.  Esta  primera  parte  desta  coronica  de 
Espaha  acabo  Manuel  Rodrigue^  de  Seuilla,  por  mandado  del 
sehor  conde  de  Benauente,  Don  Rodrigo  Alfonso  Pimentel,  la 
cual  acabo  en  la  dicha  villa  de  Benauente  a  quinze  dias  de  março  del 
nascimiento  de  nuestro  sehor  ihu.  xpo,  de  mill  e  quatrocientos  e 
treynta  e  quatro  ahos  (1434).  Nicolas  Antonio  connaissait  déjà 
ce  manuscrit  qui  appartenait,  lorsqu'il  le  vit,  à  D.  Juan  Lucas 
Cortés  (Cf.  Bibliotheca  Vêtus,  t.  II,  1.  X,  c.  m,  n°  125). 


XV'/  BIBLÏOTIIÈQUK    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

de«  muchosy  buenos  manuscritos  »  à  I).  Isidro  de] 
Olnio  et  aussi  l'acquisition  de  la  bibliothèque  de 
D.  Miguel  Vidal  composée  d'ouvrages  d'histoire  el 
de  généalogie  : 

a  En  que  habia  buenos  nobiliarios  manuscritos,  muchas 
»  noticias  genealôgicas  originales  de  Reyes  de  Armas  de 
))  Espafla,  mas  de  30tomos  gruesos  en  folio  de  otras  suyas 
))  (de  D.  Miguel  Vidal)  y  una  série  de  caballeros  de  las 
»  ordenes  militares  dé  estos  ûltimos  dos  siglos  y  medio, 
))  con  su  ascendencia  hasta  sus  abuelos  à  loménos,  etc.  » 

Don  Manuel  de  Uriarte  fut  remplacé  par  Don  Diego 
Clemencin,  nommé  directeur  de  la  bibliothèque  du 
duc  d'Osuna  en  février  1798.  Le  nouveau  directeur 
signale  1er  janvier  1799,  un  Informe  sobre  el  estado 
de  la  Biblioteca  del  Excmo.  Sv.  Duque  de  Osuna  à 
fines  del  ano  1798.  Clemencin,  en  rendant  compte 
des  travaux  qu'il  a  fait  faire  en  vue  de  rendre  la  bi- 
bliothèque accessible  au  public,  selon  le  désir  du  duc, 
nous  donne  quelques  détails  intéressants.  Il  dit(l)  : 

((  Al  mismo  tiempo  que  Acedo  tomaba  a  su  cargo  el  mo- 
»'  netario,  se  puso  al  del  otro  bibliotecario  D.  Juan  Bautista 
))  Guitart,  la  comision  de  examinai^  clasificar  y  poner  en 
»  indice  los  manuscritos  de  la  Biblioteca,  que  hacinados 
))  confusamente  segun  se  habian  iclo  adquiriendo,  apenas 
))  eran  conocidos  ni  a-un  por  encima .  Por  su  examen  se  ha 
))  reconocido  que  la  Biblioteca  posée  una  coleccion  apreciable 
»  de  manuscritos,  pertenecientes  en  gênerai  à  nuestra  his- 
))  toria,  muchos  de  ellos  originales,  distinguienclose  entre 
))  los  mas  importantes  de  estos  ultimos  la  vida  del  Car- 
»  denal  Mendoza,  por  D.  Francisco  de  Médina;  el  libro  de 

1.  Coleccion  de  documentes,  etc.,  t.  CIX,  p.  472. 


AVANT-PROPOS  XVII 

))  armas  y  blasones  de  Espana  de  Mossen  Diego  de  Valent  ; 

))  la  esteganografia  o  arte  de  la  cifra,  dirigicla  al  condestable 

))  de  Castilla  por   Luis  Valle  de  la   Cerda  ;  varias    obras 

))  genealôgicas  de  Pellicer  ;  gran  suma  de  cartas,  ordenes, 

))  instrucciones  y  ofîcios  de  Carlos  Vy  de  la  Emperatriz,  su 

»  mujer,  â  varios  embajadores  y  ministros.  Entre  los  demas 

o  manuscritos  no  originales,    son  dignos    de  aprecio    dos 

))  diarios,   uno  en  italiano  y  otro  en  espaûol,  del  gobierno 

))  del  virey  de  Nâpoles,  D.  Pedro  Giron,  tercer  Duque  de 

))  Osuna,  una  coleccion  de  obras  espirituales  de  San  Fran- 

))  cisco  de  Borja  escrita  en  vida  del  Santo  ;   las   Sâtiras 

»  de    Juvenal  y    de   Persio,    hermosamente    escritas   en 

))  vitela  (1)  ;  varios  opûsculosfilosôficos  de  Ciceron,  escritos 

))  del  mismo   modo,  que  parecen   haber  sido  de  Leonardo 

))  Aretino(2);    una  traduction   antiquisima  del    Catilina 

))  de   Salustio    y  otra    de   varios    trozos    de    Vegecio(3), 

»  hecha  de  ôrden  del  rey  D.  Juan  el    Segundo,  por  fray 

))  Alonso  de  San  Cristôbal,  autor  que  noconociôD.  Nicolas 

))  Antonio  ;  las  cortes  del  mismo  D.  Juan   el  Segundo  en 

»  los  aïios  1430, 1436,  1442  ;  las  ordenanzas  de  los  Guardias 

))  Antiguos  de  Castilla,  bêchas  por  Felipe  II;  varios  papeles 

))  curiosos  pertenecientes  al  concilio  de  Trento  y  al  segundo 

))  y  cuarto   mejicanos;   la  correspondencia  diplomàtica  de 

))  D.  Juan  de  Chumacero,  desde  Roma,  con  Felipe  IV,  y  la 

))  de  D.   Luis  de  Haro,  durante  las  conferencias  que  pre- 

»  cedieron  â    la  paz   de   los   Pirineos  ;    muchas  memorias 

»  relativas  â  los  ministros  y  sucesos  del  Duque  de  Lerma, 

))  del  marqués  de  Siete  Iglesias,   del  conde  Duque  de  Oli- 

))  vares,  de   D.  José  Patino,  del  marqués  de  la  Ensenada  y 

))  del  conde  de  Floridablanca  ;  varios  dictâmenes  y  escritos 

))  deD.  Melchor  de  Macanaz,  de  D.  José  del  Campillo,  cle 

»  D.  Miguel  Antonio  de  la  Gândara,  de    D.    Pablo  Mora 

1.  Rocam.  n°  138  ;  Biblïoth.  Nat.  Madrid,  Réserv.  8a-12. 

2.  Rocam.  n°  53;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-151. 

3.  Cf.  Notice  XI,  p.  68. 


XVIII         BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

))  Xaraba  y  ciel  conde  do  Campomancs  ;  infinitos  papeles 
»  genealogicos,  do  ellos  originales,  en  especial,  registros  de 
))  cédulas  de  concesion  de  habites  y  fmalmente,  un  sin- 
))  numéro  de  comcdias  de  nuestros  poetasantiguos,  muchas 
))  de  ellas  de  letra  de  los  mismos  autores,  como  de  Lope 
))  de  Vega,  Caldcron  y  otros  de  los  mas  famosos,  con  las 
»  enmiendas  de  su  propio  pufïo,  las  aprobaciones  origi- 
))  nales  de  los  censores  y  las  licencias  para  représentasse  ; 
))  coleccion  que  hubo  de  ser  caudal  de  alguna  célèbre 
))  compania  cômica  del  siglo  pasado,  y  que  examinacla  con 
))  menudencia  ofreceni  noticias  curiosas  y  picantes  para 
))  la     historia  de  nuestro  Teatro.  » 

Il  résulte  de  cet  Infor me  qu'il  y  avait  fort  peu  de 
manuscrits  d'ancienne  littérature  dans  la  bibliothèque 
du  duc  d'Osuna.  Dans  cette  étude,  on  a  laissé  de 
côté  les  manuscrits  des  satires  de  Perse  et  de  Juvénal 
et  des  traités  de  Cicéron  qui  sont  tous  deux  en  latin, 
mais  on  a  cru  devoir  retenir  le  manuscrit  contenant 
les  versions  castillanes  de  Salluste  et  de  Végèce, 
parce  que  ce  volume,  quoique  n'ayant  pas  fait  partie 
de  la  bibliothèque  de  Guadalajara,  nous  fournit  d'in- 
téressants renseignements  sur  le  mouvement  littéraire 
de  l'époque  qui  nous  occupe. 

Pour  réunir  les  matériaux  utiles  à  notre  étude, 
nous  avons  examiné  tous  les  manuscrits  antérieurs 
au  XVIe  siècle  provenant  de  la  bibliothèque  du  duc 
d'Osuna  et  de  l'Infantado.  Une  fois  cette  première 
sélection  opérée,  nous  avons  soumis  chaque  volume  à 
un  minutieux  examen  et  nous  avons  écarté  ceux  qui 
portent  des  noms  d'acquéreurs,  des  dates  d'achat 
ou  d'autres   signes  de  propriété  permettant  de  con- 


AVANT-PROPOS  XIX 

stater  qu'ils  sont  entrés  dans  la  bibliothèque  de 
Guadalajara  après  1458,  date  de  la  mort  du  marquis 
de  Santillane. 

Notre  première  pensée  était  de  diviser  en  trois 
groupes  les  manuscrits  qui  font  l'objet  de  notre  tra- 
vail. Le  groupe  A  devait  réunir  tous  les  volumes  por- 
tant le  nom,  les  armes,  la  devise,  l'emblème  ou  la 
reliure  de  Don  Inigô  Lopez  de  Mendoza,  premier  mar- 
quis de  Santillane,  et  les  ouvrages  originaux  ou  les 
traductions  à  lui  dédies  ;  le  groupe  Î3,  les  manuscrits 
dont  les  auteurs  se  trouvent  cités  dans  les  œuvres 
d'Inigo  Lopez  et  qu'il  a  certainement  consultés,  soit 
dans  les  exemplaires  que  nous  décrivons,  soit  dans 
d'autres  de  même  caractère  et  de  la  môme  époque  ; 
le  groupe  C,  les  manuscrits  qui  ne  portent  ni  les 
armes  ni  le  nom  du  Marquis  et  qu'il  n'a  pas  men- 
tionnés dans  ses  œuvres,  mais  dont  nous  avons 
trouvé  des  exemplaires  antérieurs  à  la  fin  du 
XVe  siècle  dans  la  bibliothèque  du  duc  d'Osuna  et 
dont  le  contenu  n'était  pas  étranger  aux  goûts  ni  à  la 
curiosité  du  marquis  de  Santillane.  Nous  avons 
abandonné  ce  classement,  parce  qu'il  amenait  forcé- 
ment des  répétitions  et  qu'il  dispersait  les  manus- 
crits d'un  môme  ouvrage  ou  de  différents  ouvrages 
dus  au  môme  auteur. 

Il  nous  a  paru  plus  pratique  d'adopter,  tout  en  res- 
pectant le  cadre  des  langues,  l'ordre  chronologique, 
Lorsque  nous  avons  le  texte  original  et  différentes 
versions  en  langues  vulgaires  d'un  môme  ouvrage, 
nous    plaçons   celles-ci  à  la   suite  de   l'original   et 


XX  BIBLIOTHEQUE  DU   MARQUIS    DE   SANTILLA 

nous  employons  les  lettres  de  l'alphabet  pour  désigner 
les  différents   manuscrits  d'un  même  auteur.    Pour 

plus  de  clarté  nous  avons  mis  un  astérisque  en  tête  de 
toutes  les  notices  consacrées  à  des  manuscrits  dont 
l'étude  nous  a  permis  d'affirmer  qu'ils  ont  appartenu 
au  marquis  de  Santillane.  Nous  indiquons  les  initiales 
enluminées  des  manuscrits  de  luxe  en  nous  servant 
de  majuscules  grasses,  et  quand  la  place  des  capitales 
est  restée  vide  nous  les  rétablissons  entre  crochets. 

Un  travail  comme  celui  que  nous  avons  entrepris 
reste  toujours  incomplet.  Nous  ne  nous  faisons  pas 
d'illusions  à  cet  égard.  Nous  nous  bornons  à  souhaiter 
qu'il  puisse  être  de  quelque  utilité  aux  érudits  qui 
s'occupent  de  bibliographie  espagnole  et  d'histoire  lit- 
téraire. L'impression  de  ce  livre  a  été  longue  et  la- 
borieuse; nous  avons,  pour  des  raisons  de  famille,  dû 
renoncer  à  en  corriger  les  épreuves  en  Espagne,  et 
souvent  des  motifs  de  santé  ont  entravé  la  marche  de 
nos  travaux.  Que  le  lecteur  nous  pardonne,  s'il  trouve, 
comme  c'est  notre  espoir,  que,  malgré  les  taches 
nombreuses  qui  le  déparent,  l'ouvrage  que  nous  lui 
présentons  ne  manque  pas  de  nouveauté. 

Il  nous  est  impossible  de  citer  ici  tous  ceux  qui  se 
sont  intéressés  à  notre  étude  et  qui  nous  ont  aidé.  Ce- 
pendant nous  ne  saurions  taire  ce  que  nous  devons  à 
M.  Alfred  Morel-Fatio  et  à  D.  Marcelino  Menéndez  y 
Pclayo.  D.  Antonio  Paz  y  Mélia  et  ses  collaborateurs 
du  Département  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque 
Nationale  de  Madrid  ont  droit  à  nos  plus  sincères 
remerciements.  M.  le  comte  de  las  Navas,  bibliothé- 


AVANT-PROPOS     '  XXI 

caire  du  roi  d'Espagne,  et  le  Père  Benigno  Fernàndez 
del'Escurial  nous  ont  accueilli  avec  bonté;  D.  Fran- 
cisco deUhagôn  a  libéralement  mis  à  notre  disposition 
sa  bibliothèque  particulière.  A  ces  noms  nous  voulons 
joindre  encore  celui  d'un  ami,  qui  est  déjà  un  maître, 
D.  Ramôn  Menéndez  Pidal,  dont  l'affectueuse  com- 
plaisance nous  a  été  si  précieuse  (1). 

1.  La  Bibliografia  hispano -latino,  clàsica  que  M.  Menéndez  y 
Pelayo  publie  dans  YàRevista  de  Arcliivos,  Bibliotecas y  Museos  a 
commencé  de  paraître  quand  notre  impression  était  déjà  avancée. 
Nous  regrettons  particulièrement  de  n'avoir  pas  pu  utiliser  cette 
importante  publication  pour  la  rédaction  de  nos  notices  sur  les 
manuscrits  de  Boèce,  de  César  et  de  Cicéron. 


INTRODUCTION 


CHAPITRE  PREMIER 

La  vie  de  D.   Inigo  Lopez  de  Mendoza 

Don  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  premier  marquis  de 
Santillane  et  comte  du  Real  de  Manzanares,  a  été  un 
homme  heureux.  S'en  est— il  douté,  lui  qui  aimait  à 
disserter  de  mta  beata  et  qui  a  consacré  d'innom- 
brables strophes  au  néant  de  notre  terrestre  existence  ? 
Il  s'est  tressé  une  couronne  de  gloires  militaires  et 
poétiques;  il  est  mort  pleuré  de  tous  et  comme  en 
odeur  de  sainteté,  puisque  pour  le  peuple  espagnol 
il  resta  longtemps  le  moraliste  par  excellence,  le 
((  marquis  des  Proverbes  ». 

Second  fils  de  Don  Diego  Hurtado  de  Mendoza, 
amiral  de  Castille,  et  de  Doua  Leonor  de  la  Vega,  Don 
Inigo  naquit  à  Carrion  de  los  Condes  le  19  août  1398. 
Son  frère,  Don  Garcia,  mourut  en  1403,  et  l'année 
d'après,  il  perdit  son  père,  âgé  d'à  peine  quarante 
ans  (1).  A  sept  ans,  l'enfant  était  déjà  seigneur  de  Hita 

1.  Dans  le  chapitre  ix  des  Generaciones  y  Semblanzas,  le  sei- 
gneur de  Batres  trace,  avec  son  charme  habituel,  un  portrait  ra- 
pide et  certainement  fidèle  de  l'Amiral  :  (<  Hombre  de  muy  sotil 


XXIV         BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLA1 

et  Buitrago,  titre  qu'il  devait  illustrer  plus  tard. 
L'amiral  avait  été  l'homme  le  plus  riche  de  Castille. 
Lui  mort,  ses  parents  et  ses  vassaux  tentèrent  de  faire 
main  basse  sur  son  bien.  Doîia  Leonordela  Vega  sut 
les  en  empêcher.  Avec  une  indomptable  énergie,  une 
vision  nette  des  réalités  et  une  habileté  consommée, 
elle  défendit  les  droits  de  ses  enfants  et  leur  conserva 
l'héritage  paternel.  Prudente,  avisée,  très  tenace,  très 
intéressée,  très  dévouée  aux  siens,  Dofia  Leonor  veilla 
avec  un  soin  jaloux  à  l'éducation  de  son  fils,  ellel'éleva 
pour  la  lutte,  comme  le  commandaient  la  tradition  et 
les  circonstances,  elle  l'élcva  aussi  dans  le  culte  de  sa 
race  et  prit  soin  d'orner  son  esprit  en  lui  faisant  donner 
une  instruction  brillante  et  pratique  comme  la 
devait  avoir  alors  un  jeune  homme  destiné  à  la 
vie  de  cour.  Nous  savons  qu'Inigo  Lopez  passa  les 
années  de  son  enfance  dans  la  maison  de  sa  grand'- 
mère  maternelle  Dona  Mencia  de  Cisneros,  veuve 
de  Garcilaso  de  la  Vega,  et  que  c'est  là  que  son 
esprit  s'ouvrit   à  la  poésie.  Fils  et  petit-fils  (1)  de 

»  ingenio,  bien  razonado,  muy  gracioso  en  su  decir,  osado  é  atre- 
»  vido  en  su  hablar  tanto  que  el  rey  Don  Enrique  el  Tercero  se 

»  quexaba   de   su    soltura    é  atrevimiento Amô  mucho  a   su 

))  linage,  é  allégé  con  grande  amor  a  sus  parientes,  mas  que  otro 
»  grande  de  su  tiempo.  Placiale  mucho  hacer  edificios,  é  hizo 
»  muy  buenas  casas,  como  quier  que  no  por  nombre  muy  franco 
»  fuese  avido;  pero  ténia  gran  casa  de  caballeros  y  escuderos.  En 
))  el  tiempo  dél  no  habia  caballero  en  Castilla  tanto  heredado.  » 
Nous  verrons  que  ces  traits  du  caractère  paternel  se  retrouvent 
très  marqués  chez  le  fils. 

1.  Son  grand-père  Pedro  Gonzalez  de  Mendoza,  le  héros  cl'Al- 
jubarrota,  qui  mourut  pour  sauver  le  roi  de  Castille  et  qui,  son 
petit-fils  nous  le  dit  lui-même,  ((  fiço  buenas  cançiones,  é  entre  otras  : 


INTRODUCTION  XXV 

poète,  il  ne  tarda  pas  à  montrer  du  goût  pour  les 
vers.  Nous  savons  par  lui-même  qu'on  parlait  litté- 
rature dans  la  maison  de  sa  grand'mère.  Il  y  vit  sans 
doute  le  vieux  chancelier  Pero  Lopez  de  Ayala,  chro- 
niqueur et  poète,  qui  était  son  grand-oncle  et  qui  fut 
son  tuteur,  et  il  est  probable  que  les  conseils  d'un 
homme  aussi  instruit  furent  précieux  pour  Doua 
Leonor  de  la  Vega.  Le  Marquis  se  souvint  plus  tard 
des  causeries  alors  entendues  et  il  en  parle  avec  com- 
plaisance dans  sa  célèbre  lettre  à  Don  Pedro,  conné- 
table de  Portugal  :  «  Je  me  souviens,  lui  dit-il, 
»  quand  j'étais  encore  petit  garçon  et  que  je  vivais 
»  chez  ma  grand'mère  Dona  Mencia  de  Cisneros,  avoir 
»  vu,  entre  autres  livres,  un  grand  volume  de  chan- 
»  sons,  pastourelles  et  dits  portugais  et  galiciens  dont 
»  la  majeure  partie  était  due  au  roi  Denis  de  Portu- 
»  gai  (qui  fut,  je  crois,  votre  bisaïeul).  Et  ceux  qui 
»  lisaient  ces  œuvres,  les  louaient  de  subtile  inven- 
»  tion,  et  les  trouvaient  composées  de  mots  gracieux 
»  et  bien  sonnants  (1).    » 

((  Pero  te  sirvo  sin  arte,  é  otra  a  las  monjas  de  la  Çaydia,  quando 
))  el  rey  don  Pedro  ténia  el  sitio  contra  Valençia  :  comiença:  A  las 
))  riberas  de  un  rio  »  (Lettre  au  connétable  Don  Pedro,  §  XVI,  Obras 
del  Marqués,  p.  13).  De  l'amiral  son  père,  on  connaît  aussi  des 
chansons  amoureuses  que  nous  a  conservées  un  chansonnier  de  la 
bibliothèque  particulière  du  roi  d'Espagne. 

1.  ((  Acuérdome,  Seîior  muy  manifico,  seyendo  yo  en  edat  non 
»  provecta,  mas  assaz  pequeno  moço,  en  poder  de  mi  abuela  doua 
»  Mençia  de  Cisneros,  entre  otros  libros  aver  visto  un  grand  vo- 
»  lumen  de  cantigas,  serranas,  é  deçires  portugueses  é  gallegos,  de 
»  los  quales  la  mayor  parte  eran  del  rey  don  Donis  de  Portugal 
))  (creo,  Sefior,  fué  vuestro  bisabuelo)  ;  cuyas  obras  aquellos  que 
»  las  leian,  loavan  de  invençiones  sotiles,  é  de  graçiosas  é  dulçes 


XXV]         BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Do  cette  époque  date  aussi  l'amitié  profonde  qui  le 
lia,  sa  vie  durant,  à  son  cousin  Fernand  Alvarez  de 
Tolcdo,  comte  d'Albe,  amitié  touchante  et  rare,  en  un 
temps  où,  pour  des  querelles  de  parti  ou  d'intérêt,  la 
discorde  ravageait  les  familles.  Cette  affection  pour 
son  cousin  fut  une  des  beautés  de  la  vie  de  Don  Ifiigo. 
Toujours  unis,  ils  agissaient  de  commun  accord,  et 
lorsque  le  comte  d'Albe,  suspect  au  tout-puissant 
connétable  Alvaro  de  Lima,  fut  jeté  en  prison,  le 
Marquis  refusa  de  prendre  part  aux  conseils  de  la 
cour,  pour  se  retirer  à  Guadalajara,  où  il  composa  le 
Diâlogo  de  Bias  contra  Fortuna,  destiné  à  con- 
soler son  cousin  détenu  et  à  le  fortifier  par  des  consi- 
dérations philosophiques  et  morales.  Cette  intimité, 
faite  de  mutuel  dévouement,  frappa  leur  entourage,  et 
Pedro  Diaz  de  Toledo,  chapelain  du  Marquis,  dans  son 
Dudocjo  ê  razonamienio  en  la  muerte  del  Marqués 
de  Santillana,  consacre  le  douzième  chapitre  à 
l'examen  de  la  question  suivante  :  «  Où  Ton  étudie 
combien  il  y  a  d'espèces  d'amitié,  combien  de  vrais 
amis  il  y  a  eu  depuis  le  commencement  du  monde 
jusqu'aujourd'hui,  et  si  le  Marquis  et  le  Comte 
peuvent  être  mis  au  nombre  de  ceux-ci  (1).   » 

))   palabras  »  (Lettre  au   connétable  Don  Pedro,  §  XV,  Obras  del 
Marqués,  p.  12.) 

1.  Après  avoir  énuméré  tous  les  cas  d'amitiés  célèbres  que  pré- 
sente l'histoire  religieuse  et  profane,  le  docte  Pedro  Diaz  conclut 
répondant  au  Comte  son  interlocuteur  :  ((  E  segund  lo  que  se 
»  conoce  deste  Sefior  Marqués  é  de  vos,  bien  se  puede  decir  que 
»  podés  ser  puestos  por  dos  amigos  fieles,  é  numerarvos  é  contar- 
))  vos  con  los  de  suso  escriptos,  é  que  vuestra  amistança,  como  la 
»  de  los  suso  escriptos,  sea  conoscida  en  el  présente  siglo  é  por 
»  venir  ».  (Paz  y  Mélia,  Opûsculos  literarios,  p.  296). 


INTRODUCTION  XXVII 

Dona  Leonor  de  la  Vega,  soucieuse  de  former  pour 
ses  enfants  une  alliance  avantageuse  et  digne  de  leur 
naissance,  obtint  pour  son  fils  la  main  de  Dona  Cata- 
lina  de  Figueroa  et  accorda  celle  de  sa  fille,  Dona 
Elvira,  à  Gomez  Suarez  de  Figueroa.  L'union  des 
enfants  de  l'amiral  Don  Diego  Hurtado  de  Mendoza 
avec  les  enfants  de  Don  Lorenzo  Suarez  de  Figueroa, 
grand  maître  de  Saint-Jacques,  un  des  plus  puissants 
seigneurs  de  son  temps,  fut  décidée  le  17  août  1408, 
à  Ocana,  où  Ton  dressa  les  contrats.  Le  mariage  de 
Don  Inigo  avec  Dona  Catalina,  conclu  en  1412,  ne 
fut  consommé  que  le  7  juin  1416  à  Salamanque.  Deux 
ans  avant,  en  1414,  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  seigneur 
de  Hita  et  Buitrago,  avait  débuté  clans  le  inonde  en 
se  joignant  au  cortège  des  nobles  castillans  qui 
accompagnèrent  l'infant  Don  Fernand  de  Castille,  el 
de  Antequera,  appelé  à  s'asseoir  sur  le  trône  d'Ara- 
gon. On  célébra  à  cette  occasion  de  grandes  et  ma- 
gnifiques fêtes,  et  ce  fut  alors,  sans  doute,  que  Don 
Inigo  fit  la  connaissance  de  Don  Enrique  de  Villena,  cet 
homme  singulier,  qui  dut  lui  inspirer  une  profonde 
admiration  et  qui  exerça  sur  lui,  au  point  de  vue 
littéraire,  une  influence  considérable.  En  effet,  En- 
rique de  Villena  ouvrit  au  futur  marquis  de  Santillane 
la  voie  nouvelle  de  l'allégorie  dantesque,  le  renseigna 
sur  les  lois  et  coutumes  du  Consistoire  de  Toulouse  en 
écrivant  à  son  intention  El  Arte  de  trobar,  et  traduisit 
à  sa  demande  la  Divine  Comédie  du  Florentin  et 
Y  Enéide  de  Virgile.  Ce  long  commerce  littéraire 
explique  la  douleur  d' Inigo  Lopez  de  Mendoza   en 


XXVIII      BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

apprenant  la  mort  de  celui  qui  lut  un  peu  son  maître. 
Il  consacra  à  sa  mémoire  un  laborieux  poème  intitulé: 
Defunssion  de  Don  Enriquede  Villena,  senor  dotto 
r  de  excellente  ingenio.  (1) 

Ifiigo  Lopez  de  Mendoza  ayant  atteinl  sa  majorité, 
prit  possession  de  l'héritage  paternel  et  s'occupa  de 
régler  des  différends  qui  divisaient  ses  vassaux  et  de 
mettre  ordre  à  certains  détails  de  la  succession  qui 
avaient  motivé  des  procès.  Élevé  par  sa  mère  dans 
Tidée  qu'il  fallait  soutenir  toutes  les  prétentions  de 
sa  maison  et  étendre  sans  cesse  ses  domaines,  Ifiigo 
Lopez  fut  un  administrateur  modèle,  et  l'intérêl  per- 
sonnel le  guida,  sa  vie  durant,  dans  les  grandes 
comme  dans  les  petites  choses.  C'est  pourquoi  sa 
carrière  politique  offre  si  peu  d'attrait.  Le  nouveau 
roi  d'Aragon,  conseiller  fidèle  et  dévoué  de  la  reine 
régente  et  tuteur  du  roi  de  Castille,  mourut  en  1416, 
et  deux  ans  après,  Catherine  mourait  aussi,  laissant  le 
roi  presque  encore  enfant  aux  mains  des  favoris. 
Jean  II  avait  quatorze  ans  :  rêveur  aimable,  sensible 
aux  jolis  vers,  affectueux  avec  ceux  qui  ne  le  tour- 
mentaient pas  trop,  il  fut  dès  le  début  ce  qu'il  resta 
toute  sa  vie,  un  être  faible,  intelligent  d'ailleurs,  mais 
incapable  d'aucun  effort  et  indifférent  aux  affaires  de 
son  royaume.  Il  eut  un  seul  ami,  un  seul  conseiller 

1.  Dans  ces  180  vers,  il  y  en  a  trois  simples  et  sentis,  ce  sont  les 
seuls  qu'il  convient  de  citer  ici  : 

«  Sabida  la  muerte  d'aquel  mucho  amado 
»  Mayor  de  los  sabios  del  tiempo  pressente, 
»  De  dolor  pungido,  lloré  tristemente.  )) 

(Obras  del  Marques,  p.  248). 


INTRODUCTION  XXIX 

animé  d'un  véritable  idéal  politique  et  qui  peut-être 
aurait  pacifié  la  Castille,  si  le  Roi,  qui  l'aimait  cepen- 
dant, l'eût  soutenu  dans  la  tempête. 

Les  luttes  entre  Aragonais  et  Castillans  com- 
mencèrent par  le  coup  de  main  de  Tordesillas  où 
l'infant  d'Aragon  Don  Enrique  s'empara  de  la  per- 
sonne du  Roi.  A  Avila  fut  célébré  le  mariage  de 
Jean  II,  roi  de  Castille,  avec  l'infante  Marie  d'Aragon, 
sœur  de  l'infant  Don  Juan,  le  futur  roi  de  Navarre,  et 
de  l'audacieux  Don  Enrique,  grand  maître  de  Saint- 
Jacques.  Ce  dernier,  tenant  son  cousin  le  roi  de  Cas- 
tille  en  son  pouvoir,  le  força  de  consentir  à  son  mariage 
avec  l'infante  de  Castille  Doua  Catalina,  mariage  qui 
fut  célébré  à  Talavera. 

Cependant  Jean  II  réussit  à  gagner  la  forteresse  de 
Montalvan,  où  il  se  retrancha  poursuivi  par  les  sei- 
gneurs du  parti  de  Don  Enrique,  qui,  n'osant  l'attaquer 
ouvertement,  se  contentèrent  de  le  bloquer  pour 
l'obliger  à  se  rendre  ;  le  roi  de  Navarre  accourut  à 
son  aide  avec  d'autres  vassaux.  Alors  les  partisans 
du  grand  maître  de  Saint- Jacques,  parmi  lesquels  se 
trouvait  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  gagnèrent  Ocaiîa 
et  de  là  retournèrent  dans  leurs  terres.  Ceci  se  passait 
en  1421.  L'année  suivante,  Don  Enrique,  attiré  à 
Madrid  où  siégeaient  les  Cortes,  fut  arrêté  et  jeté  en 
prison.  Le  seigneur  de  Hita  et  Buitrago  s'était  pru- 
demment retiré  à  Guadalajara;  il  n'y  fut  pas. 
inquiété,  et  d'ailleurs  il  s'efforça  de  ne  pas  attirer 
l'attention  de  ses  ennemis.  Il  s'occupa  d'affaires  de 
famille,  et  il  partagea  ses  loisirs  entre  l'étude,   les 


XXX  1JIIJLI0TIIEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTlLLAtffi 

tournois  et    les   fêtes,    donl    plusieurs    furent    bril- 
lantes. 

La  paix  relative  dont  jouit  alors  la  Castille  ne  fut  pas 
de  longue  durée  L'infant  Don  Juan,  devenu  roi  de 
Navarre  en  1425,  parsuitede  la  mort  du  roi  Charles, 
son  beau-père,  s'unit  à  son  frère  Don  Alonso,  roi 
d'Aragon,  pour  obtenir  de  leur  cousin  de  Castille  la 
libération  de  Don  Enrique,  grand  maître  de  Saint- 
Jacques.  A  peine  celui-ci  fut-il  sorti  de  prison,  que 
les  troubles  recommencèrent.  Il  retrouva  ses  parti- 
sans, et  dans  un  conseil  tenu  à  Valladolid  ceux-ci 
forcèrent  le  Roi  à  éloigner  de  sa  cour  le  tout-puissant 
connétable  Alvaro  de  Luna,  que  la  noblesse  voyait 
toujours  de  mauvais  œil.  Inigo  Lopez  de  Mendoza 
faisait  naturellement  partie  de  cette  coalition.  Dès  que 
les  grands  se  furent  éloignés,  Jean  II  rappela  le 
Connétable  et  tout  recommença.  En  1428,  naissait  à 
Guadalajara  le  sixième  enfant  du  seigneur  de  Hita 
et  Buitrago,  celui  qui  devait  être  un  jour  le  Grand 
Cardinal  d'Espagne.  La  guerre  inévitable  entre  les 
rois  de  Navarre  et  d'Aragon  et  l'infant  Don  Enrique 
d'une  part,  et  le  roi  Jean  II  de  Castille  d'autre  part, 
éclata  en  1429.  Les  grands  qui  se  préparaient  à  guer- 
royer contre  les  Mores  partirent  pour  la  frontière 
d'Aragon.  Jean  II  s'y  rendit  lui-même  ;  le  Connétable 
l'y  avait  précédé.  Déjà  l'abstention  de  Don  Inigo 
Lopez  de  Mendoza  avait  été  remarquée,  lorsque  se 
décidant  enfin,  évidemment  à  contre-gré,  il  rejoignit 
le  Roi,  lui  jura  fidélité  et  s'excusa  si  habilement  de 
son  retard  qu'il  dissipa  les  soupçons  du  souverain. 


INTRODUCTION  XXXÏ 

La  campagne  fut  brève  et  heureuse  ;  Jean  II  ne  tarda 
pas  à  rentrer  dans  son  royaume,  mais  par  précaution 
il  laissa  des  forces  derrière  lui.  Au  seigneur  de  Hita 
et  Buitrago  échut  la  mission  de  garder  la  frontière  à 
Agreda,  où  il  campa  avec  neuf  cents  hommes.  C'est 
pendant  cette  guerre,  durant  laquelle  il  put  appliquer 
ses  connaissances  théoriques  puisées  dans  les  ouvrages 
de  stratégie  et  dans  la  lecture  des  histoires,  que  Don 
Inigo  partit  avec  trois  cents  hommes  à  la  recherche 
de  Ruy  Diaz  de  Mendoza,  un  aventurier  qui  avec  ses 
soldats,  mercenaires  du  roi  de  Navarre,  faisait  des 
incursions  clans  le  pays.  La  rencontre  eut  lieu  dans 
les  champs  d'Araviana,  célèbres  par  le  souvenir  des 
sept  infants  de  Lara.  Inigo  Lopez,  attaqué  par  une 
troupe  trois  fois  plus  forte  que  la  sienne,  ne  recula 
pas  :  il  combattit,  fut  défait  et  se  retrancha  avec  une 
poignée  d'hommes  sur  une  colline,  où  sa  résistance 
fut  telle  que  ses  ennemis  découragés  repassèrent  la 
frontière.  Les  fatigues  de  cette  campagne  n'empê- 
chèrent pas  le  Marquis  de  rimer  son  Deçir  contra 
los  Aragoheses,  et  au  moins  deux  serranillas  (1) . 

1 .  Celle  qui  commence  par  : 

«■  Serranillas  de  Moncayo 

»  Dios  vos  clé  buen  arïo  entero.  » 

(Obras  ciel  Marques,  p.  464), 
et  qu'il  date  en  disant  : 

«  Aunque  me  védes  tal  sayo 
))  En  Agreda  soy  frontero.  » 

Et  une  autre  qui  débute  ainsi  : 

((  En  toda  la  su  montana 
»  De  Trasmoz  â  Veraton 
»  Non  vi  tan  gentil  serrana.  » 


XXXII       BIBLI0TI1KQUK    DU    MARQUIS    DE    SANTILLAN 

Une  trêve  ayant  été  conclue,  les  Castillans  ren- 
trèrent chez  eux,  et  le  roi  JeaD  II  confisqua  tous  les 
biens  que  les  infants  d'Aragon  possédaient  sur  ses 
terres.  Pour  s'attacher  les  grands  qu'il  savait  garder 
des  sympathies  pour  ses  ennemis,  il  leur  distribua  li- 
béralement les  seigneuries  séquestrées,  et  [nigo  Lopez 
de  Mendoza  fut  un  de  ceux  dont  le  dévouement, 
quelque  peu  suspect,  reçut  une  ample  récompense. 
Cela  fait,  le  roi  de  Castille  réunit  ses  vassaux  pour 
marcher  contre  les  Mores  de  Grenade.  Il  leur  livra  la 
rude  et  glorieuse  bataille  de  Sierra  Elvira  à  laquelle  le 
seigneur  de  Hita  et  Buitrago,  resté  malade  à  Cordoue, 
ne  prit  point  part  personnellement.  Ses  gens  cepen- 
dant s'y  distinguèrent.  Inigo  Lopez  fit  retour  à  Gua- 
dalajara  pour  se  remettre  et  c'est  là  qu'il  apprit  l'em- 
prisonnement de  plusieurs  de  ses  parents  et  de  ses 
partisans  accusés  d'entretenir  de  secrètes  intelligences 
avec  les  princes  d'Aragon.  Inquiet  et  prudent,  comme 
toujours,  il  se  fortifia  dans  son  château  de  Hita,  où  il 
attendit  les  événements,  répondant  par  de  vagues 
propos  au  Roi  et  au  Connétable  qui  lui  faisaient  savoir 
qu'il  n'avait  rien  à  craindre.  La  mort  de  Doua  Leonor 
de  la  Vega,  survenue  en  août  1432,  appela  Inigo  Lo- 
pez de  Mendoza  à  Valladolid,  où  il  eut  à  régler  l'héri- 
tage maternel  conformément  au  testament  que  la  noble 

et  où,   après  diverses  indications  de  lieu,  le  poète  s'adresse   en 
ces  termes  à  la  bergère  : 

«  Dixe  :  Dios  te  salve,  hermana; 
»  Aunque  vengas  d'Aragon, 
))  Desta  seras  castcllana.  » 

{Obras  del  Marques,  p.  466;. 


INTRODUCTION  XXXIÏI 

dame  fit  la  veille  de  sa  mort,  et  en  vertu  duquel  il  se 
voyait  investi  du  titre  de  Seigneur  de  la  Vega  qu'il 
portera  dorénavant.  En  même  temps,  il  héritait  des 
biens  de  sa  mère  dans  les  Asturies  de  Santillane  et  de 
Santander,  biens  si  souvent  contestés,  dont  la  posses- 
sion avait  donné  tant  de  fil  à  retordre  à  Dona  Leonor 
et  qui  devaient  lui  causer,  à  lui-même,  tant  d'en- 
nuis (1). 

L'année  suivante  les  Cortes  étant  réunies  à  Madrid, 
le  seigneur  de  la  Vega  demanda  et  obtint  du  Roi  l'au- 
torisation de  célébrer  un  grand  tournoi  dont  lui-même 
et  son  fils  aîné  Don  Diego  furent  les  mainteneurs  avec 
vingt  hommes  de  leur  maison.  Alvaro  de  Luna  répon- 
dit à  l'appel  avec  soixante  chevaliers.  Cette  fête  brillante 
se  termina  par  un  banquet  auquel  Inigo  Lopez  convia 
tous  les  jouteurs  et  beaucoup  d'autres  gentilshommes. 

Malgré  les  inimitiés  qui  couvaient  impatientes 
sous  la  toute-puissance  du  connétable  Don  Alvaro,  la 
paix  régnait  en  Castille.  Inigo  Lopez  de  Men- 
doza,  partagé  entre  le  culte  des  Muses  et  celui  de  son 
intérêt,  allait  des  unes  à  l'autre,  garnissant  les  rayons 

1.  Les  anciens  biographes  répètent  Terreur  commise  par  Fer- 
nando de  Pulgar  dans  ses  Claros  Varones  où  il  est  dit,  en  parlant 
du  marquis  de  Santillane  :  «  Muertos  el  Almirante  su  padre,  é 
»  Doua  Leonor  de  la  Vega,  su  madré,  é  quedando  bien  pequefïo 
»  de  edad,  le  fueron  ocupadas  las  Asturias  de  Santillana.  » 
Amador  de  los  Rios,  dans  sa  Vida  del  Marqués  de  Santillana, 
rétablit  les  faits.  Il  prouve,  par  des  documents  tirés  des  archives 
de  l'Infantado,  que  Doua  Leonor  de  la  Vega  administra  pendant 
longtemps  le  patrimoine  de  ses  enfants  et  le  sien  propre  et  qu'elle 
mourut  en  1432.  (Cf.  Obras  del  Marqués,  p.  lv  et  lvi,  et  n.  57 
et  58.) 

Inigô    Lopez  de  Mendoza  s'était    rendu    lui-même    dans    les 


XXXIV      BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANK 

de  sa  bibliothèque  en  même  tempsqu'iî  étendail  sesdo- 
maines  et  arrondissait  ses  revenus.  En  décembre  1434, 
la  mort  lui  prit  son  grand  ami  Don  EnriquedeVillena 
a  el  mayor  de  los  sabios  del  tiempo  présente  »,  et 
nous  avons  déjà  dit  combien  il  le  pleura  (1).  Mais  une 
nouvelle  querelle  l'arrache  à  ce  deuil:  la  duchesse 
d'Arjona  étant  morte,  Diego  Manrique  son  parent  ré- 
clama son  héritage,  et  s'empara  sans  façons  de  l'or  et 
des  bijoux  de  la  défunte.  Cela  suffit  pour  faire  prendre 
les  armes  au  seigneur  de  la  Vega,  qui  n'aima  il  ni  les 
manières  brusques,  ni  les  gestes  trop  vifs.  Heureuse- 
ment le  roi  s'en  mêla  à  temps  pour  empêcher  qu'on 
en  vint  aux  mains.  Il  séquestra  les  biens  de  la  Du- 
chesse et  remit  à  sa  justice  le  soin  de  régler  ce  diffé- 
rend. Inigo  Lopez  n'y  perdit  rien,  car  il  était  au  moins 
aussi  habile  homme  d'affaires  que  vaillant  guerrier. 
En  attendant  que  la  justice  fit  son  œuvre,  et  sans  doute 
dans  le  dessein  de  bien  disposer  le  Roi  à  son  égard, 
Inigo  Lopez  de  Mendoza  reçut  les  souverains  et  toute 

Asturies  de  Santillane,  pour  prêter  main  forte  à  sa  mère,  au  prin- 
temps de  1430.  (Cf.  lie.  cit.,  p.  lt,  document  cité  dans  la  note  47). 
C'est  à  ce  voyage  sans  doute  que  nous  devons  la  «  Serranilla  »  qui 
commence  par  : 

«  Moçueia  de  Bores 

»  Alla'so  la  Lama 

))  Pusom'  en  amores.  » 

(Obras  del  Marques,  p.  475). 

Menéndez  y  Pelayo  croit  que  cette  pastourelle  fut  certainement 
écrite  à  Liébana  [A  n  tologia  de  Poetas  Liricos,t.  V,  p.  xcix). 

1.  L'année  1431  est  par  conséquent  la  date  extrême  que  Ton 
puisse  assigner  à  la  composition  d' Inigo  Lopez  de  Mendoza,  inti- 
tulée :  Pregunta  de  Nobles  queftço  el  Marqué*  de  Santillana  à 
Don  Enrique^  Sehor  de  Villena, 


INTRODUCTION  XXXV 

leur  cour  dans  son  château  de  Buitrago  avec  un 
grand  déploiement  de  luxueuses  réjouissances.  Peu 
après  survint  la  nouvelle  imprévue  du  désastre  de 
Gaëte  où  les  Génois  capturèrent  et  défirent,  près  de 
File  de  Ponza,  la  flotte  aragonaise.  Les  trois  frères 
Alphonse,  roi  d'Aragon,  Jean,  roi  de  Navarre  et 
l'infant  Don  Enrique  furent  faits  prisonniers.  L'im- 
pression profonde  que  cette  nouvelle  causa  en  Cas- 
tille  eut  un  douloureux  écho  dans  le  cœur  du 
seigneur  de  la  Vega,  resté  très  aragonais  de  sympa- 
thies. C'est  alors  qu'il  conçut  et  commença  son 
poème  allégorique,  la  Comedieta  de  Ponça,  auquel 
il  semble  avoir  travaillé  pendant  longtemps,  puisqu'il 
y  prédit  les  succès  et  la  revanche  d'Alphonse  V,  dont 
l'entrée  triomphale  à  Naples  n'eut  lieu  qu'en  fé- 
vrier 1443.  Dans  sa  lettre  clédicatoire  à  Doua  Violante 
de  Prades,  datée  du  4  mai  1444,  il  déclare  que  ce 
poème,  quoiqu'il  lui  eut  été  plusieurs  fois  demandé 
par  de  grands  personnages,  n'était  point  encore  jus- 
que-là sorti  de  ses  mains  (1).  En  1436,  le  seigneur  de 
la  Vega  fêta  à  Guadalajara  le  mariage  de  son  fils  aîné 

1.  ((  Muy  noble  Seiïora  :  quando  aquella  batallanavall  acaesçio 
»  çerca  de  Gaieta,  la  quai  fué  asy  grande  que,  despues  que  el  rey 
))  Xerxes  fiço  la  puente  de  naves  en  el  mar  Oçéano,  por  ventura 
))  tantas  é  tan  grandes  naves  non  se  ayuntaron  sobre  el  agua,  yo 
))  començéuna  obra,  a  la  quai  llamé  «  Comedieta  de  Ponça  )).  . . 
»  La  quai  «  Comedieta  )),  muy  noble  Senora,yo  continué  fasta  que 
»  la  traxe  en  fin.  É  certificovos,  a,  fee  de  cavallero,  que  fasta  oy 
»  jamâs  non  ha  salido  de  las  mis  manos,  non  embargante  que 
))  por  los  mayores  senores,  é  clespues  por  otros  grandes  ornes,  mis 
»  amigos  deste  reyno,  me  sea  estada  demandada.  ))  (Prohemio  de 
la  Comedieta  de  Ponça,  §  II  et  III,  passim.  Obras  del  Marqués, 
p.  93,  94). 


XXXVI      BIBLIOTHEQUE   DU    MAKQUIS    t)E    SANTILLANË 

Don  Diego,  le  futur  duc,  de  l'Infantado,  avec  Dofia 
Brianda  do  Luna,  fille  d'une  cousine  du  Connétable; 
le  Roi  lui-même  voulul  être  le  témoin  de  cette 
union.  Don  Àlvaro  assistait  à  ces  fêtes,  et  Jean  II 
put  croire  un  instant  que  la  haine  d'un  des  plus 
puissants  adversaires  de  son  favori  s'était  évanouie. 
C'est  à  cette  occasion  sans  doute  que  le  Roi  insista 
une  fois  de  plus  auprès  du  seigneur  de  la  Vega, 
dont  la  renommée  littéraire  était  déjà  grande,  pour 
obtenir  de  lui  l'achèvement  du  recueil  moral  des  Cent 
Proverbes  et  sa  dédicace  au  prince  héritier  Henri  (1). 
On  dit  que  cet  ouvrage  fut  offert  au  fils  de  Jean  II  dans 
es  premiers  mois  de  1437  (2).  Le  succès  de  ces  Pro- 
verbios  de  gloriosa  dotrina  é  fractuosa  ensenança 
fut  si  considérable  qu'il  ne  leur  manqua  même  pas 
cette  consécration  des  œuvres  vraiment  populaires  :  la 
parodie  (3). 

En  1438,  le  seigneur  de  la  Vega  qui,  depuis  près 
d'un  an,  guerroyait  par  ordre  du  roi  de  Castille  sur  la 


1.  «  El  quai  texto  penssé  traher  a  la  vuestra  noble  memoria, 
»  por  mostrar  é  notificar  â  la  Vuestra  Alteça  las  pressentes  mora- 
»  lidades  é  versos  de  dotrina,  dirigidos  6  diferidos  â  aquella  ;  é 
))  que  non  sin  cabsa  hayan  seydo,  cômo  algunas  veçes  por  el  muy 
»  illustre,  poderoso,  manifico  é  muy  virtuoso  sefior  rey,  don 
))  Johan  segundo,  padre  vuestro,  me  fuesse  mandado  los  acabasse 
»  é  de  parte  suya  a  la  Vuestra  Exçellençia  los  présentasse.  » 
(Prologo  de  los  Proverbios,  §  I,  Obras  ciel  Mangues,  p.  21). 

2.  Me  m.  hist.  de  Don  Alonso  el  Noble,  apénd.  16,  p.  cxxv, 
d'après  Los  Rio$,  Obras  ciel  Marqués,  p.  lxvii,  n.  23. 

3.  Prooerbios  de  Don  Apostol  de  Castilla  para  su  hijo  Don 
Alonso  de  Castilla  contrahechos  â  los  que  hizo  el  Marqués  de 
Santillana .  (À.  Paz  y  Mélia,  Sales  espanolas,  t.  I,  Madrid,  1890, 
p.  235.) 


INTRODUCTION  XXXVII 

frontière  de  Cor  doue  et  de  Jaen,  remporta,  aidé  de  ses 
fils,  un  important  succès.  Après  avoir  fait  d'heu- 
reuses incursions  sur  les  terres  du  roi  de  Grenade  il 
défit  devant  Huelma  un  de  ses  meilleurs  généraux  et 
s'empara  de  la  place.  La  chronique  de  Jean  II  rap- 
porte à  ce  sujet  qu'il  y  eut  grande  discussion  entre  les 
contingents  divers  qui  formaient  l'armée  de  Don  Inigo 
pour  savoir  à  qui  reviendrait  l'honneur  de  planter, 
le  premier,  son  étendard  dans  la  ville.  Pour 
trancher  ce  différend,  Inigo  Lopez  se  souvint  de  ses 
lectures,  et  sa  sagesse  lui  suggéra  un  heureux  expé- 
dient :  il  prit  les  étendards,  les  noua  en  un  faisceau  et 
les  fit  porter  ainsi  tous  ensemble  dans  Huelma  (1).  Le 
château  de  Bexix  tomba  également  aux  mains  du 
seigneur  de  la  Vega(2).  Effrayés  par  l'énergie  de  ce 
capitaine,  les  infidèles  demandèrent  une  trêve  qu'Inigo 
Lopez  deMendoza  lui-même  fut  chargé  de  négocier. 
Les  préliminaires  en  furent  laborieux,  car  les  condi- 

1.  «  En  este  conbate  se  ovieron  valientemente  dos  hijos  deste 
))  notable  caballero  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  el  uno  llamado 
))  Pero  Laso,  y  el  otro  Inigo  de  Mendoza:  é  como  en  Jaen  y  en 
»  todas  las  cibdades  de  su  obispado  se  supo  como  Inigo  Lopez 
»  estaba  sobre  Huelma,  vino  todala  gente  délias  en  socorro  suyo, 
))  é  como  llegaron  juntas  hubo  gran  contienda  por  quai  vandera 
»  entraria  primero  :  é  como  Inigo  Lopez  fuese  no  ménos  discreto 
»  caballero  que  esforzado,  por  los  quitar  de  debate  tomo  todas  las 
»  valideras  é  hizolas  un  haz,  y  asi  juntas  las  mandô  meter  dentro 
))  en  la  villa  donde  en  el  dicho  combate  murieron  algunos  chris- 
))  tianos  aunque  no  nombres  defacion.»  (Chron.  de  Don  Juan  II, 
année  1438,  chap.  n). 

2.  La  prise  de  Bexix,  dont  les  histoires  ne  parlent  pas,  est 
affirmée  par  le  texte  d'un  privilège  du  roi  Jean,  daté  de  1448,  qui 
se  trouvait  dans  les  Archives  de  l'Infantado  (caj.  9,  leg.  I, 
num.  16,   cité  par  Los  Rios,  Obras  ciel  Marqués,  p.  lxix,  n.  27). 


XXXVIII     BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

lions  posées  par  [fiigo  étaienl  exceptionnellement 
dures.  Cependanl  ses  amis  lui  firent  savoir  que  son 
absence  prolongée  Laissait  libre  jeu  à  ses  ennemis  et 
que  ses  biens  comme  ses  droits  n'étaient  pas  absolu- 
ment respectés.  Pressé  de  mettre  ordre  à  ses  affaires, 
il  accorda  au  roi  More  une  trêve  de  trois  ans,  qui  fut 
signée  le  11  avril  1439.  Après  quoi,  il  regagna  au  plus 
vite  Guadalàjara  pour  protester  contre  la  conduite  du 
Roi  et  du  Connétable  à  son  égarcLTrès  occupé,  durant 
son  expédition  sur  la  frontière  de  Cordoue  et  de  Jaen, 
le  seigneur  de  la  Vega  n'oubliait  cependant  pas  ses 
études.  Durant  son  absence,  il  fit  exécuter  le  rema- 
niement castillan  d'une  version  aragonaise  des  His- 
toires de  Paul  Orose  (1).  Et  dans  ses  œuvres  nous 
trouvons  une  «  serranilla  »  composée  évidemment  à 
cette  époque  (2). 

Il  était  revenu  juste  à  temps  pour  prendre  part  aux 

1.  Cf.  Notice  XXIX,  ms.  *B,  p.  166. 

2.  Celle  qui  commence: 

«  Entre  Torres  é  Canena 

))  A  çerca  de  Salloçar, 

o  Falle  moça  de  Bedmar, 

»  Sanct  Jullan  en  buén  estrena.  » 

Et  plus  loin,  le  poète  précise  mieux  encore  les  circonstances  et 
les  lieux  : 

«  Dixe  :   Non  vades  sennera, 
»  Sefiora,  que  esta  maiïana 
»  Han  corrido  la  ribera, 
»  Aquende  de  Guadiana 
»  Moros  de  Valdepurchena 
»  De  la  guarda  de  Abdilbar, 
»  Ca  de  vervos  mal  passar 
)>  Me  séria  grave  pena.  » 

(Ohms  dçl  Marqués,  p.  470). 


INTRODUCTION  XXXIX 

guerres  civiles  qui  allaient  nouvellement  se  déchaîner 
avec  une  extraordinaire  violence.  Elles  commencèrent 
par  une  coalition  de  nobles,  à  la  tête  desquels  s'étaient 
mis  l'infant  Don  Enrique  et  le  roi  de  Navarre,  dans  le 
dessein  de  chasser  de  la  cour  le  connétable  Alvaro 
de  Lima  dont  la  puissance  constituait  pour  eux  un 
danger  perpétuel.  Exilé  pour  un  temps,  le  Conné- 
table ne  tarda  pas  à  rejoindre  le  Roi.  Cependant  les 
nobles  obtinrent  le  mariage  du  prince  Don  Enrique 
avec  Blanche  de  Navarre,  fille  du  roi  de  ce  pays.  Ils 
espéraient  que  cette  union  donnerait  au  roi  Jean  de 
Navarre  plus  d'ascendant  sur  son  cousin  de  Castille 
et  que  l'influence  de  Don  Alvaro  en  serait  diminuée. 

Inigo  Lopez  de  Mendoza  fit  partie  de  la  députation 
des  grands  seigneurs  envoyés  à  la  rencontre  de  l'in- 
fante Dofia  Blanca.  A  cette  occasion,  il  rima  une  chan- 
son pour  la  jeune  princesse  et  une  «  serranilla  »  (1). 
Les  mécontents  gagnèrent  à  leur  cause  le  prince 
Henri  et  sa  mère,  semant  ainsi  la  discorde  dans  la 

1.  La  chanson  commence  par  : 

((  Quanto  mas  vos  miraràn, 
»  Muy  excellente  prinçesa, 
»  Tanto  mas  vos  loarân.  » 


«  Tal  navarra  nin  françesa 
))  Nunca  vieron,  nin  veràn.  » 

(Obras  dcl  Marques,  p.  447). 

Et  la  ((  serranilla  »  qui  reflète  ses  impressions  de  voyage  à  la 
frontière  du  pays  Navarrais  débute  ainsi  : 

«  De  Vytoria  me  parti  a 

»  Un  dia  desta  semana, 

»  Por  me  passar  â  Alegria.  » 

{Obras  dcl  Marques,  p.  477). 


XL  mULIOTHEQUE   DU   MARQUIS   DK   SANTILLANE 

famille  même  de  l'infortuné  Jean  II.  Pour  frapper 
Ifiigo  Lopez  de  Mendoza  et  pour  détacher  le  prince 
Elenri  du  groupe  de  ses  ennemis,  le  Roi  son  père  lui 
donna  Guadalajara.  Comme  on  pouvait  s'y  attendre, 
lo  soigneur  do  la  Vcga  refusa  de  livrer  la  ville,  et  sa 
rancune  contre  le  Connétable,  dont  il  devina  l'inten- 
tion, ne  fit  que  grandir. 

Dans  cette  môme  année  1441,  Inigo  Lopez  s'em- 
para d'Alcalâ  de  Henares.  Ceci  amena  des  repré- 
sailles, dont  le  résultat  fut  une  rencontre  près  du 
Torote  où  les  troupes  de  Juan  Carillo  de  Toledo  rem- 
portèrent sur  celles  du  seigneur  de  la  Vega  et  où  ce 
dernier  fut  dangereusement  blessé. 

Les  nobles,  soutenus  par  la  reine  et  par  le  prince 
Henri,  forcèrent  Jean  II  d'approuver  la  sentence  par 
laquelle  ils  condamnaient  Alvaro  de  Lu'na  à  se  retirer 
de  la  cour  pendant  six  années.  Inigo  Lopez  de  Men- 
doza fut  chargé  de  rester  auprès  du  roi,  durant  l'exil 
du  Connétable,  afin  de  veiller  aux  intérêts  de  la  no- 
blesse. Mais  Jean  II,  énergique  sur  ce  seul  point, 
rappela  Don  Alvaro  et  annula  la  sentence  que  la  coa- 
lition des  grands  l'avait  forcé  d'accepter.  Les  mécon- 
tents se  retirèrent  alors  dans  leurs  terres,  et  Inigo 
Lopez  revint  à  Guadalajara.  Deux  ans  après,  le  roi  de 
Castille,  fait  prisonnier  par  Jean  de  Navarre,  appela 
ses  vassaux  à  son  secours.  Ce  fut  à  qui  aurait  l'appui 
du  seigneur  de  Guadalajara  ;  des  deux  côtés  pour 
prix  de  ses  services,  on  lui  offrait  la  possession  défi- 
nitive des  états  des  Asturies  de  Santillane,  dont  une 
partie  avait  été  cédée  au  comte  de  Castaneda  en  1438 


INTRODUCTION  XLI 

pendant  qu'Inigo  Lopez  se  battait  contre  les  Mores 
sur  la  frontière  de  Jaen.  Le  prince  Henri  s'étant  ré- 
concilié avec  son  père,  Ifligo  Lopez  jugea  plus  pru- 
dent et  plus  avantageux  de  prêter  main  forte  au  prince. 
Il  réunit  ses  hommes,  et  en  juillet  1444,  se  joignit  à 
Burgos  aux  partisans  du  prince  et  du  roi  de  Castille. 
Celui-ci  fut  rapidement  délivré  et  pour  s'assurer  rat- 
tachement des  seigneurs  qui  étaient  accourus  à  la  voix 
de  son  fils,  il  fit  pleuvoir  sur  eux  les  bénéfices  et  les 
donations.  Don  Inigo,  outre  la  confirmation  du  décret 
qui  lui  assurait  les  vallées  des  Asturies  de  Santillane, 
obtint  la  cession  de  l'Alcazar  de  Guadalajara.  L'année 
1445  mit  nouvellement  en  présence  le  roi  de  Castille 
et  ses  cousins.  La  bataille  d'Olmedo  fut  un  grand 
triomphe  pour  les  armes  castillanes  ;  Jean  II  et  son  fils 
Henri,  entourés  de  leurs  partisans,  au  premier  rang 
desquels  brillaient  le  Connétable  et  le  seigneur  de  la 
Vega,  défirent  après  une  lutte  acharnée  l'infant  Don 
Enrique  et  le  roi  de  de  Navarre.  Le  premier  alla 
mourir  à  Calatayud  des  suites  de  ses  blessures,  le  se- 
cond se  retira  dans  son  royaume,  et  le  roi  de  Castille 
essaya  de  gagner  les  sympathies  des  grands  qui  les 
avaient  soutenus,  en  leur  pardonnant.  Dans  cette  mé- 
morable lutte,  le  Connétable  ça^na  la  grand'maîtrise 
de  Saint-Jacques  et  le  seigneur  de  la  Vega  les  titres 
de  marquis  de  Santillane  et  de  comte  du  Real  de 
Manzanares.  Mais  cette  victoire  n'assura  pas  la  paix. 
Le  roi  d'Aragon  leva  des  troupes  pour  soutenir  les 
prétentions  du  roi  de  Navarre  son  frère  et  de  ses  par- 
tisans. Les  Aragonais  entrèrent  en  Castille,  les  Cas- 


XLll  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

tillans  en  Aragon,  et  des  deux  côtés  des  châteanx 
furent  pris.  En  août  1117,  l'archevêque  de  Tolède 
Alonso  Carillo  de  Aeufla  el  le  marquis  deSantillane 
reconquirent  pour  Jean  II  la  forteresse  de  Torija.  De 
leurcôté,  ceux  d'Aragon  prirent  le  château  de  Pefla 
deAlcazar  près  de  Soria.  Ces  escarmouches  de  pari 
et  d'autre  auraient  amène  une  guerre  sérieuse,  et 
déjà  Jean  II  s'y  préparai!,  si  les  troubles  intérieurs  et 
les  bruits  de  ligues  hostiles  au  Connétable,  et  par  con- 
séquent au  Roi,  n'avaient  rappelé  celui-ci  à  Valladolid. 
Cependant  le  second  mariage  du  rai  de  Castille  avec 
Dona  Isabel  de  Portugal  négocié  par  Don  Alvaro  fut 
célébré  avec  pompe  à  Madrigal.  Inigo  Lopez  y  assista 
et  sa  muse  lui  dicta  une  chanson  à  l'adresse  de  la  jeune 
reine  (1),  qui,  trompant  les  espérances  du  Connétable, 
devait,  entre  les  mains  de  ses  ennemis,  devenir  l'ins- 
trument de  sa  ruine. 

Pour  couper  court  à  la  conjuration  menaçante  des 
nobles,  le  Roi,  le  prince  Henri  et  Don  Alvaro  de  Lima 
décidèrent  de  jeter  en  prison  les  chefs  de  l'opposition. 
Le  11  mai,  Alonso  Pimentel,  comte  de  Benavente, 
Fernan  Alvarez  de  Toledo,  comte  d'Albe,  Henri, 
frère  de  l'amiral,  Pedro  et  Suero  de  Quiilones  furent 
arrêtés.  Le  marquis  de  Santillane,  inquiet  pour  lui- 
même  et  très  irrité  de  la  prison  de  son  cousin  et  frère 

1.  Cancion  à  la  seiïora  Rèyna  : 

a  Dios  vos  faga  virtuosa, 
»  Reyna  bienaventurada, 
»  Quanto  vos  fiço  i'ermosa,  »  etc. 

(Obras  del  Marques^  p.  450J. 


INTRODUCTION  XLIII 

d'armes,  le  comte  d'Albe,  se  retira  à  Guadalajara,  où, 
nous  l'avons  vu,  il  composa  pour  consoler  son  parent 
le  ((  Dialogue  deBias  contre  la  Fortune  ».  C'est  aussi 
entre  1445  et  1449  (1)  qu'il  a  dû  écrire  sa  célèbre  lettre 
à  Don  Pedro,  connétable  de  Portugal,  un  des  plus  cu- 
rieux monuments  de  l'histoire  littéraire  du  XVe  siècle. 
La  coalition  des  nobles  ne  tarda  pas  à  s'organiser 
de  nouveau,  le  prince  Henri  et  le  roi  de  Navarre  y 
adhérèrent  et  le  Marquis  fut,  avec  Pero  Fernandez  de 
Velasco,  comte  de  Haro,  placé  à  la  tête  du  mouvement. 
L'habile  Connétable  sut  déjouer  les  projets  de  ses 
ennemis,  il  provoqua  la  défection  du  roi  de  Navarre 
auquel,  pour  ce  faire,  il  offrit  de  sérieux  avantages. 
La  reprise  des  hostilités  contre  l' Aragon  et  la  Navarre 
attira  l'attention  sur  les  frontières  où  Jean  II  jugea 
prudent  d'envoyer  des  capitaines  parmi  lesquels  se 
trouvait  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  qui  reprit  la  forte- 
resse de  Torija  tombée  une  seconde  fois  aux  mains  de 
l'ennemi.  De  retour  à  Guadalajara,  il  y  reçut  une 
lettre  du  comte  de  Placencia  qui  lui  demandait  aide 
et  secours  contre  le  Connétable.  Le  marquis  de  San- 
tillane  donna  deux  cents  lances  à  son  fils  Diego  Hur- 

1.  Lorsque  Inigo  Lopez  de  Mendoza  écrivit  cette  lettre,  il  était 
déjà  marquis  de  Santillane, comme  l'indiquent  les  rubriques  des 
manuscrits  qui  nous  ont  conservé  ce  traité.  En  1445,  le  Connétable 
avait  16  ans  et  pouvait  fort  bien  s'adresser  à  Santillane  pour  lui 
demander  un  chansonnier.  Le  père  du  Connétable,  l'infant  Don 
Pedro,  duc  deCoïmbre,  mourut  à  la  bataille  d'Alfarrobeira  (1449). 
Comme  Amador  de  los  Riosl'a  observé  (Obras  del  Marqués,  p.  xc), 
Inigo  Lopez,  dans  sa  lettre,  parle  de  l'infant  Don  Pedro  comme 
d'une  personne  vivante,  par  conséquent  cette  lettre  a  été  écrite 
avant  1449. 


XLIV  BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

tado,  qui  s'unit  à  Don  Alvaro  de  Estufiiga,  fils  du 
comte,  qui  en  avait  trois  cents,  e1  Ions  deux  mar- 
chèrent sur  Valladolid  pour*  s'emparer  de  la  personne 
du  Connétable.  Celui-ci,  averti  à  temps,  se  réfugiaà 
Burgos  auprès  de  Jean  II,  qui,  sous  la  pression 
des  nobles  et  de  la  reine,  avait  consenti  à  laisser 
tendre  un  piège  à  son  favori  ;  mais  au  dernier  mo- 
ment il  eut  des  remords  et  tenta  de  le  faire  évader. 
Le  Connétable  ne  voulut  pas  profiter  de  l'occasion  et, 
peut-être  pour  frapper  d'effroi  ses  adversaires,  tua  le 
jour  du  vendredi  saint  de  l'année  1453  Alonso  de 
Vivero,  grand  trésorier  du  Roi.  Le  5  avril,  la  maison 
où  demeurait  Alvaro  de  Lima  fut  cernée  et,  après 
une  faible  résistance,  le  Connétable,  auquel  un  billet 
du  Roi  promettait  qu'on  respecterait  sa  personne,  se 
rendit.  Son  procès,  perdu  d'avance,  fut  vivement  con- 
duit, car  les  grands  craignaient  encore  de  voir  Jean  II 
les  priver  du  fruit  de  leurs  efforts.  Le  5  juillet 
Luna  fut  exécuté  à  Valladolid.  Don  Inigo  Lopez  prêta 
main-forte  au  Roi  pour  conquérir  les  villes  et  les  châ- 
teaux des  terres  de  Don  Alvaro,  puis  il  se  retira 
à  Guadalajara  afin  de  méditer  sur  le  néant  des 
choses  humaines.  C'est  à  ce  moment  que  Santillane 
écrivit  «  le  Doctrinal  des  Favoris  »,  réquisitoire  pas- 
sionné où  la  rancune  personnelle  perce  sous  les  consi- 
dérations philosophiques  et  morales.  Le  marquis  de 
Santillane  n'a  vu  en  Don  Alvaro  de  Luna  qu'un  cour- 
tisan gorgé  de  richesses,  il  n'a  pas  su  deviner  en  lui 
le  seul  homme  dont  l'énergie  et  le  sens  politique  au- 
raient pu  faire  du  règne  de  Jean  II  autre  chose  qu'une 


INTRODUCTION  XLV 

époque  do  guerres  civiles  et  de  mesquines  compéti- 
tions. Lui,  qui  tant  de  fois  a  demandé  à  Dante  des 
vers  à  imiter  ou  à  paraphraser,  n'a  pas  même  songé  à 
appliquer  au  Connétable  du  roi  Jean  II  les  strophes 
magnifiques  qu'Alighieri  consacre  à  Pierre  délia 
Vigna,  le  malheureux  et  fidèle  chancelier  de  Fré- 
déric II  : 

«  F  son  colui  che  tenni  ambo  le  chiavi 
))  Del  cuor  di  Federigo,  e  che  le  volsi, 
))  Serrando  e  disserrando,  si  soavi 

))  Che  dal  segreto  suo  quasi  ogni  uom  tolsi. 
))  Fede  portai  al  glorïoso  ufizio, 
»  Tanto  ch'  io  ne  perdei  le  vene  e  i  polsi  (1).  » 

Alphonse,  roi  d'Aragon,  ayant  appris  le  supplice  de 
Don  Alvaro  de  Luna,  envoya  un  ambassadeur  au  roi 
de  Castille  pour  le  prier  de  conclure  avec  lui  un  traite 
de  paix.  Jean  II  chargea  Inigo  Lopez  de  Mendoza  et 
quelques  autres  seigneurs  de  se  mettre  d'accord  et  de 
négocier  cette  affaire.  Mais  le  Roi,  dont  la  santé  était 
ébranlée  depuis  quelque  temps,  mourut  à  Valladolid  le 
20  juillet  1454  (2).  Son  fils  Henri  lui  succéda  et  ce  fut 
lui  qui  fit  la  paix  avec  les  rois  d'Aragon  et  de  Navarre, 

1.  Inferno,  chant  XIII,  vers  58  à  63; 

2.  Nous  savons  que  Jean  II  souffrait  de  fortes  fièvres  intermit- 
tentes, ce  qui  fournit  au  marquis  de  Santillane  le  sujet  de  son 
étrange  composition,  Sobre  la  quartana  del  Sehor  Rey  Don 
Johan  II : 

a  Porque  la  que  nunca  venga 
»  Al  senor  rey  se  le  vaya, 
»  Conçertemos  una  arenga, 
»  Tal  que  de  menos  non  tenga, 
»  Nin  de  nias  nada  non  aya.  » 

(Obras  del  Marques,  p.  264). 


XLVI         BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

moyennant  le  renoncement  de  la  part  de  ceux-ci  e1  de 
Don  Enrique,  fils  de  l'infant  Don  Enrique  d'Aragon,  à 
toutes  leurs  prétentions  sur  des  états  on  des  dignités  on 
Castille.  Avant  même  que  Ton  eût  procédé  à  son  cou- 
ronnement, Henri  IV  avait  déjà  fait  remettre  en  liberté 
le  cousin  du  marquis  de  Santillane,  Fernand  Alvarez 
de  Toleclo.  Puis  le  Roi  réunit  les  Cortes  à  Cuellar  pour 
y  proclamer  son  intention  de  combattre  les  infidèles  qui 
depuis  longtemps  n'avaient  plus  été  inquiétés.  Il  par- 
tit en  1455  à  la  tête  d'une  armée  considérable  où  figu- 
raient aussi  Inigo  Lopez  de  Mendoza  et  ses  fils,  suivis 
de  leurs  vassaux.  La  campagne  était  à  peine  engagée 
que  le  Roi,  satisfait  de  ces  premiers  succès,  revint  en 
Castille.  Le  marquis  de  Santillane,  par  Séville  etGua- 
dalupe,  où  il  alla  en  pèlerinage,  regagna  Guadalajara. 
Il  apprit  à  son  retour  la  mort  de  son  fils  Don  Pedro 
Las  so  de  la  Vega,  et  à  la  fin  de  cette  même  année  1455 
il  perdit  sa  femme  Dofla  Catalina  de  Figueroa.  L'année 
suivante  priva  le  Marquis  d'un  de  ses  meilleurs  amis, 
le  poète  Juan  de  Mena,  auquel  il  éleva,  dit-on,  un 
somptueux  tombeau  dans  l'église  de  Torrelaguna  (1). 
En  1457,  le  Roi  pensa  reprendre  la  guerre  contre  les 
Mores;  il  demanda  au  Marquis  de  l'accompagner, 
mais  celui-ci  le  pria  de  l'excuser,  car  il  se  sentait  vieux 
et  il  voulait  se  préparer  à  la  mort.  Il  prit  encore  part 
à  une  réunion  de  nobles  pour  attirer  l'attention  du  Roi 

1.  Cf.  Tomas  Antonio  Sanchez  :  Noticias  pava  la  vida  de 
Don  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  §  XXX  et  XXXI  [Coleocion  de 
poesïas  castellanas  anteriores  al  siglo  X  V,  t.  I). —  On  sait  le  grand 
cas  que  Juan  de  Mena  faisait  du  Marquis  comme  poète,  érudit  et 
guerrier.  Il  nous  en  a  laissé  un  vibrant  témoignage  dans  La  Co- 


INTRODUCTION 


XLVII 


sur  les  désordres  qui  désolaient  la  Cas  tille.  Henri  IV 
leur  promit  de  convoquer  les  Cortes  afin  de  chercher 
un  remède  aux  maux  qu'ils  lui  signalaient.  Ce  fut  là 
le  dernier  acte  de  la  vie  publique  du  marquis  de  San- 
tillane  qui  rendit  son  àme  à  Dieu  le  25  mars  1458. 

«  Don  Inigo  Lopez  de  Mendoza  était  de  taille 
moyenne,  ses  membres  étaient  proportionnés,  et  beaux 
les  traits  de  son  visage.  C'était  un  homme  fin  et  avisé 
et  de  si  grand  coeur  que  les  grandes  choses  ne  pou- 
vaient le  troubler  comme  les  petites  ne  savaient  lui 
plaire.  Son  maintien  et  son  discours  étaient  généreux 
et  magnanimes.  Il  parlait  très  bien,  et  jamais  on  ne 
l'entendait  dire  un  mot  qui  ne  fût  à  noter,  soit  pour 
la  doctrine,  soit  pour  le  plaisir.  Il  était  courtois  et  pré- 
venant envers  tous  ceux  qui  venaient  à  lui,  particulière- 
ment   pour    les    hommes   de    science Il    était 

fort  sobre.   Sa  vie    durant,  il  eut  deux  occupations 


ronacion,  long  poème  consacré  au  Marquis,  où  Juan  de  Mena 
raconte  qu'il  le  vit  couronner  par  les  Muses.  Ce  poème  doit  avoir 
été  composé  lors  de  la  glorieuse  expédition  du  Marquis  sur  la  fron- 
tière de  Jaen. 


XLI 

((  A  la  que  vi  en  continente 

»  De  mayor  autoridad 

»  Demandé  muy  mansamente 

»  Quién  era  aquel  mereciente 

»  De  tanta  felicidad. 

))  Respondiô  con  gran  falago  : 

))  A  quien  tu  ves  que  hago 

»  Tan  gran  despensa  de  honor 

))  Es  de  Mendoza  senor, 

»  De  la  Vega,  y  de  Buytrago.  > 


XLII 
«  Yo  dixe  :  Nunca  Dios  quiera 
»  Ca  yo  le  dexe  bien  sano, 
))  Capitan  de  la  frontera, 
»  Quando  la  vez  postrimera 
»  Metiô  Huelmaâsaco  rnano* 
»  Mas  habed  miedo  por  Dios 
))  De  decir  tal  cosa  vos, 
»  Ni  al  présente  Dios  lo  mande, 
»  Ca  séria  dano  tan  grande 
»  Quai  no  fué  an  tes  de  nos,  » 


XLVIII       BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

favorites,  Fart  militaire  et  l'étude.  Et  si  les  armes 
n'empêchaient  pas  L'étude,  l'étude  n'empiétai!  pas  sur 
1(3  temps  qu'il  consacrait  à  s'entretenir,  avec  les  che- 
valiers et  les  écuyers  de  sa  maison,  de  la  forme  des 
armes  nécessaires  pour  la  défense,  et  des  armes 
nécessaires  pour  l'attaque,  et  de  la  façon  de  frapper 
l'ennemi,  et  comment  il  fallait  disposer  les  batailles 
et  les  camps,  comment  il  fallait  assiéger  el  défendre 
les  forteresses  et  des  autres  choses  que  recjuierl  l'exer- 
cice de  la  chevalerie.  Ces  sujets  lui  étaient  agréables 
par  la  grande  habitude  qu'il  en  avait  depuis  son  en- 
fance. Et  pour  que  les  siens  sussent  par  expérience 
ce  qu'ils  entendaient  par  théorie,  il  ordonnait  d'exé- 
cuter des  joutes  et  autres  exercices  guerriers  dans  sa 
maison,  afin  que  ses  hommes  accoutumés  aux  armes 
souffrissent  moins  des  fatigues  de  la  guerre(l) .  »  «  Avant 
tout  autre,  il  introduisit  dans  son  pays  beaucoup 
d'accoutrements  nouveaux  et  d'insignes  de  chevalerie, 
beaucoup  de  nouveaux  appareils  de  guerre,  et  non 
content  de  les  faire  venir  de  l'étranger,  il  y  ajoutait  et 
les  corrigeait,   et  lui-même  inventa  d'autres  choses 

1.  Voir  Fernando  de  Pulgar,  Claros  varones,  tit.  IV,  et  Juan 
de  Lucena  qui,  dans  son  De  vita  beata,  fait  dire  à  l'évêque  de 
Burgos  :  ((  El  Marqués  jamâs  las  desnuda  (las  armas),  saluo 
»  quandoviste  la  toga:  en  armas  extrenuo,  disertissimo  en  letras, 
»  sy  en  lo  uno  trabaia,  descansa  en  lo  al  ;  ni  las  armas  sus  estu- 
»  dios,  nilos  estudios  empachan  sus  armas  »  (Paz  y  Mélia,  Opus- 
culos  Uterarios,p.  133). 

Le  Marquis  lui-même  dans  la  préface  de  ses  Proverbes  exprime 
cette  môme  idée  que  les  vertus  militaires  sont  compatibles  avec 
le  goût  des  études,  et  il  le  fait  en  ces  termes  :  «  La  sçiençia  non 
)>  embota  el  fierro  de  la  lança,  nin  face  floxa  el  espada  en  la  mano 
»  del  cavallero  ))  (Obras  ciel  Marqués,  p.  24) . 


INTRODUCTION  XLIX 

qui  causaient  un  grand  étonnement  à  tout  le  monde  et 
que  beaucoup  imitèrent(l).»  ((C'était  un  vaillant  cheva- 
lier, dit  encore  Pulgar,  avant  Faction  sage  et  mesuré, 
et  une  fois  qu'il  l'avait  engagée  intrépide  et  audacieux  ; 
cependant  son  audace  n'était  pas  sans  circonspection  et 

jamais  à  sa  prudence  ne  se  mêla  la  moindre  crainte 

Il  gouvernait  avec  habileté  les  gens  d'armes  de  sa 
capitainerie  et  savait  être  pour  eux  à  la  fois  seigneur 
et  compagnon.  Il  n'était  ni  hautain  dans  le  comman- 
dement, ni  familier  dans  les  rapports  quotidiens.  Car 
il  avait  une  humilité  intérieure  qui  le  faisait  ami  de 
Dieu  et  au  dehors  il  savait  conserver  l'autorité  néces- 
saire pour  se  faire  estimer  des  hommes.  »  Ses  soldats 
l'aimaient  «  parce  qu'il  leur  était ,  comme  Marius  le 
disait  de  lui-même,  conseiller  quand  il  fallait  agir  et 
compagnon  dans  le  péril(2)  ». 

Energique  et  doux  à  la  fois,  il  avait  dans  la  vie 
privée  une  attitude  plus  franche  et  plus  sympathique 
que  dans  la  vie  publique.  Dissimulé  en  politique,  si 
bien  qu'on  ne  peut  distinguer  nettement  si  sa  versatilité 
tient  à  son  réel  attachement  pour  les  fils  de  Don  Fer- 
nando de  Antequera,  ou  bien  s'il  n'est  poussé  à  changer 

1.  Voyez  la  préface  que  Diego  de   Burgos   a  mise  en  tête  du 
Trlunfo  ciel  Marqués  (Appendice  2,  p.  463). 

2.  Gomez  Manrique,  Cancionero,  t.  II,  p.  8,  édit.  Paz  y  Mé- 
lia.  —  Manrique  a  dédié  à  Pedro  Gonzalez  de  Mendoza,  évêque 
de  Calahorra,  le  poème  qu'il  a  intitulé:  El  plant o  de  las  virtudes  e 
poesia  por  el  magnifico  senor  don  Ihigo  Lopez  de  Mendoça, 
marqués  de  Santillana  e  conde  del  Real,  conpuesto  por  Gomez 
Manrique,  su  sobrino .  Dans  sa  dédicace  en  prose  Manrique  parle 
des  vertus  du  Marquis  et  de  son  caractère  avec  émotion  et  sincé- 
rité. 

IV 


L  BIBLIOTHEQUE   DU   MARQUÎS    DE   SANTILLANE 

de  parti  que  par  haine  pour  Alvaro  de  Luna,  il  est, 
dans  sa  vie  privée,  d'une  moralité  supérieure  qui  lui 
vaul  l'estime  de  ses  contemporains.  En  matière  litté- 
raire^ son  honnêteté  est  parfaite;  il  es1  scrupuleux 
dans  l'indication  de  ses  sources,  et  jamais  il  n'esl 
tenté,  comme  par  exemple  Leonardo  Bnini(l)  ou  Juan 
de  Lucena(2),de  séparer  des  plumes  du  paon.  En  par- 
lant de  l'amour  do  la  vérité  avec  son  grand  ami 
l'ôvêque  de  Burgos,  il  s'écrie  :  «  Foi  de  chevalier,  Hic 
est  d'un  philosophe1  el  non  d'un  enfant  la  villanelle  qui 
dit  : 

«  Même  si  je  savais  d'en  mourir, 
))  La  vérité  je  veux  la  dire  (3).  » 

S'il  n'a  pas  toujours  su  résister  aux  tentations  vul- 
gaires de  la  vie,  s'il  s'est  laissé  emporter  par  la  colère 
ou  par  la  luxure  (4),  on  peut  affirmer  qu'il  ne  s'y  est 
jamais  complu  et  que  les  joies  de  l'étude  remportaient 
pour  lui  sur  le  plaisir,  comme  l'amour  conjugal  l'em- 

1.  On  sait  que  Leonardo  Bruni  n'était  pas  scrupuleux.  Son 
De  Bello  italico  aclvevsus  Gothos  dérive  de  Procope,  qu'il  ne  cite 
pas,  et  ses  Commentaria  de  primo  bello  punico  dérivent  de 
Polybe  qu'il  ne  cite  pas  davantage. 

2.  M.  Paz  y  Mélia  dans  ses  Opusculos  literarios,  remarque,  en 
parlant  du  De  vita  heata  de  Juan  de  Lucena,  que  l'auteur  castil- 
lan a  non  seulement  imité  mais  encore  suivi  pas  à  pas  le  Dia- 
logus  de  felicitate  vitœ,  dédié  au  roi  Alphonse  d'Aragon  par  Bar- 
tolomeo  Fazio  (/.  c,  p.  ix). 

3.  «  En  le  de  cauallero,  de  philosophe*,  no  de  rapaz,  es  aquel 
»  villancete  : 

«  Si  supiese  de  morir% 
la  cerdat  quiero  de.zir.  » 

{De  cita  beata,  L  c.,p.  163). 

4.  Fernando  de  Pulgar,  Claros  varones,  tit.  IV, 


INTRODUCTION  Ll 

portait  dans  son  cœur  sur  l'amour  buissonnier.  Il 
aimait  sa  femme  qui  fut  vraiment  la  dame  de  ses  pen- 
sées et  à  laquelle  il  adressait  ses  vers.  Elle  lui  donna 
sept  fils  et  trois  filles.  Inigo  Lopez  de  Mendoza  éleva 
ses  enfants  avec  sollicitude.  On  ne  lui  connaît  pas  de 
bâtard,  chose  rare  en  son  temps.  S'il  veillait  surtout 
à  l'instruction  civique  et  militaire  de  ses  fils,  s'il  prit 
soin  de  leur  faire  apprendre  de  bonne  heure  ce  qu'il 
souffrait  lui  d'ignorer  (  1  ) ,  il  ne  fut  pas  moins  tendrement 
attaché  à  ses  filles  auxquelles  il  a  dédié  un  délicieux 
mllancico  (2).  On  le  voit  dans  cette  pièce,  fier  de  leur 
beauté,  et  un  peu  jaloux  de  ceux  qu'elles  aimeront. 
Et  lorsque,  dans  le  dialogue  De  vita  beata,  le  poète 
Juan  de  Mena,  voyant  le  Marquis  entouré  de  ses  fils 
et  de  ses  petits-enfants,  demande  à  l'évèque  de  Burgos 
s'il  ne  croit  pas  que  le  bonheur  soit  dans  la  paternité, 

1.  Fernando  de  Pulgar  (Claros  ccu-ones,  tit.  IX),  dit  de  Diego 
Hurtadode  Mendoza,  fils  aîné  du  Marquis:  «  Era  nombre  bien 
))  instruto  en  las  letras  latinas,  é  ténia  tan  buena  memoria,  que 
»  pocas  cosas  se  le  olvidaban  de  lo  que  en  la  Sacra  Escriptura  avia 
»  leido.))Onsait  l'enthousiasme  de  Don  Inigo  Lopez  pour  les  études 
de  son  fils   Pedro  Gonzalez  et  les  services  qu'il  lui  demandait. 

2.  Vulançico  hecho  por  el  Marqués  de  Sant'dlana  à  unas  très 
Jijas  sut  Jars. 

I  II 

«  Por  una  gentil  floresta  «  Por  mirai'  su  feimosura 

»  De  lindaa  flores  é  rosas  »  Destas  très  gentiles  damas, 

»  Vide  très  damas  fermosas  »  Yo  cobrime  cordas  ramas, 

»  Que  de  amores ihan  reqûesta.  »  Metime  sô  la  verdura. 

))  Yo  con  voluntat  muy  presta  »  La  otra  con  grand  tristura 

»  Me  llegué  a  conosçellas  :  »  Començô  de  sospirar 

»  Començô  la  una  délias,  »  É  deçir  este  cantar 

»  Estacançion  tan  honesta  :  »  Con  muy  honesta  messura  : 
))  Aguardan  â  mi;  »  La  nina  que  amores  lia, 

»  Nunca  taies  guardas  vi.  »  »  Sola,  £  como  dormira?  » 


LU  BIBLIOTHÈQUE    Ôti    MARQUIS    De   SANTILLANK 

et  que  le  docte  prélat  répond  en  énumérant  toutes  les 
souffrances  que  peut  procurer  la  famille  el  rappelle  ail 

poète  la  mort  douloureuse  du  quatrième  fils  de  leur 
hôte,  le  Marquis  s'écrie  :  «  Que  Dieu  te  pardonne, 
Juan  de  Mena,  comme  je  te  pardonne!...  En  pensant 
me  faire  plaisir,  tu  m'as  valu  de  nouvelles  souf- 
frances ;  tu  voulais  me  glorifier  et  tu  as  ravivé  ma 
blessure.  Oh,  mon  très  doux  fils  Don  Pero  Lasso  ! 
Quand  je  me  souviens  de  toi,  j'oublie  tes  frères,  j'ou- 
blie mes  petits-enfants  et  la  douleur  de  ta  mort  tue 
toute  ma  gloire  !  Et  il  n'est  pour  mon  âme  autre  con- 
solation que  de  penser  que  je  te  reverrai  sans  plus 
craindre  que  tu  meures.  Je  t'en  prie,  oh  Juan  de 
Mena,  n'affirme  pas  ce  que  tu  ignores.  Foi  de  loyal 
chevalier,  je  te  dis  que  ces  fils  que  tu  vois,  s'ils  me 
font  perdre  un  cheveu  blanc,  m'en  font  blanchir  cent: 
je  serais  moins  heureux  sans  eux,  c'est  certain,  mais 
aussi  je  souffrirais  moins,  Dieu  le  sait(l).  )) 

((  Vous  devez  à  Dieu  beaucoup  de  reconnaissance, — 
disait  à  Inigo  Lopez  son  vieux  serviteur  Anton  Zo- 
rita,  —  il  vous  a  donné  une  compagne  sage,  fidèle, 

m  IV 

((  Por  no  les  façer  turbança  «  Desque  ya  ovieron  cantado 

»  Non  quise  yr  mas  adelante  »  Estas  senoras  que  digo, 

))  A  las  que  con  ordenança  »  Yo  sali  desconsolado, 

»  Cantavan  tan  consonante.  »  Como  orne  sin  abrigo. 

»  Laotra  con  buen  semblante  »  Elias  dixeron  :  Amigo, 

»  Dixo  :  Senoras  de  estado,  »  Non  soys  vos  el  que  buscamos  ; 

))  Pues  las  dos  aveis  cantado,  »  Mas  cantat,  pues  que  cantamos  : 

»  A  mi  conviene  que  cante  :  »  Sospirando  yvala  nina 

»  Dejatlo,  al  villano  pêne;  «  E  non  por  mi. 

»  Véngueme  Dios  délie.  »  «  Que  yo  bien  se  lo  entendi.  » 

{Orbas  del  Marques,  p,  461). 
1.  De  ri  la   beata,  L  <•■,  p.  18(). 


INTRODUCTION  LUI 

honnête,  vertueuse  et  obéissante,  telle  que  peu 
d'hommes  en  rencontrent.  Et  vous  devez  aussi  lui 
rendre  grâce  de  vous  avoir  donné  en  elle  des  iils  in- 
telligents, courtois,  honnêtes,  déjà  bons  chevaliers 
pour  leur  âge,  et  très  obéissants,  et  soumis  à  votre  vo- 
lonté, et  des  filles  honnêtes,  gracieuses,  charitables, 
humbles,  humaines,  enfin  dotées  par  la  grâce  divine 
de  pudeur  virginale  (1).  » 

Le  Marquis  était  religieux  et  bon  catholique.  Il 
lisait  les  Évangiles  et  fit  sur  la  fin  de  ses  jours  un 
pèlerinage  au  sanctuaire  de  N.-D.  de  Guadalupe.  Il  a 
adressé  des  sonnets  à  la  Vierge  (2),  à  saint  Michel 
Archange  (3),  à  sainte  Claire  (4),  à  saint  Chris- 
tophe (5),  à  saint  Bernardin  (6),  à  saint  André  (7),  à 
saint  Vincent  Ferrer  (8)  et  à  son  ange  gardien  (9) .  Il 
a  composé  pour  la  canonisation  de  Vincent  Ferrer, 
qu'il  avait  connu  personnellement  cm  Aragon,  et  pour 
celle  du  confesseur  Pierre  de  Villacreçes,  un  long  poème 
apologétique,  où  il  fait  défiler  tous  les  princes  du 
ciel(10).  Il  a  brodé  sur  les  Joies  de  Notre-Dame  (11), 


1. 

Préface  i 

i' Anton  Zorita 

à  sa  version 

cas 

Liliane  de  l'Ai 

"bre 

des 

batailles  ' 

d'Honoré 

Bonnet 

(Cf. 

Notice 

LVIII, 

m  s. 

*B, 

p.  375). 

2. 

Obrat 

■■  del  Marqués, 

P- 

292. 

3. 

Ibid., 

P- 

293. 

4. 

Ibid., 

p. 

294. 

5. 

Ibid., 

P- 

294. 

6. 

Ibid., 

P- 

295 

7. 

Ibid., 

P- 

259. 

8. 

Ibid., 

P- 

296. 

9. 

Ibid., 

P- 

297. 

10. 

Ibid., 

P- 

299. 

11. 

Ibid., 

P- 

308. 

LIV  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

et  à  Notre-Dame  de  Guadalupe  il  a  consacré  des 
strophes  enthousiastes  (1).  Il  avait  voué  à  la  Vierge 
un  culte  spécial.  Il  a  uni  aux  armes  des  Mendoza 
celles  (h^  Vega,  qui  portent  d'or  avec  la  devise:  Ave 
Maria  gratia  plena{2).  Sa  devise  était  Dios  e  Vog, 
et  comme  emblème  il  avait  pris  un  heaume.  Sur  son 
lit  de  mort,  tenant  d'une  main  un  crucifix  et  de  l'autre 
un  cierge  allumé,  il  dit  qu'il  avait  choisi  le  heaume, 
parce  que  cette  image  maintenait  présente  a  son  es- 
prit l'idée  de  In  mort  (3).  Il  déclara  aussi  au  docteur 
Pedro  Diaz,son  chapelain,  lésons  de  la  devise  qui  or- 
nait ses  bannières  et  les  housses  de  ses  chevaux  et 
dont  on  donnait  le  plus  souvent  une  interprétation 
profane.  «  J'ai  pris,  dit-il,  par  dévotion  et  pour 
garder  constamment  en  ma  mémoire  Notre-Dame  la 
Vierge,  cette  devise  :  «  Dieu  et 'Vous,  »  et  par  Vous 
j'entendais  Notre-Dame,  car  par  la  miséricorde  de  Dieu 
et  l'intercession  de  la  Vierge  j'espérais  être  conduit 
sur  le  chemin  du  salut  (4).» 

Pratiquement,  la  piété  du  Marquis  se  manisfesta 
par  de  pieuses  fondations  et  de  nombreux  actes  de 
philanthropie.  Relevait  dans  sa  maison  les  enfants  des 
habitants  de  Guadalajara,  il  établissait  et  dotait  les  filles, 
éduquait  les  garçons,  leur  donnait  des  emplois  et  les 

1.  Ob ras  ciel  Marqués,   p.  313. 

2.  Ses  armes  sont  :  écu  parti  en  chef  et  en  pointe,  de  sinople 
à  la  bande  de  gueules  bordée  d'or  (Mendoza)  ;  à  dextre  et  àsenestre 
d?or,  à  la  devise  de  VAve  Maria  (Vega) . 

3.  Sanchez,  l.  c,  §    XLIV,  p.  xxx,  xxxi. 

4.  Pedro  Diaz  de  Toledo.  Diâlogo  é  razonamiento  en  la  muerte 
(Ici  Marqués  de  Santillana.  Cap.  ix.  Del  mote  ciel  Marques. 
Dios  cVos,  etc.    (Cf.    Paz  y  Mélia,  Opdsculos  literarios,  p.  280). 


INTRODUCTION  LV 

mariait  (1).  Dès  1430,  il  s'était  occupé  de  la  restau- 
ration du  monastère  de  Sopetran  très  déchu  et  où  ne 
vivaient  plus  que  trois  moines.  Muni  des  licences  pon- 
tificales, il  l'incorpora  à  l'Ordre  de  saint  Benoit  et  fit 
venir  de  Valladolid  onze  religieux  bénédictins.  Don 
Inigo  Lopez  combla  cette  pieuse  maison  de  bienfaits, 
d'exemptions  et  de  privilèges.  Sa  sollicitude  pour  ce 
monastère  placé  sous  le  vocable  de  la  Vierge,  ne  di- 
minua pas  pendant  son  absence  de  Guadalajara,  où 
Doua  Catalina  de  Figueroa  veillait  alors,  en  son  lieu 
et  place,  avec  une  attentive  dévotion  aux  besoins  des 
religieux  (2).  Il  accorda  aussi  certains  avantages  aux 
monastères  de  Lupiana  et  du  Paular(3).  A  Buitrago, 
le  Marquis  fit  élever  un  hospice,  et  en  1455,  se  trou- 
vant à  Jaen,  il  déclarait  à  ses  héritiers  que,  si  mal- 
heur lui  arrivait  en  terre  de  Grenade,  il  désirait  que 
cet  établissement  hospitalier  fût  achevé  par  eux  (4). 

1.  Vida  del  Cardenal  D.  Pedro  Gonzalez  de  Mendoza  par 
D.  Francisco  de  Médina  de  Mendoza.  Cette  première  biographie 
du  Grand  Cardinal  occupe  les  pages  153-311  du  t.  VI  du  Mémo- 
rial historico  espanol,  publié  par  Y Academia  de  la  Historia. 

2.  Sanchez,  l.  c,  §  IX,  p.  vu;  Ibid.,  §  XXIII,  p.  xvn,  xvm,  et 
Arch.  de  Inf.  caj.  8,  leg.  4,  n°  2,  d'après  Los  Rios,  Obras  del 
Marqués,  p.  lxxxix,  n.  12;  Real.  Acad.  de  la  Hist.  Biblioth.  de 
Salazar,  t.  E.  127,  fol.  273,  v,  d'après  Los  Rios,/.  c,  n.  13; 
Sanchez,  l.  c,  §  XXIII,  p.  xvn. 

3.  Arch.  de  Inf.  caj.  14,  leg.  9,  nûm.  4,  d'après  Los  Rios. 
Obras  del  Marqués,  p.  lxxxvii,  n.  8  ;  et  Arch.  Inf.  caj.  1,  Buy. 
leg.  9,  nûm.  12,  d'après  Los  Rios,  L  c,  p.  ci,  n.  44. 

4.  Arch.  de  Inf.  caj.  8,  leg:  1,  n.  18,  d'après  Los  Rios,  Obras  del 
Marqués,  p.  xcvm,  n.  36. —  A  propos  de  la  bienfaisance  du  Marquis, 
il  convient  de  citer  cette  phrase  de  Gômez  Manrique  dans  sa 
lettre  à  Pedro  Gonzalez  de  Mendoza  :  «  Finalmente.  este  fuetanto 
»  en  perficion   bueno  e   prouechoso   para  esta  religion,   que  bien 


LVI  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Dans  la  chapelle  de  cet  hospice  se  conserve  encore  de 
nos  jours  un  retable  sur  lequel  se  trouvent  peinte  aux 
pieds  d'une  image  de  la  Vierge,  les  portraits  du  mar- 
quis de  Santillane  et  de  Dofla  Catalina  dé  Figueroa 
dus  au  pinceau  d'un  artiste  du  XV'  siècle  nommé 
Jorge  Inglés  (1). 

»  syn  dubda  ella  puede  dezir  con  Geremias  que  es  quedada  syn  el 
»  como  biuda  senora  de  gentes  »  (Cancionero,  édit.  Paz  y 
Mélia,  t.  II,  p.  8),  et  Diego  de  Burgos,  dans  sa  préface  du 
Triunfo  del  Marques,  s'écrie:  «  Qui  saurait  louer  comme  il  le 
mérite  celui  qui  a  fait  tant  de  bien  à  sa  patrie?  »  (Appendice  2, 
p.  463). 

1.  Cean  Bermudez  parle  de  cet  artiste  dans  son  Diccionario 
historico  de  los  mas  ilustres  profesores  de  las  bellas  artes  en 
Espana,  t.  II,  p.  309-310  (Madrid,  1800).  Voici  la  notice  qu'il  lui 
consacre:  «  Inglés  (el  maestro  Jorge)  pintor.  D.  Inigo  Lopez  de 
»  Mendoza,  primer  marqués  de  Santillana,  tan  conocido  por  su 
»  virtud  y  nobleza,  quanto  por  su  literatura  y  poesias,  estando 
»  en  la  vega  de  Granada,  dispuso  en  su  codicilio,  que  otorgô  en 
»  Jaen  en  5  de  Junio  de  1455,  que  este  profesor  pintase  el  retablo 
))  mayor  y  colaterales  de  la  iglesia  del  hospital  (S.  Salvador)  de 
»  Buitrago,  que  habia  fundado,  y  que  se  colocase  en  el  nicho 
»  principal  la  imâgen  de  nuestra  Senora,  que  mandô  traer  de  la 
»  feria  de  Médina. 

a  El  retablo  mayor  consta  de  dos  cuerpos  :  en  el  primero  y  al 
»  lado  del  evangelio  retratô  cl  maestro  Jorge  a  D.  Inigo  arro- 
»  dillado,  en  actitud  de  orar,  algo  menor  que  el  tamano  del 
»  natural,  y  a  un  page  detras  tambien  de  rodillas  ;  y  al  de  la 
»  epistola  a  su  muger  en  la  misma  postura,  y  a  una  criada  a  la 
»  espalda.  Pintô  en  el  segundo  doceângeles,  vestidos  con  tunice- 
»  las  con  unos  pergaminos  en  los  manos,  y  en  cada  uno  esta 
))  escrito  uno  de  los  doce  gozos,  llamados  de  Santa  Maria  que 
»  compuso  el  marqués,  y  andan  impresos  en  un  cancionero 
»  gênerai  con  algunas  variaciones  de  como  estân  aqui  en  los  per- 
»  gaminos;  y  remata  el  retablo  con  S.  Jorge  de  la  misma  mano. 
»  No  existen  los  colaterales,  pero  si  las  dos  pinturas  de  Santiago 
»  y  S.  Sébastian,  que  contenian,  colocadas  en  los  postes  inme- 
»  diatos   a  la  capilla  mayor  :  por  unas  y  otras  se  viene  en  conoci- 


INTRODUCTION  LVII 

Mais  ce  qui  fit  que  la  renommée  dont  le  Marquis 
jouissait  de  son  temps  dépassa  les  frontières  de  la  Pé- 
ninsule et  se  répandit  en  divers  pays,  ce  fut  son  pro- 
digieux amour  de  l'étude  et  la  large  protection  qu'il 
accordait  aux  lettrés  (1). 

Zorita,  qui  Ta  bien  connu  et  qui  a  pour  lui  usé  ses 
yeux  si  fatigués  par  l'âge  que  même  en  chaussant  ses 
besicles  il  arrivait  mal  à  tailler  ses  plumes,  lui  dit  ; 


»  miento  de  que  el  maestro  Inglés  era  uno  de  los  mejores  pintores 
»  de  su  tiempo  en  Espafia,  pues  estan  pintadas  con  el  acierto  y 
»  prolixidad  que  ofrecian  los  conocimientos  de  aquella  época.  El 
»  sefior  duque  del  Infantado,  patronodel  hospital,hahecho  traer  a 
»  Madrid  los  citados  retratos  de  los  marqueses  para  limpiarlos, 
))  y  con  este  motivo  ha  dispuesto  que  D.  Fernando  Selma  gra- 
»  base  el  del  Marqués,  que  acaba  de  desempefiar  con  el  acierto 
))  que  acostumbra —  Ponz.  » 

Nous  trouvons  encore  une  autre  mention  de  ces  portraits  du  Mar 
quis  et  de  sa  femme  dans  l'ouvrage  de  J.  M.  Quadrado,  Recuerdos  y 
bellezas  de  Espafia  etc.,  Castilla  la  Nueva,\>.  174.  Le  Département 
des  estampes  de  la  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid  conserve 
un  exemplaire  du  portrait  d'Iiïigo  Lopez  gravé  par  Selma  dont  il 
est  fait  mention  dans  la  notice  copiée  ci-dessus.  Le  portrait 
reproduit  par  Amador  de  Los  Rios  en  tête  de  ses  Obras  del 
Marqués  est  une  composition  de  Demetrio  de  Los  Rios,  mais  les 
traits  du  Marquis  sont  empruntés  à  la  gravure  de  Selma  et 
dérivent  également  du  portrait  de  Jorge  Inglés  (Cf.  A.  M.  de 
Barcia,  Catâlogo  de  retratos  de  personajes  espauoles,  p.  455, 
n°  1042-1-2). 

1.  ((  Il  avait  toujours  dans  sa  maison  des  docteurs  et  des  maîtres 
avec  lesquels  il  parlait  des  sciences  et  des  lectures  qui  l'occu- 
paient. ))  (Fernando  de  Pulgar,  Claros  varones,  tit.  IV).  Le 
quatrième  duc  de  l'Infantado  parle  dans  son  Mémorial  de  cosas 
notables  du  soin  que  prenaient  ses  ancêtres,  et  particulièrement  le 
marquis  de  Santillane,  d'enrichir  leur  bibliothèque  et  il  remarque 
que  «  des  hommes  de  valeur  s'occupaient  de  traduire  pour 
eux  beaucoup  de  livres  et  qu'on  les  récompensait  largement  de 
leur  peine  ».  (Cf.  Appendice  3,  p.  466). 


LVIII         BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

((  Il  est  un  joyau  que  vous  possédez  plus  qu'aucun  de 
vos  égaux...  c'est  l'amour  de  la  science  el  vous  l'ai- 
mez véritablement  d'une  telle  affection,  vous  la  re- 
cherchez avec   tant  de  zèle,  que  quelque  occupé  et 

fatigué  que  vous  soyez...  il  n'est  jour  au  mDnde  que 
vous  ne  lisiez  les  livres  des  philosophes  ou  des  poètes, 
ou  encore  la  Sainte-Écriture  ou  les  histoires,  volant 
du  temps  au  repos  et  au  plaisir  de  votre  couche  pour 
l'employer  assidûment  en  cette  honnête  et  louable 
occupation.  Et  vous  traitez  si  respectueusement  les 
hommes  de  science,  quels  qu'ils  soient,  que  votre 
bonne  renommée  se  répand  non  seulement  dans  les 
provinces  voisines,  mais  aussi  dans  les  pays  très 
éloignés  des  nôtres  et  votre  nom  fortuné  s'y  fait  con- 
naître; et  pour  qu'il  en  reste  éternelle  mémoire,  il  est 
cité  dans  beaucoup  de  livres  par  de  savants  et  fidèles 
écrivains(l).  »  Un  autre  de  ses  familiers  s'écrie:  a  C'est 
lui  qui  a  délivré  nos  Espagnes  de  l'aveugle  ignorance 
en  les  éclairant  de  la  lumière  d'une  charité  véritable 


1.  V.  Anton  Zorita  dans  la  préface  qu'il  a  mise  en  tête  de  sa 
version  de  Y  Arbre  des  Batailles  de  Bonnet.  (Notice  LVIII, 
ms.  *B,  p.  375).  —  Juan  de  Mena  dans  la  préface  de  sa  Corona- 
cion  ciel  Marqués  dit  que  «  beaucoup  d'étrangers,  qui  n'avaient 
pas  d'autre  raison  de  venir  en  Espagne  se  rendaient  en  Castille 
attirés  par  la  réputation  du  Marquis  ».  Et  Pedro  Gonzalez  de 
Mendoza  en  adressant  à  son  père  la  traduction  de  Y  Iliade,  que 
celui-ci  lui  avait  demandée,  écrit  ceci  :  «  Je  me  suis  soumis  à  la 
volonté  et  à  l'ordre  exprimés  par  votre  seigneurie  dans  sa  remar- 
quable lettre,  en  considérant  que  même  ceux  que  l'éloignement 
de  leur  pays  empêche  de  jouir  de  votre  présence  vous  servent  avec 
plaisir  pour  votre  réputation,  et  que  je  vis  dans  notre  province  un 
grand  nombre  d'hommes  qui  avaient  entendu  parler  de  vous  et 
qui  ne  venaient  que  pour  vous  voir  »  (Notice  I,  p.  6). 


INTRODUCTION  LIX 

et  en  portant  à  la  connaissance  de  tons  le  pins  grand 
bien  que  les  hommes  puissent  ambitionner  dans  leur 
vie  mortelle,  c'est-à-dire  la  science.  Et  ce  ne  sont  pas 
les  nôtres  seuls,  dans  notre  région  occidentale,  qui 
savent  combien  il  sut  tirer  de  fruit  du  savoir,  mais 
aussi  les  hommes  des  pays  éloignés  et  des  terres  étran- 
gères le  reconnaissent  et  ne  parlent  pas  de  lui  sans 
nous  l'envier  grandement.  Combien  d'hommes  y  avait- 
il  avant  lui  dans  notre  pays,  et  quels  étaient-ils  qui 
connussent  d'autres  lectures  que  celles  du  droit  civil 
ou  du  droit  canon?  Certes,  je  crois  qu'ils  furent 
rares,  s'il  y  en  eut,  car  la  vieille  et  grossière  routine 
les  tenait  et  aveuglait  d'erreur  les  intelligences.  Si 
bien  que  non  seulement  les  princes,  les  grands 
seigneurs  et  les  hommes  que  l'on  croyait  instruits, 
étaient  en  Espagne  sevrés  du  bienfait  de  la  science, 
mais  aussi  la  multitude  des  hommes  de  moindre 
condition  où  l'on  aurait  pu  s'attendre  à  trouver  un 
savant.  Et  lorsque  cet  homme  de  haut  entendement 
vit  que,  depuis  les  temps  de  Lucain,  de  Sénèque,  de 
Quintilien  et  d'autres  anciens  savants,  sa  patrie  était 
privée  d'une  si  grande  richesse,  il  s'en  affligea  et 
travailla  avec  zèle,  par  ses  études  et  par  son  talent,  en 
composant  des  œuvres  nombreuses  et  distinguées,  à  la 
relever  et  à  la  mettre  au  niveau  de  la  gloire  des  grands 
hommes  d'Athènes,  de  l'Académie  ou  de  Rome,  en 
faisant  venir  une  quantité  de  livres  de  toute  espèce 
de  philosophie,  livres  inconnus  jusqu'alors  dans  nos 
régions.  Lui-même  les  expliquait  à  beaucoup,  et  il 
avait  autour  de  lui  des  hommes  très  instruits  et  qui 


LX  BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLAM. 

rendaient  plus  fructueuses  les  lectures  <l<ks  autres  en 
expliquant  le  sens  et  en  tirant  la  moralité  que  les 
fictions  de  poètes  contiennent  sous  une  forme  voilée. 
Ils  montraient  l'avantage  que  Ton  peut  recueillir  de 
l'éloquence  des  savants  et  raisonnaient  le  plaisir  <|ii<k 
procurent  les  grandes  et  merveilleuses  histoires  qui 
invitent  les  âmes  généreuses  aux  belles  actions  et  à  la 
vertu.  Ils  disaient  aussi  renseignement  qu'on  en  peut 
retirer  pour  les  infortunes  humaines,  donnant  dans 
chaque  matière  les  moyens  de  s'instruire  abondamment 
aux  hommes  de  toutes  conditions.  De  sorte  que,  grâce 
au  Marquis,  notre  Espagne  rayonne  de  science  (1).  » 
((  Actif  et  jouissant  d'une  excellente  santé,  le  Mar- 
quis était  d'humeur  égale,  souvent  joyeuse,  et  s'il  est 
vrai  que  les  vertus  donnent  l'allégresse  et  les  vices  le 
spleen,  comme  la  plupart  du  temps  ce  chevalier  était 
gai,  on  en  peut  bien  conclure  qu'il  fut  plus  gouverné 
par  la  vertu  que  par  le  vice  (2).  »  «  Il  était  accueillant 
et  d'un  commerce  agréable.  Entouré  de  ses  domes- 
tiques et  de  ses  familiers,  il  conversait  avec  douceur 
et  avec  grâce  (3).  »  Il  goûtait  les  doctes  discours 
pour  se  distraire  des  soucis  de  la  vie  quotidienne,  et 
lorsqu'il  était  souffrant,  les  considérations  pédantes 
de  son  chapelain  Pedro  Diaz  de  Toledo  qu'il  aimait 
entre  tous   le    remettaient    sur    pied  (4) .     Au  cou- 

1.  Diego  de  Burgos,  préface  du  Triunfo  del  Marqués  (Appen- 
dice 2,  p.  461.) 

2.  Fernando  de  Pulgar,  Claros  varones,  tit.  IV. 

3.  Diego  de  Burgos,  l.  c.  (Appendice  2,  p.  463.) 

4.  Pedro  Diaz  de  Toledo,  Razonamiento  en  la  muerte  del  Mar- 
qués de  Santillana,  L  c,  p.  250. 


INTRODUCTION  Lxl 

rant  des  modes  et  des  coutumes  de  l'étranger,  re- 
cherché dans  sa  mise  comme  dans  son  parler,  il  rece- 
vait volontiers  ses  amis  et  les  conviait  à  des  banquets 
philosophiques  servis  à  la  française,  où  Ton  faisait 
((  el  yantar  â  chirla  corne  (1)  ». 

Il  s'était  attaché  le  docteur  Pedro  Diaz  de  Toledo  en 
qualité  de  chapelain  ;  Diego  de  Burgos  lui  servait  de 
secrétaire.  Anton  Zorita  et  le  bachelier  Alfonso  de 
Zamora  fréquentaient  sa  bibliothèque.  Il  voyait  aussi 
avec  plaisir  Juan  de  Mena  et  le  licencié  Juan  de  Lu- 
cena,  dont  le  père  était  son  filleul.  Gomez  Man- 
rique,  son  neveu,  était  un  habitué  de  Guadalajara,  il 
y  venait  quêter  des  conseils  poétiques  et  des  encoura- 
gements. Lui-même  nous  raconte  l'affection  que  lui 
portait  le  Marquis,  combien  il  le  gâtait  quand  il  était 
auprès  de  lui,  combien  il  le  louait  quand  il  était 
absent.  L'oncle  applaudissait  de  si  bon  cœur  aux 
essais  poétiques  du  neveu  que  celui-ci  en  était  tout  inti- 
midé, car  il  ne  se  sentait  pas  digne  de  dénouer  les 
cordons  de  ses  souliers.  L'autorité  respectée  du  Mar- 
quis était  si  grande  aux  yeux  de  Gomez  Manrique 

1.  Juan  de  Lucena,  Libro  de  vita  beata  (Opûsculos  literarios 
publiés  par  D.  Antonio  Paz  y  Mélia,  p.  182).  —  Ce  n'est  pas  là 
le  seul  exemple  de  l'influence  des  modes  françaises  sur  le  Mar- 
quis. Sa  devise  Dios  e  Vos  se  trouve  plus  fréquemment  sur  ses 
livres  sous  sa  forme  française  Dius  et  Vous  que  sous  sa  forme 
castillane.  D'ailleurs,  en  matière  d'héraldique,  l'influence  fran- 
çaise a  duré  fort  longtemps  en  Espagne.  L'auteur  des  Copias 
de  la  Panadera  fait  une  allusion  évidente  au  goût  du  Marquis 
de  Santillane  pour  les  choses  de  France,  lorsque,  parlant  de  lui, 
il  dit:    ■ 

((  Con  fabla  casi  straniera 
»  Armado  como  francés.  » 


LXII  BIBLIOTHÈQUE  DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

qu'il  s'inclinait  devant  elle,  renonçant  à  son  propre 
jugement  (1).  S'il  n'était  pis  exempt  de  vanité  lib- 
raire, Ifiigo  Lopez  de  Mendoza  étail  trop  grand  sei- 
gneur pour  avoir  des  jalousies  de  métier,  ei  s'il  se 
sentait  homme  de  lettres  en  écrivant,  il  redevenait 
Mécène  pour  juger  l'œuvre  d'autrui,  et  son  enthou- 
siasme pour  Enrique  de  Villena,  pour  l'évêque  de 
Burgos  et  pour  Juan  de  Mena  frise  la  vénération, 
D'ailleurs,  Alonso  de  Cartagena  était  un  de  ses  plus 
chers  amis.  Il  fît  avec  lui  le  voyage  à  la  frontière  de 
Navarre  pour  aller  à  la  rencontre  de  la  fiancée  du  prince 
Henri,  il  l'eut  parmi  ses  hôtes  de  distinction  lors  des 
grandes  fêtes  célébrées  à  propos  de  l'élévation  de  son 
fils  Pedro  Gonzalez  à  la  dignité  d'évèque  de  Calahorra. 
Au  nombre  de  ses  intimes,  il  faut  encore  citer  le 
comte  de  Haro,  allié  politique  dû  Marquis,  qui  devait 
doter  d'une  riche  librairie  l'hôpital  de  la  Veracruz,  où 
il  finit  sa  vie  dans  la  retraite  (2).  Quand  Pedro  Gon- 
zalez de  Mendoza,  le  fils  préféré  du  Marquis,  revenait 
de  Salamanque,  où  il  fut  tour  à  tour  élève  et  maître, 
Ifiigo  Lopez  passait  sans  doute  de  longues  heures  à 
causer  avec  lui  dans  cette  noble  salle  de  Guadalajara 
où  il  aimait  à  s'entourer  de  livres  (3)* 

1.  Gomez  Manrique,  Cancionero,  édit.  Paz  y  Mélia,  t.  II,  p.  9 
(Lettre  à  Pedro  Gonzalez  de  Mendoza). 

2.  M.  Paz  y  Mélia,  chef  du  Département  des  manuscrits  de  la 
Bibliothèque  Nationale  de  Madrid,  a  étudié  minutieusement  la 
Bibliothèque  du  comte  de  Haro,  dans  une  série  d'articles  publiés 
par  la  Revlstade  archivas,  bibliotecas  y  museos  (1897-1902). 

3.  V.  Anton  Zorita  dans  la  préface  de  sa  version  du  livre  de  Bonnet* 
(Cf.  Notice  LVIII,  ms.  *B,  p.  376.) 


CHAPITRE  II 

Le  Marquis  de  Santillane  a-t-il  su  le  latin? 

Sanchez  incline  à  penser,  malgré  le  témoignage 
contraire  de  Juan  de  Lucena,  que  le  marquis  de  San- 
tillane savait  le  latin  (1).  Amador  de  Los  Rios 
l'affirme  :  à  l'en  croire.,  Don  Inigo  lisait  les  classiques 
latins  dans  F  original  (2).  Don  Marcelino  Menéndezy 
Pelayo  est  plus  circonspect  :  «  Il  est  certain,  dit-il,  que 
le  Marquis  n'abordait  la  lecture  des  auteurs  latins 
qu'avec  une  extrême  difficulté  et  nullement  celle  des 
auteurs  grecs  (3).  »  M.  Morel-Fatio  s'en  tient  à  ce  que 
le  Marquis  lui-même  nous  dit  dans  la  lettre  à  son  fils 
Pedro  Gonzalez,  et  il  en  rapproche  l'opinion  de  Juan 
de  Lucena  et  de  Vespasiano  de  Bisticci.  fin  résumé, 
il  opine  qu'Inigo  Lopez  ignorait  le  latin  (4). 

Ce  sont  les  citations  latines  du  Marquis  qui  ont 
formé  la  conviction  de  Los  Rios.  Voyons  quelles  elles 
sont  et  quelle  est  leur  valeur.  Une  heureuse  para- 
phrase du  Beatus  Me  d'Horace  (5)  se  trouve  dans 
les  strophes  xvi,  xvn,  xvm,  de  la  Comedieta  de 
Ponza.  Dans  la  lettre  au  connétable  Don  Pedro,  nous 
relevons  un  vers  mal  cité  :  «  Ca  asy  como  Oracio 
poetadice  :  Quem  nova  concepit  olla  servabît  odo— 

1.  Sanchez,  L  c,  §  XXXVII,  XXXVIII,  p.  xxv,  xxvi. 

2.  Obras  ciel  Marqués,  p.  cxxi,  n.  16. 

3.  Antologia,  t.  V,  p.  lxxxi. 

4.  Les  deux  Orner o  castillans  [Romania,  t.  XXV,  p.  121  et  n.  3) . 

5.  Qbras  ciel  Marqués,  p.  K)3< 


LXIV  MIHLIOTHKQUE   DU    MARQUIS    DE    SAN  J  ILLANE 

rem  (1  ).»  Des  le  débutde  cette  même  lettre  l<k  Marquis 
invoque  un  passage  de  saint  Paul  :  Cum  essem  par- 
mdus  loquebar  ut  parvulus,  sapiebam  ut parvulus, 
cogitabam  ut parvidus(2) .En  marge  du  feuillei  lxxiv 
du  manuscrit  Ii-1 10,  contenanl  une  version  castillane 
delaD^Vie  Comédie,  [nigo  Lopezde  Mendozaa  écrit 
de  sa  main  la  note  suivante  :  Claudianus  dicit  (/nia 
pressencia  ffamam  minidt(3).  I);ins  le  a  Dialogue  de 
Bias  contre  la  Fortune»,  nous  trouvons  une  réponse 
latine  du  philosophe:  «Omnia  mea  hona  mecumporto, 
que  quiere  deçir  :  todos  los  bienes  mios  con  inigo  los 
llevo(4).)>  Enfin  dans  les  vers  religieux  du  Marquis  on 
rencontre  des  souvenirs  d'offices  et  de  messes  attentive- 
ment écoutés  :  Orapro  me(b);  E principatus  a  aquel, 
Fdii  David  Hemanuel(6);  Ave(l);  Concepisti.Gaude, 
Virgo,  Mater  Xripsti  (8)  ;  inmotata permansiste(9)  ; 
Gaude,  Virgo  Mater  Aima  (10)  Mater  Dec  (11)  ;  in 
aeterno  (12);  ab  initia  (13)  ;  ftagellum  Dei(14:);  et 

lf  Horace,  Épître,  I,  2,  69. 

2.  Corinthiens,  I,  XIII,  11. 

3.  NoticeXLVIÏ,ms.#D,p.295;  Notice XLIX,ms.  H,  p. 335,n.l. 

4.  Obras  del  Marqués,  p.  153. 

5.  Ibidem,  sonnet  XXXVII,  p.  294. 

6.  Ibidem,  Canoniçaçion,  etc.,  x,  p.  302. 

7.  /&Kfew?,       ))  »       XXVI,  p.  307. 

8.  Ibidem  Los  Goços  de  Nuestra  Sehora,  I,  p.  308. 


9.  Ibidem 

» 

» 

» 

» 

III,  p.  309. 

10.  Ibidem 

» 

» 

» 

» 

IX,  p.  311. 

11.  Ibidem 

» 

» 

» 

» 

X,  p.  311. 

12.  Ibidem 

)) 

» 

» 

)) 

XI,  p.  312. 

13.  Ibidem 

)) 

)) 

» 

)) 

XI,  p.  312 

et    A 

Nuestra  Seîiora  de  Guadalupe.  I,  p.  313. 
14.  Ibidem,  Prohemio  del  Diâlogo  de  Bias  contra  fortuna,  III. 
p.  149. 


INTRODUCTION  LXV 

dans  un  sonnet  il  dit  :  «  Si  morire  por  vos,  donna  gentil. 
Non  digo  à  fortiori,  mas  degrado  ?(1).  » 

Si  l'intention  du  Marquis,  en  semant  ces  mots  dans 
ses  œuvres,  était  de  nous  faire  croire  qu'il  possédait 
la  langue  de  Virgile,  on  peut  bien  dire  qu'il  y  a  perdu 
son  latin.  Il  ressort  de  ces  citations  mêmes  que  Don 
Inigo  Lopez  était  incapable  de  comprendre  Horace 
dans  l'original.  N'oublions  pas  que  la  Comedieta  de 
Ponza  est  datée  de  1444  et  que  la  lettre  au  connétable 
de  Portugal  fut  écrite  entre  1445  et  1449  ;  à  cette 
époque,  Pedro  Gonzalez  de  Mendoza  partait  pour  Sa- 
lamanque  et  déjà  il  devait  être  bon  latiniste.  Et  puis, 
sans  compter  son  fils,  le  Marquis  ne  manquait  pas  de 
familiers  capables  de  lui  expliquer  d'intéressants  pas- 
sages d'auteurs  non  traduits. 

Toute  sa  vie  Inigo  Lopez  a  regretté  de  ne  pas  savoir 
le  latin.  Lorsqu'il  reçoit  d'Italie  la  version  latine  de 
l'Iliade,  due  à  Pietro  Candido  Decembri,  le  Marquis 
s'adresse  à  son  fils  pour  le  prier  de  la  lui  traduire. 
«  Je  crois,  lui  dit-il,  que  ce  sont  les  livres  premier, 
deuxième,  troisième  ou  quatrième  et  une  partie  du 
dixième  (2).»  Et  répondant  à  une  objection  qui  se  pré- 
sente à  son  esprit,  il  ajoute  :  «  Je  sais  bien  que  vous 
me  direz  ce  que  vous-même  et  d'autres  m'avez  ré- 
pliqué plusieurs  fois  déjà,  à  savoir  que  la  douceur  et 
la  grâce  demeurent  presque  entières  dans  les  paroles 
latines  qui  les  retiennent,  ce  que  je  ne  puis  savoir,  car 

1.  Ibidem,  Sonnet  XXI,  p.  285. 

2.  Obras  del  Marqués,   El  marqués   de    Santillana   à   su  fijo 
D.  Pedro  Gonzalez,  §  I,  p.  481. 


LW1         BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

je  n'ai  pas  appris  cette  langue  (1).»  Plus  loin  le  Mar- 
quis dit  encore  :  «  A  mon  âge  et  dans  ma  situation  ce 
serait  chose  difficile  que  de  vouloir  m'obstiner  au  latin, 
malgré  ce  que  Tullius  affirme  de  Caton  (Caton 
d'Utiquc,  je  crois)  qui  à  quatre-vingts  ans  apprit  le 
grec  (2).»  Enfin  Ifïigo  Lopez  s'écrie:  «  Puisque  nous 
ne  pouvons  avoir  ce  que  nous  désirons,  contenions- 
nous  de  ce  que  nous  pouvons.  Et  si  nous  sommes 
privés  des  formes  contentons-nous  des  matières  (3). » 
Dans  ces  aveux,  qu'il  faisait  certainement  le  cœur 
gros,  éclate  toute  l'honnêteté  littéraire  du  Marquis. 

Un  de  ses  contemporains,  qui  se  nomme  Ludovicus 
Bachalareus,  dans  la  préface  de  sa  version  castillane 
du  De  Insigniis  et  Armis  de  Barthole,  faite  à  coup 
sûr  pour  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  s'exprime  en  ces 
termes  :  «  Comme  il  convient  que  toutes  les  pensées 
des  serviteurs  s'emploient  à  rechercher  en  quoi  ils 
pourraient  être  agréables  à  leurs  maîtres,  je  me  suis 
décidé,  moi  minime  serviteur  de  votre  grâce,  de  tra- 
duire ce  traité  de  latin  en  langue  vulgaire  à  votre  in- 
tention, et  cela  parce  que,  voué  dès  l'enfance  à  de 
rudes  travaux,  vous  n'avez  pas  étudié  le  latin  (4).» 

Et  Juan  de  Lucena,  dans  son  charmant  dialogue, 
fait  dire  au  Marquis  qui  répond  à  l'évêquede  Burgos, 
Alonso  de  Cartagena  :  «  Je  vois  bien,  mon  révérend 
Père,  que  pour  moi  tu  t'efforces  de  romaniser  ce  qu'on 
peut  à  peine  exprimer  en  latin.  La  philosophie  naquit 

1.  Ibidem.  §  II,  p.  482. 

2.  Ibidem f  p.  482. 

3.  Ibidem,  §  III,  p.  482. 

4.  Notice  XLIII,  p.  231. 


INTRODUCTION  LXVII 

en  Grèce,  Socrate  la  fit  descendre  du  ciel.  Après 
Socrate,  au  temps  où  Brutus  délivra  Rome,  Pythagore 
la  répandit  en  Italie,  et  toi  maintenant  tu  la  trans- 
plantes en  Espagne.  Bienheureux  pays,  heureuse 
Castille  !  C'est  pour  elle  que  tu  es  né,  non  pour  toi 
seulement.  Tu  as  écrit  en  langue  vulgaire  des  traités 
de  chevalerie,  de  gouvernement  et  de  religion,  tu  as 
vulgarisé  les  œuvres  fameuses  de  notre  moraliste  Se- 
nèque.  Si  tu  étais  en  tête-à-téte  avec  Juan  de  Mena, 
vous  parleriez  latin.  Je  le  sais,  pour  mon  malheur! 
Quand  je  me  vois  ainsi  dépourvu  de  lettres  latines,  je 
me  sens  encore  un  être  humain,  mais  non  pas  un 
homme  (1).  »  Et  plus  loin,  abordant  un  problème  qui 
l'attire,  Inigo  Lopez  s'écrie  découragé  :  «  Ce  n'est  pas 
là  un  sujet  pour  un  chevalier  illettré,  je  le  remets  à 
Monseigneur  l'éveque,  afin  qu'il  le  traite  un  autre 
jour  (2).    » 

Le  libraire  florentin  Vespasiano  de  Bisticci  en  par- 
lant du  Grand  Cardinal  remarque  que  «  son  père,  des 
premiers  de  son  pays,  était  illettré  mais  qu'il  compre- 
nait fort  bien  le  toscan  (3)  ». 

Anton  Zorita,  le  traducteur  de  Y  Arbre  des  ba- 
tailles de  Bonnet,  dit  au  marquis  de  Santillane  dans 
sa  préface  :  «  Cet  ouvrage  était  écrit  en  langue  gau-^ 
loise   ou  française.  Bien  que  ce  langage   vous  soit 

1.  Cf.  De  vita  beaia,  dans  les  Opdsculos  literarios  de  Paz  y 
Mélia,  p.  112-113. 

2.  Ibidem,  p.  186. 

3.  «  Aveva  il  padre  signore  de'  primi  di  quello  regno,  il  qualë 
))  non  era  litterato,  ma  intendeva  beriissimo  la  lingua  toscana  »' 
(Vite  di   uomini  illustri  delsecolo  XV,  édit.  L.  Frati,  t.  I,  p.  160). 


LXVIII         BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

presque  aussi  familier  que  votre  langue  maternelle, 
comme  il  sied  à  qui,  comme  vous,  lit  des  livres  écrits 
en  toscan ,  en  vénitien  et  en  d'autres  langues  encore 
que  par  la  grâce  de  Dieu  vous  entendez  fort  bien,  il 
n'en  est  pas  de  môme  pour  tous  les  membres  de  votre 
noble  maison,  ni  pour  beaucoup  d'autres  habitants  de 
ce  royaume  d'Hespérie,  car  le  style  de  cet  ouvrage  est 
difficile;  il  en  résulte  qu'ils  ne  le  comprennent  pas  ou 
qu'ils  n'arrivent  à  profiter  du  contenu  de  ce  livre 
qu'avec  difficulté  et  à  grand'peine  (1).  »  L'admiration 
de  Zorita  pour  son  maître  est  telle,  que  s'il  avait  pu 
citer  le  latin  au  nombre  des  langues  familières  au 
Marquis,  il  n'y  aurait  certes  pas  manqué.  Nous  sa- 
vons par  son  témoignage  qu'Inigo  Lopez  lisait  le  fran- 
çais. De  son  savoir  en  toscan  il  nous  a  donné  une 
preuve  lui-même,  lorsque  dans  la  Comedieta  de 
Ponza,  se  souvenant  de  Dante  et  d'Arnaut  Daniel, 
il  fait  parler  Boccace  en  italien  (2). 

1.  Cf.  Notice  LVIII,  ms.  *B,  p.  377. 

2.  «  Illustre  Régine,  de  cuy  el  aspecto 

))  Dimostra  grand  sangno  e  magnifiçençia 
»  Io  vegno  dal  Iqco,  ove  è  lo  dilecto 
))  Eterno,  lagloria  e  sumnia  potençia. 
»  VegncTchiamato  de  vostra  exçellençia  ; 
»  Cha'l  vostro  piangire  e  remarieare 
»  M'a  fato  si  tosto  partire  e  cuytare, 
»  Lassato  le  çelo,  a  vostra  obediençia.  » 

«  Io  veio  li  vostri  sembianti  cotali, 
»  Che  ben  dimostrate  esser  molestate 
»  Di  quella  Regina,  che  infra  li  mortali 
»  Régi  et  iudica,  de  iure  e  de  facte. 
»  Veiamo  le  casi  e  çiô  che  enarrate, 
»  E  vostri  infortuni  contate  perversi  ; 
»  Ca  presto  serano  prose,  rime,  e  versi 
»  A  vostro  piaçere,  si  çiô  comandate.  » 

(Obras  del  Marqués,  p.  1Û4)< 


INTRODUCTION  LXIX 

Ici,  et  pour  mettre  fin  à  ces  considérations,  il  n'est 
peut-être  pas  hors  de  propos  de  rappeler  le  jugement 
de  Lope  de  Vega  au  sujet  des  services  que  la  con- 
naissance de  l'italien  rendait  aux  Espagnols.  «  Cette 
langue,  dit-il,  a  été  fort  précieuse  à  nombre  d'Es- 
pagnols qui  ne  savent  pas  assez  le  latin.  Ils  copient 
et  transposent  de  l'italien  ce  qui  leur  plait,  et  puis  ils 
disent  :  (<  traduit  de  latin  en  castillan,  »  mais  je  vous 
promets  qu'à  moi  cela  ne  m'arrive  que  rarement, 
et  par  pure  inadvertance,  et  parce  que  j'ai  mauvaise 
mémoire  (1).  » 

1 .  «  Esta  lengua  es  muy  dulce  y  copiosa  y  digna  de  toda 
»  estimaçion,  y  a  muchos  Espafioles  ha  sido  muy  importante, 
))  porque  no  sabiendo  latin  bastantemente,  copian  y  trasladan  de 
»  la  lengua  italiana  lo  que  se  les  antoja,  y  luégo  dicen  :  «  tradu- 
»  cido  de  latin  en  castellano  ;  »  pero  le  doy  palabra  a  vuestra  mer- 
»  ced  de  que  pocas  veces  me  suceda,  sino  es  que  se  me  olvida, 
))  porque  soy  flaco  de  memoria.  »  (El  desdichado  por  la  honra). 


CHAPITRE  II] 

L'œuvre  littéraire  d'inigo  Lopez  de  Mendoza 

Nous  n'avons  pas  l'intention  d'analyser  ici  l'œuvre 
du  marquis  de  Santillane,  nous  voulons  seulement  in- 
diquer les  grands  courants  dont  il  a  subi  l'influence  et 
dégager  de  l'ensemble  de  ses  vers  et  de  ses  proses  ce 
qui  constitue  sa  personnalité  littéraire.  L'originalité 
véritable  d'inigo  Lopez  de  Mendoza  est  dans  le  choix 
de  ses  modèles. 

Poète  lyrique,  il  a  laissé  sa  muse,  élevée  au  rythme 
des  chansons  de  Galice,  tirer  de  son  chalumeau  des 
sons  ténus  et  gracieux.  C'est  l'influence  galaïco-pro- 
vençale  qui  avant  de  mourir  eut  à  la  cour  de  Jean  II 
comme  un  été  de  la  saint  Martin. 

Poète  didactique,  instruit  par  ses  lectures,  il  a  su 
percevoir  les  nouveautés  de  la  vision  dantesque  et  son 
oreille  a  si  vivement  ressenti  la  beauté  de  l'hendéca- 
syllabe  qu'unissant  le  savoir  à  son  talent  naturel  il 
en  a  tenté  l'importation. 

Critique  enfin,  il  a  su  dans  ses  préfaces,  et  particu- 
lièrement dans  la  lettre  à  son  fils  et  dans  celle  qu'il  a 
adressée  au  connétable  Don  Pedro  de  Portugal, 
raisonner  ses  impressions  d'art,  esquisser  des  classi- 
fications, peu  nouvelles  il  est  vrai,  et  émettre  quelques 
idées  esthétiquse.  ]  L'importance  qu'il  attache  à  la 
musique   des   vers    a  été   relevée   à   bon   droit   par 


INTRODUCTION  LXXI 

M,  Menéndez  y  Pelayo  comme  une  heureuse  inno- 
vation (1). 

Dans  l'aperçu  d'histoire  littéraire,  modestement  in- 
titule :  Avant-propos  et  lettre  que  le  marquis  de 
Santillane  a  envoyé  au  Connétable  de  Portugal 
avec  ses  œuvres  (2),  Don  Inigo  se  montre  très  ren- 
seigné pour  son  temps  et  il  fait  preuve  d'un  esprit  ou- 
vert et  tolérant.  Il  voit  juste  en  gros  et,  pour  autant 
que  nous  en  pouvons  juger  aujourd'hui,  ses  re- 
marques sur  les  oeuvres  et  les  auteurs  qu'il  a  réelle- 
ment connus  gardent  leur  valeur,  car  il  était  homme 
de  goût,  malgré  l'enthousiasme  pédantesque,  bien 
excusable  alors,  où  l'avait  jeté  la  révélation,  peut-être 
un  peu  brusque,  de  l'humanisme  italien. 

Il  rima  ses  serranillas  lorsqu'il  parcourait  le  pays 
à  la  tête  de  ses  gens.  Éloigné  de  sa  bibliothèque,  dont 
les  rayons  étaient  encore  peu  garnis,  il  laissait  chanter 
librement  son  âme  de  poète.  Dans  la  grâce  du  rythme 
il  savait  enchâsser  des  bergeries,  rapidement  vues, 
légèrement  notées,  dont  la  fraîcheur  n'a  pas  été  ternie 
parles  années.  Les  serranillas  et  le  villancico  adressé 
à  ses  filles  sont,  de  l'aveu  de  tous,  le  meilleur  de 
l'œuvre  du  Marquis  (3). 

1.  «  Este  profundo  sentido  del  ritmo  musical,  en  relaciôn  con  el 
»  ritmo  poético  es  dote  caracteristica  del  marqués  de  Santillana, 
»  que  a  ella  debio  la  excellencia  de  ser  sin  disputa  el  primero  y  mas 
»  armonioso  delos  versifîcadores  de  su  tiempo  »  (Antologia,  t.  V, 
p.  lxxxvii). 

2.  Prohemio  é  caria  quel  marqués  de  Santillana  envio  al  con- 
destable  de  Portugal  con   las  obras   sut/as.  (Obras  del  Marqués, 

P.  î.) 

3.  Le   succès  des   serranillas  du  Marquis  fut  si  considérable 


LXXI1        BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS   DE   SAJNTILLANE 

Dans  les  canciones  e  decires,  où  nous  trouvons 
moins  exclusivement  des  œuvres  de  jeunesse,  l'ins- 
piration moins  libre  s'alourdit  déjà,  et  Ton  voit  que 
d'attentives  lectures  du  Roman  de  la  Rose,  d'Alain 
Chartier  et  surtout  de  Dante  et  de  Pétrarque  lui  ont 
donné  la  notion  du  sublime,  médiocre  et  infime  et 
Font  détourné  de  :  «  ces  romances  et  chansons  dont  les 
gens  de  basse  et  servile  condition  se  divertissent  (1)  ». 
Mais  l'artiste  qui  était  en  lui  subissait  néanmoins  le 
charme  pénétrant  des  choses  populaires  et  il  sait  se 
servir  discrètement  de  ces  souvenirs  : 

«  La  nina  que  amores  ha, 
»  Sola,  £  como  dormira  ?  » 

Bon  observateur,  le  Marquis  sut  apprécier  dans  le 
parler  des  gens  de  peu  ces  sentences  de  morale  con- 
densée que  sont  les  proverbes,  et,  en  vers  comme  en 
prose,  il  les  emploie  à  côté  des  maximes  des  philo- 
sophes. Parfois  aussi  un  proverbe  lui  fournit,  pour 
ainsi  dire,  le  thème  d'une  chanson  (2).  On  aime  à  se 

qu'on  en  trouve  même  une  traduite  en  catalan  dans  le  ms.  II-D-10 
de  la  bibliothèque  de  l'Escurial.  C'est  la  seconde,  En  toda  la  su 
montanna..  (Cf.  Los  Rios,  Obras  del  Marqués,  p.  cxxxiv,  n.  32). 

1.  «  Estos  romances  e  cantares  de  que  las  gentes,  de  baxa  e 
servil  condiçion  se  alegran.  »  [Obras  del  Marqués,  p.  462.) 

2.  «  Uno  pienssa  el  vayo 

))  É  otro  el  que  lo  ensilla  ». 

(Obras  del  Marques,  p.  255). 
«  Hâ  bien  errada  opinion 
»  Quien  diçe  :  tan  lexos  d'ojos 
»  Tan  léxos  de  coraçon .  » 

(Obras  del  Marques,  p.  452;. 
Juan   de  Lucena  a  bien  mis  en  relief  ce  trait  significatif  des 
goûts  du  Marquis  lorsqu'il   lui  fait  dire  :   «   Ni  vna  golondrina 


INTRODUCTION  LXXIII 

le  représenter  en  route  pour  l'Andalousie  conversant  à 
chaque  halte  avec  vilains  et  rustauds  et  notant,  dans 
sa  mémoire  ou  sur  ses  tablettes,  ces  phrases  courtes 
et  colorées  dont  il  devait  faire  plus  tard,  à  la  prière 
du  roi  Jean  II,  le  précieux  petit  recueil  intitulé  :  Pro- 
verbes que  les  vieilles  disent  au  coin  du  feu,  classés 
dans  r ordre  de  VA.  B.  C(l). 

L'influence  provençale  directe  sur  le  Marquis  a  été 
nulle:  ce  qu'il  sait  des  poétiques  et  des  règles  du 
Gaxj  saber,  il  le  doit  à  YArte  de  trobar,  écrit  pour 
lui  par  son  maître  et  ami  don  Enrique  de  Villena.  Il 
n'a  connu  Arnaut  Daniel  que  par  Dante,  et  dans  sa 
bibliothèque  nous  ne  trouverons  qu'un  volume  pro- 
vençal :  le  Breviari  d'Amor  de  Matfre  Ermen- 
gaud(2).  Ni  l'œuvre,  ni  l'auteur  d'ailleurs  ne  sont 
cités  par  Inigo  Lopez  de  Mendoza.  Par  contre  il  a  lu 
des  Français  :  Guillaume  de  Lorris,  Jean  de  Meun, 
Chartier  et  d'autres  encore. 

Impérial  a  fait  naître  en  lui  le  désir  de  connaître  la 
Divine  Comédie,  et  c'est  encore  à  Enrique  de  Vil- 
lena que  le  Marquis  s'adresse  pour  lui  demander  une 
version  castillane  du  livre  de  Dante.  Cette  traduction 
littérale,  écrite  en  marge  d'un  texte  italien  pour  faci- 
liter à  Inigo  Lopez  l'entendement  de  l'original,  lui  fut 

))  verano,  sefïor  Obispo,  ni  un  dedo  faze  raano  »  [De  vit  a  beata 
dans  les  Opusculos  literarios,  p.  177). 

1.  En  voici  le  titre  exact  :  Inigo  Lopez  de  Mendoça,  à  ruego  del 
Rey  Don  Johan,  ordenô  estos  refranes  que  diçen  las  viejas  tràs 
elfuego;évanordenados  por  laorden  del  A.  B.  C.  [Obras  del 
Marqués,  p.  504). 

2.  Cf.  Notice  LX,  p.  383. 


LXXIV      BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

remise  en  M27.  Dès  lors,  il  se  détourna  de  la  France 
et  l'imitation  directe,  indirecte  ou  voilée,  souvent 
consciente  et  parfois  aussi  involontaire  de  Dante,  le 

tient  et  le  garde  sa  vie  durant.  11  s'attache  à  ce  mo- 
dèle parce  que,  confusément,  il  en  a  compris  la  gran- 
deur, l'importance  et  la  nouveauté.  Il  s'y  attache 
aussi  parce  qu'il  considère  les  Italiens  comme  les  hé- 
ritiers de  Rome  et  que  les  formes  dont  ils  se  servent 
se  prêtent  aux  réminiscences,  aux  évocations,  au  dé- 
ploiement du  savoir  livresque. 

Lui-même  nous  dit,  sans  se  départir  de  son  habi- 
tuelle modestie,  pourquoi  il  préfère  les  Italiens  aux 
Français,  qu'il  estime  beaucoup  cependant.  «  Sauf 
l'avis  de  qui  en  sait  plus  que  moi,  écrit-il  au  conné- 
table de  Portugal,  je  préfère  les  Italiens  aux  Français, 
parce  que  leurs  œuvres  font  preuve  d'une  plus  haute 
inspiration  et  qu'ils  les  embellissent  et  les  composent 
d'histoires  belles  et  peu  communes  (1)  .» 

Inigo  Lopez  de  Mendoza  subit  l'influence  de  Dante 
au  point  de  lui  emprunter  même  des  choses  qu'il  au- 
rait pu  trouver  ailleurs  et  qui  sont  de  toutes  les  litté- 
ratures médiévales.  Les  allégories  du  Roman  de  la 
Rose,  les  procédés  du  Libro  de  Alexandre  et  sans 
doute  aussi  des  autres  œuvres  de  Berceo,  Inigo  Lopez 
les  avait  remarqués,  mais  il  a  retrouvé  ces  vieilles 
choses  rajeunies,  modifiées,  souvent  transfigurées  par 


1.  ((  Los  Itâlicos  prefiero  yo,  sô  emienda  de  quien  mas  sabra,  a 
»  los  Françeses,  solamente,  ca  las  sus  obras  se  muestran  de  mas 
»  altos  engenios,  e  adornanlas  e  componenlas  de  fermosas  é  pele- 
»  grinas  estorias.  ))  (Obras  del  Marqués,  p.  9). 


INTRODUCTION  LXXV 

le  génie  de  Dante,  et  il  en  a  été  comme  hypnotisé.  Il 
s'est  imprégné  de  la  Divine  Comédie  plus  que  de  tout 
autre  livre.  Il  en  a  propagé  le  culte  et  encouragé 
l'étude.  Sans  qu'il  y  ait  plagiat  dans  des  compositions 
telles  que  El  Injîerno  de  los  enamorados  ;  la  Coro- 
naçion  de  Mossen  Jordi;  la  Comedieta  de  Ponza, 
presque  tout  y  est  dantesque,  l'atmosphère,  le  ton, 
l'attitude  des  personnages,  les  questions,  les  ré- 
ponses, le  décor  et  les  gestes.  A  Boccace,  à  Pé- 
trarque, il  doit  beaucoup  aussi,  il  les  a  consultés 
comme  des  manuels  ou  des  dictionnaires,  il  leur  em- 
prunte une  foule  de  menus  faits  et  de  connaissances. 
Mais  Alighieri  lui  était,  suivant  une  expression  chère 
à  son  temps  et  qu'il  a  lui-même  employée,  une  biblio- 
tkeca  de  moral  cantar  (1).  Il  doit  à  Dante  l'hendéca- 
syllabe,  qu'il  a  eu  le  grand  mérite  d'importer  en  Es- 
pagne avant  tout  autre,  et  de  môme  il  a  été  le  pre- 
mier à  se  servir  en  Castille  du  sonnet,  qui  devait,  plus 
tard,  en  des  mains  plus  habiles,  trouver  en  Espagne 
comme  une  seconde  patrie  (2).  Ses  Sonetos  fechos 
al  itcdico  modo  dérivent  de  la  Vie  nouvelle  autant 
que  des  sonnets  de  Pétrarque,  et  c'est  sans  doute  à 
Dante  encore  que  le  Marquis  a  emprunté  la  coutume 
des  petits  sommaires  explicatifs,  dont  il  fait  précéder 
les  dix-sept  premiers  sonnets  qui  sont,  suivant  Amador 
de  los  Rios,  ceux  qu'il  a  envoyés  en  1444  à  dona  Vio- 

1.  Defunssion  de  Don  Enrique  de  Villena  §  III  (Obras  del 
Marqués,  p.  24). 

2.  Morel-Fatio,  UAvte  mayor  et  VHendécasyllabe  (Romania, 
t.  XXII,  p.  224.)  —  Sanvisenti,  I prime  influssi  di  Dante,  p.  175, 
où  l'auteur  étudie  avec  soin  la  structure  métrique  des  Sonetos. 


LXXV]       BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

lante  de  Prades  en  même  temps  qu'il  lui  faisait  hom- 
mage de  la  Comedietade Ponza  et  des  Proverbios(  1  ). 
Les  efforts  qu'à  dû  faire  le  Marquis  pour  plier  une 
langue  encore  rude  à  des  rythmes  étrangers  sont  véri- 
tablement dignes  d'admiration,  et  il  a  bien  mérité  la 
notoriété  et  l'estime  que  ce  tour  de  force  lui  a 
values  (2). 

Ses  familiers,  qui  connaissaient  sa  pensée  littéraire 
et  sa  suprême  ambition,  ne  manquent  pas  de  le  com- 
parer à  l'auteur  de  la  Divine  Comédie  chaque  fois  que 
la  fureur  apologétique  leur  fait  perdre  la  mesure  : 

a  Vous  qui  corrigez  les  œuvres  de  Dante  et  qui 
savez  vous-même  en  composer  de  plus  hautes,  »  dit 
Gomez  Manrique(3).  Et  Diego  de  Burgos  arrache  à 
Fombre  d'Alighieri  cet  aveu  singulier  :  «  Car  si  j'ai  de 
la  renommée,  si  je  suis  connu,  c'est  parce  qu'il  a  bien 
voulu  lire  mes  œuvres  (4).  » 

1.  Obras  del  Marqués,  p.  282,  note  sur  le  sonnet  XVII. 

2.  Fernando  de  Herrera,  Obras  de  Garci  Lasso  de  la  Vega, 
(Séville,  1580,  p.  75). —  Argote  de  Molina,  Discurso  sobre  la 
poesia  castellana,  publié  à  la  suite  du  Coude  Lucanor  (édit. 
Milâ  y  Fontanals,  1853,  p.  156). 

3.  «  Vos  que  emendays  las  obras  del  Dante 
»  É  otras  mas  altas  sabeys  componer  ». 

Cf.  ((Copias  que  fiço  Don  Gomez  Manrique,  suplicandoal  muy 
»  manifico  senor,  marqués  de  Santillana,  que  le  diesse  un  cançio- 
»  nero  du  sus  obras  »  (Obras  del  Marques,  p.  326). 

4.  «  Que  si  tengo  fama,  si  soy  conoscido 
»  Es  porqu'el  quiso  mis  obras  mirar.  » 

Cf.  El  triunfo  del  Marqués  (Cancionerode  H.  del  Castillo,  t.  I, 
p.  245).  Voyez  aussi  les  vers  cités  ci-après.  (Notice  XLVII,  p.  308, 
309.)  Si  Diego  de  Burgos,  en  s'exprimant  de  cette  manière  n'en- 
tendait parler  que  de  l'Espagne,  on  peut  dire  que  c'est  là  un 
éloge  mérité  puisque  le  Marquis,  plus  qu'Impérial,  et  que  Febrer, 


INTRODUCTION-  LXXVII 

El  triunphete  de  Amor,  par  son  titre  et  par  sa  te- 
neur, procède  plus  spécialement  de  Pétrarque.  Le 
Sueho  et  la  Vision  dérivent  du  Roman  de  la  Rose, 
bien  qu'on  y  trouve  aussi  des  souvenirs  de  Dante. 

C'est  encore  Dante  qui  fournit  au  Marquis  le  cadre 
de  son  poème  sur  la  mort  d'Enrique  de  Villena,  et 
ses  vers  en  l'honneur  des  canonisés  Vincent  Ferrer 
et  Pierre  de  Villacreçes  ne  manquent  pas  de  rémi- 
niscences dantesques. 

La  Comedieta  de  Ponza  a  sans  doute  été  un  grand 
effort,  elle  compte  cent  vingt  strophes  de  huit  vers 
A'arte  mai/or,  mais  elle  n'a  ni  les  mérites  du  Diâloc/o 
de  Bias  contra  Fortuna,  ni  l'originalité  du  Doctrinal 
de  Privados,  la  seule  création  du  Marquis  dont  le 
sujet  soit  intéressant  et  où  la  passion  ait  mis  de  la 
vie. 

Le  Diâlogo  de  Bias  développe  et  soutient  une 
maxime  de  la  philosophie  stoïcienne  énoncée  par  Bias  en 
ces  termes,  dans  une  de  ses  réponses  à  la  Fortune  : 
((  Tu  ne  peux  me  nuire  beaucoup  car  je  porte  mes 
biens  avec  moi(l).»  Cette  donnée  était  habilement 
choisie  pour  permettre  au  Marquis  de  s'abandonner  à 
Tinspiration  livresque  que  lui  soufflaient  de  toutes  parts 
les  volumes  petits  et  gros  qu'il  avait  réunis  avec  amour 
dans  sa  bibliothèque  de  Guadalajara,  où  l'emprisonne- 

s'est  préoccupé  de  vulgariser  l'œuvre  de  Dante  en  faisant  traduire 
en  castillan  la  Divine  Comédie  et  le  commentaire  de  Benve- 
nuto  da  Imola.  (V.  Notice  XLVII,  mss.  *D,  p.  275  et  *G,  p.  306). 

1.  «  Poco  me  puedes  dapnar: 

))  Mis  bienes  lievo  conmigo.  » 

(Obras  del  Marques,  p.  156). 


LXXVllI      BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTÏLLANË 

ment  de  son  cousin  le  comte  d'Albc  et  le  désir  de 
sauvegarder  sa  liberté  l'avaient  fait  se  retirer.  Dans 
ce  dialogue,  il  passe  en  revue  tout  son  savoir:  Homère 
et  Y  Histoire  de  Troie  9  Platon  et  Sénèque,  Virgile 
et  Dante,  Tite-Live  et  la  Pharsale,  les  livres  qu'il 
respecte  et  les  livres  qu'il  aime.  Son  érudition  fa- 
tigue ici  moins  qu'ailleurs  parce  qu'elle  est  moins 
déplacée. 

Le  Doctrinal  de  Privados  est  sans  contredit 
l'œuvre  maîtresse  d'Iîiigo  Lopez  de  Mendoza.  L'idée 
en  est  neuve  et  hardie,  un  souffle  tragique  soulève 
dans  le  sein  du  poète  le  tourbillon  des  passions  et  des 
haines  qui  éclatent  sans  vulgarité.  Son  imagination 
vivement  frappée  par  la  chute  du  favori  de  Jean  II 
se  détourne  des  livres  et  regarde  la  vie.  Sans  doute,  il 
est  injuste  à  l'égard  d'Alvaro  de  Luna,  qu'il  accable, 
mort,  de  ses  meilleurs  vers.  Mais  il  est  sincère,  il 
croit  ce  qu'il  dit.  Dépourvu  de  sens  politique,  le  mar- 
quis de  Santillane  n'a  jamais  compris  la  valeur  de 
celui  qu'il  rendait  responsable  des  troubles  de  l'heure 
où  il  vivait.  Il  n'a  môme  pas  reconnu  son  erreur  lors- 
qu'il a  vu  la  guerre  civile  et  l'intrigue  régner  dans  le 
pays,  après  comme  avant  la  mort  d'Alvaro  de  Luna, 
Le  Doctrinal  nous  montre  que  la  lecture  des  compila- 
tions indigestes  et  des  interminables  histoires  n'avait 
pas  complètement  tué  en  Inigo  Lopez  de  Mendoza 
le  poète  de  sa  jeunesse.  Si  le  Marquis  subit  quelque 
part  la  grande  et  haute  influence  de  Dante,  l'influence 
inconsciente  qui  fait  que  l'on  oublie  ses  sources  et 
qu'on  les  transforme  dans  la  mesure  de  ses  propres 


INTRODUCTION  LXXIX 

forces,  c'est  dans  cette  farouche  oraison  funèbre  du 
grand  maître  de  Saint- Jacques. 

On  ne  connaissait  jusqu'ici  qu'un  seul  Doctrinal. 
Une  heureuse  découverte  de  M.  de  Uhagôn  nous 
apprend  qu'il  y  en  avait  deux(l) .  La  haine  du  Marquis 
était  si  forte  qu'une  seule  imprécation  ne  pouvait  lui 
suffire.  Ce  nouveau  poème  est  d'une  violence  inouïe. 
M.  de  Uhagôn  a  reconnu  la  valeur  de  cette  composition, 
mais  nous  croyons  qu'il  fait  fausse  route  lorsque,  dans 
les  réflexions  dont  il  fait  suivre  ce  nouveau  texte 
publié  par  ses  soins,  il  dit  :  «  Como  se  ve,  es  una  repeti- 
((  cion  del  Doctrinal  de  Prwados  si  cabe  mâs  fuerte 
a  mâs  dura  y  mâs  sanuda  que  el  mismo  Doctrinal.)) 
Nous  croyons,  après  une  lecture  attentive  de  ces  copias 
del  dicho  sehor  Marqués,  qu'il  s'agit  ici  d'une  pre- 
mière rédaction  du  Doctrinal.  C'est  un  violent  et 
brutal  chant  de,  victoire  où  Inigo  Lopez  de  Mendoza 
insulte  son  ennemi  et  se  laisse  entrainer  à  des  démons- 
trations de  joie  féroce,  au  point  qu'il  perd  totalement 
la  notion  de  la  mesure.  Il  est  encore  si  vibrant  de  son 
récent  triomphe  qu'il  en  oublie  complètement  sa  muse 
morale,  son  inspiratrice  préférée,  celle  à  qui  partout 
ailleurs  il  prête  une  oreille  complaisante.  Ces  vers 
ont  du  être  écrits  immédiatement  après  la  grande  dis- 

1.  Un  Cancionero  del  siglo  XV  con  varias  poesias  inéditas 
publïcalo  D.  Francisco  R.  de  Uhagôn.  Madrid,  1900.  Tirage  à 
part  de  la  Bevista  de  Archivos,  Bibliotecas  y  Museos,  p.  13. 
Dans  ce  chansonnier,  la  composition  que  nous  nommons  premier* 
Doctrinal  suit  le  Doctrinal  de  Privados  et  porte  pour  cette  raison 
le  titre  de  :  Otras  copias  del  dicho  sehor  Marqués  sobrel  mesmo 
casso. 


LXXX        BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

grâce  du  Connétable,  el  si  nous  ne  savions  combien  Le 
marquis  de  Santillane  était  craintif,  prudent  e1  pré- 
voyant, nous  croirions  presque  qu'il  n'a  pasattendu, 
pour  les  rimer,  l'exécution  de  son  rival.  La  versifi- 
cation dos  deux  poèmes  est  la  même,  seulement  le 
premier  Doctrinal  n'a  que  398  vers  tandis  que  le 
second  en  compte  424.  On  voit  que  ces  deux  compo- 
sitions sont  presque  d'égale  longueur.  Elles  traitent  le 
môme  sujet,  et  cependant  à  peine  ont-elles  des  vers 
communs.  Dans  son  premier  Doctrinal  le  Marquis 
exalte  les  vertus  de  la  jeune  reine  de  Castille  et  du 
prince  Henri  qui  furent,  on  le  sait,  les  complices  des 
ennemis  de  Don  Alvaro  de  Luna.  Dans  le  second 
Doctrinal  Inigo  Lopez  serre  l'histoire  de  moins  près, 
il  s'élève  à  des  considérations  générales,  il  entrevoit 
ce  qu'il  y  a  de  tragique  dans  le  cas  du  Connétable  et 
les  enseignements  que  l'on  peut  tirer  d'une  chute 
aussi  retentissante.  Il  a  eu  le  temps  de  se  ressaisir  et 
de  trouver  des  sentences  et  des  maximes  morales. 
Dans  le  premier  Doctrinal,  au  contraire,  la  haine  et  la 
joie  féroce  éclatent  sans  retenue  dès  les  premiers  vers: 

«  De  tu  resplandor,  o  Lima, 
))  Tehaprivado  la  fortuna.  » 

Et  si  cette  œuvre  est  certainement  curieuse  au  point 
de  vue  psychologique,  elle  n'a  pas,  littérairement  par- 
lant, la  valeur  du  Doctrinal  de  Privados  que  nous 
connaissions  déjà. 

Les  Proverbios  de  gloriosa  dotrina  e  fructuosa 
ensenança,  sont  l'œuvre  la  plus  populaire  du  Marquis. 
Souvent  réimprimé,  ce  livre  eut  un  long  succès.  C'est 


INTRODUCTION  LXXXI 

une  mosaïque  de  maximes  morales  glanées  partout. 
Salomon  est  le  guide  et  le  modèle  de  l'auteur.  La 
forme  de  ces  proverbes  est  facile  :  ils  restent  sans  effort 
dans  l'oreille  de  qui  les  a  entendus.  D'ailleurs,  dans  sa 
dédicace  au  prince  Henri,  Inigo  Lopez  prend  soin  de 
nous  déclarer  qu'il  n'a  pas  l'intention  de  faire  passer 
pour  sienne  une  sagesse  qui,  en  définitive,  n'est  ni  à 
lui,  ni  à  personne,  mais  bien  à  tout  le  monde  : 

((  Il  se  pourrait,  dit-il,  que  quelques-uns  de  ceux  qui 
sont  plus  disposés  à  blâmer,  critiquer  et  corriger  qu'à 
créer  eux-mêmes,  disent  que  j'ai  pris  tout  ou  du 
moins  la  majeure  partie  de  ces  Proverbes  aux  doc- 
trines et  aux  enseignements  d'autrui,  comme  par 
exemple  à  Platon,  à  Aristote,  à  Socrate,  à  Virgile,  à 
Ovide,  à  Térence  et  à  d'autres  philosophes  et  poètes. 
Je  n'y  contredirai  point,  bien  plus  il  me  plaît  qu'on 
le  croie  et  qu'on  le  pense.  Mais  ceux  que  je  viens  de 
nommer  ont  emprunté  ces  maximes  à  d'autres,  et 
les  autres  à  d'autres  encore,  et  ceux-ci  enfin  les  ont 
prises  à  ceux  à  qui  l'expérience  d'une  longue  vie  et 
une  recherche  subtile  ont  permis  de  discerner  la  cause 
des  choses(l).  » 

1.  ((  Podria  ser  que  algunos,  los  quales  por  aventura  se  fallan 
»  mas  prestos  a  las  reprehensiones  é  a  redarguir  é  emendar  que  a 
»  façer  nin  ordenar,  dixiessen  yo  aver  tomado  todo,  6  la  mayor 
»  parte  destos  ((  Proverbios  »  de  las  doctrinas  é  amonestamientos 
))  de  otros,  asy  como  de  Platon,  de  Aristôtiles,  de  Sôcrates,  de 
))  Virgilio,  de  Ovidio,  deTerençio  é  de  otros  philôsophos  é  poetas. 
»  Lo  quai  yo  no  contradictiria  ;  antes  me  place  que  asy  se  créa  é  sea 
»  entendido.  Pero  estos  que  dicho  hé,  de  otros  lo  tomaron,  é  los 
))  otros  de  otros,  é  los  otros  d'aquellos  que  por  luenga  vida  é  sotil 
»  inquisiçion  alcançaron  las  experiençias  é  cabsas  dé  las  cosas.  » 
(Obras  del  Marques,  p.  26). 

vi 


LXXXH     BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Comme  il  trouvail  obscurs  certains  de  ses  proverbes 
enfermés  chacun  dans  une  strophe  de  huit  vers,  le 
Marquis  s'avisa  de  les  gloser  et  <•<>  diil  lui  être  une 
grande  satisfaction.  On  seul,  positivement,  à  chaque 
ligne  de  ces  commentaires,  le  plaisir  qu'il  prit  à 
sortir  de  sa  mémoire  les  mille  el  une  notes  qu'il  y  avait 
accumulées,  avec  d'autant  plus  de  fatigue  qu'il  njétail 
pas  un  savant.  Envisagé  ainsi,  son  pédantisme  d'ama- 
teur a  quelque  chose  de  touchant  et  se  fait  par- 
donner (1). 

1.    M.    Savj-Lopez  s'est  occupé   des  Precursori  spagnuoli  di 

Dante  (G tomate  Dantesco,  IV,  p.  360).  Il  fait  dans  ce  travail  de 
curieuses  remarques  sur  des  similitudes  d'inspiration  chez  Berceo 
et  chez  Dante,  qui  une  fois  de  plus  nous  prouvent  avec  quelle 
prudence  il  faut  s'avancer  sur  le  terrain  des  influences.  Une  autre 
brochure  du  même  auteur  s'intitule:  Dardes  EinfLuss  auf  spa- 
nische  Dichter  des  XV  Jahrhunderts  (Naples,  1901).  Peut-être 
M.  Savj-Lopez  modifiera-t-il  quelques  peu  ses  opinions  en 
voyant  se  multiplier  les  témoignages  directs  de  l'influence  consi- 
dérable du  Florentin  sur  le  marquis  de  Santillane  et  sur  son  entou- 
rage. 

M.  Sanvisenti,  dans  son  livre  /  primi  influssi  di  Dante  del 
Petrarca  e  del  Boccaccio  sulla  letteratura  spagnuola,  con  appen- 
dici  di  documenti  inediti  (Milan,  1902),  consacre  un  chapitre 
(c.  iv,  p.  127-186,  et  n.  p.  187-196)  à  l'analyse  consciencieuse 
des  œuvres  du  Marquis,  faite  en  vue  d'y  surprendre  les  imitations 
et  les  influences  dantesques.  Le  livre  de  M.  Sanvisenti,  utile 
comme  introduction  à  l'étude  de  la  dantologie  en  Espagne,  groupe 
des  renseignements  bibliographiques  dispersés  jusqu'ici  et  qu'il  est 
commode  de  pouvoir  consulter  facilement.  La  question  des  ori- 
gines, c'est-à-dire  l'étude  des  versions  manuscrites  de  la  Divine 
Comédie,  des  commentaires  et  de  traités  tels  que  les  Senlentias 
catholicas  de  Jaume  Ferrer  de  Blanes  (Cf.  Notice  XLVII,  p.  309), 
est  un  champ  spécial  où  beaucoup  de  choses  restent  encore 
à  découvrir. 


CHAPITRE  IV 

La  Bibliothèque  de  Guadalajara 

La  bibliothèque  du  marquis  de  Santillaue  est  cer- 
tainement la  plus  intéressante  des  collections  de 
manuscrits  qui  se  sont  formées  en  Espagne  au 
XVe  siècle.  Son  mérite  principal  n'est  pas  d'avoir  été 
une  des  premières  à  ouvrir  ses  armoires  aux  con- 
quêtes de  l'humanisme  italien,  ce  n'est  pas  davantage 
sa  richesse  qui  lui  a  valu  depuis  longtemps  l'attention 
des  érudits.  Ce  qui  la  caractérise  et  lui  fait  une  place 
à  part,  c'est  de  n'être  pas  due  aux  hasards  des  hom- 
mages et  de  l'adulation  de  pauvres  clercs  en  quête 
d'un  protecteur.  L'homme  qui  a  réuni  tous  ces  vo- 
lumes, les  faisant  souvent  venir  de  fort  loin,  unissait 
au  goût  de  l'étude  le  goût  du  livre.  Il  aimait  les  beaux 
exemplaires,  le  vélin  sans  tache,  l'écriture  nette  et 
claire,  les  miniatures,  les  rubriques,  les  titres  dores, 
les  médaillons,  tous  les  petits  luxes  qu'un  lecteur  déli- 
cat se  plaît  à  rencontrer  sur  les  feuillets  des  muets 
compagnons  de  ses  veilles  ou  de  ses  méditations. 
Pour  les  ouvrages  qu'il  fit  relier  lui-même,  il  adopta 
une  reliure  spéciale,  à  la  fois  élégante  et  grave, 
où  son  emblème  s'enlève  en  relief  sur  le  cuir  des 
plats.  Sur  le  premier  feuillet  des  beaux  manuscrits 
qu'il  fit  copier  en  Espagne  et  surtout  en  Italie, 
se  trouvent  ses  armes,  son  heaume  et  sa  devise. 
Ce   grand   seigneur,  que    les  luttes    de    parti    et   la 


LXXXIV    BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

défense   de  ses  intérêts  préoccupaient  constamment, 

n'oubliait  jamais  ses  livres.  Il  profilait  de  son  in- 
fluence et  do  ses  relations  pour  se  procurer  de  nou- 
veaux volumes  ou  pour  encourager  les  érudits  ei  los 
copistes.  Il  fit  traduire  Platon  (1)  par  son  chapelain, 
Virgile  (2)  et  Dante  (3)  par  un  ami;  il  chargea  son 
nédecin  de  lui  faire  une  version  du  commentaire  de 
Benvenuto  da  lmola  à  la  Divine  Comc'die(4).  Martin 
d'Avila,  un  de  ses  ôcuyers,  mit  pour  lui  en  castillan 
une  oeuvre  italienne  de  Decembri  (5).  Son  fils,  le 
Grand  Cardinal,  traduisit  à  son  intention  Ylliade 
d'Homère  (6).    Alonso  de  Madrigal  vulgarisa   pour 

1.  Notice  *II,  p.  8,  et  Notice  XLIX,  ms.  *I,  p.  840. 

2.  Notice   XIII,  ms.  *A,  p.  89. 

3.  Notice  XLVII,  ms.  *D,  p.  275. 

4.  Ibidem,  ms.  *G,  p.  306. 

5.  Notice  LUI,  ms.  #C,  p.  359. 

6.  Notice*!,  p.  1.  — Francisco  de  Médina,  Salazar  de  Men- 
doza,  et  d'autres  biographes  du  Cardinal  disent  qu'il  a  traduit 
pour  son  père  Y  Odyssée  d'Homère,  Y  Enéide  de  Virgile,  quelques 
œuvres  d'Ovide  et  de  Salluste  (Catalina  Garcia,  Biblioteca  de 
escritores  de  la  provincia  de  Guadalajara,  Notice  LXXXIX, 
n°  396,  p.  174-176).  Ces  renseignements  semblent  être  le  résultat 
de  multiples  confusions.  Pour  Homère,  c'est  sans  doute  de  la 
version  de  Ylliade  qu'entendent  parler  les  biographes  de  Pedro 
Gonzalez.  Quant  à  Y  Enéide,  il  paraît  peu  probable  que  le  Car- 
dinal ait  pu  songer  à  la  traduire,  puisqu'il  devait  savoir,  mieux  que 
personne,  que  Villena  Pavait  fait.  Il  en  est  sans  doute  de  même  pour 
Salluste  dont  la  version  exécutée  pour  Fernan  Perez  de  Guzman 
n'avait  certes  pas  échappé  à  sa  curiosité.  Enfin,  si  Pedro  Gon- 
zalez a  traduit  pour  son  père  quelque  œuvre  d'Ovide,  ce  n'était  cer- 
tainement pas  le  Libro  mayor  de  las  Transformaciones  que  le 
Marquis  cite,  avec  YÉnéide-et  les  Tragédies  de  Sénèque,  comme 
ayant  été  vulgarisé  à  sa  demande.  Si  les  Métamorphoses  avaient 
été  traduites  par  Pedro  Gonzalez,  le  Marquis,  qui  en  parle  dans 
la  lettre  à  son  fils  (Obras  del  Marqués,  p.  482),  n'aurait  pas 
manqué  de  le  relever. 


INTRODUCTION  LXXXV 

Santillane  son  volumineux  commentaire  d'Eusèbe(l) 
et  Févêque  de  Burgos,  qui  avait  noué  au  concile 
de  Bàle  de  précieuses  amitiés,  mit  Inigo  Lopez  de 
Mendoza  en  rapport  avec  les  humanistes  italiens. 
Pietro  Candido  Decembri  a  fait  des  vers  latins  sur  la 
mort  du  Marquis  (2),  et  son  frère  Angelo  lui  a  dédié 
la  version  d'un  traité  de  Bonacorso  da  Montemagno 
qu'il  attribue  à  Plutarque  (3) . 

C'est  Févêque  de  Burgos  qui  engagea  Bruni  à 
écrire  à  Jean  II  (4),  c'est  lui  qui  invita  Pietro  Candido 
à  dédier  au  roi  sa  version  latine-de  Y  Iliade  (5)  ;  c'est 
aussi  lui,  sans  doute,  qui  procura  à  son  souverain 
l'honneur  de  la  dédicace  d'une  homélie  de  saint  Ba- 
sile, traduite  de  grec  en  latin  par  l'illustre  Bessa- 
rion  (6).  Jean  II  acceptait  volontiers  ces  hommages  et 
répondait  à  ces  politesses  littéraires  avec  munificence, 
mais  l'homme  le  plus  fier  de  ces  honneurs  rendus  à  la 
Castille  était  le  marquis  de  Santillane.  Dès  que  se 
publiait  un  ouvrage  nouveau,  il  s'en  procurait  une 
copie,  et  transporté  d'enthousiasme,  il  la  remettait  à 
l'un  de  ses  secrétaires -ou  à  l'un  de  ses  familiers  pour 
en  faire  exécuter  la  version  castillane. 

C'est  cette  fièvre  de  traductions  et  de  copies,  cet 
intérêt  toujours  croissant  pour  le  grand  mouvement 


1.  Notice  VI,  mss.  *B,  *C,  *D,  *E,  *F,  p.  40-48. 

2.  Appendice  4,  p.  468. 

3.  Notice  XVI,  ms.  D,  p.  112. 

4.  Notice  LUI,  ms.  *D,  p.  361 . 

5.  Morel-Fatio,  Les  deux  Omero  castillans  (Romania,  t.  XXV, 
p.  122-126). 

6.  Notice  XI.  p.  68. 


LXXXVI    BIBLIOTIIKQUK    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANK 

lointain,  cet  éveil  de  curiosité  pour  l'histoire  romaine, 
pour  la  véritable  histoire  de  Troie  et  pour*  La  lit  tein- 
ture des  deux  terres  classiques,  qui  ont  fait  de  Guada- 
lajara  le  modeste  berceau  des  nouvelles  idées  que 
l'humanisme  italien  communiqua  à  FEspagne.  C'est 
encore  peu  de  chose  :  le  moyen  âge  avec  son  lourd  ba- 
gage de  gloses,  de  postilles  et  de  chroniques  occupe  en- 
core une  large  place  dans  la  bibliothèque  du  marquis 
de  Santillane,  mais  c'est  une  aurore.  Comme  il  arrive 
souvent  en  pareil  cas,  l'admiration  a  précédé  la  com- 
préhension ;  néanmoins  le  mérite  de  ceux  qui  ouvrent  la 
porte  à  un  nouveau  courant  d'idées,  même  s'ils  n'en 
ont  pas  saisi  toute  la  portée,  reste  toujours  considé- 
rable. Le  triomphe  des  armes  aragonaises  à  Naples 
facilita  les  rapports  entre  les  deux  péninsules.  Le 
voyage  d'Italie  devenait  plus  fréquent  et  par  consé- 
quent les  occasions  de  faire  venir  des  manuscrits  se 
multipliaient.  Nous  savons  d'ailleurs  que  le  marquis 
de  Santillane  avait  un  ami  qui  séjourna  longuement  à 
Florence  et  qui  fraya  dans  cette  ville  avec  des  huma  - 
nistes  et  des  libraires.  Cet  ami,  Don  Nuilo  de  Guz- 
man  (1),  resta  même  après  son  retour  en  Castille  en 
relation  avec  les  Italiens.  On  verra,  par  la  suite,  les 
raisons  que  nous  avons  de  voir  en  lui  une  sorte 
d'agent  du  Marquis. 

Un  autre  familier  d'Inigo  Lopez,  Juan  de  Lucena, 
séjourna  à  Rome  où,  sûrement,  il  ne  resta  pas  étran- 
ger au  mouvement  littéraire,  puisqu'il  rapporta  une 
adaptation  d'un    dialogue  de  Bartolomeo  Fazio  qui 

1.  Appendice  1,  p.  449. 


INTRODUCTION  LXXXVII 

est  presque  un  plagiat  (1).  Enfin  nous  savons  que, 
lors  de  son  avènement  au  trône  de  Castille,  Henri  IV 
envoya  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  second  fils  du  mar- 
quis de  Santillane,  ambassadeur  à  la  cour  de  Rome, 
pour  notifier  au  pape  Nicolas  V  sa  soumission  et  lui 
faire  part  de  ses  projets  de  croisade  contre  les  Sarra- 
sins (2).  Autant  d'occasions  dont  le  Marquis  profita 
certainement  pour  faire  venir  des  livres.  Pedro  Gon- 
zalez de  Mendoza,  nommé  en  1454  évoque  de  Cala- 
horra,  a  sans  doute  eu,  lui  aussi,  des  relations  avec 
l'Italie,  mais  le  libraire  florentin  Vespasiano  de  Bis- 
ticci  se  trompe  lorsqu'il  attribue  au  Cardinale  di  Men- 
doza  spagnolo  une  part  prépondérante  dans  la  forma- 
tion de  la  bibliothèque  de  Guadalajara.  Vespasiano/ 
qui  écrivait  entre  1473   et  1495  (3),  a  recueilli  des 
propos  qui  ne  résistent  pas  à  la  critique  (4). 

1.  Cette  observation  est  de  M.  Paz  y  Mélia,  l'éditeur  du 
Libro  de  vida  beata  de  Juan  de  Lucena  (V.  Opûsculos  lite- 
rarios).  Dans  ce  dialogue,  Juan  de  Lucena,  qui  se  met  lui-même  en 
scène,  se  fait  adresser  par  le  Marquis  les  paroles  suivantes  :  «  jO 
»  hijo  de  mi  ahijado  !  Bien  tornado  de  Roma,  £  no  me  tocas  la 
»  mano  ?  »  (/.  c.  p.   174). 

2.  Los  Rios,  Obras  del  Marqués,  p.  xcvn  et  n.  33. 

3.  Vite  di  Uomini  illustri  del  secolo  XV,  édit.  L.  Frati,  t.  I, 
p.  169,  n.  2  [Collezione  di  opère  inédite  o  rare.  Bologna,   1892). 

4.  Voici  la  notice  que  Vespasiano  deBisticci  consacre  au  Grand 
Cardinal  d  Espagne  :  «  Messer  Piero  di  Mendoza,  ispagnolo,  di  stirpe 
»  nobilissima,  fu  fatto  cardinale  da  papa  Sisto  per  la  sua  virtù.  Ebbe 
»  notizia  universale  cosi  in  iure  canonico,  corne  in  questi  studi 
»  d'umanità  e  filosofia  e  teologia.  Istette  più  anni  in  corte  di 
))  Roma,  e  quivi  fu  molto  stimato  ed  onorato.  Faceva  continova- 
»  mente  fare  libri,  e  comperava,  cosi  sacri  corne  gentili,  in  modo 
»  che  ragunô  grande  quantità  di  libri,  per  voler  fare  una  libreria. 
))  Aveva  il  padre  signore  de'  primi  di  queilo  regno,  il  quale  non 
((  era  letterato,  ma  intendeva  benissimo  la  iingua  toscana;  e  per 


LXXXVIII    BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Lorsque  mourut  I<k  marquis  de  Santillane,  Pedro 
Gonzalez  de  Mendoza,  évêque  de  Calahorra,  n'avait 
pas  quitté  l'Espagne.  Ses  nombreux  biographes  ne 
mentionnent  point  le  séjour  prolongé  que,  d'après  Ves- 
pasiano,  il  aurait  faitàRome(l).  Il  étail  si  nécessaire 
à  son  pays  comme  prélat,  politique  el  guerrier,  qu'il 
ne  pouvait  même  pas  songer  aux  longues  absences. 
Quand  Vespasiano  d<k  Bisticci  écrivait  sa  notice,  le 
marquis  de  Santillane  étail  mort  depuis  près  de  vingl 
ans  et  il  n'a  pas  l'air  de  s'en  douter.  Peut  être  a-t-il 
confondu  Don  Pedro,  le  futur  Grand  Cardinal,  avec 
Don  Inigo,  le  futur  comte  de  Tendilla,  qui,  nous  le 
savons,  fut  ambassadeur  du  roi  de  Castille  auprès  des 
papes  Nicolas  V  et  Pie  II  (2).  Quoi  qu'il  en  soit,  les 

))  questo  fe'  fare  il  cardinale  qui  in  Firenze  grandissima  quantità 
»  di  libri  in  lengua  toscana,  per  transferirli  per  suo  piacere  in 
»  spagnolo;  e  fece  fare  in  Ispagna  in  casa  sua  una  libreria  di 
))  libri  toscani,  che  voile  che  fussi  comune  a  chi  ne  voleva. 
»  E  messer  Pietro  e  tutta  la  casa  sua,  casa  d'  uomini  nobilis- 
»  simi,  edati  tutti  alla  virtù;  edèoggiin  Ispagnade'  primi  uomini 
»  di  quello  regno.  Di  poi  che  fufatto  cardinale,  non  è  mai  venuto 
»  in  corte  di  Roma.  Délie  opère  che  ha  composto  non  ho  notizia, 
»  per  questo  non  se  ne  fa  menzione.  » 

1.  M.  Catalina  Garcia,  le  plus  récent  biographe  du  Cardinal,  ne 
dit  rien  de  ce  prétendu  voyage  de  Rome  dans  la  longue  notice 
qu'il  consacre  à  Pedro  Gonzalez  et  à  ses  biographes  dans  s&Biblio- 
teca  de  escritores  de  la provincia  de  G  uada  !aj  a  r  a, NoticeLXXXlX, 
nos  391-397,  p.  170-176  (Madrid,  1899). 

2.  La  première  ambassade  du  comte  de  Tendilla  tombe  entre 
juillet  1454,  date  de  la  mort  de  Jean  II,  et  mars  1455,  date  de  la 
mort  du  pape  Nicolas  V.  L'ambassade  auprès  de  Pie  II  fut  plus 
longue  puisque  Inigo  Lopez  de  Mendoza  prit  part  au  concile  de 
Mantoueen  1459  et  que  ce  concile  dura  près  de  huit  mois  (V.  Ma- 
riana,  Hist.  gen  de  Espana,  Madrid,  1848,  t.  II,  1.  XXIII,  c.  i, 
p.  499-500)/ 


INTRODUCTION  LXXXIX 

renseignements  que  nous  fournit  le  libraire  florentin 
restent  précieux,  parce  qu'il  était  nécessairement  bien 
informé  des  choses  concernant  son  commerce.  Ils  con- 
firment l'origine  florentine  de  la  plupart  des  manus- 
crits italiens  du  Marquis,  et  ils  indiquent  qu'à  côté  des 
manuscrits  spécialement  copiés  pour  Don  Inigo  Lopez 
on  procédait  pour  lui  à  des  achats,  ce  qui  explique  la 
présence  de  manuscrits  italiens,  portant  d'autres  armes 
que  celles  des  Mendoza,  dans  les  armoires  de  la  bi- 
bliothèque de  Guadalajara.  Que  les  émissaires  du 
Marquis,  en  Italie  et  ailleurs,  achetassent  des  manus- 
crits d'occasion,  cela  ne  fait  pas  le  moindre  doute  ; 
nous  en  trouvons  la  preuve  à  plusieurs  reprises  sur 
des  volumes  dont  les  armes  primitives  ont  été  grattées 
pour  faire  place  à  celles  du  nouvel  acquéreur.  De 
même,  sur  des  manuscrits  provenant  de  la  bibliothèque 
de  Fernândez  de  Heredia,  grand  maître  de  l'Ordre  de 
Saint- Jean-de- Jérusalem,  nous  avons  trouvé  que 
l'on  avait  non  seulement  gratté  les  armes  du  Grand 
maître,  mais  encore  la  croix  de  Jérusalem  qui  ornait 
le  manteau  de  Juan  Fernândez  sur  les  miniatures  qui 
le  représentent.  Beaucoup  de  manuscrits  italiens,  la- 
tins ou  français  furent  acquis  pour  servir  de  texte 
aux  traducteurs  du  Marquis  et  souvent  nous  trouvons 
l'original  et  la  version  côte  à  côte  sur  le  même  rayon, 
comme  c'est  par  exemple  le  cas  pour  le  beau  manus- 
crit français  de  Y  Arbre  des  batailles  de  Bonnet,  orné 
de  dessins  et  d'armes  étrangères,  et  sur  lequel  travailla 
Anton  Zorita(l).  Le  fils  aîné  du  Marquis,  Don  Diego 

1.  Notice  LVIII,  ms.  *A,  p.  373  et  ms.  *B,  p.  374. 


\c  BIBLI0THÈQ1  E    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

I  [urtado  <\c  Mendoza,  premier  duc  <\c  l'ïnfantado,  prit 
un  soin  loni  particulier  d<k  la  bibliothèque  de  son  père; 
il  en  fil,  par  testament,  un  I >i <m  1  inséparable  du  titre 
de  sa  maison.  Cette  sage  mesure  évita  la  dispersion 
des  livres  du  Marquis  et  éveilla  l'intérêl  des  ducs  de 
l'Infantado  pour  le  trésor  dont  ils  avaient  la  garde. 
Don  Inigo  I  jopez  de  Mendoza,  quatrième  Hue  de  l'In- 
fantado, estima  hautement  ce  précieux  héritage.  Plus 
qu'aucun  de  ses  prédécesseurs  il  s'occupa  d'augmenter 
la  bibliothèque  et  dans  la  préface  de  son  Mémorial  de 
cosas  notables,  par  lui  dédiéàson  fils,  il  fail  l'éloge  de 
ses  ancêtres  el  plus  particulièrement  de  celui,  qui  ((à 
lui  seul  éclipsa  la  gloiredetous  les  autres  Mendoza(l)». 
En  1702,  un  incendie  éclata  dans  le  château  de 
de  Guadalajara  et  s'étendit  à  la  bibliothèque  et  aux 
archives  de  la  maison  (2).  Les  dégâts  causés  par  les 
flammes  furent-ils  considérables?  Nous  ne  le  savons 
pas.  Mais  il  est  certain  qu'il  y  en  eut  et  ainsi  s'expli- 
querait l'absence  de  quelques  livres,  qui  étaient  dans 
toutes  les  bibliothèques  de  l'époque,  tels  que  la 
version  castillane  du  Liber  de  vlta  et  moribus 
philosophorum  de  Walter  Burley  (3),  et  celle  des 
Étymolôgies  de  saint  Isidore  de  Séville.  Ainsi 
s'explique  aussi  la  disparition  du  Libre  mai/or  de 


1.  Appendice  3,  p.  465. 

2.  Los  Rios,  Obras  del  Marqué*,  p.  clxvii,  et  Mayans  y  Siscar 
dans  sa  préface  au  Pasêor  de  Filida  de  Luis  Galvez  de  Mon- 
talvo  (Valence,  1792). 

3.  Knust,  dans  son  édition  du  De  vita  et  moribus  en  latin  et  en 
castillan  (Tùbingen,  1887;  a  démontré  que  toutes  les  fois  que  le 
Marquis  cite  Laerçio  il  faut  lire  Burley. 


INTRODUCTION  XCI 

las  trasformaçiones  (1)  d'Ovide  et  des  Tragédies{2) 
de  Sénèque,  que  le  Marquis  était  si  fier  d'avoir  fait 
traduire  avant  personne  en  Castille(3),  comme  aussi  la 
perte  des  œuvres  de  Don  Inigo  lui-même,  dont  il  pos- 
sédait certainement  plusieurs  exemplaires  et  dont  nous 
îr  avons  retrouvé  que  la  seule  Comédie  ta  de  Pou.:- a 
dans  un  volume  de  mélanges  qui  n'a  pas  fait  partie  de 
l'ancienne  bibliothèque  de  Flnfantado  (4).  Nous  ne 
pensons  pas  toutefois  que  l'ancien  fonds  de  cette  cé- 
lèbre bibliothèque,  celui  qui  fait  l'objet  de  notre  étude, 
ait  été  très  appauvri.  Nous  avons  pu  retrouver  la  trace 
de  la  plupart  des  ouvrages  que  le  marquis  de  San- 
tillane  a  vraiment  possédés.  Sa  grande  sincérité  et  la 
netteté  de  ses  indications  ont  été  pour  nous  de  précieux 
auxiliaires  dans  des  recherches  souvent  délicates, 
parfois  difficiles.  Toutes  les  lois  que  le  Marquis  se  sou- 
vient des  lectures  qui  lui  ont  fourni  un  fait,  une  date 
ou  un  nom,  il  nous  le  dit.  Quand  il  l'omet,  le  ton  et  la 
manière  dont  il  présente  ses  connaissances  indiquent, 
le  plus  souvent,  à  qui  l'a  un  peu  pratiqué,  si  ses  ren- 
seignements sont  de  première  ou  de  seconde  main. 

1.  Peut-être  Inigo  Lopez  en  citant  les  Métamorphoses  a-t-il  voulu 
parler  de  YOotde  moralisé  de  Bersuire   (Notice  XII,  p.  84). 

2.  Dans  la  bibliothèque  du  Marquis,  nous  avons  trouvé  une  tra- 
duction toscane  des  dix  tragédies  de  Sénèque  (Notice  XVI,  ms.  C, 
p.  111).  C'est  sans  doute  ce  texte  qui  aura  servi  au  traducteur  cas- 
tillan auquel  le  Marquis  t'ait  allusion  dans  la  lettre  à  son  fils.  Car 
il  s'agit  certainement  ici  d'une  traduction  différente  de  celle  qui 
fut  faite  sur  la  version  catalane  d'Anton  Vilaragut  (XIVe  siècle)  et 
qui  ne  comprend  que  neuf  tragédies  (Notice  XVI,  p.  125  et  130). 

r>   Lettre  àD.  Pedro  Gonzalez.  (Obras  del  Marques,  p.  482.) 
4.  Cf.  Notice  XI,  p.  68. 


UBRARY 

OF  THE 

ttHlVERSlTY  OF  1UIHO». 


*I 


HOMERE 

Homère,  Iliade,  traduite  en  castillan  sur  le  texte  latin  de 
Pietro  Candido  Decembri. 

M.  Morel-Fatio  a  publié  sur  l'histoire  des  versions  castil- 
lanes d'Homère  et  en  particulier  sur  celle  qui  nous  occupe 
ici  un  important  article  intitulé  :  «  Les  deux  Omero  cas- 
tillans ))  (Romania,  t.  XXV,  année  1896),  et  M.  P.  de 
Gayangos,  dans  son  Catalogue  des  manuscrits  espagnols  du 
British  Muséum,  a  donné  la  description  du  manuscrit  qui 
contient  la  traduction  de  la  version  de  Candido  Decembri. 
N'ayant  pas  encore  pu  examiner  nous-même  le  manuscrit  de 
Londres,  nous  nous  en  tiendrons  au  catalogue  de  Gayangos 
pour  la  partie  descriptive.  L'étude  de  M.  Morel-Fatio  nous 
fournira  aussi  de  nombreux  et  précis  renseignements.  Citons 
tout  d'abord  M.  de  Gayangos: 

«  Add.  21,  245  paper,  in  folio  IL  97,  xv  cent. 
La  Iliada  de  Homero,  en  romance. 

1.  A  translation  of  the  iirst,  second,  tliird,  lburth,  and 
tenth  books  of  Homers'  Iliacl,  made  at  the  command  of, 
and  dedicated  to,  the  marques  de  Santillana  [D.  Iîîigo 
Lopez  de  Mendoza]  f rom  the  Latin  version  of  Pietro  Can- 
dido, with  finely  illuminated  initiais  and  borders  besides 
the  portrait  of  the  translator  (a  Bénédictine  monk?)  at  the 
beginning. 

2.  The  life  of  Homer,  translatée!  from  the  said  Candido, 
fol.  58. 

3.  El  verdadero  argumento  de  la  istoria  troyana,  fol. 
63  b. 


2  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

4.  Account  and  description  of  Rome;  ils  governmenl ,  etc. 

in  old  limes,  fol.  65. 

5.  Description  of  Asia,  Africa,and  Europe,  fol.  75. 

6.  Glossnry  of  Latin  words,  chiefly  relating  to  «  indu- 
mentaria))  dress),  explained  in  Spanish,  fol. 82  h. 

7.  Letter  said  to  hâve  been  writteu  to  the  Emperor  Nero 
by  a  king  of  Arabia,  named  Euax,  upon  the  properties  of 
precious  stones,  fol.  85  (Catalogue  of  t/te  manuscripts  in 
the  Spanish  language  in  the  British  Muséum,  t.  I,  p.  9).  » 

M.  Morel-Fatio  commente  ainsi  le  n°  1  de  la  notice 
que  nous  venons  de  copier:  «  Quelques  passages  de  la 
préface  de  cette  traduction  castillane  de  l'Iliade  latine 
prouvent  que  D.  Pascual  de  Gayangos  ne  s'est  pas  trompé 
en  y  reconnaissant  une  entreprise  suggérée  par  le  marquis 
de  Santillane,  dont  la  lettre  à  son  fils  devait,  je  le  crois, 
précéder  dans  le  manuscrit  original  l'avant-propos  du  tra- 
ducteur, puisque  ce  dernier  y  fait  allusion  comme  à  quelque 
chose  qu'on  vient  de  lire:  mais,  ou  le  manuscrit  de  Londres 
est  incomplet  d'un  feuillet  au  commencement,  ou  celui  qui 
Ta  transcrit  a  omis  de  nous  conserver  ce  morceau.  » 

En  effet,  le  passage  de  la  préface  du  traducteur  cité  par 
M.  Morel-Fatio  contient  d'évidentes  allusions  à  la  lettre 
que  le  Marquis  écrivit  à  son  fils  Pedro  Gonzalez  de  Men- 
doza,  étudiant  à  Salamanque,  où  il  lui  demande,  entre 
autres  services  littéraires,  la  traduction  des  livres  I,  II,  III, 
IV  et  X  de  Y  Iliade  d'Homère  traduits  en  latin  par  Pietro 
Candido  Decembri  et  offerts  par  lui  au  roi  de  Castille  Jean  IL 
La  traduction  contenue  dans  ce  manuscrit  est  donc,  très 
probablement,  due  a  Pedro  Gonzalez  de  Mendoza,  et  sinon 
à  lui-même,  tout  au  moins  à  un  lettré  qui  travaillait  sous 
sa  direction.  Nous  n'hésitons  pas  à  partager  l'opinion  de 
M.  Morel-Fatio,  qui  nous  paraît  tout  à  fait  démontrée,  le 
traducteur  anonyme  se  trahit  à  chaque  pas  dans  sa  préface, 
et  c'est  bien  le  fils  du  Marquis. 

Quant  à  la  date  de  cette  version,  on  ne  peut  guère  la  pré- 
ciser, la  lettre  d'InigoLopez  à  son  fils  n'étant  malheureu- 
sement pas  datée.  Tout  ce  qu'on  peut  dire,  et  c'est  encore 
M.  Morel-Fatio  qui  nous  en  fournit  la  preuve,  c'est  que 
Pietro  Candido  reçut  en  1442  une  lettre  par  laquelle  Alonso 
de  Cartagena  l'engageait  à  dédier  à  Jean  II  de  Castille  sa  Vie 


I.   HOMERE  3 

d'Homère  et  sa  traduction  de  Y  Iliade.  Decembri  répondit 
par  une  lettre  du  30  avril  de  la  même  année,  et  il  expédia 
peu  après  (probablement  encore  en  1442)  sa  Vie  d'Homère 
dédiée  à  Jean  II  et  ses  extraits  de  Y  Iliade.  M.  Morel-Fatio 
croit  que  c'est  Tannée  même  de  l'arrivée  de  ces  nouveautés 
littéraires  en  Espagne,  ou  peu  après,  que  le  marquis  de  San- 
tillane  en  eut  connaissance. 

Nous  croyons  utile  de  reproduire  ici  le  texte  du  prologue 
du  manuscrit  de  Londres  que  nous  empruntons  à  l'article  de 
M.  K.  Vollmoller  intitulé:  Eine  unbekannte  altspanische 
Ûbersetsung  der  Ilias  (publié  en  1893  dans  les  Studien 
sur  Litteraturgeschichte  Michael  Bernays  gewidmet  von 
Schûlern  und  Freunden,  p.  233-249): 

Si  a  umanas  neçessidades  manclamientos  diuinales  se  prefleren, 
yllustre  e  muy  magniflco  seûor,  enbalde  escusaciones  porne  a  la 
carga  que  uuestra  senoria  por  la  précédente  epistola  me  inpone, 
acatadas  la  nouedat  de  mi  tienpo  e  baxeza  de  ingenio  que  grandes 
eosas  non  sufren,  graue  e  quasi  insoportable,  mandando  me  los 
çinco  libros  de  la  grande  Yliada  de  Homero,  conuiene  a  saber: 
primero,  segundo,  tercero,  quarto  e  decimo,  ya  por  Pedro  Candido 
excelente  orador  del  griego  tracluzidos  en  prosaycaoraçion  al  latin, 
en  nuestra  maternai  lengua  traspasse.  En  los  quales  aqueste  inge- 
niosissimo  poeta  tanta  dio  a  los  vencedorcs  gloria,  quanto  de  los 
uençidos  fue  estendida  la  fama.  Altos  escrlptores  aquesta  estoria 
por  muchas  e  diuersas  causas  escriuieron.  Unos  commo  Seneca 
trageclo  queriendo  demostrar  quand  breues  e  caducos  los  prinçi- 
pados  e  poderes  son  deste  mundo  e  quand  ligeramente  los  que  en 
la  mas  alta  cunbre  de  la  fortuna  se  asientan  pueden  caer.  Otros 
commo  Uirgilio  por  auer  e  alcançar  beniuolençia  de  algunos,  grandes 
principes  y  enperadores  que  asi  de  los  Troyanos  commo  de  los 
Griegos  desçenclieron,  loando  singularmente  a  aquel  de  cuya  pro- 
sapia  uenian.  Otros  commo  Guido  de  Colupnis  por  comendar  una 
tan  estrenua  conquista  que  en  el  mundo  fasta  el  présente  tienpo 
ygual  non  se  falla.  Otros  como  Eusebio  muchas  estorias  suma- 
riamente  passando,  uiendo  aquesta  tan  mémorable  non  era  de 
callaren  sus  obras,  ingeniosamente  la  asentaron.  Otros  como  Titu 
Libio  queriendo  los  grandes  fechos  romanos  desde  su  primer 
comienço  contar  commo  descendientes  de  los  Troyanos.  La  présente 
ystoria  escriuieron  diuersos  otros  por  dyuersos  fines.  Los  libros 
de  los  quales  so  muy  çierto  uuestra  senoria  aya  mas  estensa  e  parti- 
cularmente  leydo  queyo  en  genero  [fol,  1  v°]  agora  pudiese  dezir. 


1  BIBLIOTHEQUE    DU    MAKQUIS    DE   SANTILLANE 

Mas  quien  con  I [omero  se  puede  ygualar,  pore!  quai  escriptor  de 
los  fechos  de  Achiles  puesto  que  murio  desastrada  e  mala  muerte 
lo  Uamamos  bien  fortunado?  A  quien  no  desdefio  seguir  el  grand 
poeta  latino.  Autos,  segund  Pedro  Candi  do  abaxo  recuenta,  tanto 
loor  le  dio(l),  ([ne  eomo  entre  los  mortales  por  monarca  de  los 
poetas  latynos  sea  auido,  no  se  atreuiendo  aquellos  mismos  uersos 
en  latyn  escreuir  que  en  el  Griego  Homero  auia  conpuesto,  dezia 
figuratiuamente  por  el  :  quis  auferet  clauam  de  manu  Herculis? 
que  quiere  dezir:  quien  osara  tirar  la  maça  d'armas  de  la  mano 
de  Hercules?  Por  lo  quai  no  sin  causa  uuestra  seiïoria  quiere  uer 
obra  de  tan  exçelente  uaron,  el  quai  en  solos  los  Athenienses  fuera 
grand  cosa  ser  un  tienpo  numêrado  e  meresçio  para  sienpre  en 
todos  los  Griegos  ser  por  exçelencia  llamado  poeta.  Paresçe  la 
grande  emineaçia  suya  e  famoso  nonbre  en  la  controuersia  que 
los  antigos  escriptores,  de  tieinpos  asi  Griegos  como  Latinos 
ouieron  por  saber  su  hedad,  unos  diziendo  auer  sido  en  tienpo  de 
Ozias  rey  septimo  de  Ysrael  e  de  Agripa  rey  onzeno  en  los  Latinos 
e  de  Joas  rey  dezimo  de  Juda,  profetizando  en  Jherusalem  el 
santo  profeta  Eliseo,  seyendo  principe  quinto  en  Athenas  Meracles 
e  Rey  de  Aram  Azael  e  de  los  Egipçianos  Susene  e  de  los  Lace- 
demonios  Archelao  Rey  septeno,  siendo  entre  ellos  Ligurgo famoso, 
reynando  en  los  Corintios  Eudemus  septimo  rey  e  en  los  Asirios 
Octorapes  Rey  XXXV0.  Asi  se  falla  en  la  estoria  latyna.  Apolodro 
e  Euforbo  escriptor  de  ystorias  lo  pusieron  antes  de  la  Romana 
fundaçion  ciento  e  ueynte  equatro  anos.  Cornelio  Xepos  clixo  auer 
sido  antes  delà  Olinpia  primera çient  anos.  Otros  dezian  poco  antes 
de  la  deçendida  de  los  Eraclitas,  (de  los)  [fol.  2]  de  los  quales 
fue  uno  Socrates.  Aristotiles  lo  puso  despues  de  la  captiuidat  de 
Troya  çient  anos.  Aristarco  en  este  mesmo  tienpo  o  en  la  fuyda  de 
los  Iones  de  su  tierra.  Phirocolo  en  tienpo  de  Arçipo  principe  de 
Athenas,  despues  de  la  subuersion  de  Troya  çiento  y  ochentaafios 
en  la  trasmigracion  o  pasada  de  los  lones  de  su  tierra.  Apolodro 
Atheniense  afirmo  auer  sido  dozientos  e  quarenta  anos  despues 
del  perdimiento  de  Troya.  Arçilogo  en  la  veynte  y  très  Olinpiade, 
reynante  en  lo»  Medos  Deiodes  (2)  rey  quinto.  Algunos  dixeron  auer 
sido  poco  ante  que  las  olimpias  començasen,  quatroçientos  anos 
quasi  despues  de  tomada  Troya.  Otros  lo  pusieron  en  aquel  tienpo 
que  por  trayçion  de  Machareo  sacerclote  de  Apolo  en  la  yslaDelfos 
Orestes  mato  a  Pirro.  Aquesta  grand  discordia  de  tan  singulares 
uarones  sobre  el  tienpo  de  nuestro    poeta  Homero  muestra  la  su 

1.  Ms.  de  Dio. 

2.  Ms.  deiodes. 


I.   HOMERE  5 

grande  heminençia.  Ca  no  es  de  créer  estudios  de  tan  sefialados 
sabios  se  quisieran  ocupar  en  luenga  altercaçion  de  un  uaron  tan 
solamente  si  una  de  dos  causas  no  les  mouieran  :  o  perfecto  conos- 
çimiento  e  sçiençia  de  su  famosa  elegançia,  o  a  su  proposito  de 
ystoriar  no  fuera  muy  neçesario  siendo  como  prinçipio  de  ystoria 
donde  el  proceso  nasce  o  fin  en  quien  se  concluye.  Asi  comrao 
uemos  mucha  contradiçion  entre  los  interpetres  e  otros  estoria- 
dores  con  los  Ebreos  que  dizen  desde  el  primer  padre  fasta  el 
naçimiento  de  Abraham  auer  sido  mill  e  nueueçientos  e  quarenta 
e  nueue  anos.  Los  otros  con  los  interpetres  afirman  auer  sido  très 
mill  e  çiento  e  ochenta  e  quatro  anos.  Paulo  Orosio  e  el  bien 
auenturado  Eusebio  en  los  prologos  primeros  que  cada  uno  faze  a 
sus  libros,  el  primero  a  la  orden  e  oromesta  del  mundo,  el  otro  a 
la  coronica  de  los  tienpos  con  los  interpetres  contra  los  Ebreos 
acuerdan.  Pues  asazes  claro  [fol.  2  v°]  a  todos  que  de  llomero  ni 
dependen  estorias  ni  con  el  se  çierran,  queda  que  solamente  su  gene- 
rosafama  aya  entre  los  nonbrados  uarones  causado  disconueniençia 
e  desacuerclo,  aunque  de  su  elegançia  muy  poca  e  delgada  notiçia 
en  la  obra  présente  tornada  por  mi  en  romance  podemos  auer, 
commo  yapor  muchas  manos  passada  aquella  biueza  no  retenga 
que  en  la  primera  lengua  alcanço.  Afirmalo  Sant  Geronimo  que 
faziendo  grand  dificultat  en  el  traduzir  de  Griego  por  inposible 
conparaçion  puso  que  alguno  prouase  ni  aun  para  si  solamente 
interpretar  a  llomero  que  tornado  a  otra  lengua,  comoel  dize,  en 
aquel  mas  éloquente  de  todos  los  poetas  no  paresçiese  una  orden 
burlosa  e  digna  de  escarnesçer,  mayormente  que  llomero  aquesta 
obra  canto  en  uersos  de  los  quales  la  prosa  suelta  no  resçibe  con- 
paraçion, bien  que  en  ella  aya  horclenadas  e  distintas  cadençias. 
Pero,  commo  uuestra  senoria  sin  emienda  en  el  prologo  gênerai  a 
todas  sus  obias  al  yliustre  conclestable  de  Portugal  escriue,  los 
açentos,  cuento  e  medidano  se  guarden  commo  en  el  uerso,  porque 
muy  grand  parte  de  su  fermosura  pierde  la  clulçe  oraçion-  Asi 
mesmo,  commo  Pedro  Candidoayuso  dira,  aquesta  obra  no  fue  por 
el  traduzida  palabra  por  palabra  clanclo  por  causa  lo  suso  dicho, 
que  si  Uergilio  a  lo  tal  no  se  atreuio,  mucho  menos  el  ni  ninguno 
de  los  biuientes.  Delo  quai  se  sigue  no  la  eloquençia  como  trompa 
résonante  e  arte  famosa  suya,  mas  alguncl  tanto  de  las  al  tas 
inuençiones  e  sentençias  podamos  conosçer.  Es  otra  razon  y  muy 
légitima  por  que  asi  no  podemos  conosçer  su  perfecçion,  passando 
aquesta  obra  a  nuestro  uulgar,  que  nos  no  auemos  tan  conpen- 
diosos  uocablos  para  que  en  pocas  palabras  pudiessemos  conpre- 
hender  grandes  sentençias.  Commo  sea  que  la  eloquençia  de 
fuerças  caresca  quando  el  ydioma  uocablos  no  padesçe  diuersos 


C)  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

respeetos  signiâcantes.  Poraquestaa  cosas  e  por  euitar  algunos 
yerrasqueen  la  interpretaçion,attentoloquedichohe[fol.3  arriba, 
podrian  caer  si  digno  me  tuera  aquesta  carga  yo  quisiera  mucho 
l'uvr.  De  mas  desto  que  se  uuestra  sefioria  ha  muy  bien  uisto  e 
leydo  una  pequefia  o  breue  suma  de  aqueste  Homero  de  latyn 
singularniente  interpetradaa  nuestros  uulgarea  por  el  eg^egio  poeta 
Johan  de  Mena.  Por  la  quai  sin  dubda  eonosçera  quanto  cl  uaron 
de  Esmirna  aobrepuia  todoelgenero  poetal,  pospuestas  pero  estas 
causas  mas  que  miradas,  muy  uirtuoso  sefior.  La  çierta  uoluntat  e 
mandamiento  de  vucstra  senoria  espressados  en  la  muy  insigne 
cpistola  me  forçaron  la  inposiçion  suya  açeptase,  considerando 
que  aun  aquellos  queladistançia  de  las  tierras  de  uuestra  ingenua 
présenta  participes  no  les  fi/o,  por  la  lama  sola  oyda,  con  plazer  e 
seruir  le  desean,  commo  ya  de  niuchos  dfestos  tan  solamente  por 
aquella  nuestra  prouinçia,  ni(l)  seruisitada.  Asi  commo  a  Paulino 
el  santissimo  Geronimo  escriuia  de  Apolonio,  aquel  rhaguo,  o, 
segund  los  Pitagoricos  quieren,  philosofo,  que  por  uer  Àliarca  que 
en  el  trono  de  oro  se  asentaua  e  de  la  fuente  de  Tantalo 
auia  beuido,  el  monte  Caucaso  e  muy  grandes  reynos  de  Lndia 
penetro.  E  dende  passada  la  muy  ancha  agua  o  Rio  Phison  aporto 
a  los  bragmanas,  donde  entre  pocos  disçipulos  del  curso  de  dias  e 
estrellas  le  fallo  ensenafnjte.  Tuuo,  dezia Geronimo,  aquella  hedat 
grande  e  digna  de  çelebrar  marauilla  de  todas  las  gentes.  Que 
aquellos  que  por  contemplation  suya  las  prouinçias  asi  no  leuaron 
fama  de  un  solo  onbre  los  truxo.  E  asi  no  menos  la  présente  con 
uuestro  preclaro  nonbre  aura  gloria  en  los  uenideros  que  por  el 
grande  Yarcha  aquella  fue  remenbrada  en  los  passados,  mas  para 
que  ya  en  palabras  me  detengo  si  la  uuestra  grand  sinçeridat  e 
perfecçion  loar  non  oso?  Uulgado  prouerbio  es  :  el  alabanç,a  en  la 
propia  boca  ensordeçe.  Que  si  por  mi  fuesse  fablada  manifiesto 
es  de  aquella  exçelente  persona  paresçeriaen  ella  mis  [fol.  3  v°]  ma 
se  tornaua.  E  por  essome  detengo.  Pues  si  los  longincos  aaquella 
dessean  los  confines  auian  e  los  nuestros  adoran,  commo  yo  a 
quien  la  umana  naturalezaobliga  en  todos  seruiçios  podre  recusar 
las  mosaycas  leyes  con  mano  diuina  escriptas.  Que  son  en  mi 
unestros  mandamientos  solo  en  la  région  de  los  biuos  de  mi  mas 
temedero  sefior,  por  lo  quai  el  ingenio  al  trabajo  e  la  mano  exécu- 
tando  el  mandamiento  de  uuestra  senoria  puse  a  la  pluma,  confîan- 
do  asy  mesmono  tanto  de  mis  fuerças  commo  que  por  aquella  sean 
corregidos  los  yerros.  Por  que  los  sabios  que  aquesta  interpetra- 
çion  o  uulgar  por  mi  fecho  leyeren  commo  ya  passado  so  correcçion 

1.  Il  est  évident  qu'il  faut  ici  corriger  ni  en  ni. 


I.   HOMERE  7 

de  tanheminente  sçiençiapierdan  cuydado  dehemendar  misfaltas. 
Non  me  faziendo  nunçio  de  algunos  maliçiosos,  de  todo  retracta- 
dores,  que  no  los  prouechos  e  cosas  singulares  de  los  libros,  mas 
xamas  donde  se  tengan  para  blasfemar  los  que  en  conponer  o 
interpretar  trabajan  con  grande  acuçia  andan  buscando.  De  los 
quales  faziendo  lo  que  deuo  me  descuydo  con  aquel  que  dixo.  Digan 
los  ombres  lo  que  quisieren,  en  tanto  que  mesma  mi  conçiençia 
non  me  acusa,  los  sieruos  con  obediençia  satisfazer  e  yo  con 
testimonio  de  aquella  me  contento,  pues  con  afecçion  e  diligencia 
por  la  obra  lo  confirmo.  Quien  Homero  e  de  que  naçion  o  calidat 
aya  sido  e  quand  gloriosa  uida  fue  la  suya  seguncl  philosufla,  por 
que  abaxo  despues  de  su  prohemio  Pedro  Candido  copiosamente 
lo  escriue,  e  las  dubdas  que  en  el  libro  pueden  uenir,  no  euro  des- 
planar  en  lo  présente  (1). 

M.  Vollmôller  n'indique  pas  l'auteur  probable  de  cette 
traduction.  Mais  après  une  lecture  attentive  de  cet  intéressant 
prohemio,  il  est  impossible  de  ne  pas  conclure  avec  M.  Morel- 
Fatio  que  cette  version  est  l'œuvre  de  Pedro  Gonzalez  de 
Mendoza,  lorsque  le  futur  grand  cardinal  d'Espagne  était 
encore  étudiant  à  Salamanque. 

1.  M.  Vollmôller  nous  dit  que,  pour  la  ponctuation,  il  a  suivi  les 
indications  que  donnent  les  traits  rouges  et  bleus  dont  le  manuscrit  est 
semé.  Cela  n'aurait  pas  dû  l'empêcher  de  faire  quelques  corrections  qui 
sautent  aux  yeux  et  qui  auraient  amélioré  un  texte  souvent  altéré  par 
le  scribe.  N'ayant  pas  eu  sous  les  yeux  le  manuscrit  de  Londres,  nous 
avons  dû  reproduire  le  texte  publié  par  M.  Vollmôller. 


II 


PLATON 


(Rocam.  N#  179;  Bibliot.  Nat.  Madrid  Reserv. 6'-2). 

1.  Platon,  le  Phédon.  2.  Saint  Augustin,  De  Beat  a  Vita. 
3.  Discours  d'un  envoyé  de  l'empereur  Frédéric  II  au 
pape  Honorius  III.  4.  Coluccio  Salutato,  Déclamations 
de  Lucrèce.  En  castillan. 

Ms.  de  95  feuillets  de  vélin,  plus  1  feuillet  blanc  à  la 
fin,  non  folioté,  réglé  à  28  lignes,  écriture  espagnole  du 
XVe  siècle.  Format  250  X 191  mm.  Reliure  moderne  de  Binet 
avec  le  chiffre  et  la  couronne  du  duc  d'Osuna.  Ce  manus- 
crit est  orné  d'encadrements  de  style  flamand.  Celui  du 
fol.  1  porte  dans  le  bandeau  inférieur  les  armes  du  Marquis, 
soutenues  par  deux  anges.  Si  Ton  compare  ces  anges  à  ceux 
de  la  Chronique  Générale  Ii,  des  ressemblances  frappantes 
de  manière,  de  couleur  et  d'expression  semblent  indiquer 
la  même  main. 

I.  Le  premier  texte,  sans  rubriques,  commence  par  le  pro- 
logue d'une  traduction  du  Phédon.  La  capitale  enluminée  qui 
ouvre  la  page  représente  Socrate  prenant  la  ciguë,  entouré 
de  ses  disciples.  Quel  est  ce  traducteur  et  à  qui  s'adresse- 
t-il?  Le  manuscrit  2.  N.  3.  de  la  Bibliothèque  particulière  du 
Roi,  contient  la  même  traduction,  et  la  préface  du  traducteur 
y  porte  le  titre  suivant  :  Introduçion  del  libro  de  Platon 
llamado  Fedron  de  la  Ynmortalidat  del  aima,  por  el 
dotor  Pero  Diaz  trasladado  e  declarado.  Un  manuscrit 
de  Paris  (Bibl.  Nat.  Fonds  espagnol,  n°  458),  quia  fait  partie 
de  la  bibliothèque  du  Marquis,  contient  YAxiocus,  dialogue 


II.    PLATON  9 

longtemps  attribué  à  Platon,  sous  le  titre  de  :  Introduction 
al  libro  de  Platon,  llainado  Fedron,  en  que  se  tracta  de 
como  la  muerte  no  es  de  terner,  romancado  por  el  doctor 
Pero  Diaz  de  Toledo,  para  el  muy  generoso  e  virtuoso 
sehor  singular  suyo,  senor  Yfligo  Lopez  de  Mendoça, 
senor  de  la  Vega. 

M.  Menéjidez  y  Pelayo  dans  son  discours  sur  les  vicissi- 
tudes de  la  philosophie  platonicienne  en  Espagne  (p.  90, 
note  1)(1)  explique  l'erreur  du  manuscrit  de  Paris  par  une  con- 
fusion du  copiste  qui,  sous  le  titre  du  Phéclon,  aurait  transcrit 
YAxiocus,  traduit,  suivant  toute  probabilité,  par  le  même 
Pedro  Diaz,  chapelain  du  Marquis.  M.  Morel-Fatio,  qui 
le  premier  avait  attiré  l'attention  sur  Y  Axiochus  de  Paris 
(Romania,  t.  XIV,  p.  97),  se  rattache  à  l'opinion  de 
M.  Menéndez  y  Pelayo  [Romania,  t.  XIX,  p.  140).  La 
forme  Fedron  n'est  pas  du  fait  de  Pedro  Diaz,  puisqu'on 
la  trouve  déjà  dans  un  manuscrit  latin  contenant  la  version 
de  Leonardo  Bruni,  sur  laquelle  Pedro  Diaz  a  fait  sa  tra- 
duction (cf.  Morel-Fatio,  Romania,  t.  XIV,  p.  97,  note  2)  ; 
cette  forme  barbare  était  populaire  au  XVe  siècle,  comme 
le  prouve  son  emploi  par  Juan  de  Lucena  dans  le  De  Vita 
felici  (voy.  Paz  y  Mélia,  Opùsculos  Literarios,  p.  106). 
Revenons  au  manuscrit  Reserv.  6a  2:  Le  prologue  commence 
par:  «  De  la  inmortalidad  del  aima  diuersos  actores  en 
diuersa  manera  sintieron  e  fablaron,  »  et  finit  au  fol.  3  v° 
par:  «  Pues  dexemos  va  de  prolongar  mas  la  fabla  e  en- 
tendamos  enla  traduçion  del  dicho  libro  de  Platon  llamado 
Fedron.  »  Ce  prologue  est  illustré  de  notes  dues  au  tra- 
ducteur espagnol.  Suit  la  traduction  du  prologue  de 
Leonardo  Bruni  adressé  àlnnocent  VI I ,  qui  occupe  les  feuillets 
3  v°-5.  Enfin  les  feuillets  5-59  contiennent  le  Phédon  : 
Incipit  :  «  Echecrates  :  tu  Fedron  fueste  présente  aquel  dia 
que  Socrates  beuio  el  vino  en  la  carçel  o  oystelo  de  alguno 
otro.  ))  Explicit  :  «  aqueste  fue  el  meior  honbre  e  mas 
sabio  de  aquellos  con  quien  nos  conuersamos  e  contractamos. 
huic  operi  finis.  Deo  gracias.  »  Les  feuillets  59  v°  et  60 
sont  blancs. 


1.  De  las  mclsitudès  dclafilosofiaplatànica  en  Espa/la,  dans  En- 
saj/os  de  eritiea  filosôfea.    Madrid,  1892. 


10  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

II.  Fol.  61.  Encadrement  gracieux,  grande  initiale  sanc 

peinture,  pas  de  rubrique,  fncipil  :  a  Varon  muy  humano  m 
de  grand  virtud  Theodoro,  sy  el  viage  e  camino  que  con 
razon  se  deue  premitir  e  presuponer  e  la  mesma  voluntad 
nos  troxesse  al  puerto  de  la  philosophia  por  el  quai  H 
honbre  viene  en  la  région  e  patria  (?)  do  la  vida  bien  auen- 
turada...  ))  Fol.  81  v°.  Explicit:  «  E  yo  le  dixe:  de  cada 
dia  podeys  liaucr  deste  manjar  si  cada  (lia  vos  tornades  a 
Dios.  E  assi  acabada  nuestra  disputacion,  puesto  (in  a 
nuestro  razonar  nos  parlinios.  JJeo  gratias.  —  huic  operi 
finis.))  Ce  traité  est  le  De  Beata  Vita  de  saint  Augustin. 
Qui  en  fut  le  traducteur?  Peut-être  Pedro  Diaz  de  Toledo, 
la  matière  H  le  style  ne  démentent  pas  cette  supposi- 
tion. 

III.  Fol.  82  blanc.  Fol.  83  sans  capitale  ni  rubrique. 
Incipit:  «  Muy  bien  auenturado  e  muy  gran  pontifiçe. 
Commo  Moysen  varon  de  Dios  ordenasse  sucessor  por  si 
a  Josue  su  fijo...  »Fol.  90  v°.  Explicit:  «  0  gloriosissimô 
obispo,  claros  e  illustres  son  los  titulos  de  ti  que  feziste  la 
union,  otorgaste  el  jubileo,  coronaste  al  Çesar,  pero  el 
titulo  del  passaje  sera  mas  digno  e  mas  duradero.  El  quai, 
porque  non  lo  dexes  a  tu  sucçessor,  la  piedad  del  Çesar  te 
amonesta  e  toda  la  eristiandad  lo  suplica,  que  va  coronado 
por  ti  el  emperador,  aunque  muchos  grandes  e  altos  negoçios 
tengas,  enpero  non  hay  cosa  de  que  mas  prouechosa  e  glo- 
riosamente  puedas  fazer  que  del  pasaje.  —  huic  operi  Ji  ni  s 
—  Deo  gratias.))  —  Ce  morceau  est  un  discours  prononcé 
par  un  ambassadeur  de  l'empereur  Frédéric  II  à  la  cour  de 
Rome,  au  sujet  de  la  fameuse  croisade  de  ce  prince.  Ce 
discours  s'adresse  à  Honorius  III  qui  couronna  Frédéric  le 
22  novembre  1220. 

IV.  Fol.  91-95.  Ces  feuillets  sont  écrits  d'une  autre  main; 
ils  paraissent  un  peu  antérieurs  aux  précédents,  le  demi- 
encadrement  et  l'initiale  sur  fond  d'or  du  fol.  91  sont  d'un 
autre  style  que  les  autres  ornements  du  manuscrit.  De  plus, 
ici  nous  avons  une  longue  rubrique  écrite  avec  soin:  Lu- 
creciafija  de  Espurio  Lucreçio  e  mujer  de  Colatino  Tar- 
quino Jbrçada  de  Sexto  Tarquino  fijo  del  rey  Tarquino 
dando  ella  logar  contra  su  voluntad  a  lafuerça  solo  por 
ternor    de    la    infamia    por    quanto     Tarquino    segund 


II.    PLATON  11 

amenas aua  dixo  que  degollaria  un  esclauo  e  lo  pornia 
con  ella  de  consuno  en  la  camara,  llamo  al  padre  e  a 
su  marido  e  contoles  el  fecho  e  Jizo  con  ellos  cjue  le 
prometiessen  vengança  del  e  despues  ella  queriendose 
matar,  el  padre  e  el  marido  gelo  estranan  segund  se 
contiene  en  lo  infrascripto.  »  Incipit:  «  O  mi  lucreçia 
non  te  quieras  afligir  nin  atribular.  »  Explicit  :  «  que  por 
si  mesma  se  dio  la  pena  e  tormento  meresçido  por  los  cul- 
pados.  ))  Fol.  92  v°:  Siguesse  la  otra  parte  de  la  déclama- 
çion,  conuiene  saber  la  de  Lucreçia  en  contrario.  Incipit: 
«  0  mi  buen  padre  e  tu  mi  marido  a  mi  mas  caro...  »  Ex- 
plicit: ((  que  ellas  por  causa  mia  entiendan  ser  licito  beuir 
a  mugeres  non  castas.  ))  Fol.  95.  Explicit:  «  Fenesçenlas 
declamaçiones  de  Colluçio  c/tançeller  de  Florençia,  çerca 
de  Lucreçia.  »  —  Ces  deux  discours  ou  déclamations  se 
trouvent  dans  les  manuscrits  et  dans  les  imprimés  fré- 
quemment mêlés  aux  lettres  d'^Eneas  Sylvius,  mais  il  est 
bien  avéré  qu'ils  sont  de  Coluccio  Salutato.  On  a  aussi 
voulu  voir  dans  ces  déclamations  deux  morceaux  de  vieille 
rhétorique  latine,  et  on  les  a  édités  comme  tels;  cf. 
H.  Millier,  Blâclerfùr  das  Bagerische  Ggmnasial  und Real- 
sdiulwesen,  t.  XIV,  p. 371,  mais  cette  attribution  est  restée 
sans  écho.  (Voïgt,  Wiederbelebung  des  classischen  Alter- 
thums,  3e éd.,  Berlin,  1893,  t.  II,  p.  438  et  439,  note  1.) 

L'introduction  de  Pedro  Diaz  de  Toledo  à  la  traduction 
du  Phêdon  est  intéressante  à  divers  points  de  vue  et  mérite 
d'être  reproduite,  la  voici: 

Lntroduçion  del  libro  del  Platon  llamado  Fedron  de  la 
gnmortalidat  del  aima  por  el  clotor  Pedro  Dias  trasladaclo 
e  declarado(l). 

De  la  inmorlalidad  del  ama  diuersos  actores  en  diuersa  manera 
sintieron  e  fablaron.  Caalgunos  de  los  philosophos  quesellamaron 
epicuros  negaron  el  anima  ser  inmortal  e  dixeron  que  muerto  el 
honbre  el  aima  pereçia  e  délia  non  quedaua  sustancia  alguna.  E 
la  opinion  de  aquestos  introduze  Seneca  en  lasesta  tragedia  donde 
introduze  al  coro,  que  si   preguntan   las  animas  de  los  deffuntos 

1.  Nous  empruntons  ce  titre  au  ms.  du  Palais.  2  N.  3.  Dans  le  ms.  de 
la  Bibliot.  Nat.  Reservado  6a  2  ce  prologue  n'a  pas  d'entêté. 


lu?  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

donde  estari,  dize  que  responde,  que  donde  estan  Los  cosas  que 
non  son  naçidas.  Quiere  dczir  que  asy  commo  lo  non  naçido  non 
tiene  ser  nm  sustancia  alguna  que  esso  mesmo  se  dira  de  las 
animas  de  los  deffuntos.   E  dize  que  dizen  aquestos  que  lo  que  se 

dize  comunmente  que  ay  infierno  e  que  se  penan  ende  los  malos, 
que  a  este  dezir  son  nueuas  vanas  semejantes  al  sueîio  que  faze  a] 
honore  cuydoso  por  algnn  mal  que  sono,  e  commo  espierta  non 
falla  cosa  de  que  fcema.  Asy  decir  que  ay  infierno  e  que  se  penan 
ende  los  malos,  aquesto  ponc  miedo  e  espanto.  E  dezian  aquestos 
que  non  ay  tal  eosa.  Aquesta  opinion  introduze  el  sabio  rey  Sa- 
lamon  en  el  libro  del  eclesiasles  suyo,  al  fin  del  tereero  eapitulo, 
donde  dize  que  era  opinion  de  algunos  que  uno  e  esse  mesmo  lin 
es  del  honore  e  de  la  beslia  e  egual  es  la  condition  de  ambos  a  dos. 
Asy  que  estos,  segun  este  dezir,  non  creyan  la  inmortalidad  del 
aima  pues  dezian  que  ygual  era  la  fin  e  muerte  del  honbre  e  de  la 
bestia;  e  commo  el  spiritu  e  anima  de  la  bestia  se  torna  [fol.  2]  en 
nada,  que  asy  faziael  spiritu  del  honbre:  lo  quai  ningunocrea  que 
f  ue  de  entinçion  del  dicho  rey  Salamon,  segun  escriue  sobre  la  dicha 
abtoridad  maestre  Nicholao  de  Lira,  e  paresçe  por  fin  del  dicho 
libro  eclesiastes  donde  dize  que  Dios  ha  de  traer  a  todo  honbre  a 
juyzio  por  las  cosas  que  fara,  lo  quai  non  podria  ser  sy  el  anima 
non  fuesse  inmortal.  De  aquesta  peruersa  e  danada  opinion  eran 
los  Saduceos,  los  quales,  por  que  creyan  que  las  animas  non  eran 
inmortales,  negauan  la  resurreçion,  segun  que  se  escriue  en  el  acto 
de  los  apostoles,en  los  veynte  e  quatro  capilulos. 

Otros  philosophos  fueron  que  se  llamaron  peripateticos,  el  cab- 
dillo  e  maestro  de  los  quales  fue  Aristoliles.  El  quai  en  su  philo- 
sophia  natural  nin  moral  non  fablo  cosa  çerca  de  la  inmorialidad 
del  anima  abiertamente,  caso  que  algunos  doctores  lo  quieran 
concluyr  de  algunos  dichos  suyos  en  los  libros  que  compuso  del 
anima.  Otros  philosophos  ouo  que  se  lamaron  Stoycos,  el  maestro  e 
el  cabdillo  de  aquestos  fue  Platon.  El  quai,  mas  que  otro  philosopho 
alguno,  afirmo  el  anima  ser  inmortal,  e  las  animas  de  los  bucnos  e 
virtuosos  auer  galardon  en  el  otro  muudo,  e  las  animas  de  los 
malos  auer  pena.  E  para  mostrar  abiertamente  aquesto  introduze  a 
su  maestro  Socrates  en  aqueste  libro  que  disputa  con  sus  disei* 
pulos.  En  persona  del  quai  Socrates,  Plato,  por  discurso  e  manera 
de  dialogo,  prueua  el  anima  del  honbre  ser  inmortal  por  muchas 
razones  e  prueuas  assaz  conjecturales. 

E  caso  quenon  llegue  del  todo  a  la  verdad  de  nuestra  fe,  es  mucho 
de  marauillar  que  honbre  philosopho,  sin  fe,  solamente  atraydo 
porlarazon  e  lunbre  natural,  viniesse  en  tan  grant  conocimiento. 
Aquesto  pu  [fol  .3]  do  ser  que  lo  aya  causado,  por  que,  commo  dize  sant 


II.    PLATON  13 

Geronimoen  la  epistola  que  se  intitula  a  Pauline,  la  quai  se  pone 
por  prologo  de  la  bliblia,   Plato  descendio  en  Egipto  por  verlos 
libros  de  la  ley  e  de  los  prophetas,  los  quales  vido  e  pudo   ser  que 
informado  delà  sacra  escritura  fue  induzido  a  fablar  del  anima  mas 
verdadera  e  catholicamente  que  otro  philosopho  alguno.  Algunos 
dizen,  la  opinion  de  los  quales  introduze  Macrobio,  sobre  el  sueno 
de  Sçipion,  que  uno  que  se  llamo  Feres  Panfilus,  del  quai  fabla 
Valerio  en  el  libro  primero  en  el   titulo  de   los  miraglos,  el  quai 
dize  que   murio  en  una  batalla,  e  que  estouo  muerlo   diez   dias 
apa[r]tada  el  anima  ciel  cuerpo,  que  despues  ressuçito  e  que  reuelo 
muchas  cosas   del  otro    mundo,  en  espeçial   de   la  inmortalidad 
de  las  animas,  e  que  de  aqueste   honbre  ressuçitado  houo  Plato  el 
fundamento  e  doctrina  que  en  aqueste  libro  introduze.  De  aquesta 
opinion   fue  Tulio,  el   quai,    segun    dize  el  dicho  Macrobio,  por 
postrimera  de   todas   sus  obras  e   libros  escriuio  el  dicho  sueno 
de  Sçipion,  donde   introduze  a  Scipion  el  asyano  [sic)  e  a  otros 
grandes  e  virtuosos  honbres  fingiendo   que  aparescieron  despues 
de  la  muerte  e  dixeron  de  los  premios  e  galardones  que  las  animas 
de  los  virtuosos  honbres  han  e  tienen  en  el  cielo  e  las  penas  que 
los  malos  padecen.  Aquesta  opinion  esso  mesmo  introduze   Ver- 
gilio  en  el  sexto  libro  de  los  enoydos  donde  escriue  quando  Eneas 
vino  a  los  canpos  elisios,  que  son  los  canpos  de  Parayso,  e  fallo 
ende  a  Anchises  su  padre  e  a  los  olros  mayores   e   antecessores 
suyos.    E  de  aquesta  opinion  fueron  todos  los  philosophos  que  se 
llamaron    stoycos.    La  quai  opinion    es   grand   confirmacion  de 
nuestra[fol.  4]  santa  fe  e  confussionde  losmalcreyentes:  que  sy  el 
dicho  philosopho  e  Plato  e   todo  los  otros  sequaces  e  discipulos 
suyos,  atraydos  solamente  por  razon  e  lunbre  natural,  creyeron  e 
conoçieron  que  las   animas  eran   inmortales  e  que   muertos   los 
honbres  avrian  premio  las  animas    de  los   buenos  e  gloria,   e  las 
animas  de  los  malos  padeçerian  penas  crudas    e  sin  fin,  mas  son 
obligados  a  lo  créer  los  que  allende  de  la  razon  e  lunbre  natural  son 
informados  de  la  ley  que  Dios  dio  e  publico  asy  por  Moysen  e  por 
los  otros  santos  prophetas  como  por   los  sermones  e  doctrina  que 
nuestro  saluador  Dios  e  honbre  por  sy  mismo  en  persona  preclico  e 
demost.ro  con  grand  razon.  Pues  Leonardo  de  Areçio  clocto  e  sabio 
honbre   en    las  letras  griegas   se  trabajo  a  traduzir  en  nuestros 
tienpos  del  griego  en  la  lengualatina  aqueste  libro  llamado  Fedron. 
Del    quai,    caso   que  santo  Agostin  e  los  otros   santos   doctores 
fazian  mençion  del  en  grand  reuerençia  e  actoridad,  mas  non  se 
fallaua  traduzido   en  la  lengua  latina.  E  por  un  precioso  don  lo 
remitio  al  papa  Inoçençio  septimo  segun   que  el  dize  en  su  intro- 
ducion. 


14  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Muy  docto  c  muy  generoso  seûor,  a  quien  los  negoçios  non  han 
fuerça  nin  vigor  de  enbargar  nin  inpedir  el  oçio  de  mestro estudio, 
por  recreaçion  de  los  trabajos  corporales  vuestros,  me  dispuse  a 
traduzir  en  nuestro  vulgar  castellano,  aqueste  libro  de  Platon  11a- 
niado  Fedron  e  lo  remitir  a  la  sabia  discreçion  vueslra,  por  que 
allende  de  los  catholieos  aetores  que  auedes  lcydo  c  leedes,  leades 
aqueste  philosofo  gentil.  E  vuestro  spiritu  generoso  se  anime  e  es- 
fuerçe  a  conportar  trabajos  e  peligros  corporales  en  actos  e  exer- 
çicios  virtuosos.  Por  que  el  anima  se  delibre  e  desenbargue  a 
cntender  en  si  mesma  e  entendiendo  en  si  enten  [fol.  5]  dera  en  quien 
lacrio  e  redimio  e  la  ha  desaluar.  Verclades  que  la  magestad  de  la 
fabla  que  el  dicho  Plato  touo  en  el  griego  non  pienso  que  se  pudo 
guardar  por  Leonardo,  en  la  dicha  traducion  que  fizo,  segund  que 
sant  Geronimo  dize  en  un  prologo  de  labliblia  escusandose  que  el 
non  podria  traduzir  la  sacra  escriptura  de  ebrayco  en  latin  con 
aquella  magestad  cle  eloquençia  edulçor  de  fablar  que  en  el  propio 
lenguaje  la  Sacra  escriptura  ténia.  E  por  consiguiente  menos  podre 
yo  guardar  en  aquesta  mi  inclocta  rude  traducion  la  élégante  c  cu- 
riosa  manera  de  fablar  en  la  quai  Leonardo  el  clicho  libro  traduxo 
en  la  lengua  latina,  asy  por  la  magestad  del  fablar  de  Platon  e  de 
las  ylustres  sentençias  suyas  corarao  porque  non  se  sy  muchas  de 
sus  razones  se  pueden  bien  aplicar  al  nuestro  vulgar  castellano.  E 
caso  que  de  muchos  philosophos  se  diga  que  touieron  ardua  e  sin- 
gular  manera  en  fablar,  solamente  de  Plato,  segund  escriue  Plu- 
tarco,  se  dize  que  en  su  fabla  non  era  menor  que  el  dios  Jupiter. 
Ë  bien  se  mostro  en  su  nasçimiento  quien  auia  de  ser  aqueste  phi- 
losopho  Plato,  que  segund  escriue  Valerio  en  el  libro  primero  en  el 
titulo  cle  las  pronosticaçiones,  que  seyendo  nino  Plato  estando  en 
la  cuna  las  abejas  vinieron  a  fazer  panai  de  miel  en  su  boca,  de  lo 
quai  toclos  los  sabios  prenosticaron  que  aquel  nino  hauia  de  ser 
muy  suaue  e  clulce  en  su  fabla.  Asy  mesmo  se  escriue  en  el 
Policrato,  en  el  libro  primero  en  el  capitulo  dezisiete,  que  dur- 
ïniendo  Socrates  en  Academia  vido  en  sueno  que  del  ara  del 
tenplo  cle  Venus  le  ofreseian  un  çisne  que  su  cuello  llegaua  al 
çielo  e  con  su  rostro  tocaua  a  las  estrellas  e  que  trasçendia  el'mirar 
de  todo  honbre  e  que  cantaua  tan  du[l] cémente  que  a  todo  el 
mundo  ponia  en  plazer  e  en  alegria.  E  dize  que  al  syguiente  dia 
Ariston  padre  de  Plato  traxo  e  presento  a  Socrates  a  su  fijo  Plato 
cle  pequena  hedad  paraquele  enseiïase  e  mostrasse  las  çiençias  que 
sabia.  E  dize  que  como  Socrates  vido  al  moço  e  acato  su  dis- 
posiçion  que  dixo:  ciertamente  aqueste  es  el  cisne  que  yo  vi  en 
suefios  que  me  ofrecian  del  ara  del  tenplo  de  Venus,  de  las  quales 
prenosticaciones  se  conjectura  bien  quien  fue  Plato  en  su  fablar  e 


II.    PLATON  15 

cognosçese  euidentemente  por  las  sentençias  suyas.  Pues  dexemos 
ya  de  prolongar  mas  la  fabla  e  entendamos  eu  la  traduçion  del 
dicho  libro  de  Platon  llamado  Fedron(l). 

1.  Ce  prologue  a  été  récemment  inséré  par  D.  Adolfo  Bonilla  y  San 
Martin  dans  les  préliminaires  dont  il  fait  précéder  sa  traduction  de 
Ylon  publiée  à  Madrid  (1901),  sous  le  pseudonyme  de  Afanto  Ucalego. 
Pour  YAxiocus,  traduit  par  le  même  Pedro  Diaz  de  Toledo,  voyez  la 
notice  XLIX. 


*  III 


THUCYDIDE 

(Osuna:  Plut.ILit.  N,  n°15  ;  Rocam.  n°19;  Bibliot.  Nat.  Madrid,  Ii-68). 

1.  Thucydide,  Discours  tirés  de  V Histoire  de  la  guerre  du 
Péloponèse.  2.  Guido  de  Colonna,  Histoire  de  Troie 
(extraits) .  En  aragonais. 

Ce  manuscrit  comprend  194  feuillets  de  vélin  plus  1  feuil- 
let blanc  au  commencement  et  2  à  la  fin,  non  folioté,  écrit 
à  deux  colonnes,  réglé  à  30  lignes,  minuscule  gothique  de 
la  seconde  motié  du  XIVe  siècle.  Format  420  x  300  mm. 
Ce  manuscrit  est  doré  sur  tranches.  Le  fol.  1  est  orné  d'un 
demi-encadrement  de  style  français.  Le  Thucydide  n'a  ni 
titre,  ni  rubriques,  chaque  discours  commence  par  une  ca- 
pitale de  couleur.  L'  Ystoria  Troyana  porte  un  titre  général 
et  un  entête  à  chaque  chapitre  avec  capitales  ornées  de 
traits  calligraphiques.  La  reliure  en  cuir  sur  plats  de  bois, 
dos  lisse,  est  ornée  de  fins  dessins  de  style  mudéjar;  sur 
les  deux  plats,  aux  quatre  coins,  on  voit  les  heaumes  du 
Marquis  de  Santillane  en  cuir  repoussé  et  au  centre,  sur 
un  écu,  les  armes  dTnigo  Lopez  de  Mendoza  ;  l'écu  du 
plat  inférieur  est  vide.  Au  verso  du  feuillet  de  garde,  on 
lit  en  écriture  du  XVe  siècle  :  Oraciones  de  Griegos  e 
Troyanos. 

I.  Fol.  1.  Incipit  :  «  Senyores  la  embaxada  comesaa  uoso- 
tros(l)  por  los  Athenienos  no  era  ni  es  de  responder  ni  con- 
trastar  a  las  présentes  proposiciones  plantas  e  querellas  de 
vuestras  amistades  mas  por  otras  cosas...  »  etc.  Fol.  69  v°. 
Explicit: 

«  et  los  Athenienos  por  leuar  de  aquesti  caymiento  el 
grant  poder  de  nuestra   ciudat  son  los   honbres.  Et  no  los 

le  Corrig.  nosotroSt 


III.   THUCYDIDE  17 

grandes  muros  desiertos  nilos  lenyos  buytos.  »Ces  soixante- 
neuf  premiers  feuillets  contiennent  une  traduction  arago- 
naisedes  discours  de  Y Histoire  de  la  guerre  du  Pêloponèse 
de  Thucydide.  Comme  nous  l'avons  indiqué  ci-dessus,  ces 
discours  n'ont  pas  de  rubriques.  Les  voici  dans  Tordre  où 
les  donne  le  ms.  Ii-68  qui  d'ailleurs  respecte  Tordre  de 
Thistorien  grec  : 

Livre  I  : 
Chap.  VIII  :  Discours  des  ambassadeurs  d'Athènes  au  sénat 
de  Lacédémone. 
IX  :  Discours    du    roi    Archidamus    aux  Lacéclé- 
moniens  contre  la  guerre. 

X  :  Discours    d'Esténelcide  qui  décide  la   guerre 

contre  Athènes. 
XIII  :  Discours   et    proposition  des    Corinthiens  au 

sénat  de  Lacédémone. 
XVII:  Discours  de  Périclès  au  sénat  d'Athènes. 
Livre  II  : 
Chap.    III  :  Discours  d' Archidamus,  roi  de  Sparte,  aux  La- 
cédémoniens  pour  la  guerre. 
IV  :  Discours  de  Périclès  aux  Athéniens. 
VII  :  Discours  de  Périclès  en  l'honneur  des  morts. 

IX  :  Discours  de  Périclès  au  peuple  d'Athènes. 
XVI  :  Discours  de  Formion,  capitaine  des  Athéniens. 
Livre  III  : 
Chap.     II  :  Discours  des  gens  de  Mitylène. 

V  :  Discours  de  Teutiaple  d'Élée  à  ses  compagnons. 
VI  :  Discours  de  Cléon  au  sénat  d'Athènes. 

VII  :  Réponse  de  Diodote  à  Cléon. 

IX  :  Défense  des  Platéens  devant  les  juges  de  Lacé- 
démone. 
X  :  Discours  des  Thébains  contre  les  Platéens. 
Livre  IV  : 
Chap.       I  :  Discours  de  Démosthène  aux  Athéniens. 

II  :  Discours   des   Lacédomoniens  aux  Athéniens 
demandant  la  paix. 

VIII  :  Discours  d'Hermocrates  de   Syracuse  aux  Si- 

ciliens. 

XI  :  Discours  de  Brasidas  aux  Acanthiens. 

2 


18  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

XI  :  Discours  de  Pagondas  aux  Béotiens . 
XII:  Harangue  d'Hippocrate  aux  Athéniens. 
XVII  :  Discours  de  Brasidas  aux   troupes  du  Pélopo- 
nèse. 
Livre  V  : 
Chap.      II  :  Discours  deBrasidasaux  troupes  du  Péloponèse. 

Livre  VI  : 
Chap.     III  :  Discours  de  Nicias  devant  le  sénat  et  le  peuple 
d'Athènes. 
IV  :  Discours  d'Alcibiade    aux  Athéniens. 
V:  Discours  de  Nicias  aux  Athéniens. 
VII  :  Discours  d'Hermocrate  au  sénat  de  Syracuse. 
VIII  :  Discours  d'Athénagore  aux  Syracusains. 
XII  :  Harangue  de  Nicias  aux  Athéniens. 

XIII  :  Discours  d'Hermocrate  aux  Syracusains. 

XIV  :  Discours  d'Hermocrate  aux  Camarinéens . 

XV  :  Discours  d'Euphémus,  député   d'Athènes,  aux 

Camarinéens. 
XVI:  Discours  d'Alcibiade  aux  Lacédémoniens. 
Livre  VII  : 
Chap.  XI  :  Discours  de  Nicias  aux  Athéniens. 

XII  :  Discours  de  Gylippe  aux  Syracusains. 
XIII  :  Discours  de  Nicias  aux  Athéniens . 
II.  Fol.  70  blanc.  Fol.  71,  capitale  en  or  et  couleurs,  avec 
répétition  de  l'encadrement  du  fol.  1.  Rubrique  : 

Aqui  comiencan  las  oraciones  et  arenguas  de  laystoria 
troyana  asi  de  consellos  como  de  conueniencias  et  traita- 
mientos  hauidos  entre  los  griegos  et  los  Troyanos  et  otras 
nactones  que  incidentalment  tocaron  a  la  dicha  ystoria. 
Rubrica. 

Texte  :  «  Siguese  la  primera  oracion  pora  elitendimiento 
de  la  quai  vos  deuedes  presuponer  que  Jason  fue  fillo 
de  Heson  el  quai  Heson  seyendo  agrauado...  »  Fol.  94, 
col.  B.  Explicit  :  «  por  do  milïor  pueda  seyer  recomen- 
dada  a  la  memoria.  Explicit  Deo  gracias.  » 

Cet  extrait  de  la  Historia  troyana  d'après  Guydo  de 
Columna,  que  le  traducteur  appelle  Hugo  de  Colupnis,  est, 
comme  l'ouvrage  antérieur,  écrit  en  aragonais. 

A  première  vue,  on  reconnaît  dans  ce  manuscrit  tous  les 


III.    THUCYDIDE  19 

caractères  distinctifs  des  volumes  exécutés  par  ordre  et  par  les 
soins  de  Juan  Fernândez  de  Heredia  grand  maître  de  l'Ordre 
de  Saint- Jean-de- Jérusalem.  Il  est  vrai  que  nous  ne  trou- 
vons dans   cet  ouvrage  ni  les  armes,  ni  le  portrait  dont  le 
grand  maître  aimait  à  orner  les  livres  écrits  sous  ses  auspices, 
mais  laphysionomie  des  manuscrits  cTe  cette  provenance  est  si 
particulière  qu'on  ne  peut  s'y  tromper.  D'ailleurs,  l'ornemen- 
tation du  premier  des  deux  ouvrages  contenus  dans  le  Ii-68  n'a 
pas  été  finie,  et  c'est  précisément  dans  l'espace  compris  entre 
l'encadrement  et  le  texte  que  les  miniaturistes  mettaient, 
dans  une  grande  capitale  carrée,  le  portrait  du  grand  maître. 
Les  encadrements,  le  vélin,  le  format,  l'écriture  (une  mi- 
nuscule gothique  grande  et  droite),  la  réglure,  les  colonnes, 
tous  les  signes  extérieurs  frappent  par  leur  identité,  lors- 
qu'on compare  le  Ii-68  aux  manuscrits  de  la  fameuse  Chro- 
nique  de  Heredia.   Les  caractères  internes  sont  tout  aussi 
significatifs.  D'abord,  la  langue  aragonaise  commune  à  tous 
les  livres  de  Juan  Fernândez,  puis  le  contenu  du  manuscrit, 
le  choix  des  œuvres  qui  révèle,  une  fois  de  plus,  la  constante 
préoccupation  du  grand  maître  de  Saint-Jean-de-Jérusalem, 
dont  l'esprit,  toujours  tourné  vers  la  Morée,  tâchait,  par  tous 
les  moyens  possibles,  d'éveiller  pour  la  Grèce  l'intérêt  de  ses 
contemporains  et  d'apprendre,  le  mieux  qu'il  pouvait,  les 
choses  de  ce  pays.  Il  avait  fait  traduire  les  Vies  de  Plutarque 
pour  connaître  la  biographie  des  Grecs  illustres,  il  fit  tra- 
duire Thucydide  pour  connaître  les  discours  des  grands  capi- 
taines et  des  grands  orateurs  dont  il  savait  la  vie.  La  manière 
dont   ce  volume  est  composé  prouve   combien  l'esprit  de 
Heredia  était  à  la  fois  curieux   et  actif.  Il   n'avait  pas   le 
temps  de  s'attarder  aux  longues  lectures,  et  c'est  sans  doute 
pourquoi  il  fit  traduire,  de  Thucydide  et  àeY  Histoire  de  Troie, 
les  discours  qui  résument    les  situations  et  contiennent  la 
substance  de  ces  livres. 

Ce  manuscrit  de  Heredia  est,,  nous  l'avons  vu,  relié  avec  les 
heaumes  et  les  armes  clu  Marquis  de  Santillane  sur  les  plats. 
Ceci  nous  prouve,  et  c'est  important,  que  le  Marquis  a  eu  con- 
naissance des  travaux  humanistiques  exécutés  sous  tes  aus- 
pices du  grand  maître  et  qu'il  apu  acquérir  des  manuscrits  de 
cette  provenance.  En  efEet,  maintenant  que  nous  avons  trouvé 
un  manuscrit  Heredia  sous  la  reliure  de  Santillane,  il  n'y  a 


20  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

plus  de  raison  pour  douter  que  le  Marquis  n'ait  possédé  tous 
les  manuscrits  du  grand  maître  conservés  dans  la  biblio- 
thèque Osuna.  Amador  de  los  Rios  (Obras  del  marqués  de 

Santillana,  p.  609  ne  s'est  même  pas  douté  de  l'existence  des 
discours  de  Thucydide,  et  il  ne  mentionne  pas  les  extraits  de 
l' Historia  trogana  en  parlant  des  autres  manuscrits  de  cet 
ouvrage.  Pourquoi  Santillane  a-t-il  l'ait  relier  ce  manuscrit 
et  non  pas  les  autres  de  même  provenance  ?  C'est  que  les 
autres,  comme  nous  le  verrons  plus  loin,  portaient  des 
signes  de  propriété  qu'il  eût  été  difficile  de  faire  disparaître 
sans  abîmer  le  livre. 

Comme  le  fait  remarquer  M.  Morel-Fatio,dans  la  préface 
de  son  édition  de  la  Cronica  de  Morea  (Orient  latin, 
1885;,  les  textes  aragonais  publiés  sont  encore  peu  nombreux, 
c'est  pourquoi  nous  donnons  ici  un  extrait  de  chacun  des 
deux  ouvrages  contenus  dans  notre  manuscrit.  Comme 
pour  les  Vies  de  Plutarque,  la  traduction  a  dû  être  faite  sur 
le  grec  directement,  puisque  ce  n'est  qu'en  1452  que  Laurent 
Valla  remit  au  pape  Nicolas  V  la  première  traduction  la- 
tine de  Thucydide  (Cf.  Voigt,  Widerbel.  d.  class.  Alter- 
thums,  3e  édit.,  Berlin,  1893,  t.  II,  p.  184). 

Comme  pour  les  Vies  de  Plutarque  l'auteur  de  la  version 
de  Thucydide  a  sans  doute  été  le  filosajb  greco  chiamato 
Domitri  Talodiqui,  dont  nous  parlent  tous  les  manuscrits 
de  la  version  italienne  des  Vies  de  Plutarque  faite  sur 
l'aragonais.  A  quelle  époque  furent  traduits  ces  discours 
tirés  de  Thucydide?  Nous  ne  pouvons  le  dire.  Par  une 
lettre  de  Jean  Ier  d'Aragon  au  grand  maître  Juan  Fer- 
nândez  de  Heredia  nous  savons  qu'en  1384  ce  dernier  avait 
auprès  de  lui  à  Avignon  un  philosophe  grec  qui  lui  tradui- 
sait ses  livres.  Voici  les  termes  mêmes  de  la  lettre  royale  : 
Otrossi  hauemos  entendido  que  vos  hauedes  aqui  un  filosqffo 
de  Grecia  qui  vos  translada  libros  degrech  en  nuestra  len- 
gua.M.  Antonio  Rubiô  y  Lluch(l)  admet,  sans  hésitation,  que 
le  filoso/Jb  de  Grecia,  dont  parle  Jean  Ier,  est  lefîlosctfo greco 
des  manuscrits  italiens,  à  savoir  Domitri  Talodiqui,  qui  aurait 
ainsi  suivi  le  grand  maître  de  l'Ordre  de  Saint-  Jean-de-Jéru- 


1.  Homenaje  à  Menèndczy  Pelayo,  t.  II.  La  Icngua  y  la  cultura  cata- 
lanes en  Grecia,  p.  111. 


III.    THUCYDIDE  21 

salem  de  Rhodes  à  Avignon.  Cela  est  fort  probable  en  effet, 
mais  les  données  dont  nous  disposons  ne  nous  permettent 
pas  encore  de  rétablir  absolument.  Nous  savons,  grâce  aux 
rubriques  des  manuscrits  du  Plutarque  italien  (1),  que  ce 
texte,  traduit  de  grec  ancien  en  grec  moderne  par  Talodiqui, 
fut  retraduit  de  grec  moderne  en  aragonais  par  unclominicain 
resté  anonyme,  dont  on  nous  dit  seulement  qu'il  était  versé 
dans  les  sciences,  instruit  en  langues  et  bon  historien,  et 
qu'il  fut  évêquede  Tudernopoli  (on  trouve  aussi  les  formes 
Ludernopoli ',  Ludervopoli,  Andrinopoli)  (2). 

Les  discours  tirés  de  Thucydide  ont-ils  aussi  passé  par 
le  grec  moderne  avant  d'être  traduits  en  aragonais  ?  Rubiô 
y  Lluch,  se  fondant  sur  les  mots  fie  grech  en  nuestralengua 
de  la  lettre  de  Jean  Ior  d'Aragon,  croit  que  le  traducteur  grec 
savait' l'aragonais.  Il  est  certain  qu'à  l'époque  où  Talodiqui 
fit  en  grec  moderne,  et  à  Rhodes,  la  version  des  Vies  de  Plu- 
tarque, il  ne  savait  pas  l'aragonais.  L'a-t-il  appris  par  la 
suite,  et,  s'il  l'a  appris,  le  sut-il  jamais  assez  bien  pour  tra- 
duire en  cette  langue  des  œuvres  difficiles,  et  put-il  jamais 
se  passer  de  Têvéque  de  Tudernopoli  ou  de  tout  autre  colla- 
borateur ? 

Rubiô  y  Lluch,  clans  son  article  consacré  à  la  lengua  y  la 
cultura  catalanas  en  Gracia  en  cl  siglo  XIV  [Homenaje  ci 
Menêndes  y  Pelayo,  t.  II,  p.  119),  publie  une  lettre  latine 


1.  Citons,  pour  donner  un  exemple  de  ces  rubriques,  celle  du  ma- 
nuscrit 1568  de  la  Bibliot.  Riccardi  de  Florence  :  ms.  du  XVe  siècle, 
fol.  4  : 

Quicomincia  la  cronichadi  Plutarcho,  laquelle  fue  traslatata  di 
graniaticha  gregha  in  uolgare  r/reco  in  Rodi  per  uno  filosafo  greco 
chiatnato  Domitri  Talodiqui,  e  di  groco  fu  traslatata  in  aragonese 
per  uno  frate  predlchatore  ueschouo  di  Tudernopoli.  molto  sofficiente 
grecho  e  ckericho  in  diuerse  iscienzie  e  grande  istoriogrqfo  c  sperto  in 
diuerse  long/tue,  per  eoniandamcnto  del  molto  riuerente  in  Christo 
padre esingniore  messere  frate  Giouanni  di  Chetedra  (sic)  perla  gracia 
di  Dio  maestro  e  singniore  dello  ispedale  di  Santo  Giouanni  di  Gie- 
rusalem  la,  quale  cronicha,  etc.  Cf.  Morpurgo,  Cal.  des  mms.  de  la 
Bibliot.  Riccardi,  vol.  I,  fasc.  7,  nns  1567  et  1568.  Voyez  aussi  pour 
ces  rubriques  Bandini,  t.  V,  pour  les  mms.  de  la  Laurentienne, 
et  celui  qui  provient  de  Santa-Croce  et  se  conserve  également  à  la  Lau- 
rentienne. 

2.  Quétif  et  Echard,  Scriptores,  t.  II,  p.  994, 


22  BIBLIOTHÈQUE    Dl      MARQUIS    DE    S.WMLLAM. 

écrite  par  le  roi  Jean  Ier  d'Aragon  le  24  mars  1396,  où  il 
exprime  aux  prieurs  de  l'Ordre  de  Saint-Jean  on  Aquitaine, 
en  Auvergne,  à  Toulouse  cl  à  Saint-Gilles,  son  regret  de  la 
mort  du  grand  maître  Juan  Fernande/  de  Heredia,  et  où  il 

les  prie  de  lui  faire  tenir  les  livres  que  celui-ci  possédait,  à 
savoir:  les  Vies  de  Plutarque,  la  Grant  Crônica  de  Es- 
pant/a,  la  Crônica  de  Morea  et  la  Grant  Crônica  de  los 
conqueri  dores. 


Livre  II,  chapitre  IX:  Discours  de  Periclès  au  peuple  d'Athènes. 

(FoM9v°)  Apleguados  los  AthenienosPericles  se  metioenmedio 
et  dixo  :  O  Athenienos  ya  sabia  yo  antes  que  séria  blasmado,  por  la 
quai  cosa  vos  he  fecho  apleguar  aqui  por  recordar  vos  et  encara  re- 
prender  vos  porque  ni  a  mi  blasmades  justament  ni  soes  paçientes 
en  la  aduersidat  car  yo  pienso  que  quando  prospéra  la  çiudat  mas 
leugerament  podrie  ayudar  a  cascun  de  sus  çiudadanos  ;  si  es 
aduersidat  en  que  no  podrie  cada  un  çiudadano  prosperando  ayu- 
dar a  su  çiudat  quando  veniese  de  toto  en  aduersidat  ;  si  la  cornu- 
nidat  prospéra  et  la  çiudat  viene  a  menos  o  alguno  de  sus  çiuda- 
danos no  se  désespéra  seyendo  ayudado  de  su  tierra  pues  la  çiudat 
puede  portar  la  aduersidat  de  cada  uno  et  uno  solo  no  puede  sup- 
portar  la  aduersidat  de  la  çiudat  porque  es  conuenible  cosa  que 
sea  ayudada  de  todos  mas  todos  vosotros  et  cada  uno  seyendo 
vencido  de  su  proprio  dolor  aues  abandonado  vuestro  comun  sal- 
uamiento.  Et  yo  so  represo  porque  vos  conselle  la  empresa  de 
aquesta  guerra  et  encara  reprendes  vuestras  proprias  personas 
pues  que  todos  fuestes  en  la  congreguacion  et  consentimiento  del 
dicho  (fol.  20)  consello.  Et  agora  blasmades  a  mi  que  si  huuies 
conoscido  la  inconueniençia  la  auria  magnifestada  a  la  congre- 
guacion como  aquel  que  amo  el  bien  de  mi  tierra  et  no  me  cor- 
rumpo  por  moneda  porque  qui  sabe  et  siente  el  prouecho  et  no  lo 
dize  a  sus  çiudadanos  tanto  vale  como  si  no  se  auisas  ni  lo  sopies 
et  qui  lo  siente  et  lo  dize  si  no  ama  de  buen  coraçon  su  tierra  bien 
lo  dira  mas  no  como  se  deue  dir  et  si  por  ventura  lo  dira  como  se 
deue  si  es  cobdicioso  de  moneda  sus  virtudes  no  valen  ren  la[s]  quales 
virtudes  no  vos  deuen  semblar  que  yo  las  aya  et  pues  que  fuestes 
contentos  del  consello  que  vos  di  sobre  aquesta  guerra  no  me  deues 
agora  inculpar  ni  blasmar.  Porque  grant  follia  vos  série  si  entra  - 
sedes  en  esta  guerra  que  neçessario  no  vos  fues  mas  necessario 
era  que  una  de  dos  cosas  se  fizies  que  nos  diusmetiesemos  a  la 
senyoria  de  nuestros  enemigos  o  por  fuerça  de  batalla  saliesemos 


III.    THUCYDIDE  23 

fuerra  de  lur  subiecion  et  senyoria.  Aquel  deue  seyr  inculpado  et 
represo  que  squiua  la  guerra  mas  no  qui  la  mantiene.  Et  quanto 
yo  so  de  una  opinion  que  no  la  esquiue  ni  la  tire  açagua.  Mas 
vosotros  aues  mudado  consello  et  entençion  porque  no  lo  ymagi- 
nastes  quando  no  auiedes  nenguna  tribulaçion  et  agora  que  aues 
ouido  passion  vos  arepentides  et  dezides  que  mi  consello  no  era 
bueno  no  por  otra  cosa  sino  por  la  inconstançia  de  coraçon  et  pen- 
samiento,  mas  el  çaguero  aduenimiento  de  prouecho  eneara  no  es 
magnifiesto  a  todos,  afflaqueçiendo  (fol.  20  v°)  vos  assi  grandament 
por  poca  cosa  que  no  podes  sofrir  nenguna  cosa  segunt  la  animo- 
sidat  que  mostrauades  en  el  prinçipio  et  es  verdat  que  el  sfuerço 
humilia  todas  las  cosas  que  auienen  subitament  speçialment  si  es 
cosa  inrazonable  como  es  stada  aquesta  pestilencia  empero  segunt 
la  grandeza  et  fuerça  de  nuestra  çiudat  la  quai  es  grande  et  pode- 
rosa  et  husada  en  los  tiempos  passados  a  prosperidades  et  a  tribu- 
lationes  nos  conuiene  agora  sofrir  la  aduersidat  et  las  cosas  graues 
por  tal  que  nuestra  flaqueza  no  fagua  perder  la  dignidat  de  nuestra 
çiudat  de  que  se  nos  sigue  en  luguar  de  antiguo  honor  nueuo 
blasmo  porque  los  honores  egualment  iudguan  a  blasmar  un  çiu- 
dadano  de  una  famosa  çiudat  que  por  su  pusilaminidat  se  muestra 
cohart  etaquellos  que  se  tienen  no  deuidament  sino  son  de  famosa 
çiudat  porque  daqui  auant  cada  uno  deue  dexar  su  propria  tribu- 
laçioYi  et  dolor  et  dar  buena  diligençia  en  nuestro  comun  salua- 
miento.  Et  si  vos  dubdaes  que  la  guerra  sera  tropluengua  et  no  lo 
podres  durar  ya  vos  he  dicho  que  no  lo  pensaes  bien  porque  vos 
quiero  dezir  una  cosa  que  iamas  no  la  huystes  la  quai  no  dixe 
alcomençamiento  ni  la  diria  agora  porque  sembla  grant  loor,  sino 
porque  vos  veo  de  todo  smagnados  et  fuera  de  virtut  :  vosotros 
ymaginades  que  no  senyoreades  otra  cosa  sino  aquellosque  auedes 
en  vuestra  ligua  et  amistad,  mas  yo  vos  mostrare  que  de  las  cosas 
que  son  mayores  et  mas  neçessarias  en  esti  mundo  son  assaber 
(fol.  21)  :  el  mar  et  la  tierra,  senyoreades  la  una  de  todo  aquesta 
es  la  mar  porque  no  ya  (sic)  emperador  ni  ninguna  otra  gente  que 
sea  sufiçient  a  resistir  nuestra  fuerça  marina  porque  a  conpara- 
cion  de  asi  grant  poder  no  es  res  lo  que  pensaes  auer  perdido  en 
casas  et  en  possessiones  et  mostraes  que  sodés  defechos  por  aquesta 
perdida  assi  que  no  fecha  mençion  de  taies  perduas  deues  auer  en 
memoria  que  si  seredes  diligentes  a  saluar  la  libertat  de  vuestra 
çiudat  reaquistaredes  con  honor  lo  que  aues  perdido.  Et  si  vos  dius- 
metedes  a  otri  con  el  vituperio  que  aduze  la  subiecçion  perdres 
eneara  aquello  que  auedes  pues  no  vos  querades  mostrar,  en 
aquestas  dos  cosas,  menores  de  honor  que  vuestros  parientes  los 
quales  lo  conquistaron  con  grant  treballo  de  lurs  personas  en  las 


24  niBLIOTHKQUK   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

neçessidades.  Et  saluandolo  con  grant  diligencia  lo  dexaron  avoso* 
trospor  heretage  encara  es  mas  desbonor  a  un  honbre  perder  aquello 
ha  que  si  pierde  lo  que  demanda  viniendo  a  menos  de  su  entençion 
porque  no  nos  deuemos  mouer  contra  nuestros  enemigos  no  sola 
ment  con  sperança  mas  encara  menospreçiandolos  car  algunas 
veguadas  el  honbre  temeroso  toma  sperança  quan  viene  en  alguna 
prosperidat  sin  prouedimento  aquel  deue  tnenospreçiar  suenemigd 
que  es  çierto  que  lo  sobrepuya  de  seso  el  quai  seso  se  dize  que 
régna  mas  en  nos  que  en  todos  los  otros  pues  seso  et  despreçio  en- 
semble dan  audaçia  segura  et  la  sperança  es  incierta  de  prospérer  ; 
mas  el  seso  (fol.  21  v°)  no  es  inçierto  porque  no  es  sin  prouedimiento. 
Deues  pues  ayudar  a  la  dignidat  de  vuestra  çiudat  no  queriendo 
fuyr  al  treballo  en  aquesta  cosa,  deues  dar  grant  diligencia  por  tal 
que  en  luguar  de  libertat  no  seades  fechos  sieruos  et  deues  auer 
cura  de  no  perder  la  senyoria  por  la  quai  si  la  perdes  seres  des- 
troydos  de   todo,  et  porque  la    aues  conquistada  tiranescament 
pareçe  injusta  detenerla,  mas   dexarla  es  manifiesto  periglo  et 
los  que  piensan  el  contrario  nolo  piensan  bien,  los  quales  con  lur 
(con  lur)  consello  podrien  liugerament  feruenir(?) los  enemigos  et 
combatir  nuestra  çiudat  encara  aquestos  solos   serien  suffiçientes 
a  destroyrla  si  huuiessen  cabo  de  senyoria  pues  no  seades  enguan- 
yados  de  tal  çiudadano  ni  querades  auer  mala  voluntat  contra  mi 
porque  los  enemigos  han  guastado  lo   que  han  podido  segunt   la 
husança  de  la  guerra  porque  no  vos  quisiestes  subiuguar  a  lur 
senyorya,  vosotros  me  queres  mal  por  razon  de  la  guerra  et  de  la 
enfermedat  a  sinrazon  porque  la  guerra  comunament  la  consin- 
tiestes,  por  la  pestilencia  de  enfermedat  porque  assi  como  si  vos 
fues  venida  alguna  prosperidat  no  auriedes  pensado  que  ende  fues 
stado  causa,  tanpoco  no  deuedes  echar  la  culpa  de  la  enfermedat 
sobre  mi,  masconuiene  nos  de  neçessidat  sofrir  la  disciplina  de  los 
dioses  con  humildat  et  la  fuerça  de  los  enemigos  vigorosament 
car  nuestra  çiudat  es  husada  a  taies  cosas  de  grant  tiempoent'aqua 
et  por  aquesto  es  famosa  porque  no  se  abandona  ni  se  humilia 
(fol.  22)  a  los  contrarios  aduenimientos  de  la  quai  remandra  me- 
moria  perpétua  encara  que  agora  viniesse  ha  menos  porque  natu- 
ralisent todas  las  cosas  del  mundo  vienen  a  menos,  encara  diran 
que  habitamos  la  mas  rica  grant  et  famosa  çiudat  de  la  Elada.  Et 
yo  se  bien  que  a  los  que  plaze  beuir  pacificament  me  reprehendran 
de  lo  que  yo  digo,  mas  qui  es  diligente  et  animoso  lo  loam  et  si 
dezides  que  somos  mal  queridos  aquesto  han  todos  aquellos  que 
aman  senyorear,  car  sabet  çiertament  que  qui   no  abandona  la 
dignidat  por  occasion  de  enuidia  es  bien  consellado  porque  la 
enuidia  no  dura,  mucho  mas  la  dignidat  del  honbre  que  ama  honor 


III.    THUCYDIDE  25 

tara  et  es  perpétuai  a  todos  tiempos.  Pues  considerando  el  honor 
que  auies  après  et  de  quanto  deshonor  seres  f  uera  mostrando  agora 
vuestra  prudencia  et  bondat,  seyet  magnanimosdeconquistar  fama 
et  loor  en  el  tiempo  présent  por  al  tiempo  acluenidero  et  no  queraes 
enuiar  embaxadores  a  los  lacedemonyosni  magnifestar  les  el  dolor 
de  la  passion  sdeuenida  sobre  vos  porque  aquellos  de  los  quales  la 
entencion  no  se  vencedel  dolor  et  son  pacientes  en  las  tribulaçiones 
son  fuertes  a  veriçer  lurs  enemigos. 


Narracion  fecha  por  Uliœes  al  Reij  Idiuneo  de  los  desàùentii- 
rados  casos  esdeiœnidos  a  el  despues  que  se  auia  partido  de  Troya. 

(Fol.  90  vu)  Verdat  es  senyor  Rey  que  despues  que  Troya  fue 
presa  de  la  quai  prision  sin  falta  yo  fuy  una  grant  partida  yo  me 
meti  en  la  mar  con  muchas  naos  mi  as  plenas  et  eargadas  de  mu- 
chas  riquezas  e  con  grant  copia  de  oro  et  de  argent  de  lo  de  los 
Troyanos  et  con  grant  corn  pan  va  de  mis  familiares  et  seruidores. 
Et  primerament  nauegando  por  muchos  dias  prosperament  aplegue 
a  hun  puerto  que  comunment  es  elamado  Mima  et  alli  (y)  deualle 
en  tierra  con  los  mios  por  recrear.  A  do  yo  stuue  segurament  por 
algunos  dias  por  como  non  trobe  ninguno  que  fizies  ningunt  enoyo 
a  mi  nin  a  los  mios.  Et  après  yo  me  parti  del  dicho  puerto  et 
auiendo  buen  viento  vine  al  puerto  elamado  Colbothofagos  et  alli 
semblantment  con  los  mios  estuue  algunos  dias.  Mas  como  los 
mintirosos  et  enguanyosos  vientos  me  mostraron  buen  viento  et 
pacifico,  yo  me  parti  del  dicho  puerto  et  quasi  por  très  dias 
siguientes  yo  nauegue  prosperament,  mas  la  hora  subitament  se 
leuanto  una  tempestat  de  vientos  et  el  ayre  de  sereno  que  era  a  so 
hora  et  se  torno  escuro  et  me  aturmento  con  grant  mortaldat  de 
tempestat  echando  me  agora  aca  agora  alla  nin  sabia  ado  naue- 
gaua  nin  a  quai  part  yua.  Et  final  ment  a  la  eagueria  aquella  tem- 
pestat me  costrinyo  por  fuerca  et  contra  mi  voluntat  de  arribar  en 
Sicilia  a  do  yo  passe  muchos  traballos  et  enoyos.  (Onde  deuedes 
saber  que  en  Sicilia  a  do  yo  passe  muchos  treballos  et  enoyos). 
Onde  deuedes  saber  que  en  Sicilia  eran  dos  hermanos  Reyes  de  los 
quales  el  uno  era  elamado  Sorgon  (sic)  et  el  otro  Cicople.  Aquestos 
dos  reyes  vinieron  contra  mi  et  vidiendo  mis  naos  plenas  de  tantas 
riquezas  metieron  las  por  fuerca  a  robo.  Et  quanto  trobaron  en 
ellas  todo  lo  sacaron  et  lo  aduxieron  con  grant  multitut  de  sus 
caualleros  armados  et  lo  peyor  fue  que  sobreuinieron  dos  fillos 
suyos  caualleros  muyt  strenuos  et  muyt  batallosos  de  los  quales  el 


2(\  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

uno  era  clamado  Alisanet  ellotro  Polifemus.  Aquestofl  corrieron  en 

mis  caualleros  et  mataron  ciento  de  ellos  et  prendieron  a  mi  et  ;i 
Àlfenor  uno  de  mis  companyeros  et  metieron  nos  a  entramos  en 

carcel  en  hun  castillo.  Et  aquesti  Polifemus  auia  una  hermana 
muyt  bella  et  auiendo  la  visto  Alfenor  se  eneendio  en  su  amor.  El 
enlazado  de  su  amor  torno  mucho  sin  seso.  Et  desta  manera  me 
tuuo  ei  dicho  Polifemus  en  Sicilia  preso  por  VI  meses.  Empero 
que  despues  me  fizo  grant  prouecho  et  honrra.  Mas  Alfenor  en 
tanto  metio  su  diligeneia  cerea  de  su  grant  amor  que  de  noche 
el  saco  la  hermana  de  Polifemus  depoderio  de  un  secretario  de  su 
padre  et  la  aduxo  con  sigo,  la  quai  cosa  venida  a  la  noticia  de  los 
suyos  mucho  se  eontristaro.  Por  la  quai  cosa  el  dicho  Polifemus 
aquella  noche  una  otra  vegada  tomo  armas  et  con  muyt  grant 
companya  de  caualleros  corrio  contra  (fol.  191  v°)  mi  et  contra  los 
mios.  Et  los  suyos  recobraron  la  hermana  de  Polifemus  el  quai 
finalment  corrio  contra  mi  et  yo  resistiendo  le  por  me  deffender 
quebre  le  un  ollo  et  la  hora  con  aquellos  mis  companyones  que 
auian  escapado  yo  me  reculli  con  aquellos  mios  en  mis  naues  et  me 
parti  con  ellos  aquella  noche  de  Sicilia.  Et  après  nauegando  dere- 
chament  el  viento  por  fuerca  me  lanco  en  la  isla  Eolides  contra  mi 
voluntat.  Et  en  aquesta  isla  auia  dos  mocas  hermanas  muyt  bellas 
las  quales  eran  senyoras  de  la  dicha  isla  et  eran  huuidas  por  muy 
instruydas  et  ensenyadas  en  la  art  de  la  ingromancia  (sic)  et  de 
los  encantamentes.  Onde  a  qualesquier  mareantes  que  la  fortuna 
echaua  en  aquella  isla  ellas  los  retenian  et  los  trauauan  tan  fuerr- 
ment  non  tan  solament  con  muyt  grant  beldat  como  encara  con 
lurs  magicos  encantamentos  que  los  que  alli  entrauan  non  auian 
speranca  mas  de  poderse  partir  de  aquella  isla  et  todos  los  otros 
cuydados  se  oblidauan  entanto  que  si  algunos  trobauauan  (sic) 
rebelles  a  sus  mandamientos  de  continent  los  transformauan  en 
bestias.  Pues  que  asi  es  la  una  délias  esto  es  aquella  que  mas  ado 
trinadaeraenesta  sçiençiaera  clamada  Circes  et  por  otro  nombre 
encara  Calipsa  asi  que  en  poderio  de  aquestas  dos  me  aduxo  la 
fortuna,  de  las  quales  la  una,  esto  es  Circes  se  embriago  en  mi 
amor  et  me  dio  sus  beurages  et  con  las  celadas  de  sus  encanta 
(fol.  192)  mentes  asi  locament  me  ligo  que  por  hun  anyo  entrego 
non  huue  poderio  de  partir  me  délia  en  el  quai  anyo  ella  se  em- 
prenyo  de  mi  et  concibio  un  fillo  el  quai  despues  que  fue  nascido 
crecio  e  fue  varon  muyt  batalloso.  Mas  yo  meti  cura  et  diligeneia 
en  mi  proposito  como  me  pudiesse  partir,  mas  Circes  fue  por  ende 
mucho  airada  quando  lo  sintio  et  penso  detenerme  con  sus  artes 
magicas,  mas  yo  qui  de  aquella  arte  semblantment  era  bien  adoc 
trinado  con  contrarias  obras  yo  destruy  e  anulle  todos  sus  experi- 


III.    THUCYDIDE  27 

mentos  et  desta  mariera  una  arte  es  enganyada  e  trufada  por  otra 
art  cou  contrarias  operaciones  et  argumentes.  Et  en  tanto  valieron 
effectualment  mis  artes  que  yo  con  mis  conpanyeros  que  alli  eran 
me  parti  de  Circe  la  quai  era  muyt  triste.  Mas  que  me  aprouecho 
aquella  partida  pues  que  era  turbado  el  mar  e  el  viento  me  écho 
enlatierra  de  la  Reyna  Calipsa  la  quai  con  sus  artes  asi  ligo  a  mi 
et  a  los  mios  que  mayor  tiempo  que  yo  non  quisierame  detuuo  con- 
sigo.  Empero  aquella  tardanca  no  me  fue  muyt  enoyosa  por  la 
beldat  de  la  dicha  Reyna  que  era  muyt  marauellosa  et  por  las 
affecciones  plazenteras  que  yo  trobe  en  ella  la  quai  muyt  mucho 
se  esforco  de  complazer  a  mi  et  a  los  mios.  Et  a  la  cagueria  por  la 
industria  de  mi  seso  yo  fize  que  délia  me  parti  saluo.  Empero  que 
con  muyt  grant  pena  me  parti  et  con  treballo  como  seya  verdat  que 
las  mis  artes  apenas  pudieron  resistir  contra  las  suyas.  Et  après 
yo  (fol.  192  v°)  nauegando  con  mis  conpanyeros  vine  a  una  otra 
isla  en  la  quai  estaua  un  santo  oratorio  que  por  gracia  diuinal  daua 
ciertas  respuestas  et  verdaderas  a  los  qui  le  demandauan.  Onde 
con  grant  studio  yo  demande  muchas  cosas  a  esti  oratorio  entre 
las  quales  yo  le  demande  affectuosament  que  se  fazia  de  nuestras 
aimas  despues  que  eran  exidas  de  nuestros  cuerpos.  Et  de  todas 
las  cosas  que  le  demande  huue  del  cierta  respuesta,  sacado  del 
periglo  de  las  aimas  que  non  pude  auer  del  ninguna  cierta  res- 
puesta. Et  como  un  viento  que  creya  que  fuesse  bono  buffasse  yo 
me  parti  del  dicho  oratorio  et  aquel  viento  me  costrinyo  de  pasar 
por  un  lugar  muyt  pleno  de  periglos.  Onde  yo  vine  a  aquel  mar  ado 
andan  las  Serenas  que  son  unas  marauillas  del  mar.  Et  son  estas 
Serenas  del  ombligo  arriba  de  forma  de  muller  e  han  la  cara  de 
virgen.  Et  del  hombligo  enta  yuso  han  comun  forma  de  pex.  Et 
aquestas  son  muchas  et  resueluen  sus  cantos  con  marauelloso  son 
en  tan  dulces  melodias  que  tu  te  penssarias  que  sobrepuyassen  a 
los  cantos  celestiales  en  sones  et  concordancia  de  bozes  entanto  que 
los  misérables  qui  por  alli  nauegauan  reguardando  a  ellas  asi  son 
liguados  etpresos  de  tanta  dulcedumbre  de  sus  cantos  que  deuallan 
las  vêlas  de  sus  naos.  Et  dexan  los  remos  leuantados  en  alto  et 
cessan  de  nauegar.  Et  por  ende  en  tal  manera  aquel  canto  em- 
briaga  los  coracones  qui  los  misérables  qui  lo  oyen  todos  (fol.  193) 
los  otros  cuydados  pierden  e  tanto  les  falaga  et  les  recréa  al  oyr 
la  dulcedumbre  délias  que  quasi  del  todo  se  oblidan  a  si  mesmos 
et  nin  demandan  corner  nin  beuer  et  el  coracon  se  les  caye  en  un 
sabor  de  suenyo  por  el  quai  del  todo  vienen  a  dormirse,  a  los  quales 
decontinent  que  las  Serenas  los  sienten  dormir  trastornan  et  ane- 
gan  las  naos  que  estan  desamparadas  de  gouernadores  et  de  remeros 
en  tal  manera  que  los  mareantes  durmiendo  en  ellas  son  anegados 


28  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

por  aquel  desauenturado  periglo.  Pues  asi  es  yo  cay  en  aquesta* 
Serenas  et  por  ta]  que  mis  companyeros  non  se  reboluiesen  en 
semblant  error  de  suenyo  comigo  yo  atape  et  cerre  con  mis  artes 
tan  fuerment  el  oyr  mio  et  de  los  mios  que  de  lur  eanto  yo  el  mis 
companyeros  non  oymos  res.  Et  asi  las  vencimos  et  matamos 
délias  mas  de  milieu  ta  1  manera  que  uos  passamos  saluos  aquelios 
lugares  onde  ellas  estauan  et  i'neinos  librados  de  lurs  periglos.  El 
après  nauegando  un  desauenturado  caso  nos  metio  entre  aquel 
periglo  de  la  mar  clamado  Stila  ado  son  las  altas  rocas  el  entre  el 
otroelamadoCaribdis  ado  los  golfos  delà agua  tragan  los  nauîlios 
et  entramos  por  XV  stadios  en  aquelios  tragaderos  periglos  ado 
mas  delà  meytat  de  mis  naos  fue  sorbida  por  la  quai  cosa  mis 
companyeros  que  en  ellas  yuan  tôdos  perecieron  en  aquel  periglo 
et  yo  con  la  otra  meytat  de  mis  naos  librado  de  aquel  periglo  vine 
nauigando  a  prora  ado  trobe  tiranva  de  fol.  L93  v°)  marauellosa 
gent  la  quai  corrio  contra  mi  et  contra  los  mios  et  la  mayor  part 
dellos  metio  aguchillo  dexados  pocos  delloset  todos  los  bienes  que 
la  hora  auia  comigo  en  las  naos  me  tomaron  et  prendieron  me  a 
mi  et  a  los  que  romanieron  de  los  mios  et  nos  metieron  en  duras 
carceres.  Et  a  la  çagueria  por  la  voluntat  de  los  dioses  yo  fue 
librado  et  aquelios  qui  auian  seydo  encarcerados  comigo  et  non 
me  restituyeron  res  de  todas  mis  cosas.  Por  la  quai  cosa  yo  so 
andado  très  anyos  en  muyt  grant  pobreza  et  so  arribado  a  la  çague- 
ria en  aquesta  tierra  fecho  pobre  et  menguado  segunt  que  veyes. 
Pues  agora  te  he  contado  todos  los  casos  que  me  sdeuinieron 
despues  que  me  parti  de  Troya  et  porque  so  aducho  en  pobreza. 
Et  aqui  fizo  Ulixes  fin  a  sus  paraulas  mas  el  rey  Idumeo  auiendo 
grant  compassion  de  la  nobleza  et  industria  de  Ulixes  en  tanto 
quanto  estuuoen  Creti  grant  honor  le  fizo  et  le  dio  habundantment 
todas  las  cosas  que  le  fizieron  menester.  Et  despues  quando  Ulixes 
se  quiso  partir  de  Creta  el  rey  le  dio  dos  naos  bien  fornidas  de  todas 
las  cosas  necessarias  con  las  quales  el  nauegasse  a  su  regno  et 
encara  le  dio  muchos  dons  et  oro  et  argent  que  le  abastasse  entro  a 
que  f uesse  en  su  regno.  A  la  fin  fue  muerto  casualment  por  Thela- 
gono  su  fillo  al  quai  auia  engendrado  en  Cirées  segunt  que  larga- 
ment  lo  mete  la  istoria.  Onde  aqui  nos  fazemos  fin  a  la  présent 
obra  non  curando  de  contar  las  fortunas  (fol.  194)  et  periglos  et 
perescimientos  et  varies  casos  que  sdeuinieron  a  los  otros  Griegos 
en  la  tornada  de  sus  tieras  despues  que  se  partieron  de  Troya  nin 
final  ment  de  sus  muertes  et  cageros  acabamientos.  Mas  si  de  todas 
las  cosas  quisieres  auer  perfecta  noticia  leye  a  Dares  et  a  Dites  et 
a  Virgilio  et  a  Omero  et  a  Ouidio  et  a  Cornelio  et  a  Hugo  de 
Colupnis  los  quales  quai   mas  quai    menos  agora  concordantes 


IIÎ.    THUCYDIDE  29 

agora  discordantes  se  troban  auer  escripto  las  gestas  delosGriegos 
et  de  los  Troyanos  et  las  otras  cosas  que  incidentalment  tocaron 
a  la  dicha  istoria.  Mas  nos  en  la  présent  obra  seguimos  al  dicho 
Hugo  de  Colupnis  por  tal  como  aquesti  examinadas  todas  las  cosas 
que  de  la  guerra  de  los  Troyanos  et  de  los  Griegos  fueron  escriptas 
apuro  aquellas  que  trobo  mas  conformes  con  la  razon  resecando 
aquellas  que  trobo  superfluas  discordantes  et  sospechosas  agora 
fuessen  dichas  por  fauor  agora  por  hodio  o  por  otra  razon  qual- 
quier.  Onde  porque  del  nuestro  proposito  non  es  tractar  aqui  a  pleno 
la  dicha  istoria  por  tanto  nos  mandamos  sacar  los  fundamentos  et 
puntos  de  la  sustancia  de  ella  afin  que  non  tan  solament  el  senti- 
miento  de  las  oraciones  proposiciones  et  arengas  en  ella  conte 
nidas  millor  se  ofrescan  entendibles  a  los  que  las  leyeren  hoc 
encara  que  qualquier  pueda  auer  compendioso  sumario  de  la  dicha 
istoria  por  do  millor  pueda  seyer  recomendada  a  la  memoria. 

Explicit  Deo  gracias. 


IV 


ARISTOTE 


(Osuna  :  Plat.  V.  Lit.  N,  ne32;  Rocam.,  n°  19;  Bibiiot.  Nat.,  Madrid,  Ii-9.) 

Aristote  :  1.  Morale  à  Nicomaque,  version  anonyme. 
2.  Éthique,  livre  VI  du  Trésor  de  Brunetto  Latini. 
En  italien. 

Manuscrit  de  56  feuillets  vélin,  non  folioté,  écrit  à  deux 
colonnes,  réglé  à  36  lignes,  écriture  de  la  fin  du  XIVe  siècle. 
Encadrements,  lettres  ornées,  miniatures.  Rubriques  des 
chapitres,  mais  pas  en  tête  des  livres.  Format  310  X  215  mm.; 
reliure  de  Binet  avec  les  initiales  du  duc  d'Osuna . 

Fol.  1.  Riche  encadrement  de  type  un  peu  archaïque,  et 
raide.  Dans  le  bandeau  inférieur  une  miniature,  où  Ton  voit 
Aristote  dans  une  haute  chaire  lisant  sa  leçon  aux  élèves 
assis  devant  lui  sur  des  bancs.  A  gauche  de  cette  miniature, 
un  écu  d'armes  portant  d'or  à  cinq  bouquets  de  fleurs 
feuillées,  au  naturel. 

I.  —  ((  Incipit  :  Secondo  che  dice  Aristotile  ne  loprincipio 
de  la  metaphysica  uecchia  ciascuno  huomo  naturalemente 
desidera  dî  sauere  e  d'intendere  e  questo  desiderio  e  innato 
al  huomo  da  parte  clelF  anima ...» 

Fol.  30.  Explicit  :  «  Et  tucto  questo  fa  Aristotile  nel 
primo  libro  de  li  elenci  sicome  determinando  de  lo  silo- 
gismo  sofistico  e  de  le  fallacie  e  de  le  cautele.  Et  ne  lo 
secondo  insegna  di  dissoluere  le  fallacie. 

Finito  libro  referamus  gratia  christo.  »  —  Fol.  31  et  32 
blancs, 


IV.    ARISTOTE  31 

II.  —  Fol.  33,  encadré  archaïquement,  têtes,  feuillages, 
arabesques.  La  colonne  A  ouvre  par  une  miniature  sur 
fond  d'or  représentant  Aristote  royalement  vêtu,  assis  sur 
une  sorte  de  trône  à  lutrin,  une  main  sur  le  livre  qu'il 
explique;  devant  lui  quelques  élèves  appliqués. 

Incipit  :  «  Ongne  arte  e  ongne  doctrina  e  ongne  opera- 
çione  e  ongne  electione  pare  adimandare  alcuno  bene. 
Adunque  bene  dissero  li  filosofi  chello  bene  sie  quello  lo 
quale  desiderano  tutte  le  cose. . .  » 

Fol.  56v°B.  Explicit:  «El  buono  ponitore  delà  leggiesi  e 
quelli  il  quale  sae  le  regole  uniuersali  le  quali  sono  diter- 
minate  in  questo  libro  e  sannole  congiungnere  a  le  cose  par- 
ticulari  le  quali  ucgnono  altrui  intra  le  mani  percio  che 
bene  ordinare  le  leggi  sie  mistieri  ragionare  experiença. 
Explicit.  Eticlia  Aristotile  finita  est  Deo  gratia.  » 

Cette  traduction  de  Y  Éthique  est  une  version  du  livre 
VI  du  Trésor  de  Brunetto  Latini  due  à  messer  Bono  Giam- 
boni.  Elle  a  été  imprimée  à  plusieurs  reprises  (cf.  Zambrini, 
Opère  volg.  a  stampa,  col.  37 et  38). 


B 

Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n,J  21  ;  Rocam.,  n°  22;  Bibliot.  Nat.,  Madrid  Ii-19. 

Aristote:  1.  Éthique.  2.  Économique.  En  castillan. 

Manuscrit  de  230  feuillets,  plus  5  au  commencement  et 
5  à  la  fin,  ces  feuillets  sont  couverts  de  notes  étrangères  au 
texte;  papier,  réglé  à  23  lignes,  écriture  du  XVe  siècle, 
belles  marges  chargées  de  sommaires.  Rubriques,  place  des 
initiales  en  blanc.  Format  390  X  218  mm.  Reliure  de  par- 
chemin. Au  dos  :  Eticas  de  Aristoteles,  en  romance. 

I.  Fol.  1  :  En  el  nombre  de  Dios  amen  en  gros  caractères 
noirs  et  rouges.  En  marge,  une  note  :  Aqui  comiença  el 
1°  capitulo  deste  1°  libro  de  las  eticas  en  el  quai  eljilosofo 
muestra  que  en  las  cosas  humanas  es  algun  fin  intento. 

Incipit  :  «  Toda  arte,  toda  dotrina  por  semejante  acto  e 
elecçion  paresçen  ser...  » 

Liv,  I  fol.  1-19;  liv.  II  fol.  19-33  ;  liv.  III  fol.  30-56; 


32  BIBLIOTHÈQUE    Mi    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

liv.  IV  fol.  56-78;  liv.  V  fol.  73-102;  liv.  VI  fol.  102-118  v"; 
liv.  Vil  fol.  ILS  v°-144  v?;  liv.  VIII  fol.  144-107;  liv.  IX 
fol.  167-188;  liv.  X  fol.  188  v°-212  v°. 

Explicit  :  «  E  quâles  son  las  leyes  e  costunbres  que  nsan. 
E  por  tanto  cliremos  començando.  » 

II.  Fol.  213  Sifjuesse  el  primero  libro  de  la  eaconomica 
de  Aristotiles  et  au-dessous  en  gros  caractères  noirs  et 
rouges  :  «  La  re  familial;  e  la  republica  han  entresi  dife- 
rencia  non  solamente  en  quantp  es  cjue  lo  uno...  » 

Explicit  :  «  Ca  estando  por  tal  manera  non  sera  neseessario 
trabajar  mucho  por  las  buscar.  )) 

Fol.  221  v°:  Sif/uesse  cl  segundo  libro  de  la  Eaconomica 
capitulo  primero. 

Incipit  :  «  La  buena  muger  conuiene  a  ella  senorear  todas 
las  cosas  que  son.  .  .  » 

Explicit  :  fol.  230  v°  «  e  a  los  fijos,  e  a  los  genitores. 
Deo  gracias  —  Morillo.  »  —  A  partir  du  fol.  38  v°  et  39, 
livre  IX,  il  y  a  erreur  du  rubricateur  dans  l'indication  des 
chapitres,  et  la  vraie  numération  est  ajoutée  à  l'encre,  en 
marge  ou  à  côté  de  la  rubrique.  A  partir  du  chapitre  10, 
livre  IX,  Tordre  est  rétabli. 

Des  cinq  feuillets  qui  précèdent  le  texte,  le  premier,  le 
second  et  le  recto  du  troisième  sont  occupés  par  des  citations 
de  maximes  d'Aristote  en  latin,  avec  renvois  au  livre  et  au 
chapitre.  Ex., premier  feuillet:  «  Quatrogradosay  de  anima 
el  primero  vegetatiuo  e  el  segunclo  sensytiuo  secundum 
locum  motiuo  el  tercero  sensytiuo  secundum  locum  motum 
progresyue,  el  quarto grado  es  intelectyuo,  etc.,  etc.  Suivent 
des  explications  touchant  ces  «  grades  ». 

Fol.  3.  ((  Difiniçion  del  libro  arbitrio  segund  el  Agustino 
e  otros  catolicos  doctores.  . .  Définition  del  genus  e  de  la 
espetie,  »  etc. 

Fol.  4.  Contient  des  indications  généalogiques  sur  la 
maison  de  la  Vega  et  sur  Dona  Leonor,  que  nous  copions,  à 
titre  de  curiosité,  à  la  suite  de  cette  notice.  Puis  les  maximes 
reprennent.  Fol.  5.  Définitions  de  traydor  et  d'aleuoso. 
Conditions  auxquelles  doit  se  soumettre  qui  veut  combattre 
sur  terre  ou  sur  mer  :  la  première  est  de  promettre  au  roi 
de  tuer.,  blesser  ou  faire  prisonnier  celui  qui  portera  Téten- 


IV.    ARISTOTE  33 

dard  de  l'ennemi,  «  prometer  an  te  el  rey  su  sefior  de  matar,  o 
ferir,  o  prender  »,  etc. 

Les  cinq  feuillets  de  la  fin  sont  couverts  d'indications,  ci- 
tations, maximes  et  définitions  en  latin  et  en  castillan. 
Les  feuillets  2  et  3  contiennent  des  tableaux  qui,  par  une 
combinaison  de  chiffres  arabes  et  romains  avec  les  lettres 
qui  forment  le  nom  d'un  malade,  rendent  possible  de  savoir 
s'il  guérira  ou  non.  Et  ces  recettes  permettent  aussi  de 
dire  si  une  femme  enceinte  donnera  le  jour  à  une  fille  ou  à 
un  garçon.  Fol.  3  v°  et  fol.  4,  les  citations,  maximes,  etc., 
reprennent. 

Généalogie  de  la  Maison  de  la    Vega 

Dos  hermanos  del  Rey  de  Francia  que  al  uno  llamauan  Micer 
Ruys  e  al  otro  Johan  Ruys  obieron  guerra  con  el  dicho  Rey  su 
hermano  sobre  ciertos  sefiorios  que  les  queria  tomar  e  tomo  y  no 
podiendo  sufryr  el  grand  poder  del  Rey  su  hermano  tomaron 
ciertas  naos  e  vinieronse  a  Castilla  y  aportaron  a  Asturias  de 
Obiedo  e  desenbarcaron  en  un  puerto  que  se  llama  Lastres  ; 
traxeron  grandes  riqueças  de  dineros  e  joyas.  Micer  Ruys  se  fue 
al  Rey  de  Castilla;  el  otro  Johan  Ruys  se  quedo  alli  en  Asturias 
de  Obiedo.  Et  el  Rey  de  Castilla  al  micer  Ruys  fiso  muy  buen 
recebimiento  biendo  de  la  sangre  que  era  e  le  fasia  muchas 
honrras  e  mercedes  e  fisole  merced  de  aquel  puerto  de  Lastres 
que  es  buen  puerto  de  mar  e  de  muchas  tercias  de  iglesias  e 
heredades  en  aquel  principado  de  Asturias  de  Obiedo.  Este  micer 
Ruys  non  bino  sino  très  anos  despues  que  a  Castilla  bino  el  otro 
Johan  Ruys  que  quedo  en  Asturias  de  Obiedo  como  abemos  dicho. 
Despues  de  la  muerte  de  su  hermano  ouo  muchas  questiones  et 
leuantaronse  contra  el  los  de  Quiros  y  Baldes  e  de  Miranda  que  a 
la  sahon  eran  poderosos  en  aquella  tierra  y  el  viendose  syn 
hermano  y  syn  fijos  binose  a  la  vega  y  alli  començo  a  hacer  aquel 
solar  y  al  de  Çaballos  que  estaua  cerca  ally  de  la  bega  pesole 
con  el  y  ouo  (entrellos)  muchas  questiones  entre  ellos  y  al  fin  por 
haser  las  pases  ouo  de  casar  con  una  fija  del  de  Çaballos  y  ouo 
en  ella  un  hijo  que  llamaron  Garcilaso  y  este  nonbre  le  pusieron 
por  que  un  dia  beniendo  de  correr  monte  benia  muy  cansado  e 
dixole  su  abuelo  el  de  Çaballos:  o  como  bénis  laso.  Este  Garcilaso 
casocon  una  hija  de  don  Gutierre  de  Escalante  que  era  mayordomo 
mayor  del  Rey  de  Castilla  y  mandaua  este  don  Gutierre  de 
Escalante  toda  la  costa  de  la  mar.  Este  Garcilaso  fue  muy  noble 
cauallero  y  muy  rico  e  este  fiso  e  acabo  todo  lo  que  agora  esta 

3 


3.4  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANK 

fecho  en  la  casa  de  la  Bega  e  fiso  el  castillo  de  Lientres  e  el 
caàtillo  de  Comillas  e  la  muger  deste  se  llamaua  dona  Teresa 
de  Escalante.  Et  este  Garcilaso  obo  en  esta  dona  Teresa  ritro 
Garcilaso  que  caso  con  [una]  fija  del  senor  de  Ayala  e  ouo  en 
ella  dos  fijos  e  al  uno  desian  Garcilaso  e  al  otro  Gonçalo  Ruys. 
Este  Garcilaso  l'ue  el  que  mato  al  de  la  Morcuera  en  la  piHMjte  de 
Baldestillas.  Este  caso  con  dona  Mencia  de  Cisneros  e  ouo  en  ella 
a  otro  Garcilaso  que  mataron  en  Burgos  e  a  dona  Leonor  de  la  Bega 
su  hôrmana  que  caso  con  el  almirante  don  Diego  Furtado  de  Men- 
doça  el  quai  dicho  almirante  ouo  en  ella  estos  fijos  :  el  marque^  don 
Yfiigo  Lopes  de  Mendoça  e  Gonçalo  Ruys  de  la  Bega  e  a  dona 
Aldonça  madré  del  conde  de  Castaiïedaedel  conde  de  Osorno.  Âqui 
no  facemos  cabdal  syno  de  los  primogenitos  que  eredaron  el  solar 
de  la  casa  de  la  Bega.  Gonçalo  Uuys  de  la  Bega  el  que  pasô  el  estado 
de  sese(l)  syn  generacion.  Et  los  heredamientos  que  estos  senores 
de  la  casa  de  la  Bega  tenian  en  Asturias  de  Obiedo  diolos  el 
marques  don  Ynigo  Lopes  a  Johan  de  Caso  e  de  aquella  herencia 
non  le  quedo  syno  a  Santa  Maria  de  Yerno  que  esta  cabo  Cortes 
y  esta  quedo  de  aquella  herencia. 

Dona  Leonor  de  la  Bega  caso  dos  beses  :  la  primera  con  don  Juan 
fijo  del  conde  don  Tello  hermano  del  Rey  don  Enrrique  que  tomo 
el  Reino  al  Rey  don  Pedro  el  quai  don  Juan  ouo  una  fija  en  ella 
que  se  llamo  dona  Aldonça  la  quai  caso  con  don  Garcia  Ferrandes 
conde  de  Castaneda  padre  del  conde  de  Castaneda  don  Juan  Manr- 
rique  y  del  conde  de  Osorno  don  Gabriel  Manrrique  comendador 
mayor  de  Castilla;  segunda  bes  caso  con  el  almirante  don  Diego 
Furtado  de  Mendoça  el  quai  ouo  en  ella  a  don  Ynigo  Lopes  de 
Mendoca  marques  de  Santillana  conde  del  Real  e  a  Gonçalo  Ruys 
de  la  Bega  e  a  dona  Eluira  Laso  muger  que  fue  de  don  Gomes 
Suares  de  Figueroa  fijo  del  marques  de  Santiago  don  Lorenço 
Suares  de  Figueroa  e  otra  fija  que  caso  con  Aluaro  Carrillo  padre 
de  Gomes  Carrillo  senor  de  Torralua  e  Beteta. 

C 

(Osuna:  Plut.  V.Lit.N.  n°33;  Rocam,  n°  21  ;  Bibliot.  Nat.  Madrid  11-14 

1.  Ahistote,  De  animalibus.  En  castillan.  —  2.  Sex. 
Julius  Frontinus,  Strategematon.  En  aragonais. 

,  Manuscrit  de  142  feuillets,  plus  5  feuillets  blancs  au 
comrriencement  et  1  à  la  fin,  papier,  folioté  jusqu'au 
feuillet  93,  où  finit  le  premier  traité;  l'écriture  des  deux 

1.  Corrig.  diceseff) 


IV.    ARISTOTE  35 

ouvrages  est  du  XVe  siècle  et  de  deux  mains.  Premier 
traité  presque  sans  marges,  ni  rubriques,  ni  capitales. 
Second  traité,  marges  bien  marquées,  rubriques  et  initiales 
absentes,  mais  leur  place  est  restée  en  blanc. 

Format  285  X  210  mm.  Reliure  de  parchemin. 

I.  —  Fol.  1,  titre  en  noir:  «  En  nombre  de  Bios  aqui  co- 
))  miença  el  primero  libro  de  Aristotiles  intitulado  el  libro 
»  de  Animalibus  en  el  quai  se  cuenta  la  qualidad  del 
))  engendrar  de  todas  las  animalias  e  la  qualidad  de  las 
))  que  délias  se  engendran  sin  ayuntamiento  de  macho  con 
))  fenbra  especialmente  tractai ido  de  los  mienbros  délias 
»  intrinsicose  extrinsicos  e  abreuiacion  de  las  obras  délias  e 
»  de  sus  1 échos  e  de  sus  prouechos  e  danos  e  como  se  caçan 
»  een  que  logares  estan  e  quando  se  mueuen  de  logar  a 
»  logar  asi  por  el  estio  como  por  el  inuierrno  e  de  que  biue 
))  cadauna  de  las  animalias  asi  montesinas  como  las  vola- 
»  tiles  e  las  que  naclan  asi  como  los  peçes  de  la  mar  e  de 
))  las  otras  animalias  que  en  la  mar  otrosi  biuen  de 
))  aquellas  cosas  que  nadan.  »  au-dessous  :  «  aqui  comiença 
))  el  libro  primero  :  Algunas  partes  de  los  cuerpos  de  las 
))  animalias.. .  » 

Livres:  I,  fol.  1-5  v°;  II,  fol.  5  v°-10  v°;  III,  fol.  11-18  v°; 
IV,  fol.  18  v°-26;  V,  26-28  v°;  VI,  fol.  28  v°-31;  VII,  fol. 
31  v°-38  v°;  VIII,  fol:  38  v°-46;  IX,  fol.  46-51  ;X,  fol.  51-54  v° 
XI,  fol.  54  v°-59;  XII,  fol.  59-62  v°;  XIII,  fol.  62  v°-71; 
XIV,  fol.  71-80;  XV,  81  v<-85;  XVI,  fol.  85-89;  XVII, 
fol.  89-91  v°;  XVIII,  91  v°-92;  XIX,  92  v°-93. 

Explicit  :  «  por  causa  del  principio  mouedor.  Aqui 
se  acaba  el  libro  decimo  nono  de  animalibus  de  Aristotiles  e 
por  consiguiente  todo  et  libro,  laus  et  gloria  Ihû  amen.  » 

Fol.  93  v°,  94,  95,  96,  blancs. 

II.  —  Au  fol .  97  commence  sans  titre  le  traité  de  Frontin. 
Prologue  «  [G]omo  a  componer  sciençia  de  arte  de  caua- 
lleria  uno  del  nombre...  » 

Fol.  97  v°  Texte:  «  [M]archo  Porcio  Catho  pensando  que 
las  ciudades  de  Spanya ...» 

Ce  traité  finit  au  fol.  142  v°  sans  explicit,  mais  il  est 
complet. 

Derniers  mots  :  «  e  por  batalla  de  mar  e  de  tierra,  fueron 
vencidos.  » 


36  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Cet  opuscule  sans  nom  d'auteur  est  «  El  arte  de  caua- 
lleria  »  de  Frontin.  Dans  le  petit  prologue  il  est  parlé  de 
la  division  du  traité  en  trois  livres  (Cf.  la  notice  XX;. 

La  traduction  du  De  animalibus  n'est  pas  mentionnée  dans 
les  répertoires  bibliographiques  que  nous  avons  consultés, 
c'est  pourquoi  nous  en  donnons  ci-dessous  un  fragment  : 

Aristotiles  :  De  animalibus. 

Capitula  terrera  de  la  disposition  de  los  mienbros  defuera  de 

pères  e  eulebras.  (Fol.  8  v°.) 

Nenguna  espeçia  de  peçes  tiene  cuello,  nin  verga,  nin  genitiuos 
del  todo,  nin  tetas.  El  golhyn  engendra  animal  e  por  esto  ha  tetas 
mas  non  ençima  mas  çerca  (fol.  9)  de  las  junturas  e  non  tiene 
peçones  maniflestos  mas  tiene  dos  cosas  profundas  semejantes  a 
canales  e  de  alli  sale  la  lèche  e  por  aquellas  da  lèche  al  fijo  e  esto 
vieron  nluchos.  Las  espeçias  cle  los -peçes  nenguna  es  que  tenga 
tetas  segun  ante  diximos  nin  vias  de  coytu  manifiestas  e  tienen 
orejas  en  la  cabeça  por  las  quales  atraben  el  agua  e  despues  la 
echan,  e  algunas  maneras  de  peçes  tienen  quatro  alas  solamente 
segun  el  peçe  luengo  e  segun  rrenrrelir  (?)  e  algunos  tienen  dos 
solamente  cerca  de  las  agullas  e  un  peçe  luengo  non  ha  alas  del 
todo  o  agullas  ;  las  agullas  de  los  peçes  se  diuersifican  por  que 
algunos  tienen  cobertura  e  algunos  non.  E  qualquier  que  ha  cober- 
tura ha  agullas.  E  larana  marina  tiene  agallas  déclinantes  a  una 
parte  e  tiene  cobertura  e  son  asperas  semejantes  a  espinas.  E 
en  la  generaçion  de  los  peces  e  de  los  otros  animales  ay  diuer- 
sidad.  Ca  los  peçes  non  han  pelos  segun  otras  animalias  que 
engendran  animalias  nin  (otras  engendrantes  animalias)  han 
scamas  segun  las  escamas  de  las  animalias  de  quatro  piess  que 
ponen  hueuos  ni  plumas  segun  que  las  aues  ;  mas  muchos  peçes 
son  que  se  descortesan  e  algunos  son  de  aspero  cuero.  Todas  las 
maneras  de  los  peçes  han  dientes  agudos  diuersos  de  muchas 
ordenes.  E  algunos  peçes  han  dientes  sobre  la  lengua  e  es  dura  e 
aspera  semejante  ha  espina  e  esaplicada  a  la  bocaasi  queninguno 
piensa  que  es  lengua.  E  algunas  animalias  son  de  grande  boca 
fendida  asi  como  algunas  animalias  de  quatro  pies  que  engendran 
animalias  e  non  han  instrumentos  maniiiestos  de  sentido  saluo  los 
ojos  canon  han  orejas  ni  narises  mas  tienen  la  via  del  oyr  e  del  oler 
solamente  e  non  tienen  palpebras  pelosas  ca  las  palpebras  dellos 
son  duras  o  de  duro  cuero.  E  son  algunas  maneras  de  peçes  que 
tienen  sangre  e  algunos  ponen  hueuos  e  algunos  engendran  ani- 
males, etc.,  etc. 


POLYBE 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N.,  n°  44;  Rocam.,  n°  177    Bibliot.  Nat. 
Madrid,  Ii-168) 

Polybe,  traduit  en  italien  par  Pietro  Candido  Decembri. 

Manuscrit  de  88  feuillets,  fin  vélin,  écriture  ronde  du 
XVe  siècle.  Ce  texte  était  folioté,  mais  la  rognure  a  fait 
disparaître  presque  tous  les  chiffres.  Réglé  à  26  lignes,  ru- 
briques, lettrines  ornées.  Grande  et  belle  initiale  ouvrant  la 
dédicace. 

Format  263  x  192  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.l.  Rubrique  :  Incominciael  prologo  sopra  li  comen- 
tarii  di  PoUbio  autore  greço,  de  la  prima  guerra  ira  II 
romani  e  cartaginesi  hauuta,  in  uulgare  traducta  al  près- 
tantissimo  et  optimo  Jacoho  da  Biate,  ducale  camerario 
per  P.  Candido  Jelt cémente.  Suit  la  table.  Le  prologue  et  la 
table  occupent  7  feuillets. 

Fol.  9,  texte.  Incipit:  «  La  prima  guerra  d'Affricache  dal 
populo  di  Roma  cum  grande  instantia  contra...  »  etc. 

Fol.  36  v°  finit  le  livre  I;  livre  II,  du  fol.  37  au  fol.  60; 
livre  III,  du  fol.  60  au  fol.  88.  Explicit:  «. ..  quasi  detutala 
regione  excepti  pochi  lochi  fureno  astrecti  a  partirse.  » 

A  l'intérieur  du  plat  supérieur  de  la  reliure  on  lit  une 
rubrique  du  même  caractère  que  les  autres  et  de  la  même 
main  :  Iste  liber  est  Polibius  autor  Grecus  et  est  mei 
Domini  Ynici  de  Daualos. 

Inigo  D'Avalos  est  un  des  grands  seigneurs  aragonais 
qui  s'en  furent  en  Italie  avec  le  roi  Alphonse  d'Aragon.  Ce 
volume  a-t-il  fait  de  bonne  heure  partie  de  la  bibliothèque 


38  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTIbLANE 

de  G-uadalajara?  Nous  ne  pouvons  le  dire,  mais  nous  ne 
l'avons  pas  écarté,  parce  qu'il  contient  un  ouvrage  traduit 
par  Pietro  Candido  et  que  les  relations  très  suivies  cTIfligo 
Lopez  de  Mendoza  avec  cet  humaniste  et  avec  Angelo, 
son  frère,  ne  permettent  guère  de  douter  qu'il  ait  connu  la 
version  dont  nous  parlons  ici. 


VI 


EUSEBE 


(Osuna:  Plut.  IV.  Lit.  N,  n°  31;  Bibliot.  Nat.  Madrid,  Ii-106). 

Eusèbe,  De  praeparatione  euangelica,  traduit  du  grec  en 
latin  par  Georges  de  Trébizonde,  pour  le  pape  Ni- 
colas V. 

Manuscrit  de  176  feuillets,  papier,  1  feuillet  de  garde, 
non  folioté  et  sans  signatures.  Réglé  à  30  lignes,  écriture 
du  XVe  siècle.  Espaces  en  blanc  pour  les  initiales.  Ms.  ru- 
brique portant  en  titre  courant  le  numéro  des  livres.  Format 
283x214  mm.  Reliure  de  parchemin.  Au  dos  :  Pamphilus 
Eusebio  en  latin,  de  mano  :  de  Euangelica  preparatione. 

Feuillet  de  garde  écriture  du  XVIIe  siècle.  Traduçidn 
de  Usebio. 

Fol.  1.  Rubrique:  Ad  sanctissimurn  papam  Nicolaum 
quintum  Georgii  Trapesuntii  in  traductione  Eusebii prae- 
fatio. 

«  [E]  usebium  Panphili  de  euangelica  preparatione  latinum 
ex  graeco  beatissime  Pater  jussu  tuo  effeci. . .  » 

Cems.  contient  les  quatorze  livres  d'Eusèbe.  Au  fol.  176, 
le  texte  finit  par  «posse  comprehendi  docentes  magno  uisu 
omnium  explosi  sunt.  Finis  quartidecimi.  Gundisaluus  de 
Trugillo  scripsit  ». 

Cette  traduction,  fort  mauvaise,  dont  Bessarion  et  Perotti 
firent  observer  au  pape  lès  lacunes  et  les  imperfections,  .fut, 
à  la  demande  de  Nicolas  V,  corrigée  par  un  certain  Andréa 
Contarini.  Elle  a  été  plusieurs  fois  imprimée    (Cf.  Voigt, 


40  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Die  Wiederbel.  d.  class.  Alterthums,   3e  éd.,  Berlin,  1893, 
t.  II,  p.  140). 


*B 

(Osuna:  Plut.  III.  Lit.  N,  n°12;  Rocam.,  n°  113;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,  KK-22) 

Eusèbe,  Chronique  universelle,  traduite  du  latin  de  Saint- 
Jérôme  par  Alonso  de  Madrigal,  dit  el  Tostado,  pour 
Inigo  Lopez  de  Mendoza,  marquis  de  Santillane.  En  cas- 
tillan. 

Manuscrit  de  75  feuillets,  1  feuillet  blanc  au  commen- 
cement, papier,  non  folioté,  à  deux  colonnes,  écriture  du 
XVe  siècle.  Capitales  et  rubriques,  Format  400x285  mm. 
Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Aqui  cotniença  la  interpretaeion  o 
traslacion  del  libro  de  las  cronicas  o  tienpos  de  Eusebio 
Cesariensse  de  latin  en  fabla  castellana  con  su  comiento 
o  exposicion  de  las  cosas  eseuras  la  quai por  si  es  enfin 
de  la  traslation.  Este  es  prologo  del  autor  que  lo  inter- 
prète et  comento  et  dize  de  la  dificultad  et  de  la  condicion 
de  la  obra.  Ce  prologue,  les  préliminaires  du  traducteur,  le 
prologue  de  saint  Jérôme  et  un  avertissement  de  Prosper 
occupent  les  deux  premiers  feuillets  et  une  partie  du  troi- 
sième. Le  prologue  d'Eusèbe  suit  celui  de  saint  Jérôme,  il 
commence  au  fol.  2  et  finit  au  fol.  3  B. 

Fol.  3  B.  :  Aqui  comiença  el  libro  de  Eusebio  et  contiene 
desde  la  création  del  mundofasta  acabar  el  diluuio.  Capi- 
tulo  sexto. 

Fol.  5  commencent  les  tables  chronologiques  qui  occupent 
tout  le  reste  du  manuscrit. 

Fol.  75  v°:  Cronica  de  Eusebio  et  de  Jheronimo  con  las 
aditiones  de  Prospero  se  acaba.  Deo  gratias. 

Texte;  Prologue  d'Eusèbe:  Incipit:  «  Moysen  de  lagente 
de  losiudios.'..  » 

Fol.  3  B.  Explicit  :  «  las  quales  todas  en  sus  logares  con 
muy  grande  breuedad  pornemos.  » 

Fol.  3.  Incipit:  «  Comiençan  los  tienpos  de  todo  el  siglo  et 
todos  los  reyes...  » 


VI.    EUSÈBE  41 

Fol.  75  v°.  Explicit:   «  Valentiniano  VI  et  Nono  consules. 

Ce  volume  porte  au  dos  :  Quarta  Parte  de  Eusebio  Cesa- 
riense  Cronica,  de  mano.  Cette  tomaison  est  erronée,  comme 
nous  le  verrons  en  décrivant  les  volumes  du  commentaire. 

Nous  avons  copié  la  dédicace  du  Tostado  au  Marquis, 
parce  qu'elle  est  intéressante  pour  nous,  la  voici: 

Fol.  1.  Prologo. 

Rubrique  :  Aqui  comienea  la  interpretacion  o  traslacion  del 
libro  de  las  cronicas  o  tiempos  de  Eusebio  ccsariensse  de  latin  en 
fabla  castellana  con  su  comenio  o  exposicion  de  las  cosas  escuras 
la  quai  por  si  es  enfin  de  la  traslacion.  Este  es  prologo  del  autor 
que  lo  interpreto  et  comento  et  dize  de  la  dificultad  et  de  la  con- 
dicion  de  la  obra.  Capitulo  primero. 

Aunque  mas  sean  las  ocupationes  que  las  fuerças  et  mas  los 
cuidados  que  el  ingenio  etsegun  la  condicion  de  mi  estado  et  vida 
sea  a  mi  muy  mas  ligero  faltar  el  tienpo  que  los  necessarios  et  or- 
dinarios  trabajos,  o  muy  magnifico  senor  don  Ynigo  Lopez  de 
Mendoça,  dignissimo  marques  de  Santillana  et  conde  del  Real  de 
Mançanares,  non  puse  por  excusa,  los  suso  dichos  verdaderos 
inpedimentos,  aunque  mas  que  razonables  et  peremptorios  podian 
seer  dichos  ciertamente,  para  non  recebir  la  carga  que  vuestra 
senoria  me  mucho  encomendaua  cerca  de  la  interpretacion  o 
translacion  de  la  lengua  latina  en  la  comun  del  libro  de  Eusebio 
cesariensse  llamado  de  las  cronicas  o  mas  abiertamente  de  los 
tiempos,  mas  con  muy  prompta  voluntad  et  deseo  de  seruir  la 
acepte.  Aunque  sin  los  relatados  inpedimentos  o  estorias  la  na- 
tural  condition  del  libro  podia  asaz  et  mucho  tubar  la  deseada  por 
mi  exécution  de  obediencia.  ca  lo  que  al  glorioso  varon  Jeronimo 
por  el  quai  de  griego  fue  trasladada  en  latin  la  mencionada  obra 
de  Eusebio  commo  en  el  prologo  se  cuenta  fue  dificile,  a  mi  es  corarao 
inposibile  commo  esa  misma  o  mayor  dificultad  sea  tornar  de  latin 
en  fabla  castellana  que  de  griego  en  latin.  Et  la  primera  causa  de 
la  mayor  dificultad  es  por  que  la  lengua  griega  et  latina  son 
abastadas  de  palabras  significantes  para  exprimir  et  declarar  los 
conçibimientos  et  esto  ansien  los  nombres  principales  que  llaman 
primitiuos  commo  en  los  que  vienen  por  formation  o  deriuation 
lo  quai  non  reçibe  lengua  alguna  vulgar  por  non  seer  los  vocablos 
subjectos  a  alguna  arte  commo  en  el  latin  et  griego  son  subjectos 
a  las  reglas  de  la  arte  gramatical. 

La  segunda  causa  es  ca  aunque  en  el  vulgar  et  en  el  latin  o 
griego  sea  egual  muchedumbre  de  nombres  muchas  mas  cosas  et 
conçibimientos  se  pueden  significar  por  la  lengua  latina  o  griega 


42  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

que  por  la  vulgar  et  la  razon  es  porque  las  dos  lengnas  dichas 
estai!  en  çiérta  arte  dé  fablàcon  muchas  figuras  et  modos  por  los 
quàlés  se  multiplioa  la  signiflcàcion  ansi  en  la  oracion  commo  en 
la  diction  sinple  o  sola  lo  quai  en  la  vulgar  lengua  non  se  faze  o 
es  muy  menos  et  esto  todo  a  los  cognoscientos  la  condition  de  la 
lengua  latina  es  manifiesto. 

Por  lo  quai  toda  translation  de  latin  en  vulgar  para  se  fazer  pura 
et  perfectamente  es  dificile  si  se  faze  por  manera  de  interpretacion 
que  es  palabra  por  palabra  et  non  por  manera  de  glosa  la  quai 
es  absuelta  et  libre  de  muchas  grauedades  et  en  la  présente  trans- 
lation es  mucho  mayor  dificultad  que  en  las  comunes  por  las 
especiales  causas  de  dificultad  las  quales  se  fallan  en  cada  una  de 
las  partes  de  esta  obra  et  non  fue  necessario  nin  complidero  al 
présente  de  las  declarar. 

Enpero  pospuestas  todas  grauedades  someti  mi  coraçon  a 
aceptar  esta  carga  aunque  a  mi  muy  graue  et  a  la  poner  en  possible 
exécution  :  lo  primero  por  contenplation  de  vuestro  mandamiento 
el  quai  cerca  de  mi  es  de  mucha  reuerençia,  lo  segundo  por  la 
condiçion  de  la  obra  ca  verdaderamente  digna  era  de  publicacion 
et  comunicacion  la  tan  excelente  cosa,  la  quai  non  solamente  es 
ystoria  mas  es  llaue  et  glosa  et  perfection  ingeniosamente  buscada 
de  todas  las  ystorias,  tal  que  a  los  entendidos  abasta  et  a  los 
curiosos  ella  sola  contenta,  a  la  quai  non  ay  otra  obra  egual  en  este 
image  de  ystorias  mas  seer  régla  artificio  et  conplimiento  breue 
de  todas.  Et  a  mi  parecio  conueniente  seer  que  entre  todos  los  otros 
mis  trabajos  que  de  algun  prouecho  o  memoria  pueden  seer  fuesse 
este  uno  en  renouar  et  alumbrar  los  ingenios  de  los  a  todo  el 
mundo  famosos  varones  Eusebio  et  Jeronimo.  Et  bien  parecio  la 
alteza  del  ingenio  de  vuestra  senoria  en  desear  et  acatar  sobre 
la  tal  obra  a  todo  el  mundo  por  la  su  dificultad  quasi  ya  oluidada 
et  desusada  ca  esto  non  podiera  seer  si  la  alteza  del  ingenio  non 
concordara  con  la  biueza  delà  obra.  Ca,  commo  el  grande  Aristo- 
tiles  quiere  en  las  ethicas,  quai  es  cada  uno  tal  pienssa,  dize  et  faze 
et  non  es  possible  auer  conplazimiento  o  amistança,  commo  plaze 
al  mençionado  Aristotiles,  sin  auer  semejança  agora  sea  natural, 
agora  por  actos  causada.  Et  ya,  dando  fin  a  esto,  declarare  mas  mi 
entention. 

Rubrique  :  De  la  condiçion  ciel  processo  que  tiene  el 
interpretador  et  de  la  condiçion  de  la  obra  principal  et  del 
autor.  Capitula  segundo. 

Après  ce  chapitre,  où  Fauteur  traite  de  la  différence  qu'il 
y  a  entre  traduction  mot  à  mot,  glose  et  commentaire,  on 


VI.    EUSÈBE  43 

trouve,  au  verso  du  fol.  1,  un  petit  chapitre  qui  précède  le 
prologue  de  saint  Jérôme  sur  Eusèbe. 

Rubrique:  Requerimiento  que  jizo  Prospère*  a  todos  los 
que  escriuiessen  este  libro.  Capitulo  tercero  :  Conjura  o 
requiero  a  ti  qualquter  que  estos  libros  escriuieres  por 
nuestro  sehor  Jhu  Cristo  et  por  Ici  su  gloriosa  venida  en  la 
quai  verna  ajudgar  los  viuos  et  los  muertos  que  conciertes 
lo  que  escriuieres  con  el  libro  por  onde  escriuieres  et  lo 
emiendes  con  grande  diligentia  eso  mismo  te  conjuro  que 
escriuas  este  linage  de  conjuration  en  qualquter  libro  de 
estos  que  escriuieres. 


(Osuna:  Plut.  III.    Lit.  N,  n°  8;  Rocam.,  n°  113;  Bibliot.  Nat. 
Madrid.  KK-19) 

Eusèbe,     Chronique    universelle,    commentaire    fait    par 
Alfonso  de  Madrigal,  dit  el  Tostado.  En  castillan. 

Manuscrit  de  202  feuillets,  plus  2  feuillets  blancs  au  com- 
mencement, papier,  non  folioté,  à  deux  colonnes,  compte  en 
moyenne  54  lignes  par  colonne,  écriture  du  XVe  siècle.  Capi- 
tales et  rubriques.  Format  400X285  mm.  Reliure  de  par- 
chemin. 

Fol.  1.  Rubrique:  Comiença  el  comento  o  exposicion  de 
Eusebio  de  las  cronicas  o  tienpos  interpretado  en  vulgar. 
Capitulo  primero  del  prologo  en  el  quai  se pone  la  enten- 
cion  del  autor . 

((  Comiença  el  comento  :  Proposito  mio  fue  en  el  comienço 
del  trabajoen  esta  interpretaçion  de  Eusebio.  » 

Fol.  202  v°  B.:  «  de  estas  cuentas  de  interprètes  e  de  la 
letra  hebrayea  diremos  abaxo.  » 

Rubrique  :  Aqui  se  acaba  la  primera  parte  del  comiento 
de  Eusebio.  Au-dessous  la  seconde  partie  commence  tout  de 
suite  jusqu'au  bas  de  la  colonne,  mais  ce  fragment  est  sans 
importance,  puisqu'il  est  répété  en  tête  du  second  volume 
du  commentaire. 

Au  dos  :  1*  parte  del  comento  de  Usebio. 

Noub  avons  copié  ci-dessous  le  prologue  du  commentaire 


44  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLAM. 

d'Eusèbe  où  Alonso  de  Madrigal  déclare  ses  intentions  et 
nous  y  avons  ajouté  les  remarques  que  nous  a  suggérées  la 
comparaison  du  manuscrit  du  Tostado  sobre  Eusebio avec 

l'ouvrage  imprimé (1). 

Comiença  el  comento  o  exposition  de  Eusebio  de  las  cronicas  o 
tiempos  interpretado  en  vulgar.  Capitulo  primero  del  prologo  en 
el  quai  se  ponê  la  entencion  del  autor.  Comiença  el  comento  : 

Proposito  mio  fue  en  el  comienço  del  trabajo  en  esta  interpreta- 
çion  de  Eusebio  escripuir  algunos  comentos  o  breues  glosas  por  las 
quales  algunas  de  las  cosas  obscuras  o  menos  entendidas  mas 
abierto  podiesen  ser  conoçidas.  A  lo  quai  ansi  el  mandamiento  suso 
puesto  commo  la  razon  inclinaua  seyendo  la  obra  de  tal  condicion 
que  agora  por  breuedad  de  palabra  agora  por  diuersidad  de  cosas 
algunas  obscuridades  nesçessario  ouiese  de  contener.  Xin  fue  mi 
entinçion  proseguir  en  este  vulgar  comento  toda  la  exposiçion  que 
las  cosas  por  Eusebio  tocadas  rreçebir  podrian.Ca  esto  séria  rrelatar 
por  menudo  las  ystorias  de  todas  las  gentes  commo  Eusebio  las 
suçessiones  de  todos  los  famosos  rreynos  fasta  su  tienpo  aya  es- 
cripto.  Ca  esto  nin  se  podria  acabar  nin  séria  prouechosa  obra 
rrelatar  lo  que  todos  los  otros  ya  dicho  ouiessen,  mas  tanto  pensse 
ser  aqui  prouechoso  dezir  quanto  abastase  para  poder  conprehender 
la  entencion  de  la  letra  de  Eusebio.  Otrosi  non  cuyde  aqui  escriuir 
todas  las  declaraçiones  et  doctrinas  que  en  los  comentos  por  mi 
fechos  en  palabra  latina  sobre  el  testo  de  Eusebio  latino  largamente 
prosegui  commo  el  estilo  vulgar  non  rreçiba  muchas  cosas  las 
quales  la  palabra  latina  non  solamente  sufre  mas  aun  por  necesudad 
demanda  mayormente  que  al  que  ploguiere  mas  largo  et  curioso  las 
declaraçiones  de  las  dichas  cosas  veer  podra  los  mentionados  co- 
mentos latinos  leer.  Nin  por  esto  pensse  o  este  comento  ser  dema- 


1.  El  Tostado  sobre  Eusebio  minerai  de  letras  dicinas  y  humanas 
en  la  Historia  General  de  todos  los  tiempos  y  reynos  ciel  mundo  segun 
los  eomentarios  del  ilustrissimo  y  vénérable  doctor  lus  de  la  Iylesia, 
y  de  la  Christiandad,  Don  Alonso  Tostado  obispo  que  fue  de  Arila 
sobre  los  libros  de  Historias  y  Chronologias  que  dexo  eseritos  el 
grande  Eusebio  obispo  de  Cesarea  en  Palestina  recopilados,  redueidos 
y  compuestos  al  modo  y  estilo  dcstos  tiempos,  con  sus  Adieiones  y 
Glosas  à  la  margen  para  el  usa  de  los  Predicadores  y  eon  très  tablas 
huevamente  anadidas  por  el  rrïîo  Padre  Maestro  Fray  Joseph  deAlmo- 
nazid  del  Orden  de  S.  Bernardô,  etc.,  etc.,  etc.  2  vol.  in-fol.  Madrid, 
Melchor  Sanchez,  1677-79.  —  Il  existe  du  commentaire  du  Tostado  une 
édition  complète  en  6  vol.  in-fol.  imprimée  par  Haris  (iysser  de  Sil 
genstat,  à  Salamanqûe,  1506-1507.  (Cf.  N.  Antonio,  BibL  Vêtus,  t.  II, 
liv.  X.  chap.  VII. ) 


VI.    EUSÈBE  45 

siado  o  el  latino  ser  mas  de  rrazon  largo.  Ca  aquel  contiene  todo 
lo  que  al  estilo  latino  pareçio  seer  conueniente  contener  et  este 
tiene  lo  que  a  la  vulgar  interprétation  abasta  quanto  mas  por  estos 
diuerssos  comentos  seer  fechos  para  diuerssos  estados  et  condiçiones 
de  perssonas.  Mas  aun  nin  por  esto  créa  el  que  touiere  el  latino 
comento  seer  demasiado  este  vulgar.  Ca  este  non  es  interprétation 
de  aquel  nin  parte  suya  mas  cosa  por  si  fabricada  teniente  otros 
algunos  conçebimientos  o  doctrinas  que  aun  a  los  conoçientes  la 
palabra  latina  et  usados  por  el  latino  comento  puede  este  asaz  seer 
prouechoso  ansy  commo  otra  apartada  exposition.  Et  porque  cada 
una  cosa  sea  mas  prestamente  fallada  sera  esta  obra  de  comento 
partida  por  capitulos  non  solamente  tantos  quantos  en  el  testo  son 
mas  aun  por  mas  menuda  diuision  porque  los  capitulos  non  ayan 
de  ser  muy  largos  et  commo  suso  diximos  faxemos  sus  virgulas  et 
truncationes  de  vermellon  ansi  en  el  texto  commo  enel  comento  (1) 
sobre  aquellas  partes  sobre  las  quales  la  glosa  començaze  porque 
sea  presto  a  cada  uno  saber  cada  parte  del  testo  quai  glosa  le  res- 
ponde.  Et  esto  abaste  por  breue  prologo  de  este  comento  etluego 
començare  a  exponer  el  primero  prologo  del  libro  el  quai  es  de 
Prospero. 

Voir  dans  le  tome  I  du  Tostado  sobi^e  Eusebio  le  :  Pro- 
logo del  ilustrissimo  Doctor  Don  Alonso  Tostado)  en  el 
comento  qui  hizo  à  la  Historia  General  de  Eusebio  Cesa- 
riense  :  En  el  quai  se  pone  la  intencion  del  autor. 

Ce  prologue  est  identique  à  celui  du  ms.  KK-19  copié 
ci-dessus,  la  forme  en  a  été  un  peu,  très  peu,  abrégée  ou 
modernisée,  le  sens  est  strictement  le  même. 

A  côté  de  la  phrase  :  «  Tampoco  lie  cuidado  de  escrivir 
aqui  todas  las  cleclaraciones,  y  doctrinas,  que  en  mis  Co- 
mentos Latinos  se  hallaran,  pues  al  curioso  que  gustare  ver 
las  dichas  declaraciones  mas  por  extenso,  y  dilatadas,  las 
hallara  en  los  Comentos  citados,  »  il  y  a  en  marge  une  note 
de  l'éditeur  que  nous  reproduisons (2). 

Le  commentaire  du  Tostado  est  imprimé  à  partir  du  fol. 
115,  A.  du  ms.  KK-19,  première  partie  du  commentaire 
sur  Eusèbe,  au  chapitre  qui  dit  :  «  Comiença  aqui  el  libro 
de  Eusebio  de  los  tiempos  acabaclo  el  prologo  suyo  et  pone 

1.  Ceci  a  trait  aux  rubriques  de  la  quatrième  partie  et  prouve  que 
c'est  la  première. 

2.  Estos  Comentos  Latinos  no  han  salido  à  la  luz  de  la  imprenta. 


4G  BIBLIOTHÈQUE    OV    MARQUIS   DE   SANTILLANE 

primero  todas  las  cosas  de  que  entiende  tractar  en  manera 
d(3  titulo  o  rubrica,  Capitulo  selon  ta  et  dos.  » 

L'imprimé  commence  donc  par  le  prologue  du  fol.  1 ,  puis 
il  saute  au  fol.  115. 

La  quatrième  partie,  qui  manque  dans  le  ms.,  se  trouve 
dans  l'édition,  et  le  commentaire  imprimé,  comme  le  ms., 
s'arrêtent  après  la  cinquième  partie.  Mais  dans  l'édition  il  y  a 
une  sixième  partie  qui  s'intitule  :  Sexta  Parte,  las  Ques- 
tiones  del  Tostado,  où  le  Tostado  répond  a  quatre  ques- 
tions que  lui  a  posées  l'évéque  de  Palencia,  «para  cuva  dé- 
claration brevemente  recopila  con  maravilloso  estilo  todos 
lps  libros  de  laSagrada  Escritura  del  Nuevo  y  Viejo  Tes- 
tament o  ». 

Le  premier  volume  imprimé  comprend  les  trois  premières 
parties,  le  second  les  autres. 


(Osuna  :  Plut.  III.    Lit.   N,  n°  9  ;    Rocam..   n°  113;  Bibliot  Nat, 
Madrid,  KK-20) 

Eusèbe,  Chronique  universelle,  commentée  par  Alonso  de 
Madrigal,  dit  el  Tostado.  En  castillan. 

Manuscrit  de  217  feuillets,  papier,  foliotation  défectueuse, 
à  deux  colonnes,  compte  en  moyenne  54  lignes  par  colonne. 
Écriture  du  XVe  siècle.  Rubriques.  Format  400x285  mm. 
Reliure  de  parchemin . 

Fol.  1  :  Aqui  comiença  la  segunda  parte  del  comento 
del  libro  de  las  cronicas  o  de  los  tienpos  de  Eusehio  capi- 
tulo prim[er]o.  Del  comienço  delà  segunda  edad  et commo 
j'ue  muy  conueniente  que  veniesse  el  diluuio  seyendo  Noe 
de  seyscientos  aîïos  et  non  en  otra  manera. 

Incipit  :  «  Et  fueron,  continua  aqui  Eusebio  su  libro 
comiençando  las  cosas  de  la  segunda  edad  ca  puso  suso  las 
cosas  de  la  primera  edad.  » 

Fol.  217  v°  A.  Explicit  :  «  aunque  en  tienpo  alguno  de 
todas  ellas  fue  tomadaTroya.  »  Aqui  se  acaba  la  segunda 
parte  del  comento  sobre  Eusebio  de  los  tienpos \ 


VI.    EUSEBE  47 


E 


(Osuna:    Plut.  III.    Lit.  N,    n°  10;   Rocam.,  n°  113  ;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,  KK-21) 

Eusèbe,  Chronique  universelle,  commentée  par  Alonso  de 
Madrigal,  dit  el  Tostado.  En  castillan. 

Manuscrit  de  170  feuillets  plus  3  feuillets  de  garde  blancs 
au  commencement  et  2  à  la  fin,  papier,  non  folioté,  à  deux 
colonnes,  compte  en  .moyenne  60  lignes  par  colonne. 
Écriture  du  XVe  siècle.  Initiales  et  rubriques.  Format: 
400x285  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1,  encadrement  à  la  plume  en  rouge:  Aqui  corriiença 
la  tercera  parte  ciel  coinento  de  Eusebio.  Capitu/o  primo. 
Torna  el  comentador  a  seguir  la  linea  de  los  Sicioniosfasta 
Troya  tomada. 

Incipit  :  «  Sicionos,  agora  acabada  la  linea  de  los  Assirios 
fasta  Troya  tomada...  » 

Fol.  170  v°.  Explicit  :  «  este  logar  era  mui  famoso  e  por  esso 
es  tan  nonbrado  por  las  scripturas.  » 


Ôsuna:   Plut.  III.    Lit.  N,  n°  11  ;   Rocam.,  nd  113;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,  KK-23) 

Eusèbe,  Chronique  universelle,  commentée  par  Alonso  de 
Madrigal,  dit  el  Tostado.  En  castillan. 

Manuscrit  de  246  feuillets,  1  feuillet  blanc  à  la  fin,  pa- 
pier, non  folioté,  à  deux  colonnes,  compte  en  moyenne 
55  lignes  par  colonne. Rubriques  et  initiales,  dans  le  dernier 
tiers  du  volume  elles  font  défaut.  Écriture  du  XVe  siècle. 
Format:  400x285  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Aqui  eomiença  la  quinta  parte  del 
comento  de  Eusebio,  capitulo pri mer o:  las  fabulas  de  Tri- 
tolomo  e  de  las  seruientes  de  Certes  segun  Lactancio. 

Incipit  :  «  Tri  tolomo,  esta  istoria  pone  Eusebio  sobre  la 
linea  de  los  Athenienses...  » 


48  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

Fol.  246  v°.  Explicit:  «  e  en  esto  se  acaba  la  oarracion  de 

los  fechosdc  Persseo.  » 

De  cet  examen  il  résulte  que  la  quatrième  partie  du  com- 
mentaire est  perdue  et  qu'on  l'avait  remplacée,  en  donnant 
au  texte  même  d'Eusèbe,  qui  ne  fait  pas  partie  du  commen- 
taire proprement  dit,  le  titre  de  quatrième  partie. 

Ni  Amador  de  los  Rios,  dans  sa  Bibliothèque  du  Marquis, 
ni  Pellicer  dans  son  Ensayo,  ni  avant  eux,  Nicolas  Antonio 
dans  sa  Bibliotlieca  Vêtus  (t.  II,  liv.  X,  chap.  vu)  n'ont  fait 
mention  de  la  dédicace  au  marquis  de  Santillanede  la  tra- 
duction du  texte  d'Eusèbe  et  de  tout  ce  long  commentaire 
où  le  Tostado  utilise  l'œuvre  d'Ovide  de  telle  sorte  qu'on 
peut  dire  que  les  Métamorphoses  entières  se  retrouvent  dans 
son  livre.  Le  Marquis  a  dû  se  servir  beaucoup  de  ce  Tostado 
sobre  Eusebio  et  y  puiser  de  nombreux  renseignements 
mythologiques. 

Dans  Y Historia  critiçade  la  Lit.  Esp.  t.  VI,  p.  40,  note) 
Amador  de  los  Rios  cite  l'édition  de  1507  du  Tostado  sobre 
Eusebio,  mais  il  ne  dit  pas  un  mot  du  manuscrit  Osuna; 
il  n'a  pas  dû  le  voir. 


VII 
SAINT  JEAN  GHRYSOSTOME 

*A 

(Osuna:  Plat.  IL  Lit.  N,  n°  25;  Rocam.  n°  104;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,  Ii-165) 

Saint  Jean  Chrysostome,  Sermones  contra  Ânomios ,  tra- 
duits en  latin  par  Ambrogio  Traversari. 

Manuscrit  de  60  feuillets  de  vélin,  2  blancs  au  com- 
mencement et  2  à  la  fin.  Réglé  à  23  lignes.  Écriture  italienne 
du  XVe  siècle.  Ornementation  de  style  toscan.  Format 
233  X  150  mm.  Reliure  à   dessins  mudéjar  sur  ais  de  bois. 

Fol.  1,  demi-encadrement,  dans  le  bandeau  inférieur  les 
armes  du  marquis  de  Santillane. 

Rubrique  :  Johannis  Chrysostomi  arclriepiscopi  contra 
Anomios,  que  Deus  incomprehensibilis  sit,  sermo primas, 
in  absentia  episcopi  habitus,  incipit,  e  greco  per  fratrem 
Ambrosium  ordinis  camaldulensis  in  latinum  uersus. 

Incipit  :  «  Quid  est  hoc...  )) 

Fol.  10  v°,  sermo  primus  explicit.  Fol.  22  v°,  explicit 
sermo  secundus.  Fol.  34,  explicit  sermo  tertius.  Fol.  46, 
explicit  sermo  quartus.  Fol.  60  v°  :  Johannis  Chrysostomi 
constantinopoliiani  archiepiscopi  sermo  quintus  et  ultimus 
explicit.  Féliciter  lege. 

Ce  manuscrit  et  YHistoria  Gothica  de  l'archevêque  don 
Rodrigo  sont  les  seuls  textes  latins  de  cette  bibliothèque 
portant  des  signes  de  propriété,  armes,  reliure,  etc.,  du  mar- 
quis de  Santillane.  Lems.  Ii-165  ne  porte,  il  est  vrai,  ni  les 
heaumes,  ni  la  devise,  mais  il  fait  bien  partie,  cependant,  du 

4 


50  BIBLIOTHÈQUE  DU   MARQUIS   DE   SANTILLANË 

groupe  de  manuscrits  toscans  que  nous  avons  examinés  et 
qui  furent  copiés  en  Italie  pour  [ûigo  Lopez  de  Mendoza.  Le 
titre  donné  dans  la  rubrique  à  Traversari  permet  de  croire 
que  ce  manuscrit  fut  exécuté  avant  le  26  octobre  1431 ,  date 
de  l'élévation  d'Ambrogio  au  généralat  de  son  Ordre  par  le 
pape  Eugène  IV. 


B 

(O.sana:  Plut.  IV.    Lit.  N,  n°  33  ;  Rocam.  n     101.  Bibliot.  Nat. 
Madrid,    Ii-83) 

Saint  Jean  Chrysostome,  Œuvres,  en  latin. 

Manuscrit  de  217  feuillets  de  vélin,  1  feuillet  de  papier 
au  commencement  et  1  à  la  fin,  non  folioté,  écriture  du 
XVe  siècle  à  deux  colonnes.  Réglé  à  39  lignes  par  colonne. 
Rubriques,  capitales  en  or  et  couleurs.  Format295x212  mm. 
Reliure  de  parchemin,  au  dos  :  S.  Joannis  Chrisostomi  Epis- 
tolae. 

Fol.  1.  En  marge,  un  bandeau  décoratif  et  au  pied  de  la 
page,  dans  un  médaillon  d'or,  un  écu  portant  :  d'or,  tiercé  en 
fasces,  de  billettes  couchées  de  gueule  et  de  billettes 
couchées  de  sable,  bordées  d'argent. 

Rubrique:  Incipit  epistolabeatiJohannis  Crissostomi  ad 
Theodorum  amicum  lapssum  capitulum  primum. 

Incipit  :  «  Si  fletus  posset  e[t]  gemitus  per  litteras 
nunciari. . .  » 

Fol.  217  A.  Explicit  de  tout  le  volume:  «  gloriaet  inipe- 
rium  in  saecula  saeculorum  amen .  » 

En  marge,  quelques  notes  en  latin. 

Ce  manuscrit  contient  :  1  Ad  Theodorum  amtcum,  fol. 
1-5  v°;  2  Ad  Selechium  de  conpunctione,  fol.  5v°-13v°; 
3  Ad  Demetrium  de  compunctione,  fol.  13v°-23v°;  4  Quod 
nemo  lediiur  nisi  a  semetipso,  fol.  23  v°-35  ;  5  De  repa- 
ratione  lapsi,  fol.  35-55  v°  ;  6  Expositio  super  euan- 
gelium  beati  Mathei,  fol.  55v°-217  (25  homélies  . 

Les  5  premiers  traités  ont  été  traduits  par  Ambrogio 
Traversari  (Cf.  Bandini,  Cat.  cod.  lai.  bibliot.  Med.  Laur., 
t.  I,  col.  565,  et  Meluis,  Ambrosii  Traversarii  Vita). 


VII.    SAINT    JEAN    CHRYSOSTOME  51 

Quant  aux  25  homélies  sur  l'évangile  de  saint  Matthieu, 
ce  sont  celles  que  Georges  de  Trébizonde  n'a  pas  traduites, 
parce  qu'elles  l'avaient  été  avant  lui  :  «  ab  Aniano  qui 
temporum  suorum  eloquentissimus  fuit...  ita  sunt  ornate 
atqite  eleganter  traducti  »  (Cf.  ms.  D). 


C 

(Osuna:Plut.  IL  Lit.  N,  n°9;Rocam.  n°103;  Bibliot.  Nat.  Madrid  ,Ii -133) 

Saint  JeanChrysostome,  en  latin.  1.  De  Dei  prouidentia, 
traduit  par  Ambrogio  Traversari.  2.  De  Poenitentia 
homilia  VA  traduit  par  Gregorio  Tifernas.  3.  Ho- 
milia super  psalmum  quinquagesimum.  4.  Epistola  de 
lapsis  ad  Theodorum,  traduit  par  Ambrogio  Traversari. 
5.  Lilius  Tiphernas  (Giglio  degli  Archilibelli  di  Città  di 
Castello)  :  Sanctissimo  patri  Calisto  tertio  in  laudem 
consiantinopolitaneciuitatiset grecorum  unionis  epistola, 

Manuscrit  de  148  feuillets,  plus  3  blancs  au  commence- 
ment, papier,  non  folioté.  Réglé  à  32  lignes.  Écriture  ita- 
lienne du  XVe  siècle,  déjà  un  peu  anguleuse.  Belles  marges, 
rubriques  et  explicits,  capitales  ornées  sur  fonds  de  couleur. 
Format  297  X  219  mm.  Reliure  du  temps  encuirtympanisé, 
sans  ais  de  bois. 

I.  Fol.  1  sans  rubrique.  Incipit  :  «  Suntquidem  plurima 
que.  ))  Fol.  1  v°;  cette  préface  finit  par:  «  etnimium  dilecte 
deo  princeps.  » 

C'est  Y  Epistola  ad  Petrum  Principem  Lusitaniae,  par 
laquelle  Ambrogio  Traversari  dédie  à  ce  prince  sa  version 
latine  du  De  Dei  prouidentia  de  saint  Jean  Chrysostome 
(V.  Bandini,  loc.  cit.,  t.  I,  col.  565). 

Fol.  1  v°.  Rubrique:  Incipit  liber  primus  beati  Joannis 
Chrisostomi  Archiepiscopi  Constantinopolitani  ad  Sta- 
giriuin  monachum  arrepticium.  Lege  pheliciter. 

((  Oportuerat  quidem  omihi  amantissime.  » 

Le  livre  II  occupe  les  feuillets  22-43. 

Fol.  61.  Explicit  du  livre  III  :  «  aduersissimis  casibus 
îrangi  uel  de[j]ici  ualebis.  Deiei  (sic)  gracias.  » 


53  BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

II.  Fol.  62.  Rubrique:  Sancti  Johannis  Crisostomi  de 
penitentia  Job. 

[ncipil  :  «  [ta  nobishodiefestiuaquecelebritassolitoque...  » 
Fol.  126.  Explicit  :  «  el  spiritui  sancto  nunc  el  semper  el  in 
secula  seculorum.  Amen.  » 

Cette  homélie  portedans  la  Patrologie  grecque  de  Migne 
(T.  XLIX,  col.  305;  le  titre  suivant:  Homilia  de  Jejunio  et 
in  Jonam  Prophetam,  et  Danielem,  et  très  pueros,  et  de 
Poenitenlia,  Dicta  est  autem  in  sacrorum  jejuniorum 
ihgressum.  La  rubrique  de  ce  traité  répétée  en  Litre 
courant  au  haut  des  pages  <isl  erronée.  Il  s'agit  bien  ici 
du  De  Poenitentia,  mais  aucunement  du  Job  de  patientia. 
L'erreur  de  la  rubrique  provient  sans  doute  de  ce  que  le 
rubricateur  ou  le  copiste  aura  eu  sous  les  yeux  un  ma- 
nuscrit où  se  trouvaient  traduits  ces  deux  traités.  Dans  la 
plupart  des  manuscrits,  et  par  conséquent  dans  les  pre- 
mières impressions  de  ces  ouvrages,  ces  versions  sont 
attribuées  à  Lilius  Tifernas,  de  Città  di  Castello,  appelé  de 
son  vrai  nom  Lilius  Archilibelli,  dont  une  tradition  fait 
Télève  de  son  concitoyen  Gregorio  Tifernas1,  helléniste  pro- 
tégé par  Nicolas  V.  En  réalité,  ces  versions  de  Chrysostome 
sont  l'œuvre  de  Gregorio,  qui  les  termina  en  1449  et  les  offrit 
au  Pape  à  l'occasion  du  prochain  jubilé  de  1450.  La  confusion 
entre  ces  deux  hellénistes  naquit,  il  est  facile  de  le  com- 
prendre, de  la  ressemblance  de  leurs  noms. 

III.  Fol.  127.  Rubrique  :  Beati  Johannis  Crisostomi  Oinelia 
prima  super  psalmum  quinquagesimum   lege   pheliciter. 

Incipit  :  «  Mense  hesterne  reliquias  fratres  carissimi...  » 
Fol.  138  v°.  Explicit  :  «    ut    bona  eterna    consequamur 

gratia  et  humanitate  clomini  nostri  ihu.  Christi  qui   cum 

pâtre  et  spiritu  sancto  uiuit  et  régnât  in  secula  seculorum. 

Amen.  » 

Dans  la  Patrologie  grecque  de  Migne  (tomeLV,  col.  575 

nous  trouvons  cette  homélie  parmi  les  Spuria  in  psalmum  Lt 

IV.  Fol.  138  v°.  Rubrique  :  Incipit  epistola  de  lapsis  beati 
Johannis  Chrisostomi  ad   Theodorumlege  phoeliciter. 

1.  Voyez  sur  Gregorio  Tifernas  et  son  activité  littéraire,  l'article  de 
M*  Delaruellc  :  Une  vie  d'humaniste  au  XVe  siècle  (Mélanges  d'Archéo- 
logie et  d'Histoire  publiés  par  l'École  française  de  Rome,  t.  XIX,  p.  9- 
33). 


VTI.    SAINT    JEAN   CHRYSOSTOME  53 

Fol.  139.  Incipit  :  Si  fletus  posset  et  gemitus   per  épis 
tolas  nuntiari . . .  )) 

Fol.  145  v°.  Explicit  :  «  maximam  letitiam  esse  uenturam. 
Deo  gracias.  » 

Ce  traité  a  été  très  probablement  traduit  par  Ambrogio 
Traversari  (Cf.  Bandini,  ouvr.  cit.,  vol.  I,  p.  565,  cod.  XXV, 
n°  VI,  et  aussi  Mehus  :  Ambrosii  Traversant  Vita, 
p.  cccxc). 

V.  Fol.  146.  Rubrique  :  Lylius  tyffernatiis  Sanctissimo 
patri  Calisto  tertio  in  laudem  ConstantinopolitaneCiuitatis 
et  Grecorum  unionis\ 

Incipit  :  «  Patrum  sanctissime  quamquam  infra  plura...  » 

Fol.  148.  Explicit  :  «  ita  romane  ecclesie  apostolieeque 
sedis  majore  gloria  consecuti  sumus.  )) 


D 

(Osuna:  Plut.  II.  Lit.  N,  n°24;  Rocam.  n°  102  ;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,  Ii-158) 

Saint  Jean  Ciirysostome,  Homélies  sur  Vévangile  de 
saint  Matthieu,  traduites  en  latin  par  Georges  de 
Trébizonde. 

Manuscrit  de 226  feuillets,  plus  5  de  table,  dont  3  au  com- 
mencement et  2  à  la  fin.  Vélin  et  papier,  mal  folioté  :  entre  les 
feuillets  7  et  8,  un  feuillet  d'une  écriture  un  peu  postérieure 
à  celle  du  reste  du  volume  a  été  intercalé,  il  ne  porte 
pas  de  numéro,  mais  c'est  le  vrai  fol.  8;  plus  loin,  deux 
feuillets  18,  dont  le  second  est  naturellement  le  feuillet  19. 
Il  y  a  aussi  deux  feuillets  53,  mais  le  foliotateur  s'est  aperçu 
de  l'erreur,  puisqu'il  met  le  n°  55  au  feuillet  suivant.  A  par- 
tir du  feuillet  207  le  foliotateur  s'embrouille,  il  écrit  207, 
206,  207,  208,  209,  etc.,  et  cette  erreur  court  jusqu'à  la  fin 
où  il  marque  221  au  lieu  de  226.  Nombre  de  lignes  irré- 
gulier. Petites  capitales  en  couleurs.  Écriture  italienne  du 
XVe  siècle.   Format   236  x  152mm.  Reliure  moderne.  Au 


1.  Cette  épître  est  bien  réellement  de  Lilius  Archilibelli  de  Città  di 
Castello. 


54  BIBLIOTHÈQUE    Dl     MARQUIS    DE   SANTILLANE 

dos:  Sanctus  Joannes  Chrysostomus  Ubri  in  Euangelium 
>S"  Matthei. 

Fol.  I  en  marge:  Ad  beatissimum  patrem  et  summum 
pontificem  Nicolaum  quinturn  Georgii  Trapezuntii  in  tra- 
(lucdonein  LX[V]  librorurn  Chrysosiomi  super  Matheum 
prefacio.  Nous  avons  rétabli  Le  V  qui  a  dû  être  rogné,  l<is 
chiffres  ayant  été  écrits  sur  l'extrême  bord  du  feuillet. 

La  préface  de  Georges  de  Trébizonde  commence  par:  «  Jus- 
sisti  beatissime  pater  ut  sexaginta  quinque  beati  Johannis 
Chrysostomi  libros...,  »  et  finit  au  ve  du  mémo  feuillet  par 
a  quare  hiis  omissis  Chrysostomum  Ipsum  jam  audia- 
mus.  » 

Georgesde  Trébizonde  a  soin  de  nous  avertir,  dans  sa  pré- 
face, dé  ce  qu'il  ne  commence  sa  traduction  qu'au  livre  XXVI: 
«  Deinde  quia  viginti  quinque, ut- dictum  est, libri  abAniano 
qui  temporum  suorum  eloquentissimus  fuit...  ita  sunt 
ornate  atque eleganter  traducti ut  nichil  addi,  nichil  detralii, 
nichil  mutari  posse  uideatur.  » 

Fol.  2  :  «  Beati  Johannis  Crysostomi  liber  XXVI  super 
Matheum  incipit  féliciter.  »  Le  texte  commence  par  l'ho- 
mélie (livre)  XXVI,  le  numéro  des  homélies  se  trouve  en  titre 
courant  au  verso  de  tous  les  feuillets,,  dans  la  marge  d'en 
haut. 

Fol.  226.  Explieit:  a  pacis  atque  curas.  » 

Au  bas  du  même  feuillet  on  lit  :  «  déficit  una  exortacio.  » 

Le  verso  du  premier  feuillet,  le  second  tout  entier  et  le  recto 
du  troisième,  en  tête  du  volume,  sont  occupés  par  la  table 
des  rubriques  marginales;  c'est  la  table  des  homélies.  Les 
fol.  1  v°  et  2  sont  d'une  autre  main  que  le  reste  de  la  table. 

Les  deux  feuillets  de  la  fin  contiennent  la  table  des  textes 
de  saint  Matthieu  groupés  par  livres,  ces  textes  sont  sou- 
lignés en  rouge  dans  le  manuscrit,  il  y  a  aussi  sur  le  dernier 
feuillet  des  renvois  à  différents  passages. 


VIII 
IIISTORIA  DE  PRAELIIS 

(Osuna:  Plut.  IL  Lit.  M,  n°34;  Rocam.  n°4;  Bibliot.  Nat.  Madrid,  Ii-3) 

Liber  de  gestis  Aleœandri i  Macedonis,  appelé  communé- 
ment Historia  de  praeliis,  tirée  du  Pseudo-Callisthènes  et 
traduite  en  latin  par  rarchiprètre  Léo1. 

Manuscrit  de  16  feuillets  de  vélin,  1  feuillet  de 
vélin  blanc  au  commencement  et  1  à  la  fin,  ce  dernier 
porte  deux  notes,  non  folioté.  Réglé  à  41  lignes.  Écriture  du 
XIVe  siècle.  Rubriques,  capitales  rouges  et  bleues.  Format 
280  x  220mm.  Reliure  de  l'époque,  en  peau.  Au  dos  :  Alexan- 
dride  Gestis,  et  sur  une  étiquette  de  parchemin  fixée  sur 
le  plat  supérieur:  Alexandre  en  latin.  L'ouvrage  est  in- 
complet. 

Fol.  1:  Incipit  liber  de  gestis  Aleœandri  Macedonis, 
Rubrica. 

Incipit  :  «  Sapientissimi  quippe  Egiptii  scientes  mensuram 
terre  undasque  maris  et  celestium  ordinem.  . .  » 

Fol.  16  v°.  Explicit:  «  Quia  si  bene  consideramus  illa 
mater...  » 

Au  verso  du  fol.  blanc  de  la  fin,  on  lit  la  recette  suivante: 
a  Para  la  muela  que  esta  foraclada  toma  miel,  cal  biua  e  pi- 
mienta,  mescla  todo  en  uno  e  amasado  fas  como  una  me- 
chuela  e  metela  dentro  en  el  agujero  e  mortificara  luego  el 
dolor.  )) 

Et  au-dessous  :  «  Vasco  Fernandes  seruiclor  de  la  casa  del 
Duque  de  Bregança  lieua  cargo  de  me  despachar  en  corte 
una  notaria.  » 

1.  Cf.  Paul  Meyer,  Alexandre  le  Grand  dans  la  littérature  fran- 
çaise du  moyen  âge.  Tome  II:  Histoire  de  la  légende,  p.  34,  §  5. 


IX 


CICERON 


(Osuna:  Plut.   II.  Lit.  N,  n"  1  ;  Rocam.  n°52;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,  Hh-70) 

1.  Cicéron,  Orationes.  2.  Discours  concernant  le  couron- 
nement de  l'empereur  Frédéric  III  et  ses  raports  avec 
Rome.  En  latin. 

Manuscrit  de  248  feuillets,  1  feuillet  blanc  au  commen- 
cement et  1  à  la  fin,  vélin  lin,  non  folioté.  Nombre  de 
lignes  variable.  Écriture  de  la  deuxième  moitié  du 
XVe  siècle.  Capitales  en  or  et  couleurs,  miniatures  dans  les 
grandes  lettres,  encadrements,  pas  de  rubriques.  Format 
316  x  217  mm.  Reliure  de  maroquin  rouge  exécutée  pour  le 
duc  d' Osuna. 

I.  Fol.  1.  Incipit:  a  Quamque  michi  semper  frequenscons- 
pectus  uester  multo  jocundissimus  hic  autem  locus  ad 
agendum  amplissimus.  . .  » 

Fol.  248.  Explicit  :  «  scelerum  penas  luat.  Datum,  etc.  » 
Ce  manuscrit  contient  des  plaidoyers  et  des  discours  de 
Cicéron. 

1.  Fol.  1-8.  Discours  en  faveur  de  la  loi  Manilia. 

2.  Fol.  8-21.  PourMilon. 

3.  Fol.  21-34.  Pour  Cn.  Planchas. 

4.  Fol.  34-46.  Pour  P.  Sylla. 

5.  Fol.  46-50.  Pour  Archias. 

6.  Fol.  50-53  v°.  Remerciement  à  César  pour  le  rappel 
de  Marcellus. 

7.  Fol.  53v°-58  v°.  PourLigarius. 

3.  Fol.  58  v°-64.  Discours  pour  le  roi  Déjotarus. 


IX.    CICÉRON  57 

9.  Fol.  64-90.  Pour  A.  Cluentius. 

10.  Fol.  90-102  v°.  Pour  P.  Quintius. 

11.  Fol.  102  v°-116  v°.  Pour  L.  Flaccus. 

12.  Fol.  116  v°-120  v°.  Discours  de  Cicéron  au  peuple, 
après  son  retour. 

13.  Fol.  120  v°-126.  Discours  de  Cicéron  au  sénat,  après 
son  retour. 

14.  Fol.  126  v°-133.  Discours  de  Quintus  Cicéron  à  son 
frère  M.  Tullius,  sur  la  pétition  du  consulat. 

15.  Fol.  133-137.  Incipit  :  «  Si  quando  inimicorum  im- 
petum  propulsare  ac  propellere...»  A  la  fin  :  Explicit 
oratio  Tullii,  pridie  qua  iret  in  exilium.  Petrus  de 
C.  scripsiL 

16.  Fol.  137-139  v°.  Discours  de  Cicéron  au  peuple,  après 
son  retour.  Ne  commence  pas  par  le  commencement  :  «  Quod 
precatus  a  loue  Optimo,  »  mais  par  une  des  premières 
phrases  :  ((Quiritesetsinichilesthominimagis  optandum...» 

17.  Fol.  139v°-161  v°.  Pro  domo  sua. 

18.  Fol.  161  v°-165.  Discours  contre  Vatinius. 

19.  Fol.  165-175.  Pour  M.  Celius. 

20.  Fol.   175,  la   fin  au    fol.    191.    Pour  \ 

Sextus  Roscius  d'Arménie.  J les  feuillets  sur 

21.  Fol.  181,  la  fin  au  fol.  219.  Discours  surf  \e*quel*  sont 

'  >  cents  ces   trois 

les  provinces  consulaires.  (  discours  sont  in- 

22.  Fol.  219,  la  fin  au  fol.  180  v°.  Discours  ]  tervertis. 
sur  la  réponse  des  Haruspices.  ) 

23.  Fol.  191-207.  Pour  Murena. 

24.  Fol.  207-219.  Pour  C.  Balbus. 

25.  Fol.  238-240  v°.  Discours  pour  P.  Sextius  (incomplet). 

II.  Fol.  241?  place  en  blanc  pour  la  rubrique.  Incipit  : 
((  Sunt  quos  inuicta  te  stare  (?)  Rex  Romane  uides  uenerandus 
uicecamerarius,  illustris  Senator.Conseruatores  magnifici  et 
magistratus  urbis  ceteri,  cum  quibus  populus  Romanus,  ad 
salutandum  te,  nos  ciues  suos  misit,  meque  jussit  apud  te 
gaudium  quod  eis  aduentus  tuus  actulit  detegere  »,  etc.,  etc. 

a  Gaudet  Auguste  princeps  Romanus  populus,  exultât  et 
gloriatur,  quod  te  Imperatorem  habere  et  intra  urbem  cer- 
nere  sibi  contigit .  » 

Fol.   242  v°.   Explicit:  «  et  Nicolaus  quintus  Romanus 


58  BIBLIOTHÈQUE    M     MAKnilS    DE   SANTILLANE 

Pontifes  et  Federicus  fcertius  Imperator  Romanue  Inco- 
lumes  erunt.  Qui  ambo  ut  ad  centesimum  ei  amplius  inco- 
lumes  peruéniatii  annum  optamus.  Suplieesque  precamur 
adeoqui  trinus  ol unus  benedictus  esl   in   aecula,  amen.  » 

Ce  discours  qui  célèbre  le  couronnement  de  l'empereur 
Frédéric  III  (1440),  est  suivi  de  la  bénédiction  du  pape 
Eugène  IV  envoyée  à  Frédéric  III. 

Fol.  24o.  Incipit  :  «  Sanctissimus  ac  deo  acceptissimus 
pontifex  summus,  dominus  noster,  dominus  Eugenius,  tue 
oelsitudini,  tuis  pririoipibus,  tuo  Regno,  benedictionis  gra- 
tiam  imparti  tu  r..,  » 

«  Si  solus  huic  oneri  summissimus  essem,  uel  si  propter 
ariam  domesticam  autpriuatam  causamoraturus,accederem 
cristianissime  Regum  a  Sanctissimo  pâtre  nostro  Eugenio 
qui  nos  uonire  jussit  impetrare  curassem  ut  alium  quem- 
piam  elegantioris  ingeniiacfacundioris  eloquii  transmisissel 
qui  forcioribus  argumentis...  m 

Fol.  246.  Explicit  :  «  liberabis  dignam  mercedem  acci- 
pies.  ))  Finis. 

Fol.  246  v°  est  occupé  par  la  lettre,  si  souvent  copiée  au 
moyen  âge  de  Publius  Lentulus,  préfet  de  Judée,  au  sénat, 
où  il  est  parlé  de  la  personne  du  Christ. 

Fol.  246  v°  à  248  sont  écrits  d'une  autre  main  que  tout 
le  reste  du  manuscrit.  Ces  feuillets  contiennent  une  lettre  de 
Frédéric  III  au  roi  de  France  pour  l'inviter  à  entreprendre 
une  croisade  contre  les  Turcs. 

Incipit:  «  Federicus,  diuina  fauente  clementia  Romanorum 
imperator  semper  augustus,  serenissimo  principi  Karolo,  dei 
gratia  Francorum  régi,  fratri  nostro  carissimo  salutem  et 
amores. . .  » 

Explicit  :  «  scelerum  penas  luat.  Datum,  etc.  » 


B 

(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  M,  n°  6  ;  Rocam.  nn  50;  Bibliot.   Nat. 
Madrid,  Hh-181) 

Cickhon,  De  Ovatore.  En  latin. 

Manuscrit  de 65  feuillets,  plus  2  blancs  au  commencement, 
vélin,  non  folioté.  Réglé  à  38  lignes.  Écriture  italienne  du 


IX.    CICÈRON  59 

XV0  siècle.  Le  premier  feuillet  de  garde  porte  la  cote  Osuna, 
el  au-dessous:  Orationes  de  oratoribus  ad  Brut um.  Fol.  1 
et  fol.  41  v°,  grandes  initiales  en  or  et  couleurs.  Format 
272  X  182mm.  Reliure  de  maroquin  plein,  au  dos  :  Cirer o 
dialogi  de  Oratore  Orator. 

Fol.Incipit:  Cogitanti  michi  sepe  numéro  et  memoria...» 
Fol.  62.  Explicit  :   «   obsequi  uerecundia  negancli  scri- 
bendi  me  inprudentiam  suscepisse.  »  Explicit  liber  de  Ora- 
tore ad  Brutum. 
Fol.  65  v°  blanc. 


(Osuna:  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  39;  Rocam.  n°  51;  Bibliot.  Nat.  Madrid, 

Reserv.  5a,  22) 

Cicéron,  1.  De  Officiis.  2.  De  Amicitia.  3.  De  Paradoxis, 
4.  De  Senectute,  En  italien. 

Manuscrit  de  168  feuillets,  plus  1  blanc,  vélin,  réglé  à 
30  lignes.  Écriture  et  décoration  florentines  du  XVe  siècle. 
Format  275  X 190  mm.  Reliure  moderne. 

Fol.  1,  encadrement  de  style  toscan,  avec  les  quatre 
heaumes,  la  devise  Dius  et  vos  et,  en  bas,  l'écu  d'armes 
dlnigo  Lopez  de  Mendoza.  Belle  initiale  enluminée  con- 
tenant le  portrait  de  Cicéron  avec  son  nom  :  Marco  Tullio 
Cicérone. 

I.  Rubrique  en  lettres  capitales  :  Incomincia  un  libro 
di  Marco  Tullio  Cicérone  clecto  de    Officiis,  ad  Marco  suo 

Jîgliuolo,  da  certo  volgarizzato. 

Incipit:  «  [A]duengha  Dio,  o  Marco  figiiuolo,  che  gia  uno 
anno  auendo  tu  udito  Cratippo  et  questo  in  Athene...  » 

Livre  II,  fol.  42  ;  livre  III,  fol.  68. 

Explicit  du  De  Officiis  :  «  essere  piu  caro  se  tu  ti  ral- 
legherrai  di  tali  precepti  et  miei  ricordi.  »  Finis. 

II.  Rubrique  en  lettres  capitales  :  Incomincia  el  libro  di 
Marco  Tulio  Cicérone  délia  amicitia,  da  lui  composto. 

Incipit  fol.  101  :  «  [Q]uinto  Mutio  Augurio  Sceuola  era 
usato  di  raccontare. . .  » 


60  BIBLIOTHÈQUE    DI     MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Explicit  :«  pensate  o  crediate  nelle  cose  essore  migliore 
che(l)la  amistade.  »  Finis. 

Rubrique  en  lettres  capitales:  Finisceil  libro  composto 
da  Marco  Tulio  cica-onc,  in  volgare  decto  délia  amicitia, 
ad  Actico  suo  amicissimo.  Laus  Deo. 

III.  Rubrique  en   lettres  capitales  :   Incomtncia  il  libro 

del 't le  paradoxe  composto  da  Marco  Cicérone,  ad  Bruto,  da 
altrui  volgariézatOt 

Fol.  131.1ncipit:  «  [18]pesse  uolte,  o  Bruto,  io  conobbi  che 
quand  o  Catonc.  .  » 

Explicit:  «  ma anchora poueri  el  mendichi.  »  Finis. 

Rubrique  en  lettres  capitales:  Qui  Jinisce  il  libro  chia- 
mato  délie  paradoxe  composto  da  Marco  Tullio  Cicérone, 
ad  Bruto . 

IV.  Rubrique  en  lettres  capitales  :  Incomtncia  il  libro 
chiamato  la  Senectu  composto  da  M.  T.  Cicérone,  ad  Ac- 
tico, da  altrui  volgarizzato. 

Fol.  144.  Incipit  :  «  [Sje  io  alquanto,  o  Tito,  taiuto  et  lie- 
uoti  la  molestia  che...  » 

Fol.  168.  Explicit  :  «  cheuoi  possiate lodare prouati  in  facti 
quelle  cose  le  quali  uoi  hauete  udito  clame.  » 

Rubrique  en  lettres  capitales  :  Finiscie  il  libro  délia 
Senectu,  composto  da  Marco  Tullio  Cicérone,  el  quale 
insieme  col  libro  degli  ufficii,  paradoxe,  e  suto  tradocto, 
nella  magnificacitta  di  Firenze,  di  latino  in  lingua  toscana, 
ad  petitione  del  magnifico  et  generoso  caualiere  messere 
NicJiolops  (1)  (Iùigo  Lopez)  de  Mendoza  marchese  di 
Sanctig/iana. 

D 

(Osuna  :   Plut.  III.  Lit,  M,  n°  7;  Bibliot.   Nat.  Paris.  Fonds  Italien, 

nu  1703) 

Cicéron,   Tusculanes.Rn  italien. 

Manuscrit  de  162  feuillets  de  vélin .  Réglé  à  27  lignes. 
Écriture  ronde  du  XVe  siècle.  Encadrement  avec,  dans  le 
bandeau  inférieur,  un  médaillon.   Format    268x189  mm. 

1.  Il  est  évident  qu'ici  le  rubricateur  pensait  à  «  Niccolô  ». 


IX.    CICÉRON  61 

Reliure  de  cuir  tympanisé  avec  encadrements  dorés  sur 
ais  de  bois,  tranche  dorée  avec  incrustation  de  dessins. 

Fol.  1  et  2  blancs.  Fol.  3  porte  au  verso  en  lettres  capi- 
tales d'or  et  d'azur  cette  inscription  :  Incominciano  le 
Tusculane  di  Tulio  clarissimo  Oratove  Tradoctedi  Latino 
in  Volgare  Fiorentino  a  Pititione  di  Messere  Nugnio 
Gusmano  Ispagnuolo. 

Fol.  4.  Encadrement  florentin,  initiale  miniaturée  re- 
présentant l'auteur  tenant  son  livre. 

Incipit  :  Titre  en  capitales  d'or:  Incomincia  il  proemio  di 
Marco  Tullio  Cicérone  n[e]lle  quistioni  tusculane  felice- 
m.ente. 

Texte  :  «  Essendo  io,  o  in  tutto  o  in  maggor  parte,  qualche 
uolta  liberato  dalle  fatiche  délie  difensioni...  » 

Fol.  162.  Explicit:  «  alcuno  altro  alleggerimento  non 
e  potuto  essere  stato  trouato. 

Titre  en  rouge:  Fine  del  quinto  et  ultimo  libro  délie 
questioni  tusculane  di  M.  Tul.  Cicérone  di  latino  tradocte 
in  volgare  toscano,  in  Firenze  MCCCCLVI  (1456  . 

Livre,  I  fol.  7-44  v°  ;  livre  II,  fol.  45-67  ;  livre  III,  fol.  67 
v°-96  v°;  livre  IV,  fol.  96  v°-124  v°;  livre  V,  fol.  125  à 
la  fin. 

Ce  volgarismmento  a  été  publié  à  Venise,  en  1544,  par 
Fausto  da  Longiano  qui  Ta  retouché,  par  endroits,  pour  le 
moderniser.  M.  Morel-Fatio,  dans  l'étude  qu'il  a  consacrée  à 
Trois  manuscrits  de  la  Bibliothèque  d'Osuna  ,dans  la  Ro- 
mania,  t. XIV,  1885  ,  en  parlant  de  cette  version  (p.  102;  (1), 

1.  M.  Morel-Fatio,  qui  cite  cet  avertissement  aux  lecteurs,  d'après 
Paitoni  et  Argelati,  croit  que  c'est  un  fragment  de  la  dédicace  de  Fausto 
da  Longiano  à  Jérôme  Pallavicino,  seigneur  de  Cortemaggiore.  Cela 
n'est  pas  tout  à  fait  exact.  L'avertissement  est  distinct  de  la  dédicace, 
il  est  placé  à  la  dernière  page,  tandis  que  l'épître  dédicatoire  ouvre  le 
volume.  Voici  le  passage  de  l'épître  dédicatoire  qui  a  trait  à  la  version 
des  Tusculanes  et  où  Guzman  n'est  pas  nommé  : 

A  lo  illustrissimo  sicjnore  e  patronc  ossercandiss.,  a'I  sig.  Hiero- 
nimo  Marchese Pallacicino  Slgnore  di  Cortemaggiore,  etc.  Il  Fausto 
da  Longiano  : 


«  E  non  pure  io  le  sono  tenuto  de  le  cose  mie  proprie,  ma  anchora 
»  dogn'-altra,  che  per  qualunque  modo  procedesse  da  mè.  Cosi  sendomi 
»  in  sorte  capitate  ne  le  mani  le  Tusculane  quistioni  di  M.  T.  Cice- 
»  rone   donate  à  le  muse  Italiane  m'  ho'avisato,  poi  ch'  elle  andavano 


(i:J  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

cite  l'intéressant  avertissemenl  que  l'éditeur,  Fausto  da  Lon- 
giano  adresse  h  ses  lecteurà,  à  La  dernière  page  du  petit 
volume  des  Tusculanes,  p.  144:  //  Faustoài  Lettori  :«  Non 
»  fù  di  mio  costume  giamai  per  malitia  sopprimere  i  nomi  de 
»  gV  autori  de  l'opère  passateperle  mie  mani,  e  menocon  la 
»  conciatura  di  qualche  paroluccia  6  clausoletta  vestirmi  de 
))  gl'altrui  honori,  levandone  il  proprio  nome  de  Tau  tore, 
))  riponendovi  il  mio.  Questa  interpretatione  taie  capitô  in 
»  mano  di  M.  Vicenzo  Vaugris,  corne  ne  possonp  molti  far 
))  fede.  Comprendiamo  •perô  per  congiettura  essere  stata 
))  d'un  gentil'  huomo  Fiorentino,  ad  instanza  d'un  gentil' 
»  huomo  spagnuolo,  detto  il  S.  Nugno  Gosmano,  di  cui  si 
))  leggevano  queste  poche  parole  in  castigliano,  che  suonano 
))  in  lingua  nostra:  «  Pregovi,  adesso  si  come  allia  voila, 
))  che  mi  rechiate  in  lingua  vostra  le  Tusculanedi  Cicérone: 
))  e  non  per  modo  parafrastico,  ma  per  viadivera  tradot- 
))  tione,  et,  in  quanto  che  la  lingua  il  porti,  di  parola  in 
»  parola.  » 

Ce  passage  prouve  donc  bien  que  les  Tusculanes  ont  été 
traduites  spécialement  à  la  demande  de  Nufio  de  Guzman, 
et  nous  avons  vu  qu'il  en  a  été  de  même  pour  les  Déclama- 
tions de  Quintilien,  dont  la  version  diffère  de  celle  que  con- 
servent plusieurs  manuscrits  italiens  et  qui  est  attribuée 
au  notaire  Andréa  Lancia.  Moins  heureuse  que  la  version 
des  Tusculanes,  celle  des  Déclamations  est  demeurée  iné- 
dite. Le  adesso  si  come  altra  oolta  permet  d'admettre  que 


))  vagando  senza'l  nome  certo  de'l  suo  autore,  di  fregiarle  eo'l  titolo  de'l 
»  nome  vostro,  come  che  altro  non  conosca  più  degno,  più  illustre,  più 
»  glorioso.  Et  in  questa  guisa  io  spero  che  non  pure  habbia  à  recarlosi 
»  à  sdegno  l'autore,  se  per  aventura  hoggidi  tra  vivi  si  trova,  ma  se  'n 
»  vadi  lieto  e  altiero,  che  le  sue  fatiche  ricevino  cosi  largo  honore, 
»  come  lor  viene  da  l'ampiezza  de  vostri  honori.  E  poi  che  da  la  mano 
»  mia  tanto  beneficio  consiegue,  hô  ferma  credenza,  che  mè  n'habbia  à 
»  voler  bene,  e  ringratiare  apresso:  e  in  un  tratto  scuoprirsi,  e  con 
»  ogni  humiltà  inchinarsi  a'1  bascio  de  la  felice,  egioriosa  mano.  Ma  se 
»  questo  gcntile  spirito,  ô  vivendo  non  vuole  dimostrarsi,  o  pur  non 
»  lusse  più  tra  noi,  Vengo  io  in  sua  vece  divotamente  ad  orîerire  con  le 
»  ginocchia  itichine  à  i  sacri  altari  dicati  à  la  vertu  vostra  questa  pic- 
»  ciola  fal  ica 


»  Da  Viuegia  Tultimo  d'OUobre  ne'lXLIIII.  » 


IX.    CICERON  63 

Nuno  avait  chargé  le  même  traducteur  d'exécuter  pour  lui 
ces  deux  travaux. 


E 

(Rocam.  n°  54  ;  Bibliot.  Nat.  Madrid,  Ii-21) 

Cicéron,  1.  De  Officiis,  et  2.  De  Amicitia.  En  aragonais. 

Manuscrit  cle  148  feuillets,  plus  7  de  table  et  1  feuillet 
de  garde,  portant  sur  le  verso  en  gros  caractères  gothiques: 
Tabula presentis  libri  de  Officiis.  Entre  la  table  et  le  texte 
2  feuillets  blancs.  Papier,  folioté  et  portant  en  rouge  la 
numération  des  livres.  Réglé  à  26  lignes.  Écriture  du 
XVe  siècle.  En  marge,  très  rares  notes.  Rubriques  des 
chapitres  complètes,  espaces  en  blanc  pour  les  initiales. 
Format  292x210  mm.  Reliure  de  Binet,  initiales  du  Duc 
et  couronne. 

I.  Liv.  I.  Fol.  1-52  :  Prologo  del  primero  libro  de 
Officiis.  Incipit  :  «  [Y]a  sia  que  tu  Marco  fijo  mio  por 
espacio  demi  anyohas  hoydo  a  Cratipo  philosofo,  e  aquesto 
en  la  ciudat  de  Atenas...  »  Explicit.  Fol.  3  :  «  e  aposaremos 
de  las  fuentes  dellos  aquello  que  sera  visto  a  nuestro  ju- 
dicio  e  arbitrio.  )) 

Incipit  :  «  [E]  por  tanto,  pues  toda  la  futura  disputacion 
es  de  officio,  plasenos  an  te  di  finir  que  es  officio  la  quai  cosa 
me  marauillo  seyer  pretermisa  por...  » 

Explicit  :  «  mas  aquesta  question^  segunt  va  lie  dicho,  fue 
por  Paniecio  pretermitida.  E  de  aqui  auant  procidamos  a 
otras  cosas.  )) 

Livre  II,  fol.  52  v°-83.  Incipit  :  «  [E]n  que  manera,  Marco 
fijo,  prociden  los  officios  de  lahonestat  e  de  cada  unaespecia 
de  virtut .  .  .  » 

Explicit:  «  e  daqui  adelant  prosigamos  e  tractemos  de 
las  cosas  restantes.  » 

Livre  III,  fol.  83  v°-118.  Incipit  :  a  [Sjepas,  Marco  fijo, 
queCaton^  el  quai  fuecasi  egualensauiesaaPublioCipion...» 

Explicit  :  ((  si  con  semeiantes  amonestaciones  e  preceptos 
tu  te  alegraras  e  hauras  plazer. ..  »  Ffînito  es  el  tercero 
libro  de  Officios.  Deo  gracias. 


&4  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUI3    DE   SANTILLANE 

Fol.  118  v°  blanc. 

Fol.  119.  Pologo  del  libro  de  Amicicia.  Incipit:  «  Cuinto 
Nucio  augur  Ceuola  solia  muchas  vegadas  narrarme  moral- 
mente  de  Gayo  Lelio  suegro  suyo...  » 

Fol.  148.  Explicit:  «  que  estimedes  e  reputedes  que, 
excepto  aquella,  no  es  cosa  mas  noble  que  la  amicicia.  » 


Cicéron,  De  Senectute.  En  italien. 
Cf.  Notice  XL1X,  ms.  Ii-33. 


X 
JULES   CESAR 

(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  1  ;  Rocam.  nn  49;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,  Ii-37) 

Jules  César,  Commentaires,  traduits  en  castillan,  par  un 
anonyme,  sur  la  version  italienne  de  Pier  Candido  De- 
cembri. 

Manuscrit  de  125  feuillets,  plus  1  au  commencement  et 
1  à  la  fin,  papier ,  folioté,  sans  signatures  ni  titres  en  rouge, 
nombre  irrégulier  de  lignes,  écriture  du  XVe  siècle. 
Quelques  notes  marginales.  Format  295  X  215  mm.  Re- 
liure de  parchemin. 

Fol.  de  garde:  Al  serenisimo  principe  e  muy  excelente 
sehor  Philippe*  Maria,  duque  de  Milan,  concle  de  Pauia  e 
de  Anguera,  e  Senor  de  Genoua,  prologo  de  P.  Candido 
sobre  toda  la  hystoria  de  C.  Jullio  César, 

((  Muchos  han  ya  seydo  illustrissimo  principe  los  quales 
o  por  poca  noticia...»  Cette  dédicace  de  Decembri  et  les 
cinq  premières  lignes  du  prologue  sont  écrites  d'une  autre 
main  que  le  texte. 

Fol.  1.  Livre  I.  Incipit  :  «  Muchos  han  ya  seydo  ylustri- 
simo  principe  los  quales ...» 

Fol.  2  v°  :  Corniença  la  historia  de  C .  Jullio  Çesar 
emperador  maximo,  continuo  consul  e  perpetuo  dictador, 
de  las  batallas  de  Gallia,  escriptas  del  mesmo  e  ordenadas 
en  libros.  Libro  primero  corniença  bien  auen  t  ur  ad  e  mente. 

Fol.  3.  Incipit:  «  Italia  toda  es  dyuisa  en  très  partes,  una 
de  las  quales...  » 

Fol.  30  v°,  liv.  II;  fol.  44,  liv.  III;  fol.  54,  liv.  IV  ;  fol.  65, 
liv.  V  ;  fol.  84  v°,  liv.  VI  ;  fol.  99,  liv.  VII. 

5 


66  BIBLIOl  HÈQ1  E    DU    MARQ1  II    hi       .1  11. 1. 

Fol.  125.  Explicil  :  Fenesce  el  septimo  e  ultimo  Ubro  de 
c.  Jullio  Çesar  emperador  m(xximo}  continuo  consul,  pet 
petuo  dictador,  de  las  batallas  de  Gallia,  descripteur  del 
mesrno,  traducidos  en  vulgar,  al  serenissimo  principe  Filipo 
Maria,  duque  de  Milan,  conde  de  Pauia  e  de  Anguiera,  e 
seflor  de  Genoua,  por  Pedro  Candido  Décembre,  su  sieruo, 
feliçemente.  I)c<>  grattas  amen. 

Dans  la  Bibliothèque  de  VÈcole  des  Chartes  (tome  LV, 
1894)  M.  Morel-Fatio  a  publié  unarticle  intitulé:  La  tra 
duciiondes  Commentaires  de  César  par  Pier  Candido  De- 
cembri,  où,  répondant  à  M.  Borsa1,  qui  cite  César  parmi 
les  traductions  perdues  de  Pier  Candido  Decembri,  il  si- 
gnale un  manuscril  italien  de  la  version  du  De  Bellogallico 
de  César  faite  par  cet  humaniste  lombard.  C'est  un  ma- 
nuscrit du  XVe  siècle,  qui  se  conserve  à  Paris  sous  le  n  L2  1 
du  fonds  italien  (ancien  fonds,  n°  7725)  de  la  Bibliothèque 
Nationale. 

Pour  trouver  le  destinataire  de  cette  version  et  l'auteur, 
qui  n'y  est  pas  cité,  M.  Morel-Fatio  donne  la  préface  du 
manuscrit  124  et  la  compare  à  celle  du  manuscrit  Osuna 
(Bibliot.  Nat.  Madrid,  Ii-37),  qui,  dans  sa  rubrique,  cite  clai- 
rement Filippo  Maria  Viscontî  comme  destinataire  et  Pier 
Candido  Decembri  comme  vulgarisateur. 

Le  manuscrit  castillan  de  Madrid,  comme  le  manus<  rit 
italien  de  Paris,  ne  contient  que  les  sept  livres  du  De  Bcllo 
gallico.  Mais  du  prologue  de  Pier  Candido  ressort  qu'il 
avait  l'intention  de  traduire  non  seulement  les  sept  livres 
du  De  Bello  gallico,  mais  encore  le  huitième  livre  de  Hirtiu>, 
les  trois  livres  du  De  Bello  civilt  et  encore  le  Belliun 
Alexandrinum,  AJricanum  et  Hispaniense,  qu'il  attribue  a 
Hirtius. 

Voici  le  passage  du  prologue  de  Pier  Candido  relatif  à  ses 
projets: 

Mas  por  tornar  agora  a  César,  primero  emperador,  de  quien 
al  présente  (e)  sumamente  es  recordado  este  nombre  e  la  gloria,  e 
seyendo  el  elegido  por  los  Romanos  para  que  la  prouincia  de 
Galia  ordenase,   la  quai  de  nosotros  se  llama  Franc!  a,  e  dada 


1.  P'wr  Candido  Dcrcndyri  e  U  Umanrsimo  i n  Lombardia ,  dans  YAr- 
chivlo  storico  Lombwndo,  1893,  vol.  X,  anno  XX. 


X.    JULES    CÉSAR  67 

aquella  orden  en  cinco  anos,  despues  confirmada  en  otro  tanto 
tiempo  por  el  Senado  e  pueblo  de  Roma,  aquellas  cosas  que  por 
el  en  este  espacio  de  diez  anos  fueron  ordenadas  e  fechas,  todas 
las  recogio  en  sietelibros,  a  las  qualesnon  seyendo  dada  complida 
descripcion,  asi  como  claramente  se  ve,  uno  de  sus  capitanes 
mucho  famoso  en  los  f échos  de  armas,  Aulo  Hircio  llamaclo  por 
nombre,  aiiadio  a  aquellas  el  octauo  libro.  Despues  seyendo  de 
César,  en  très  libros,  descriptas  las  batallas  cibdadanas  que 
fueron  entre  el  e  Pompeo  en  diuersos  lugares,  las  quales  de  Lu- 
cano  despues  en  versos,  mas  poeticamente  que  verdaderas,  fueron 
escriptas,  el  ya  nombrado  Hircio,  por  complir  la  primera  e  la 
segunda  historia,  très  libros  por  semejant  a  aquella  ayunto,  en  los 
quales  las  batallas  do  Alexandria,  de  Africa  e  de  Espana  se  con- 
tienen,  segun  que  en  este  volume  en  vulgar  se  traduciran. 

Cette  traduction  castillane  des  Commentaires  clc  César^ 
ne  fut  pas  imprimée.  Mais,  au  XVe  siècle  encore,  nous  trou- 
vons une  autre  version  castillane  de  César,  imprimée  à  To- 
lède (m  1498,  un  an  après  la  mort  du  prince  Don  Juan,  fils 
des  Rois  Catholiques,  à  qui  son  auteur.  Diego  Lopez  de 
Toledo,  commandeur  de  Castilnovo,  l'avait  dédiée.  Cette 
traduction  fut  plusieurs  fois  réimprimée  (Cf.  Pére2  Pastor, 
La  Imprenta  en  Toledo,  Madrid,  1887,  n°  11,  et  Pellicer, 
Ensayo,  p.  52). 


XI 
SALLUSTE 

(Osuna  :  Plut.  VI,  n°  5,  d'après  Los  Rios ;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,   KK-46) 

1.  Salluste,  De  conjuratione  Catilinac.  En  castillan. 

2.  Diego  de  Valera,  Lettres. 

3.  Hernando  de  Talavera  (?),  Lettre  relative  à  la  suc- 
cession cV Henri  IV. 

4.  Diego  de  Valera,  El  Cérémonial  de  principes. 

5.  Saint  Basile,  Homélie  traduite  sur  la  version  latine 
de  Bessarion . 

6.  Inigo  Lopez  de  Mendoza,  Comedieta  de  Ponça. 

7.  Diego  de  Valera,  El  Doctrinal  de  principes. 

8.  Saint  Bernard,  Epistola  a  lieymundo  susobrino. 

9.  Inondations  de  Cordoue  et  de  Séville. 

10.  Lettres  de  Sancho  de    Torres  et  de  Fernando  de  la 
Torre. 

11.  Diego  de  Valera,    Tratado  de  prouidencia  contra 
fortuna. 

12.  Juan  Jufre  de  Auvergne,  Harangue  au  roi  de  Por- 
tugal. 

13.  Vegèce,  traduit  par  Fray  Alfonso  de  Sant  Cristobal. 

14.  Lettre  de  Don  Fadrique  et  de  Don  Alonso  Pimentel  à 
Don  Alvaro  de  Luna  et  à  V archevêque  de  Tolède. 

15 .  Réponse  à  ladite  lettre. 

16.  Diego   de   Valera,    Fragments    du    Cérémonial    de 
principes. 

17.  Lettre  des  rois  catholiques  à  Diego  de  Valera, 

18.  Réponse  à  ladite  lettre. 


XI.    SALLUSTE  69 

Manuscrit  de  151  feuillets,  au  commencement  2  feuillets 
blancs  et  2  de  table  sommaire,  papier,  foliotation  ancienne 
en  rouge,  qui  a  été  malencontreusement  rognée  et  remplacée 
par  une  foliotation  moderne  défectueuse.  Ce  volume  con- 
tient différentes  écritures,  mais  toutes  du  XVe  siècle. 
Format  282  X  200  mm.  C'est  un  recueil  factice  relié  au 
XVIIIe  siècle,  en  veau  marbré,  avec  étiquette  rouge  au 
dos  portant  Salustio,  tranches  dorées. 

Le  premier  ouvrage  contenu  dans  ce  volume  est  une 
traduction  du  De  Conjuratione  Catilinae  et  d'un  chapitre 
seulement  du  De  Bello  Jugurthino. 

I.  Fol.  1.  Rubrique:  Aqui  comienca  el  Ubro  llarnado  Ca- 
thelinario  e  Jugurtino  en  que  contiene  alguna  suma  de  los 

fechos  romanos  el  actor.  Cet  ouvrage  est  écrit  à  deux  co- 
lonnes, avec  rubriques  et  initiales  de  couleur.  Le  prologue 
commence  par  une  capitale  ornée  à  la  plume  d'arabesques 
violettes  et  rouges. 

Fol.  1.  Prologue  du  traducteur  Vasco  de  Guzman  à 
Fernan  Perez  de  Guzman,  seigneur  de  Batres.  Incipit  : 
«  Segund  cuenta  Sant  Geronimo.  .  .  » 

Fol.  lv°.Fin  du  prologue,  au-dessous  commence  le  texte  : 
a  Todos  los  honbres  que  quieren  ser  mas  que  las  otras 
animalias .  .  .  » 

Fol.  34  v°  A.  Explicit  :  «  e  llanto  e  gozo.  Aqui  ha  fe- 
nesçido  la  conjuraçion  de  cathelina  y  fenesçieron  sus 
dias.  )) 

Au-dessous,  sans  autre  titre  que  El  actor,  commence 
le  De  Bello  Jugurthino:  «  Sinrazon  se  quexa  el  linaje  hu- 
mano  de  la  su  naturaleza...  » 

Fol.  36  B.  Explicit  du  premier  chapitre,  le  seul  de  cet 
ouvrage  que  contienne  ce  manuscrit  :  «  e  yo  con  mayor 
libertad  mas  altamente  lo  considero  quando  he  verguença 
de  las  maneras  cle  la  çibclad  de  las  quales  so  enojado.  » 

Fol.  36  v°  blanc,  fol.  37-42  coupés,   fol.  43-48  blancs. 

II.  Fol.  49,  50,  51,  sont  occupés  par  des  lettres  de  Mossen 
Diego  de  Valera,  seulement  Tordre  des  feuillets  a  été  altéré, 
il  devrait  être  49,  51,  50. 

Fol.  49.  Titre:  Thenor  de  una  carta  que  Diego  de 
Valera  enbio  al  Rey  nuestro  sefïor  estando  su  senoria  en 


70  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS   DE   SANTILLANË 

Attila  ano  dé  quarenta  e  uno  afios  ante  que  Médina  del 
Canposê  entregase  por  el  Rey  de  Non  ara  ynfante  (lisez: 
e  pot  el  ynfante). 

Incipit  :  «  Muy  alto  e  muy  excelente  principe  poderoso 
Rey  e  seîlor:  la  deuida  lealtad  de  sûbdito  no  me  consiente 
callar.. .  » 

Fol.  41  v°.  Explicit  :  ((  vos  de  los  vuestros  amado  e 
temido.  » 

Cf.  Epistolas  de  Mosen  Diego  de  Volera  'Sociedad  de 
Bibliôfilos  Esp.),  publiées  par  José  Antonio  de  Balenchana, 
p.  3-9. 

Fol.  51  v°:  Otra  carta  quel  dic/io  Diego  de  Volera  en- 
bio  al  die  ho  senor  Rey  estando  su  Senoria  en  Tord  esy  lias, 
y  con  el  el  senor  principe  (el  sehor),  el  ano  de  quando 
se  hico  la  coneordia  entre  amos  a  dos. 

((  Da  pacen  (sic)  in  diebus  nostris.  »  «  Quantos  y  quan  gran- 
des maies  de  la  guerra  se  sygen  muy  ynclito  Rey...  ». 

Fol.  50  v°.  Explicit:  «  dias  de  gloria  perpétua,  e  loable 
memoria  seay[s]  mereciente  »  (Cf.  Epistolas  de  Mosen  Diego 
de  Valero,  ouvr.  cit.,  p.  10-13  . 

Fol.  50  v°  :  a  Otra  carta  quel  dicho  Diego  de  Volera 
[enbio]  a  un  amygo  suyo  que  le  reprehendio por  que  escri- 
uyo  al  Rey  don  Johan  la  dicho  epistola  :  Tu  letra,  no 
poco  deseada,  recebi  por  la  quai  sygnyficaste  auer  te  des- 
placido  de  la  epistola...  ». 

Cette  lettre  incomplète  finit  par  :  «  al  quai  la  racon 
nos  obliga  y  amor  entranable  al  rey  nuestro  seilor...  » 
(Il  en  manque  les  deux  tiers,  voyez  Balenchana,  éd.  cit., 
p.  14-16). 

Fol.  52,53,  54  blancs. 

III.  Fol.  55,  56,  57,  58  sont  occupés  par  une  lettre  au  roi  : 
«  Muy  alto  e  excelente  principe  y  poderoso  rey  mi  seûor  : 
El  muy  reuerendo  padre  arçobispo  de  Lisbona  me  mostro 
la  copia  de  la  justicia  que  estos  mensageros  de  los  caualleros 
de  Castilla  traen...  ». 

Fol.  58.  Explicit  :  «  esto  veemos  que  estas  ynclinado  a 
fazer.  »  Le  contenu  est  relatif  à  la  succession  d'Henri  IV. 
En  marge  du  feuillet  55  une  main  du  XVII0  siècle  a  mis  la 
note  suivante  :  «  No  dudo  de  que  esta  carta  sea  del  St0  Arço- 


XL    SALLUSTE  71 

bispo  de  Granacla  fray  Hernando  de  Talauera  por  pare- 
cerse  mucho  al  estilo  de  las  obras  del  Santo  y  por  que  el 
fue  a  Portugal  a  esto  y  interuino  en  estas  materias,  y  por 
otras  conjeturas.  »  —  Nous  n'avons  pas  pu  vérifier  l'opinion 
de  cet  anonyme;  dans  les  œuvres  de  Fray  Hernando  que 
nous  avons  vues,  cette  lettre  ne  figure  pas. 
Fol.  58  v°,  59,  60  blancs. 

IV.  Fol.  61.  :  Comiença  el  çirimonial  de  principes  con- 
puesto  por  Mosen  Diego  de  Valera,  al  muy  manifico  e 
ynclito  senor  don  Juan  Paclieco,  marques  de  Villena, 
etc.,  etc.  (folioté  à  part). 

Incipit  :  «  Si  aquella  sentençia  de  Seneca  es  vercladera, 
muy  manifico  senor,  que  dize  la  cosa  que  es  buena  o  bien 
es  la  sabiduria  de  las  cosas,  e  la  cosa  que  es  mala  o  mal  es  la 
ynorançia  de  aquellas...  » 

Fol.  66.  Explicit  :  «  mis  fuercas  ynteriores  ser  asi  apare- 
jadas  vuestro  mandado  conplir  como  las  exteriores  lo  son 
quando  ospirmentar  lo  queies  sic,  lisez  :  querreys).  (Cf.  Ba- 
lenchana,  éd.  cit.,  p.  307-322). 

Fol.  66  v°,  67,  68  blancs. 

V.  Fol.  69-74  v°  :  [E]n  la  siguiente  eseritura  se  contiene 
una.  obra  traslaclada,  de  griego  en  latin,  por  el  padre 
muy  reuerendo  llamado  Basirion  (sic)  Viceno  (sic)  de 
grecia,  presbitero  cardenal  de  la  basilica  o  yg/esia  de  los 
doze  apostoles,  e  siguese  primeramente  el  prologo  f écho  por 
cl  mesmo  cardenal  al  senor  Rcy  don  Joltan  a  cuia  altéra 
el  endereça  la  tralaçion  de  la  ta/  obra. 

En  marge  on  a  corrigé  Basirion  en  Bessarion  et  Viceno 
enNiceno. 

Suit  un  prologue  de  Bessarion  au  roi  de  Castille,  Jean  II. 
Incipit  :  «  [A]l  serenisimo  e  ylustrisimo  principe  e  excelen- 
tisimo  senor  don  Jolian...  ». 

Explicit  :  «  bien  auenturado  serenisimo  principe  e  ylus- 
trisimo senor.  » 

Au-dessous,  titre  :  [S]yguese  la  omelia  de  Sant  Basilio, 
arçobispo  Cesariense,  sobre  aquella  actoriclad  que  dize: 
Para  mientes  sobre  ii  mesmo,  aguar date  que  por  ventura 
no  entre  en  ti  cscondidamente  mal  pensamiento.  Et  au 
verso  de  ce  fol.  6  commence  l'homélie  : 


72  BIBLIOTHÈQUE  DU   MARQUIS   J >i  :   SANTILLANE 

((  [E]l  sefior  Dibs  criador  e  fazedor  nuestro  nos  dio  e] 
uso  de]  fablar  para  que  por  e)  reuelemos  unos  a  otros  Los 
seeretos  de  nuestros  coracones,  e  para  que  por  el  comunicar 
de  la  nâtura  pueda  cada  urio  sacar  e  dezir  sus  pensamien- 

tos...  )) 

Fol.  71  v°.  Explicit  :  a  al  quai  sea  honni  e  gloria  en  les 
siglos  de  los  siglos  amen.  »  Quis  escripsit  escribat  seniper 

cum  domino  viuat,   amen.  Traducteur  espagnol  inconnu; 
serait-ce  Pedro  Diaz  de  Toledo? 

Fol.  75-80  blancs,  fol.  81  coupé  très  bas. 

VI.  Fol.  82  :  Comedieta  de  Ponça,  écrite  à  trois  huitains 
par  page. 

Incipit  :  «  0  vos  dubitantes  creed  las  ystorias.  » 

Fol.  94  blanc. 

Fol.  102  v°.  Fin  de  la  Comedieta  de  Ponça,  Explicit: 
«  despues  conuertido  en  tanta  alegria.  » 

Fol.  103-106  blancs. 

VIL  Fol.  107:  Prologo  en  el  Doctrinal  de  principes,  di- 
rigido  al  muy  alto  e  muy  excelente  principe  sefior  don 
Fernando,  por  la  diuinal  prouidencia,  rey  de  Castilla  e 
de  Léon  e  de  Ceçilia,  primo  genito  heredero  de  los  reynos 
de  Aragon,  conpuesto  por  Mosen  Diego  de  Valero,  m 
ma£stresala  e  del  su  corne jo. 

Incipit:  «  Entre  los  caualleros  fue  antigua  costumbre, 
muy  serenisimo  principe,  que  quando  senor  nueuamente 
recebian  cada  uno  se  esforçaua  a  algun  agradable  seruiçio 
le  fazer  e  como  la  tal  costumbre  loable  me  pareçiese  e  a 
nuestro  senor  aya  plazido  merced  tan  ynmensa  fazer  nos 
de  vos  dar  estos  reynos,  que  por  légitima  subcesion  de  la 
muy  alta  e  muy  esclarecida  prinçesa  reyna  e  seïlora 
nuestra  dona  Ysabel  con  quien  por  la  diuina  gracia  soys 
por  casamiento  ay[u]ntados.  .  .  »  Ce  prologue  finit  au 
fol.  CVII  v°  par  :  «  quantas  maneras  son  de  virtudes  e 
cada  una  délias  quantas  partes  tiene  e  quales  son  sus 
dilerencias,  lo  quai  respondido  se  dara  fin  a  la  obra  pré- 
sente. » 

Texte  :  «  Capitulo  primero  donde  se  diriua  este  nombre 
rey  :  Asi  digo  xri[sti]anisimo  principe  que  este  nombre 
rey  se  diriua  o  deçiende.  . .   D 


XI.    SALLUSTE  73 

Fol.  123  v°.  Explicit  :  «  ni  pierda  la  gracia  de  los  onbres 
con  clemasiada  fiereza  o  rigor.  » 

((  Aqui  do  fin  a  mi  sinple  tratado,  muy  serenisimo  principe, 
suplicando  luimilmente  al  espiritu  santo  de  donde  todos 
los  bienes  deçienden  que  tanto  vos  faga  prudente  e  sabio 
e  exçelente  en  toda  vertud  quanto  vos  fizo  de  muy  pre- 
clarisima  e  alta  estirpe  nacer,  por  que  estos  reynos,  que 
asi  luengamente  han  estado  en  tanta  confusion  e  cliscordia, 
por  vuestra  mano  seaD  reformados  en  paz,  e  concordia,  e 
justiçia  légal  por  que  a  muy  luengos  tienpos  cle  gloria 
perpétua  e  loable  memoria  seays  mereeiente.  » 

Ce  traité  est  accompagné  de  copieuses  notes  marginales . 

Fol.  124-128  blancs. 

VIII.  Fol.  129  :  Comiença  la  epistola  de  san  Bernaldo 
a  Reymundo  cauallero,  su  sobrino,  de  la  mariera  e  forma 
que  se  deue  régir  la persona  e  la  casa  efa.zienda  e  dize  asi  : 

a  Virtuoso  e  generoso  cauallero,  pedistes  me  os  escriuiese 
la  forma  e  manera  del  regimiento  quel  onbre  deue  tener 
en  su  persona,  e  casa,  e  fazienda,  a  lo  quai  respondo  e 
fago  saber  que  aunque  todas  las  cosas  del  mundo  e  todas 
las  negoçiaçiones  esten  sujebtas  a  la  fortuna,  segun  lo 
dizen  los  philosophos.  .  .  » 

Fol.  131.  Explicit:  «  beuera  con  el  tal  marido  el  vaso 
de  dolor  que  ella  deseo  e  busco  a  lo  quai  la  traen  en  los 
mereçimientos  de  su  mala  vejez.  Deo  gracias.  » 

Fol.  132  blanc. 

IX.  Fol.  133:  ((Las  cosas  que  acaecieron  en  Seuilla  e  en 
Cordoua  e  ^u  tierra  de  que  no  ay  memoria  de  tan  grandes 
danos  etçetera.  » 

a  Primeramente  acaesçio  en  Seuilla  que  subio  tanto  la 
creçida  que  con  un  palmo  que  subiera  mas  pereciera  tocla 
la  cibdad.  » 

Description  des  dégâts  causés  par  l'inondation  à  Séville. 
Après  la  première  description,  un  autre  paragraphe  :  a  Lo 
que  se  perdio  al  derredor  de  Seuilla  :  Perdieronse  mu- 
chas  mercaderias  que  estauan  en  fustas  amaradas  a  los 
muros  de  la  cibdad  e  perdiose  un  lugar  que  se  dize . . .  )) 

Fol.  133  v°.  Explicit  :    «  salio   un   ombre   del  meson  a 


1\  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS   DE   SANTILLANK 

una  venta  a  fcomar  una  barca  e  rebatolo  <il  agua  e  lleuolo  un 
fciro  de  piedra .  » 

Fol.  KM  blanc. 

Fol.  135  et  136  sont  occupés  par  deux  lettres. 

X.  Fol,  135.  Caria  de  Sancho  de  Torres  a  Fernando 
de  la  Tore  quando  partia  a  Jerusalen  e  despues  a  Rodes 
para  tomar  el  abito  de  la  horden  de  San  Juan . 

«Mi  buen  seftor  e gracioso  <>  verdadero  amigo,  ya  creo  que 
sabes  como  mediante  nuestro  seftor  yo  fago  e  tengo  en- 
treprendido,  con  deliberaçion  <i  mandado  del  conde  mi  seflor, 
cl  viage  siguiente,  primeramente  a  la  cibdad  de  Seuilla  e 
alli  cnuarcar  fasta  Genoua  e  despues  a  Roma  e  a  Jeru- 
salen (sic)  y  en  conclusion  a  la  cibdad  de  Rodes.  .  .   » 

Explicit  :  «  al  tienpo  que  yo  me  parto  para  Jerusalen 
e  Rodas.))  À  la  suite:  Repuesta  de  Fernando  de  la  Torre\ 
((  Que  partimiento  de  amores,  o  quai  absenria  de  debdos,  o 
que  desterramiento  de  recre[a]çion  (?)  natural  mi  singular 
seilor  e  grande  amigo .  .  .  » 

Fol.  136  v°.  Explicit  :  «  escrita  e  malhordenada  del  sitio 
e  real  çerca  de  Benauente,  a  diez  dias  de  março  de  qua- 
renta  e  nueue  anos.  ))  Suit  une  pièce  de  vers  composée  de 
quatre  strophes  de  dix  vers  et  d'un  envoi  de  six  :  «  Por  fin 
de  la  carta  : 

»  Vuestra  partida  senor 

»  Para  tan  estrana  parte. .  ,  ». 

Fol.  137.  Explicit  : 

«  A  Castilla  os  torne  Dios 

))  De  Torres  don  Sancho  e  nos.  » 

XI.  Fol.  139  :   Tratado  de  prouidençia  contra  fortuna 
.  conpuesto por  Mosen  Diego  de  Volera,  dirigido  a. . . 

a  Acuerdome,  muy  magnifico  senor,  auer  leydo  un  dicho 
de  Sen[e]ca  que  dize  :  enfonces  los  consejos  saludables 
busca  quando  la  fortuna  mas  riente  se  te  muestra,  ca  la 
fortuna  es  de  vidro  e  quando  mas  resplandeçe  entonces 
se  quiebra,  e  con  esta  dotrina  concuerda  Caton  di- 
ziendo. . .  ». 

Fol.  142.  Explicit  :  «  que  un  coraçon  de  leal  amigo  o  fiel 
seruidor  no  se  puede  por  preçio  conprar.  » 


XI.    SALLUSTE  75 

Fol.  142  v°  et  143  blancs. 

XII.  Fol.  144  :  «  Siguese  una proposition  o  arenga  pro- 
puesta  en  latin  antel  muy  y  lustre  principe  don  Alonso 
rey  de  Portugal,  la  quai  es  laprimauera  (sic)  de  très  perpu- 
siçiones  que  antel  Jueron  Jechas,  par  Juan  Jufre  de  Au- 
uergnese,  enbaxador  de  los  senores  duque  e  duquesa  de 
Borgona,  e  fue propuesta  en  Euora,  a  ueynte  e  quatro  de 
nouiembre  aho  de  mil  e  quatro  çientos  e  quarenta  e  nueue, 
trasladola  de  latin  en  romance  caslellano,  Martin  de  Auilay 
por  seruiçio  del  muy  maniflco  senor  don  Inigo  Lopez  de 
Mendoça,  marques  de  Santillana,  C onde  del  Real,  » 

Texte  :  «  Tenprança  por  çierto  difiçile  y  tal  que  segun 
veo  yncurrira  en  varios  e  diuersos  razonamientos,  muy  exce- 
lente  rey,  demanda  y  requière  el  cargo  e  mandado  a  nos 
ynpuesto,  ca  nos  son  delante  pro[p]uestas  dos  muy  diuersas 
y  diferentes .  . .   » 

Fol.  150.  Explicit:  «  tu  que  aun  perdonarias  a  tus  ene- 
migos  no  denegaras  misericordia  al  (sic)  sangretua.  » 

Fol.  150  v°  blanc 

XIII.  Fol.  151.  Texte  sur  deux  colonnes,  petite  écriture: 
Vegeçio  de  re  militare.  Prologue  du  traducteur,  Fray  Al- 
fonso  de  Sant  Cristobal,  maestre  en  theologia. 

Incipit  :  a  Muy  alto  e  muy  claro  principe  poderoso  don 
Enrique .  . .  » 

Explicit  :  a  que  es  perpétua  per  ynfinita  secula,  amen.  » 

Au-dessous  :  «  La  primera  parte  desta  obra  es  declarar  e 
romançar  los  libros  e  diclios  de  Vegecio  segun  que  lo  dize, 
e  por  ende  es  a  saber  que  Vejeçio  toda  su  obra  parte  en 
quatro  libros  e  cada  libro  parte  por  capitulos  e  cada  libro 
faze  un  prologo,  que  es  como  arenga,  segun  costumbre  de 
los  sabios  que  conponen  obras  e  ante  que  vengan  a  tratar 
en  estos  libros,  faze  un  prologo  comun  a  toda  la  arte  de 
caualleria,  el  prologo  comun  a  todos  los  libros  suyos  e  a 
toda  la  arte  es  este  que  se  sigue  :  (Prologue  de  Vegèce) 
Todas  las  cosas  por  costumbre  de  cada  dia  e  por  uso  apro- 
uechan  e  se  acreçientan  e  esto  es  verdad  non  solamente.  .  .   » 

Fol.  151  v°.  Explicit:  «  de  los  dichos  de  los  otros,  espe- 
çialmente  destos  que  suso  son  nonbrados.» 

Suit  un  commentaire  du  traducteur,  suivi  par  un  autre 


70  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

commentaire  allégorique  et  spirituel  celui-là  :  «  Spiritual 
mente  fablando,  sigun,  las  batallas  corporales,  deuemos  usar 
de  arte  de  caualleria  mucho  mas  en  las  batallas  espirituales 
que  auenios  con  el  diablo,  ca  toda  nuestra  vida  es  caualleria 
e  continua  batalla  segun  dize  Job,  en  el  su  libro  en  el  capi- 
tulo  citado.  »  Ce  commentaire  allégorique  finit  au  fol.  151 
v°  par  «  para  pelear  contra  lus  enemigos  espirituales.  » 

Suit  la  table  des  IV  livres  et  des  27  chapitres  du  livre  J, 
cette  table  occupe  le  recto  du  fol.  152. 

Fol.  152  v°.  Prologue  du  livre  I  de  Végèce  :  a  Costunbre 
fue  en  los  tienpos  antiguos  de  mandar  los  principes  e  los 
grandes  senores  que  los  grandes  estudios.  .  .  » 

Explicit  :  «  e  por  que  tu  en  esta  obrezilla  falles  todas 
aquellas  cosas  que  son  neçesarias  para  esta  arte.  » 

Même  folio,  B.  Commentaire  ordinaire  du  premier  cha- 
pitre de  Végèce:  «  No  fallamosotra  cosa  porque  losRomanos 
ouiesen  sojuzgado  todo  el  mundo  saluo  por  uso  grande 
de  las  armas .  .  .  » 

Explicit,  fol.  153,  A.:  «  aparejada  para  la  muerte.  » 

Le  commentaire  allégorique  suit  et  va  jusqu'au  fol.  153  v°. 

Chapitre  n  de  Végèce,  même  verso.  Incipit  :  «  Para  que 
ordenadamente  vaya .  .  .   » 

Explicit  :  «  en  las  posadas  viles  falleçe  el  buen  seso 
en  la  lid .  .  .  » 

Suivent  les  deux  commentaires.  Ce  fragment  de  Végèce 
finit  par  les  derniers  mots  du  commentaire  allégorique  du 
chapitre  n:  «. .  .ca  sienpre  les  remuerde  e  no  la  traen  clara 
mas  negra.  » 

Fol.  154,  155,  156,  blancs. 

XIV.  Fol.  157.  Titre  :  La  caria  primera. 

«  En  el  nonbre  de  Dios  e  de  la  bien  auenturada  madré 
suya  e  del  apostol  Santiago  lo  que  vos  Querella  porse- 
uante,  diredes  a  Don  Aluaro  de  Luna  condestable  de 
Castilla  e  al  arçobispo  de  Toledo  su  hermano,  de  parte  de 
de  nos  Don  Fadrique  Almirante  mayor  de  Castilla  e  Don 
Alonso  Pimentel  condede  Benauente,  es  esto  que  se  sigue  : 
Que  nosotros  supimos  que  ellos  eran  venidos  sobre  Casa- 
ruuios  lugar  de  mi  el  dicho  almirante  e  aunque  ellos  e 
algunos  de  los  que  en  su  compania  venian.. .  » 


XI.    SALLUSTE  77 

Explicit  :  «  fecha  en  Guadarama  a  vente  e  un  dias  de 
hebrero  aïio  del  nacimiento  de  nuestro  senor  Jhs.  de  mill  e 
quatro  cientos  e  quarenta  e  una,  nos.  » 

XV.  Respuesla  de  la  primera  :  «  En  el  nonbre  de  aquel 
en  cuya  virtud  biue  e  reyna  el  rey  e  prospéra  e  vence  todos 
aquellos. . .  ». 

Incipit  :  «  Lo  que  vos  Auanguarda  auedes  de  dezir  a  Don 
Fadrique  Almirante  mayor  de  Castilla  e  a  Don  Alonso 
Pimente!  conde  de  Benauente  mi  (lire  su)  hermano,  aunque 
no  quiera,  es  lo  que  se  sigue  :  que  les  fago  saber  que  Que- 
rella pasauante  (1)  me  trayo  una  carta  suya,  de  amos  a 
dos,  firmada  de  sus  nonbres  e  sellada  con  sus  sellos,  en  la 
quai  se  contenia  que  ellos  auian  sabido  como  mi  senor  her- 
mano el  areobispo  e  yo  eramos  sobre  Casarubios  lugar  del 
Almirante ...» 

Fol.  157  v°.  Explicit:  «  e  por  que  desto  seades  creydo 
firme  en  esta  carta  mi  nonbre  e  sellada  con  el  sello  de  mis 
propias  armas.  » 

XVI.  Fol.  158.  Fragments  du  Cérémonial  de  Principes  de 
Diego  de  Valera  ;  tous  ces  fragments,  sont  relatifs  au  titre 
de  marquis,  à  ses  origines,  à  son  importance  et  aux  céré- 
monies qui  accompagnaient  l'investiture  du  titre. 

XVII.  Fol.  158  v°  :  Traslado  de  una  carta  del  rey  e  reyna 
nuestro[s]  senores  para  Mosen  Diego  de  Valera  : 

((  El  rey  e  la  reyna .  » 

«  Mosen  Diego  de  Valera,  porque  nos  queremos  fazer 
merçed  al  mayordomo  Anclres  de  Cabrera  de  titulo  de 
marques,  con  todas  aquellas  cirimonias  e  actos  con  que 
se  acostumbra  y  deuedar,  y  vos  esto  sabeis  mas  que  algu- 
nos  otros,  vos  mandamos  que  por  seruicio  nuestro  luego 
nos  enbies por  escrito  la  forma  que  en  ello  se  deue  tener...  » 

Signé  :  «  Fernan  Aluarez  por  el  rey  e  la  reyna,  »  daté 
de  Tolède  «  a  seys  de  Julio  de  ochenta  aftos  ». 

XVIII.  Fol.  158.  Réponse  :  «  Muy  altos  e  muy  esçelentes 
principes    serenisimos  rey   e  reyna  nuestros  senores.    Oy 

1.  Ici  pasauante  est  certainement  mis  pour  porseuante  que  nous 
trouvons  plus  haut  et  tous  deux  doivent  se  lire persctante. 


78  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS   DE   SANTILLANE 

domingo  a   mediodia   reçebi    una   letra  de   vuegtra  alteza 

por  la  quai  me  manda  en  espreso. . .  »  Etc. 

Suit  m»  bref  exposé  des  origineè  du  titre  de  marquis.  Il 
expose  qu'autrefois  on  préférait  le  titre  de  marquis  au  titre 
de  comte,  et  il  décrit  a  nouveau  la  cérémonie,  ;i  peu  près 
comme  elle  est  décrite  dans  la  pièce  du  manuscrit  K-136,  où 
est  racontée  la  cérémonie  dans  laquelle  on  conféra  &  tfiigo 
Lopez  de  Mendoça  le  titre  de  marquis  de  Santillane. 

Cette  lettre  de  Dtego  de  Valera  finit  au  fol.  159  par  : 
a  esto  es  înuy  poderosos  principes  lo  que  <in  este  caso  lie 
leydo  e  visto  algunas  vezes  en  obra  ponerse.  De  Segouia,  el 
dia  que  la  letra  de  vuestra  real  magestad,  que  nuestro 
seflor  a  su  seruicio  îimy  luengamente  conserue  <i  prospère 
sus  reynos  e  seûorios  acrecentando.  » 

Fol;  159  v«  blanc. 

Nous  avons  copié  clans  ce  manuscrit  un  certain  nombre  de 
pièces  qui  nous  ont  paru  intéressantes  pour  l'histoire  litté- 
raire du  XV0  siècle  et  que  nous  publions  à  la  suite  de  cette 
notice  dans  Tordre  suivant  : 

I.  Prologue  de  Vasco  de  Guzman,  traducteur  du  De 
conjurations  Catilinae,  adressé  à  Fernan  Perez  de  Guzman, 
seigneur  de  Batres. 

IL  Dédicace  que  Bessarion  fait,  au  roi  Jean  II  de  Castille, 
de  sa  version  latine  d'une  homélie  de  saint  Basile. 

III.  Prologue  de  fray  Alfonso  de  Sant  Cristobal,  traduc- 
teur du  De  re  militari  de  Végèce,  au  roi  Henri  IV. 


Aqui  comiença  el  libro  llamado  Cathelinario  e  Jugurtino  en 
(jue  contiene  alguna  suma  de  los  f échos  Romanos  el  actor. 

Segund  cuenta  sant  Geronimo  los  ingenios  pequeiios  non  sufren 
grandes  materias.  E  como  quier  que  loenticndo  començar  a  grande 
ruego  e  afincamiento  de  ti  Fernand  Perez  de  Guzman  cauallero 
noble  e  zeladorde  saberlos  grandes  e  antiguosfechos  por  la  sabidu- 
ria  de  los  quales  elentendimiento  de  los  que,  con  derecha  voluntad, 


XI.    SALLUSTE  79 

estudian  de  acresçentar  el  bien  publico.  E  auisando  a  mi,  rudo  e  no 
platico  de  los  fechos,  sea  graue  por  auer  de  fazer  aquello  a  que  mi 
pefiola  no  basta,  al  quai  conuenia  antes,  con  Geremias,  dezir  : 
Senor  Dios  no  se  fablar,  ca  nioço  soy,  que  non,  con  Ysayas,  ofre- 
çerme  a  dezir  mandamiento.  Pero  confiando  en  aquel  que  las  len- 
guas  de  los  ninos  faze  ser  bien  fabladas,  e  que  los  labrios  de  la  sin 
razon  asna  abrio,  que  abrira  a  mi  elentendimiento  para  quepueda 
fablar  lo  que  entiendo  escreuir  a  su  seruiçio,  usando  a  manera  de 
nino  o  tartamudolos  quales  quieren  e  cobdiçian  fablar  lo  que  oyen, 
aunque  no  puedan  formar  la  palabra  acabadamente,  auiendo  esso 
mismo  fiuza  que  parte  de  los  yerros  tomara  en  cargo  la  nobleza,  o 
para  los'emendar,  o  los  defender  de  las  saetas  de  los  que  non  saben 
si  non  mal  fablar  a  los  quales  quanto  de  mi  parte  una  palabra  de 
un  viejo  poeta  les  pongo  delante  que  dize  :  dexen  el  mal  dezir 
porque  no  conosean  sus  malos  fechos.  Ca  yo  en  poco  tengo  ser 
juzgado  de  los  que  dizen  del  mal  bien  e  del  bien  mal,  segund  dize 
sant  Pablo.  Pero  todauia  someto  mi  obra  a  seso  y  juyzio  de  los 
mas  entendidos  aparejando,  como  Sant  Agostin  dize,  a  ser  ense- 
nado  de  chiquito  de  VII  ano[s],  que  quiere  dezir  chiquito  en 
çiençia.Ca  tu  sabesbien,  varon  noble,  que,  si  tus  ruegos  cessaran, 
presunçion  no  hiziera  mouer  la  pendola  folgada,  pues  sabia  que 
al  que  enfermos  mienbros  ha,  la  carga  ligera  le  es  graue.  Pero 
no  te  puedo  negar  lo  que  mi  flaqueza  pudiere.  Resçebiras,  por 
ende,  tu  e  los  que  leeran,  la  voluntad  con  que  se  fizo,  mas  que  la 
obra  enojosa,  no  en  si,  mas  por  mengua  de  trasladador  . 

Voici  ce  que  l'infant  Don  Gabriel  de  Borbon  dit  des  pre- 
mières traductions  espagnoles  de  Salluste,  dans  la  préface 
de  sa  version  publiée  magnifiquement  à  Madrid,  chez  Joa- 
chim  Ibarra,  en  1772  : 

P.  2  et  3  :  «  Y  quando  todavia  los  Griegos  no  havian  re- 
))  novado  en  el  Occidente  el  buen  gusto  de  la  Literatura,  ya 
))  entre  nosotros  Vasco  de  Guzman,  a  ruego  del  célèbre  Fer- 
»  nan  Perez  de  Guzman  seûor  de  Batres,  havia  heclio  la 
»  traduccion  Espanola  de  este  autor,  que  cito  algunas  veces 
))  en  mis  notas,  y  se  liai  la  manuscrita  en  la  real  biblioteca 
))  del  Escurial  (G.  Plut.  III,  n°  11)  obra  verdaderamente 
»  grande  para  aquellos  tiempos,  y  de  que  no  tuvo  noticia 
»  D.  Nicolas  Antonio.  De  ella  desciende  la  que  en  el  ano 
)>  1529  publico  el  maestro  Francisco  Vidal  y  Noya  el  quai, 
))  especialmente  en  el  Jugurta,  a  penas  hizo  otra  cosa,  que 
))  copiar  a  este  autor  aunque  no  le  nombra.  Otra  hizo  Ma- 


80  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

»  miel  Sueiro,  que  ses  imprimio  en  Àmberes  en  el  aflo  1615. 
»  Y  es  bien  de  notar  la  estimacion  cou  que  se  recibieron  en 
))  Espafia  estas  traducciones:  pues  la  de]  maestro  Vidal  y 
))  Noya,  o  bien  se  llame  deVascode  Guzman,  se  imprimio 
»  très  vecesen  poco  masdetreinta  aûos.  » 

loi  l'infant  Don  Gabriel  s'est  trompé:  le  succès  de  cette 
traduction  a  été  beaucoup  plus  considérable  qu'il  ne  le  pen- 
sait, etil  fautajouter,  aux  trois  éditions  qu'il  cite  (Logrofio, 
1529  —  Médina  (loi  Campo,  1548 — Amberes,  1551  ,  colles 
de  Saragosse  chez  Paul  Hurus  de  Constance,  en  1493,  celle 
de  Valladolid,  chez  Juan  de  Burgos,  1500(Salvâ,  Cciialogo, 
p.  434,  notes  au  n°  2791,  tome  II),  el  celle  de  Valladolid 
chez  Guillen  Brocar,  en  1519  (Cf.  Gallardo,  t.  IV,  e.  101?, 
n°4292;  sous  le  n°  4291,  Gallardo  cite  aussi  l'édition  de 
Saragosse,  de  1493).  Toutes  ces  éditions  contiennent,  comme 
nous  l'avons  vu,  la  version  de  Vidal  de  Noya,  qui  n'est  qu'un 
remaniement  de  celle  de  Vasco  de  Guzman. 

Amaclor  de  los  Rios  [Obras  del  Marques,  p.  634,  Biblio- 
teca,  §  C)  consacre  à  Salluste  l'étrange  notice  que  nous 
reproduisons  ici  :  «  C.  Salustio  (Cayo  Crispo).  Este  histo- 
))  riador  romano,  tan  cligno  cle  elogio  por  sus  obras  como 
))  de  reprension  por  sus  costumbres,  fué  traducido  al  cas- 
))  tella.no  à  instancia  del  marqués  de  Santillana  por  su  hijo 
»  Pero  Gonzalez  de  Mendoza  [Crônica  del  Gran  Cardenal, 
))  cap.  xvi).  Consérvase  en  la  bibl.  de  Osuna,  bien  que  sin 
»  haber  pertenecido  à  la  del  Infantado,  un  excelente  codice, 
))  castellano,  fol.  menor,  escrito  en  papel  à  fines  del  siglo  XV 
»  ô  en  losprimeros  anos  del  siguiente,  el  cual  lleva  por  titulo 
))  Salustio,  y  se  juzga  ser  la  traduccion  referida.  » 

La  dédicace  du  traducteur  à  Fernand  Perez  de  Guzman 
n'aurait-elle  pas  dû,  dès  les  premières  lignes  du  fol.  1, 
avertir  l'auteur  cle  YHistoria  critica  qu'il  était  sur  une 
fausse  piste  ? 


XI.    SALLUSTE  81 

II 

Prolog o  (1) 

[A]l  serenisimo  e  ylustrisimo  principe  e  excelentisimo  sefior  don 
Johan,  por  la  gracia  de  Dios  Rey  de  Castilla  e  de  Léon  etçetera, 
Basarion,  presuitero  cardenal  de  la  yglesia  de  los  santos  doze  apos- 
toles,  Viceno  (2)  de  grecia.  Como,  por  comun  testimonio  de  todos, 
serenisimo  principe  esefior,yo  aya  entendido  la  religion,  deuoçion, 
piedad,  mansedunbre  easimesmo  la  altaclemençia  e  las  otras  vir- 
tades  con  las  quales  adornaste  e  guarneçiste  el  tu  animo,  pense  en 
como  yo  esomismo  dièse  alguna  cosa  de  nueuo  a  la  tu  religion  e 
deuoçion,  por  ende  de  las  fuentes  de  los  griegos,  clonde  mano  toda 
la  çiençia,  traslade  en  latyn  el  présente  tratado  por  gracia  de  tu 
serenidad,  el  quai,  como  sea  lleno  e  copioso  de  moralisimas  e 
muuchas  (sic)  graues  sentençias  e  tu  seas  muy  honrador  e 
amador  de  virtudes,  pareçiome,  si  no  so  enganado,  aure  bien 
considerado  ser  a  ti  conuiniente  este  pequeno  présente  el  quai 
conpuso  aquel  muy  bien  auenturado  e  muy  santo  Basilio,  de  los 
griegos  sapientisimo  doctor,  arçobispo  çesariense,  para  una  expia- 
naçion  de  una  actoridad  tomada  del  XV0  Capitulo  de  Uterono- 
mino  (3)  la  quai  se  ha  en  latyn  por  taies  palabras  :  guardate  por 
ventufra]  no  entre  ascondidamente  en  ti  mal  pensamiento  e  oigas 
en  tu  coraçon:  acercase  el  ano  seteno  de  la  remision,  mas  sialguno 
quiere  trasladar  la  tal  actoridad  segund  que  en  griego  yase,  dize 
en  griego  :  para  mientes  sobre  ti  mesmo  que  por  ventura  non  se 
faga  en  tu  coraçon  oculto  o  mal  pensamiento  e  digas:  acercase  etc. 
E  caso  que  ambas  estas  trasladaçiones  tornan  en  una  mesraa  cosa 
e  por  quanto  el  bien  auenturado  Basilio  la  espone  segund  la 
griega  escriptura,  otrosi,  por  quanto  la  su  explanaçion  se  apropia 
mas  a  este  seso,  por  ende  nos  esomesmo  lo  trasladamos  asi,  e,  en 
lugar  de  la  palabra  que  dize  guardate,  posimos  para  mientes  sobre 
ti  mesmo  e  por  quanto  principalmente  se  funda  sobre  aquesta 
palabra  toda  esta  escritura.  Toma  pues,  principe  serenisimo,  este 
pequeno  présente  a  ti  ofreçido,  por  çierto  de  gran  fuente  de  caridad 
e  de  afecçion  açerca  de  tu  serenidad,  e  cuenta  entre  los  tuios  al 
ofreciente,  rey  bienauenturado,  serenisimo  principe  e  ylustrisimo 
senor. 

1 .  Très  mauvaise  copie,  le  scribe,  certainement  un  Espagnol  du  XVe  siècle, 
semble  avoir  copié  sans  comprendre. 

2.  Corr.  Niceno. 

3.  Corr.  Deuteronomio * 

6 


82  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUA   DE   SANTILLANE 

Ce    prologue  est    intéressant    surtout  parce  qu'il  noua 
apprend  que  le  grand  cardinal  fut  en  relations  littéraires 

directes  avec  le  roi  Jean  II  de  Castille. 


III 

Prolof/o 

Muy  alto  e  muy  claro  principe,  poderoso  don  Knrique,  por  la 
gfàçia  de  Dios  rey  de  Castilla,  de  Léon,  deToledo,  de  Galizia,  de 
Seuilla,  deCordoua,  de  Murçia,  de  Jacn,  del  Algarue,  de  Algezira 
e  senor  de  Vizcaya  e  de  Molina,  al  quai  Dios  dexe  beuir  e  reynar 
por  muchos  tienpos  a  su  seruiçio,  \ o  fray  Alfonso  de  Sant  Cristoba) 
maestro  en  tchelogia  (sir),  vuestro  seruidor  e  vuestro  deuoto  orador, 
beso  homilmente  vuestros  pies  e  vuestras  manos  e  me  encomiendo 
en  vuestra  muy  alta  merçed  como  de  mi  senor  natural.  Senor  por 
quanto  fue  la  vuestra  merçed  de  me  mandar  romançar,  ;el  libro)  en 
vuestro  lenguaje^  el  libro  e  la  obra  que  fizo  Vegeçio  de  la  caualleria 
e  de  la  arte  de  las  batallas,  e  yo  viendo  e  considerando  que  non  tan 
solamente  auedes  vos,  e  (en;  todos  los  fieles  catolicos,  batalla  corporal 
contra   los  enemigos  que  veemos   que   son  corporales,  mas  aun 
contra  los  enemigos  que  no  veemos  que  son  espirituales.  segun 
dixo  el  apostol  sant  Pablo  en  la  epistola  que  enbio  a  los  Ephesiofs] 
en  el  capitulo  sesto  ado  dize  asi  :  «   non  este  nobis  collutatim 
dauersos  carnen  et  sanguinem  solun  sed  aduersos  principes  ed 
potestates  tenebrarun  qui  abritabit  yn  celestibus  »  (sec)  que  quiere 
dezir  que  no  solamente  auemos  guerra  contra  los  enemigos  que 
son  de  carne  e  de  sangre  mas  aun  auemos  guerra  contra  los  prin- 
cipes e  poderios  que  moran  en  el  ayre  tenebroso  que  son  los  ene- 
migos del  aima  ;  otrosi  considerando  que  en  el  fecho  de  la  caualleria 
e  de  las  peleas  no  solamente  fablo  Vegeçio  mas  otros  muchos  sabi- 
dores  dixeron  muy  muchas  cosas  en  esta  razon  que  concuerdan 
conla  que  dixo  Vejecio,  porende  ayudando  me  el  senor  Dios  pense 
de  partir  esta  obra  en  très  partes  :  la  primera  parte  fablara  e  dira 
lo  que  dixo  Vejeçio  en  sus  libros,  començando  los  mas  claros  mente 
que   yo   pudiere  (corrigez  :  comentandolos  [lo]  mas  claramente 
que  yo  pudiere).  la  segunda  parte  sera  bien  como  glosa  puesta  en 
la  margen  del  libro,  que  es  de  dichos  de  los  sabidores  que  con- 
cuerdan con  lo  que  dize  Vejeçio  e  declaran  sus  dichos  en  algunos 
lugares,  la  tercera  parte  sera  puesta  ayuso,  que  fablara  espiritual- 
mente  trayendo  los  dichos  de  Vejeçio  a  las  vezes  a  las  virtudes  e  a 
los  pecados  e  a  las  costumbres  desta  vida  en  que  beuimos  e  asi 


XI.    SALLUSTË  83 

sera  esta  obra  en  algunos  lugares  de  batalla  espiritual,  porque  no 
tansolamente  sepades  senor  quai  es  la  çiençia  de  pelear  corporal- 
mente  mas  espiritualmente,  en  manera  que  el  vuestro  espiritu  se 
délecte  en  el  senor  Dios,  que  es  vida  perdurable  para  sienpre,  en 
guisa  que  reynedes  en  esta  vida  por  muchos  tienpos  a  su  seruiçio, 
despues  en  la  otra  vida  que  es  perpétua  per  ynfinita  secula,  amen. 

Dans  la  bibliothèque  de  Don  Marcelino  Menéndez  y  Pe- 
layo  nous  avons  pu  voir  un  autre  manuscrit  du  XVe  siècle 
du  Végèce  de  fray  Alfonso  de  San  Cristôbal  dédié  au  roi 
Henri  IV.  Tandis  que  le  KK-46  ne  nous  conserve  de  cet 
étrange  travail  qu'un  chapitre  entier  et  le  tiers  environ  du 
chapitre  II,  le  manuscrit  de  Santander  est  complet,  les  quatre 
livres  y  sont  traduits  ;  le  premier  seul  est  accompagné  de 
gloses  spirituelles.  Alphonse  a  épuisé  dans  cette  première 
partie  toutes  les  ressources  de  l'allégorie  moralisatrice,  et  il 
se  contente  de  traduire,,  sans  plus,  les  trois  derniers  livres. 

Nicolas  Antonio  [Bîbl.  nova,  t.  I,  p.  792)  cite  une  tra- 
duction de  Végèce  faite,  vers  1601,  par  le  capitaine  D.  Juan 
Venegas  Quixada  et  qui  est  restée  inédite. 

Le  seul  Végèce  en  castillan  qui  soit  imprimé  est  celui  de 
D.  Jaime  de  Viana,  cadet  du  régiment  de  la  garde  royale 
d'infanterie,  qui  Ta  dédié  à  ses  condisciples;  cette  version 
parut  à  Madrid,  en  1764. 


XII 
OVIDE 

(Osuna  :  Plut.   V.  Lit.  N,  n°  20;  Rocam.  n°  168;  Bibliot.  Nat. 
Madrid,  Ii-97) 

Pierre  Berçuire,  Morales  de  Ouidio.  En  castillan. 

Manuscrit  de  227  feuillets,  plus  3  feuillets  blancs  au  début, 
et  1  à  la  fin,  papier  et  vélin,  non  folioté,  numération  des 
livres  en  rouge.  Signatures  1-6,  de  A  à  T.  Beaucoup  de 
lettres  ont  disparu.  Écriture  du  XVe  siècle.  Format 
288X213  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Le  texte  ouvre  par  un  A  énorme,  enjolivé  de  des- 
sins à  la  plume. 

Incipit  :  «  Algunos  de  la  verdat  desuian  su  oydo  e  con- 
uertense  a  las  fablas...  » 

Ce  prologue  occupe  les  folios  1,  2  et  quelques  lignes  du 
fol.  3;  au-dessous  commence  l'ouvrage.  Rubrique:  Figura 
de  Saturno  e  su  moralizaçion.  Texte  :  «  Como  los  antigos 
muchos  Dioses  ouiessen  puesto,  e  algunas  virtudes  de  las 
cosas  dioses  creyeron  ser  e  asi  les  Uamaron,  asi  como  el 
tienpo  quelo  entendieron  ser  por  Saturno,  e  la  durabilidat 
por  Jupiter...  ». 

Fol.  226  v°.  Explicit  :  «  de  las  fablas  o  tractar,  e  asi 
es  la  fyn,  a  Dios  gracias.  Amen.  » 

Fol.  227.  Ce  feuillet  porte  des  maximes  d'Aristote,  Ovide 
et  Caton  écrites  avec  le  plus  grand  soin.  Au-dessous,  en 
lettres  gothiques  ornées  : 

((  Alfonsus  Zamorensis  me  escripsit  in  decretis  bâcha- 
larius.  » 

Fol.  227  v°.  Rubrique  :  Lictera  Bononiensis.  Omnium 
habere  memoriam  et  in  nullo  penitus  errare  pocius  diuini^ 


XII.    OVIDE  85 

tatis  quam  humanitatis  est,  Zamovensis  Alfonso  Bâcha- 
larius. 

Ci-après  '  nous  donnons  la  table,  telle  que  nous  l'avons 
dressée  en  parcourant  l'ouvrage,  avec  la  première  rubrique 
de  chaque  livre.  Ce  volume  a  été  certainement  une  des 
sources  où  le  Marquis  a  le  plus  puisé  pour  se  renseigner 
sur  les  sujets  mythologiques.  On  reconnaît  fréquemment 
dans  ses  citations  la  manière  de  Pierre  Berçuire. 

Morales  de  Ouidio.  Prologo,  fol.  1-3;  figura  de  Saturno 
e  su  moralizacion,  fol.  3-7  y0)  figura  de  Jupiter  e  su  mora- 
lizacion, fol.  7  v°-10  v°  ;  figura  de  Mars  e  su  moralizacion, 
fol.  10  v°-ll  y0 -figura  del  solcon  su  moralizacion,  fol.  11  v°- 
15  y0;  figura  de  Vénus  e  su  moralizacion,  fol.  15  v°-17v°; 
figura  e  moralizacion  de  Mercurio,  fol.  17  v°-19  y0;  figura 
e  moralizacion  de  Diana,  fol.  19  v°-20;  figura  e  morali- 
zacion de  Miner  ua,  fol.  20-21  y0;  figura  e  moralizacion  de 
Juno,  fol.  21  v°-23  y0;  figura  e  moralizacion  de  Sibeles,  fol. 
23v°-24v°;  Vulcano,  fol.  24  v°;  Neptuno,  fol.  24  v°-27; 
figura  e  moralizacion  de  Priali,  fol.  27-28  y0;  figura  e  mo- 
ralizacion de  Bacho,  fol.  28  v°-29;  figura  e  moralizacion 
de  Pluton,  fol.  29-34;  moralizacion  de  las  penas  infer- 
nales, fol.  34-35  v°;  Belides,  fol.  35  v°-38. 

Fol.  38  v°,  livre  I  :  Aqui  comienea  el  capitulo  segundo 
del  primer  libro.  Suite  de  la  moralisation  des  dieux. 

Fol.  49  v°,  livre  II  :  De  lafabrica  de  la  casa  del  sol. 

Fol.  67,  livre  III  :  El  libro  terçero  e  capitulo  cuatro 
comienea  :  «  Jamque  deposita,  etc.  Dize  Ouidio  que  despues 
que  Cadino  fijo  del  rey  Agenor.  >; 

Fol.  79  v°,  livre  IV  :  Aqui  se  pone  toda  la  estoria  de 
Piramo  e  Tisbe.  E  nota  que  aqui  gaze  sotilmente  occultado 
el  secreto  de  la  alquimia. 

Fol.  101,  livre  V:  Como  entre  Perseo  e  Andromecla, 
librada  por  el  de  la  bestia,  solenpmes  bodas  fueron  cere- 
bradas. 

Fol.  112,  livre  VI  :  De  como  Palas  torno  a  Aragnes  en 
araha. 

Fol.  125,  livre  VII  :  De  Jasson  e  sus  compaheros  o  de 
lo  que  les  acaesçio  en  la  ysla  de  Colcos  con  el  rey  Fyneo. 


86  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DR   SANTILLANE 

Fol.  144  v°,  livre  VIII:   De  çomo  Mi  nos  j  por  trayçion 

délia  frja  de  Mso,  mato  aNiso  e  le  corto  la  cabeça  e  de  lo 
que,  etc.,  etc. 

Fol.  158  v°,  livre  IX:  Aqui  se  due  de  corno  Atheolonon 
dios  del  Rio  conio  a  Theseo  laconquista,  etc.,  etc. 

Fol.  173,  livre  X:  De  Orfeoede  Erudiçen  su  muger  e 
de  corno  con  su  melodioso  taher  la  sacaua  de  los  infierno* 
e  de  corno  laperdio. 

Fol.  186,  livre  XI:  De  Midas  et  de  su  loca  petiçion  al 
dios  BàcOj  etc. 

Fol.  193  v°,  livre  XII:  Del  sueno  de  Eucuba  enprenada 
de  Paris. 

Fol.  200  v°,  livre  XIII:  De  aqui  adelante  todo  lo  mas 
Tabla  de  los  j  échos  de  laestoria  troyana,  porque  son  cornu- 
ries  non  los  intitule 

Fol.  210,  livre  XIV. 

Fol.  226  v°,  livre  XV. 

J.-B.  Hauréau,  clans  son  Mémoire  sur  un  commentaire 
des  Métamorphoses  d'Ovide  (Mémoires  de  V Académie  des 
Inscriptions  et  Bell  es- Lettres,  tome  XXX,  2e  partie),  a 
lumineusement  démontré  que  ce  commentaire  si  goûté, 
attribué  à  Nicolas  Triveth,  à  Robert  Holkot,  à  Thomas  de 
Galles  ou  Thomas  Walleys,  cité  par  Colard  Mansion  dans 
sa  traduction  française  de  cet  ouvrage  en  1484,  et  imprimé 
sous  son  nom,  en  1511,  par  Josse  Bade,  est  l'œuvre  de  Pierre 
Berçuire,  le  traducteur  bien  connu  de  Tite-Live. 

Ce  commentaire  forme  le  XVe  livre  du  Reductorium  du 
savant  bénédictin,  ami  de  Pétrarque.  Berçuire  a  fait  de  ce 
commentaire  deux  rédactions,  la  première  a  été  écrite  à 
Avignon,  où  il  séjourna  de  1320  à  1340,  entre  1337  et 
1340;  la  seconde  a  été  terminée  à  Paris  en  1342.  La  version 
castillane  qui  nous  occupe  a  été  faite  sur  un  manuscrit  de 
la  deuxième  rédaction.  En  effet,  on  sait  que  dans  le  prologue 
de  la  première  rédaction,  Pierre  Berçuire  dit  :  «  Non  mo- 
))  veat  tamen  aliquem  quod  dicunt  aliqui  fabulas  poetarum 
»  alias  fuisse  moralizataset  ad  instanciam  domine  Johanne, 
»  quondam  regine  Francie,  dudum  in  rithmum  gallicum 
»  fuisse  translatas,  quia  rêvera  opus  illud  nequaquam  me 
»  legisse  memini  ;  de  quo  bene  doleo,  quia  ipsum  invenire 


XII.    OVIDE  87 

))  nequivi.   Illud  enim  labores  meos  quam  plurimum  robo- 

»  rasset,  ingenium  meum  etiam  adjuvasset.  Non  enim  fuis- 

0  sem  dedignatus  exposiciones  in  partibus  multis  sumere  et 

)>  auctorem  earum  humiliter  allegare. 

Berçuire  fait  ici  allusion  à  Y  Ovide  moralisé  de  Chrétien 
Legouais  de  Sainte-More,  près  Troies.  Voyez  sur  ce  poème 
de  près  de  70.000  vers,  et  aussi  sur  Berçuire,  la  magistrale 
étude  de  M.  Gaston  Paris  (Histoire  littéraire  de  la  France , 
t.  XXIX,  p.  455-525  :  Chrétien  Legouais  et  autres  imitateurs 
d'Ovide). 

Dans  la  seconde  rédaction,  le  passage  du  prologue  de 
Pierre  Berçuire,  cité  ci-dessus,  a  été  modifié  comme  suit  : 
a  Non  moveat  aliquem  quod  fabule  poetarum  alias  fuerunt 
»  moralizate  et  ad  instanciam  illustrissime  domine  Joanne, 
))  quondam  regine  Francie,  cluclumin  rithmis  gallicis  trans- 
))  late,  quia  rêvera  opus  illud  non  videram  quousque  trac- 
»  tatum  istum  penitus  perfecissem.  Quia  tamen,  postquam 
))  Avenione  redivissem  Parisius,  contigit  quod  magister 
))  Philippus  de  Vitriaco,  vir  u tique  excellents  ingenii, 
»  moralis  philosophie  historiarumque  et  antiqui  tatum  ze- 
»  lator  precipuus  et  in  cunctis  mathematicis  scientiis  eru- 
))  ditus,  dictum  gallicum  volumen  mihi  obtulit,  in  quo 
»  proculdubio  multas  bonas  exposiciones  tam  allegoricas 
))  quam  morales  inveni;  ideo  ipsas,  recensitis  omnibus,  si 
))  eas  antea  non  proposueram,  suis  in  locis  omnibus  assi- 
»  gnare  curavi,  quod  satis  poterit  perpendere  prudens  lec- 
))  tor.  ))  Et  voici  comment  ce  passage  du  prologue  de  la 
seconde  rédaction  a  été  rendu  par  l'anonyme  traducteur 
castillan.  Ce  fragment  suffira  à  donner  un  aperçu  de  la 
littéralité  de  cette  version. 

(Fol.  2)  «  Enpero  non  se  mueua  alguno  a  dezir  que  las  fablas  de 
los  poetas  otra  vez  fueron  moralizadas  e  a  contenplaçion  de  la  muy 
eselareçida(fol.2  v°)  doua  Juana,  que  fue  reynade  Françia,  estonçes 
en  rimicos  dezires  fueron  trasladas.  Ca  la  verdat  es  ca  aquella 
obra  vo  non  viera  fasta  que  aqueste  tractado  yo  dei  todo  ouiesse 
fecho,  mas,  despues  que  de  Avinon  tome  a  Paris,  acaesçio  que 
maestre  Filipo  de  Vitriaco,  varon  en  verdat  de  excellente  ingenio, 
de  la  moral  philosophia  e  de  las  antiguas  estorias  adelantado  y 
entodas  las  mathematicasçiençiasbienentendido,  el  quai  el  franges 


88  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

volumen  me  traxo,  en  el  quai  siri  duda  muchas  buenas  exposi- 
çiones  asi  allegoricas  como  morales  falle.  E  por  tanto  ellas  (lire 
e  las)  reuisitadas  todas,  en  caso  que  antes  non  las  propuse,  en  bu 
lugar  cure  de  las  asignar  lo  quai  asaz  puede  entender  el  prudente 
lector,  ca  comunmente  quantas  vezes  del  dicho  libro  alguna  cosa 
tomo  de  lo  espremir  o  alegar  non  pospongo,  »  etc. 


XIII 
VIRGILE 

*A 

Virgile,    Enéide,   traduite   en    castillan   par   Enrique   de 
Villena. 

Le  Catalogue  des  manuscrits  espagnols  de  la  Bibliothèque 
Nationale  de  Paris,  publié  par  M.  Morel-Fatio  cite  sous 
le  n°  618  : 

«  La  Eneyda  de  Virgilio.  »  Ce  manuscrit  contient  les 
»  livres  IV  à  XII  de  la  traduction  en  prose  d'Enrique  de 
»  Aragon. 

»  Deux  lacunes,  de  deux  feuillets  chacune,  entre  les  fol. 
)>  30  et  33,  303  et  306.  Quelques  gloses  marginales  en  latin. 
»  Souscription  finale  fol.  311  :  «  Este  dicho  libro  de  la 
»  Eneyda  escrivio  Juan  de  Villena  criado  del  senyor  Inyigo 
))  Lopez  de  Mendoça,  senyor  de  la  Vega,  e  lo  acabo  sabado 
»  primero  dia  de  setiembre,  en  la  villa  de  Guadalfajara, 
»  annyo  del  nasçimiento  del  nuestro  Salvador  Jesu  Christo 
»  de  mill  e  quatrocientos  e  treynta  e  seys  annyos.  » 

»  Le  fol.  1  contient  le  commencement  du  cliap.  XIII  du 
»  livre  IV  jusqu'aux  mots  :  «  Guay  que,  »  le  verso  est 
»  blanc;  ce  même  chapitre  se  trouve,  d'ailleurs,  en  entier  à 
»  sa  place,  au  fol.  16.  )) 

On  sait  que  Ochoa,  dans  son  Catalogue  (p.  375),  en  parlant 
de  ce  manuscrit,  a  pris  le  copiste  pour  le  traducteur.  Amador 
de  los  Rios  (Hist.  crit.y  t.  VI,  p.  30)  a  relevé  cette  erreur. 
Dans  la  lettre  a  son  lils,  le  Marquis  dit  :  «  A  ruego  é  iris- 
»  tançia  mia,  primero  que  de  otro  alguno,  se  han  vulga- 
»  riçado  en  este  reyno  algunos  poemas,  asi  como  la  Eneyda 
»  de  Virgilio  »,  etc.,  etc.  Or,  on  sait,  par  Y  «  Advertencia  » 
qui  précède  sa  traduction,  qu'Enrique  de  Villena  traduisit 
l'Enéide  à  la  prière  de  l'infant  D.  Juan,  roi  de  Navarre  et 
plus  tard  d'Aragon,  qui,  s'étant  fait  lire  la  Divine  Comédie, 


90  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

fut  frappé  du  rôle  qu'y  jouait  Virgile  et  désira  connaître 
l'œuvre  de  ce  poète.  Ceci  eut  lieu  en  1427. 

D'autre  part, dans  ce  qui  nous  reste  de YArtede  trobar 
écrit  vers  1417,  nous  trouvons  déjà  la  traduction  de  Virgile 
mentionnée  parmi  les  nombreux  travaux  de  don  Enrique. 

Pour  expliquer  les  paroles  du  marquis  de  Santillane, 
Amador  de  los  Rios  suppose  que  [fiigo  Lopez  joignii  ses 
prières  à  celles  dç  don  Juan  pour  obtenir  la  traduction  de 
Virgile,  ou  que  peut-être  ce  fut  lui  qui  donna  au  roi  l'idée 
de  s'adresser  à  Enrique  de  Villena. 

Nous  croyons  (pie  M.  Cotarelo  y  Mori  dans  son  étude 
sur  Enrique  de  Villena  (p.  87,  n.  1  a  donné  la  solution  de 
ce  petit  problème.  «  Si,  dit-il,  nous  pouvons  nous  lier  à 
Y Ar te  de  trobar,  don  Enrique  aurait  été  engagé,  à  traduire 
l'œuvre  de  Virgile,  deux  fois  en  dix  ans  :  la  première  l'ois 
par  le  marquis  de  Santillane  en  1417,  et  la  seconde  fois  par 
le  roi  de  Navarre  en  1427.  » 

B 

(Rocam.  n°  206;  Bibliot.  Nat.  Madrid,  Ii-102) 

1.   Virgile,   Abrégé   de  ÏÉnêide.    2.    Giordano   Ruffo, 
Mascalcie  E quorum.  En  italien. 

Manuscrit  de  52  feuillets,  plus  1  blanc,  vélin,  grandes 
marges,  très  mené,  réglé  à  41  lignes,  à  deux  colonnes,  écri- 
ture du  XVe  siècle.  Lettres  ornées,  au  bas  du  fol.  1,  un  écu 
d'armes  portant  :  d'or,  à  cinq  bouquets  de  fleurs  feuillées  au 
naturel  (cf.  notice  XLIX,  ms.  Ii-33  —  notice  IV,  ms  Ii-9  — 
notice  XXVI,  ms.  Ii-36).  Format  340X240  mm.  Reliure  de 
parchemin . 

I.  Fol.  1.  Incipit  :  Incominciasi  il  libro  di  Virgilio,  il 
quale  parla  d/Enea  troiano  :  «  Arbitrasti  che  li  excellent! 
facti  e  le  uirtuose  opère  delli  antichi  Romani. ..  .  » 

Fol.  30  v°.  Explicit  :  «  con  pianto  fugge  indegnata  per 
lombre.  —  Finisce  lastracto  delleneyda.  —  Di  questo  Pallas 
scriue  frate  Martine,  nella  sua  cronica  Martiniana  depapi  et 
delli  Imperadori,  che  nel  tempo  del  secondo  Enrico  délia 
magna,  il  quale  fiori  passatiM.anniet  piue  dalla  incarnatione 


XIII.    VIRGILE  91 

di  Xpo,  chelli  si  trouoein  uno  auello  nel  paese  di  Roma  tutto 
armato  lacui  fedita  apparia  ancora  freschaet  auea  una  lu- 
cerna  tutta  ardente  sopralcapo  laquale  con  grande  industria 
sispense.» —  Fol.  31  blanc.  C'est  la  vulgarisation  de  Y  Enéide 
due  à  ser  Andréa  Lancia,  notaire  florentin,  dont  le  texte  a 
été  publié  par  Fanfani,  en  1851,  sous  le  titre  de  :  Compi- 
lazione  délia  Enéide  di  Virgilio  fatta  volgare  in  sul  prin- 
cipio  del  sec.  XIV  da  se?'  Andréa  Lancia  notaro  Fioren- 
tino  (Cf.  Zambrini,  Opère  Volgari  a  stampa  clei  secoli 
XIII  e  XIV,  col.  1054. 

II.  Fol.  32  :  Incipit  liber  Mascalcie  Equorum.  «  [CJoncio 
sia  cosa  clie  intra  tucti  li  animali  creati.  . .  » 

Fol.  50,  B.  :  «  [Q]uesta  opéra  fece  lo  eaualiere  calaurese 
cum  grandissimi  studi.  »  Suivent  des  recettes.  Fol.  51,  la 
moitié  manque.  Fol.  52,  la  marge  est  endommagée.  Même 
folio  v°  A.  Explicit  :  «  et  incontenente  fie  guarito  e  questa 
e  cosa  prouata.  » 

Compiuto  e  lo  libro  de  la  mascJialcia  de 'caualli \  lo  quale 
contiene  in  se  rnolto  buone  medicine  e  molto  buone  cure  de 
le  phi  fini  e  de  le  phi  optirne  del  mondo.  Deo  grattas  — 
Amen. 

Il  s'agit  ici  d'une  version  du  fameux  Liber  de  cura  equo- 
rum, compositus  a  Jorclano  Rufj'o  milite  calabrensi  et  /ami- 
liari  Friderici  II  Imperatoris,  si  répandu  au  moyen  âge. 

JJ Hippiatria  Jordani  Ruffi  Galabrensis  a  été  publiée 
par  Girolamo  Molin  à  Padoue,  en  1828,  in-8°.  L'éditeur  parle 
des  traductions  italiennes  de  cet  ouvrage. 


XIV 
TROGUE  POMPÉE 

(Osutia  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  30;   Rocam.   n"   178;  Bibi.  Nat. 
Madrid,  Ii-130) 

1.  Justin,  Abrège  de    Trogue  Pompée.  2.   Sénèque,   De 

moribus.  En  castillan. 

Manuscrit  de  226  feuillets,  plus  5  feuillets  blancs  au 
début,  2  à  la  fin,  papier,  non  folioté,  réglé  à  26  lignes,  écri- 
ture du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes,  rubriques.  Capitales 
ornées  et  initiales  de  couleur.  Format  287*209  mm.  Reliure 
de  parchemin. 

I.  Fol.  I  A.  Rubrique  :  Aqui  comiença  cl  libro  primero 
de  Trogo  Pompeyo  edecommo  Ninos,  primero  rey  de  los 

Asirios,  paso  la  costumbre  antigua  por  nueua  cobdicia  de 
Ymperio,  etc. 

Incipit  :  «  El  rey  Ninos  mouio  primeramente.  ..  » 

Fol.  217.  Explicit  :  «  es  toque  mas  fuertemente  e  asi  se 
murio.  Deogratias  amen.  »  Le  dernier  chapitre  (chap.  207), 
est  intitulé  :  De  las  senales  que  acaesçieron  despues  de 
la  muer  te  de  Çesar  e  de  la  desmanparada  muerte  que 
Casio  e  Bruto  fezieron. 

Fol.  217.  Au-dessous  de  Texplicit  nous  trouvons  une 
notice  écrite  au  XVIIe  siècle  :  «  Trogo  Pompeo  estoriografo 
de  la  nasçion  d'Espana  floresçio  en  tiempo  del  Emperador 
Antonio  Pio,  compuso  en  largo  sermon  las  estorias  de 
todo  el  mundo,  desde  el  tiempo  de  Nino  rey  de  los  Asi- 
rianos  hasta  el  monarcha  César,  diuidiolas  en  quarenta  y 
quatre  libros.  La  Epitoma,  es  a  saber  la  abreuiacion  de  los 
dichos  libros,  compuso  Justino  su  disçipulo,  segund  visto 
es  por  este  libro.  » 

Fol.  217  v°  blanc. 

Fol.  218  porte  :  «  Seneca,  »  en  gros  caractères  rouges. 


XIV.    TROGUE   POMPÉE  93 

II.  Fol.  219.  Rubrique  :  «  Aqui  comiença  un  tractado  de 
Seneca  cl  quai  se  yntitula  :  obra  e  tractado  de  Costumbres. 

Incipit  :  «  Todo  pecado  es  action ...» 

Ce  traité  finit  au  verso  du  fol.  226  par  :  «plogo  fue  licita.» 

Le  manuscrit  Ii-130  contient  un  arrangement  médiéval 
de  l'abrégé  de  Justin.  Il  règne  dans  cette  rédaction  un  tel 
désordre  qu'il  est  difficile  de  s'y  reconnaître.  Voici  la 
rubrique  entière  qui  intitule  le  livre  :  Aqui  comiença.  el 
libro  primero  de  Trogo  Pompeyo  e  de  commo  Ntnos,  pri- 
rnero  Rey  de  los  Asirios,  paso  la  costumbre  antigua  por 
nueua  cobdiçiade  Ymperio.  Et  dando  primer  amente  guerr  a 
a  sus  vezindades  subjugo  los  pueblos  que  cran  rudos  por 
defenderse  contra  los  terminos  de  Libia.  Otrosfueron  mas 
antiguos  es  asaber  Uspys  rey  de  Egipto,  Tafis  rey  de 
Sichan,  de  los  quelles  el  uno  conquisto  a  Ponto  y  el  otro  a 
Ethiopia. 

Quant  au  livre  de  Sénèque  intitulé  De  Moribus,  on  sait 
que,  comme  le  traité  des  Quatre  vertus,  il  n'est  ni  de  Sénèque, 
ni  de  saint  Martin  de  Braga,  auquel  la  Patrologie  de 
Migne  l'attribue  encore  (cf.  notice  XVI,  A  . 

La  traduction  castillane  de  Y  Abrégé  de  Trogue  Pompée 
fait  par  Justin,  est  œuvre  d'un  anonyme;  il  s'en  conserve 
plusieurs  manuscrits  qui  sont  tous  du  XVe  siècle,  ce  qui 
permettrait  de  penser  que  la  version  est  de  ce  temps-là. 

On  sait,  par  le  catalogue  de  ses  livres,  que  Martin  Ier 
d'Aragon  possédait  une  traduction  catalane  de  Y  Abrégé  de 
Justin.  Peut-être  cette  version  était-elle  aragonaise  et  celle- 
là  même  qui  avait  été  exécutée  sur  l'initiative  de  Juan  Fer- 
nândez  de  Heredia,  grand  maître  de  l'Ordre  de  Saint-Jean- 
de-Jérusalem.  On  connaît  la  lettre  que  le  roi  d'Aragon,  Don 
Juan  Ier,  écrivit  au  grand  maître  le  17  novembre  1384  (1), 
où  il  lui  dit  entre  autres  choses  :  Otrossi  hauemos  enten- 
dido  que  vos  hauedes  aqui  I  libro  nombrado  Trogo 
Pompeo...  Et  plus  loin  :  Rogamos  vos  muy  caramente  que 
embiedes  el  dito  libro  de  Trogo  Pompeo. 


1.  M.  Antonio  Rubiô  y  Lluch  dans  sa  contribution  à  YHomenajo 
cl  Mcnèndez  y  Pclcujo  (t.  II,  p.  95-120),  intitulée  LaLcngua  rj  la  Culturel 
catalcuias  en  Grecia  en  cl  siglo  XIV,  publie  le  texte  de  cette  lettre 
(p.  118). 


94  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DR    SANTILLANE 

Nul  doute  que  Juan  Fernande/  (Je  Heredia  ne  se  soit  em- 
pressé de  déférer  au  désir  de  son  souverain.  Il  se  pourrait 
donc  fort  bien  (jue  l'exemplaire  de  Justin  vulgarisé  qui  figu- 
rait dans  la  bibliothèque  du  roi  J).  Juan  Ier  d'Aragon  eût 
passé  dans  celle  de  son  successeur,  I).  Martin  I".  Nous 
savons  qu'il  en  fut  ainsi  de  la  bible  vulgarisée  du  grand 
maître  de  l'Ordre  de  Saint-Jean,  qui,  probablement,  après 
avoir  appartenu  au  roi  Jean,  fit  partie  de  la  bibliothèque  du 
roi  Martin  (Cf.  Bulletin  critique,  janvier  1886,  article  de 
l'abbé  Douais). 

La  traduction  castillane  de  Y  Abrégé  de  Justin  parue  à 
Alcalâ,  en  1540,  est  due  à  Jorge  de  Bustamante,  elle  a  été 
plusieurs  fois  réimprimée. 


XV 
TITE-LIVE 

A 
(Rocam.  n°  117;  Bibliot.  Nat.  Madrid,  Ii-146) 
Florus,  Epitoma  in  Titum  Liuium.  En  latin. 

Manuscrit  de  121  feuillets,  plus  2  feuillets  blancs  au  com- 
mencement et  9  à  la  fin,  vélin,  non  folioté,  les  signatures  ont 
été  rognées.  Ecriture  italienne  du  XVe  siècle.  Rubriques  et 
capitales  simples;  belles  marges.  Le  prologue  commence  par 
une  lettre  ornée,  en  or  et  couleurs.  Format  152 X  113  mm. 
Reliure  moderne  aux  initiales  du  Duc.  Au  dos  :  L.  An. 
Florus  Epitoma  in  Titum  Liuium. 

Fol.  1.  Rubrique:  Lucii  Annei  Flori  epitoma  in  Titum 
Liuium  libri  quattuor  incipiunt.  —  «  Proemium  :  Populus 
romanus  a  rege  Romulo  in  Caesarem  Augustum  septin- 
gentos  per  annos.  » 

Dans  la  marge  inférieure,  une  couronne  de  laurier  por- 
tant sur  fond  rose  un  écu  d'azur  sur  lequel  on  a  gratté  les 
armes. 

Fol.  2.  Le  texte  commence  :  «  Primus  ille  et  urbis  et 
imperii  conditor...  » 

Fol.  121.  Explicit  :  «  ipso  nomme  et  titulo  consacra- 
retur.  »  Au-dessous,  on  lit  cette  rubrique:  «  têX<k.  Anace- 
phaleosis  Lucii  Annei  Flori  librorum  quattuor  factorum 
memorabilium  ab  urbe  condita  usque  ad  tempora  Caesaris 
Augusti  Secundi  imperatoris  finit  féliciter.  Phoenix.  — 
MCCCCLVII die  XI F  Aprilis  descripsi  ML  17  est  inscrit 
dans  Y  m. 

Nemo  uerius      )        .     ♦.  T        ,      1   -,  .     A  , 

XT        .       .        /  scripsit  Lam  [...],  le  reste  du  nom  est 
Nemo  bremus     >      ^     . 
XT  \    efface. 

Netno  ornatius  ) 


96  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


(OsunaiPlut.  I.  Lit.  M,  n°  9;  Rocam.  n    146;  Bibl.  Nat. 
Madrid,  KK-12) 

Tite-Live,  Première  Décade,  En  castillan. 

Manuscrit  de  264  feuillets,  plus  3  blancs,  papier,  folioté 
au  bas  des  feuillets,  vers  la  fin  du  volume  Ions  les  numéros 
ont  été  rongés.  Nombre  de  lignes  irrégulier.  Écriture  du 
XVe  siècle,  à  deux  colonnes,  rubriques,  espaces  blancs  pour 
capitales.  Format  400X 290mm.  Reliure  de  cuir  tympanisé, 
sur  ais  de  bois.  Sur  le  plat  supérieur  de  la  reliure  un 
carré  de  parchemin  avec  le  titre  :  Primera  Decada  de 
Tito  Liuio . 

Fol.  1,  détaché,  contient  le  prologue  du  traducteur  Pero 
Lopez  de  Ayala. 

Incipit  :  «  [E]n  cl  nombre  de  Dios  amen,  muy  alto  et 
exeelente  principe  et  muy  poderoso  rey...  » 

Ce  prologue  finit  au  fol.  2  A;  au-dessous,  la  table  des 
chapitres  qui  finit  au  fol.  3  B.  Plus  bas,  titre  en  noir  : 
Aqui  comiença  el  Ubro  de  Titus  Liuius  de  las  ystorias 
et  coronicas  romanas  el  quai  Ubro  traslado  de  latin  en 
//'(vices  maestre  Pedro  Berceui,  monge  de  la  orden  de 
sant  Benito ,  prior  del  monasterio  de  sant  Ylario  en  Paris 
et  trasladado  a  petiçion  et  mandamiento  del  Rey  don 
Johan  de  Françia. 

Prologue  de  Pierre  Berçuire  traduit  en  castillan.  Incipit  : 
«  [A]l  principe  de  muy  alta  ecçelençia  rey  de  Françia  don 
Johan,  mi  soberano  senor  rrey,  Pedro  Berçeur,  prior  de 
Sant  Ylori  de  Paris,  con  toda  humildat  e  reuerencia  et 
subjecçion  se  enclina...  »,  Ce  prologue  se  termine  au 
fol.  3  v°. 

Fol .  3  v°-6  v°  B  :  «  Declaracion  de  los  vocablos  et  pala- 
bras que  Titus  Liuius  usa  en  este  libro.    » 

Fol.  6  v°  B  :  Titre  en  noir  :  [A]qui  comiença  el  pri- 
mero  libro  de  la  primera  decada  de  Titus  Liuius  elqualjue 
en  el  tienpo  de  las  grandes  batallas  que fueron  entre  Jullyo 
Çesar  e  Ponpio  et  fue  este    Titus   Liuius  natural  de  la 


XV.    TITE-LIVE  97 

cibdat  de  Padua.  Incipit  :  «  Si  yo  me  pongo  a  escreuir 
las  cosas...  » 

Livres  cle  la  première  décade.  Chaque  livre  est  précédé 
de  sa  table  des  chapitres. 

I,  du  fol.  6  v°  B  au  fol.  33  A  ;  II,  du  fol.  33  B  au  fol.  60 
v°  B;  III,  du  fol. 60  v°  B  au  fol.  89  B;  IV,  du  fol.  89  v°  A 
au  fol.  118  v°  A;  V,  du  fol.  118  v°  A  au  fol.  147  B;  VI,  du 
fol.  147  B  au  fol.  168  v°  A;  VII,  du  fol.  168  v°  A  au  fol.  190  A  ; 
VIII,  du  fol.  190  A  au  fol.  209  v°  A;  IX,  du  fol.  209  v°  A 
au  fol.  239  A;  X,  du  fol.  239  B  au  fol.  264  B. 

Explicit  :  «  fueron  fechas  grandes  rrogarias  e  suplica- 
ciones  a  esculapio.  )) 

Rubrique  finale  :  [À]qut  se  acaba  el  dezeno  libro  de  la pri- 
mera decada  de  Titus  Liuius. 

Ce  manuscrit  de  la  première  décade  a  sans  doute  servi  de 
modèle  au  copiste  du  marquis  de  Santillane,  qui  a  exécuté 
le  ms.  KK-14,  qui  contient  la  deuxième  décade  de  la  tra- 
duction Berçuire-Ayala.  Nos  deux  manuscrits,  qui  se 
complètent  l'un  l'autre,  se  ressemblent  par  le  format  et  par 
la  disposition  des  textes. 


*C 

(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  5;  Rocam.  n°  145;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-4,  corrigez  :  KK-14) 

Tite-Live  :  Seconde  Décade.  En  castillan. 

Manuscrit  de  433  feuillets,  papier,  folioté,  à  deux  colonnes, 
réglé  à  30  ou  34  lignes. Écriture  du  XVe  siècle. Belles  marges, 
les  premiers  feuillets  sont  rebordés.  Rubriques  dans  le 
texte,  espaces  blancs  pour  les  initiales.  Format  390x280mm. 
Reliure  de  parchemin.  Titre  au  dos  :  Tito  Liuio  en 
romande,  de  mano. 

Fol.  1.  Incipit  :  Uis.  Primero  libro.  —  Aqui  comiença 
la  segiinda  [decada]  de  Titus  Liuio  sobre  las  estorias  Ro- 
manas. 

Fol.  433  v°  A,  le  texte  finit  suivi  par  F  explicit  :  Aqui 
se  acaba  la  segunda  decada  Titus  Liuius,  de  las  batallas 
que  fueron  entre  Roma  e  Cartago. 


98  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

Este  libro  mando  trasladar  Ynigo  Lopes  de  Mendoça  fijo 
del  almirante  don  Diego  Furtado.  Et  qui  scriuit  scriuat 
ci  semper  cum  domino  biuat,  amen. 


D 

I  Isuna  :  Plut.  III.  Lit.  \'.n    1:  Rocam.  .r  1  11;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-13) 

Tite-Live  :  Abrégé.  En  castillan. 

Manuscrit  d<i  ^s  I  feuillets,  plus  3  de  tables.  Les  feuillets 
7  <'i  8  manquent.  Manuscrit  sur  papier,  foliotation  ;i 1 1 <* i< - 1 j 1 1< • , 
réglé  à  40  lignes.  Ecriture  du  KVe  siècle,  à  deux  colonnes. 
Grandes  marges.  Beaucoup  de  rubriques,  grandes  H  petites 
capitales  bien  dessinées  ei  peintes  n  rouge  el  en  bleu. 
Formai  395*275  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fols.  I— III,  tables;  fol.  I  recto  h  srerso  A  occupé  par  la 
Declaracyon  de  los  vocablos;  c'est  un  petit  glossaire. 

Fol.  II  :  Aqui  comiença  >'<<  tabla  de  los  capitulos  del 
primero  libro  (le  la  primera  decadade  Tir  us  Libius. 

Fol.  1  :  Aqui  comiença  el  primerc  libro  de  la  primera 
decada,  ete. 

Le  texte  commence  par  une  belle  initiale. 

Fol.  6  v°  B,  chap.  24  :  Como  muerto  cl  rrey  Xuma 
rrefjnio  Atulius  Ostilius  e  como  vençio  al  rrey  de  Alba. 

Fols.  7  et  8  perclus,  ils  contenaient  les  chapitres  25,  2G, 
27,  28,  29,  30  et  la  fin  du  chapitre  24. 

Fol.  9  commence  par  :  Capitula  31  como  ci  rey  Tulius 
vençio  los  Sauinos  e  como  por  un  rrayojue  muerto . 

Fol.  284  v°,  A,  nous  trouvons  la  dernière  rubrique  du 
manuscrit  :  Aqui  comiença  el  decimo  libro  de  la  terrera 
decada  de  Titus  Lihius,  etc.  Au  bas  de  la  col.  B,  le  texte 
s'arrête  brusquement,  au  milieu  d'une  phrase  interrompue 
par  un  Deo  grattas. 

Explicit  :  «  que  le  plazia  obedesçer  al  senado.  » 

Le  manuscril  EE-6  de  l'ancien  fonds  de  la  bibliothèque 
de  Madrid  contienl  l<i  même  texte,  avec  une  courte  préface 
qui  nous  en  explique  l'origine.  Cett<  préface  que  nous  co- 
pions ici  uni1-  montre  que  nous  avons  affaire  a   un  abrégé 


XV.    TITE-LIVE  99 

des  trois  premières  décades  de  Tite-Live,  fait  par  don  Ro- 
drigo Alfonso  Pimentel,  comte  de  Benavente,  en  1439,  sur 
la  traduction  Berçuire-Ayala. 

«  Aqui  comiençan  las  très  decadas  de  Titus  Libius  prime- 
ras que  se  cuentan  e  relatai!  las  muy  altas  bataïlas,  fechos 
e  otras  cosas  que  fezieron  los  romanos  desde  la  fundaçion 
de  Roma  de  que  fueron  fundadores  Romulus  e  Remus.  E 
por  quanto  el  actor  c  conponedor  dellos  cuenta  todos  los 
fechos  por  estenso  commo  acaescieron,  por  que  los  que 
despues  venieren  lo  mejor  puedan  entender,  assi  que  ay 
en  ellos  muchas  prolixidades  e  longura  de  escriptura.  El 
quai  actor  fue  en  el  tienpo  de  las  grandes  bataïlas  que 
ouo  entre  Iullio  Çessar  e  Ponpeo  e  fue  natural  de  la  çib- 
datdeCapua.  E  commo  el  noble  e  çientifico  cauallerô  don 
Rodrigo  Alfonso  Pimentel,  conde  de  Benauente,  viese  cl 
giand  volumen  de  razones  en  estos  libres  contenidas  se 
trabajo  e  aplico  a  las  acopillar  c  poner,  non  amenguando 
la  sentencia  e  realidat  délias,  en  la  forma  siguiente.  La 
quai  acopilaçion  el  fizo  e  ordeno  en  el  aflo  del  nascimiento 
del  nuestro  senor  Icsus  Cristo  de  mill  e  quatro  cientos  e 
treynta  e  nueue  ailos,  rreynante  en  Castilla  e  en  Léon  el 
muy  noble  sancto  e  virtuoso  rey  don  Iohan  nuestro  senor, 
lijo  del  muy  illustre  rey  don  Enrrique  de  gloriosa  me- 
moria  que  dios  aya  ;  e  la  reyna  dofia  Maria  su  muger,  (ija 
del  noble  rey  don  Ferrnando  de  Aragon  Infante  de  Cas- 
tilla; e  el  principe  don  Enrrique  su  lijo  primogenito  he- 
redero;  e  la  prinçesa  dona  Blanca  su  mujer,  lija  del  rey  don 
Iohan  de  Nauarra  (1),  )) 

Pour  résumer  notre  examen  des  trois  vol  unies  de  Tite- 
Live,  tous  trois  du  XVe  siècle,  qui  font  partie  du  fonds 
Osuna,  nous  les  classerons  ainsi  : 

1°  KK-12,  contenant  la  première  décade  avec  prologue 
du  traducteur  espagnol,  Pero  Lopez  de  Ayala,  chancelier  de 
Castille,et  prologue  du  traducteur  français,  Pierre  Berouire, 
au  roi  de  France  Jean. 


1.  Le  KK-13  comme  le  EK-6  finit  au  milieu  du  Ier  chapitre  du 
X''  livre  de  la  troisième  décade.  Dernière  phrase  des  deux  mss.  :  «  Estas 
asperas  cosas  en  tanto  ronpieron  el  coraçon  del  rey  que  respondioque  1<2 
plazia  obedesçer  al  senado. .  *  » 


100  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

2°  KK-14,  écrit  d'une  autre  mail  que  le  précédent,  mais 
également  du  XV'1  siècle,  et  exécuté  par  ordre  du  marquis 
de  Santillane.  Il  contient  la  seconde  décade,  traduction 
Berçuire-Ayala. 

3°  KK-13,  qui  contient  l'abrég<  des  dois  décades,  fait 
par  Rodrigo  AJonso  Pimentel,  comte  de  Benavente,  et  qui 
s'arrête  au  milieu  du  chap.  I,  livre  X,  de  la  troisième  décade, 
exactement  comme  le  ms.  EE-6  de  l'ancien  fonds  que  nous 
avons  cité    pour   son  prologue. 

La  traduction  de  Pero  Lopez  de  Ayala  fut  imprimée  ano- 
nyme à  Salamanque,  en  1497;  sans  nom  d'imprimeur, 
mais  on  sait  que  ces  impressions  de  Salamanque  sortent  du 
même  atelier  que  le  Villadiego  :  Trac  tatus  contra  hereticam 
pravitatem  de  1496,  imprimé  par  Leonardo  Aleman  et  fray 
Lope  Sanz  de  Navarra  (Salvâ,  Catdlogo,  n°  2785). 

Un  anonyme  catalan  de  la  fin  du  XIVe  siècle,  ou  du  siècle 
suivant,  a  traduit  en  catalan  la,  version  française  de  Berçuire. 
M.  Paul  Meyer,  qui  a  découvert  cette  traduction  au  British 
Muséum,  dans  le  ms.  Harley  4893,  en  a  publié  la  préface 
au  roi  Jean,  en  mettant  le  texte  français  en  regard  du  texte 
catalan  (Cf.  Archives  des  Missions,  2e  série,  t.  III,  p.  278  et 
327). 

Une  nouvelle  traduction  des  décades  1,  3,  4,  augmentées 
de  l'abrégé  de  Florus,  due  au  Révérend  Père  fray  Pedro  de  la 
Vega,  de  FOrdre  de  Saint-Jérôme,  fut  imprimée  à  Zara- 
gosse  en  1520,  par  les  soins  de  Georges  Coci  (Salvâ,  Catd- 
logo,  n°2786). 

Le  même  texte  retouché,  corrigé  et  augmenté  par  Fran- 
cisco de  Enzinas,  parut  à  Anvers  chez  Arnold  Byrcman,  en 
1553.  Le  titre  de  cette  édition  est  :  «  Todas  las  Deeadas  de 
))  Tito  Livio  Paduano,  que  hasta  el  présente  se  hallaron  y 
))  fueron  impressas  en  latin,  traduzidas  en  Romance  caste- 
»  llano,  agora  nuevamente  reconosçidas  y  enmendadas  y 
))  anadidas  de  mas  libros  sobre  la  vieja  transladacion  (c'est 
))  de  la  traduction  de  Pedro  de  la  Vega  qu'il  s'agit).  Ven- 
))  dese  la  présente  obra  en  Anvers,  en  casa  de  Arnoldo 
))  Byrcman,  à  la  ensenade  la  Gallina  gorda.  ))Dans  une  dédi- 
cace a  Philippe  (principe  de  las  Espafias)  où  Enzinas,  qui 
ne  pouvait  se  nommer  comme  protestant,  parle  au  nom  de 
l'éditeur  Byrcman,  il  dit  que,  pour  la  première  fois,  il  tra- 


XV.    TITE-LIVE  101 

cluit  les  cinq  derniers  livres  de  la  5°  décade  en  langue  vulgaire 
et  qu'il  ajoute  à  cette  traduction  la  version  de  l'abrégé  des 
quatorze  décades  de  Tite-Live,  dû  à  Florus  et  traduit  en 
castillan  par  Francisco  de  Enzinas,  déjà  publié  à  Strasbourg 
en  1550  (Cf.  Gallardo,  Ensayo,  t.  II,  n°  208G  ;  Menéndez 
Pelayo,  Heterodoxos  Espafioles,  t.  II,  p.  241,  note  1).  Une 
réimpression  de  cette  traduction  parut  à  Madrid  1793-1796 
en  cinq  volumes,  avec  le  nom  de  l'éditeur  Arnold  Byrk- 
man,  au  lieu  de  celui  de  Enzinas. 


XVI 
SÉNÈQUE 

A 
(Rocam.  n»  190;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  li -64) 

Sénèque,  Œuvres.  En  latin. 

Manuscrit  de  253  feuillets,  vélin,  non  folioté,  réglé  à 
57  lignes  Écriture  de  la  première  moitié  du  XIVe  siècle, 
à  deux  colonnes.  Rubriques,  lettres  et  lettrines  en  or  et 
couleurs,  titres  courants,  mouillures  aux  premiers  feuillets. 
Format  362x240  mm.  Reliure  moderne  exécutée  pour  le 
duc  d'Osuna. 

Incipit.  Rubrique  :  Sanctus  Ieronimus  de  Seneca  in 
cathalogo  sanctorum. 

Fol.  1  :  «  Lucius  Anneus  Seneca  cordubensis.  .  .  » 

Fol.  253  v°.  Explicit  :  a  ad  finem  huius  libri  uocatus  libre 
de  quatuor  uirtutibus  capitulo  de  continentia  usque  ubi 
dicit  esto  uiciorum.  »  Explicit  liber  Senece  de  legalibus 
institutis.  Deo  gracias. 

Ce  manuscrit  contient  : 

I.  Les  fausses  lettres  de  Sénèque  à  saint  Paul  et  de  saint 
Paul  à  Sénèque;  fol.  1-2. 

IL  Le  De  clementia,  2  livres;  fol.  2-8. 

IIÎ.  Les  Lettres  à  Lucilius;  fol.  8-104. 

IV.  Le  De  remediïsjbrtuitorum,  longtemps  faussement 
attribué  à  Sénèque  e1  donl  l'auteur  reste  inconnu  ;  fol.  104- 
105  v°. 

V.  Le  De  liberalibus  artibus;  fol.  105  v°-107  v°. 

VI.  Le  De  quatuor  virtutibus;  fol,  107  v°-109  v°.  Cet  ou- 


XVI.    SÉNÈQUE  103 

vrage  extrait  du  Liber  de  copia  verborurn,  a  été  attribué 
d'abord  à  Sénèque,  puisa  Martin,  évêque  de  Braga.  Hauréau 
[Notices  et  Extraits  de  quelques  manuscrits  latins  de  la 
BibL  Nat.j  t.  II,  p.  202)  prouve  que  l'évoque  Martin  a  plagié 
l'auteur  anonyme  de  ce  traité,  qui  a  été  tiré,  avec  quelques 
modifications,  du  Dr  copia  verborurn,  qu'LIauréau  at- 
tribue à  l'auteur  anonyme  de  la  correspondance  de  Sénèque 
et  de  saint  Paul. 

VIL  Le  Liber  declamationum  (neuf  livres),  de  M.  Annaeus 
Seneca,père  du  philosophe;  fol.  109  v°-128  v°. 

VIII.  Le  De  questionibus  naturalibus  (six  livres);  fol. 
128  v°-162  v°. 

IX.  Les  Prorcrbia,  compilation  dont  un  très  petit  nombre 
de  sentences  sont  de  Sénèque,  tandis  que  la  plupart  sont 
empruntées  soit  aux  iambiques,  soit  aux  trochaïques  de 
Publius  Syrus  et  au  traité  De  morybus,  dont  l'auteur 
n'est  pas  Martin  de  Braga,  mais  un  anonyme  (Cf.  Hauréau, 
/.  c,  t.  I,  p.  233-234,  et  t.  V,  p.  176);  fol.  162  v°-166  v°. 

X.  Le  De  moribus,  imprimé  tour  à  tour  sous  le  nom  de 
Sénèque  et  de  Martin,  évêque  de  Braga.  Hauréau  (/.  c, 
t.  V,  p.  176)  dit  que  ce  traité  n'est  ni  de  Sénèque  ni  de 
Martin;  fol.  166  v°-168  v°. 

XL  Le  De  beneficiis  (sept  livres);  fol.  168  v°-182  v°. 
Xïl.  Le  De  providentiel  (deux  livres);  fol.  182-190  v°. 

XIII.  Le  De  beata  vita;  fol.  190  v°-197  v°. 

XIV.  Le  De  tranquillitate  aniini;  fol.  197  v°-203  v°. 

XV.  Le  Debrevitatc  oitc  ;  fol.  203  v°-212. 

XVI.  Le  De  ira;  fol.  212-228. 

XVII.  AdMartiam  de  consolationc  Jiiii  sut  /fol.  228-234. 

XVIII.  Ad  Helbiam  matrern  de  consolationc  ;  fol.  234- 
239  v°. 

XIX.  Le  De  contemptu  bonorum  temporalium  et  cotuptta- 
tum;  fol.  239  v°-240.  Suivent  des  fragments  sur  l'amitié, 
la  foi,  la  justice.  C'est  une  compilation  des  dits  de  Sénèque, 
qui  termine  le  volume  et  occupe  les  feuillets  240-253  v°. 


104  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


*B 

(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  16;  Rqcâm.  n"  195;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  IIh-57) 

Sénèque,  1.  Épîtres.  2.  De  Providentiel  Dei.  En  italien. 

Manuscrit  de  139  feuillets  de  vélin, écrits  à  deux  colonnes, 
réglé  à  50  lignes.  Écriture  italienne  du  XIVe  siècle.  Orne- 
mentation riche  et  abondante,  lettres  ornées,  encadre- 
ments, initiales  miniaturées,  etc.  Dans  les  bandeaux  courent 
des  inscriptions  et  des  devises  d'or  ou  d'azur,  en  carac- 
tères gothiques.  Format  350*253  mm.  Reliure  de  par- 
chemin. 

I.  Fol.  1  :  Qui  cominciano  le  rubriche  délie pistole  di  tutto 
il  libro  di  Seneca  uniuersalmente.  Rubrica  délia  prima 
pistolet    dei   primo  libro.  Suit    la    table  des  épitres. 

Fol.  4,  B.  Introduction  où  sont  exposées  la  supériorité, 
la  beauté  de  la  philosophie  et  la  noblesse  du  but  qu'elle 
poursuit.  Dans  l'encadrement  sont  écrits  en  or  des  versets 
des  psaumes  :  «  Qui  caritatem  non  habet,  nichil  habet. 
Aque  multe  non  potuerunt  extignere  caritatem.  Ficles. 
Spes.  Caritas.  )) 

Fol.  6v°.  Fin  de  l'introduction;  elle  est  glosée  en  marge 
par  le  traducteur;  le  texte  et  les  gloses  sont  de  la  même 
main  ;  et  au-dessous  nous  trouvons  une  courte  biographie  de 
Sénèque.  Dans  les  marges,  en  caractères  gothiques  ornés  : 
((  Ista  sunt  VII  peccata  mundi  :  Superbia,  Ira,  Auaricia, 
Gula,  Lussuria,  Inuidia,  Accidia,  »  et  un  peu  plus  loin 
«  Vana  gloria  ». 

Texte  de  la  notice  sur  Sénèque  :  «  Seneca  lu  un  sauio 
uomo  discepolo  d'  uno  filosafo  ch'  ebbe  nome  Fotion  délia 
setta  degii  stoiçiani.  I  quali  diceano  che  uirtude  e  sourano 
bene  e  che  neuno  puote  essere  bene  auenturato  e  beato 
sança  uirtude.  E  non  per  quanto  egli  mette  e  mescola 
spesge  uolte  tra'  suoi  detti  le  sententie  d'  un  filosafo  ch'ebbe 
nome  Epicuro  che  dicea  :  che  dilecto  e  sourano  bene  tutta- 
uia  in  tal  modo  che  tornasse  a   onestade  ;   e  si  fu  questo 


XVI.    SÉNÈQUE  105 

Epicuro  uomo  cli  molta  grande  astinençia  e  nel  piu  délia  sua 
uita  non  mangiaua  altro  che  pane  e  acqua  ed  erbe  crude. 
Questo  Seneca  fu  nato  di  Spagna  d'  una  citta  che  si  chia- 
maua  Corduba,  e  fu  çio  di  Lucano  il  poeta,  uomo  di  grande 
litteratura  e  al  ta,  e  di  grande  astinençia  et  maestro  di 
Nerone  il  crudele  Imperatoredi  Roma  cheriece  poscia  ucci- 
dere.  Questo  Seneca  auea  uno  suo  grandissime  amico  il 
quale  auea  nome  Lucillo  e  fu  d'  una  contrada  la  quale  allora 
sechiamaua  campagna  e  la  quale  e  chiamata  terra  di  lauoro, 
d'una  citta  ch'  ebbe  nome  Pompeia,  posta  assai  presso  di 
Napoli,  la  quale  nabisso  si  corne  Seneca  medesimo  racconta 
nel  libro  délie  questioni  naturali.  Quello  Lucillo  era  pro- 
curatore  del  senato  e  del  popolo  di  Roma  neir  ysola  di 
Cicilia  al  quale  Seneca  mando  piu  e  piu  e  uere  epistole  piene 
di  buoni  insegnamenti  e  adottrinamenti,  i  quali  seguitano  qui 
di  sotto,  le  quali  pistole  e  insegnamenti  fece  traslatare  in 
lingua  fiorentina  Riccardo  Pétri  cittadino  di  Firençe  a  utili- 
dade  e  correctione  e  bene  di  tutti  coloro  che  in  questo  libro 
leggerranno  cosi  traslatato.  Nel  quale  le  dette  pistole  co' 
suoi  insegnamenti  e  addottrinamenti  per  ordine  sono  scripte, 
si  corne  nelF  originale  del  detto  Seneca  furon  trouate.  )) 

Fol.  7.  Rubrique  de  la  première  épître:  ChélV  uomo  dee 
ricogliere  e  rritenere  il  fuggimento  del  tempo,  e  che  que- 
gli  non  e  pouero  a  cuipoca  cosa  basta,  e  chell'uomo  dee  il 
tempo  di/igentemente  guardare  il  quale  si  perde  in  tre 
manière.  Itafac  mi  Lucilli.  Au-dessous  le  texte  commence 
par  une  magnifique  capitale  ou  est  représenté  Sénèque 
écrivant  les  premiers  mots  de  Tépitre  :  «  Ita  fac.  .  .  »  Ce 
feuillet  est  assez  grossièrement  encadré  de  trois  ban- 
deaux d'arabesques.  En  bas,,  la  peinture  primitive  a  été 
grattée  et  remplacée  par  Técu  du  marquis  de  Santillane 
porté  par  deux  anges.  Dans  le  coin  de  droite  en  haut  et 
dans  les  deux  coins  d'en  bas,  les  heaumes  du  marquis  ont  été 
maladroitement  appliqués  sur  le  feuillage  primitif;  on  voit 
que  le  parchemin  a  été  gratté  au-dessous.  C'est  donc  un 
manuscrit  que  l'on  a  revêtu  de  la  livrée  du  Marquis,  mais 
qui  n'avait  pas  été  exécuté  pour  lui. 

Entre  les  deux  colonnes  du  feuillet  court  une  inscription 
qui  explique  peut-être  pourquoi  l'on  a  choisi  ce  feuillet  pour 
y  peindre  les  armes  du  Marquis  :  «  Ave  Maria  gratia  plena, 


100  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLi 

Dominas tecum,benedicta  lu  in  mulieribusel  benedicta  tu.» 
Ici  l'ornement  est  coupé  par  l'écu  d'Iûigo  Lopez. 

Les  feuillets 7 v°,  8,  9,  LOet  11  sont  décorés  d'arabesques 
et  d'inscriptions  entre  les  colonnes,  comme  les  précédents 
feuillets.  Les  feuillets  19  et  25  \"  soni  également  ornés. 

Fol.  130  v°  :  Compiute  sono  le  pistole  di  Seneca,  Deo 
grattas  amen.  Même  verso  B  :  Questa  e  una  pistolafatta 
in  persona  di  hucillo  per  alcuno  cittadino  di  Firenze  lo 
quale  se  chiama  ser  Andréa  Lancia,  per  la  quale  significa 
che  Seneca  non  diffini  la  quistione  dell'ubriaco  sufficien- 
temente  la  quale  e  nella  LXXXII1  pistola.  [ncipil  : 
((  Seneca  Lucillo  salute.Io  disideraua  di  sapere  corne  lu...  » 

Fol..  131.  Explicit  :  ce  sobrietate  e  temperança  si  come 
ornamento  e  necessaria  uesoa  de  mortali.  » 

Les  feuillets  131  v°,  132  el  133  soni  blancs. 

IL  Fol.  134  A.  :  Questo  e  uno  libro  chejece  Seneca  et 
chiamasi  De  Prouidentia  Dei.  [ncipit  :  «  [DJomandasti...  » 

Fol.  137  :  Explicit  liber  de  prouidentia  dei.  Deo gratias 
amen. 

Fol.  138:  Incipiunt  Epistole  Beati  Augustini  ad  Boni- 
facium Comitem.  Et  Bonifacii  ad  Augustinum.  Et  primo 
Augustini  ad  Bonifacium. 

Incipit  :  «  [DJomino...  »  Fol.  139  v°  A  :  Eœpliciunt 
epistole  Augustini  ad  Bonifacium  et  e  conuerso.  —  Deo 
gracias  amen.  Quelques  notes  marginales  et  interlinéaires 
que  Amador  de  los  Rios  (cf.  Obreis  dei  marques  de  San- 
tillana,  p.  638-cx)  suppose  à  tort  être  de  la  main  même 
cVInigo  Lopez  ;  elles  sont  d'ailleurs  sans  intérêt. 

Le  volgarizzamento  de  Sénèque  que  nous  venons  de  dé- 
crire a  été  imprimé  à  Florence  en  1717  sous  le  titre  de  : 
Seneca  L.  Anneo,  volgarizzamento  délie  pistai  e  e  dei 
trattato  délia  provuidenza  di  Dio  (cf.  Zambrini  :  Le  Opère 
volgari  a  stampa  dei  secoli  XIII  e  XIV.  Bologne,  1884, 
p.  926)  (1).  Les  éditeurs,  Tommaso  Buonaventuri  et  Giovanni 
Bottiari,  dans  une  substantielle  introduction,  qu'ils  n'ont  pas 
signée,  nous  racontent  l'histoire  de  la  version  par  eux  pu- 


1.  Zambrini,  op.  et  loc.  cit., dit  qu'il  existe  une  édition  des  Epis 
,|ui  nous  occupent  datée  du  13  avril  1494  et  imprimée  à  Venise,  n 


XVI.    SÉNÈQUR  107 

bliée.  Nous  y  voyons  que  les  érudits  chargés,  en  1573,  par  la 
Crusca  de  la  correction  du  Décaméron  de  Boccace  parlent, 
dans  leurs  annotazioni ',  de  cet  ancien  volgarizsamento  de 
Sénèque  et  opinent  qu'il  a  dû  être  fait  avant  1325,  parce 
que  dans  le  plus  ancien  des  deux  manuscrits  par  eux  exa- 
minés, le  traducteur  déclare  avoir  travaillé  pour  Riccardo 
Pétri,  riche  négociant  de  la  famille  des  Filipetri,  qui  mou- 
rut en  1325  (1).  Ils  crurent,  à  première  vue,  que  leur  deuxième 
manuscrit  contenait  une  version  différente,  mais  après  un 
examen  approfondi,  ils  reconnurent  que  ce  texte  n'était 
qu'un  habile  remaniement  du  premier*,  exécuté  vers  1380 
environ.  Les  éditeurs  de  1717  n'ont  pas  vu  les  manuscrits 
cités  par  les  correcteurs  de  1573,  ils  n'ont  connu  que  les 
deux  manuscrits  anciens  mentionnés  par  Salviati  dans  ses 
Avvertimenti  délia  Lingua  sopra  7  Decamerone  (Venise, 
1584)^  et  dont  cet  auteur  dit  :  «  L'  Epistole  di  Seneca,  che 
))  d'antica  scrittura,  e  corretta  ha  messer  Baccio  Valori, 
))  furono  traite  clal  provenzale  avanti  1'  anno  1325,  corne 
))  ne'  loro  discorsi  mostrano  apertamente  quei  de!  settan- 
))  tatre.  Il  quai  libro  altrettanto  stimiamo,  e  più,  che  si  fac- 
))  ciano  quei  valent'  huomini  :  e  quanto  alla  favella,  e  quanto 
))  alla  scrittura,  tra  le  miglior  prose  de]  miglipr  secolo, 
))  erediam,  che  sia  da  riporla. E  benchè  sparso  vi  sia  per  entro 
))  qualche  voce  grammaticale,  e  alcuna  anche  von'abbia  délie 
))  francesche,  sono  tuttavia  picciol  numéro  verso  le  tante 
))  pure,  e natie,  che  continnuo  vi  si  ritrovano,  e gran  ricchezza 
))  ciel  volgar  nostro  in  quel  volume  è  racchiusa.  Le  mede- 
))  sime  in  tutto,  che  queste del  Valori,  e  délia  stessa  mano, 
))  e  bontà,  son  quelle,  che  nella  libreria  de'  Medici  sono 
))  state  riposte  (2).  )) 

Buonaventuri  et  Bottari  ont  étudié  le  manuscrit  Valori, 
devenu Guicciardini,  et  le  manuscrit  médicëo-laurentien(3). 

1.  Bonaventuri  et  Bottari  ajoutent  que  dans  une  version  castillane  de 
ces  lettres,  publiée  à  Alcala  en  1529,  Pétri  est  cité  comme  l'auteur  de 
la  traduction  italienne. 

2.  Salviati,  op.  cit.,  t.  I,  p.  112-113. 

3.  Cf.  Tavola  délie  abbretiaiure  degli  autori  e  dei  testi  da1  quali 
sono  trotti  gli  esenipi  citati  nel  Vocabolario  degli  Accademtci  délia 
Crusca.  Firenze,  1862,  p.  171-172  :  Si  citô  un  testo  che  fu  di  Baccio 
Valori,  poi  de1  Guicciardini,  quindi  de'  Panciaticlii,  e  ora  Palatine  col 
n"  78  mentre  servi  alla  detta  stampa  il  codice  Laurenziano  n,J  58  del 


108  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Ils  ont  trouvé  à  la  fin  du  manuscrit  de  la  Laurentienne  une 
sorte  de  calendrier  perpétuel  raisonnédonl  tous  les  exemples 
se  rapportent  à  Tan  1313,  d'où  ils  ont  tiré  la  conclusion  que 
le  volume  devail  avoir  été  écril  \(>\s  L313.  C'est  le  laurentien 

que  reproduit  l'édition  de  1717,  niais  les  éditeurs  se  sont  lar- 
gement servis  du  Guicciardinien  (1),  auquel,  par  exemple,  ils 
ont  emprunté  les  rubriques  italiennes  des  chapitres  elles  sont 
latines  dans  le  laurentien).  Les  éditeurs  de  1717  assignent 
la  même  ancienneté  aux  deux  manuscrits,  mais  ils  croient 
différentes  les  versions  qui  y  sont  conservées,  quoique  leur 
source  à  toutes  deux  soit  une  traduction  française.  Il  suffit 
de  lire  attentivement  le  fragment  de  la  lettre  XXXVIII 
publié  par  eux,  suivant  les  deux  manuscrits  el  à  l'appui 
de  leur  thèse,  pour  voir  qu'ils  ont  fail  erreur.  Le  texte 
médicéo-làurentien  n'est  qu'un  rifacimento,  un  peu  abrégé, 
du   texte  plus  archaïque  du  manuscrit  Guicciai  <lini(2).  On 

banco  LXXVI.  La  cote  du  manuscrit  Palatin  conservé  à  la  Biblioth. 
Nat.  de  Florence  est  erronée  dans  le  renvoi  de  la  Crusca;  ce  n'est  pas 
le  Palatin  n°  78,  mais  bien  le  Palatin  sect.  Panciatichi,  olim  68, 
hodie  56,  qui  renferme  le  volgarissamento  délie  Pistoledi  Seneca.  La 
cote  du  manuscrit  médicéo-laurentien  est  exacte. 

1.  Cf.  Zambrini,  op.  cit..  p.  927,  cite  un  Volgarlssamento  délie  tre 
prime  pistole  [di  Seneca]  secondo  il  testo  Guicciardini,  t ratio  do  un 
codice  Udincse  e  da  due  Marciani.  Venezia,  1820.  Cette  publication, 
due  à  Cicogna,  fut  suivie  de  celle  des  lettres  IV  à  XXX. 

2.  Afin  de  fournir  une  preuve  de  ce  que  nous  avançons,  nous  croyons 
utile  de  transcrire  ici  un  court  fragment  de  la  Première  lettre  et  le 
début  du  traité  des  Sept  Arts  libéraux,  d'après  les  deux  manuscrits  en 
question  : 

Première  lettre  à  Lucille. 

Nat.  de  Florence:  Palatino-Pan-  Mediceo-Laurenziano:  Plut, 

ciat.  n°  56.  Fol.  6  A.  Cosi  fa  ami-  LXXVI,  cod.  58. Fol.  11  A.  Araico 

chomio  Lucillorichoueraeraquista  mio  Lucillo  fa  cosi  raquista  te  a 

te  medesimo  a  te  e  chogli  e  ghuarda  tte  medesimo  e  rripigla  e  guarda  il 

il  tempo  che  daquinci  adietro  tera  tempo  che  per  adietro  fera  tolto 

tolto  o  inbolato  o  fuggito  per  tua  o  'mbolato  o  ffugito  per  tua  follia  e 

follia.  Ecredimi  chegli  e  com'io  ti  credimi  chegl'e  corn'  io  ti  scriuo. 

scriuo.   Àlchuno  tempo  ci  e  tolto,  Alcun  tempo  cie  tolto,  alcuno  im- 

alchuno  inbolato  e  alchuno  fuggito  bolato  e  alcuno  fuggito.  Ma  sopra- 

ma    sopratutto     e    uitiperoso     e  tutti    e    uituperoso   il   danno    del 

ontoso  il  danno  del  tempo  che  noi  tempo  che  noi  perdiamo  per  nostra 

perdiamo   per  nostra  negligenzia.  neghligenzia.  E  sse  ttu  porrai  bene 

Et  se  tu  vuogli  bene  attendere  e  mente  tu  uedrai  cuna  grandissima 

porre  mente  una  grandissima  parte  parte  de  la  uita  scorre  a  ccoloro  che 

délia  vita  dischorre  e  passa  a  cho-  mal  fanno,  gran  parte  a  coloro  che 

lôro  che  maie  fanno,  grande  parte  neeate  fanno,  tutta  a  coloro  caltra 


XVI.    SÉNÈQUE  109 

voit  que  si,  à  notre  avis,  Buonaventuri  et  Bottari  ont  tort, 
Salviati  n'a  pas  non  plus  tout  à  fait  raison.  Ces  deux  manus- 
crits, différents  de  ceux  que  virent  les  correcteurs  de  1573 
(puisque  Riccardo  Pétri  n'y  est  pas  cité  et  que  Salviati,  qui  a 
connu  personnellement  les  correcteurs,  n'a  pas  reconnu  un  de 
leurs  mss.  dans  les  siens),  nous  semblent  avoir  dû  se  com- 
porter l'un  vis-à-vis  de  l'autre  comme  le  manuscrit  antérieur 
à  1325  vis-à-vis  de  celui  de  1380. 

Les  éditeurs  de  1717  expliquent  que  Salviati  en  disant 
provençal  entendait  dire  vieux  français  et  qu'en  son  temps  la 
confusion  entre  ces  deux  termes  était  fréquente.  Pour 
établir  l'origine  française  de  cette  version  des  lettres  de 
Sénèque,  prouvée  d'ailleurs  par  d'autres  raisons,  les  éditeurs 
donnent  une  liste  de  mots  certainement  venus  de  France, 
comme  :  trabello,  tracaro,  ùrto/rjoglioso,  trabuono,  volagio, 
borboglio,  cernire,  conostabolicrc^ciamberlatc,  etc.,  etc.  Il 
est  évident  que  la  version  italienne  provient  de  la  version 
française  contenue  dans  le  manuscrit  12235  du  fonds  français 
de  la  Bibliothèque  Nationale  de  Paris  (Ancien  Suppl.  franc. 
4682). 

MM.Delisle  (1)  et  Omont  (2)  décrivent  tous  deux  ce  ma- 

a  choloro  che  neente  fanno,  tutta  cosa  fan  no.  Quai  uomo  mi  potrà  tu 

la  uita  a  choloro  che  altra  cosa  mostrare  che  metta  pregio  al  tempo 

fanno.  Chui  mi  mosterra  tu   che  e  che  stimi  e  dea  pregio  al  di  e  che 

metta  pregio  al  tempo;    il   quale  pongha  mente  e 'ntenda  che  muore 

extimi  e  metta  pregio  al  di  e   che  ciascundi. 
intenda.   e  pongha   mente    chegli 
muore  ciasqundi. 

Traité  des  Sept  Arts  libéraux. 

Nat.  de  Florence  :  Palatino-Pan-  Mediceo-Laurenziano:Plut. 

ciat.  n°  56.  Fol.  4  B.  De'  liberali  LXXVI,cod.  58.  Fol.  6  A.  De'  libe- 

studi  disideri  di  sapere  quello  che  rali  studii  desideri  di  sapere  quello 

io  sento.  Neuno  ne  riceuo,  neuno  chi'sento.  Neuno  ne  riceuo  neuno 

n'anouero  tra' béni  il  quale  intende  n 'annouero  tra' béni  il  quale  in- 

a  moneta.   Meritorii  artifici   sono  tende  a  moneta.  Meritorii  artifici 

per   adietro    ,utili    s'eili    apparec-  sono  per  adietro  utili  s'elli  appare- 

chiano   lo  'ngegno    e    non    lo  rat  chïâno  lo  'ngegno  e  nollo  ratten- 

enghono   inpe'rcio  che    in    questi  gono  peroche  in  questi  studii  tanto 

studi  tanto  e  da  d,imorare  quanto  e    da   dimorare    quanto    1'  animo 

Tanimo  neuna  cosa  maggiore  puo  neuna  cosa  magiore  puo  fare. 
tare . 

1.  Inventaire  général  et  méthodique  des  manuscrits  français ,p.  167. 

2.  Catalogue  des  manuscrits  français,  ancien  supplément  français, 
t.  II,  p.  477-478. 


110  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DÉ   SWMLL 

nuscrit  el  dans  les  mêmes  termes:  «  Ëpistres  de  Sénèque à 
))  Lucille,  traduites  en  français  par  un  Italien,  à  la  requête 
»  de  Bartholomy  Singuileyfe  de  Naples,  conte  de  Ca 
)>  el  grant  chambellenc  du  roiaume  de  Cezile.  —  Lettres  de 
))  Sénèque  à  saint  Paul  avec  les  réponses,  traduction  [ta- 
))  lionne  (fol.  132).  XIVe  siècle.   » 

Voici  un  passage  du  prologue  du  traducteur  qui  contient 
des  renseignements  intéressants  pour  nous:  Fol.  1:  «  Por 
»  ce  que  cil  qui  les  translata  ne  i'u  pas  de  la  langue  fran- 
»  ooise  ne  de  si  haut  enging,  ne  de  si  parfonde  science 
))  corne  a  la  matière  afiert,  il  s'excuse  a  tous  ceulz  qui  luevre 
»  N'en/ont",  qu'il  ne  le  blasment  se  il  a  failli  en  aucune  part 
))  de  la  propriétéde  la  langue  ou  aus  sentences  de  l'aucteur 
))  et  leur  prie  humblement  que  par  leur  bonté  et  par  leur 
»  franchise  l'en  weillent  corrigier  et  amender  en  l'un  et  en 
))  l'autre.  Car  il  confesse  bien  que  ce  fu  trop  grant  pré- 
))  sumption  d'emprendre  si  haute  chose  a  translater,  mes  il 
))  ne  le  tist  pas  do  son  gré.  Car  misire  Bartholomy  Singui- 
o  lerfe  de  Naples,  conte  deCasertc  etgrant  chambellenc  du 
»  roiaume  de  Cezile  Ton  pria  et  li  commanda.  Et  por  ce 
))  que  il  le  tenoit  a  son  soigner,  il  no  l'osa  refuser,  ains 
»  emprist  a  fore  chose  contre  son  pooir  et  contre  sa  force.  » 

M.  LéonCadiorl  ,  dans  son  Essai  sur  l'administration  du 
royaume  de  Sicile  sous  Charles  Ier  et  Charles  II  d'Anjou, 
nous  apprend  que  Bartolomeo  Siginulfo  di  Napoli,  comte 
de  Telese,  reçut,  le  26  novembre  1302,  les  capitoli  de  l'office 
de  grand  chambrier,  office  rétabli  on  sa  faveur  par  le  roi 
Charles  II.  Le  30  septembre  1308,  il  fut  fait  comte  de 
Caserte.  Après  la  mort  du  roi,  poursuivi  pour  tentative 
d'assassinat  sur  la.  personne  du  prince  de  Tarente,  capi- 
taine général  du  royaume,  il  fut  condamné  par  contumace 
au  bannissement  et  à  une  forte  amende,  le  30  décembre  1310. 
11  perdit  ses  biens  et  sa  charge  et  mourut  en  Sicile  vers  1316. 

[]  résulte  de  ce  qui  précède  que  la  version  française  des 
lel  î  res  de  Sénèque  a  dû  être  exécutée,  ou  du  moins  terminée, 
entre  le  30  septembre  L308  el  le  30  décembre  1310.  Il  est 
donc   possible  eî    vraisemblable  que  le  texte  italien  de   la 

1.  Paris,  1891,  in-8°  ;  Bibliothèque  des  Écoles  françaises  d'Athènes 
et  de  Rome,  t'asc.  59,  p.  224, texte  et  n<>i<^. 


XVI.    SÉNÈQUE  111 

Laurentienne  ail  été  écril  dès  1313.  La  version  française, 
due  à  un  Italien  et  faite  en  Italie  entre  1308  et  1310,  aura 
été  traduite,  presque  immédiatement,  à  la  prière  deRiccardo 
Pétri  de'  Filipetri  et  peut-être  par  l'auteur  de  la  version 
française.  Et  voilà  l'histoire  singulière  de  ees  lettres  de 
Sénèque  qu'un  Italien  traduit  de  latin  en  français,  qui 
du  français  sont  retraduites  en  italien  et  d'italien  passent 
en  castillan,  par  ordre  de  Fernan  Ferez  de  Guzman  qui  les 
croyait  traduites  directement  Je  latin  en  lengua  florentina. 
Le  De  Providentia Dei  se  trouve  clans  le  manuscrit  delà 
Laurentienne,  publié  en  1717,  comme  dans  notre  Hh-57. 
Les  éditeurs  le  jugent  de  la  même  époque,  de  la  même 
main  et,  peut-être,  du  même  traducteur  que  les  lettres.  La 
lettre  à  Lucille  de  Ser  Andréa  Lancia  a  été  publiée  par 
Pietro  Fanfani  dans  le  tome  Ier  du  journal  YEtruria  (1851 
et,  avec  des  variantes,  dans  le  Propugnatore  (2°  année; 
cf.  Zambrini,  op.  cit.,  p.  538). 


C 

(Osuna  :   Plut.   III.  Lit,    N,   n"   21;    Rocam.   N'J   189;  Biblioth.  Nat. 
Madrid.  Reserv.  5M2) 

Sénèque:   Tragédies,  En  italien. 

Manuscrit  de  192  feuillets,  plus  2  feuillets  de  garde, 
vélin,  ni  foliotation,  ni  signatures,  réglé  à  39  lignes.  Écri- 
ture du  XVe  siècle  à  deux  colonnes.  Rubriques  et  lettres 
ornées,  encadrements,  belles  marges.  Format  311  x225  mm. 
Reliure  de  maroquin  rouge. 

Les  rubriques  sont  en  latin.  Fol.  1:  Lucii  Anney  Senece 
Tragedia  prima  incipit;  Ar g  umentum:  «  E  da  sapere  cliel 
libro  de  le  Tragédie.  ..   » 

Fol.  1  v°.  Autre  rubrique  :  Incipit  prima  Tragedya 
LucJi  Anney  Senece  Cordubensis  que  dicitur  Hercules 
furens. 

Fol.  2  Incipit  :  «  Soror  thonantis  solo  questo  nome  a  me 
e  lassato  chio  so  ehiamata  sorella  del  thonante.  .  .  )) 

Fol.  20  v°  B.  Explicit prima  Tragedya  que  dicitur  Her- 
cules furent,  incipit  sec unda  que  dicitur  Tkiestes. 


112  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Fol.  37.  A.  Explicit  secunda  tragedya  que  dicitur 
Tkiestes  tertia  que  dicitur  Thays  (sic  . 

Fol.  48.  A.  Explicit  tragédia  tertia  que  dicitur  Thebays 
incipit  tragédia  quarta  que  dicitur  Ypolitus. 

Fol.  67  A.  Explicit  quarta,  etc.,  incipit  quinta  que  di- 
citur Edipus. 

Fol.  83  A.  Explicit  quinta...  incipit  sexta  que  dicitur 
Trohas. 

Fol.  101  A.  Explicit  sexta...  incipit  septima  que  dicitur 
Medea. 

Fol.  123  A.  Explicit  septima...  incipit  octaua  que  di- 
citur Agamemnon. 

Fol.  141  A.  Explicit  octaua  ..  incipit  noria  que  dicitur 
Octauia. 

Fol.  159  v'°  blanc.  Fol.  160  A.  Explicit  nona.  .  .  incipit 
décima  que  dicitur  Hercules  Oetheus. 

Fol.  192.  Explicit  de  la  dixième  tragédie  et  du  livre  : 
«  le  cose  mostruose,  mandarai  piu  fortemente  le  sagecte  che 
non  fa  esso  Joue  tuo  ginitore  e  padre.  » 

Explicit  liber  tragediarum  Senece  Deo  gracias,  amen. 
Finiio  libro,  referamus  gratiam  Christo. 

Chaque  tragédie  est  précédée  de  son  argument. 


D 

(Biblioth.  de  Don  Francisco  de  Uhagôn) 

1.-3.  Sénèque.  Trois  traités;  4.  Léonard  Aretin,  De  la 
Chevalerie,  traduit  par  P°  de  la  Panda  ;  5.  Plutarque,  De 
toda  la  condition  de  la  Nobléza,  traduction  faite  sur  la 
version  italienne  d'Angelo  milanais,  frère  de  Pier 
Candido  Decembri,  parle  prince  de  Viane.  En  castillan. 

Manuscrit  de  53  feuillets,  papier.  Ecriture  du  XVe  siècle. 
Grandes  marges,  rongées  au  début  du  livre,  rubriques, 
espaces  blancs  pour  initiales.  Format  290x222  mm.  Reliure 
moderne. 

Ce  volume,  dont  nous  retracerons  l'histoire  ci-après,  fait 
actuellement  partie  de  la  bibliothèque  particulière  de  Don 
Francisco  de  Uhagôn. 


XVI.    SÉNÈQUE  113 

I.  Fols.  1-7.  Las  quatro  vivtudes  e  dùctrinas  que  com- 
puso Scneca. 

Incipit  :  ((  [L]as  quatro  virtudespor  sentençia  de  muchos 
sabidores. . .  )) 

Explicit  :  «  o  de  caher  en  couardia  menguada  (Cf.  la 
notice  du  ms.  Ii-64,  n°  VI). 

II.  Fol.  7-11  v°.  Los  remedios  de  los  contrario*  de  For- 
tunaM  Estelibro  compuso  Seneca  muy  noble  e  éloquente  para 
un  hombre  mui  sauio  que  auia  nombre  Galion  contra  todos 
los  ingenios  e  aduersidades  de  la  fortuna...  » 

Explicit  :  «  se  falla  esta  bienauenturança  »  (Cf.  la  notice 
dums.  Ii-64,  n°IV). 

III.  Incipit  :  «  [Ljocura  es  a  hombre  atreuersea  quien  mas 
puede  que  el.  . .  » 

Explicit  :  «  Pues  no  pugnes  mucho  ademas  en  las  cosas 
que  amares,  ca  por  auentura  non  se  encimara  el  bien  que  tu 
cuydas.  E  otrosi  non  ayas  miedo  aunque  te  venga  con  que 
te  pesé  car  por  auentura  venir  te  a  grant  bien  por  ello.  E 
clizen  que  el  yrado  nunca  sera  rico  ni  su  coraçon  folgado.  )) 
Aqueste  libro  compuso  Seneca.  Ce  traité  sans  titre 
occupe  les  fol.  11  v°-17.  C'est  un  centon  intitulé  Los  pro- 
uerbios  de  Seneca  llamados  vicios  y  vivtudes,  dont  une 
autre  traduction  se  trouve  à  l'Escurial  dans  le  ms.  II-S-13. 
Ici  le  traité  est  incomplet. 

IV.  Fol.  19.  Leonardo  Aretino,  Traite  delà  Chevalerie, 
traduit  par  Mossen  Pedro  de  la  Panda.  Rubrique:  "Letra 

feclia  por  mosen  Pedro  delà  Panda  al  muy  ilustre  concle 
Don  Rodrigo  Manrrique.  Incipit  :  «  Muy  manifico  Senor 
passando  por  Florencia  para  tornar  en  Espana,  curioso  de 
traber  algunos  libros  de  los  autores  del  tiempo,  me  vino 
a  las  manos  un  breue  tractado  que  Leonardo  Daretço  [sic) 
orador  mui  grande  e  como  principe  de  los  de  nuestra 
edat .  .  .    )) 

Fol.  20.  Incipit  du  prologue  de  Leonardo  Bruni  d'Arezzo: 
((  Quiero  que  sepaes  mui  claro  Varon  que  a  mi  mismo ...» 

Fol.  34  v°.  Explicit  «  auemos  dicho  toclo  es  ya  esplicado 
aquello  de  que  posymos  a  fablar  en  el  prinçipio.  E  pues 
que  asi  es  fagamos  fyn  de  clezir.  )) 

Au  bas  du  même  verso,  d'une  autre  main,  et  d'une  autre 

s 


114  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

encre  que  le  texte,  mais  d'une  écriture  du  \Y'     i<<l« 
lement,  on  lit  la  souscription  suivante  : 

M .   El  triste  syn  esperaru;a  M. 
de  Figueroa 

Nous  verrons,  en  parlanl  du  manuscrii  [i-13  (notice  LUI 
que  le  Traité  de  la  Chevalerie  de  Leonardo  Aretino 
fut  traduit  deux  fois  au  x\"  siècle.  Nous  croyons  la  ira 
ductipn  du  dis.  li  L3  antérieure  a  celle  de  Pedro  de  la 
Panda.  La  première  version  est  anonyme.  Àmador  de  los 
Rios,  sans  le  démontrer  d'ailleurs,  dit  qu'elle  lui  faite  par 
Àlonso  de  Cartagena  (Cf.  Hist.  cru..  t.  VII,  p.  65,  n.  1). 
Nous  ne  le  croyons  pas.  En  lous  cas,  en  mars  1444,  dans  sa 
réponse  à  la  Question  que  lui  posait  au  sujel  de  la  che- 
valerie, le  seigneur  de  la  Vega,  l'évêque  de  Burgos  dit  : 
((  Décides,  seflor  muy  amado,  queen  un  libro  que  Leonardo 
)>  de  Areçio  compuso,  para  demostrar  donde  el  oficio  de  la 
)>  cavalleria  aya  proçedido  e  avido  comienço,  entre  otras  mi- 
)>  iitares  dottrinas  Eaçe  mençion  de  çierto  juramento,  que  los 
))  cavalières  Eaçian,  é  non  lo  déclaré  tanlo,  como  vos  quisié- 
))  rades,  é  lo  que  el  dexô  de  deçir  quisiérades  vos  de  mi  lo 
»  saver.  E  yopor  esto  quisieraver  aquel su  tractado  como 
»  de  un  discrepto  orador,  mi  muy  especial  amigo,  cou  quien 
))  por  epistolas  ove  dulce  comerçio, . .  »  et  plus  bas  dans  la 
même  lettre  Alonso  de  Cartagena  dit  expressément:  pues 
su  escriptura  non  vi  (Obràs  del  marqués  de  Santillana, 
p.  493-494). 

V.  Fol.  35-53.  Plutarco,  De  toda  condition  de  la  nobleca. 

Fol.  35.  Prologue  du  prince  de  Viane,  qui  dit  avoir  tra- 
duit ce  traité  d'italien  en  castillan  pour  puiser  dans  cette 
occupation  une  distraction  à  ses  peines  voyez  ci-après 
ce  prologue)  (1). 

Fol.  35  v°.  Prologue  d'Angelo  Decembri.  Cet  humaniste 
traduisit  ce  traité  du  latin  en  toscan  pour  l'offrir  au  marquis 
de  Santillane.  Rubrique  :  Al  muy  macjnijïco  e  poderoso 
seûor  e  virtuoso  el  marques  de  Santillana  conde  del  real, 
tvuslado  de  Anf/elo  orador  ytalianb  milanes. 

1.  M.  G.  Desdevises  du  Dezert  consacre,  dans  son  livre  sur  Don 
Carlos  (V Aragon,  un  chapitre  au  prince  de  Viane  écrivain,  il  ne  men- 
tionne pas  cette  traduction  parmi  les  travaux  littéraires  de  son  auteur. 


XVI.    SÉNÈQUE  115 

Angelo  explique  que  cet  ouvrage,  écrit  en  grec  par  Plu- 
tarque,  fut  traduit  en  latin  par  Bonacorsso,  et  que  lui 
entreprend  la  version  italienne  pour  en  faire  don  au 
Marquis  (voyez  ci-dessous  ce  second  prologue). 

Fol.  35  v°.  Prologue.  Incipit:  «  Pensando  quai  pcque- 
nuelo...  )) 

Fol. 36  v°.  Texte.  Incipit:  «  En  el  tienpo  antigo  quando  el 
muy  poderoso  imperio  de  Roma  florecia.  ..  )) 

Fol.  53  v°.  Explicit  :  ((  ni  el  temor  de  adultérât'  el  matri- 
monio...  )) 

Ce  manuscrit  est  incomplet,  le  dernier  feuillet  en  a  été 
arraché  parce  qu'il  portait  le  sceau  de  la  Bibliothèque 
Colombine.  Voilà  un  nouveau  fait  à  a  jouter  à  la  trop  longue 
liste  des  «  fuites  ))  que  M.  Harisse  signale  dans  son 
opuscule  intitulé  :  Grandeur  et  Décadence  de  la  Biblio- 
thèque Colombine. 

Une  copie  de  ce  traité  qui  se  trouve  dans  le  ms.  X->?5G 
de  la  Bibliothèque  Nationale  <l<k  Madrid,  copie  faite  au 
XVIIe  siècle  sur  le  texte,  alors  encore  complet,  de  la  Co- 
lombine, nous  permet  de  dire  qu'il  manque  34  lignes  au 
manuscrit  de  M.  de  Uhagôn.  Le  véritable  explicit  est  : 
a  Por  onde  quai  de  amos  ;i  dos  sea  cl  mas  loable  o  padres 
quo  escriptos  en  vuestra  senteuçia  se  permite.  Asi  que 
por  actoridad  del  Senado  como  por  voluntad  de  t-ucrecia 
ella  fue.  dada  por  muger  a  Gayo  Flamiulo.  Deo  gratlas.   » 

Un  autre  manuscrit,  le  Q-36  de  la  même  Bibliothèque 
Nationale  contient  une  copie  faite  au  5CVIIP  slmle  du 
traité  de  Leonardo  Aretino  traduil  par  Pedro  de  la  Panda. 
Une  courte  préface  a  cette  copie,  due  peut-être  à  Don 
Tomas  Tamayo  de  Vargas,  qui  signe  d'autres  pièces  de  ce 
recueil  tout  entier  de  la  même  main,  nous  prévient  que  si 
la  notice  que  N.  Antonio  donne  du  manuscrit  de  Séville 
(Bibl.  Vet.,  t.  Il,  lib.  X,  cap.  xvi)  est  inexacte,  c'est 
qu'il  a  été  mal  renseigné  par  le  chanoine  Don  Juan  de 
Loaysa,  qui  se  borna  à  lui  copier  les  titres  qui  se  trouvaient 
au  dos  du  volume  do  la  Colombine,  actuellement  dans  la 
bibliothèque  de  M.  de  Uhagôn  (1).   En  effet,   la   notice  de 

1.  Un  écho  do  ces  erreurs  se  trouve  dans  le  catalogue  do^  mss.  delà 
Biblioth.  Nat.  de  Madrid,  publié  par  Gallardo,  au  tome  II  de  YEnsàyo^ 


L16  BIBLIOTHÈQUE    DU    MAKQUIS    DE    SANTILLANE 

Nicolas  Antonio  est  erronée,  la  voici:  «  X"  924.  Petrus  de 
))  la  Panda  inscriptus  legitur  cuidam  volumini  antiqui 
)>  characteris,  sed  qui  liuius  temporis  est,  tria  opuscula 
»  continenti  :  quod  asservatur  ms.in  bibliotheca  Hispalensi 
))  Ecclesiaevquae  Ferdinandi  Columbi,  seu  Goloni,  fuit.  Primi 
))  opusculi  titulus  :  Las  quatre  virtudes  ô  doctrinas,  que 
))  compuso  Seneca.  Secundi  :  Letrafecha por  Mossen  Pedro 
))  de  la  Pandaal  muy  ilustre  coude  1).  Rodrigo  Manrique 
))  (cornes  fuit  de  Paredes,  magnanimus,  et  ex  heroibus 
»  saeculi  huius).  Sequitur  epistolam  libellus  Leonardi 
»  Aretini...  ab  eodem  Panda  ex  latino  in  vernaculum  s<t- 
»  monem  versus  ac :  De  la  ordende  la  Cavalleria  vocatus. 
))  Tertii  :  De  là  condicion  de  la  nobleza,  N.  de  Angelo 
))  mediolanensis,  translati  quoque,  ut  existimo,  ab  ipsomel 
))  Petro  Panda,  el  Santillanae  magno  marchioni  dedicati.  » 
On  voit  que  Nicolas  Antonio  passe  sous  silence  deux  traités 
de  Sénèqûe  et  qu'il  attribue  à  Pedro  de  la  Panda  la  tra- 
duction du  prince  de  Viane.  La  preuve  irréfutable  de 
l'identité  du  manuscrit  de  la  Colombine  avec  celui  de  M.  de 
Uhagôn  est  que  la  copie  du  traité  de  Leonardo  Bruni  con- 
tenue dans  le  ms.  Q-36  de  la  Nationale  de  Madrid  finit  par 
la  souscription:  M.  El  triste  synesperança  M.  de  Figueroa 
et  qu'une  note  au  bas  de  la  page  nous  dit  que  ces  mots  sont 
écrits  d'une  autre  main  que  le  texte  dans  le  manuscrit  de 
Séville. 

Voici  les  extraits  que  nous  avons  tirés  du  manuscrit  de 
Don  Francisco  de  Uhagôn  : 


Prologue  du  prince  Don  Carlos  d'Aragon  à  sa  traduction   de 
Plutarque, 

Rubrique:  FA  principe  de  Nauarra  : 

Veamos   que  vos  vala  dios  si   algunas  vezes  el  pensamiento  e 

]).  8  de  l'Appendice  s.  v.  Aretino  (Leonardo)  où  nous  lisons  :  Tratado 
de  la  caballcria,  Iraducido  del  latin  en  castellano  por  el  principe 
JJ.  (Je  ri  oh  de  Viana  y  falsamente  atribuido  à  Pedro  de  la  Panda, 
Q-36.  L'erreur  de  Nicolas  Antonio  portait,  nous  lavons  vu,  sur  l'opus- 
cule De  toda  condicion  de  la  nobleza,  et  non  sur  le  Tratado  de  la 
ûaballerla* 


XVI.    SÉNÈQTJE  117 

imagination  de  lo  que  cobcliciades  si  vos  a  las  vezes  tanto  délecta 
quanto  si  por  la  obra  alcançasses  vuestro  deseo.  E  por  que  verda- 
deramente  esto  es  mucho  a  todos  notorio  no  me  cal  al  presuponer 
si  no  que  puedo  dezir  afirmadamente  que  tanto  délecta  la  imagi- 
nation en  el  tiempo  del  pensamiento  quanto  la  obra  en  su  lugar. 
E  pues  ya  me  son  absentes  de  la  persona  la  libertat,  del  animo  el 
arbitrio,  del  uso  la  exeouçion  por  privaçion  de  endonde  poder 
obrar;  sola  mi  occupation  es  de  necessidat  se  détermine  a  la 
parte  que  puede(A)-  Ca  si  mi  pensamiento  con  la  memoria  se  junc- 
tamente  conformasen  en  solamente  pensar  en  la  tristeza  que  posseo 
perpétua  me  feria  su  durada  e  en  tanto  grado  que  la  vida  me  pri- 
uarian.  E  por  espediente  de  me  procurar  algun  e  necessario  pasa- 
tiempo  volui  los  ojos  en  la  présente  escriptura  la  quai,  por  ser  tanto 
breue,  el  leer  la  solamente  no  me  basto  a  la  dilaçion  de  mis  con- 
goyos  trabajos.  E  por  sola  razon  de  non  obedecer  a  mi  contraria 
fortuna  contristando  me  siempre,  délibère  la  trasladar  de  toscano 
en  nuestro  romance.  E  por  dar  alguna  folgança  a  mi  ymaginaçion 
que  balançea  en  el  peso  del  pensar  en  mis  contrarios  acaesçi- 
mientos.  » 


Al  muy  rnagnifico  e  poderoso  senor  e  virtuose  el  marques  de 
Santillana,  conde  del  real,  traslado  de  Anf/elo,  orador  ytaliano 
milanes. 

Pensando  quai  pequenuelo  donatiuo  podiese  enbiar  digno  de  la 
excelençia  vuestra,  muy  rnagnifico  e  poderoso  Senor,  me  vino  en 
la  voluntad  cierta  e  una  muy  gentil  obrezilla  conteniente  en  bre- 
uidat  e  con  muy  pesada  sentençia  toda  la  condiçion  de  la  nobleza, 
la  quai  obra  primeramente  fue  en  lengua  griega  por  el  doctissimo 
auctor  Plutarco  compuesta,  e  despues  en  latin  trasladada  por 
Bonacorsso  orador  ytaliano,  finalmente  sera  por  mi  Angelo,  por 
el  présente  e  por  amor  de  vuestra  sefioria,  en  toscano  romance 
transferida.  E  por  quanto  asaz  vegadas  fue  de  aquella  nobleza  por 
los  nnestros  antigos  disputado  la  mayor  parte  syn  dubda  de  aquella 
colocaron  en  la  antiguydat  de  linage,  otros  en  la  muchedunbre  de 
las  riquezas,  e  algunos  en  la  sola  virtuddel  animo.  La  quai  materia 
por  que  me  paresce  mucho  bellapor  lo  que  se  en  ella  contiene  de 
excelente  philosophia  e  ystoria  e  digna  de  letrada  o  magnanima 
sefioria,  por  ende  a  vuestra  alteza,  mejor  que  a  otro  senor,  consi- 

(A)  Quepuede  es  asaber  de  la  çontemplacion  ca  aunque  por  la  obra  o 
presençialmente  non  se  alcançen  la  cosas  deseadas  la  ymaginaçion  con- 
te mplando  cierto  es  que  procura  alguna  delectaçion. 


118  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

dero  deuer  la  intimar,  a  la  quai  ciertamente  y  por  Eamaepor 
experiençia  conosco  asi  como  una  singular  luz  de  ingenio  en  toda 
la  ultorior  e  çiterior  espafia,  e  en  rhayor  grado  delectarse  en 
^studio  de  tétras,  a  la  quai  virtud  -<i  suele  eneomendat  la  gente 
popular  quanto  os  de  con  maj  or  alabança  e  celebraçion  contemplar 
en  escogido  principe,  por  lo  quai  queriendo  se  menear  el  razona- 
miento  de  la  nobleza  e  despues  a  quai  seûoria  sepodria  mas  dili 
gentemente  atribuyr  que  a  vuestra  gracia  a  la  quai,  asi  pornatural 
ingenio  como  por  industria  continua  de  estudios,  eso  mesmopor 
bien  auenturança  y  gloria  de  estado,  toda  la  representaçion  parti 
cular  e  gênerai  delà  nobleza  ha  en  si  compreHëndida.  Edeaquella 
se  puecle  como  de  espejo  luziente  la  yerdadera  estimaçion  de 
aquesta  nobleza  contemplar.  Pero  si  de  la  lindeza  del  linaje 
dezimos,  quai  seflor  temporal  es  a  quien  no  se  pueda  comparar  la 
generosidat  de  la  seûoria  vuestra,  o  por  la  antiguydat  de  los 
mayores  o  por  la  alteza  de  vuestros  parientes.  E  si  de  las  Eacul 
tades  o  riquezas  queremos  dezir,  Eallar  se  a  asaz  vuestro  animo 
abastado,  si  por  ftrmeza  e  constante  fe  de  sus  vassallos  e  subditos 
otrosypor  su  mesma  e  ardiente  bienquerençia  que  tienen  a  vos. 
E  si  de  las  nobles  virtudes  del  animo  penssamos,  tantoesel  amon- 
tonainiento  de  aquellas  en  la  çelssitud  vuestra  quanto  qualquier 
perssona  popular  o  senoril  puede  desear  honestamente.  No  di 
remos  por  lo  présente  de  vuestra  justiçia,  piedat  e  clemençia,  fe, 
liberalidat,  por  que  agora  no  basta  el  tiempo  ni  el  lugar  de  lo 
espliear.  Por  todos  los  quales  e  nmy  honestos  enxiemplos  e  res- 
pectos  neçessarios  me  costrenyan  non  (?)  a  la  excelençia  vuestra  de  le 
enbiar  dignamente  la  clicha  disputaçion  de  nobleza  a  la  quai  e  a 
su  arbitrio  dexando  la  sentençia  de  aquella  a  quien  como  muy 
iiel  seruidor  humiimente  e  sus  manos  besando  me  eneomiendo. 


(Osuna:  Plut.  III.  Lit.  N.  n°  3;   Rocam.  n"  192;  Biblioth.  Nat. 

Madrid,  Kk-16) 

Senèque,  Lettres  à  Lucille.  En  castillan. 

Manuscrit  cl (3  88  feuillets,  plus  4  de  table,  1  de  garde  el 
11  à  la  lin  du  volume.  Papier  et  vélin.  Écriture  de  la  pre- 
mière moitié  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Format 
398X^78  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Au  verso  du  feuillet  de  garde  on  lit  la  rubrique  suivante  : 


XVI.    SÉNÈQUE  119 

En  este  libro  ay  setenia  e  çinco  capitulos  los  cjuales  son 
y ntitul ados  epistolas  de  Se/ieca  a  Luçilo,  las  quales  Jablan 
hintj  altarnente,  e  el  que  leer  alguna  délias  querra,  la  tabla 
le  dira  a  quantasjbjas  cada  una  délias  fcdlar a. 

Suivent  4  feuillets  de  table  à  deux  colonnes.  A  la  fin  de  la 
table,  la  rubrique  suivante  :  E  as  y  son  las  epistolas  que  en 
este  volumen  se  contienen  en  çiento,  las  quales  son  de 
Gregorio  Rodrigue*, eierigo  e  notario  vecino  de Burgos  que 
Bios  dexe  bien  acabar  ;  amen. 

Ce  nom  de  Gregorio  Rodrigue*  a  été  substitué  à  un  autre 
qui  a  été  complètement  gratté  ;  le  nom  primitif  était  en 
rouge  et  Gregorio  a  ajouté  le  sien  à  F  encre  noire. 

Fol.  1,  vélin.  Prologue  :  «  Seneca  fue  un  sabio  omne  dis- 
cipulo  de  un  philosopho  que  ouo  nombre  Focion. .  .  » 

Le  fol.  2  porte  le  n°  25,  il  manque  donc  à  notre  texte  23 
ou  24  feuillets,  car  le  prologue  ne  porte  pas  de  numération, 

Incipit  :  ((  ...  que  aquellos  que  refuyen  e  han  recursso  a 
el  esperando  encobrir.  .  .  »  C'est  la  fin  du  chapitre  xxi.  Dans 
la  même  colonne  commence  le  chapitre  xxn. 

Fol.  108  A.  Les  lettres  à  Lucille  finissent  avec  la  fin  du  cha- 
pitre lxxv,  par  :  a  por  nescesidat  aya  e  tome  sin  demasia  e 
sobra.  » 

Fol.  108  v°  A.  Lettre  de  Plutarque  à  Trajan,  son  dis- 
ciple. A  la  suite  un  «  dicho  de  Mario  Maxime  philosopho.  » 

Fol.  108-112.  Huit  lettres  de  Sénèque  à  saint  Paul,  six 
de  saint  Paul  à  Sénèque,  cinq  de  saint  Augustin  au  comte 
Boniface  et  cinq  de  Boniface  à  saint  Augustin.  Fol.  112  v° 
Explicit  :  «  porque  la  salud  tuya  por  algund  tienpo  nos 
sea  otorgada.  » 

A  la  fin,  6  feuillets  de  papier  dont  deux  sont  occupés  par 
une  généalogie  des  rois  goths  d'Espagne  et  des  rois  de  Léon 
et  de  Castille,  et  desjamosos  caualleros  el  conde  donFernan 
Gonzalez  de  Castilla  y  el  Çid  Rrui  Diaz  de  Vibar. 

Sur  l'avant  dernier  feuillet  on  voit  des  dessins  de  lames 
cl'épées  avec  les  marques  et  les  noms  de  six  armuriers.  C'est 
un  curieux  document.  A  droite  dans  la  marge,  on  lit  :  Senales 
de  las  buenas  espadas  antiguas,  et  en  caractères  eursifs  : 
Piero.  Antonio,  y  Cataldo  fueronlos principales  maestros  e 
estos  son  sus  disçipulos.  Suivent  les  noms  et  les  marques. 

Ce  manuscrit  contient  la  version  castillane  du  uolyariz- 


120  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    ÙE   SANTILLANE 

zamento  que  (il  faire  Riccardo  Pétri  <\e  Florence,  sur  une 
traduction  française  (cf.  la  notice  du  manuscrit  Hh-57),  bien 
que  notre  exemplaire  porte  expressément  :  las  (/unies  epi- 
stolasjizo  trasladar  de  latin  en  lengua  florentina  Ricavdo 
Pedro,  etc.  Le  manuscrit  italien  dit  au  même  endroit  :  le 
quali  pistole  e  insegnainenti  Jece  traslatare  in  linguajîo- 
rentina  Riccardo  Pétri,  etc.  Il  faut  sans  doute  voir  dans  ce 
latin  une  erreur  du  traducteur  castillan,  qui  était  insuffi- 
samment renseigné. 


(Osuna:  Plut.  V.  Lit,  N.  N°  37;   Rocam.  N°  194;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-58) 

Sénèque,    Œuvres   diverses,    traduites   en    castillan   par 
Alonso  de  Cartagena. 

Manuscrit  de  167  feuillets,  au  commencement  2  feuillets 
de  garde  et  à  la  fin  3  feuillets  blancs  d'un  autre  papier  que 
ceux  du  manuscrit.  Papier,  folioté  en  bas  à  droite.  Beaucoup 
de  feuillets  usés  ont  été  rebordés.  Écriture  du  XVe  siècle. 
Notes  et  gloses  dans  les  marges,  de  la  même  écriture  que  le 
texte.  Format  283X214  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Ce  manuscrit  contient  : 

1  De  la  prouidençia  deuinal. 

2  De  la  cleinençia. 

3  Breue  copilaçion  que  de  sus  dichos  fuefecha. 

4  Libro  de  amonestaçiones  e  dotrinas. 

5  Libro  de  las  syete  artes  libérales. 

Fol.  1.  Préface  d; Alonso  de  Cartagena  au  roi  de  Castille: 
«  Quand  dulçe  es  la  çiençia  muy  catolico  principe.  . .  » 

I.  Fol.  2  v°.  Explicit  :  «  la  entrocluçion  seguente.  )) 

Môme  feuillet  :  Introduçion  «  De  la  prouidençia  deuinal 
muchos  son  los  que  fablaron  asy  catolicos  como  gentiles...)) 

Fol.  4.  Explicit:  «  quando  conbatyr  nos  quisiere  incli- 
nemos  la  oreja  e  escuehemos  a  Seneca.    » 

Seneca  a  Lucilo  :  «  Preguntaste  me  Luçilo  pues  el  munclo 
se  rrige  por  la  prouidençia  de  Dios  porque  acaesçen  muchos 
maies. . .  » 


XVI.    SÉNÈQUE  121 

Fol.  20.  Explicit  :  «  con  la  lança  de  la  rrazon  diziendo 
asy.  »  Le  livre  I  compte  16  chapitres.  A  la  suite  et  sans 
explicit  spécial  commence  le  livre  II  :  Seneca  a  Sereno  : 
«  Puedo  con  rrazon  dezir  o  Seuero  (pie.  .  .   » 

Fol.  45.  Explicit  :  «  de  la  rrepublica  e  del  linaje  humanal  ». 
Le  livre  II  compte  19  chapitres.  Aqui  se  acaba  el  libro 
segundo  de  Seneca  de  la prouidencia  de  Dios  a  Sereno. 

IL  Au-dessous:  Libro  primera  de  Luçio  Anneo  Seneca, 
de  la  Clemençia  al  enperador  Nero. 

Fol.  45  :  Prologo  en  la  traslaçion.  Incipit  :  «  Mâchas  cosas 
son  principe  muy  esclarescido  que  fazen  al  rrey .  .  .   » 

Fol.  47.  Explicit  :  a  la  yntroduçion  que  se  sygue.  »  Suit 
l'introduction  du  traducteur  :  «  [D]os  libres  fïzo  Seneca  de 
la  cïemencia  amos  yntitulados  a  Nero.  .  .  » 

Fol.  47.  Explicit:  (dabre  Seneca  sus  floreaduras.  »  Seneca 
al  enperador  Nero.  Capitulo  primera. 

Fol.  49.  Incipit  :  «  Acorde  de  te  escriuir  o  Nero  Çesar  de 
la  virtud  que  se  llama  clemençia.  .  .  » 

Fol.  80  v°:  ((  de  tenplos  o  de  fuego  muy  grrande  e  gênerai. 
Aqui  se  acaba  el  libro  primero  de  Seneca  de  la  Clemençia 
(24  chapitres) . 

Au-dessous  :  Libro  segundo  de  Seneca  de  la  Clemençia 
al  enperador  Nero.  Introduçion  :  En  este  segundo  libro  de 
la  clemençia  aunque ...    )) 

Fol.  31  v°.  Explicit  :  «  que  en  ella  nos  quiso  dar  Se- 
neca. ))  Seneca,  al  enperador  Nero  :  «  Una  palabra  que 
mienbra,  o  Nero  Çesar,  que  te  oy  me  apremio.  .  .  » 

Fol.  88  v°.  Explicit  :  «  se  enâeresçe  e  torne  derecho. 
Aqui  se  acaba  cl  secjnndo libro  delà  Clemençia  de  Seneca  cd 
enperador  Nero. 

III.  Suit  :  En  este  quaderno  estan  algunas  declamaciones 
que  fiieron  sacadas  de  diuersos  lot/ares  del  original  de  las 
Declamaciones. 

Fol.  89.  ((  [E]n  el  libro  de  las  Declamaciones  la  declama- 
çion  quarta  que  se  llama  la  declamaçion  de  aquel  (pie  con 
las  armas  que  tomo  de  la  sepoltura  fue  vençedor.  Propone 
contra  el  aquella  action  que  se  llama  ciel  sepulcro  ofensado. 
E  el  caso  es  este  :  una  cibdat  auia  guerra  con  otra  e  un 
cauallero. . .  » 


122  BIBLIOTHÈQUE    Dl     MARQUIS    DE   SANTILL 

Fol.  L45  v°.  Ëxplicil    :  (i  <■  nin  engafta  a  otro  nin  ella 
engaïïada.  » 

Fol.  146  :  Aqui  se  acaba  una  breue  copilaçion  de  aigu- 
nosdichosde  Seneca  sacados  de  una  grant  copilaçion  que 
de  sus  (lichos  c  dotrinas  Juejecha.  Efueron  tornados  de 
latin  en  lenguaje  castellano  por  mandado  del  m  uy  alto 
principe  e  muy  poderoso  rey  e  sefior  nuestro  sefior  el  rey. 
E  non  van  sytuados por  ordenança  porquanto  fueron  acaso 
segunt  que  cada  uno  en  leyendo  le  bien  paresçio.  E  afta- 
dieronsealas  glosas  algunas  adiçiones  en  los  loi/arcs  donde 
el  dicho  sefior  rey  mando. 

IV.  Fol.  147:  Libro  de  Seneca  de  amonestamientos  e  do- 
trinas. «  [N]on  hay  cosa  tan  mortala  los  yngenios  humanos 
como  la  luxuria .  » 

Fol.  155  v°.  Explicit  :  «  tu  abstinençia  de  las  viandas 
suzia  e  vil.  »  Aqui  se  acaba  el  libro  de  los  amones- 
tamientos e  doctrinas,  e  comiença  el  libro  de  las  syete 
çtrtes  libérales  en  que  muestra  Seneca,  Jablando  de  cada 
una  délias,  que  non  ponen  en  nuestro  coraçon  la  virtud 
mas  aparejan  le  para  la  rresçebir. 

V.  Fol.  156  :  Libro  de  las  syete  artes  libérales.  «  I)  <i-<\-i- 
saber  que  es  lo  que  me  paresçe  dé  los  estudios  libérales  e 
para  désir  le  verdat.  .  .  » 

Fol.  167  v°.  Explicit:  «  mas  aun dixieron que  non  pode- 
mos  saber,  que  non  sabemos  nada.  » 

Aqui  se  acaba,  el  libro  de  Seneca  que  lia  mon  de  las  artes 
libérales. 

Les  notes  et  les  gloses  de  ces  textes  sont  intéressantes  ; 
elles  donnent  des  renseignements  sur  les  jeux,  les  coutumes, 
le  droit  et* l'histoire,  elles  confirment  la  sûreté  et  l'étendue 
de  l'érudition  cle  l'évêque  de  Burgos,  si  célèbre  et  si  admiré 
au  XVe  siècle. 

G 

(Rocam.  N°  193;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-55) 

Sénèque,  Œuvres  diverses .  En  castillan. 

Manuscrit  de  223  feuillets,  papier,  les  premiers  feuillets 
sont  très  abîmés  par  l'humidité,  folioté  avec  soin  jusqu'au 


XVI.    SÉNÈQUE  123 

fol.  87;  à  partir  de  ce  feuillet  une  erreur  se  glisse  clans  la 
numération,  le  fol.  88  porte  le  n°  89,  or,  rien  n'est  omis 
dans  le  texte;  il  y  a  donc  omission  du  n°  88,  cette  faute 
d'une  unité  court  jusqu'au  fol.  200,  c'est-à-dire  199  où  la 
foliotation  cesse  tout  à  fait.  Ecriture  du  XVe  siècle,  ru- 
briques et  initiales  ornées.  Format  283X210  mm.  Reliure 
moderne  en  basane  à  filets  d'or.  Les  2  premiers  feuillets  sont 
occupés  pour  une  table  très  détaillée.  Ce  manuscrit  est  en 
tout  pareil  au  ms.  Ii-58,  c'est  pourquoi  nous  ne  parlerons 
ici  que  des  traités  qui  ne  se  trouvent  pas  dans  l'autre 
manuscrit,  et  nous  nous  contenterons  d'énuméror  ceux  que 
nous  avons  déjà  décrits.  Dans  les  deux  textes,  c'est  à  la 
version  d'Alonso  de  Cartagena  avec  ses  gloses  et  ses  com- 
mentaires que  nous  avons  affaire. 

Fol.  3:  Aqui  comienra  el  Ubro  de  Seneka  que  es  llamado 
De  Vita  beat  a. 

Prologue  dédicatoiro  : 

Incipit  :  «  Si  los  bienes  mundanos  principe  muy  poderoso 
pueden  dar  bienandança. .  .  » 

Fol.  4  v°.  Explicil  :  «  qmv  In  yntroduçion  que  se  sigue 
dira.    )) 

Prologue  du  traducteur  :  a  Grande  cuydado  pusieron  los 
sabios  gentiles  en  catar  quai  era  H  mayor  bien...  » 

Fol.  6.  Explicit  :  «  qùantoa  este  fin  le  podemosoyr.  » 

Texte,  incipit  :  «  Todos  desean  o  Galion  hermano  biuir 
bienauenturadamente .  .  .  » 

Fol.  49.  Explicit  :  «  Pues  en  todaslas  mares,  por  la  mayor 
parte,  sobreuiene  algunas  vezes  tormenta.  »  Aqui  se  acaba 
el  Ubro  de    Vita  beata. 

Fol.  49  v°-98  (c'est-à-dire  97),  2  Libros  de  la  Proui- 
dençia  de  Bios. 

Fol.  98-138  (c'est-à-dire  137).  2  Libros  de  la  C/e- 
rnençia. 

Fol.  138-150  (149).  Libro  de  las  Artes  libérales. 

Fol.  150  v°-158  v°  (157),  Libro  de  Amonestamientos  e 
doetrinas . 

Fol.  158-221,  Breue  copilarion  de  algunos  clichos  de 
Seneca  (nous  empruntons  ce  titre  au  ms.  Ii-58). 

L'ordre  de  cette  brève  compilation  n'est  pas  absolument 
le  même  dans  les  deux  manuscrits.  Dans  le  ms.  Ii-55  il  v  a 


124  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

des  erreurs  dans  l'ordre  des  feuillets  qui  rendent  la  col- 
lation difficile,  mais  le  contenu  de  cette  partie  des  deux 
manuscrits  est  le  même,  et  c'est  la  même  traduction. 

Fol.  221-224  v°.  De  quatro  virtudes. 

Fol.  221  :  «De  las  espeçias  de  quatro  virtudes  por  senten- 
çiasde  muchos  sabiosson  definidas  por  las  [quales]  el  animo 
umano  afeytado  pueda  a  honestidad  allegar»  (sic). 

Fol.  224  v°  (en  réalité  223  v°).  Explicit:  «en  las  aduersy- 
dades  firme  en  las  virtudes  de!  anima.  Fin  »  (Cf.  la  notice 
du  ms.  Ii— 64,  VI).  Les  quatre  derniers  mots  sont  de  la 
main  qui  dans  le  textea  fait  par  endroits  (\<>*  retouches. 

II 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n"  12;  Rocam,  n"  191;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-86) 

Sénèque,  De  Vitabeata.  En  castillan. 

Manuscrit  de  34  feuillets,  papier,  nombre  irrégulier  de 
lignes.  Écriture  du  XVe  siècle.  Grandes  marges,  notes  et 
gloses,  pas  de  rubriques,  mais  des  initiales  et  des  lettrines 
en  couleur.  Format  286x216  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Ce  manuscrit  contient  le  De  Vita  beata  en  castillan. 
C'est  la  traduction  d'Alonso  de  Cartagena  que  nous  avons 
déjà  examinée  dans   le  manuscrit  Ii-55. 

Fol.  1.  Prologue-dédicace  au  roi. 

Fol.  2.  Prologue  du  traducteur. 

Fol.  3.  Incipit  :  «  Todos  desean  o  Galion  hermano  beuir 
bienauenturadamente. . .  » 

Fol .  34  v°.  Le  traité  inachevé  finit  par  :  «  e  esto  paresçe 
bien  porque  Epiarro  que  fue  el  principal,  o 

I 

Sénèque,  De  Mo  ri  bus.  En  castillan  (Cf.  notice  XIV-,  n"  II). 

Traducteurs  et  traductions  de  Sénèque  en  Espagne 

Sénèque  est  une  des  grandes  autorités  du  moyen  âge 
espagnol,  on  le  cite  partout  et  à  propos  de  tout.  A  son  mé- 


XVI.    SÉNÈQUE  125 

rite  propre  s'ajoute  l'auréole  patriotique  (pie  lui  vaut  sa 
naissance  à  Cordoue.  De  même  que  Lucain,  son  aeveu,  Sé- 
nèque  est  considéré  comme  Espagnol  ri).  Les  œuvres  du 
stoïcien  sont  clans  toutes  les  bibliothèques,  souvent  on  les 
y  trouve  à  plusieurs  exemplaires  et  en  quatre  langues  : 
en  latin,  en  italien,  en  castillan  et  en  catalan  (2).  Les  plus 
anciennes  traductions  castillanes  de  cet  auteur  conservées 
à  Madrid  et  à  rEscurial  ont  été  exécutées  au  XVe  siècle 
pour  les  rois  Jean  II  et  Henri  IV,  pour  Fernan  Perez  de 
Guzman,  et  une  ancienne  version  a  été  retouchée  pour  clona 
Inès  de  Torres,  femme  de  Louis  de  Guzman,  grand-maître 
de  Calatrava.  Dès  les  premiers  temps  de  l'imprimerie,  les 
éditions  de  Sénèque  abondent  :  Séville,  Médina  del  Campo, 
Zamora,  Tolède,  Alcalâde  Henares  et  Anvers  en  ont  fourni. 
La  Catalogne  avait  précédé  de  quelques  années  la  Castille. 
En  effet,  Villanueva  (Vtage,  XVIII,  210),  cite  un  manus- 
crit du  XIVe  siècle  contenant  une  version  catalane  de  YEx- 
positio  des  ouvrages  de  Sénèque  par  le  dominicain  Lucas 
Manelli(3).  Du  XIVe  siècle  aussi  date  la  traduction  des  dix 
tragédies  de  Sénèque  faite  par  Anton  Vilaragut  et  dont 
une  partie  seulement  nous  est  parvenue.  Antoni  Canals 
traduit  entre  1393  et  1406  le  De  ProuidenUa.  Le  Sumari  de 
Seneca  de  Père  Mollâ  est  de  la  fin  du  XIVe  siècle  ou  du 
commencement  du  XVe,  et  rEscurial  conserve  dans  un  ma- 
nuscrit du  XVe  siècle  une  traduction  catalane  des  Moral ia. 
Enfin,  les  lettres  du  stoïcien  furent  traduites  du  français  en 
catalan  :  a  translatades  de  lati  en  frances,  e  puys  de  frànces 


1.  Rodriguez  de  Castro  :  Biblioteea  espanola,  t.  II,  p.  32-62. 

2.  Le  prince  de  Viane  possédait  une  traduction  française  des  Lettres 
à  Lucille  :  «  Epistoke  Senecse  en  frances  (les  epistoles  de  Seneca  en  pa- 
per,  no  acabades).  »  Cf.  G.  Desdevises  du  Dézert,  Don  Carlos  d'Aragon, 
appendice  XV,  p.  453.  Les  mêmes  lettres,  en  français  également,  sont 
mentionnées  sous  le  n°18  du  catalogue  delà  Bibliothèque  du  connétable 
de  Portugal  Don  Pedro.  Cf.  A.  Balaguer  y  Merino,  D.  Pedro  el  cqnde- 
stable  de  Portugal,  Gerona,  1881,  p.  23. 

3.  Villanueva  et  Rubiô  y  Lluch  font  de  «  frare  Luchas  »  un  Catalan  ; 
c'est  M.  Morel-Fatio  qui  a  reconnu  en  lui  le  dominicain  Lucas  Manelli, 
auteur  d'une  «  Exposition  »  latine  des  lettres  de  Sénèque  et  de  sa  phi- 
losophie morale.  Cf.  Grundriss  der  Romaïiischm  Philologie  de  Grôber, 
II  Band,  2  Abt.,  p.  103. 


126  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

en  cathalâ(l).  »  Les  traductions  castillanes  du  XV'  siècle 
peuvent  se  diviser  en  cinq  groupée  principaux  : 

1°  Les  traductions  dues  à  Alonso  de  Cartagena,  évéque 
de  Burgos. 

2°  Celles  qu'a  faites  Pedro  Diaz  de  Tolède. 

3°  Celle  que  lit  exécuter  Ferez  deGuzman. 

4°  La  copie  d'une  ancienne  version  du  De  Ira,  écrite 
par  Fr.  Gonzalo  et  corrigée  d'après  l'original  latin  parNuûo 
de  Guzman. 

5°  Versions  dont  L'auteur  ncM  pas  connu. 

I.  Alonso  de  Almela,  disciple  et  serviteur  de  don  Alonso  de 
Cartagena,  nous  dit  dant  son  Valerio  de  las  historias  que 
l'évoque  ((  tornô  de  latin  en  nuestro  vulgar  doce  libros  de 
Seneca  ))(Cf.  Amador  de  losRios,  Obras  del  Marqués,  p. 639, 
et  Historia  crttica,  t.  VI,  p.  33,  n.  I).  La  plupart  dos  ma- 
nuscrits qui  nous  conservent  les  traductions  de  Sénèque 
dues  à  don  Alonso  contiennent  : 

1.  De  la  vida  hienàventurada  (dédié  au  roi  Jean  II). 
2>Libroprimerodelapromdençia  divinal  )  prologljeau  r()i 

3.  LiUro  segundo  \  Jean  lI- 

4.  Libro  primero  de  la  clemencia    i  prologue  au  roi  Jean  n 
T  .,  ,  avec  une  allusion  au  par- 

o.  Libro  segundo  i  ,i<m  «le  Ségovie. 

(    dans   la   glose,  allusion  à 

6.  Libro  de  lossiete  artes  libérale*  '  éducation  du  roi  et  aux 


études  (la  prince  don  En- 
rique. 

7.  Libro  de  amonestamientos  edotritias. 

8.  Libro  de  femedios  contra  advërsajbrtuna. 

9.  Libro  de  las  quatro  mrtudes  cardinales . 

Nous  saxons  que  les  Déclamations  de  Marc,  attribuées  à 
son  lils  pendant  longtemps,  ont  été  traduites  ef.  Gallardo, 
Ensayo,  t.  IV,  colonne  1199  ,  sous  le  titre  de  Las  deelà- 
maciones  y  senteneias  con  sus  glosas.  Dans  le  même  volume 
se  trouvent  aussi  le  traité  De  la providencia  de  Dios  et  les 
livres  De  la  clemencià.  D'autre  part,  dans  le  manuscrit  Ii-58 
de  la  Biblioth.Nat.de  Madrid,  nous  trouvons  quelques  «décla- 
mations tirées  de  l'original  d^x  Déclamation»  »,  el  comme 

1.  Nous  empruntons  ces  Indications  relatives  à  Sënèque  dans  la  Litté- 
rature catalane,  à  la  Katalanische *  Littéral  tir  de  M.  Mood-Kaîi<>,  dans 
Le  Grundriss  (Cf.  I.  c„  p.  103,  104). 


XVI.    SÉNÈQUE  127 

ce  manuscrit  ne  contient  que  des  traités  traduits  par  Alonso 
de  Cartagena,  nous  pouvons  émettre  l'hypothèse  que  les 
Déclamations  auront  été  traduites  par  Tévêque  de  Burgos. 
Il  est  probable  aussi  qu'Almëla  compta  comme  taisant 
partie  des  douze  livres  la  Brève  copilacion  de  algunos  dickos 
de  Setieca  laite  par  révoque  pour  le  roi  Jean  II. 

Peut-on  attribuer  à  Alonso  de  Cartagena  Tune  des  deux 
traductions  des  Proverbios  de  Seneca  Uamados  vicias  y 
virtudes,  qui  sont  anonymes?  Nous  en  reparlerons  tout  à 
l'heure  (1). 

II.  Pedro  Diaz  de  Toledo;  chapelain  du  marquis  de  San- 
tillane,  traduit  et  commente  pour  le  roi  Jean  II,  les  soi-di- 
sant Proverbes  de  Sénèque  et  le  De  rnoribas.  Or,  nous  sa- 
vons que  Sénèque  n'est  pour  presque  rien  dans  les  Proverbia 
Senécœ.  Quant  au  De  moribus,  il  n'est  ni  de  Sénèque,  ni 
de  Martin,  évoque  de  Braga,  auquel  on  Ta  longtemps  attri- 
bué. 

III.  Fernan  Perez  de  Guzman  fit  traduire  en  castillan  les 
Lettres  à  Lucille  sur  la  traduction  italienne  faite  au  com- 
mencement du  XIVe  siècle,  à  Florence,  par  ordre  d'un 
grand  marchand  de  cette  ville,  Ricardo  Pétri  Voir  ci-des- 
sus les  notices  des  mss.  B,  Hh  57  et  E,  KK-16  de  la  Bi- 
bliothèque de  Madrid).  Amador  de  los  Rios  cf.  Obras  del 
Marqués,  p.  638)  croit  que  la  traduction  des  épîtres  de 
Sénèque  pourrait  être  œuvre  du  seigneur  de  Batres  lui- 
même.  Il  n'en  est  rien,  Fernan  Perez  de  Guzman  lit  sans 
doute  exécuter  cette  version  par  un  de  ses  familiers 

C'est  encore  Amador  de  los  Rios  (Historia  eritiea,  t.  VI, 
p.  394,  note  3)  qui  parle  d'une  traduction  des  lettres  de 
Sénèque  due  à  Alphonse  V  d'Aragon.  Ses  preuves  se  ré- 
duisent à  deux  passages  du  Panormita  et  du  prince  de  Viane, 


1.  Rodriguez  de  Castro  (BiblioL  esp.,  t.  II,  p.  42)  donne  la  liste  suivante 
des  œuvres  de  Sénèque,  ou  à  lui  attribuées,  vues  par  lui  dans  des  manuscrits 
de  TEscurial  (tous  du  XVe  siècle)  et  traduites,  dit-il,  par  Alonso  de 
Cartagena  :  «  Estas  obras  son  :  los  libros  de  la  rida  bienacenturada  :  de 
la  dicina  procidencia  :  de  la  clcmencia  :  de  los  rcinedios  de  la  for- 
tuna  :  los  Proverbios  y  doctrinas  :  el  tratado  de  la  yucrra:  las  decla- 
maciones  :  el  tratado  de  las  sicte  artes  libérales  :  cl  de  las  quatro  vir- 
tudes cardinales  y  sus  especics  :  cl  de  la  ainistad  y  del  amirjo  coino  se 
ha  de  yanar  :  y  los  dichos  en  cl  arte  de  la  cacalleria.  » 


128  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

d'où  il  résulte  que  le  roi  aimait  à  lire  les  lettres  a  Lucille, 
rien  de  plus. 

[V.  Deux  manuscrits  de  L'Escuria]  conservent  le  De  Ira 
en  castillan.  Ces  deux  manuscrits  son!  du  KVe  siècle.  L'un 
(le  II-N  (S)  est  écrit  sut'  vélin  avec  grand  luxe  de  rubriques 
et  de  capitales  enluminées  ;  l'autre  (le  III-T-3  est  plus  mo- 
deste, il  est  écrit  sur  papier,  et  la  place  d<i  ses  capitales 
est  demeurée  blanche.  Ces  deux  manuscrits  de  même  for- 
mat (gr.  in-4°)  contiennent  le  même  texte  Voici  comment 
les  mentionne  le  catalogue  manuscrit  de  l'Escurial  sous 
les  mots  Yra  et  Tratado  :  «  Tratado  de  la  ira  y  safia  trad. 
al  cast.  a  servicio  de  nuestro  senor  el  rey  D.  Saur  In,  ; 
Escrito  en  papel,  â  mediados  de!  siglo  XV..  .  Tratado  de 
Seneca  contra  la  ira  y  sàfla,  trasladado  (Ici  latin  por  Fr. 
Gonzalo  y  corregido  por  Nufio  de  Guzman.  Escrito  en 
papel,  ano  de  1445.  » 

Rodrigue/  de  Castro  (Bibliot.  esp.,  t.  II,  p.  45),  relevé 
dans  le  ms.  III-T-3  le  nom  du  copiste  Pedro  de  Médina  (1). 

La  traduction  est  précédée  d'une  sorte  de  préface  très 
intéressante,  dont  nous  donnons  des  fragments  dans  notre 
étude  sur  Nufio  de  Guzman  (Appendice  I).  De  cette  préface 
publiée  tout  entière  par  Rodrigue/  de  Castro  (/oc.  czï.),il 
résulte  clairement  qu'un  certain  Fray  Gonealo,  chapelain 
de  doua  Inès  de  Torres,  femme  de  Luis  de  Guzman,  maître 
cle  Calatrava,  recopia  le  De  Ira  sur  une  ancienne  traduction 
castillane.  Peut-être  corrigea-t-il  un  peu  l'ancienne  version 
défigurée  par  des  copistes  ignorants  et  fruit  du  labeur  d'un 
médiocre  humaniste,  mais  ce  devait  être  fort  insuffisant,  et 
de  profondes  altérations  de  texte  subsistaient,  puisque  Nuno 
de  Guzman,  qui  paraît  être  l'auteur  de  cette  préface  et  y 
parle  à  la  première  personne,  prit  la  peine  de  revoir  cette 
version  et  d'en  corriger  la  forme,  comme  le  fond,  d'après  le 
texte  latin  de  Sénèque,  qu'il  dit  avoir  beaucoup  pratiqué. 
Il  dit  aussi  que  cette  version  est  si  défectueuse,  que  pour 
l'améliorer  réellement  il  aurait  fallu  la  refaire  cle  fond  en 
comble,  et  que,  ne  s'en  croyant  pas  capable,  il  a  fait  de  son 
mieux  pour  la  rendre  moins  obscure.  La  préface  débute  par 


1.  A  la  fin  du  manuscrit   III-T-3,  nous  lisons   ces  mots   :  Este  lebro 
esc/- lai o  Pedro  de  Médina. 


XVI.    SENÈQUE  129 

ces  mots:  Este  Ubvo  escrhdofray  Gonçalo  suficiente  orto- 
grûfo.  Cette  déclaration,  confirmée  par  les  explications  de 
Nuno  de  Guzman,  nous  paraît  suffisante  pour  refusera  fray 
Gonçalo  le  titre  de  traducteur  que  lui  accordent  le  cata- 
logue de  FEscurial  (Castro,  /oc.  cit.)  et  Amador  de  los  Rios 
[Historiacritica,  t.  VI,  p.  34,  note  1  de  la  page  précédente). 
Fray  Gonçalo  a  copié  la  vieille  traduction  du  De  Ira  faite 
(et  ms.  III-T-3,  fol.  2),  al  pro  comun  de  todos  sehalada- 
menic  a  seruicio  de  nuestro  senor  el  Rey  don  Sancho  [IV 
de  Castilla],  Nous  ne  pouvons  apprécier  les  modifications 
subies  par  le  texte  de  la  version  du  XIIIe  siècle,  puisque 
nous  n'avons  connaissance  que  des  deux  manuscrits  dont 
nous  venons  de  parler,  qui  contiennent  tous  deux  le  rifaci- 
mento  du  XVe  siècle. 

Quant  à  Pedro  de  Médina,  faut-il  voir  en  lui  le  copiste  de 
l'ancien  manuscrit  copié  et  un  peu  retouché  par  Gonçalo, 
ou  bien  a-t-il  été  le  copiste  du  manuscrit  III-T-3? 

V.  Un  manuscrit  provenant  de  la  bibliothèque  de  Don 
Pascualde  Gayangos  (Biblioth.  Nat.  Madrid,  cote  provisoire, 
n°  108)  contient  une  traduction  castillane  de  r'ATroxoXoxjvxcocr^ 
de  Sénèque.  Pier  Candido  Decembri,  l'épître  dédicatoire 
nous  l'apprend,  a  traduit  cet  ouvrage  en  italien  pour  l'offrir 
à  Nuno  de  Guzman  dont  il  fait  un  grand  éloge  (Cf.  Ap- 
pendice I).  Qui  est  l'auteur  de  la  version  castillane  de  ce 
Juerjo  de  Claudio  enpèrador  faite  sur  le  texte  italien  de 
Decembri?  Rien  ne  l'indique,  mais  il  est  permis  de  supposer 
que,  si  ce  n'est  pas  Nuno  lui-même,  c'est  un  de  ses  ser- 
viteurs. 

Dans  le  manuscrit  qui  fait  partie  de  la  bibliothèque 
particulière  de  M.  de  Uhagôn,  nous  avons  trouvé  un  frag- 
ment d'un  centon  de  Senèque  différent  des  Proverbia 
Senecaede  Pedro  Diaz,  différent  aussi  des  Admonestaciones 
y  Doctrinas  de  l'évèque  de  Burgos.  La  bibliothèque  de 
TEscurial  conserve  dans  le  tomo  de  uarios,  1I-S-13,  le 
môme  traité  complet.  Il  occupe  36  feuillets  et  porte  le  titre 
suivant  :  Los  Proverbios  de  Seneca  l/amados  vicios  y  vir- 
tifj/es.  Seulement  nous  avons  affaire  à  deux  traductions  diffé- 
rentes. Celle  du  manuscrit  de  l'Escurial  a  un  tour  plus 
ancien,  quelque  chose  de  gauche  et  d'archaïque;  celle  du 
manuscrit  de  M.   de  Uhagôn  est  mieux  écrite  et  son  style 


L3Û  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLA] 

présente  une  analogie  réelle  avec  celui  d'Alonso  deCarta- 
gena  que  d'ailleurs  le  sujet  essentiellement  moral  de  ce 
traité  devait  intéresser.  Mais  ce  n'est  là  qu'une  supposition. 
Les  deux  manuscrits  qui  contiennent  ces  deux  versions  des 
Proverbios  de  Seneca  llamados  vicios  y  virtudes  sont  du 
XV0  siècle. 

Des  tragédies  de  Sénèque  nous  n'avons  trouvé  qu'une 
version  italienne  dans  la  bibliothèque  que  non-  étudions. 
Mais  Castro  [Bibliot.  esp.,  t.  II,  p.  48  décrit  deux  manuscrits 
du  XVe  siècle  (II-S-7,  II-S-12)  sur  papier  contenant  les 
tragédies  en  castillan,  et  la  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid 
en  conserve  un  (T-131)  :  tous  trois  reproduisent  la  même 
version  de  neuf  tragédies  de  Sénèque.  \  ù\  dixième,  Hercules 
(Oetaeus),  manque  dans  les  deux  manuscrits  de  l'Escurial, 
comme  dans  celui  de  Madrid.  RubiôyLluch  Renacimienlo 
cldsico,  p.  22,  note  1)  croit  que  In  version  castillane  qui 
nous  occupe  est  une  traduction  de  la  version  catalane 
d'Anton  Vilaragut  qui,  nous  l'avons  vu  plus  haut,  remonte 
au  XIVe  siècle  et  eut  du  succès,  à  en  juger  par  les  ma- 
nuscrits qui  nous  en  restent,  mais  dont  malheureusement 
aucun  n'est  complet.  Fuster  en  a  vu  un  manuscrit  du 
XIVe  siècle  qui  ne  conservait  que  la  première  tragédie, 
mais  qui  donnait  les  arguments  des  neuf  autres,  dans  l'ordre 
où  nous  les  trouvons  dans  les  versions  italienne  et  castillane. 
Il  est  en  efîet  probable  que  le  traducteur  castillan  se  servit 
d'un  texte  catalan  auquel  manquait  la  dixième  et  dernière 
tragédie.  Amaclor  de  los  Rios  [Obras  del  Marqués,  p.  639) 
affirme  sans  preuves  que  les  tragédies  de  Sénèque  furent 
traduites  en  castillan  par  ordre  du  marquis  de  Santil- 
la/ie,  et  se  conservent  à  TEscurial  dans  le  manuscrit 
II-S-12. 

La  première  édition  des  œuvres  de  Sénèque  parut  à 
Se  vil  le  en  1491,  par  les  soins  de  Meynardo  Ungut  et  de  S  ta- 
nislao  Polono.  Elle  s'intitule:  Cinco  libros  de  Seneca, 
et  contient  : 

Primero  Ubro  de  la  Vida  Bienaventurada. 
Segundo  de  las  stete  artes  libérales. 
Tercerode  amonestamientos  e  doctrinas. 
Quarto  e  el  primero  de  providençia  de  Bios. 


XVI.    SÉNÈQUE  131 

Quinto  el  segunclo  libro  de  provideriçia  de  Dios  (1). 

Ce  sont  les  traductions  cVAlonso  de  Cartagena,  évêque  de 
Burgos. 

Des  Lettres,  la  première  édition  parut  en  1496  à  Zara- 
gosse,  sous  le  titre  de:  Las  epistolas  de  Seneca  cou  una 
surnrna  siquier  introduction  de  Philosophia  moral  en  ro- 
mance. . .  Empremidas .  .  .  a,  instançia  y  expensas  de  Juan 
Thomas  Favario  de  Lumelo  del  contado  de  Pavia.  .  .(2). 
C'est  la  traduction  des  Lettres  à  Lucille  que  Fernan  Perez 
de  Guzman  fit  exécuter  sur  la  version  italienne. 

A  Zamora,  parut,  en  1482,  la  première  édition  des  Pro- 
verbes dans  la  version  de  Pedro  Diaz  de  Toledo.  Titre  : 
Proverbios  de  Seneca.  Introduction  a  los  Proverbios  y 
Sentencias  delfamoso  Philosopho  Lucio  Anneo  Seneca.  For 
el  Doctor  Pero  Diaz  de  Toledo.  Dirigido  al  muy  alto  y  muy 
ilustre  y  virtuso  Sehor  su  soberano  Senor  el  Rey  Don 
Juan  segundo  de  Castilla,  de  Léon,  etc.  (3). 

1.  Salvâ,  Catàloyo,  n°  4000  ;  Gallardo,  col.  1630;  Mendez  Hidalgo, 
p.  87. 

2.  Salvâ,  n°  4003;  Mendez  Hidalgo,  p.  336. 

3.  Brunet,  Manuel  du  Libraire,  t.  V,  fol.  282. 


XVII 
VALÈRE-MAXIME 

*A 

(Osuna:  Plut.    III.    Lit.    N,    n°  20;  Rocam.  N°  203  ;  Biblioth.  Xat. 
Madrid,  Heserv.  5M0) 

Valère-Maxime.  En  italien. 

Manuscrit  de  173  feuillets,  plus  2  blancs  au  commence- 
ment et  1  à  la  fin.  Vélin.  Réglé  à  34  lignes.  Écriture  et 
ornementation  florentines  du  XVe  siècle,  rubriques  et  lettres 
ornées.  Trace  de  deux  feuillets  blancs  coupés  à  la  fin. 
Format  325x230  mm.  Reliure  de  parchemin.  L'encadre- 
ment florentin  porte  les  quatre  heaumes,  la  devise  «  Dios  e 
Vos  ))  et  en  bas,  dans  une  couronne  de  laurier  et  sur  fond 
d'azur ,  les  armes  du  marquis  de  Santillane  portant  :  Salve 
Maria  gracia  plena. 

Titre  :  Incomincia  il  libro  di  Valerio  Maximo  de' facti 
e  detti  degni  di  memoria.  Ce  titre  est  écrit  en  capitales 
d'or. 

Le  texte  commence  par  une  lettre  ornée  contenant  le 
portrait  de  Valère-Maxime,  son  livre  à  la  main  :  «  Li  facti 
e  li  decti  li  quali  sono  degni  di  memoria  délia.  .  .  » 

Explicit  :  «  giusto  tormento  fue  costretto  d'essere  dato.  » 

Fol.  173.  Rubrique  en  capitales:  Finis  —  Finisce  il  nono 
et  ultimo  libro  di  Valerio  Maximo  de  facti  e  decti  merno- 
revoli  ad  Tiberio  Cesare.  —  Laus  Deo. 

Fol.  1-21  v<\  livre  I  ;  fol.  41  \<\  fin  du  livre  II  ;  fol.  60  v°, 
fin  du  livre  III;  fol.  80,  lin  du  livre  IV  ;  fol.  100  v°,  fin 
du  livre  V;  fol.    119,   fin  du  livre  VI;    fol.    135,  fin  du 


XVII.    VALÈRE-MAXIME  133 

livre  VII;  fol.  153  v°,  fin  du  livre  VIII  ;  fol.  173,  fin  du 
livre  IX  et  dernier. 

Tous  ces  livres  sont  précédés  d'une  table  rubriquée  de 
leurs  chapitres,  et  suivis  d'un  explicit. 

Il  s'agit  ici  d'un  volgaria^amento  bien  connu  du  XIV0  siècle 
attribué  à  Andréa  Lancia  et  publié  en  1867  à  Bologne,  par 
Roberto  de  Visiani  sous  ce  titre  :  De'  fattl  e  detti  de  g  ni  di 
memoria  délia  città  di  roina  e  délie  stranie  gehti;  testa  di 
lingua  del  seco/o  XIV  riscontrato  su  inolti  codici  (Zam- 
brini,  /.  c.,  col.  1039  et  1040). 


B 


(Osuna:  Plut,  III. Lit.  N,  n°  1;  Roeam.  N°  202  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid 

KK-1.7) 

Valère-Maxime,  traduit  en  castillan  à  la  prière  du  roi 
Jean  Ier  de  Cas  tille,  par  Fray  Antoni  Canals  sur  la  version 
en  valencien  faite,  par  ce  même  Canals,  pour  don  Jacme 
d'Aragon,  cardinal  de  Sainte-Sabine,  évêque  de  Valence. 

Manuscrit  de  191  feuillets,  papier,  non  folioté,  à  deux 
colonnes.  Écriture  de  la  première  moitié  du  XVe  siècle. 
Sans  rubriques  ni  capitales.  Quelques  notes  marginales. 
Format  394x280  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Lettre  d'envoi  du  cardinal,  évêque  de  Valence, 
aux  conseillers  de  la  ville  de  Barcelone  pour  leur  offrir  un 
exemplaire  du  Valère-Maxime,  traduit  à  sa  prière  par  frère 
Antoni  Canals. 

((  [M]uy  amados  amygos  como  nos,  estudiando  algunas 
vegadas. . .)) 

Explicit  :  «  Et  muy  caros  amigos  el  espiritu  santo  vos 
quiera  tener  en  su  guarcla.  Dada  en  Valençia  primero  dia  de 
deziembre  ano  del  nascimiento  del  nuestro  seftor  Dios  de 
mill  e  CCCXCV  anos.  » 

Suit  la  réponse  et  les  remerciements  des  Barcelonais  au 
cardinal. 

Fol.  1  v°.  Lettre  du  traducteur  au  cardinal  Don  Javme. 

a  Al  muy  reuerendo  padre  en  Cristo  e  senor  mio  muy 
alto. .  .  »  Cette  lettre,  comme  les  précédentes,  est  connue  et 


KM  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

a  été  en  partie  publiée  (Morel-Fatio,  Catalogue  des  mss.  ei  pa 
gnols,  p.  42).  Relevons  cependant  au  fol.  2  B,  lepas 
suivant  :  «  Por  que  yo  à  mandamiento  de  vuestra  senoria  <' 
16  traydo  [de]  latim  en  nuestra  acostumbrada  lengua 
materna  valenciana,  asy  breue  como  pude,  ya  sea  que  otros 
lo  ayan  traydo  de  latim  en  romance  catalan.  »  Et  plus 
loin,  parlant  du  style  diffus  de  son  auteur  et  de  la  longueur 
de  ses  récits,  il  ajoute:  «  Considère  que,  por  tirar  enojo  e 
pôr  satisfazeren  el  tiempo  auenidero  a  los  entendimientos  de 
muchos,  traxese  el  dicho  Valerio  e  lo  comprendiese  <in 
breue  trac tado  proseguiendo  las  estorias  segund  la  sentencia 
literal  acostandome  al  testo  asy  tan  çerca  como  pudo  mi  poca 
sufiçiençià.  » 

Explicit  :  ((  en  continua  sanidat  por  luengos  tiempos 
prosperando.  Amen.  » 

Fol.  4  v°.  Texte.  Incipit  :  «  Por  socorrery  ayudar  al  tra- 
bajo  de  los  ornes. . .  » 

Fol.  191.  Explicit:  «  de!  dicho  César  que  biue  (kn  lama  y 
en  gloria  por  siempre  jamas.  » 

Este  libre  es  acabado,  dios  aya  loor  y  buen  grado. 
Amen.  Quis  scripsit scribat  semper  cum  domino  binât. 

Sur  Antoni  Canals,  voyez  Antonio-Ba'yer  Bibl.  hisp. 
vêtus,  II,  178,  189,  237). 

Le  succès  de  Valère-Maxime  en  Espagne  a  été  considé- 
rable. On  a  vu  que  frère  Antoni  Canals  parle  de  versions 
catalanes,  perdues,  antérieures  à  la  sienne.  De  nombreux 
manuscrits  nous  conservent  les  versions  valencienne  et  cas- 
tillane du  savant  dominicain,  qui  n'ont  pas  été  imprimées. 

Par  contre,  dès  1495,  parut  à  Saragosse,  parles  soins  de 
Paul  Hurus,  une  version  castillane  de  Valère-Maxime,  faite 
vers  1467,  par  Mossen  Hugo  de  Urries,  grand  seigneur 
diplomate,  qui  travailla  sur  la  version  française  de  Simon 
de  Hesclin . 

(Pellicer,  Ensayo,  p.  85;  Latassa  et  Gomez  Uricl, 
Bibliot.  de  Esc/'/'/.  Aragoneses,  t.  III,  p.  293). 


XVIII 
FLAVIUS    JOSÈPHE 

(Rocam.  n°  137  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Hh-77) 
Flavius  Josèphe  :  Antiquitates  Judaicae.  En  latin. 

Manuscrit  de  198  feuillets,  plus  2  blancs  à  la  fin,  vélin, 
folioté,  réglé  à  47  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux 
colonnes.  Pas  de  rubriques,  lettres  ornées,  encadrements  en 
or  et  couleurs,  lettrines  et  capitales.  Format  287X215  mm. 
Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Encadrement  d'ornementation  italienne,  dans  le 
bandeau  inférieur,  une  couronne  de  laurier  encadrant  un 
écu  d'armes  surmonté  d'une  mitre  d'abbé  (d'argent,  â 
3  bandes  ondées  d'azur).  Colonne  A  :  table  du  premier 
livre;  en  marge  quelques  notes. 

Incipit  :  «  Istoriam  conscribere  disponentibus  non  unam 
nec...  » 

Le  feuillet  156  est  blanc  ;  on  y  lit  au  recto  :  a  Nihil 
déficit  error  fuit  scriptoris.  )) 

Fol.  198  v°.  Explicit  :  «  Aliud  facere  permitemur  aliud 
prohibemur.  »  Finis  est  huic  libro,  fjloria  et  laits  Ihesu 
Christo. 


XIX 
LUCAIN 

A 

(Rocam.  152;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-66) 

M.  A.  Lucain  :  La  Pharsale.  En  latin. 

Manuscrit  de  101  feuillets,  vélin,  non  folioté,  réglé  à 
41  lignes  à  la  fin,  au  commencement  nombre  irrégulier 
de  vers  par  page.  Écriture  italienne  du  XVe  siècle  assez 
différente  au  commencement  et  à  la  fin  du  poème.  Ni  titres, 
ni  capitales,  des  numéros  au  haut  des  feuillets  indiquent  les 
livres.  C'est  un  palimpseste.  Format  :  342  X  250  mm. 
Reliure  de  Binet  aux  initiales  du  Duc.  Au  dos  :  M.  Ann. 
Lucani  Pharsalia. 

Le  feuillet  1  est  occupé  par  un  fragment  cle  traité  juri- 
dique écrit  en  latin  dont  les  marges  sont  criblées  de  notes; 
le  texte  comme  les  notes  sont  d'une  écriture  de  la  fin  du 
XIIIe  siècle. 

Les  ff.  2-101  v°  contiennent  la  Pharsale  de  Lucain  en 
latin,  écriture  du  XVe  siècle;  ce  texte  est  glosé  en  marge 
et  entre  les  lignes  jusqu'au  fol.  58  v°.  Le  texte  est  précédé 
de  la  fameuse  épitaphe  de  Lucain  : 

a  [CJorduba  me  geuuit,  rapuit  Nero,  prelia  dixi.  » 

Même  feuillet,  ligne  5.  Incipit  :  «  [Bjella  per  Emathios 
plus  quam  ciuillia  campos.  » 

Fol.  101  v°.  Explicit  du  livre  X  et  de  tout  le  poème  : 

«  Obsedit  mûris  calcanfem  menia  magnum.  Finito 
libro,  sit  laits  et  glorià  cristo.  Amen.  » 

Au  fol.  2,  dans  la  marge  du  haut  nous  lisons  ces  mots  dont 
l'écriture  indique  l'extrême  fin  du  XVe  siècle  ou  le  com- 


XIX.    LUCAIN  137 

mencement  du  XVI*  siècle  :  «  Ad  usum  fratris  Lodouici  do 
Vicentia.  » 

Ce  manuscrit,  ainsi  que  nous  l'avons  indiqué  ci-dessus,  est 
un  palimpseste.  Le  fol.  1  contient  un  texte  juridique  du 
XIIIe  siècle,  écrit  sur  deux  colonnes  avec  titre  en  rouge 
et  commentaire.  Ce  feuillet  était  d'un  format  plus  grand 
que  celui  du  ms.  Ii-66,  il  a  été  mutilé,  le  texte  coupé  en 
haut  en  fait  foi.  Un  examen  attentif  nous  a  permis  de  recon- 
naître que  la  Pharsale  a  été  écrite  sur  quatre  différentes 
sortes  de  feuillets.  D'abord  des  feuillets  neufs  et  seconde- 
ment des  feuillets  écrits  qu'on  a  grattés  très  habilement,  et 
dont  la  lecture,  difficile  toujours,  est  par  endroits  impossible. 
Nous  indiquons  par  la  lettre  A  les  feuillets  frères  du 
fol.  1,  écriture  du  XIIIe  siècle.  Par  la  lettre  B  les  feuillets 
qui  portaient  un  texte  latin,  écriture  du  XIVe  siècle  sur 
deux  colonnes  ;  ces  feuillets-là  sont  placés  à  l'envers. 
Enfin,  la  lettre  C  désigne  des  feuillets  portant  des  actes 
notariés  du  XIVe  siècle  avec  souscriptions  et  seings  manuels 
de  notaires;  ces  feuillets  ont  été  tellement  frottés  à  la  pierre 
ponce  qu'ils  sont  à  peu  près  indéchiffrables. 

A.  Fol.  1,  4,  5,  6,  7,  28,  29,  30,  31,  34,  35,  36,  37,  41,  42, 
43,  44,  45,  46. 

B.  Fol.  32,  33,  47. 

C.  Fol.  2,  3,  8,  9,  38,  39,  48,  49,  96. 

Le  feuillet  40  a  été  tellement  gratté  qu'on  ne  peut  le 
classer,  il  en  est  de  même  pour  les  feuillets  87,  94,  95  et 
101. 

Amador  de  los  Rios  n'a  pas  reconnu  la  nature  de  ce 
manuscrit  (Obras  del Marqués,  p.  620,  §  69).  Il  émet  l'hy- 
pothèse, que  d'ailleurs  rien  ne  justiiie,  que  les  notes  mar- 
ginales et  interlinéaires  qui  accompagnent  le  texte  de  Lucain 
jusqu'au  feuillet  58  v°,  pourraient  être  de  la  main  du 
Marquis  ;  et  il  en  tire  la  conclusion  que  si  ces  notes  étaient 
du  Marquis,  elles  prouveraient  que  le  latin  ne  lui  était  pas 
aussi  étranger  qu'on  l'a  dit.  Sans  doute,  mais  ces  notes 
ne  sont  pas  de  la  main  du  Marquis.  Du  reste,  comme  l'in- 
dique la  note  de  propriété  relevée  ci-dessus,  ce  manuscrit 
n'a  pas  fait  partie  du  premier  noyau  de  la  bibliothèque  de 
Guadalajara. 


138  BIBLIOTHÈQUE    M'    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

B 
(Osuna:  Plut.  IL  Lit.  M,  n°  33) 
Lucain.  Manuscrit  perdu. 

Amador  do  los  Rios  (Lins  sa  Biblioteca  del  marqués  de 
Santillana  (Obras  del  Marqués,  p.  G21),  mentionne  an 
manuscrit  italien  du  XVe  siècle,  aujourd'hui  perdu  et  que 
José  Maria  Rocamora  n'indique  pas  dans  son  Catâlogo 
abreviado  de  los  manuscrites  de  la  biblioteca  del  Excmo. 
Senor  Duque  de  Osuna.  Ce  manuscrit  portait  sur  son 
premier  feuillet  un  encadrement  luxueux,  1res  proba- 
blement de  style  florentin,  avec  1rs  heaumes,  la  devise  e1 
les  armes  du  Marquis.  L'écriture  en  était  tics  soignée  et 
sans  doute  semblable  à  celle  des  autres  manuscrits  italiens 
de  grand  luxe  que  nous  avons  décrits.  Los  Rios  transcrit  la 
rubrique  initiale  et  lexplicit  de  ce  volume:  Incomincia  il 
primo  libro  di  Lucano  de  facti  di  Rom  a.  et  di  Puglia  et 
di  Cesare,  tradticto  di  latino  verso  in  prosa  volgare.  — 
Finito  é  il  decimo  et  ûltimo  libro  di  Lucano  traducto  di 
latino  in  volgare.  » 

Ce  manuscrit,  probablement  écrit  et  enluminé  à  Florence, 
contenait  sans  cloute  la  même  version  italienne  de  la  Pharsale 
que  renferme  le  manuscrit  Riccardien  n°  1548,  qui  semble 
être  la  seule  ancienne  version  du  poème  cle  Lucain  en  langue 
italienne1.  Ce  manuscrit  est  écrit  sur  papier  au  XIVe  siècle, 

1.  M.  E.  G.  Parodi,  dans  sa  savante  étude  intitulée  :  Le  storie  di 
Cesare  nella  letteratura  italiana  dei  prlini  secoli,  dit  ce  qui  suit,  après 
avoir  longuement  traité  des  versions  italiennes  des  Faits  des  Romains  : 
«  Ma  che  fuori  délia  cerchia  dei  dotti  essa  (c'est-à-dire  la  Pharsale) 
godesse  di  molta  popolarità,  certo  non  basta  a  provare  1'  uso  che  ne 
fecero  Armannino  e  T  ignoto  autore  del  poema  in  ottave;  m  entre  una 
prova  in  contrario,  negativa  ma  assai  importante,  abbiamo  nel  fatto 
che  nessuna  traduzione  délia  Farsaglia  ci  puo  offrire  la  nostra  lettera- 
tura dei  primi  secoli.  Ma  a  distogliere  ognuno  dell'  opéra,  certo  non 
agevole  ma  non  priva,  neppure  d'allettamenti,  non  avrà  per  nulla  contri- 
buito  il  pomanzo  francese?  Noi  crediamo  di  si,  giacchc  esso  stesso  si 
presentaya  cojne  una  traduzione  di  Lucano,  del  quale  una  délie  sue  parti 


XIX.    LUCAIN  139 

c'est  un  exemplaire  ordinaire;  au  verso  de  son  dernier  feuillet 
on  lit  la  date  1361  (Cf.  Ministero  délia  Publica  Istruzione  : 
Indici  e  cataloghi  XV.  I  manoscritti  délia  R.  Biblioteca 
Riceardiana  di  Firènae.Vol.  I,  facs.  7,  p.  545,  Rome,  1897). 


C 

(Osuna:  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  2;  Rocam.  N°  153;  Riblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-15) 

Lucain:  La  P  hors  aie.  En  castillan. 

Manuscrit  de  181  feuillets,  papier  et  vélin,  folioté,  nombre 
irrégulier  de  lignes.  Ecriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes, 
titres  en  rouge,  onciales  en  tête  des  chapitres.  Format  : 
398  X  285  mm.  Reliure  de  parchemin.  Les  feuillets  1  et  2 
sont  occupés  par  la  table  des  troisième,  quatrième  et  cin- 
quième livres.  Et  comme  la  foliotation,  qui  est  ancienne, 
indique  comme  premier  feuillet  celui  où  se  trouve  la  table 
du  livre  III,  nous  en  concluons  que  la  table  du  livre  Ier 
doit  manquer  depuis  longtemps.  Examinons  les  rubriques 
de  ces  deux  premiers  feuillets  de  tables  : 

Aqui  se  comiençan  /os.  titulos  de/  terçero  libro  que  jizo 
Lucano  Magneo. 

Aqui  se  acaba  el  terçero  libro  de  Lucano  Magneo  en  que 
fabla  de  las  rrazones  de  la  estoria  de  Iulio  Çesar  e  de 
Ponpeo. 

Dans  toutes  ces  rubriques  nous  trouvons  la  forme  Magneo, 
qui  n'est  autre  chose,  pensons-nous,  qu'une  contraction  de 
M.  Annaeus.  Amador  de  los  Rios  (Obras  del  Marqués, 
p.  621,  §  69)  a  déjà  fait  cette  remarque.  Ifiigo  Lopez  de 
Mendoza  dans  ses  vers  sur  la  mort  de  Don  Enrique  de  Vil- 
lena  s'écrie  : 

Perclimos  â  Livio  é  al  Mantuano, 
Macrobio,  Valerio,  Salustio,  Magneo. 

di  gran  lunga  la  più  vasta  e  lapiù  considerevole  portava  anche  il  nome» 
(Studj  di  Filologia  Romansa  public,  da  Ernesto  Monaci.  Fasc.  11, 
p.  495).  Le  manuscrit  Riccardien  1548,  donne  un  démenti  à  cette  asser- 
tion. 


140  BIBLIOTHÈQUE    hi.    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

C'est  Lucain  qu'il  veul  dire  et  naturellement  on  esl  tenté 
de  penser  que  c'est  le  manuscrit  môme  que  nous  ('ludions 

qui  lui  a  fourni  ce  nom. 

Fol.  3.  Encadrement,  avec,  dans  la  colonne  A,  une  ini 
tiale  élégante  sur  fond  d'or*,  qui  commence  un  couri  résumé 
de  l'ouvrage. 

«  Este  libro  li/o  en  latyn  Lucano  un  sabio  de  Ëspaïïa 
que  fue  natura)  de  la  çibdat  de  Cordoua.  » 

Colonne  B.  Incipit  :  ((  Aqui  dezimos  las  batallas  rro- 
manas . . .  » 

Nous  ne  trouvons  aucune  indication  sur  le  traducteur.  Le 
manuscrit  contient  les  dix  livres  complets,  il  ne  manque  au 
volume  que  la  table  du  livre  Ier. 

Fol.  181  A.  Explicit  :  «  los  muros  abiertos.  »  Ce  dernier 
feuillet  a  été  coupé  en  large  et  rapiécé. 

Livres  :  I.  Fol.  3-15  v°  A,  suivi  delà  table  des  chapitres 
du  livre  II. 

II.  Fol.  16-29  v°A. 

I  Les  tables    des   livres  III,  IV, 

III.  Fol.  29  v°A-39  v°B.)      et  V  occupent,  nous  l'avons 

IV.  Fol.  39-60  B.  )      vu,  les  deux  premiers  feuil- 

(       lets  du  texte. 

V.  Fol.  60  v°  A-79  A,    suivi  de  la  table  du  livre  VI. 

VI.  Fol.  79    B-94v°B,  suivi   de  la  table  du  livre  VII. 

VII.  Fol.   95  A-113  v°  B,    suivi  delà  table  du  livre  VIII. 

VIII.  Fol.  114  A-136  v°  B,  suivi   de  la  table  du  livre  IX. 

IX.  Fol.  137-146  B,  suivi  de  la  table  du  livre  X. 

X.  Fol.  146  v°  A-181  A. 

Amador  de  los  Rios  (Historla  critica,  t.  VI,  p.  21, 
note  1)  insinue,  sans  donner  pour  cela  aucune  raison  ac- 
ceptable, qu'il  en  aurait  été  de  ce  Lucain  comme  du  Valère- 
Maxime  de  Canals,  qui  passa  du  latin  en  catalan.  Or,  rien 
n'autorise  cette  hypothèse;  on  ne  connaît  pas,  jusqu'ici, 
d'ancienne  version  catalane  de  Lucain. 


XX 


FRONTIN 


A 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  16;  Rocam.  N°  115:  Biblioth.  Nat., 
Madrid,  Ii-27) 

Sext.  Julius  Frontinus.  En  castillan. 

Manuscrit  de  55  feuillets,  plus  1  blanc  à  la  fin,  papier, 
folioté.  Ecriture  du  XVe  siècle,  ni  rubriques,  ni  capitales, 
places  en  blanc.  Format  :  284X210  mm.  Reliure  de  parche- 
min. 

Incipit  :  Prolago  (sic)  de  Sesto  Iullio  Frontino  :  «  [A]lle- 
gueme  yo  a  ensenar  la  caualleria  asi  como  uno  de  aquellos 
que  en  ella  estudiaron  et  paresçeme  que  con  mi  trabajo 
satisfize  algunos .  . .  » 

Le  prologue  finit  au  fol.  1,  la  table  des  matières  le  suit. 
L'ouvrage  est  divisé  en  trois  parties  ou  trois  livres  :  «  En 
el  primero  se  pornan  los  exemplos  que  pertenesçen  ante 
de  la  batalla  començacla.  )) 

«  En  el  segunclo  lo  que  pertenesce  a  la  batalla  mesma  e 
abenimientos  e  posturas  que  en  ella  se  fazen.  » 

((  El  terçero  conterna  sotiles  enxenplos  para  çerarre  para 
fazer  leuantar  la  cerca.    » 

Fol.  15  v°,  fin  du  livre  I  et  commencement  du  livre  II. 

Fol.  33  v°,  fin  du  livre  II  et  commencement  du  livre  III. 

Fol.  55.  Explicit  :  «  E  vençieron  los  otra  vez  e  mataron 
muchosdellos.  Aqui  se  acaba  el  libro  de  Iullio  Frontino.)) 

Ici,  comme  dans  le  manuscrit  Ii-14,  c'est  à  une  version  du 
Strategematon  de  Frontin  que  nous  avons  affaire,  seulement 


142  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

ce  sont  deux  traductions  différentes.  La  version  du  ma- 
nuscrit Ii-14  est  en  aragonais.  Ni  l'une  ni  l'autre  ne  nous 
livrent  le  nom  de  leur  auteur.  Toutes  deux,  ou  du  moins 
les  mss.  qui  nous  les  conservent,  sont  du  XVe  siècle 


B 

Sext.  Julius  Frontinus  :  Strategernaton.  En  aragonais. 
Cf.  notice  IV,  ms.  Ii-14,  C. 


XXI 


QUINTILIEN 

(Osuna:  Plut.  V.  Lit,  N,  n°  50  ;  Rocam.  N°  183;  Bibliotb  .Nat,  Madrid. 

Reserv.  6a-3) 

Quintilien  :  Déclamations.  En  italien. 

Manuscrit  de  199  feuillets,  plus  1  feuillet  de  garde,  non 
folioté,  réglé  à  28  lignes.  Écriture  italienne  du  XVe  siècle, 
larges  marges.  Orné  de  capitales  carrées  en  or  et  couleurs. 
Format:  255x175  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1  v°  encadré  de  torsades  élégantes,  le  centre  de  l'en- 
cadrement porte  en  grandes  capitales  or  et  bleu,  alternant 
à  chaque  ligne,  le  titre  suivant  :  Incomincian  le  Déclama- 
tioni  di  Quintiliano  Calagoritano  tradocte  di  latino  in 
vu/gare  Fiorentino  a  pititione  di  Messere  Nugnio  Gus- 
mano  Spagnuolo. 

Le  recto  du  fol.  2  est  orné  de  trois  bandeaux  de  style 
florentin.  En  bas,  au  centre,  une  couronne  de  laurier  des- 
tinée à  recevoir  les  armes,  mais  demeurée  vide.  En  haut,  le 
titre  en  petites  capitales  d'or:  Principio  délie  Déclama- 
tioni  di  Marco  Fabio  Quintiliano  et  prima  :  il  ciecho  in 
suW  uscio. 

Incipit  :  ((  Trasseun  giouane  dello  incendio  délia  casa  suo 
padre ...    » 

Fol.  199.  Explicit  :  «  io  so  quello  che  me  a  tormentato 
io  lusero  et  tacero.  Finis.  Vol  g  are  Toscano  in  Firenze 
MC CC CL  VI  (1456).  » 

Table  des  «  Déclamation!  »  contenues  dans  ce  manuscrit: 

1.  Il  ciecho  iiisuH'  uscio.  — 2.  El  inuro  colla  forma  délia 
palma  délia  mano  insanghuinata.  —  3.  E  binati  infermi  *  — 


111  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANË 

1.  El  riccho  accusato.  —  5.  Le  pecchie  de!  pouero.  — 
6.  El  beuerone.  -  7.  Del medesimo  beuerone.  -8.  E  dua 
amici  malleuàdori.  —  9.  El  ueleno  sparto.  10.  Lo  infa- 
mato  inuerso  la  madré.  —  11.  Del  medesimo  giouane  infa- 
mato  inuerso  lo  madré.  —  12.  Lo  infermo  ricomperato.  — 
13.  El  corpo  morto  gittato.  —  14.  El  soldato  di  Mario.  — 
15.  El  mathematico.  —  16.  El  tormento  de]  pouero.  — 
17.  El  gladiatore. —  18.  El.sepolcro  incantato. 

Ce  manuscrit  paraît  vraiment,  comme  l'indique  la  ru- 
brique, contenir  une  yersion  dos  Déclamations  faite  spécia- 
lement à  la  prière  <lo  Nuftode  Guzman.  Elle  n'a  rien  à  voir 
avec  celle  quo  contiennent  les  n08 1340,  1615,  2272  de  la  bi- 
bliothèque Riccardi  et  de  la Laurentienne  (Bandini,  /.  c.,t.V, 
p.  238,  iv)  qui  est  attribuée  au  notaire  florentin  Andréa 
Lancia  et  qui  commence:  «  Uno giouane  liasse  il  padre...» 


XXII 


PLINE  (l'Ancien) 

Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  36  ;  Rocam.  n°  181  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid, 

Ii-134) 

Pline,  Historia  natura/is.  En  latin. 

Manuscrit  de  473  feuillets,  papier,  réglé  à  39  lignes. 
Écriture  du  XVe  siècle.  Ni  rubriques  ni  lettres  ornées. 
Format  287x218  mm.  Reliure  de  parchemin.  Au  dos  Plinii 
Vita  ex  Cathalogo  yllustrium. 

Fol.  1.  Vita  Plinii  ex  catalogo  uirorum  illustriurn 
Tranquilli  incipit.  Cette  courte  biographie  est  suivie  du 
Prologus  de  Pline  :  «  Plinius  Secundus  Vespaciano  suo 
salutem,  »  et  finit  au  fol.  3  par:  «  in  librisquot  Epopthydon 
scripsit.  )) 

Incipit  :  «  Infinitus  munclus.  )) 

Fol.  373.  Explicit  :  «  ad  omnium  obseruacionem.  » 
Plinius  naturalis  historié  explicit. 


lo 


XXIII 


QUINTE-CURCE 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  19;  Rocam.  n°  99;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-90) 

1.  Quinte-Curce,  traduit  en  castillan  sur  l'italien  de  Pietro 
Candido  Decembri.  2.  Pedro  Candido,  Comparacion  de 
Gayo  Julio  Çesar,  enperador  Maximo,  e  de  Alixandre 
Magno,  rrey  de  Macedonia. 

Manuscrit  de  276  feuillets,  plus  13  feuillets  de  tables  au 
début  et  à  la  fin  5  feuillets  blancs,  papier,  non  folioté, 
réglé  à  26  lignes.  Ecriture  du  XVe  siècle.  Rubriques  et 
initiales.  Notes  en  marge.  Signatures  1-6,  de  A  à  X,  avec 
répétitions  de  certaines  lettres.  Format  290  x  210  mm. 
Reliure  de  parchemin.  Le  texte  répète  les  rubriques  im- 
portantes de  la  table. 

I.  Fol.  I.  Rubrique:  Comiençase  laystoria  de  Alixandre 
el  magno,  fijo  de  Phelipo  rrey  de  Macedonia,  escripta  de 
Quinto  Curçio,  ystorial  muy  éloquente,  sacada  en  vulgar 
fiel  mente  de  Pedro  Candido,  en  la  quai  ay  doze  libros  e  este 
es  el  tercero  libro  e  menguan  el  primero  e  el  segundo  libros 
que  en  la  nuestra  hedad  nosefallan. 

Fol.  30  Fenesçe  el  libro  tercero  de  laystoria. 

Fol.  31-80.  Quarto  libro. 

Fol.80v°-119v°.  Quinto  libro.  Les  feuillets  119  et  120 
portent  la  rubrique  suivante  :  En  esta  parte,  o  por  defecto 
de  los  nuestros  mayores,  o  por  poca  cura  de  los  estudios 
e  de  la  letradura,  es  perdida  la  fin  del  quinto  libro  e  el 
prinçipio  del  sesto  syguiendo  e  en  ningunt  libro  de  Curçio 
entre  los  latinos  se  f alla  al  présente,  e  por  que  la  estoria 


XXIIÏ.    QUINTE-CURCË  147 

de  la  muerte  [de]  Dario  era  inperfecta,  Pedro  Candido, 
rrebuscada  en  Los  libros  de  Plutarco,  maestro  de  Trajano 
enperador,  lealmente  la  ha  transfarda  (lire  transferida) 
en  lengua  latina  ;  en  esta  forma  sygue  :  «  Capitulo  de  la 
muerte  de  Dario,  que  fue  sacada  de  (o)  otro  libre,  de  otro 
abtor.  )) 

.  Fol.  110  v°.  Autre  rubrique  :  Aqui  mengua  el  prinçipio 
del  sesto  libro,  como  he  dicho,  syguese  una  batalla,  syn  el 
su  prinçipio  asy  mesmo,  dada  del  rey  Antipatro  perfecto 
de  Alixandre  en  Maçedonia,  contra  los  Laçedemonios,  en 
la  quai  Agis,  rrey  de  la  Maçedonia,  muy  famoso  capîtan 
en  f échos  de  armas,  util  mente  batallando  fue  muerto, 
estando  Alexandre  en  las  partes  de  Oriente.  Aqui  mengua 
algunacosa  del  testo,  e  asy  esta,  en  todos  los  libros  comenta- 
rios  de  Quinto  Curçio  que  se  llaman  (sic)  en  nuestra  hedat. 

((  Capitulo  II  del  sesto  libro  que  flabla  como  Alexandre  se 
dio  a  los  placeres  e  vicios.  » 

Fol.  142.  Fenesçe  el  sesto  libro. 

Fol.  142-174.  Septimo  libro. 

Fol.   174-214.    Octauo  libro. 

Fol.  214-245.  Noueno  libro. 

Fol.  245-253  v°.  Deçimo  libro.  Rubrique  :  En  aquesta 
parte  fallesçe  la  fin  del  libro  decimo,  e  el  undeçimo  todo,  e 
el  prinçipio  del  dozeno,  e  asy  esta  en  todos  los  otros 
enxenplos  que  sefallan  en  la  nuestra  Jiedatdonde  sepierde 
una  grant  parte  de  muy  jerniosas  ystorias.  E  por  que  el 
proçeso  de  la  enfer medat  de  Alexandre  antes  de  la  su 
muerte  por  tal  defecto  non  se  puede  entender,  Pero  Can- 
dido  aquella  parte  de  los  libros  del  Prutarco,  de  griego  en 
lengua  latina,  lealmente  la  ha  trasferida  en  esta  forma  : 
((  La  muerte  de  Alixandre  :   » 

Fol.  254.  Rubrique  :  Syguese  el  rrestante  del  do.^eno  libro 
de  Quinto  Curçio  Rruf'o  en  el  quai  paresçe  alguna  diffé- 
rencia de  las  palabras  de  Plutarco  suso  escriptas  por  que, 
antes  que  Alixandre  la  bos  perdiesc,  dire  que  el  con  las 
sus  génies  darmas  antes  de  la  muerte  ouo  fablado  como 
se  sygue  segiuit  en  cl  testo.  .  . 

Fol.  267.  Rubrique:  En  el  nonbre  de  Bios  todo  pode- 
roso  fenesçido  el  dozeno  libro  de  la  ystoria  de  Alixandre 
Magno,  fjo   de  Felipo  rrey    de    Maçedonia,  escripta  de 


148  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Quinto  Curçio  Rrufo,  muy  enseflado  e  muy  abondoso  en 
todos,  esacada  en  vulgar  al  muy  sereno  principe  Felipo 
Maria,  terçio  duque  de  Milan  e  de  Pauia,  e  coude  de  An- 
guera,  e  senor  de  Genoua,  por  Pedro  Candido  Dizienbre  su 
syeruo,  afïo  Ï437,  a  veynte  eun  dias  de/  mes  de  Abril  en 
Milan.  Deo  gratias. 

II.  Fol.  267.  Pedro  Candido,  Comparution,  oie.  Rubrique: 
Al  muy  noble  esclareseï Ido  principe  e  muy  exçelente  senor 
Felipo  Maria,  duque  de  Milan  e  de  Pauia,  conde  de 
Anyuera,  e  senor  de  dénoua  :  Fncomiença  la  conpa- 
racion  de  Gayo  Julio  Çesar,  enperador  maximo,  e  de 
Alixandre  mayno,  rrey  de  Macedonia,  de  Pedro  Can- 
dido, hordenada  con  el  su  J  uyzio  en  uno  prosperamente. 

Fol.  276  :  Fenesee  la  conparaeion  de  Gayo  Jullio  Çesar, 
enperador  maximo,  e  de  Alixandre  may no,  rrey  de  Ma- 
çedonia.  Deo  gratias  por  syenpre. 

Ce  volume  est  très  endommagé  par  l'encre  corrosive  qui 
en  a  jauni  et  détérioré  les  feuillets. 

L'absence  du  nom  du  traducteur  espagnol  du  Quinte-Curce 
fit  croire  à  plusieurs  que  Decembri  était  l'auteur  de  la  version 
castillane,  cette  opinion  ne  mérite  pas  d'être  discutée. 
Nous  savons  que  le  Quinte-Curce  italien  fut  de  bonne 
heure  traduit  en  catalan-valencien  et  imprimé  dans  cette 
langue  dès  1481  à  Barcelone.  Voici  l'explicit  de  l'incunable  : 
«  La  présent  elegantissima  e  molt  ornada  obra  de  la  hys- 
))  toria  de  Alexandre,  per  Quinto  Curcio  Rufïo  hysstorial 
»  fon  de  grec  en  lati  e  per  Petro  Candido  de  lati  en  tosca 
»  per  Luis  de  Fenollet  en  la  présent  lengua  valenciana  trans- 
»  ferida,  e  ara  ab  lo  dit  lati,  tosca  e  encara  castella  e  altres 
»  lengues  diligentment  corregida,  emprentada  en  la  noble 
»  ciutat  de  Barcelona,  per  nosaltres  Père  Posa,  preuere 
»  catala,  e  Père  Bru,  sauoyencb,  companyons  ;  a  setze  del  mes 
))  de  Juliol,  del  any  mil  quatre  cents  vytanta  hu  feelment. 
))  Deo  gratias  amen»  (Cf.  Mendez-Hidalgo,  Tipogrqfiaesp., 
p.  49  —  Gallardo,  Ensayo,  n°  2172.  —  Salvâ,  Catal., 
n°  3441). 

La  traduction  castillane,  qui  d'après  Mendez-Hidalgo 
[Tipografia  es/).,  p.  349),  ne  serait  qu'une  version  de  la 
traduction  de  Luis  de  Fenollet,  a  été  imprimée  à  Séville  en 
1496.    Kn  voici    lo  titre:  «   Historia  de  Alexandre  magno, 


XXIU.   QUINTE-CURCE  149 

))  escripta  de  Quinto  Curcio  Rufo  muy  ensenado  e  muy 
))  abundoso  en  todo,  e  sacada  en  vulgar,  al  muy  Sereno 
))  principe  Felipo  Maria,  tercio  duque  de  Milan...  por  Pedro 
»  Candido  Decimbre,  su  siervo.  El  cual  fue  impreso  en  la 
))  muy  noble  y  leal  cibdad  de  Sevilla  por  Meynardo  Ungut, 
))  aleman,  e  Lançalao  Polono,  companeros,  a  16  de  mayo 
))  ano  de  mill  y  cuatrocientos  y  noventay  seis.  » 

Le  traducteur  s'est-t-il  servi  de  la  version  de  Luis  cle  Fe- 
n  ollet  ?  Nous  ne  pouvons  l'affirmer  n'ayant  pas  vu  ces  deux 
incunables.  En  tout  cas,  notre  manuscrit  n'est  pas  comme  le 
texte  cle  Fenollet  précédé  d'un  morceau  de  Plutarque  «  fins 
en  aquella  part  on  lo  Quinto  Curcio  Ruffi  comença  ». 

En  1534,  parut  une  nouvelle  traduction  de  l'Histoire 
d'Alexandre  faite  directement  du  latin  par  Gabriel  cle  Cas- 
tanecla;  «  Aqui  haze  fin  la  hystoria  de  Alexandre  magno,  rey 
))  de  Macedonia  e  uniuersal  monarcha  segun  que  la  escriuio 
»  Quinto  Curcio  auctor  muy  autentico  corao  a  todos  es  no- 
))  torio.  Esnuevamente  traduzida  cle  latin  en  castellano  por 
»  claro  y  apazible  estilo.  Va  assimismo  suplido  lo  que  del 
))  Quinto  Curcio  no  parece . . .  Seuilla  en  casa  de  Juan  Crom- 
))  berger  en  el  mes  de  Enero  ailo  de  mil  e  quinientos  e 
))  treynta  y  quatro  »  (Cf.  Gallarclo,  Ensayo,  n°  1659;  Salvâ, 
n°  3440). 

Enfin,  en  1699,  Don  Matheo  Ibaiïez  de  Segovia  y  Orellana 
publie  à  Madrid  une  nouvelle  traduction  directe  de  l'histoire 
d'Alexandre  ;  c'est  la  seule  que  mentionne  Pellicer  dans  son 
Ensayo   de  una  biblioteca  cle  traductores. 

Dans  un  manuscrit  du  XVe  siècle  de  la  Bibliothèque  de 
l'Escurial  (T-ÏÏI-4),  on  trouve,  à  la  suite  delà  traduction 
de  divers  traités  de  Sénèque,  due  à  l'évêque  Alonso  de  Car- 
tagena,  des  extraits  cle  Quinte-Curce  intitulés  :  Dichos  mo- 
rales, o  sentençias  de  Quinto  Curcio,  que  Rodriguez  de 
Castro  (Bibliot.  esp.,  t.  II,  p.  251)  et  Amaclor  cle  los  Rios 
(Hist.  critica,  t.  VI,  p.  39,  note  1)  attribuent  à  l'évêque  de 
Burgos. 


XXIV 


SUETONE 

(Rocara.  n°  197;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-26) 
Suétone,  Vita  de-  dodici  imperadori.  En  italien. 

Manuscrit  de  118  feuillets,  plus  1  feuillet  blanc  à  la  fin, 
vélin,  écrit  à  deux  colonnes,  réglé  à  42  lignes.  Ecriture  du 
XVe  siècle.  Rubriques  et  petites  lettres  ornées,  une  grande 
initiale  au  début  des  livres.  Grandes  marges.  Format 
306x220  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1  A.  Rubrique  :  Qui  comincia  lo  libro  di  Gaio 
Suetonio  Tranquille*  délia  vita  de'  XII  imperadori.  Libro 
primo  del  diuino  Iulio  Cesare. 

Texte  :  «  Giulio  Cesare  perde  lo  padre  rimanendo  in 
(n)eta  di  sedici  anni  et  sotto .'...» 

Livre  II,  fol.  16  A.   Oitauiano  Augusto  imperatore. 

Livre  III,  fol.  37  B.  Tiberio  Cesare. 

Livre  IV,  fol.  52  v°  B.  Gato  Ghaticula  e  di  Germanico 
suo  padre. 

Livre  V,  fol.  66  A.  Diuino  Claudio. 

Livre  VI,  fol.  77  A.  Claudio  Nerone. 

Livre  VII,  fol.  90  v°  B.  Sergio  Galba.    s 

Livre  VIII,  fol.  96  B.  Otto  Siluio. 

Livre  IX,  fol.  99  A.   Vitello. 

Livre  X,  fol.  103  B.   Vespasiano. 

Livre  XI,  fol.  109  B.  Tito. 

Livre  XII,  fol.  112  A.  Domitiano. 

Le  XIIe  livre  et  le  manuscrit  finissent  au  fol.  118  B. 
Explieil  :  «  e  per  lo  reggimento  delli  imperadori  clic 
seguiro.  » 


XXIV.    SUÉTONE  151 

Rubrique  finale  :  «  Quijinisce  lo  dodecimo  e  ultimo  libro 
di  Ghaio  Suetonio  Tranquillo  :  Délia  uita  de  dodici  impe- 
radori  ;  Et  di  Domitiano  imperadove.  E  qui  efmito  tutto 
il  libro.  )) 

Cf.  Bandini  (Cat.  cod.  hibliot.  Med.  Law\,t.  V,  col.  240,, 
n°  VIII),  qui  décrit  un  manuscrit  du  commencement  du 
XVe  siècle  contenant  la  môme  version  de  Suétone.  En  note 
Bandini  ajoute  :  Latet  adhuc    nornen  interpretis. 

Argelati  (Bibl.  di  trad.,  t.  III,  p.  421),  cite  ce  même 
manuscrit:  Suetonio  fatto  volgare  da  Incognito.  Le  même 
auteur  (/.  c.)  parle,  d'après  Fontanini,  du  manuscrit  d'une 
version  de  Suétone  faite  par  Jacopo  Cassola  da  Par  ma 
en  1372,  pour  le  marquis  Nicolô  da  Este. 


XXV 


PALLADIUS 

(Osuna:  Plut.  III.  Lit.  M.  n°  3  ;  Rocam.  n°  170;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii- 57) 

Palladius,  L'Agriculture,  traduite  en  castillan  par  Ferrer 
Sayol,  catalan. 

Manuscrit  de  245  feuillets,  papier,  bien  folioté  en  bas  à 
droite,  sauf  une  erreur  :  le  feuillet  191  est  marqué  deux  fois 
ce  qui  répercute  Terreur  sur  toute  la  fin  du  ms.  ;  le  feuillet 
244  qui  est  le  dernier,  est  clone  en  réalité  le  245.  Écriture 
de  l'extrême  fin  du  XIV3  siècle.  Ni  rubriques,  ni  capitales. 
Format  285X209  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1-4.  Prologue  du  traducteur  Ferrer  Sayol,  cibdadano 
de  Barçelona,  que  nous  copions  ci-après  pour  les  rensei- 
gnements divers  qu'il  nous  fournit. 

Incipit  :  «  [P]  alladi  Ruculi  (sic)  Emiliani  fue  noble 
hombre  de  la  cibdat  de  Roma. ...» 

Explicit:  «e  por  dilecçion  de  la  cosa  publica.  »  Ffueaca- 
bado  de  romançar  enel  mes  de  Jullio,  aho  a  natiuitate  do- 
mini  1385.  E  fue  començado  en  nouiembre  del  anyo  1380. 

Au-dessous:  Aqui  comiençan  las  rubricas  del  primer 
libro  de  Palladio.  La  table  du  livre  I  occupe  les  feuillets 
4  et  5. 

Fol.  5.  Livre  I.  Incipit  :  «  [L]a  primera  parte  de  sauieza  es 
que  hombre  deua  considérai. . .  » 

Fol.  42  v°.  Explicit  :  a  es  a  saberque  las  espinas  non  les 
fagan  danpno,  »  et  à  la  suite  :  «  [P]ues  que  la  primera  par- 
tida  del  libro  del  Palladio  es  acabada,  la  quai  tracta  de  la 
lauor  e   de   las   cosas    nesçessarias  a  agricultura  e  lauor, 


XXV.    PALLADIUS  153 

conuiene  que  agora,  continuando  la  materia  dcl  I  libro, 
tractemos  aquello  que  en  cada  un  mes  del  anyo  se  per- 
tanye  e  conuiene  de  obrar.  E  primeramente  començaremos 
en  el  mes  cle  Enero  que  es  el  primero  mes  del  anyo.  »  Table 
des  chapitres.   » 

Fol.  44  v°.  Ineipit:  «  [E]n  el  mes  de  Enero  deue  hombre 
descobrir  las  cepas  de  las  vinyas.» 

Fol.  58.  Explicit  :  «  a  vigas  e  a  palos  quando  sean 
grandes.  [AJqueste  mes  de  Febrero  (lire  Enero)  en  el  espaçio 
de  las  horas  es  semejant  aimes  deNouienbre.  »  Suivent  les 
heures  du  mois  de  janvier. 

Fol.  58  v°.  Chapitres  du  mois  de  février. 

Fol.  60.  Ineipit:  «  [E]n  aqueste  mes  de  Febrero  deue 
hombre  guardar  los  prados...)) 

Fol.  98.  Explicit:  «  podras  plantar  çepas  o  parras  que 
faran  semblantes  uuas.  » 

Fol.  98  v°.  Heures  de  février  et  chapitres  du  mois  de  mars. 

Fol.  100.  Ineipit:  «  [E]n  aqueste  mes  de  Marco,  en  los  lu- 
gares  frios...)) 

Fol.  129.  Explicit:  «nindemala  olor,  nin  salsas  cozientes.» 
Suivent  les  heures  de  ce  mois  et  au  v°  les  chapitres  du  mois 
d'avril. 

Fol.  130.  Ineipit  :  [E]  en  aqueste  mes  de  Abril,  en  las  eras 
que  abras  ya  cauadas. . .  » 

Fol.  135  v°.  Explicit  :  «  en  las  casas  de  las  abejas.»  Sui- 
vent les  heures  de  mai  et  les  chapitres  de  ce  mois 

Fol.  137.  Ineipit:  «  [E]l  panizo  e  el  mijo  sembraras  en 
aqueste  mes  de  mayo,  en  los  lugares  frios.)) 

Fol.  144  v°.  Explicit:  «  e  asy  auras  aquellas  verdes.  » 
Suivent  les  heures  et  les  chapitres  du  mois  de  juin. 

Fol.  145  v°.  Ineipit  :  a  [E]n  aqueste  mes  de  Junio  deues 
aparejar...» 

Fol.  155.  Explicit  :  «  E  conseruar  se  ha  grant  tiempo.  » 
Suivent  les  heures  et  les  chapitres  du  mois  de  juillet. 

Fol.  155  v°.  Ineipit:  «  [E]n  aqueste  mes  de  Julio  se  deuen 
tornar  a  labrar  los  campos.)) 

Fol.  160  v°.  Explicit  :  «  E  usaras  délia  quando  te  querras.» 
Suivent  les  heures  et  les  chapitres  du  mois  d'août. 

Fol.  161  v°.  Ineipit  :  «  [A]la  çagueria  del  mes  de  Agosto 
deues  arar  o  labrar  el  canpo...  » 


154  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Fol.  168.    Explicit  :  a  prouechoso    al  cuerpo  e   assi 
guardado.  »  Suivent  lés  heureset  les  chapitres  du  mois  de 
septembre. 

Fol.  168.  v°.  «  [E]n  aqueste  mes  dé  Setiembre  se  deuen 
labrar  otra  vegada  los  campos  ...)) 

Fol.  175.  Explicit:  a  que  defienden  las  uuas  de!  sol  e  de 
la  pluuia  e  do  la  frior.  »  Suivent  les  heures  d'octobre  e1  les 
chapitres  dudit  mois. 

Fol.  175  v°.  Incipit:  «  [E]n  aqueste  mes  de  Octubre  deues 
sembrar  una  simientc. .  .  » 

Fol.  191.  Explicit:  «  e  apretadas  e  estrechas.  »  Heures  el 
chapitres  du  mois  de  novembre. 

Fol.  191  bis,  c'est-à-dire  192.  Incipit:  «[E]n  aqueste  mes 
de  Nouiembre  poclras...  » 

Fol.  208.  Explicit:  «  por  razon  que  el  mosto  pueda  va- 
porar.))  Heures  et  chapitres  du  mois  de  décembre. 

Fol.  209  Incipit  :  «  [E]n  aqueste  mes  de  Deziembre  po- 
clras sembrar  trigo  e  çeuada.  » 

Fol.  210.  Explicit  :  a  E  en  el  tiempo  de  agora  podras  parar 
lazos  e  redes  a  los  torclos  e  aotras  aues  semblantes.  E  poclras 
lo  continuar  fasta  el  mes  de  Marco.  » 

«  [S]i  quieres  que  el  arbol  que  plantaras  faga  fructo  en 
el  ano  mesmo  que  le  plantaras,  tu  escogeras  la  rama  de 
quai  arbol  te  querras  e  tajaras  en  un  golpe  la  manyana  de 
Navidat,  quanclo  el  sol  querra  salir.  » 

Suivent  de  courts  chapitres  ou  paragraphes  :  «  [S]i  quieres 
saber  delà  carestia  olargueza  del  anyo...  » 

Les  feuillets  211-218  sont  occupés  par  un  traité  sur  la  ma- 
nière de  planter  les  arbres,  les  plantes  et  les  légumes,  et  d'en 
obtenir  la  graine. 

Fol .  218.  «  [E]n  toda  buena  composta  e  acabacla  se  deuen 
o  se  pueden  meter  de  cada  una  de  las  cosas  siguientes  es  a 
saber:  poncems,  peras,  priscos  e  nabos,  espinacas,  toron- 
gas,  melones,  codonyas,  coles,  e  muchas  otras  fructas, 
tiernas.  E  solamente  cliremos  aqui  de  aquellas  que  aqui 
auemos  nombradas.  » 

Fol.  221:  «  [D]espues  que  auras  preparadas  todaslas  cosas 
de  suso  dichas,  o  alguna  de  aquellas,  en  la  manera  que  de 
si iso  auemos  mostrado,  tu  deues  apparejar  las  cosas  siguientes 
que  sou  nesçesariàs  a  la  conserua  de  la  conposta,  e  fazen 


XXV.    PALLADIUS  155 

apparejar  algunos  singularmente,  segunt  que  de  yuso  es  es- 
cripto.» 

Ce  traité  sur  la  conservation  de  la  compote,  occupe  les 
feuillets  :  218-224. 

Au  feuillet  224,  commence  un  traité  de  la  greffe  et  de  la 
conservation  et  production  du  vin;  il  est  inachevé  et  oc- 
cupe les  feuillets  224-245. 

Fol.  224.  ((  [A]  qui  comiença  el  tractado  de  plantar  o  en- 
xerir  arboles  o  de  conseruar  el  vino  segunt  Albert,  otros 
dizen  segunt  Enclides  (lire  Euclides).  E  que  de  quai  ac- 
tor  sea  el  diçtado  se  demuestra  por  los  capitulos  que  se  si- 
guen.  El  primero  capitol  es  de  la  manera  como  se  pue- 
den  enxerir  los  arboles.  E  aqueste  capitulo  segunt  IX 
maneras  e  vias  de  enxerir  puede  ser  departido  en  IX  doc- 
trinas  de  la  dicha  obra .  ))  Incipit  :  c<  La  primera  e  la  mas 
acostumbrada...  » 

Fol.  245.  Explicit  :  «  Saluo  que  conuiene  poner  mayor 
quantidat  segunt  que  mas  o  menos  aura  de.  » 

Fol.  245  v°  blanc. 

On  sait  que  le  livre  XIV  de  Y  Agriculture  de  Palladius 
est  un  poème  sur  l'arboriculture,  dédié  à  un  certain  Pasi- 
philus  (cf.  Teuffel,  trad.  franc.,  t.  III,  p.  141).  Nous  n'avons 
pas  su  le  retrouver  clans  la  traduction  de  Ferrer  Sayol. 

Cette  traduction  n'a  pas,  croyons-nous,  été  signalée  jus- 
qu'ici. Elle  est  intéressante  à  plusieurs  points  de  vue. 
Dabord,  le  traducteur  nous  apprend  que  lorsqu'il  entreprit 
sa  version  nouvelle,  le  livre  de  Palladius  avait  été  déjà  ar- 
romançado.  Pourquoi  le  traducteur  qui  est  catalan  s'est-il 
appliqué  à  traduire  Y  Agriculture,  en  castillan  ?  On  sent 
l'effort  que  cela  lui  coûte  et,  de  temps  en  temps,  il  retombe 
dans  le  catalan,  particulièrement  quand  il  énumère  des 
arbres  ou  des  fruits.  Quant  à  la  personne  même  du  traduc- 
teur, qui  devait  avoir  quelque  importance,  puisqu'il  a  été 
protonotaire  de  la  reine  Éléonore  d'Aragon,  nous  ne  savons 
guère  que  ce  qu'il  nous  en  dit.  A-t-il  eu  une  activité  litté- 
raire en  son  temps?  Lui  doit-on  autre  chose  que  cette 
version  de  Palladius?  A-t-il  écrit  dans  sa  langue  natale? 

Tout  ce  que  nous  avons  pu  réunir  sur  Ferrer  Sayol  nous 
le  devons  à  l'amabilité  de  Don  Francisco  de  Bofarull,  chef 
de  X  Archive*  gênerai  de  la  Corona  de  Aragon,  à  Barcelone, 


L56  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANÉ 

(  !e  son!  deux  notes  extraites  d'un  registre  de  ta  chancellerie. 

Les  voici  : 
I.  «  Offici  (]<*  prothonotari  e  tinent  los  sagella.  » 
»  Ferrer  Sayol  prothonotari  e  tinen  los  sagells.  —  III  bes- 

[tias].  » 

»  En  Barcelona,  a  VIII  (lies  del  mes  de  Noombro  anno  a 
Nativitato  domini  M°CCC°LXV,  la  Senyora  Reyna  mana 
a  mi  quel  servis  per  protlionotari  seu  e  tinent  los  seus 
sagells  a  la  dita  racio  »  (1365).  » 

(Registro  de  cancilleria,  n°  1564,  fol.  24.) 

IL  ((  Confîrmacion  de  una  venta  liecha  por  Bertrand  de 
Salanova  domestico  de  la  Infanta  Juana,  hi  jade  Don  Pedro, 
por  valor  de  diez  libras  Barcelonesas,  pagaderas  cada  aûo  el 
dia  de  San  Juan,  en  favor  de  Ferrer  Sayol,  protonotario 
de  la  Ilustre  Reina  de  Aragon  Dona  Leonor,,  diciendo 
que  se  avise  al  Baile.de  Clariana  y  que  todos  la  cumplan. 
Dado  en  Barcelona  XI  de  Enero  del  afio  de  la  Natividad 
del  senor  de  M0  CCCLXVI  »  (1366). 

(Archivo  de  la  Corona  de  Aragon.  Registro  numéro  912. 
fol.  75.) 

Voici  le  prologue  que  Ferrer  Sayol  met  en  tête  de  sa 
version  : 

[P]alladi  Ruculi  Emiliani  fae  noble  hombre  de  la  çibdat  de 
Roma.  E  por  la  grant  afecçion  que  el  hauia  a  la  cosa  publica,  non 
tan  solamente  de  la  çibdat  de  Roma,  mas  encara  a  todas  las  par- 
tidas  del  mundo,  la  quai  cosa  publica  non  es  durable  nin  sepuede 
sustener,  menos  de  labradores  e  personas  que  labren  e  conrreen  la 
tierra,  menos  de  industria  de  los  quales  los  hombres  non  podrian 
auer  conuiniente  vida  para  ellos  mesmos,  nin  para  los  animales 
los  quales  le  sonnesçesarios,  ya  sea  que  se  lea  que  en  los  primeros 
tiempos  los  hombres  biuian  de  los  fructos  de  los  arboles,  en 
tiempo,  es  asaber  antes  del  diluuio,  quando  los  hombres  non  eran 
tantos  en  numéro  como  son  agora,  por  la  quai  rrazon  Palladio  ouo 
consideraçion  que  non  tan  solamente  los  fructos  de  los  arboles 
antes  aun  los  espleytos  de  la  tierra  eran  nesçessarios  para  alimen- 
tar  non  solamente  los  hombres  e  mas  aun  los  animales  a  ellos 
nesçessarios,  asi  como  son  diuersas  aues,  bestias  cauallares,  asi- 
ninas,  mulares,  perros,  e  gatos,  e  otros,  queya  sea  que  cadauno  en 
-ii  natura  pudiese  veuir  en  los  boscages  estando  e  remaniendo  sal- 
vages,  empero  non  aprouecharien  mucho  a  los  hombres  que  los 
han  nesçesarios  a  su  prouecho  e  deleyte.  Por  la  quai  razon,  e  aun 


XXV.    PALLADIUS  157 

por  tal   como  muchos   nobles  e   exçelentes   hombres  e  de  grant 
estamiento    como  son  papas,  enperadores,  reyes,  condes  e  otros 
grandes  hombres,  asi  clerigos  como  legos,  e  otros  de  menor  esta- 
miento, asi  por  su  deleyte  como  prouecho  se  delectauan  en  enno- 
blesçer  el  mundo  ;  e  algunos  dellos  hedificauan  palaçios,castillos, 
casas,  ffortalezas,  çibdades  e  lugares;  otros  plantauan  vifias,  ar- 
boles  fructifferos,  criauan  boscages  e   prados  que  siruian  a  sus 
nesçesidades  e  plazeres    e  encara  a  la  cosa  publica,  querientes 
seguir  la  manera  que  touo  Salomon,  el  quai  fazia  su  poder  de 
ennoblesçer  el  mundo,  ço  es  la  tierra,  la  quai  Dios  espeçialmente 
auia  asignada  e  dada  a  los  fîjos  de  los  hombres.  E  paresçe  que  tal 
doctrina  ouiese  querido  dar  el  profeta  su  padre  Davit,  en  el  CI II 
psalmo  del  salterio  en  el  quai  escriuio  un  verso  el  quai  comiença: 
((  Hoc  mare  magnum  et  spaçiosum  manibus  scilicet  contractan- 
dum  )),  quasi  que  quiere  dezir  que  aquesta  grant  mar  e  ancha  que 
es  la  tierra  deue  ser  tractada  e  ennoblesçida  por  las  manos  de  los 
hombres  hedificando  e  plantando  e  expleytando  aquella.  E  por 
todas  aquestas  razones  Palladio  partio  personalmente  de  la  çibdat 
de  Roma  e  çerco  grant  partida  de  greçia,  do  fueron  antiguamente 
los  grandes  filosofos,  e  grant  partida  de  Ytalia,  e  quiso  leer  muchos 
e  diuersos  libros  que  algunos  filosofos  auian  escriptos  e  dexados 
en  memoriaen  el  fecho  de  agricultura  o  labraçion.  E  por  ojo  quiso 
prouar  e  ver  la  manera  e  practica  que  los  labradores  e  los  foraîios 
tenien  en  hedificar  sus  casas  e  tierras  o  en  plantar  sus  vinas  e  sus 
arboles,  e  como  los  enpeltauan  o  enxirian,  e  los  tiempos  en  que 
sembrauan  e  cogian  e  conseruauan  cada^simiente,  e  los  nombres 
de  cada  una,  e  como  criauan  sus  bestiares  gruesos  e  menudos,  e  la 
natura  dellos,  e  por  sy  quiso  esperimentar  e  prouar  muchas  cosas 
las  quales  auia  leydas  vistas  e  oydas.  E  après,  por  caridat  que  auia 
en  Dios,  e  por  grant  amor  que  auia  a  la  cosa  publica,  copilo  e  or- 
deno  el  présente  libro  en  latin,  fuerte,  corto,  e  brève,  e  entricado,  e 
mucho  sotil,  no  contrastant  que  en  el  prohemio  e  prefaçio  de  su 
libro  ouiese  pretestado  e  dicho  que  laartede  la  agricultura  deue  ser 
tractada  por  hombres  groseros  e  labradores,  a  los  quales  non  deue 
el  hombre  fablar  subtilmente  asi  como  sy  eran  hombres  de  sçien- 
çia.  E  es  çierto  que  el  libro  de  Palladio,  por  la  grant  suptilidat,  e  bre- 
uedat,  e  vocablos  que  non  son  en  uso  entre  nosotros  en  Cataluiiya, 
nin  aun  en  Espana,  era  e  es  mucho  aborrido,  e  repudiado,  e  menos- 
presçiado  por  tal  que  non  lo  podian  entender,  ya  sea  que  algunos 
se  sean  fechos  arromançadores,  los  quales  non  han  auido  cura  de 
arromançar  muchos  vocablos,  los  quales  non  son  conosçidos  nin 
usados  en  nuestrolenguaje,  mas  han  los  puestos  sinplement  segunt 
que  los  han  fallados  escriptos  en  el  latin,  en  tanto  que  si  poco  son 


158  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTlLLANE 

entendidos  en  el  latin,  asy  tan  pocoson  entendidos  en  el  romance. 
E  aun  en  muchas  partidas  de!  romance  non  han  expresado  nin 
dieho  ci  entendimiento  de  Palladio,  antes  han  puesto  el  contrario 
en  grant  derogaçion  e  perjuyzio  de  Palladio,  el  quai  solamente 
por  copiiar  a  taJ  libro  meresçe  auer  grant  gloria.  Por  que  yo, 
Ferrer  Sayol,  cibdadano  de  Barçelona,  que  fuy  prothonotario  de  la 
muyalta  seiïora  donya  Leonor,  reyna  deAragon,  de  buena  memoria, 
la  quai  Eue  muger  del  muy  alto  seîior  rey  don  Pedro,  rey  de  Aragon 
agora  régnant,  e  fija  del  rey  don  Pedro,  rey  de  Çiçilia,  veyendo 
los  grandes  desfallesçimientos  los  quales  eran  en  los  libros  arro 
mançados  del  Palladio  (1),  e  veyendo  aun  que  este  Libro  es  muy  li util 
e  prouechoso  a  todos  los  hombres,  asy  de  grant  es tamiento  como 
baxo,  que  qui  eran  entender  en  agriculturao  lauor,  a  laquai  natu- 
ralmente  son  inclinados  en  su  vejez,en  espeçial  los  hombrçs  que  son 
estados  en  su  juuentut  de  grant  e  noble  coraçon,  e  han  trabajado  e 
entendido  en  fecho  de  armas  e  otros  notables  i'echos  a  utilidat  de  la 
cosa  publica,  segunt  que  recuenta  Tullio  en  un  su  libro  intitulado  de 
vegez,  en  el  quai  recuenta  grandes  perrogatiuas,e  grandes  plazeres, 
e  delectaçiones,  e  prouechos  en  la  agricultura  o  lauor,  que  es 
conrrear  la  tierra,  la  quai,  segunt  que  el  dize  e  asy  es  verdat,  que 
non  sa,be  tornar  a  su  labrador  aquello  que  le  encomienda  menos 
de  usura,  quasy  que  diga  que  la  simiente  que  ay  siembra  le  resti- 
tuye  en  mayor,  e  en  mucho  inayor  numéro  que  non  la  siembra,  e 
muchas  otras  marauillas  las  quales  serian  largas  de  escriuir;  e  mas 
resçita  en  aquel  mesmo  libro  muchos  sabios,  e  antigos  hombres,  e 
philosofos  de  grant  estamiento  que  en  su  vegez  labrauan  e  fasian 
labrar  e  conrrear  sus  tierras;  e  el  mesmo  faze  testimonio  disiendo: 
que  cosa  en  el  mundo  non  es  mas  délectable  al  nombre  viejo  de 
grant  estamiento  que  faser  conrrear  las  tierras  e  obrar  obras  de 
aquellas  ;  empero  entiende  lo  dezir  que  se  quiere  secrestar  e  apar- 
tar  o  alexar  en  su  vegedat  de  los  aferes  mundanales  e  pensar  e 
contemplar  que  la  gracia  diuinal  faze  engendrar  la  tierra  sola- 
mente a  seruiçio  del  nombre;  ca  Dios  toclo  poderoso  non  ha  me- 
nester  de  los  espleytos  de  la  tierra  sy  non  el  nombre  solament,  e 
remirando,  e  contemplando  aquestas  cosas,  e  rendiendo  gracias  a 
Dios  todo  poderoso  la  vegez  ha  puyado  e  subido  el  primer  grado 
o  escalon  de  contemplaçion  en  Dios;  e  despues  podra  sobir  mas 
ligeramente  el   segundo  escalon  de  contemplar  con  Jésus    Cristo 

1.  Peut  être  Sayol  fait-il  ici  .'illusion  à  la  version  de  Palladius,  dont 
un  exemplaire  fut  acquis  en  1377  par  le  roi  D. Juanl"  d'Aragon.  Fr.  Bp- 
farull  v  Sans,  Apuntes  bibliogrâjîcos,  p.  514  (cité  par  Béer,  Hancl- 
6chriftenchàtze  Spaniens,  p.  91,  n"  51),  parle  d'un  Palladi  acquis  en 
1377  par  le  roi   Jean    I"  d'Aragon. 


XXV.    PALLADIUS  159 

Dios  e  hombre,  fecho  nuestro  hermano  tomando  natura  humana  ; 
despues  podra  contemplar  el  çaguero  e  terçèro  escalon,  el  quai  es 
contemplar  en  el  gozo  que  auran  en  parayso  les  amigos  de  Dios,  los 
quales  auran  trabajado  por  su  seruiçio  e  de  la  cosa  publica  del 
mundo  del  quai  el  es  cabeça  e  mayor  principe.  E  yo,  por  todas 
aquestas  cosas,  hequeridonueuamentearromançar  e  cleelarar,  tanto 
quanto  la  mi  groseria  e  insufiçiençia  ha  bastado,  el  dicho  libro  de 
Palladio,  tornando  aquel  nueuamente  de  latin  en  romance.  E  su- 
plico  a  todos  los  leedores  de  aqueste  libro  que  non  me  noten  de 
presumpçion,  ca  a  buen  entendimiento  e  a  prouecho  de  la  cosa  pu- 
blica lo  lie  fecho.  E  sy  por  auentura  yo  non  lie  bien  interpretados 
algunos  vocablos  de  simientes,  e  de  arboles,  o  de  otras  cosas  aquesto 
ha  seydo  porque  non  los  he  fallados  expuestos  nin  declarados  en 
algunos  libros,  asy  de  gramatica  como  de  medeçina,  ya  sea  que 
diligentemente  en  ello  aya  trabajado,  e  clexolo  a  correcçion  de 
mayor  e  mejor  interpetrador  que  yo,  que  le  plegasuplir,  e  corregir, 
e  emendar  los  desfallesçimientos  que  y  son,  por  culpa  mia,  por  tal 
que  en  los  traslados,  si  alguno  fara  faser,  non  se  sigua  error.  E 
aquesto,  por  caridat  de  Dios  e  por  clilecçion  de  la  cosa  publica,  ffue 
acabado  de  romançar  en  el  mes  de  jullio  ano  a  natiuitate  domini 
1385,  e  fue  començado  en  nouiembre  del  anyo  1380. 


XXVI 
JEAN  CASSIEN 

(Rocam.  n°58;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-109) 

1.  Jean  Cassien,   Collationes  Patruin.  2.  Francesch  Exi- 
menis,  Doctrinade  mure  a  cascuna  persona.  En  catalan. 

Manuscrit  de  107  feuillets,  plus  3  de  table  et  2  blancs 
au  commencement,  vélin  et  papier,  folioté  régulière- 
ment jusqu'au  feuillet  77;  le  ms.  est  divisé  en  cahiers  et 
porte  ses  signatures.  Écriture  du  milieu  du  XIVe  siècle. 
Sont  en  vélin  les  feuillets  :  1  de  la  table  et  les  2  blancs  ; 
du  texte  les  feuillets  :  6,  7, 14,  15,  21,  22,  30, 31,  38,  39,  46, 
47,  54,  55,  62,  63,  70,  71,  78,  79,  86,  87,  94,  95,  102,  103. 

Format  295  X  215  mm.  Reliure  moderne. 

Les  Collationes  Patrum  occupent  les  feuillets  1-77.  La 
table  appartient  à  ce  premier  ouvrage. 

I.  Fol.  1.  Rubrique:  Co  mène  en  les  rubriques  apellats 
collaeions  dels  Sants  Pares,  ço  es  a  saber  los  conseils  de 
sancta  vida  que  fahien  los  sants  pares  monges  e  lier- 
mites,  e  los  bons  eximplis  e  la  bona  doctrina  que  donauen 
als  altres. 

La  table  renvoie  non  aux  chapitres,  mais  aux  feuillets. 

Fol.  1.  Rubrique  du  texte  :  Començen  les  collaeions  dels 
sants  pares,  les  quais  for  en  escrites  per  alguns  dexebles 
lurs  a  perdurabla  memoria  dels  esdeuenidors.  Incipit  :  «  No 
es  negun  dupte  lo  mon ...» 

Fol.  77.  Explicit  :  «  ço  es  amor  de  Deu,  la  quai  cosa  es 
sobre  tots  los  altres  bens.  Deo  gracias.  Amen.  »  Finito  li- 
bro  sit  laus  et  gloria  Cristo  amen.  Benedictum  sit  nomen 
domini  nostri  Jhu.  xpi.  et  gloriose  virginis  Marie  matris 
ejus  et  omnium  sanctorum  in  eternum  et  ultra.  Amen, 


XXVI.    JEAN    CASSIEN  161 

IL  Le  second  ouvrage  commence  au  feuillet  79. 

Rubrique  :  Aci  comença  la  abreuiada  e  compendiosa 
doctrina  de  viure  a  cascuna  persona.  Incipit  :  «  En  nom 
de  nostre  senyor  Deu  e  de  la  virge  nostra  dona  sancta  Maria 
mare  sua  et  de  tots  los  sants  e  santés  de  Paradis.  » 

Fol.  107  v°  B.  Explicit  :  «  E  en  aquesta  manera  e  ab  aquesta 
condicio  ho  compli  lo  dit  frare  quin  haja  bon  guardo  de 
nostre  senyor  Deu.  Amen.» 

Au  verso  du  2e  fol.  blanc  du  début  on  trouve  écrite,  pos- 
térieurement au  texte,  une  liste  de  rubriques  de  la  Abre- 
uiada e  compendiosa  doctrina  de  viure  a  cascuna  persona. 

Cette  Doctrina  d'Eximeniz  a  été  publiée,  d'après  un  ma- 
nuscrit incomplet  du  commencement,  dans  la  Coleccion  de 
doc.  del  Archivo  de  Aragon,  t.  XIII,  p.  311  et  suiv. 


il 


XXVII 


SAINT  AMBROISE 

(Osuna:  Plut.  IV.  Lit.  N,  n°  34;  Rocam.  n°  13:  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-10). 

Saint  Ambroise,  Œuvres  morales.  En  castillan. 

Manuscrit  de  89  feuillets,  plus  1  feuillet  blanc  au  commence- 
ment et  2  à  la  fin,  papier  non  folioté.  Ecriture  du  XVe  siècle 
avarice.  Ni  rubriques  ni  capitales.  En  marge,  indication  des 
chapitres  et  quelques  notes.  Format  285x214  mm.  Reliure 
de  parchemin . 

Fol.  1.  Incipit:  «Porque  entre  los  fijos .'..»,  et  en  marge  : 
Prologo  que  jase  el  santo  dotor  Ambrosio  en  el  prinçipio 
de  su  obra. 

Au  bas  du  premier  feuillet  on  trouve  le  titre  du  2e  cha- 
pitre :  Que  forma  et  orden  dette  orne  tener  en  el  callar,  oyr 
e  fablar. 

Fol.  86  v°.  Le  livre  finit  par  :  «  et  declarada  mucha  ynsti- 
tuçion  e  auisamento  trae.  » 

Fol.  87,  88,  89.  Table  générale. 

Ce  livre  compte  xcn  chapitres.  Ce  sont  des  méditations 
ou  leçons  morales  sur  le  silence,  l'amitié,  la  chasteté,  etc. 
Exemple,  chap.  xvi  :  «  Non  conplir  orne  algunas  vezes 
aquello  a  que  es  obligado  es  ofiçio  de  bien  faser.  » 


XXVIII 
SAINT  AUGUSTIN 


(Rocam.  n°  7;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Hh-80) 
Saint  Augustin,  Sermons.  En  latin. 

Manuscrit  de  104  feuillets,  vélin,  folioté  tard  et  incom- 
plètement, réglé  presque  partout  à  24  lignes.  Initiales 
rouges,  pas  de  rubriques,  grosse  écriture  du  XIVe  siècle. 
Quelques  feuillets  endommagés  ont  été  réparés,  les  trous 
sont  bouchés,  mais  les  lettres  n'ont  pas  été  récrites  sur  le 
parchemin.  Format  277x177  mm.  Reliure  moderne  aux 
initiales  du  duc  d'Osuna. 

Fol.  1.  Dans  la  marge  d'en  haut  on  lit  en  petits  caractères  : 
«  Sancti  spiritus  aclsit  nobis  gratia  —  Sancta  Maria  ora  pro 
nobis.  )) 

Incipit  :  «  Sermo  sancti  Augustini  de  uerbis  domini  in 
euangelio  secundum  Matheum  :  Agite  penitentiam  appro- 
pinquabit  enim  regnum  celorum.  »  Indication  des  versets 
cités  et  table  des  textes. 

Au  feuillet  97  commence  le  dernier  sermon  du  manuscrit 
dont  le  texte  est  :  «  Si  uis  uenire  ad  uitam  serua  mandata .  » 

Fol.  104  v°.  Explicit  :  «  Transibat  dominus  et  illi  clama- 
bant...  ))  Ce  manuscrit  est  incomplet  de  six  sermons,  la 
table  nous  indique  que  Fouvrage  complet  devait  contenir 
vingt  sermons. 


164  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


(Rocam.  n"  6;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Reserv.  6a-5) 
Saint  Augustin,  De  Vita  Çkristiana.  En  italien. 

Manuscrit  de  21  feuillets,  plus  2  blancs  à  la  fin,  vélin, 
non  folioté,  réglé  à  27  lignes.  Écriture  italienne  du 
XVe  siècle.  Ornementation  florentine.  Aux  quatre  coins  les 
heaumes  du  marquis  de  Santillane  et  dans  le  bandeau  infé- 
rieur deux  anges  portant  ses  armes.  Format  240x170  mm. 
Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Incomincia  il proemio  del  volgarùa- 
tore. 

Incipit  :  «  Riuolgendo  io  alcuni  ecclesiastici  libri  uennemi 
aile  mani  una  gentile  operetta  del  glorioso  doctore  Au- 
gustino  la  quale  eglimanclo  alla  sorella...  » 

Explicit  :  «  sara  cagione  incitare  lanimo  mio  ad  man- 
darti  dellaltre  cose  maggiori.  » 

Au-dessous,  en  lettres  d'or,  comme  la  première  rubrique, 
on  lit  celle-ci  :  Incomincia  il  libro  di  Santo  Agostino  délia 
Vita  Cristiana,  alla  sorella,  recato  di  latino  in  volgare. 

Fol.  1  v°.  Incipit  :  «  Se  io  peccatore  et  infimo,  piu  insi- 
piente  et  piu  imperito...  » 

Fol.  21.  Explicit  :  «  dare  in  presentia  ti  diamo  in  absen- 
tia.  Deo  gratias.  » 


(Osuna:  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  19;  Rocam.  n°  5;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Reserv.  5a-ll) 

Saint  Augustin,  Confessions.  En  italien. 

Manuscrit  de  137  feuillets,  plus  2  feuillets  blancs  aj 
commencement,  vélin,  réglé  à  40  lignes.  Écriture  italienne 
du  XV°  siècle.  C'est  un  manuscrit  de  grand  luxe  orné  et  en- 
luminé avec  un  soin  extrême.  L'encadrement  du  fol.  1  répète 


XXVIII.    SAINT    AUGUSTIN  165 

avec  élégance  tous  les  motifs  des  décorateurs  florentins, 
chasse,  jeux  d'amours  dans  les  branches  et  au  travers  du 
fouillis  des  arabesques.  Aux  (iiatre  coins,  dans  des  médaillons 
carrés,  les  heaumes  du  Marquis  (celui  d'en  haut  à  droite  a 
disparu),  à  droite  et  à  gauche  la  devise  «  Dius  e  Vos  »  court 
dans  les  bandeaux,  et  en  bas  deux  anges  soutiennent  une 
couronne  de  laurier  où  la  place  des  armes  est  demeurée 
vide;  les  pieds  de  l'ange  de  gauche  et  le  sol  ou  les  nuages  où 
ils  devaient  poser  n'ont  pas  non  plus  été  terminés.  Quelques 
notes  en  marge.  Format  325x225  mm.  Reliure  moderne. 

Le  titre  dit  :  Comincia  el  prologo  di  santo  Agustino  nel 
primo  libro  délie  sue  confessioni.  Incipit:  «  Tredici  libri 
délie  mie  confessioni...  »  La  capitale  qui  commence  le  pro- 
logue est  finement  enluminée,  on  y  voit  saint  Augustin  au 
premier  plan,  avec  sa  mitre^  sa  crosse  et  ses  gants,  assis,  les 
mains  jointes  et  vêtu  de  pourpre,  dans  sa  chaire  épiscopale; 
la  miniature,  parfaitement  dessinée,  ne  semble  pas  tout  à 
fait  achevée. 

Livre  I,  fol.  1;  liv.  II,  fol.  9;  liv.  III,  fol.  13  v°;  liv.  IV, 
fol.  19  v°;  liv .  V,  fol .  27;  liv.  VI,  fol.  34  v°;  liv.  VII,  fol.  43  v°; 
liv.  VIII,  fol.  53;  liv.  IX,  fol.  62  v°  ;  liv.  X,  fol.  72  v°; 
liv.  XI,  fol.  91  v°;  liv.  XII,  fol.  102  v°;  liv.  XIII,  fol.  113. 

Explicit  :  «  in  questo  modo  si  riceuera,  cosi  si  trouera, 
cosi  sara  aperto,  amen.  » 

Fol.  126  v°  :  Cominciail  libro  disancto  Agustino,  a  Pau- 
lino,  délia  cura  la  quale  sidebba  auere  pei  morti.  Incipit  : 
((  Longo  tempo,  o  uenerando  uescouo  Paulino,  sono  stato 
debitore  a  restituire.. .  » 

Fol.  137.  Explicit  :  a  senza  dubio  la  mia  risposta  sarebbe 
manchata  alla  tua  dimanda.  Deo  grattas.  » 

D 

Saint  Augustin,  De  Beata  Vita.  En  castillan. 
Cf.  Notice  IL  ms.  Reserv.  6a-2. 


XXIX 


PAUL  OROSE 


(Rocam.  n°  129;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-119) 

Paul  Orose,  Pauli  Orosii  liispani  presbyteri  historiarum 
libri  septem.  En  latin. 

Manuscrit  de  79  feuillets,  vélin,  non  folioté,  réglé  à  43 
et  44  lignes.  Écriture  du  XIVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Ini- 
tiales et  rubriques,  pas  de  titre.  En  marge,  notes  de  la 
même  époque  que  le  ms.  Format  287x204  mm.  Reliure 
moderne. 

Fol.  1.  Notice  sur  Orose  tirée  de  Gennadius:  «  Horosius 
presbiter  hyspani  generis,  uir  eloquentissimus  et  ystoriarum 
cognitor,  scripsit  aduersus  querulos  christiani  nominis...  » 

Texte,  incipit  :  «  Preceptis  tuis  pius  (sic)  beatissime  pater 
Augustine...  » 

Fol.  79.  B.  Explicit  :  Pauli  Horosii  presbiteri,  ad  Au- 
gust[in]um  Episcopum,  historiarum  contra  accusatores  tem- 
porum  christianorum  liber  septimus  explicit  féliciter . 

*B 

(Osuna:  Plut.  II.  Lit.  M,  n°7.) 

Paul  Orose.  En  Castillan.  Manuscrit  perdu. 

Amador  de  los  Rios  dans  son  édition  des  Œuvres  du  mar- 
quis de  Santillané,  p.  627,  §  lxxxiv,  cite,  en  parlant  de 
Paul  Orose,  un  manuscrit  vu  par  lui  dans  la  Bibliothèque  du 


XXIX.    PAUL    OROSE  167 

duc  cTOsuna  et  qui  ne  se  trouve  ni  dans  le  catalogue  de 
Rocamora,  ni  à  la  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid.  C'est 
probablement  un  des  manuscrits  de  Tlnfantado  qui  ont  été 
vendus  à  l'étranger  quelque  temps  avant  que  le  gros  de  cette 
bibliothèque  ne  fût  acheté  par  le  gouvernement  espagnol. 
Voici  la  description  de  cet  Orose  : 

((  Tambien  poseia  el  marqués  otro  côdice  aun  mas  rico,  en 
fol.  mayor,  limpia  y  hermosa  vitela,  escrito  à  dos  cols.,  con 
orlas  en  que  aparecen  sus  armas,  marcado  Plut.  II,  lit.  M, 
n°7,  el  cual  tiene  este  encabezamiento  :  Aqui  comiença  el 
primero  libro  de  las  Ystorias  de  Roma  de  Paulo  Eurosio, 
sacado  de  ytaliano  en  aragonés  (lemosin)  et  de  aragonés 
en  castellano  :  el  qualjiso  tresladar  estante  en  la  cibdat  de 
Paris  frey  Pedro  de  Palmerola,  comendador  de  Villel. 
Et  otrosi  lo  mandé  tresladar  del  dicho  lenguage  aragonés 
en  castellano  el  strenuo  cavallerolnigo  hopez  deMendoça, 
Seflor  de  la  Vega,  seyendo  capitan  mayor  en  la  fron- 
tera  de  Jahen  en  contra  de  Granada por  el  serenissimo  rey 
don  Johan  de  Castilla.  etc.  Tiene  algunas  notas  y  en- 
miendas  que  parecen  de  mano  del  marqués  (?),  y  al  final 
diçe:  Aqui  es  fenecido  de  escrebir  el  libro  de  las  ystorias 
romanas  de  Paulo  Eurosio  que  contiene  XVI  libros.  Et 
trasladelo  yo  el  Bachiller  Alfonso  Gomez  de  Çamora,  por 
mandado  de  mi  seflor  Inigo  Lopez  de  Mendoça,  seflor  de  la 
Vega,  é  seyendo  capitan  mayor  contra  Granada  en  la 
frontera  de  Jahen  por  el  serenissimo  nuestro  seflor  rey  don 
Johan,  en  el  afio  del  nasçimiento  de  Nro.  Salvador  Jhu. 
Xpo.  de  mill  CCCC  é  treynta  y  nueve  anos  :  Deo  gracias 
amen.  Terminada  esta  obra,  hay  un  tratado  original  de  Za- 
mora  :  a  Sobre  el  provecho  que  causa  del  malicioso,  et  que 
dano  ô  mal  del  neçio,  et  que  significan  estos  dos  vocablos.)) 

C 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N.  n°  18;  Rocam.  n°  128;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  li-125  ) 

Paul  Orose.  En  aragonais. 

Manuscrit  de  174  feuillets  de  papier,  non  folioté.  Écriture 
du  commencement  du  XVe  siècle.    Ni  titres  en  rouge,  ni 


168  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

capitales,  ni  signatures.  Format  286x217  mm.  Reliure  de 

parchemin. 

Le  premier  feuillet  porte  une  notice  sur  Orôse:  «  El  hon- 
rrado  Orosio  spaïiyol . ...  » 

Fol.  I  v°.  Prologue  de  Paul  Orose:  «  Padre  Sant  Ago&tin 

en  fazer. . .  » 

Liv.  I.  Fol.  2  v°.  Rubrique:  Aqui  acaba  el  prologo  et 
comiença  el primer  libro  dePaulo  Orosio  sobre  los  grandes 
factos  del  mundo. 

Liv.  IL  Fol.  21  v°.  Acaba  el  primero  libro  de  Paulo 
Orosio  prestre,  recontador  de  las  istorias  contra  los  pa- 
ganos,  e  comiença,  se  el  segundo  libro. 

Liv.  III.  Fol.  38:  Acaba  el  libro  IP  de  Paulo  Orosio 
preste  espahyol,  recontador  de  istorias,  e  comiença  el  libro 
IIP. 

Liv.  IV.  Fol.  59:  Acaba  el  libro  IIP  de  Paulo  Orosio 
preste  spanyol,  recontador  de  istorias,  e  comiença  el  libro 
IIIP. 

Liv.  V.  Fol.  86.  Acaba  el  libro  quarto  e  comiença  el 
quinto . 

Liv.  VI.  Fol.  110  :  De  Paulo  Orosio  pestre,  recontador  de 
istorias,  el  libro  V°  acaba  e  comiença  el  libro  VP 

Liv.  VII.  Fol.  135  v°  De  Paulo  Orosio  se  acaba  el  libro 
VP  e  comiença  el  VIP  libro. 

Fol.  157  v°.  Explicit  du  texte  :  «  que  tu  condempnas.  » 

Fol.  158.  Rubrique  finale:  De  Paulo  Orosio,  augustin, 
obispo  enbiado,  el  libro  VIP  de  las  ystorias  contra  los 
acusadores  de  los  tienpos  de  los  cristianos  se  acaba  muy 
bienauenturadament ,  et  a  lo  facto  translatai^  el  muy  excel- 
lent e  Religioso  sehyor  don  fray  Johanfernandez  deredia, 
humil  castellan  Damposta,  e  prior  de  Cataluflya.  Et  ha  lo 
tra&latado  Domingo  de  Garcia  Martin  seruidor  suyo. 

Ffinito  libro  sit  laus  gloria  cristo ,  amen. 

Qui  scripsit  scribat  semper  cum  domino  bibant  (sic) 
amen. 

«  El  quai  libro  son  XI  cuadernos  e  dos  fullos  de  papel.)) 

Suivent  trois  lignes  en  caractères  bizarres  ;  c'est  sans 
doute  une  écriture  secrète. 

Fol.  158  VJ  blanc. 

Le  feuillet  159  commence  par  les  mots  :  «  de  la  ciudat  el 


XXIX.    PAUL    OROSE  169 

quai  el  se  alabaua  que  refaria...»  C'est  un  fragment  qui  finit 
au  feuillet.  174  v°  par  :  «  Siguese  el  terremotus  espantable 
que  muchas  ciuclades  cle  Orient  faziendolas  todas  las  casas 
cayer  con  la  tierra  aplano.  » 

Ce  fragment  que  le  copiste  ou  le  relieur  a  oublié  de 
mettre  à  sa  place  doit  être  intercalé  entre  les  feuillets 
141  et  142,  du  livre  VIL  On  lit  au  bas  du  verso  141  en  marge  : 
a  Require  post  XVII  folia  ad  taie  signum  f  »  et  plus  bas 
ces  mots  encadrés  :  de  la  çiudat  el  quai  else  alabaua. 

Le  feuillet  159  fait  parfaitement  suite  au  verso  141,  mais 
le  recto  142  ne  fait  pas  suite  au  verso  174.  Le  chapitre  qui 
est  indiqué  au  verso  174  n'est  pas  celui  qui  commence  au 
recto  142.  Or,  la  note  du  fol.  141  dit  XVII  folia,  et  du  fol. 
159  à  174  il  n'y  en  a  que  XVI,  il  manque  donc  un  feuillet 
au  manuscrit. 

Dans  la  notice  qu'il  consacre  à  ce  manuscrit  dans  sa  Bi- 
blioteca  del  marqués  de  SantiUana  (Obras,  p.  627, 
§.  lxxxiv),  Amador  de  los  Rios  ne  fait  pas  mention  cle 
l'important  explicit  du  feuillet  158  (1).  Il  ne  s'est  pas  aperçu 
que  ce  manuscrit  était  précisément  écrit  en  dialecte  ara- 
gonais  et,  trompé  par  le  désordre  des  feuillets,  il  l'estime 
incomplet.  Rocamora  dans  son  inventaire  sommaire,  tou- 
jours insuffisant,  a  cependant  relevé  la  rubrique  finale  du 
feuillet  158. 

Nous  croyons  utile  de  publier  ici  des  fragments  tirés  du 
manuscrit  Ii-125  que  nous  venons  de  décrire,  l'histoire  de 
cette  version  en  sera  éclairée  : 

[E]l  honrrado  Orosio  Spanyol,  apuesto  faulador  e  amaestrado  en 
istorias,  fizo  VII  libros  en  los  quales  departio  todo  aqueste  volutme 
et  fizo  departimiento  contra  los  cristianos  que  clizian  quel  abaxa- 
miento  de  la  grandeza  de  Roma  era  venida  por  la  fe  cristiana.  En 
los  quales,  faziendo  memoria  quasi  de  todas  las  miserias  etribula- 
ciones  que  son  estadas  en  el  mundo,  demuestra  esto  mayorment 
se^er  :  es  asaber  que  contra  el  su  mereçimiento  dura  aun  el 
comun  de  Roma  et  que  el  imperio  esta  en  piet  por  el  obseruamiento 


1.  Dans  cette  même  notice,  Amador  de  los  Rios  s'étonne  que  Nicolas 
Antonio  ne  mentionne  pas  cette  traduction  ;  or,  nous  verrons  plus  bas 
que  la  Bibliotheca  Vêtus  (t.  II,  p.  164)  consacre  une  longue  notice  à 
cette  version  que  Los  Rios  attribue  à  un  traducteur  imaginaire. 


170  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

de  la  Ee  cristiana.  Ond  el,  en  e]  primero  libro,  déclara  la  di  p 
cion  de!  mundo  como  es  çercado  de  cada  parte  de!  mar  e  fcrau< 
mientos  que  faze  por  la  fcierra  ayuntado  con  el  Rio  que  es  cla- 
niado  Tanais3  e  los  ordenamientos  e  disposicion  de  los  lugares  et 
las  montanyas,  e  el  numéro  e  las  costumbres  e  la  qualidal  de  las 
gentes,  e  los  eneomençamientos  de  las  batallas;  otrosi  las  de  los 
senyores  los  quales'sc  fi/ieron  en  el  principio  por  derramamiento 
de  sandre  de  la  gent,  sin  entendimiento  de  memoria.  Este  (  >rosio  el 
quai  enbiado  a  sant  Jeronimo  de  part  de  sant  Agostin  por  aprender 
lacienciade  gracia  disponiendo  primerament  trayo  en  occident  las 
reliquias  de  sant  Esteuan  martir  que  fueron  falladas  nueuament  en 
el  tiempo  de  Onorio  Emperador  e  esta  cosa  manifiesta  la  su  bondat. 

El  titulo  primero  reconta  de  que  tracta  aqueste  libro,  agora 
■porte  se  el  prologo  de  Paulo  Orosio  en  que  demuestra  sa  humildat. 

(Fol.  1  v°).  Padre  Sant  Agostin,  en  fazer  aqueste  libro  lie  yo  obe- 
decido  a  los  tus  mandamientos  e  quisiesse  lo  Dios  que  atan  con- 
plidament  lo  huuiesse  yo  fecho  como  lo  fi/  de  grado,  como  quiere 
que  me  mueue  muyt  poco,  siquiere  que  yo  lo  aya  fecho  bien,  si- 
quiere  no.  E  esto  es  porque  tu  mismo  as  ya  dubdado  que  se  pueda 
bien  fazer  aquello  que  tu  mandaste.  Mas  en  aquesto  tomo  muyt 
gran  plazer  que  firme  la  mi  voluntat  en  quanto  yo  pudiesse  obe- 
dezer  los  tus  mandamientos.  Porque  en  la  casa  del  rico  padre  que 
ay  muyt  grant  familia,  ya  sea  que  ay  animaiias  de  diuerssas  gene- 
raciones  para  prouechamiento  de  su  fazienda,  es  poca  la  cura  de 
los  canes  los  quales  atan  solament  han  de  su  natura  obedecer  e  se- 
guir  la  voluntat  del  senyor,  alli  do  le  plaze  de  mostrar  gela  o  por 
palauras  o  por  senyales,  esto  por  quanto  han  lo  que  ellos  desean 
propriament,  los  quales  en  quanto  ellos  son  mas  nobles  que  alguna 
de  las  otras  animaiias  en  atanto  son  mas  graciossos  e  amaestrados 
por  lahumanidat.  Es  asaber  aconosçer  el  libro  de  Paulo  Orosio,  re- 
contador  de  las  Istorias,  por  el  honrrado  Johan  Bueno,  de  grama- 
tica  en  vulgar  a  instançia  de  micer  Lamberdo  de  los  abades,  e 
pone  se  en  el  comienço  el  prologo. 

Traducteurs  et  traductions  de  Paul  Orose  en  Espagne 

Il  nous  paraît  utile,  pour  débrouiller  ensuite  plus  aisé- 
ment Thistoire  de  ces  versions,  de  rapporter  ici  le  texte  de 
la  aotel,  p.  39  du  tome  VI  de  YHistoria  critica  d'Amador 
de  los  Rios,  où  à  propos  des  Historias  del  espafïol  Orosio 
il  dit  :  ((  Dos  versiones  de  Orosio,  ambas  custodiadas  en  la 
))  l)il)lioteca  del  duque  de  Osuna  (P.  V.  Lit.  N,  niim.  18  y 


XXIX.    PAUL    OROSE  171 

))  P.  IL  Lit.  M,  nûm.7),  poseyô  el  marqués  de  Santillana: 
»  la  primera  hecha  por  un  Juan  Bueno,  â  instancia  deLam- 
))  berto  de  los  Abades  de  gramâtica  en  vulgar  (de  latin  en 
))  castellano),  y  la  segunda  por  el  bachiller  Alfonso  Gomez 
))  de  Zamora,  de  ôrclen  del  mismodon  IfiigoLopez,  trayén- 
»  dola  del  catalan  al  cual  habia  pasado  de  la  traduccion 
»  f rancesa  de  fray  Pedro  de  Palmerola,  comendador  de  Villel . 
»  etc.  » 

Voilà  la  légende.  Voyons  les  faits  maintenant.  Tout  d'abord 
puisque  les  rubriques  du  manuscrit  perdu  (Plut.  IL  Lit. 
M,  n°  7),  exécuté  pour  le  marquis  de  Santillane,  disent  à 
plusieurs  reprises  qu'il  fut  d'aragonais  mis  en  castillan, 
pourquoi  Los  Rios  veut-il  qu'ici  aragonais  ait  le  sens  de 
catalan  ou  de  limousin  (1)  ?  Nous  ne  connaissons  pas  de 
version  catalane  d'Orose,  tandis  que  le  ms.  Ii-125  nous  a 
conservé  le  texte  aragonais  exécuté  par  Domingo  de  Garcia 
Martin  par  ordre  de  Juan  Fernândez  de  Heredia,  alors 
encore  châtelain  d'Amposta  (2)  et  qui  fut  ensuite  grand 
maître  de  l'Ordre  de  Jérusalem.  Ce  manuscrit  est  comme 
une  minute  de  celui  qui  fut  ensuite  luxueusement  écrit 
et  décoré  et  dont  la  Bibliotheca  Vêtus  de  N.  Antonio 
(t.  II,  p.  163-164)  fait  mention  (3). 


1.  Le  plus  curieux  est  qu'Amador  de  los  Rios,  après  avoir  déclaré, 
dans  le  tome  VI  de  son  Histoire,  que  le  marquis  de  Santillane  fit  tra- 
duire Orose  de  catalan  en  castillan,  et  après  avoir  déjà  noté  en  marge 
du  mot  aragonès  le  mot  lemosin  dans  sa  notice  du  ms.  perdu  (Plut.  II, 
Lit.  M,  n°  7),  disserte  ensuite  dans  le  tome  VII  (p.  475,  note  2),  sur 
el  habla  aragonesa,  à  propos  du  spectacle  allégorique  représenté  pour 
fêter  l'entrée  de  Fernando  de  Antequera  (1414)  à  Saragosse.  Il  dit  que  les 
copias  récitées  en  aragonais  par  la  Justice,  la  Vérité,  la  Paix  et  la  Mi- 
séricorde, étaient  à  mesure  tornadas  en  palabras  castellanas,  par  Alvar 
Garcia  de  Santa  Maria,  qui  nous  le  rapporte  lui-même.  Et  comme 
preuve  que  de  semblables  castillanisations  de  textes  aragonais  n'étaient 
pas  rares,  il  cite  la  version  d'Orose  que  le  bachelier  Alfonso  Gomez  de 
Zamora  exécuta,  en  1439,  pour  IfiigoLopez  de  Mendoza. 

2.  Juan  Fernândez  de  Heredia  fut  fait  châtelain  d'Am  posta  vers  1345, 
et  grand  maître  de  l'Ordre  de  Saint- Jean-de- Jérusalem  en  1377. 

3.  «  Aragonensis  libri  Pauli  Orosii  Historiarum  versio,  e  codice  Bi- 
bliothecce  Collegii  Sanctiss.  Corporis  Christi  Valent. 

Esta  es  la  taula  è  suniaria  annotaclô  de  los  libros  rubricas  è  capi- 
tules del  libro  que  Paulo  Orosio  de  la  nacion  de  Spanyafamoso  poeta 
e  ystorial  copilô  à  instancia  è  manda  /nient  o  del  bienaventurado  sant 
Agostî  :  :  :  :  Et  por  cnde  el  muyt  rcverendo  en  Xpo  padre  e  senyor 
Don  frai  Iohan  Fernande.^  de  Eredia  por  la  gracia  de  Dios  maestro 


\l:ï  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

Il  nous  semble  plus  que  probable  que  le  manuscrit  Ii-125 
aura  été  le  texte  même  que  le  bachelier  Alfonso  Gomez  de 
de  Zamora  fut  chargé  de  castillaniser,  en  1439,  pour  son 
maître  Don  Iïïigo  Lopez  de  Mendoça,  seigneur  de  la  Vega. 

Il  est  permis  de  supposer  que  1(3  traducteur  qui  travailla 
à  Paris,  sur  la  version  toscane,  fut  le  même  Domingo  de 
Garcia  Martin  que  «  frey  Pedro  de  Palmerola,  comendador 
de  Villel  »,  chargea  de  ce  travail,  à  la  demande  de  Johan 
Fernandez  de  Heredia,  qui  fut,  on  le  sait,  lui  aussi  com- 
mandeur de  Villel  et  qui  était  à  l'époque  châtelain  d'Amposta 
et  prieur  de  Catalogne. 

D'où  Amador  de  los  Riosa-t-il  tiré  la  traduction  fran- 
cesa  de  Fray  Pedro  de  Palmerola,  comendador  de  Villel? 
Le  manuscrit  Plut.  IL  Lit.  M,  n°  7,  dit  simplement  que  la 
version  aragonaise  fut  faite  à  Paris  sur  un  texte  italien. 
Comment  Amador  de  los  Rios  a-t-ilpu  faire  de  ce  commandeur 
aragonais  Fauteur  d'une  traduction  française  ?  Est-ce  parce 
qu'étant  à  Paris  il  en  fit  exécuter  une  aragonaise  sur  un 
texte  toscan?  Voyons  enfin  qui  fut  Juan  Bueno,  qui,  suivant 
Los  Rios,  traduisit  Orose  de  gramâtica  en  vulgar  (de  latin  en 
castellano).Nous  savons  que  vers  l'extrême  fin  du  XIIIe  siècle, 
ou  plus  exactement  aux  environs  de  1291,  un  juge  de  Flo- 
rence nommé  Bono  Giamboni  traduisit  de  latin  en  toscan,  à  la 
prière  de  Messer  Lamberto  degli  Abadi  di  Firenze  :  Belle 
Storie  contra  i  pagani  di  Paolo  Orosio  libri  VII  (1).  Le 
traducteur  aragonais  a  traduit  les  noms  trouvés  par  lui  dans 

de  la  Orden  de  sant  Iohan  de  Ihrlm.  reyendo  e  considerando  que 
aquesti  jiorient  mémorial  e  sumario  document  de  los  judicios  de  Dios 
à  muchas  personas  de  diferentes  professiones  e  condiciones  è  maior- 
ment  à  aquellas  que  non  cran  instructas  en  sciencia  cra  ignoto  c  non 
rês  menos  quasi  non  sabido  nin  oido  :por  tanto  el  dicho  Senyor  etc  :  :  :  : 
El  primer  titulo  reconta  de  que  tracta  aquesti  libro  :  e  fizo  esti  libro 
repartido  en  siete  libros,  etc.  » 

Le  traducteur  Domingo  de  Garcia  Martin,  nommé  dans  le  Ii-125,  n'est 
pas  cité  dans  la  Bibliot/teca  Vêtus. 

1.  Délie  storie  contra  i  Pagani  di  Paolo  Orosio  libri  VII  col- 
garizzametxto  di  Bono  Giamboni  publicato  ed  illustrato  con  note  dal 
Doit.  Francesco  Tassi.  Firenze  per  Thommaso  Baracchi,  1849,  in-8u. 
Cette  version  avait  été  publiée  déjà  au  XVIe  siècle,  sans  date,  mais 
vers  1535,  à  Venise.  En  1539  et  1564,  on  la  réimprima,  à  Venise  égale- 
ment, en  l'attribuant  à  Giovanni  Guerrini  da  Lanciza  (cf.  Zambrini, 
Le  Opère  colgari  a  Stampa,  col.  727-728).  Ce  texte  est  conservé  par  un 
assez  grand  nombre  de  manuscrits. 


XXIX.    PAUL    OROSE  173 

le  manuscrit  italien  qui  lui  servit  de  texte,  et  c'est  ainsi  que 
Bono  Giamboni  est  devenu  Juan  Bueno,  Lamberto  degli 
Ahacli  Lamberdo  de  los  Abades  et  la  formule  si  fréquente 
en  Italie  di  gramatica  in  vulgare,  de  latin  en  castellano. 
En  résumé,  nous  venons  démontrer  que  les  deux  manus- 
crits d'Orose,  l'unaragonais,  l'autre  castillan,  conservés  dans 
la  bibliothèque  Osuna,  dérivent  tous  deux  d'une  source  com- 
mune :  la  version  italienne  de  Bono  Giamboni.  Bien  plus, 
nous  avons  vu  que  le  manuscrit  aragonais  contient  la  version 
que  commanda  Juan  Fernàndez  de  Heredia,  nous  avons 
montré  quelles  probabilités  il  y  a  de  croire  que  la  version 
que  Pedro  de  Palmerolafit  exécuter  à  Paris,  sur  le  texte  de 
Bono  Giamboni,  ne  fait  qu'un  avec  celle  que  Domingo  Garcia 
Martin  fit  pour  le  châtelain  d'Amposta.  Le  manuscrit  perdu 
P.  IL  Lit.  M,  n°  7,  que  le  marquis  de  Santillane  fit  cas- 
tillaniser  par  Alfonso  Gomez  de  Çamora,  n'était  très  certai- 
nement qu'un  remaniement  de  la  version  conservée  par  le 
manuscrit  Ii-125.  Amador  de  los  Rios  a  donc  vu  une 
version  française,  modèle  d'une  version  catalane,  et  une  ver- 
sion castillane,  faite  directement  sur  l'original  latin,  là  où 
il  n'y  avait  qu'une  version  aragonaise,  faite  sur  une  traduction 
italienne,  et  un  remaniement  castillan  de  cette  même  version 
aragonaise. 


XXX 


13  0  E  G  E 


(Osuna:  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  3;  Rocam.  n°  38;  Biblioth. 

Nat.  Madrid,  Ii-36) 

Boèce^  De  Consolatione.  En  italien. 

Manuscrit  de  46  feuillets,  plus  2  feuillets  de  garde  au 
début,  vélin,  non  folioté,  réglé  à  36  lignes.  Ecrit  dans  la 
seconde  moitié  du  XIVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Encadre- 
ment, enluminures,  lettres  ornée.  Format  283x194  mm. 
Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  L'encadrement  entremêlé  de  sujets  et  d'arabesques 
est  curieux  parles  détails,  sans  être  très  artistique  ;il  appar- 
tient au  genre  d'ornementation  italienne  qui  a  précédé  les 
admirables  bandeaux  florentins  du  XVe  siècle.  Dans  le 
bandeau  inférieur  deux  écus  d'armes,  un  dans  chaque  coin, 
identiques  à  celui  qui  se  trouve  au  fol.  1  de  l'Aristote  et 
de  la  Vita  Dantis  de  Boccace  :  d'or  à  cinq  bouquets  de 
fleurs  feuillées,  au  naturel.  La  grande  initiale  est  finement 
enluminée  :  on  y  voit  Boëce  écrivant  son  livre  derrière  les 
barreaux  de  sa  prison. 

Fol.I  A.  Incipit:  «  Io  Boetio  lo  quale  inquadirietro  perfec- 
tamente  feci  uersi  dilecteuoli  ne  lo  fiorito  studio  de  la  mia 
prosperita...» 

Livre  I.  fol.  1-7;  liv.  IL  fol.  7-15;  liv.  III.  fol.  15-27; 
liv.  IV.  fol.  27-37  v°;  liv.  V.  fol.  37  v°  B.-46  A. 

Explicit  :  «  quando  uoi  operate  dinançi  agliocchi  del  giu- 
dice  che  tucte  le  cose  uede  ». 


XXX.    BOÈCE  175 

a  Explicit  liber  Boetii,  Deo  grattas  amen,  y)  Dans  la  co- 
lonne B  on  lit  : 

((  Manus  hujus  scriptoris, 
Saluetur  omnibus  oris, 
Memoria  sit  uobis. 
Micluielis  uestri  seruitoris.  » 

Chaque  livre  est  orné  d'une  capitale  miniaturée  avec  finesse 
où  l'on  retrouve  toujours  une  figure  d'ange  qui  tient  un  livre, 
et  un  vieillard,  c'est  sans  doute  la  Philosophie,  consolant 
Boëce;  en  plus  de  ces  initiales,  les  feuillets  qui  ouvrent  les 
livres  nous  présentent  des  demi  encadrements. 

Le  texte,  nous  l'avons  remarqué  ci-dessus,  est  précédé  de 
deux  feuillets  de  garde,  le  second  porte  dans  la  colonne  A 
20 lignes  d'une  écriture  du  commencement  du  XIVe  siècle: 
c'est  un  commencement  de  copie  du  texte  italien  de 
Boëce.  La  différence  est  très  grande  entre  l'écriture 
de  ce  fragment  et  celle  de  notre  texte.  Au  verso  de  ce  même 
feuillet,  nous  trouvons,  d'une  écriture  italienne  du 
XVe  siècle,  les  vers  que  voici  écrits  sur  deux  colonnes  : 

((  Uassi  pensoso  il  seghator  dell'erba, 
Crucciato  contra  Gioue  e  contra  Marte, 
Ma  la  speranza  che  amor  gli  serba, 
Montando  in  sulle  sue  leggiadre  sarte, 
A  pane  ed  acqua,  alla  ferza  del  sole, 
Cantando  tuttauia,  si  corne  suole, 
Che  mai  non  stancha  ne  giamai  si  duole, 
Co'  ferri  in  collo  corne  uuol  su  arte, 
Per  la  cruda  stagion  ch'e  stata  acerba, 
Ciaschedun  uil  penser  dal  cor  gli  parte 
Chel  porteranno  in  un  bel  prato  d'erba. 
Menando  il  ferro  stara  tutto  giorno 
Fa'l  seghatore  nel  bel  prato  intorno 
Et  poi  la  sera  da  di  mano  al  corno; 
Non  lo  fa  per  iscorno, 
Ma  per  franchezza  sua  letizia  spande 
Sol  per  rispecto  délia  giornata  grande.  » 

Au-dessous  de  ces  vers,  mais  de  facture  antérieure  à  ceux- 
ci  se  trouve  une  grande  miniature  de  20  centimètres,  très 


176  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

finement  peinte  et  bien  conservée,  représentant  le  faucheur 
debout  (huis  le  pré  fleuri  où  l'on  voit  un  lupin  et  un  oiseau, 
la  faux  est  sur  l'herbe  ainsi  qu'un  tabouret  et  un  marteau; 
de  la  ceinture  du  faucheur  pend  un  étui  dans  lequel  on  voit 
la  pierre  à  faux.  Le  costume,  très  élégant,  du  faucheur  est 
celai  qu'on  portait  en  Italie  dans  la  seconde  moitié  du 
XIVe  siècle,  avec  1(3  chaperon  à  longue  queue,  qu'on  re- 
trouve souvent  dans  les  portraits  de  cette  époque. 


(Osuna  :  Plut.   V.  Lit.  N,  n°  29;  Rocam.  n°  37;  Biblioth.   Nat. 
Madrid,  Ii  32) 

Boèce,  De  Consolatione .  En  castillan. 

Manuscrit  de  119  feuillets,  plus  3  feuillets  blancs  au  com- 
mencement et  1  à  la  fin,  papier,  non  folioté,  réglé  à  21  lignes. 
Écriture  du  XVe  siècle.  Titres  en  noir,  initiales  des  cha- 
pitres en  rouge  Restes  de  signatures  irrégulières.  Format 
277x197  mm.  Reliure  de  parchemin. 

En  marge  notes  de  la  même  main  que  le  texte. 

Fol.  I.  Titre  en  noir, lettres  ornées:  Librodela  consolaçion 
natural  de  Boecio  Romano  ;  e  comiença  una  corta  de  Ruy 
Lopez  de  Daualos  al  que  lo  romanço. 

Incipit  :  a  Muchas  vezespienso,  o  mi  verdadero  amigo...» 
Cette  lettre  finit  au  fol.  2,  et  la  réponse  du  traducteur,  qui 
ne  se  nomme  pas,  suit  immédiatement  et  va  jusqu'au  fol.  4. 
Explicit  :  «  al  siguiente  argumento  que  es  de  la  Intençion  de 
aqueste  libro  primero.  »  Suit  :  la  Intençion  de  aqueste  libro 
primera.  Au  recto  du  fol.  5  finit  l'exposition  et  commence 
le  texte  :  Comiença  el  libro  primero  de  la  consolaçion  na- 
tural de  Anicio  Manlio  Torquato  Seuerino  Boecio,  extra 
consul  ordinario  patricio,  verso  primero  :  «  Yo  que  en  otro 
tienpo  con  floresçiente  estudio  acabe  cantares  ...»  Fol.5v°, 
Prosa  primera. 

Fol.  30  v°:  Âcabasse  el  libro  primero. 

Fol.  31:  Argumento  del  libro  segundo. 

Fol .  41  v°:  Acabasse  el  libro  segundo. 

Fol.  42:  Comiença  el  argumento  del  libro  tercero* 


XXX.    BOÈCE  177 

Fol.  73:  Acabasse  el  terçero  libro  e  comiença  el  argu- 
mente* del  libro  quarto. 

Fol.  100:  Acabasse  el  libro  quarto. 

Fol.  100  v°:  Argumento  del  libro  quinto . 

Fol.  119  v°:  Acabasse  el  libro  quinto,  Deo  gracias. 

Explicit  :  «  como  obra  es  ante  los  ojos  del  Juez  acatante 
toclas  las  cosas  » . 

Amaclor  de  los  Rios  (Obras  del  marqués  de  Santillana, 
p.  597),  émet  l'opinion  que  la  lettre  du  connétable  Ruy 
Lopez  de  Avalos  pourrait  avoir  été  adressée  au  chancelier 
Pero  Lopez  de  Ayala,  de  qui  seraient  la  réponse  et  la  tra- 
duction de  Boèce,  traduction  dont  parle  Fernand  Perez  de 
Guzman,  dans  ses  Generaciones  y  semblanzas ,  en  énumé- 
rant  les  travaux  littéraires  du  grand  chancelier. 

Nous  avons  copié  les  lettres  qui  précédent  la  version  de 
Boèce  parce  qu'elles  sont  intéressantes  pour  notre  étude  : 

Libro  de  la  Consolaçion  natural  de  Boeçio  Romano,  e  comiença 
una  carta  de  Ruy  Lopes  de  Daualos  al  que  lo  romanço. 

Muchas  vezes  pienso,  o  mi  verdadero  amigo,  quan  gran  don  es 
otorgado  a  los  ensefiados  de  la  sabiduria,  e  no  solamente  a  quellos 
mas  aun  a  los  deseantes  délia.  E  yo,  discipulo  pequefio  de  los  que 
dessean  saber,  venido  nouicio  al  estudio,  soy  ençendido  adessear 
el  socorro  de  aquellos  que.  ante  destos  nuestros  tiempos,  en  las 
sçiençias  fueron  complidos,  de  cuya  doctrina  no  solo  ami,  mas  a 
los  quemucho  saben,  grande  proeclaridat  se  siguen.  Por  esto  pense 
con  singular  affection  rogar  a  vos  que  trabaiassedes  en  traer  a 
nuestra  lengua  vulgar  la  consolaçion  del  sancto  dotor  Seuerino, 
que  por  nombre  propio  es  llamado  Boeçio,  el  qualyo  creo  aber  de- 
clarado  cosas  de  muy  grande  prouecho.  E  commo  quier  que  yo  he 
leydo  este  libro  romançado  por  el  ffamoso  maestro  Nicolas,  no  es 
de  mi  entendido  ansi  commo  querria.  E  creo  que  sea  esto  por  falta 
de  mi  ingenio,  y  aun  pienso  fazerme  algun  estoruo  estar  mesclado 
el  texto  con  glosas  lo  quai  me  trae  una  grand  escuridat.  E  auria 
en  especial  gracia  me  fuesse  por  vos  declarado,  en  tal  manera  que 
mejor  lo  podiesse  entender,  guardando  las  palabras  con  que  el 
actor  se  rrasona,  senalando  en  la  margen  lo  que  vuestro  ingenio 
podiere  para  que  yo  syn  conpanero  el  texto  pueda  entender.  E  fa- 
ziendo  lo  ansi  resçebire  de  vos  el  mayor  benefiçio  que  un  amigo 
de  otro  puede  resçebir,  por  que  las  cosas  tocantes  al  saber  mayores 
son  que  todas  las  otras  del  mundo.  Ansy  lo  dixo  el  monarcha  de 
la  sabiduria:  que  meior  es  la  sçiencia  que  toda  riqueza,  e  alguna 

12 


178  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

joya  no  se  egualara  con  ella.  Mas  si  mi  flâca  razon  qo  da  logar 
a  caber  tanto  commo  pido,  y  a  vuestro  trabaio  no  conseguirie 
el  fructo  que  meresçe,  podres  muy  bien  dezir  que  qo  quedo  por 
vos  de  ensenar  eommo  respondio  Platon  al  rey  Rrofusta  quandoera 
maestro  de  su  fijo.  Ansy,  mi  bucn  amigo,  faziendo  aquesto  por  mi 
tanto  rrogado,  podres  auer  gloria  de  bien  ensenar  e  a  mi  queda 
el  cargo  del  poco  aprender. 

Acabasse  esta  carta  e  comiença  otra  en  su  respuesta. 

Si  alguna,  virtuoso  cauallero,  seiior  mio,  es  la  différencia  entre 
rogar  e  mandar,  de  vos  a  mi  por  çierto  no  la  siento.  Que  si  vues- 
tras  palabras  comigo  ouiessen  logar  de  ruego,  como  piclaes  lo  que 
no  puedo  bien  complir,  seyendo  negado  auriades  muy  justa  res- 
puesta nembrandouos  aquello  que  dize  Seneca  en  el  libro  de  los 
beneficios  :  que  no  auer  dado  la  cosa  es  mucho  menos  graue  que 
auer  la  dado  mal.  Mas  commo  al  mandado  vuestro  no  pueda  yo 
rrefuyr,  postpuesta  mi  inhabilidat,  acorde  seguir  lo  que  man- 
dastes. 

E  queriendo  lleguar  a  la  obra  manifestauasse  a  mi  mayor  diffi- 
cultat  de  lo  acabar  tanto  que  ya  dexaua  de  mirar  al  su  comienço. 
E  segun  escriue  Dante  fingendo  los  espantos  de  la  entrada  infer- 
nal •*  ansy  commo  aquel  que  desquiere  lo  que  quiere  e  por  nueuo 
pensamiento  trueca  lo  propuesto,  ansy  que  del  comencamiento 
todo  se  quita,  tal  me  sentia  yo  en  esto  que  propusiera.  Enpero  la 
obediençia  que  mucho  me  apremiaua  fazia  dubdoso  mi  coraçon. 
E  commo  dize  Terençio  :  quando  el  coraçon  esta  en  dubda  con,  poco 
mouimiento  es  lançado  aca  y  alla,  ffuy  determinado  a  seguir  la 
parte  mas  graue  por  aquella  doctrina  de  Tullio  en  las  obras  vir- 
tuosas,  donde  muestra  que  si  alguna  vez  nos  troxiere  la  nesçessi- 
dat  a  aquellas  cosas  que  no  son  de  nuestro  ingenio  es  de  poner 
todo  cuydado,  pensamiento,  e  diligençiapor  que,  si  no  las  podiere- 
mos  fazer  fermosamente,  a  lo  menos  las  fagamos  lo  menos  feo  que 
podieremos.  Por  tanto,  sefior,  si  no  acabare  esso  que  mandaes, 
bastame  remirar  a  ello  para  ser  quitado  de  culpa  y,  aunque  no 
a  vuestro  desseo,  satisfare  a  vuestro  mandado.  Semejado  a  los  ni- 
nos  que  cobdiçiando  executar  todo  lo  que  les  mandan,  tan  bien 
lo  inpossible,  con  la  usada  obediençia,  descubren  la  inoçente  sim- 
pleza  que  faze  a  su  intençion  no  solo  syn  culpa  mas  aun  mereçe- 
dora  de  gradesçimiento.  E  commo  quier  que  al  comienço  de  toda 
translaçion  se  deua  anteponer  algo,  para  meior  entender  la  cosa 
de  que  se  tracta,  paresçeme  sobrado  fazerlo  yo  aqui  por  que  vos, 
senor,  auiendo  leydo  assaz  aquesta  obra  aures  meior  sabido  la 
intençion  de  su  actor,  e  para  sentir  mas  puro  el  dulçor  de  sus 
razones,  pues  deseades  gostar  syn  mezcla  el  sabor  de  su  fablar, 


XXX.    BOÈCE  179 

commo  sea  muchas  vezes  que  por  la  diuersidat  de  las  lenguas  se 
fallen  algunas  palabras  que  no  son  mudables  sin  gran  daiïo  suyo, 
contesçiendoles  commo  a  las  plantas  nasçidas  en  su  escogido 
logar  que  mudadas  a  otro  pierden  lo  mas  de  su  fuerça  y  aun  a 
vezes  se  secan,  donde  tal  diçion  fallare  quedara  en  supropio  vo- 
cablo  o  se  trocara  por  el  mas  cercano  que  en  nuestro  vulgar  yo 
fallare,  poniendo  de  fuera  otros  en  su  fauor  que  al  poder  mio  sos- 
tengan  su  mesma  fuerça.  E  donde  se  tocare  fiction  o  ystoria  que  no 
sea  muyusadareduzirse  ha  breuemente,  no  para  vuestra  ensenança 
ca  auiendo  vos  grande  notiçia  de  muchas  leturas  mejor  podes  de- 
zirlo  que  inclinaruos  a  lo  oyr,  mas  seruira  a  vuestra  memoria  que, 
instruyda  de  cosas  diuersas,  seyendo  de  algo  oluidada  nembrar  se 
ha  mas  de  ligero.  E  fallando  alguna  razon  que  paresca  dubdosa 
en  sentençia  sera  le  puesta  adiçion  de  las  que  el  nombraclo  ma- 
estro en  suletura  ha  declarado  solo  tocante  a  la  letra.  E  porque  los 
titulos  son  claridad  a  la  via  del  procéder  e  no  se  entreponga  al  texto 
cosa  agena,  en  comienço  de  cada  libro  se  porna  una  relaçion  o  ar 
gumento  que  sefiale  algo  de  lo  contenido  en  sus  versos  e  prosas. 
Agora,  con  la  voluntad  del  guiador  soberano,  vengamos  al  siguiente 
argumento  que  es  de  la  intençion    de   aqueste   libro   primero. 


C 


(Osuna:   Plut.  IL  Lit.  M,  n°  24;  Rocam.    n°  36;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-35) 

Pedro  de  Valladolid,  Commentaire  de  Boèce.  En  castillan 

Manuscrit  de  82  feuillets,  plus  2  feuillets  de  garde  au  com- 
mencement et  1  à  la  fin,  papier,  folioté  en  rouge,  réglé  à 
34  lignes.  Ecriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Pas  de 
rubriques,  petites  capitales.  Le  commentateur  ne  suit  pas 
les  divisions  de  Boèce.  Format  285x207  mm.  Reliure  de 
parchemin. 

Au  fol.  1  commence,  sans  titre,  la  table  des  chapitres  de 
tous  les  livres  du  De  Consolatione  :  «  En  el  primero  ca- 
pitulo  se  contiene  quien  f ue  Boeçio  e  porque  e  por  quien  fue 
perseguido  e  donde  fue  encarçerado  e  porque  fizo  el  aqueste 
libro...  » 

Au  fol.  7  A.,  commence  l'exposition  des  livres  de  Boèce  : 
((  A  mayor  e  mas  perfecta  declaracion  del  dicho  libro  es  cosa 


180  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE    SANTILLANE 

notadora  que  Boeçio  fue  varon  muy  noble  entre  los  çibda- 
(  la  nos  de  Rroma...  » 
Fol.  82  v°  B.  Explicit:  «  por  agora  por  todos  tienpos  yn 

seculaseciiloruin  amen.» 
Fol.  82  v°B.  Au-dessous  du  texte  et  séparé  de  lui  par  une 

barre  rouge,  on  Ht,  de  la  même  main  que  le  reste,  la  note 
suivante  : 

a  Este  libro  fizo  Pedro  de  Valladolid,  criado  de]  sefior  rey 
deNauarra,  e  oficial  suyo  de  pararlesu  tabla  en  que  comiese, 
e  las  cortinas  en  que  oya  misa,  e  fizolo  en  la  villa  de  Al- 
caniz,  en  el  ano  de  mil]  e  quatroçientos  e  treynta  e  seys 
aiïos  en  el  mes  de  Setienbre  ha  veynte  e  un  dia  andados  ;  e 
este  dicho  dia  era  Sanlucas  euangelista  e  auia  de  descen- 
dir  el  senor  Rey  ha  oyr  misa  a  la  yglesia  mayor  por  la 
dicha  fiesta,  e  por  los  grandes  aferes  que  ouo  no  descendio 
e  oyo  misa  en  el  castillo  do  posaua  ». 

Au  verso  du  premier  feuillet  de  garde,  on  lit  quelques  li- 
gnes d'une  écriture  du  XVe  siècle,  plus  moderne  que  celle  du 
texte  :  «  Jhs.  Lunes,  a  veynte  e  dos  dias  del  mes  de  Jullio 
ano  del  nascimiento  del  nuestro  senor  jhu.  Cristo  de  mill 
et  quatroçientos  e  cynquenta  e  quatro  anos,  estando  el 
Rey  don  Juan  de  Castilla  nuestro  senor,  de  esclaresçida 
memoria,  en  la  noble  villa  de  Valladolid  doliente  de  su  do- 
lentia  natural,  quel  nuestro  senor  Dios  le  quiso  dar,  fal- 
lescio  este  dia  e  lo  lleuo  nuestro  senor  Dios  desta  présente 
vida  entra  las  nueue  oras  e  las  dies.  E  alçaron  por  Rey 
luego  el  martes  seguiente  a  su  fîjo  el  principe  don  Enrique 
pr[imo]genyto,  que  se  acaesçio  al  su  fmamiento,  los  caual- 
leros  que  ende  estauan  que  fueron...  » 

Cette  exposition  de  Boëce  est  différente  de  celle  de  Ni- 
colas de  Treveth,  dont  la  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid 
conserve,  sous  la  cote  Bb  -61,  une  version  castillane. 

Traducteurs  et  traductions  de  Boèce  en  Espagne. 

On  sait  le  succès  que  le  moyen  âge  ht  au  livre  de  Boèce; 
ce  succès  ne  fut  pas  moindre  en  Espagne  qu'en  Italie  ou 
qu'en  France.  Nous  allons  grouper  brièvement  tout  ce  que 
nous  pouvons  dire  de  l'histoire  du  De  Consolatlone  dans  la 
Péninsule  : 


XXX.    BOÈCE  181 

I.  La  première  en  date  des  traductions  connues  de  Boèce 
en  Espagne  est  due  à  un  dominicain  F.  Père  Saplana,  il  lui 
manque  le  prologue  et  une  partie  du  livre  V.  Elle  est  écrite 
en  catalan,  c'est  Villanueva  (Viage,  XVIII,  p.  206)  qui  en  a 
trouvé  un  manuscrit  dans  la  bibliothèque  du  monastère  de 
Monserrat  et  qui  nous  en  donne  le  titre:  «  Prolech  de  frare 
))  Père  Saplana,  del  ordre  de  Preycadors,  conventual  de 
))  Terragona,  qui  esplana  aquest  libre  de  lati  en  romane,  se- 
))  gons  lo  començament  (f.  cornent)  é  glosa  de  Sent  Tomas  : 
»  lo  quai  tremis  al  Infant  en  Jacme,  fill  del  Rey  deMallorca, 
»  lo  quai  Infant  era  desheretat  é  tingut  près  en  la  ciutat  de 
))  Barchalona  per  lo  molt  ait  senyor  Rey  en  Père  d'Arago.  » 
Après  la  dédicace  du  traducteur  vient  le  prologue  de 
Boèce  et  celui-ci  porte  en  tète  le  titre  suivant  :  Aci  comença 

10  prolech  del  libre  appellat  Boeci  de  Consolaçio  en  lo  quai 
proemi  se  conte  la  istoria  de  Theodorich  rey  dels  Gots,  lo 
quai  fo  arromançat  per  frare  Anthoni  Genebreda,  de  la 
orde  dels /rares  preyeadors. 

Ce  qui  a  prêté  à  la  confusion  c'est  que  le  manuscrit  de 
l'Université  de  Barcelone  qu'a  suivi  M.  Aguilô  dans  son 
édition  de  la  Bïblioteca  Catalana,  porte  en  tête  de  la 
lettre  dédicatoire  le  nom  de  frère  Anthoni  Ginebreda.  La 
préface  de  la  traduction  castillane  imprimée  (Séville,  1497), 
dont  nous  reparlerons  tout  à  l'heure,  éclaire  ce  mystère. 

11  en  ressort  que  Saplana  n'avait  pas  traduit  l'histoire  de 
Théodoric  et  la  persécution  de  Boèce,  non  plus  que  la  fin 
du  livre  V,  où  il  est  parlé  du  libre  arbitre  (Voir  à  ce  sujet 
Vicente  de  los  Rios  dans  sa  préface  aux  Oeuvres  de  Don  Es- 
tevan  Manuel  de  Villegas,  t.  I,  p.  xxxm,  note  78).  Un 
certain  Bernât  Juan  Doncel  de  Valence,  qui  avait  un  vif 
désir  de  connaître  l'ouvrage  tout  entier,  pria  frère  Anthoni 
Ginebreda  de  traduire  ce  qui  manquait.  Ginebreda  se  prêta 
à  ce  désir  et  compléta  l'ouvrage  tel  que  nous  le  trouvons 
dans  la  Bïblioteca  Catalana.  Déjà  Prospero  Bofarull  dans 
le  t.  XIII  de  sa  Coleccion  de  documentos  inéditos  del  ar- 
chivo  de  la  corona  de  Aragon,  avait  publié  des  fragments 
de  cette  traduction  d'après  un  manuscrit  du  milieu  du 
XIVe  (?)  siècle  provenant  du  monastère  de  Ripoll.  Le 
prince  pour  qui  fut  faite  la  traduction  mourut  en  1375. 
Ginebreda  contemporain  du  traducteur  Saplana,  fut  prieur 


L82  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILL 

du  couvent  de  Sainte-Catherine  de  Barcelone,  puis  arche 
vêque  d'Athènes  (cf.  Villanueva,  Viage,  XVIII,  p.  206, 
et  Torres  Amat,  Memortas  paraformar  un  Diccionario  de 
los  escrifores  catalanes,  p.  295).  Ces  deux  auteurs  ne  sonl 
pas  d'accord  sur  la  date  de  la  mort  deGinebreda.  Pour  Torres 
Amat,  il  mourut  en  1395;  Villanueva  au  contraire  affirme 
qu'il  était  archevêque  d'Athènes  en  1399.  Quoi  qu'il  en 
soit,  la  traduction  catalane  de  Boèce  fut  bien  accueillie; 
on  en  fit  une  version  castillane  qui  fut  imprimée  dès  1488 
à  Toulouse  (Mondez-Hidalgo,  Tipogrqfia  espanola,  p.  377  . 

La  traduction  Saplana-Ginebreda,  qui  porte  le  seul  nom 
de  Ginebreda,  fut  traduite  en  castillan  et  imprimée  à  plu- 
sieurs reprises.  La  première  édition  espagnole  est  de  1488, 
(Salvâ  n°  3854)  :  Boeçio  de  consolation  tomado  de  latin  en 
v romance  por  el  muy  reuerendo  padre  f'ray  Anton  Ginebre- 
da maestro  en  la  santa  Theologia,  de  la  orden  delospre- 
dicadores  de  Barçelona.  Explicit  :  A  qui  fenece  el  libro 
de  consolaçion  de  Boeçio  el  quai  Jite  jnpresso  en  Tolosa 
de  Françia  por  maestro  Enrrique  Mayer  aliman  e  acabose 
a  quatro  dias  del  mes  de  Jullio.  Aîio  del  nasçimiento  de 
nuestro  senor  ihu  xpo  de  mil  e  quatroçientos  e  ochenta  e 
ocho  arïos. 

"Vient  ensuite  la  traduction  que  cite  Méndez  d'après  Hain, 
(Repert.  Bibliogr.  t.  I,  p.  462)  : 

Boethius  de  consolatione  Philosophie  hispanice  versus 
ab  Antonio  de  Ginebreda.  Barcinonensi  ex  ordin.  Predi- 
cator.  1493  folio.  Puis  celle  de  Séville  1497,  par  Meynardo 
Vngut  aleman  eLunçalao polono  conpaheros  a  diez  y  ocho 
dias  del  mes  de  Hebrero  de  Mill  CCCCXCVI1  ahos  (cf. 
Gallardo,  Ensayo,  n°2333). 

C'est  cette  édition  qui  nous  a  fourni  les  renseignements 
mentionnés  ci-dessus.  Elle  commence  ainsi  : 

«  Comiença  el  libro  de  Boccio  :  de  la  consolaçion  philoso- 
))  fical  :  Por  que  el  libro  de  Boccio  de  consolaçion  es  muy 
))  necessario  a  recrear  los  ornes  que  son  en  tribulacion  e 
))  a  exercitar  los  a  deuoeion  e  a  entender  la  alteza  de  los 
»  secretos  diuinales .  Por  tanto  algunos  an  fecho  todo  su 
»  poderio  de  romançar  el  dicho  libro  :  a  instruccion  de  los 
))  que  no  saben  sciencia  e  entre  los  otros  ovo  uno  el  quai  lo 
»  enderesca  al  infante  de  Mallorca. 


XXX.    BOÈCE  183 

))  Porende  En-Bernat  Juan  Doncel,  habitador  de  la  cibdad 
))  de  Valencia  rogo  a  mi  fray  Antoni  Ginebreda  de  la  orden 
))  de  los  predicadores  de  Barçelona  que  por  quanto  el  auia 
))  grand  affection  de  aver  la  dicha  obra  conplida  que  yo 
))  quisiese  suplir  los  dichos  desfallimientos  por  que  obra 
))  tan  solenne  no  remanies e  inperfecta. 

))  E  por  quanto  en  la  dicha  exposicion  hauia  algunos 
))  desfallimientos  especialmente  porque  el  dicho  expone- 
))  dor  dexo  del  quinto  libro  la  quarta  e  la  quinta  prosa 
»  e  el  tercero  e  el  quarto  métros.  Eso  mesmo  por  quanto 
))  en  el  començamiento  del  dicho  libro  no  fuesse  la  hestoria 
))  de  Theodoric  ni  la  persecucion  de  Boecio  ni  el  titulo  del 
»  dicho  libro. 

))  E  yo  queriendo  obedeçer  a  sus  rogarias,  e  porque  la 
»  dicha  obra  fuese  en  la  perfection  escogida  e  debida  segund 
))  la  flaqueza  ciel  mi  ingenio  he  suplido  segund  que  pude 
))  los  dichos  desfallimientos  rogando  a  aquellos  que  la 
))  dicha  obra  leeran  que  si  cosa  fallaren  de  desfallimiento  en 
))  ella  que  benignamente  lo  quieran  corregir  e  pensar.  Ca  los 
))  ornes  son  desfallientes,  etc.  » 

Enfin  Salvâ  (Catdlogo,  n°  3855),  décrit  une  impression 
du  même  ouvrage  faite  à  Séville  en  1499,  par  les  mêmes 
imprimeurs,  et  qui  paraît  en  tout  semblable  à  la  précédente  : 

«  Acabada  e  imprimida  fue  la  présente  obra  del  Uergel 
))  de  Consolation  :  en  la  muy  noble  e  muy  leal  cibdad  de 
))  Seuilla  por  Meynardo  Vngut  aleman  :  e  Stanislao  polono 
))  compaïleros  :  a  spensa  de  guido  d'iavezaris  e  juâ  de 
))  porras  é  lazaro  de  gazanis  mercaderos  compaïleros  a 
»  XXIII  dias  d'1  mes  de  Octubre  de  mill  CCCCXCIX  ». 

Nicolas  Antonio,  qui  n'a  connu  aucune  de  ces  éditions, 
met  Ginebreda,  qu'il  nomme  Ginebrada,  dans  sa  Bibliotheca 
Nova. 

II.  La  seconde  traduction  espagnole  de  Boèce  est  celle 
qu'Amador  de  los  Rios  (Historia  Critica,  t.  V,  p.  112, 
note  1),  attribue  à  Nicolas  de  Treveth.  C'est  une  er- 
reur. Nicolas  de  Treveth,  dominicain  anglais  (cf.  Fa- 
bricius,  Bibl.  Mecl.  et  Infini.  Latinitatis,  lib.  XIII,  t.  V, 
p.  133),  est  r auteur  d'une  Expositio  in  Boethium  de  Con- 
solatione  Philosophiez,  et  le  traducteur  castillan  a  traduit 
avec  le    texte  de   Boèce  la  glose  de  Nicolas  de   Treveth. 


184  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SW'IIIJ. 

Amador  de  los  Rios  cite  un  manuscrit  de  cette  version 
conservé  à  1/Escurial  (h.  IJ.  16);  la  Bibliothèque  Nationale  de 
Madrid  en  possède  un  :  le  ms.  Bb-61,  qui  fait  partie  du 
fonds  du  comte  de  Haro,  récemment  étudié  par  M  Paz  y 
Mélia  cfkns  \&Reoistade  Archivos;  et  M.  Menéndez  y  Pe 
layo  est,  lui  aussi,  propriétaire  d'un  manuscrit  de  cette  ver- 
sion. 

Le  manuscrit  de  San tander  occupe  quatre-vingts  feuillets 
d'un  volume  de  mélanges,  il  est  du  XVe  siècle,  écrit  sur 
papier,  à  deux  colonnes.  Nous  allons  le  prendre  comme  type 
des  manuscrits  de  la  deuxième  traduction.  Titre  :  Aqui 
comiença  el  libro  de  Boeçio  Seuerino  senador  de  Roma,  el 
quai  fizo  estando  presse*  por  mandado  de  Theodorico,  rrey 
de  los  godos,  e  es  llamado  este  libro  de  consolaçion  efue 
declarado  por  un  doctor  en  la  santa  theologia  que  ouo 
nonbre  frey  Nicholau  Trebet,  delà  ordendelosfraylesde 
Santo  domingo. 

Incipit  :  «  Yo  frey  Nicolas  Trebet  maestro  humilde^en  te, 
sancta  escriptura,  con  reuerencia  soy  atreuido  a  declarar 
el  libro  de  Boeçio  llamado  de  consolaçion  por  obedesçer  a 
manclamientos  de  algunos  frayles  mis  hermanos,  segund 
que  so  tenudo  por  la  profession  que  fize  en  la  orden  de 
ser  obediente  a  mayores  e  a  menores.  » 

Fol.  80  B:  Explicit  :  ((E  Dios  conosce  las  cessas  que  son 
por  venir  a  nos  ca  del  todo  son  a  el  présentes.  » 

Laits  Deo  et  ejus  genitricis  Marie,  quod  jam  perfeci  hoc 
opusfilosofiehoc  est  opus  Boecii.  In  nomine  patrisetjilis) 
et  spiritus  sancti. 

III.  Ruy  Lopez  Dâvalos  connaissait  la  version  accom- 
pagnée du  commentaire  de  Nicolas  de  Treveth  et  les 
obscurités  qu'il  y  trouva  lui  firent  souhaiter  une  nou- 
velle traduction.  Voyez  à  ce  sujet  la  lettre  et  la  ré- 
ponse du  traducteur  dans  la  notice  où  nous  décrivons  le 
ms.  Ii-32  de  la  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid,  qui  fit 
probablement  partie  du  noyau  de  la  bibliothèque  de  Gua- 
dalajara.  Le  ton  affectueux  de  la  lettre  du  connétable  a  fait 
croire  à  Amador  de  los  Rios  qu'elle  pourrait  bien  être 
adressée  au  chancelier  Pero  Lopez  de  Ayala.  La  réponse  du 
traducteur  révèle  une  véritable  culture  littéraire  et  beau- 
coup d'érudition,  ce  qui  n'est   pas  contraire  à  l'hypothèse 


XXX.    BOÈCE  185 

de  Los  Rios  (Obras  ciel  Marqués  de  Santillana,  p.  596-597, 
§XV). 

IV.  Le  manuscrit  Ii-30  contient,  nous  l'avons  dit,  un  com- 
mentaire du  livre  de  Boèce,  différent  de  celui  de  Nicolas 
de  Trevetli  et  qui  a  pour  auteur  ou  pour  copiste  un  certain 
Pedro  de  Valladolid.  Il  est  du  XVe  siècle. 

V.  Toutes  les  traductions  que  nous  avons  vues  jusqu'à 
présent  sont  en  prose,  c'est  au  XVIe  siècle  qu'appartient  la 
première  version  de  Boèce  en  vers  et  en  prose,  à  la  façon  de 
l'original  ;  cette  traduction  est  due  au  dominicain  Alberto 
de  Aguayo,  (cf.  Gallardo,  Ensayo,  n°  43;  Salvâ,  n°  467; 
Pellicer,  Ensayo,  p.  3). 

-  Le  titre  de  l'édition  princeps,  Séville,  1518,  est:  Lihro  de 
Boecio  Severino,  intitulado  De  la  Consolation  de  la  Filo- 
sophia,  agora  nuevamente  traducido  de  latin  en  castellano 
por  estllo  nunca  ante  visto  en  Espaha.  Va  el  métro  en  copias, 
y  la  prosa  por  medida. 

Cette  traduction  obtint  un  vif  succès  et  éclipsa  les  autres. 
Ambrosio  de  Morales,  dans  son  Discours  sur  la  langue  cas- 
tillane (Obras  de  Francisco  Cervantes  de  Sala.aar,  publiées 
par  D .  Francisco  Cerdâ,  Madrid,  1772,  p.  23),  dit  à  ce  sujet  : 
«  Mas  ha  de  cinquenta  anos  que  se  imprimieron  en  caste- 
))  Uano  los  libros  de  Boecio  Severino  del  Consuelo  de  la 
»  philosophia  en  un  tan  bueno  estilo,  que  qualquiera  que 
))  tuviere  buen  voto,  jusgarâ  como  estava  mejor  en  nuestra 
»  lengua  que  en  la  latina.  » 

Et  Valdés,  dans  son  fameux  Dialogo  de  la  Lengua,  cite 
aussi  la  version  de  Aguayo  en  parlant  des  traductions  : 
((  Cuanto  â  la  prosa  dijo  :  que  de  los  que  han  romanzado,  hé 
))  leido  poco  :  porque  como  entiendo  el  Latin,  i  el  Italiano; 
»  no  euro  de  ir  al  Romanze.  D'eso  poco,  que  hé  leido,  me 
))  pareze  haber  visto  dos  librillos  que  me  contentan,  asi  en 
))  el  estilo,  el  cual  tengo  por  puro  Castellano,  como  en  el 
»  exprimir  mui  gentilmente  i  por  mui  propios  vocablos 
»  castellanos,  lo  que  hallaban  escrito  en  Latin.  El  uno 
>)  d'estos  es  Boezio,  de  consolation  :  i,  porque  liai  dos  tra- 
))  duziones,  parâd  mentes,  que  la  que  yo  os  alabo,  es  una 
»  que  tiene  el  métro  en  métro,,  i  la  prosa  en  prosa,  i  esta 
»  dirijido  al  conde  de  Urena  »  (Dialogo  de  la  Lengua, 
Madrid,  1860,  p.  176).  Ni  Valdés,  ni  Morales  ne  semblent 


186  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

avoir  noté  que  ceque  Aguayo  appelle  «  prosa  medida  » 
consiste  en  y^i^  octosyllabes,  écrits  comme  de  la  pro 

VI.  Le  manuscrit  P. -97  de  la  Bibliothèque  Nationale  de 

Madrid  contient  une  traduction  inédite  de  Boèce,  elle  esl 
du  XVIe  siècle.  Son  auteur,  Pedro  Sanchez  de  Viana,  ou 

Dr  Pedro  Sain/  de  Viana,  traduisit  aussi  les  Métamorphoses 
d'Ovide.  La  traduction  de  Boèce  est  suivie  de  longues  noie-; 
une  observation  en  marge  nous  apprend  que  le  prolojgue 
qui  précède  les  notes  devrait  se  trouver  en  tête  du  livre. 

VII.  Nous  nous  contenterons  d'énumérer  les  traductions 
de  Boèce  imprimées  au  XVIIe  siècle  et  dont  plusieurs  sont 
curieuses  :  Fray  Augustin  Lopez  traduit  et  commente  le 
De  Consolatione,  Valladolid,  1604,  cette  version  est  en 
prose  ;  mais  Fauteur  intercale  après  le  livre  II  un  poème 
anonyme,  dû  à  un  jésuite,  qui  porte  le  titre  de  Estimulo 
de!  divino  Amor.  Ce  poème  en  redondillas  compte  1292  vers. 

VIII.  Estéban  Manuel  de  Villegas  publie  sa  traduction  à 
Madrid  en  1665.  A  partir  de  la  troisième  prose  du  livre  V, 
il  juge  la  matière  délicate,  cesse  de  traduire  et  cite,  pour 
compléter  l'ouvrage,  le  texte  latin. 

IX.  Traduction  de  Don  Agustin  Lopez  de  Reta,  gentil- 
homme navarrais,  qui  .vécut  au  XVIIe  siècle  et  dut  mourir 
peu  après  1688,  suivant  l'éditeur  de  sa  traduction,  Vicente 
Rodriguez  de  Arellano,  qui  la  publia  à  Madrid  en  1805. 

X.  Enfin  Antonio  Perez  Ramirez,  «  racionero  de  la  insigne 
collégial  de  Ampudia  »,  traduit  et  commente  Boèce,  sous  le 
titre  bizarre  de  Armas  contra  la  Fortuna,  Valladolid,  1698. 


XXXI 


JUSTINIEN 

(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  N,  n"  18;  Rocam.  n°  63  ;  Biblioth.  Nat. 
Madrid.  Ii-72) 

Abrégé  du  Corpus  juris  civilis.  En  castillan. 

Manuscrit  de  95  feuillets,  plus  1  de  garde  au  commen- 
cement, et  1  à  la  fin,  vélin  grossier,  non  folioté,  à 
deux  colonnes.  Écriture  serrée  du  XIVe  siècle.  Format 
365x245  mm.  Reliure  tympanisée,  bois  et  cuir,  traces  de 
fermoirs. 

Le  feuillet  de  garde  porte  une  croix  entre  les  branches 
de  laquelle  se  lisent  les  mots  suivants  :  «  In  principio  erat 
verbum  et  verbum  erat  apud  eum,  dominus  erat  verbum  .  » 
Au  v°  du  même  feuillet  «  libro  de  derecho.  »  A  l'intérieur 
du  plat  inférieur  de  la  reliure,  deux  petites  chartes  du 
XIVe  siècle. 

Ce  manuscrit  contient  un  abrégé  du  Corpus  Juris  civilis 
de  Justinien,  le  texte  est  identique  à  celui  du  ms.  n°  19 
provenant  de  Y  Archive*  histôrico  National,  qui  est  aussi  du 
XIVe  siècle,  mais  de  plus  petit  format  et  mieux  rubrique  et 
orné. 

Fol.  1-9.  Rubrique  :  In  nomine  patris  et  filii  et  spiritus 
sanctiamen,  indiuidue  sancte  trinitatis.  Inçipit  liber  codicus 
conpositus  a  nobilissimo  Justiniano  imperatore.  Primera- 
mientre  deuemos  dezir  de  lasancta  trinidat  e  de  la  sanctaffe 
catolica  e  non  ssea  osado  ningun  orne  de  desputar  délia  pu- 
blicamientre. 

Incipit  :  «  De  todas  las  cosas  del  mundo  que  son  mas 
notables  e  mayores  e  meiores .  . .  » 


188  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

# 

Fol.  2  v°  B.   Explicit:  «  AI  sieruo  deuen  tornar  franco.  » 
Exp liait  liber  primo,  incipit  secundo. 

Livre  //.  Rubrique  :  Por  quoi  razqn  orne  deue  deman- 
dar  a  su  contendor  ante  que  lo  meta   en  pleito.  «  Pues 

nos  auemos  dezir  el  pleyto » 

Fol.  10  v°  A.  Explicit  :  «  assi  como  es  el  padre  de!  bien 
de  su  fijo.  )) 

Livre  III.  Incipit  :  «  Pues  que  nos  auemos  dicho. ...» 
Fol.  18  v°  B.  Explicit:   a  non  se  pierde  por  menos  de 
XXX  aûos.  )) 

Livre  IV.  Incipit  :  «  Pues   que  auemos  dicho  de  los  juy- 

zios )) 

Fol.  39  A.  Explicit  :  «  daquel  termino  adelante.  » 
Livre  V.  Incipit:  «  Pues  que  nos  auemos  dicho  de  los  ne- 
gocios  que.  ...» 

Fol.  47  v°  B.  Explicit  :  «  que  ellos  non  deuieron.  >) 
Livre    VI.  Rubrique  :    «  Aqui  comiença  el  libro  IV. 
De  los  sieruos  que  fuyen  a  sus  sehores.  Incipit  :  «  Agora 
digamos  de  los  seruos.  .  .  ». 

Fol.    66  v°  A.  Explicit   :   «  por   su  mester  a   fuero  de- 
monies(?)  » 

Livre  VIL  Incipit  :  «  Pues  que  es  dicho  de  los  contra- 

rios » 

Fol.  76  A.  Explicit  :  «  que  le  podra  demandar.  » 

Livre   VIII.  Incipit  :  «  Si  el  aruol  de  un  mio  vezino.  .  .   » 

Fol.  90  B.  Explicit  :  «  Fenece  por  menos  de  XXX  anos.  » 

Livre  IX.  Incipit  :  «  Equien  roba  alguna  cosa  idest » 

Fol.  94  v°  A.  Explicit  :  «  comunal  de  la  cipdat.  » 
Le  ms.  n°  19  de  YArc/uvo  Histôriao  contient  le  livre  IX 
complet,  il  a  trois  chapitres  de  plus  que  le  ms.  Ii-72,  ces 
chapitres  occupent  2  feuillets  et  finissent  par:  «  de  las  qua- 
les  ssaben  que  deuen  preguntar  a  los  testigos.  Daniel  dixit.» 
Fol.  95  A.  Ce  feuillet  contient  quatre  paragraphes  de  for- 
mules pour  conjurer  les  démons  et  éloigner  les  mauvais  es- 
prits au  nom  de  Dieu. 

a  Toid  orne  que   troxiere  estos  nonbres   consygo,  o  los 
leyere,  o  los  viere  cada  dia,  nunca  mora  a  ffierro  nyn  aura 

myedo  de  rrayo  nyn  del  spiritu  malino »  etc.  Suivent 

les  différents  noms  de  Dieu. 


XXXI.    JUSTINIEN  189 

Autre  paragraphe  des  sept  noms  qne  doit  prononcer 
l'accouchée  pour  se  préserver  du  danger,  etc. 

Cette  compilation  est  une  traduction  du  Codi  de  Justiniâ, 
version  catalane  du  texte  provençal  (inédit)  dont  nous  trou- 
vons quelques  fragments  dans  la  Chrestomathie  provençale 
de  Bartsch,  col.  293-298.  L^  roi  Martin  Ier  possédait  un 
Codi  en  cathalâ  daté  de  1309,  qui  porte  le  n°  76  dans  le 
catalogue  de  sa  bibliothèque  (Cf.  Morel-Fatio,  Grundriss 
de  Grôber,  Katal.  Litt.,  p.  102). 

M.  Suchier  prépare  depuis  longtemps  une  édition  du  texte 
provençal  de  cet  ouvrage  qu'il  nomme  le  Codi,  pour  mieux 
marquer  que  ce  livre  est  une  œuvre  originale  écrite  primiti- 
vement en  provençal.  Il  a  publié  en  1899  un  travail  préli- 
minaire intitulé  :  Fûnfneue  Handschriften  des  Provenza- 
lischen  Rechtsbuches  Lo  Codi,  et  en  1900  il  a  publié  une 
étude  sur  les  deux  manuscrits  de  la  version  castillane  de  ce 
texte  :  Die  Handschriften  der  castilianischen  Ùbersetzung 
des  Codi.  Dans  les  Annales  du  Midi  (t.  VI),  M.  Suchier  a 
publié  un  article  sur  les  Manuscrits  perdus  de  la  Somme 
provençale  du  Code  de  Justinien,  qui  est  un  peu  une  réponse 
à  l'article  que  M.  Tardif  avait  fait  paraître  dans  les  An- 
nales du  Midi  (t.  V)  sur  le  même  sujet. 


XXXII 


SAINT   GRHGOIRK 


(Osuna:  Plut.  III.  Lit.  N.    uu  27;   Rocam.  n°   124;  Biblioth.  Nat. 

Madrid,  Kk-27) 

Saint  Grégoire,  Morales  sobr^e  el   libido  de  Job,  traduit 
en  castillan  par  Pero  Lofez  de  Ayala. 

Manuscrit  de  165  feuillets,  papier,  foliotation  irrégulière. 
Écriture  du  commencement  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes. 
Format  400x290  mm.  Reliure  de  parchemin.  Le  premier 
feuillet  est  occupé  par  une  grande  miniature  représentant 
Pero  Lopez  de  Ayala  agenouillé  devant  le  pape.  Cette 
peinture  à  l'aquarelle  est  fort  intéressante  parce  que  c'est 
vraiment  un  portrait  du  chancelier  qu'elle  nous  présente. 
Celui-ci  remet  au  pape  sa  traduction  des  Morales  et  Gré- 
goire lui  dit  :  ((  Dios  te  guarde  amen  por  la  su  gracia  santa 
|  pues  que  por  su  seruicio  feziste  obra  tan  ta.  »  Et  Pero 
Lopez  réplique  :  «  Senor  de  los  peligros  guardado  en  este 
munclo    |    sea  quien  te  présenta  este  libro  segundo.  » 

Ce  volume  est  la  seconde  partie  seulement  des  a  Morales 
sur  Job  ».  Les  3  premiers  feuillets  manquent. 

Fol.  4.  Incipit  :  a  La  sapiençia  fuera  pedrica  en  las  plaças 
de  su  bos,  la  quai  bos  luego  la  ensena...  » 

Livre  XVIII,  fol.  4-23  v°  ;  liv.  XIX,  fol.  25-40  A; 
liv.  XX,  fol.  41-62  A;  liv.  XXI,  fol.  63-75  v°;  liv.  XXII, 
fol.  76-99  A;  liv.  XXIII,  fol.  100-119  A;  liv.  XXIV, 
fol.  119  v°-134  v°;liv.  XXV,  fol.  136  A-150  B;  liv.  XXVI, 
(le  feuillet  151  manque)  fol.  152-165  v°  B. 


XXXII.    SAINT    GRÉGOIRE  191 

Explicit  :  «  A  este  pequeno  libro  clamos  fyn  agora  por 
que  non  nos  estendamos  mas  de  lo  que  deuamos.  »  Aqui 
se  acaba  el  beynte  y  seys  libro  de  los  morales  de  Sant 
Gregorio  sobre  el  libro  de  Job, 

Nombreuses  notes  en  marge  dans  tout  le  manuscrit. 

Le  premier  volume  de  cet  exemplaire  des  Morales  fai- 
sait-il partie  de  la  même  bibliothèque?  C'est  probable,  mais 
nous  n'avons  pas  pu  en  retrouver  la  trace.  La  miniature 
intéressante  du  premier  feuillet  a  été  reproduite  en  couleurs 
en  tête  du  livre  de  M.  Catalina  Garcia:  Castilla  y  Léon 
durante  los  reinados  de  Pedro  I,  Enrique  II,  Juan  I  y 
Enrique  III,  1. 1,  Madrid,  1893. 


B 


(Osuna:  Plut.   I.  Lit.   N.  N°  11;   Rocam.    n°  123;    Biblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-24) 

Saint  Grégoire,  Morales  sobre  el  libro  de  Job,  traduit 
en  castillan  par  Pero  Lopez  de  A  y  al  a. 

Manuscrit  de  273  feuillets,  plus  2  feuillets  blancs  à  la  fin, 
vélin,  réglé  à  49  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  co- 
lonnes. Mouillures  attaquant  le  vélin,  nombreux  feuillets 
très  détériorés.  Titres  en  rouge  et  bleu,  espaces  blancs  pour 
capitales.  En  marge  rappels  et  citations  de  la  même  main  que 
le  texte.  Format  400x278  mm.  Reliure  du  temps. 

Fol.  1.  Prologo  de  los  morales  sobre  Job .  Fol.l  v°  Prologo 
de  Sant  Gregorio  que  enbia  a  Ssan  Leandro  arçobispo  de 
Sseuilla.  Ce  prologue  occupe  les  fol.  1  v°.  2,  3,  4,  à  la  suite 
Prefaçio  e  prologo  segundo  jusqu'au  fol.  9.  A  la  suite  :  Aqui 
comienca  elprimero  de  los  morales  que  fizo  Sant  Gregorio 
papa  sobre  el  libro  de  Job.  «  [  Vjaron  era  en  la  tierra  llamada 
Huz,  el  quai  auia  nombre  Job.  Con  rrazon  esta  nombrada 
aqui  la  tierra  clonde  este  santo  varon   moraua. ..   )) 

Livre I,  fol.  9-18  v°;  liv.  II,  fol.  19-36;  liv.  III,  fol.  36  v° 
49;  liv.  IV,  fol.  49-68;  liv.  V.  fol.  68-90  v°;  liv.  VI, 
fol.  90v°-106;liv.  VII,  fol.  106  v°-121;  liv.  VIII,  fol.  121- 
143  v°;  liv.  IX,  fol.  144-167;  liv.  X,  fol.  167  v°-181; 
liv.  XI,    fol.   181  v°-193  v°;    liv.   XII,   fol.    194-204    v°; 


L92  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

liv.  XIII,  fol.  205-215;  liv.  XIV,  fol.  215  v°-230;   liv     XV, 
fol.  230-244;  liv.   XVI,   fol.  244-260;  liv.   XVII,  fol.  260- 

272  v°. 

Explicit:  ((  quien  podra  catar  el  tronido  de  la  grandeza 
de!  )).  Aqui  se  acaba  el  XVII  Ubro  de  los  morale*  sobre 
Job,  cl  quai  ordeno  el  bien  auenturado  Ssant  Gregorio. 


C 


(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  N,  n"  12;  Rocam.  n°  123;  Biblioth.  Nat. 

Madrid.  Kk-25) 

Saint  Grégoire,  Morales  sobre  el  Ubro  de  Job,  traduit 
en  castillan  par  Pkro  Lopez  de  Ayala. 

Manuscrit  de  151  feuillets  de  gros  vélin,  écriture  du 
XVe  siècle,  à  deux  colonnes,  ms.  en  tout  semblable  au  pré- 
cédent mais  beaucoup  mieux  conservé.  Il  contient  la  suite 
des  Morales. 

Fol.  1.  Incipit  :  «  [Mjuchas  vezes  en  la  santa  escriptura 
algunas  cosas...)) 

Liv.  XVIII.  fol.  1-23  v°;  liv.XIX.  fol.  23v°-39v°;  liv. 
XX,  fol.  40-60  v°;  liv.  XXI,  fol.  61-71;  liv.  XXII,  fol. 
71v°-87;  liv.  XXIII,  fol.  87-102;  liv.  XXIV,  fol.  102v°-115 
v°;  liv.  XXV,  fol.  117-129;  liv.  XXVI,  fol.  130-151  v°. 

Explicit  :  «  porque  non  nos  estendamos  mas  de  lo  que 
deuemos.»  Aqui  acaba  el  Ubro  XXVI  de  los  morales  de 
San  Gregorio. 


D 


(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  N,  n°  13;  Rocam.  n°  123;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-26) 

Saint  Grégoire,   Morales  sobre  el  Ubro  de  Job,  traduit 
en  castillan  par  Pero  Lopez  de  Ayala. 

Ce  manuscrit  présente  les  mêmes  caractères  que  lesTms. 
KK  24  et  KK  25.  Il  compte  185  feuillets  de  gros  vélin  et 
contient  la  suite  des  Morales  de  saint  Grégoire. 


XXXIÏ.    SAINT    GREGOIRE  193 

Fol.  1.  Incipit  :  «  [Q]ualquier  que  se  esfuerça  a  tomar 
sçiençia...» 

Livre  XXVII,  fol.  1-21;  liv.  XXVIII,  fol.  21-34  v°. 
liv.  XXIX,  fol.  35-44;  liv.  XXX.  fol.  54-75;  liv. 
XXXI,  fol.  75V-103;  liv.  XXXII,  fol.  103-119v°;  liv. 
XXXIII,  fol.  120-142;  liv.  XXXIV,  fol.  142-157v°;  liv. 
XXXV,  fol.  158-171;  liv.  XXXVI,  fol.  171-185. 

Explicit  :  «  por  quanto  sienpre  touo  buena  esperança 
en  Dios  ».  Aqui  se  acaba  e  se  cunple  el  Ubro  de  Job  segunt 
la  traslaçion  ciel  ebrayco.  )> 

Soit  qu'il  ait  ignoré  la  traduction  d' Avala,  soit  qu'il  Tait 
jugée  insuffisante,  Alphonso  Alvarez  de  Toledo  traduisit 
une  seconde  fois  en  castillan  l'œuvre  de  saint  Grégoire. 
Ses  Mor-ales  parurent  à  Séville,  chez  Cromberger,  en  1513, 
et  en  1534,  chez  Juan  Barreda  de  Salamanca,  à  Salamanque 
(Cf.  Antonio-Bayer,  BibL  Nov.,  t.  I,  p.  10). 

La  traduction  du  Chancelier  est  restée  inédite. 


iâ 


XXXIII 
PAPIAS 


(Osuna:  Plut.  IL  Lit.  M,  n°  13;  Rooam.  n°  172;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-105) 

Papias,   Vocabulaire.  En  latin. 

Manuscrit  de 235  feuillets  de  vélin,  non  folioté.  Écritures 
du  XIIIe  et  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  La  partie  an- 
cienne est  réglée  à  38  lignes,  la  partie  moderne  compte  un 
nombre  irrégulier  de  lignes  par  page.  La  partie  ajoutée  au 
XVe  siècle  n'a  ni  rubriques,  ni  capitales,  la  partie  primitive 
a  ses  capitales  refaites  sur  d'anciens  modèles  ou  seulement 
rafraîchies.  Format  320  x  225  mm.  Reliure  du  XVe  siècle,  en 
très  mauvais  état.  Sur  le  plat  supérieur  de  la  reliure,  une 
étiquette  portant:  Vocabulario  en  latin;  au  dos  :  Papiœ 
Elementa  Vocabulorum. 

Fol.  1  A.  Titre  :  Incipit  Prologus  in  elementario  voca- 
bulorum Papiœ  Doctoris  :  «  Filii  utique  Karismi  (sic).  » 

Fol.  2  A.  Le  prologue  finit  par  :  «  et  ceterorum  quos 
nunc  superredemus.  » 

Fol.  3  blanc. 

Fol.  4.  Le  texte  commence  sans  titre  ni  rubrique  :  «  A, 
littera  omnibus  gentibus  ideo  prior . . .    » 

Fol.  235  v°  B.  Explicit  :  «  Patronomica  grecum  seruant 
accentum  que  grecum  seruant  nominatif vu]m.  Vbi  uero 
mutatio  sit  littere.  » 

Ce  manuscrit  se  divise  en  deux  parties  distinctes  :  la 
première,  écrite  en  caractères  italiens  du  XVe  siècle,  va  de 
A  à  L  inclus  et  occupe  les  feuillets  4-122  v°  B.  Le  feuillet 
123  est  blanc.  La  seconde  partie,  de  M  à  Z>  va  du  feuillet 


XXXIII.    PAPIAS  195 

124  au  feuillet  235  v°.  Elle  est  écrite  sur  un  vélin  jauni  et 
date  du  XIIIe  siècle.  On  voit  que,  pour  utiliser  les  lettres 
M-Z  et  les  observations  finales,  on  s'est,  au  XVe  siècle, 
donné  la  peine  de  compléter  le  manuscrit  en  récrivant  toute 
la  première  partie  du  dictionnaire. 


XXXIV 


HISTORIA  HIEROSOLYMITANA 


(Osuna  :  Plut.  II,  Lit.  N,  n°  19  ;  Rocam.  n°  25  ;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-15) 

1.  Baudri  de  Bourgueil,  Historia  Hierosolymitana. 
2.  Lisiard  de  Tours  (?),  Historia  Hierosolymitana,  pars 
secunda.  En  latin. 

Manuscrit  de  111  feuillets,  plus  un  feuillet  de  garde, 
vélin,  folioté,  réglé  à  31  lignes.  Ecriture  du  XIVe  siècle 
(première  moitié).  Capitales  en  couleur  ornées  de  dessins  à 
la  plume.  Au  commencement  une  rubrique;  dans  l'intérieur 
du  livre  il  n'y  en  a  pas  d'autre.  Format  277X175  mm. 
Reliure  de  l'époque,  en  cuir  sur  ais. 

I.  Fol.  1.  Rubrique  :  Alias  uocatus  Godofre  de  Buylon, 
et  au-dessous  nous  lisons  le  titre  de  l'ouvrage  :  Incipit 
Historia  lerosolimitana  ab  Balderico  Dolensium  archi- 
episcopo  édita. 

Incipit  :  «  Baldericus  Burgulensium  abbas,  postea  uero 
Dei  misericordia  archiepiscopus  Dolensium  licet  indignus, 
omnibus  christianis  pacem.  » 

Fol.  79.  Explicit  :  «  Nos  autem librum  quartum  historié 
istius,  in  pugnam  post  captam  ciuitatem  infra  paucos  dies 
mirabiliter  deuictam,  opitulante  Deo,  claudimus  et  sic 
soluto  promisso  quiescimus.   » 

Cet  ouvrage  a  été  publié  à  diverses  reprises  sous  le  titre 
de  Baldrici  Andegacensis  Historiae  Hierosolymitanae 
libri  IV  (Bongars,  ï,  85-138  ;  Migne  CLXVI,  1057-1152; 
Historiens  occidentaux,  IV,  i-m).  M.  Molinier  pense  que 


XXXIV.    IIISTORTA    HIEROSOLYMI  FANA  197 

cet  ouvrage  a  été  composé  un  peu  après  1107  (Cf.  Les 
Sources  de  V Histoire  de  France,  II,  n°  2120). 

II.  Fol.  80.  Incipit  :  «  Cum  audissent  donnus  Boa- 
mundus » 

Fol.  111.  Explicit  :  «  euasissent  plane  pauci  nisi  perse- 
quentes,  ut  dictum  est,  insidiarum  reuocasset  suspicio.  » 

La  première  partie  de  cet  ouvrage  est  perdue,  la  seconde 
a  été  publiée  (Bongars,  I,  591-625  ;  Migne,  CLXXIV, 
1589-1634  ;  Hist.  occid.y  III,  545-585).  C'est  Barth  qui  a 
attribué  cette  histoire  à  Lisiard  de  Tours.  Voyez  aussi 
Molinier  (Z.  c,  n° 2123-2°). 


XXXV 

PIERRE  LE  MANGEUR 

(Petrus  Comestor) 

(Osuna:  Plut.  Iï.  Lit.  N.  n°  5;  Rocam.  n°  132;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  li-104) 

Pierre  le  Mangeur,  Historia  Scolastica.  En  latin. 

Manuscrit  de  326  feuillets,  plus  1  blanc  au  commence- 
ment, vélin,  non  folioté.  Écriture  de  la  première  moitié  du 
XIVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Rubriques  et  capitales,  ornées 
sobrement  de  traits  calligraphiques.  Format  325x214mm. 
Reliure  du  XVe  siècle,  en  cuir  sur  ais.  Ce  manuscrit 
porte  sur  le  dernier  feuillet  cette  note  qui  indique  sa 
provenance  :  «  Iste  liber  est  conuentus  santi  Anderil,  »  et 
au-dessous:  «  Ystorias  escolasticas.  » 

Fol.  1.  Incipit:  (<  Historia  genesis.  » 

Fol.  299,  Rubrique:  Explicitent  allégorie  ueteris  testa- 
ment!, secundum  magistrum  Petrum. 

Fol.  300.  Rubrique  :  Liber  undecùnus  tractât  de  Euan- 
geliis,  continens  capitula  quatordecim. 

Fol.  326.  Explicit  :  «  largitur  immutabiliter  et  summe 
bone  Deus.  » 

Le  relieur  a  altéré  Tordre  des  feuillets,  ainsi  le  fol.  312 
devrait  être;  placé  entre  le  fol.  314,  auquel  il  fait  suite,  et 
le  fol .  315  qu'il  précède.  Et  le  fol.  313  devrait  être  le  fol.  312, 
car  il  fait  suite  au  fol.  311. 


XXXVI 


INNOCENT  III 

(Osuna:  Plut.  V.  Lit.  N,  ny  2;  Roeam.  n°  134;  Biblioth.Nat. 
Madrid,  Ii-1 27) 

Innocent  III,  Libro  de  la  Vileza  de  la  humana  condition. 
En  castillan. 

Manuscrit  de  35  feuillets,  plus  1  blanc  au  commence- 
ment et  8,  dont  2  de  vélin,  à  la  fin.  Vélin  et  papier,  folioté 
jusqu'au  feuillet  14  seulement,  nombre  de  lignes  variable. 
Écriture  du  commencement  du  XVe  siècle  ou  peut-être  de 
l'extrême  fin  du  siècle  précédent.  Rubrique  et  capitales. 
Sont  de  vélin  les  feuillets  6,  7,  14,  15,  22,  23,  30,  31,  38,  39. 
Format  286  x  217  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique:  Aqui  comtenca  el  libro  de  la  Vi- 
leza  de  la,  humana  eondicion  compuesta  del  sefïor  Lochario , 
leuita  cardenal,  que  despues fue  criado  en  santo  padve  lla- 
mado  Ynnoçençio  terçio.  El  prologo  eomiença  en  estaguisa: 

«  [A]l  senor  santo  Padre  Pedro,  por  la  gracia  de  Dios 
obispo  del  puerto,  Lochario  indigno,  por  la  diuinal  gracia 
en  présente . . .  » 

La  table  des  chapitres  occupe  le  verso  du  feuillet  1  et 
cinq  lignes  du  feuillet  2. 

Fol.  3:  Capiiulo  primer o,  de  la  muy  misérable  entrada 
de  la  vil  eondicion  humanal.  «[PJara  que  salli  delà  natura 
de  mi  madré,  para  que  viesse  trabaio  e  dolor  e  los  mis  dias 
fuessen  consumidos  en  confïusion.  » 

Fol.  13.  Fin  de  ce  qu'on  peut  appeler  la  première  partie 
de  ce  traité  :  «  E  lampant  es  fecha  en  los  pensamientos  de 
los  ricos.  » 


200  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Espace  blanc  pour  la  rubrique  qui  devait  intituler  la  se- 
conde partie.  Table  des  chapitres.  Fol.  14.  Rubrique:  Ca- 
pitulo  primer o,  del  muy  culpable  fallimiento  de  los 
hombres  de  la  humanidat  en  susalida. 

((  Très  cosas  son  las  quales  suelen  a  los  hombres  aficionar 
e  son  estas  :  riquezas,  deleytes,  honrras.» 

Fol.  26.  Fin  de  la  deuxième  partie.  Au  verso  du  même 
feuillet  commence  la  troisième.  Table  des   matières. 

Incipit  :  «  Capitulo  primero,  de  la  misérable  condicion  de 
la  humanidat  en  la  sallida  de  los  dolores  que  los  malos  pas- 
san  en  la  muerte.  » 

Fol.  35  v°.  Explicit  :  «  De  lo  quai  nos  quiera  Dios 
guardar  e  guarde  por  la  su  santa  presçiosa  sangre.  Amen.  » 

C'est  la  traduction  du  Liber  Lotarii  Lévite  et  Cardi- 
nalis  (plus  tard  Innocent  III)  de  vilitate  conditionis  hu- 
mane  ou  Liber  miserie  conditionis  humane.  Cette  version 
est  l'œuvre  d'un  anonyme. 


XXXVII 


GUIBERT  DE  TOURNAI 

(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  N,  n°  7  ;  Rocam.  n°  2;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-2) 

1.  Guibert  de  Tournai,  De  erudicione  regum  et  princi- 
pum. 2.  Saint  Thomas  d'Aquin,  De  regimine principum. 
3.  Gilles  de  Rome,  table  des  chapitres  des  trois  livres 
du  De  regimine  principum,  4.  Vincent  de  Beauvais, 
Tractatus  de  morali  principis  institutione .  5.  Vincent 
de  Beauvais,  De  puerorum  nobilium  eruditione.  6.  Vin- 
cent de  Beauvais,  De  consolacione  ou  Epistola  de  morte 
amici  consolatoria.  En  latin. 

Manuscrit  de  150  feuillets,,  plus  2  blancs  au  commence- 
ment, vélin,  réglé  à  49  lignes.  Écriture  du  commencement 
du  XIVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Capitales  en  couleur. 
Tranches  dorées  avec  ornements  peints  sur  la  tranche.  Ce 
manuscrit  devait  être  le  second  volume  d'un  recueil  de 
traités  relatifs  à  l'éducation  des  princes,  puisque  le  fol .  1 
porte  le  n°  132.  Format  299x220  mm.  Superbe  reliure 
mudejar.  Au  dos  :  Aegidio  de  Rorna,  de  Eruditione 
regum. 

I.  Fol.  1  A.  Rubrique  :  Incipit  prologus  generalis  in 
regulis  regum.  Libellus  de  erudicione  regum  et  principum  ; 
continet  très  epistolas.  In  prima  agit ur  de  reuerencia  dei  et 
diligencia  sui;  in  secunda  de  disciplina  débita  potestatum 
et  officialium  ;  in  terrera  de  affectu  et  protectione  subdi- 
torum.  Suit  un  prologue  et  la  table  des  chapitres. 

Fol.lv0  A.  Incipit  :  «Ie  epistole  prologus  et  prime  partis... 

piementissimo  domino   suo  L.    dei  gracia  illustrissimo 


202  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

régi  Francorum  frater  G.  de  Torniaco]  de  regno  momen- 
tanée» migrare  féliciter  ad  eternum...  » 

Fol.  13  A.  Explicit  :  «  qui  uiuit  et  régnât  in  secula 
seculorum  amen.   » 

La  deuxième  épître  est  divisée  en  deux  parties.  La  pre- 
mière commence  au  feuillet  13. 

Fol.  13  B.  Incipit  :  «  Postulastis  clementissime  domine 
prelibatis. .  .    » 

Fol.  20  v°  B.  Explicit  :  «  nihil  reputans  alienum.  » 

La  seconde  partie  de  la  deuxième  épître  commence  au 
feuillet  20  B.  :  «  Tetigimus  aliqua  de  potestatum  et  officia- 
lium  disciplina.  .  .  » 

Fol.  25  v°  A.  Explicit  :   «  in  secula  seculorum   amen.  » 

Troisième  épître  fol.  25  v°  A.  Incipit  :  «  Quoniam  aspi- 
rante ...» 

Fol.  28  B.  Explicit  :  «  Actum  Parisius  apud  fratres  mi- 
nores, anno  gracie  millesimo  ducentesimo  quinquagesimo 
nono  mense  octobri  in  die  octabarum  beati  Francisci.  Obse- 
cro  autem  eos  qui  has  très  lecturi  sunt  epistolas  siuelibrum 
istum,ut  superliniares  titulos  in  principio  libri  apponant,  ut 
ea  que  continentur  in  eo  et  in  consequentibus  scribuntur 
capitulis  euidencius  uideant  et  agnoscant.  »  Explicit  liber. 

II.  Fol.  28B.  Incipit  prologus  fratris  Thome  de  Aquino 
in  tractatu  suo  de  regimine,  pro  rege  cipri  inchoato,  sed 
nonperfecto  morte  preueniente . 

Incipit  :  «  Cogitanti  michi  quid  offerrem  régie  celsitu- 
dini ...» 

Fol.  40  v°  B.  Explicit  tractatus  de  regimen  (sic)  prin- 
cipum  fratris  Thome  de  Acquino,  ordinis  predicatorum. 

III.  Fol.  41-44  col.  A.  Ces  feuillets  sont  occupés  par  la 
table  des  chapitres  des  trois  livres  du  De  regimine  prin- 
cipum  de  Gilles  de  Rome. 

IV.  Au  feuillet  45,  commence  sans  titre  le  Tractatus  de 
morali  principis  institutione,  de  Vincent  de  Beauvais  :  «  In- 
cipit prologus.  Clarissimis  ac  religiosissimis  in  Christo 
uiris  e  illustrissimis  dominis,  omnique  honore  ac  reuerentia 
dignis  principibus,  Ludouico,  Dei  gratia  régi  Francie,  ac 
Theobaldo,  eiusdem  fauente  clemencia  régi  Nauarre  et  co- 
miti  Campanie,  frater  Vincencius  Beluacensis,  deordine  pre- 
dicatorum, salutem  in    omnium    saluatore.   Olim    dum  in 


XXXVII.    GUIBERT    DE    TOURNAI  203 

monasterio  Régal i s  Montis  ad  exercendum  lectoris  officium 
iuxta  sublimitatis  uestre. . .  » 

V.  Fol.  65  A.  Ici  commence  le  De  eruditione puerorum  re- 
yalium  :  «  Serenissime  ac  reuerendissime  domine  sue,  Franco- 
rum  Dei  gracia  [regine],  Margarete,  f rater  Vincencius,  de 
ordine  predicatorum,  qualiscumque  lector  in  monasterio 
suo  de  Regali  Monte,  perpetuam  in  domino  salutem  etpa- 
ratam  in  omnibus  ad  eius  obsequia  uoluntatem...  » 

Fol.  118  v°  B.  Explicit  :  «  0,  inquit,  sacre  uirgines,  horta- 
mentis  uos  mutuis  excitate  e  multis  de  uirtute  documentis 
ad  gloriam  prouocate,  durate  fortiter,  pergite  spiritualiter, 
peruenite  féliciter,  tantum  mementote  nostri  cum  in  nobis 
incipiet  uirginitas  honorari.. .  » 

VI.  Fol.  119.  La  même  main  qui  a  intitulé  le  traité  précé- 
dent intitule  De  consolacione  celui  qui  commence  ici  : 
«Prologus.  Dilecto  Deo  et  hominibus,  illustrissime*  domino 
in  Cristo  sibi  karissimo,  diuina  fauente  clemencia  Francorum 
principi  Lodouico,  f  rater  Vincencius  Beluacensis,  de  ordine 
predicatorum  salutem,  et  luctum  presentis  exilii  consola- 
cionem  in  regno  celestis  patrie  sempiternam ...» 

Ce  prologue  est  suivi  de  la  table  et  des  xvi  chapitres  du 
traité.  Fol.  150  A.  Explicit  :  «  Consolamini  intérim  in 
uerbis  istis.  Bene  ac  diu  ualeat  in  uobis  modestia  régie 
magestatis.  Amen.  » 

Au  v°  du  dernier  feuillet,  8  vers  latins  sans  intérêt. 

Ce  dernier  traité  dû,  comme  les  précédents,  à  Vincent 
de  Beau  vais,  porte  dans  les  mss.  Latin  16390,  fol.  15,  et 
Latin  nouv.  acq.  1469  de  la  Bibliothèque  Nationale  de  Paris, 
le  titre  suivant  :  Epistola  de  morte  amici  consolatoria,  et 
c'est  sous  ce  même  titre  qu'il  a  été  publié  par  Jean  de  Ham- 
merbach  à  Baie  en  1481,  joint  à  d'autres  ouvrages  du  même 
auteur. 

Amador  de  los  Rios  (Obras  del  Marqués,  p.  634),  parle 
d'un  manuscrit  latin  du  De  regimine  principum  de  Gilles 
de  Rome,  écrit  sur  vélin,  à  deux  colonnes,  qui  comptait 
130  feuillets  et  qui  portait  l'ancienne  cote  Osuna  :  Plut.  II. 
Lit.  N,  n°  6.  Los  Rios  dit  que  ce  manuscrit,  aujourd'hui 
perdu,  avait  été  exécuté  en  Italie  et  qu'il  était  «  exornado 
con  las  armas  y  empresa  del  marqués».  Il  est  évident  qu'il 
s'agit  ici  du  premier  volume  du  recueil  que  nous  venons 


204  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

de  décrire.  Le  manuscrit  perdu  était  du  môme  formai  que 
le  Plut.  U.  Lit.  N,n°  7,  il  contenait  130  feuillets,  et  te  pre- 
mier feuillet  du  n°  7  porte  le  n°  132.  Ce  manuscrit  était-il 
du  XIVe  siècle?  Peut-être.  Dans  ce  cas,  les  armes  et  L'em- 
blème du  marquis  de  Santillane  auraient  été  ajoutés  après 
coup.  Mais  la  regia  magnificencia  et  las  bellisimas  orlas 
qui,  d'après  Los  Rios,  décoraient  ce  manuscrit  feraient  plutôt 
croire  que  le  Plut.  II.  Lit.  N,  n°  6,  était  un  manuscrit  ita- 
lien du  XVe  siècle.  Quoi  qu'il  en  soit,  len°  6  et  le  n°  7  se 
faisaient  suite,  ils  avaient  une  même  cote  et  appartenaient 
à  la  même  bibliothèque. 


XXXVIII 


SAINT  RAYMOND  DE  PENNAFORT 

(Rocam.  n°  184;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-170) 
Raymond  de  Penafoht,  Sumrna  Rayrnundi.  En  latin. 

Manuscrit  de  294  feuillets,  plus  2  feuillets  au  commence- 
ment et  1  à  la  fin  qui  sont  d'un  autre  traité,  vélin,  réglé  a 
29  lignes.  Écriture  du  XIIIe  siècle,  à  deux  colonnes.  Ru- 
briques, capitales  en  couleurs.  Format  259  X202  mm.  Reliure 
de  basane,  tranches  rouges.  Au  dos  :  Rayrnundi  Suma. 

Ce  manuscrit  contient  la  Somme  de  saint  Raymond  de 
Penafort,  encadrée  de  trois  feuillets  d'un  ouvrage  de 
chirurgie. 

Fol.  1.  Avant-propos  et  table  des  chapitres.  Rubrique: 
Incipit  summa  magistri  Ramundi.  a  Quoniam,  ut  ait 
Jeronimus,  secunda  post  naufragium  tabula  est  culpam.. .   » 

Dans  la  marge  d'en  haut,  une  main  de  la  fin  du  XIVe  ou 
du  début  du  XVe  siècle  a  mis  cette  note  dont  la  fin  a  été 
rognée  à  la  reliure  :  «  Jacobus  glosauit  sumam  Rayrnundi, 
ut  referunt.   » 

Le  foliotateur  a  fait  une  erreur  d'un  feuillet  en  numé- 
rotant 194,  196  deux  feuillets  se  faisant  suite. 

Fol.  295  v°  A.  Explicit  :  «  set  bennigno  corrigat  et 
emendat.  Deo  gratias,  »  et  au  bas  de  la  glose:  Explicit  de 
matrimonio.  Deo  gratias.  A  la  suite  un  arbre  de  parenté 
canonique  d'une  autre  main  que  le  texte,  et  de  lamêmemain 
une  table  des  chapitres,  écrite  en  petits  caractères,  qui  oc- 
cupe encore  tout  le  fol.  296  et  s'arrête  au  chapitre  intitulé: 
De  litigiosis  (L  religiosis)  non  ordinandis  du  deuxième 
livre. 


206  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTlLLANE 

Les  deux  feuillets  du  commencement  el  celui  de  La  fin  élu 
volume  sont  d'une  écrituredu  XIIIe  siècle  peut-être  un  peu 
plus  moderne  que   celle  du    texte  de  la    Somme.  Ils  sent 

écrits  à  deux  colonnes.  Ces  trois  feuillets  sont  du  même 
traité,  mais  le  troisième  ne  fait  pas  directement  suite  aux 
deux  premiers.  Le  dernier  contient  des  recettes  :  a  De 
elargitione  uulneris,  delepra,  »  etc.  Au  bas  de  La  colonne  A 
du  v°  du  dernier  feuillet  on  lit  L'explicit  suivant  :  Expliciunt 
notule  supra  cyrur<jiam  magistri  Rogerii.  Deo  gratias. 
Dans  la  colonne  B.  Rubrique:  «  Incipit  ars  thaladie  (sic),  » 
et  au  bas  de  la  même  colonne  :  a  Explicit  ors  thaladie.  n 

Le  traité  de  chirurgie  dont  nous  venons  de  parler  est  peut- 
être  le  commentaire  de  Roland  de  Parme  à  la  chirurgie  de 
Roger.  On  sait  en  effet  qu'une  des  additions  de  Roland  aux 
idées  de  Roger  touche  précisément  la  question  de  l'agran- 
dissement des  plaies:  «De  elargitione  vulneris,  »  pour  lequel 
ce  chirurgien  professait  une  aversion  singulière  (Cf.  Portai, 
Histoire    de    VAnatomie  et  de  la  Chirurgie,  t.  I,  p.  176). 


XXXIX 


LANFRANC 

(Ostma.  Plut,  III.  Lit.  M,  n°27;  Rocam.  n°142;  Biblioth. 
Nat.    Madrid,  Ii-155) 

Lanfhancus  ou  Alanfrancus,  Chirurgie  pratique,  traduite 
parMAESTRE  G.  Salvâ.  En  valencien. 

Manuscrit  de  118  feuillets,  papier.  Écriture  du  XVe  siècle. 
Capitales  grossières,  titres  en  noir.  Format  212X150  mm. 
Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Ce  feuillet  est  endommagé,  il  contient  un  court 
prologue.  Fol.  1  v°  et  fol.  2,  tables.  Fol.  2  v°,  dédicace  de 
l'auteur  à  Yhonrat  amich . 

Fol.  1.  Prologue  du  traducteur  :  «  En  nom  de  nostre  se- 
nyor  Jesu  Crist,  beneyt  lie  ait  lie  glorios,  e  de  santa 
Maria,  lie  a  honor  de  tota  la  santa  corte  celestial,  yo 
maestre  G.  Salva,  bachiller  licenciât  de  Monpeller  en  la  art 
de  medicina,  a  instancia  de  dos [c]ars  amiclis  los  quais  ami 
lloncli  temps  an  pregat  que  yo,  per  amor  dells,  désigne  una 
obra  en  lart  de  çirurgia  molt  necessaria  he  vera(?)  de  lati  en 
romanç  esplanar,  per  ço  corn  breument  en  la  dita  obra  pie- 
nariament  son  posades  poques  coses  mas  certes  heprouades, 
segons  ques  mostra  al  présent  seguent;  he  yo  volent  satisfer 
a  la  volentat  de  aquells,  tôt  treball  récusât  e  postposat, 
vull,  per  la  lur  cara  amistat,  complidament  he  vera  la  dita 
hobra  demostrar,  he  no  menys  mostrar  algunes  coses  les 
quais  son  per  mi  prouades,  les  quales  yo  he  agudes  de 
maestres  molt  autentichs.  He  axi,  appellada  aiuda  de  Deu 
sens  lo  quai  nenguna  obra  no  pot  venir  aperfectio,  començare 
la  dita  obra  posant  primerament  les  rubriques  de   cascun 


208  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTlLLANË 

capitol,  iatsia  que   aço  no  sia  eu    [exemplair,  fag  eu    per 

ço  quel  legidor  pus...  trob  lo  capitol   de   la   malaltia  que 
voldra.  » 

Fol.  64.  La  moitié  de  la  page  est  restée  en  blanc;  cet 
espace  devait  être  occupé  par  une  planche.  Au-dessus  de 
l'espace  blanc,  se  trouve  le  titre  suivant  :  Açi  ha  destar 
lanothomia  de  vertes  y  arteries,  lion  senyaladament  se 
conega  per figura  de  Ihom  lur  sagnia,  lo  desus  capitol  ho  duc 
com  se  ha  a  senyatar  per  dit  de  bon  cïrurgici  ho  metge, 
attisant  lo  pintor  los  llochs  dicretament . 

Fol.76.Explicit  de  l'ouvrage  de  Lanfranc:  «  Los  profits  que 
de  las  sagnies  se  seguexen,  con  es  axi  feyta  com  fer  se  deu, 
son  aquests  que  son  damunt  escrits.  Item  nota  que  en  tôt  ço 
que  sie  en  lo  libre  que  sie  senyalat  de  vermello,  lie  que  y  lia 
escrit  adicçion,  es  fora  del  test  he  es  glosa  del  dit  maestre 
G.  Salva  treslada  he  ajusta  allô,  no  es  de  Alenfranch  ans 
son  receptes  de  maestres  moltautentichs.  » 

Finito  libro  sit  laits  [et]  gloria  Christo,  amen. 

Des  recettes  anciennes  occupent  les  feuillets  76  à  118  v°. 
Explicit  :    «  e  aço  per  XIIII    clies   seguents    per    cert    la 
dolor  sera  fora  de  continent.  Deo  gratias.  Bap-coXofxevç.   » 

Ce  Bartolomeus  est  sans  doute  un  copiste. 

Cette  traduction  du  livre,  si  apprécié  au  moyen  âge,  de 
Lanfranc,  semble  inconnue  :  aucune  des  bibliographies  que 
nous  avons  consultées  ne  la  signale.  Et  sur  le  Dr  G.  Salvâ, 
((  bachiller  licenciât  de  Monpeller  en  la  art  de  medicina  », 
nous  n'avons  pu  recueillir  aucun  renseignement.  On  sait 
que  la  chirurgie  de  Lanfranc  milanais  fut  imprimée,  en 
traduction  française,  à  Vienne  vers  1480  (Brunet,  t.  III, 
col.  816-817),  et  qu'une  version  castillane  du  même  ouvrage 
parut,  dès  1495,  à  Séville  chez  Meynardo  Ungut  et  Stanislao 
Polono  (Cf.  Brunet,  loc.ict.,  et  Morejon,  Histor.  bibliogr. 
de  la  Medicina  Espahola,  t.  I,  p.  308).  Ce  dernier,  en  par- 
lant de  l'édition  de  Séville  de  1495,  dit:  «  y  se  imprimiô 
en  la  ciudad  de  Sevilla  por  los  très  alemanes  compaûeros.  » 


XL 
GILLES  DE  ROME 


Osuna  :  Plut.  IL  Lit.   N,  n°  10;   Rocam.   n°  3;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Réserv.  5a-2) 

Gilles  de  Rome,  Liure  dom  gouuernament  des  roys  et  des 
princes,  traduit  par  Henri  cle  Gauchi.  En  français. 

Manuscrit  de  146  feuillets,  plus  1  feuillet  de  garde,  vélin, 
non  folioté,  réglé  à  37  lignes.  Ecriture  du  XIVe  siècle,  à 
deux  colonnes.  Titres  en  rouge,  miniatures,  lettres  ornées, 
lettrines,  demi-encadrements  au  commencement  des  livres. 
Format  287  X  215mm.  Reliure  moderne. 

Fol.  1.  L'A  initial  finement  illuminé  représente  un  roi 
sur  son  trône  recevant  un  livre  des  mains  d'un  moine. 

Incipit  :  «  A  son  especial  seignour,  nez  de  lignée  roiale  et 
sainte,  mon  seignour  Phelippe  ainznez  filz  et  hoir  mon- 
seignour  Phelippe,  très  noble  roy  de  France  par  la  grâce 
de  Dieu,  frère  Gile  de  Rome  son  clerc,  humble  et  deuot 
frère  de  Tordre  de  Saint-Agustin  salut. .  .  » 

Fol.  lv°  A.  Explicit  du  prologue  :  «  si  corne  vostre  glo- 
rieuse noblece  qui  digne  est  de  tote  enneur  et  de  tote  re- 
uerence  ma  requis .  » 

Fol.  1  v°  B.  Rubrique  :  Ci  comencent  les  capitres  en 
ordre  de  la  primiere  partie  don  primerai  m  liure  doit  gou- 
uernament des  roys  et  des  princes. 

((  [L]e  premier  chapitre  enseigne  quele  est  la  mainere  de 
parler  en  la  science  dou  gouuernament  des  roys  et  des 
princes.  » 

14 


210  BIBLIOTHEQUE    DU   MARQUIS    DE   SANTÎLLANE 

[ncipit  :  «  Li  phylosophes  dit  que  la  parole  du  sage  liome 
ii(3  doit  estre  ne  plus  longue  ne  plus  brieue  qe  la  chose 
dont  1(mi  parle  len  requiet»  (sic). 

Fol.  146.  Explicit  de  la  3e  partie  du  IIIe  livre  et  fin  de 
tout  l'ouvrage  : 

a  est  benoit  en  ciel  et  en  terre  a  permis  a  ses  loiaux 
cristiens,  a  ses  loiaus  amis.  » 

Rubrique  :  Ci  fine  le  Hure  don  gouuernement  des  rois  et 
des  princes  que  frère  Gile  de  Rome,  de  l'ordre  Saint  Agus- 
tins  a  f et,  leqel  Hure  mestrë  Henri  de  Gauchi,  par  le  coman- 
dement  le  noble  roy  de  France,  a  laide  Dieu,  a  translaté 
de  latin  en fr -anchois. 

Livre  I,  fol.  1-50;  liv.  II,  fol.  50  v°-93  A;  liv.  III,  fol. 
93  v°B-146. 

Cette  traduction  de  Henri  de  Gauchi  est  fort  connue. 
Le  traducteur  a  dédié  son  livre  à  Philippe  le  Bel,  du  vivant 
de  Philippe  le  Hardi . 

B 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n"  40;  Rocam.  n°  1;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-1) 

Gilles  de  Rome,  Libro  de  los  principes  ou  Regimiento  de 
los  Principes,  traduit  en  castillan  par  frère  Iohan  Garcia, 
sur  l'ordre  de  Barnabe,  évêque  d'Osma. 

Manuscrit  de  237  feuillets,  papier,  non  folioté.  Écriture 
du  XVe  siècle.  Ni  rubriques,  ni  signatures,  espaces  blancs 
pour  capitales.  Format  269  X  202  mm.  Reliure  de  parchemin. v 

Fol.  1.  :  [A]qui  comiença  el  libro  de  los  principes  fecho 
de  don  Fray  Gil  de  Roma,  de  la  orden  de  Santo  Agostin. 
E  jizolo  trasladar  de  latyn  en  romance  Don  Bernabe, 
obispo  de  Osma,  para  hourra  e  enseflamiento  del  muy 
noble  infante  don  Pedro,  fjo  primero,  heredero  del  muy 
noble  don  Alfonso,  Rey  de  Castilla  e  de  Toledo  e  de  Léon. 

E,  primero  que  otra  cosa  diga,  esta  es  la  carta  que  enbio 
el  dicho  Ffray  Gil  al  muy  noble  infante  primogenito  don 
Phelipe,  heredero  del  rey  no  de  Francia,  a  cuyo  ruego  el 
conpusoeste  libro  de  los  dicltos  de  los  philosofos  e  princi- 
pal mente  de  Aristotiles,  laquai  carta  es  esta, 


XL.    GILLES    DE    HOME  211 

Les  feuillets  1  et  2  sont  occupés  par  la  préface  de  Gilles  de 
Rome,  par  celle  du  traducteur  et  par  la  table  des  chapitres. 

Fol.  2.  Chapitre  1.  lncipit  :  a  Conuiene  de  saber  que  la 
largùesa  de  los  sermonesi  .  .  » 

Livre  I,  fol.  1-139;  ïiv.  II,  fol.  139-237. 

Le  livre  II  est  incomplet,  le  chapitre  XXI  et  dernier  de 
la  deuxième  partie  de  ce  livre  n'est  pas  tout  à  fait  fini. 
La  troisième  partie  du  livre  II  et  le  livre  III  tout  entier 
manquent  à  ce  manuscrit. 

Fol.  237.  Explicit  :  «  peleas  e  barajas  entre  los  ornes. 
El  tercero  es  que  castiga  la  paz  de  los . . .  » 

Cette  traduction  est  augmentée  d'exemples  et  de  cita- 
tions. C'est  une  traduction  très  libre.  Clemencin  (Elogio, 
p.  461)  cite  une  édition  de  cette  version  qui  aurait  été  im- 
primée dès  1490,  mais  il  ne  donne  ni  description,  ni  détails. 
L'édition  de  1494  est  mieux  connue,  elle  fut  imprimée  à 
Séville  par  Meynardo  Ungut  et  son  compagnon  Stanislas 
(N.  Antonio,  Bibliot.  Vêtus,  t.  II,  p.  179;  Salvà,  Catàlogo, 
n°3986).  La  traduction  catalane  du  De  Regimine  Princi- 
pum conservée  à  TEscurial,  dans  un  manuscrit  écrit  vers 
1430  environ,  est  due  à  Arnau  Stanyol,  frère  de  Senta 
Maria  del  Muni  del  Carme,  qui  la  fit  à  la  prière  ciel  molt 
ait  e  magnifich  Princep  lo  Senyor  Infant  En  lac  me, 
comte  d'Urgel  e  Vezcomte  d'Ager  (N.  Antonio,  Bibliot. 
Vêtus,  t.  II,  p.  223).  Villanueva  (Viage,  t.  XIX,  p.  29 
décrit  un  manuscrit  sur  papier  de  cette  môme  version  daté 
de  1433.  C'est  probablement  ce  texte  qui  a  été  imprimé  à 
Barcelone  en  1480  et  en  1498  (Méndez-Hidalgo,  Tipografia 
espahola,  p.  48 et  57). 

C 

Gilles    de    Rome,   table    des   3    livres  du    De   regimine 
Principum. 

Cf.  notice  XXXVII,  ms.  Ii-2. 

Gilles  de  Rome,  De  regimine  principum.  En  latin.  Ma- 
nuscrit perdu. 

Cf.  notice  XXXVII.  ms.  Ii-2. 


XLI 


BERNARD    GUI 

(Rocam.  n°125;  Biblioth.  Nai.  Madrid,  Iî-  93) 
Bernard  Gui,  Œuvres.  En  latin. 

Manuscrit  de  250  feuillets,  vélin,  non  folioté,  réglé  à 
42  lignes  par  colonne.  Daté  de  1331.  Rubriques.  Miniatures 
et  lettres  ornées.  Format  321  X  226  mm.  Reliure  de  par- 
chemin. 

Ce  manuscrit  est  un  recueil  des  écrits  de  Bernard  Gui 
disposés  dans  Tordre  suivant  : 

I.  Rubrique  :  Cathalogus  Pontificum  Romanorum,  du 
fol.  1  au  fol.  118  v°B;  le  texte  s'arrête  à  la  nomination  du 
cardinal  Talleyrand,  évoque  d'Auxerre,  le  24  mai  1331  (Cf. 
le  mémoire  de  M.  Delisle,  dans  les  Notices  et  Extraits  des 
manuscrits,  t.  XXVII,  part.  II,  p.  239).  En  marge  de  cet 
ouvrage,  et  plus  rarement  en  marge  des  autres  traités,  il  y 
a  des  notes  chronologiques  et  quelquefois  des  corrections 
écrites  de  la  même  main  que  le  texte.  Il  y  a  aussi,  mais 
en  marge  du  seul  Cathalogus  Pontificum,  des  notes  d'un 
Espagnol  du  XVIe  siècle  qui  a  récrit  les  noms  et  les  passages 
importants  en  regard  du  paragraphe  qui  les  contient. 

II.  Fol.  120:  Rubrique:  Hic  est  cathalogus  breuis,  per 
modu/n  cronicorum,  de  Romanis  Pontificibus,  a  beato  Petro 
usque  ad,  dominum  Johannempapam  XXI J,  Pontificatus  sut 
anno  XV0  decurrente  (1331),  du  fol.  120  au  fol.  147  A. 
Cette  partie  porte  un  titre  courant  :  Pontifices  Romani. 
Du  fol.  136  au  fol.  142  le  copiste  s'est  trompé  et  a  mis: 
Imperatores  Romani;  le  mot  Imperatores  a  été  biffé  soi- 


XLI.    BERNARD    GUI  213 

gneusement.  Le  titre  courant   des  feuillets  145   v°,  140  et 
147  est  :  Confessio  errorum  antipapae. 

III.  Fol.  148.  Rubrique  :  De  Origine  Prima  Francorum, 
et  au  verso  du  même  feuillet  :  Arbor  généalogie  Regain 
Francorum,  du  fol.  148  au  fol.  215  A.  Au  fol.  163,  le  titre 
est  :  De  origine  prima  gentis  jrancorum  et  eorum  pro- 
gressif C'est  la  cinquième  édition  de  l'arbre  généalogique, 
qui  doit  avoir  été  exécutée  au  mois  de  mai  1331  (Cf.  Delisle,, 
/.  c,  p.  257,  §  103).  L'arbre  généalogique  des  rois  de 
France  est  curieux  à  cause  du  caractère  archaïque  des  por- 
traits royaux.  Tous  les  rois,  reines  et  princes  portent  leur 
nom  rubrique  au-dessus  du  médaillon  qui  retrace  leurs  traits. 
Le  feuillet  162  paraît  dû  à  un  autre  artiste  que  les  précédents, 
les  miniatures  en  sont  moins  fines.  Le  roi  Philippe  VI, 
appelé  ici  Philippe  VII,  commence  un  nouvel  arbre. 

Dans  la  préface  de  l'arbre  généalogique,  fol.  148  A,  on 
lit  que  l'arbre  va  jusque:  ad  dominum  Philippum  hujus 
nominis  septimuin,  les  six  dernières  lettres  du  mot  sep- 
tinium  ont  été  écrites  sur  le  parchemin  gratté,  qui  devait 
porter  sexttun.  Les  feuillets  216-220  sont  blancs. 

IV.  Fol.  221.  Rubrique:  Imperatores  Romani,  jusqu'au 
fol.  237  B.  C'est  l'édition  de  1329.  Voir  le  mémoire  précité, 
p.    243,  §  82. 

V.  Fol.  239.  Rubrique  :  Comités  Tholosani,  du  fol.  239 
au  fol.  242  v°,  B.  Il  y  a  des  additions.  Voir  le  mémoire 
précité,  p.  266-268. 

VI.  Fol.  243.  Rubrique  :  De  articulis  Fidei  Catholice, 
du  fol.  243  au  fol.  250  v°.  Voir  le  mémoire  précité,  p.  362 
et  363.  La  fin  de  ce  traité  était  sur  le  feuillet  251  qui  est 
perdu. 

Le  premier  feuillet  de  ce  manuscrit  mérite  une  descrip- 
tion détaillée.  Il  est  écrit,  comme  le  reste  du  volume,  sur 
deux  colonnes.  Dans  la  première  colonne,  nous  trouvons  la 
dédicace  du  Cathalogus  au  pape  Jean  XXII.  Cette  dédicace 
finit  dans  la  colonne  B;  au-dessous:  Incipit  Prologus. 
Bernard  Gui  se  nomme  clans  la  dédicace  et  dans  le  pro- 
logue. Le  texte  commence  par  le  mot  sanctissimo,  dont 
la  première  lettre  a  dû  être  soigneusement  miniaturée; 
malheureusement  l'argent   des  vêtements  des  personnages 


214  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

s'est  fortement  oxydé.  Cependant,  on  distingue  encore  sur 
fond  d'or  un  roi  couronné,  assis  de  profil  sur  un  trône,  un 
religieux  à  genoux  lui  offre  un  livre,  deux  autres  religieux 
se  tiennent  debout  derrière  lui,  l'un  d'eux  est  vêtu  d'un 
froc  blanc  encore  assez  bien  conservé.  De  l'S  enluminé  pari 
un  ornement  qui  encadre  la  page  presque  en  entier.  Autour 
de  la  capitale  et  dans  la  barre  d'où  part  l'encadrement,  il  y 
a  de  petits  lis  blancs  semés  sur  fond  d'azur.  En  bas,  deux 
singes  assis  sur  l'encadrement  tiennent  une  chaîne  qui  va 
de  l'un  à  l'autre,  traversant  toute  la  page;  au  milieu  de  la 
chaîne,  on  voit  une  sorte  de  petit  arbre  vert  avec  deux 
feuilles.  A  une  des  extrémités  de  l'ornement,  se  trouve  un 
monstre  ailé,  une  sorte  de  diable  accroupi.  Immédiatement 
au-dessous  de  l'encadrement  il  y  a  trois  lignes,  écrites  de 
la  même  main  que  le  texte.  Elles  contiennent  la  dédicace 
de  l'exemplaire  au  roi  Philippe  IV  : 

Régie  magestati  illustrissimi  principis  domini  Philippin 
gratia  Del  Francorum  régis,  saus  fidelis  f rater  B.,  mi- 
sevicovdie  diuina  episcopus  Lodouensis,  in  prouincia  Nar- 
bonensi,  presentem  offert  librum  cronicorum  Romanorum 
pontificum  et  imper  atoram  ac  regum  Franco  rum,  anno 
domini  1331 . 

Ce  manuscrit  est  assurément  un  exemplaire  original  que 
l'auteur  offrit  en  1331  à  Philippe  de  Valois.  C'est  en 
quelque  sorte  comme  l'édition  définitive  de  Bernard  Gui, 
puisqu'il  est  mort  le  30  décembre  de  cette  même  année. 


XLII 


NICOLAS  DE   LIRE 

A 

(Osuna:  Plut.  I.  Lit.  N,  n°6;  Rocam.  n°  147;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Kk-3) 

Nicolas  de  Lire,  Summa  sobre  cl  viejo  y  nueuo    Testa- 
mento.  En  castillan. 

Manuscrit  de  282  feuillets,  plus  12  feuillets  d'introduction 
et  5  blancs,  dont  2  au  commencement  et  3  à  la  fin,  papier. 
Écriture  de  la  première  moitié  du  XVe  siècle.  Les 
15  premiers  feuillets  n'étant  pas  foliotés,  nous  leur  avons 
donné  des  chiffres  romains.  Format  400  X  287mm.  Reliure  : 
ais  recouverts  de  cuir  tympanisé.  Sur  le  plat  supérieur 
une  étiquette  ancienne  porte:  Nicolao  de  Lira,  sobre  el 
nueuo  y  viejo  tesiamento. 

Fol.  I.  Rubrique  :  Aqui  comiença  la  suma  sobre  el  viejo  e 
nueuo  testamento,  sacacla  e  copilada  por  el  muy  exsçèlente 
fvay  Niculao  de  Lira,  maestro  e  docior  en  santa  iheùlogia, 
de  la  orden  de  Sant  Francisco  de  los  freyles  menores.  E 
antes  que  vcnga  este  sobre  dicho  maestro  a  la  esposiçion 
o  declaracion  del  testojase  dos  colaçiones  que  son  por 
modo  o  manera  de  rrecomendaçion  del  viejo  e  nueuo 
testamento,  e  por  consiguiente  de  toda  la  byblia  ;  la 
primera  declaracion  e  arenga  es  esta  que  se  sigue  e  estas 
colaçiones  son  diclias  prolagos  (sic) .  E  este  es  el  primero 
que  se  sigue. 

Incipit:  «  Todas  estas  cosas...  » 

Fol.  VI  v°.  Explicit  :  «  e  rreyna  para  sienpre  amen,  »  et  au- 
dessous:  Aqui  se  acaba  el  primero  prologo  e  collaçion  del 


216  BIBLIOl  HÈQ1  I.    DU    M  UIQ1  IS    DE    S  \\  l  ILLANE 

sobre  dicho  exçelente  maestro  Niculao  de  Lira,  el  </<  al 
prologo  es  de  la  rrecomendaçion  de  la  santa  escriptura  en 
gênerai.  A  la  suite  : 

Aqui  se  comtença  el  segundo  prologo  el  quai  es  de  la 
entençion  del  actor,  que  es  el  sobre  dicho  maestro  Niculao 
de  Lira,  Ict  quai  entençion  del  maestro  suso  dicho  es 
declarar  en  este  prologo  el  modo  o  manera  de  procéder 
en  la  son  (a  escritura. 

Incipit:  «  Vi  enla  diestra  del  que...  » 

Fol.  XII.  E^plicit  :  «  e  ël  testosegunt  e]  seso  literal.  m 

Suit  un  avertissemenl  où  l'autorité  de  Sénèque  esl 
invoquée  pour  démontrer  qu'il  ne  faut  pas  lire  de  l'œuvre 
do  Nicolas  plus  qu'on  n'en  peul  comprendre,  car  c'<  si 
mépriser  l'œuvre  intellectuelle  que  d'en  faire  mauvais  usage 
et  qu'il  faut  la  lire  peu  a  peu  pour  ne  pas  surcharger  sa 
mémoire,  etc.,  etc. 

Les  feuillets  XIII,   XIV,  XV  sont  blancs. 

Fol.  1  (numération ancienne).  Rubrique  :  Capitolo primero 
cl  quai  fabla  de  los  seys  dias  que  el  sehor  Dios  crio  el 
mundo,  e  las  casas  que  fizo  en  los  dichos  seys  dias.  E 
cotno  fueron   departidas  c  destintas  cada  unasobre  sy. 

Incipit:  «  In  prinçipio  crio  ait  Deus  çelum  et  terra, 
quiere  dezir  Moysen  e  dize  en  comienço  con  el  seûor 
Dios...  )) 

Le  chapitre  l  et  dernier  finit  au  fol.  281  v°.  Explicit  : 
«  por  el  siglo  de  los  siglos,  por  sienpre  jamas  amen.  » 

Suit  l'explicit  du  traducteur  : 

((  [Ajqui  se  acaba  la  postilla  e  cleclaraçion  sobre  el 
genesy  fecha  por  frey  Nicolao  de  Lira,  maestro  exçelente 
en  santa  teologia,  de  la  orden  de  los  frayles  menores,  la 
quai  fue  trasladada  de  latyn  en  rromançe,  (a  petiçion  e 
istança  del  muy  notable  noble  senor  don  Alfonso  de 
Guzman,  senor  de  Lepee  Ayamonte,  nieto  del  noble  rrey  don 
Enrrique,  que  Dios  de  santo  parayso1),  e  acobose  (sic)  de 
escreuir  viernes  doze  dias  de  jullio,  ano  del  senor  de 
mil]  e  quatroçientos  e  veynte  anos.  E'yo  frey  Alfonso  de 
Algezira,  maestro  en  santa  teologia,  dicte  la  dicha  decla- 

1.  Les  mots  que  nons  avons  placés  entre  parenthèses  sont  biffés  dans 
fe  ms, 


XLII.    NICOLAS    DE    LIRE  217 

raçion  de  latyn  en  rromançe,  segunt  lo  pone  Nicliolao  de 
Lira  maestro  sobre  dicho,  non  desfalleçiendo  en  cosa 
ningiina  de  toda  su  declaraçion,  antes  pnse  mnclias 
adiçiones  para  bien  declarar  su  opinion  ;  e  fue  por  mi 
acabada  de  rromançar  la  dicha  declaraçion  el  dia  e  ano  sobre 
dicho  ;  e  pido  por  merçed  a  quai  quier  senor,  principe,  o 
letrado  que  la  dicha  postilla  o  declaraçion  leyere  asy 
trasladada  de  latyn  en  rromançe,  que  sy  algunt  defectu  o 
yerro  fuere  fallado  en  la  dicha  declaraçion,  lo  que  el  senor 
Dios  non  quiera,  que  le  plega  de  lo  corregir  beninamente,  a 
la  quai  correçion  me  plaze  de  estar,  segunt  fue  protestado 
en  el  prolago  [sic)  segundo  deste  libro.  e  do  fallare  decla- 
raçion buena  de  la  sauta  escritura  plegale  por  boudât  de 
dar  loores  al  senor  Dios,  onde  confieso,  cou  el  apostol 
sant  Pablo,  en  el  capitule  terçero  del  segundo  libro  de  las 
epistolas  que  el  enbiaua  alos  corintyos,  que  non  somos  bas- 
tantes  pensar  nin  dezir  cosa  ninguna  de  nosotros,  mas 
nuestra  sufiçiençia  e  sabiduria  <ks  del  seflor  Dios  el  quai 
bine  e  rreyna  por  sienprejamas  amen.  » 

Fol.  283  blanc;  Fol.  281  manque;  Fol.  285 blanc.  Sur  ce 
feuillet,  dans  le  coin  de  droite  en  bas,  ori  lit  cette  note  : 
«en  este  libro  estan  escrites  cintoe  XL  plyges  e  mas  syete.  » 
Enfin  sur  le  feuillet  de  garde  il  y  a  une  note  en  latin  qui 
n'est  qu'un  exercice  de  plume. 


B 

(Osuna:  Plut.  I.  Lit.  N,  n°  1;  Roeam.  n°  147:  Biblioth.  Nat. 

Madrid,  Kk-lj 

Nicolas  de  Lire,  Postilles  sur  le  Lêmtique.   En  castillan. 

Manuscrit  de  99  feuillets,  plus  2  de  garde  au  commence- 
ment et  2  à  la  fin,  papier.  Ecriture  du  XVe  siècle.  Espaces 
blancs  pour  capitales.  Format  416x291  mm.  Reliure: 
ais  recouverts  de  cuir  tympanisé. 

Fol.  1.  Rubrique:  [Aq]ui  comienca  la  postilla  o  decla- 
raçion sobre  el  lenitico,  la  qualjizo  e  conposo  el  onrrado 
maestro  en  santa  Teologiafrey  Nicolao  de  Lira,fraylede 
la  orden  de  los  frayles  menores   de    sant    Francisco.   E 


218  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

comiença  el  primero  capitulo  del  Leuitico  asy  :  Leuitico. 
Capitulo  primero  el  quai  tracta. 

Incipit:  «  [L]  lamo  el  seflor  Dios  a  Muysen.  Aqui  deuedes 
saber...   » 

Fol.  99  v°.  Explicil  :  «  E  pareçe  la  letra.  »  Ce  volume 
compte  xxvii  c  hapitres. 

Suit  l'explicit  du  traducteur: 

a  Aqui  se  acaba  la  postilla  a  declaraçion  del  libro  de! 
leuitico  del  rreuerendo  e  eçelente  maestro  en  santa 
teologia,  frey  Nicolao  de  Lira,  frayle  de  la  orden  de  san 
Francisco,  e  Eue  trasladada  de  latyn  en  rroma[n]çe,  por 
mandamiento  de!  înviy  noble  sefior  don  Alfonso  de  G14Z- 
man,  sefior  de  Lepe  <k  Ayamonte^  e  nieto  del  noble  rrey  Don 
Enrrique,  que  Dios  de  santo  par[a]iso;  e  fue  acabada  de 
ditar  de  latyn  en  rromançe  por  frey  Alfonso  de  Algezira, 
frayle  de  la  orden  de  saut  Francisco,  e  maestro  en  santa 
teologia,  martes  diez  e  siete  dias  de  dezienbre,  aûo  del 
nasçimiento  del  nuestro  saluador  Jésus  Cristo  de  mil!  e 
quatroçientos  e  veynte  afios.  >) 


(Osuna:  Plut.  I.  Lit.  N,n°2;  Rocam.  n"  147:  Bibliotli.  Nat. 
Madrid,  Kk-5) 

Nicolas  de  Lire,  Postilles  sur  le  livre  des  Nombres  et  sur 
le  Deutéronome .  En  castillan. 

Manuscrit  de  248  feuillets,  plus  3  feuillets  blancs  à  la 
fin,  papier,  lignes  irrégulières.  Écriture  de  la  première 
moitié  du  XVe  siècle.  Rubriques,  espaces  blancs  pour 
capitales.  Format  416  X  291  mm.  Reliure  :  ais  recouverts 
de  cuir  tympanisé. 

Fol.  1.  Rubrique  :  [A]qui  comiença  la  postilla  o  esposiçion 
e  declaraçion  sobre  el  libro  de  los  cuentos  fecha  por  el 
onrrado  maestro  en  santa  teologia  frey  Nicolao  de  Lira, 
frayle  de  la  orden  de  san  Francisco.  E  syguese  el  primero 
capitulo  cl  quai  comiença  en  esta  mènera  : 

[ncipit:  «  [F]ablo  el  sehor  Dios  a  Muysen,  de  las  cosas 
antedichasen  los  libres  an  te  dichos,  parece  que  seguntque 
es  fecha., .  » 


XLII.    NICOLAS    DE    LIRE  219 

Les  feuillets  7,  8,  9  sont  détachés. 

Fol.  118  v°.  Explicit:  «  e  juysios  quanto  a  las  cosas  ju- 
diçiales.  » 

a  Aqui  se  acaba  la  postilla  o  declaraçion  sobre  el  deute- 
ronomio  fecha  por  frey  Nicolao  de  Lira,  de  la  orden  de 
sant  Francisco,  doctor  e  maestro  eçelente  en  santa  teo- 
logia, la  quai  mando  ditar  de  latyn  en  rromançe  el  noble 
senor  don  Alfonso  de  Guzman,  senor  de  Lepe  e  Aya- 
monte,  nieto  ciel  muy  noble  rrey  don  Enrrique,  que  de 
Dios  santo  parayso.  E  dicto  este  sobre  dicho  libro,  con 
todos  los  otros  quatro  libros  de  Muysen  suso  contenidos, 
frey  Alfonso  de  Algezira,  maestro  en  santa  teologia  e 
frayle  de  la  orden  de  sant  Francisco  ;  e  acabose  mier- 
coles  dos  clias  de  jullio,  ano  del  nasçimiento  del  nuestro 
saluador  Jésus  Cristo  de  mill  e  quatrocientos  e  veynte  e 
un  ailos.  )) 

«  Por  mandado  del  dicho  senor  clou  Alfonso,  yo  Alfonso 
Martines  del  Puerto  lo  escreui .   » 

Qui  scripsit  scribat  semper  cum  domino  muât.  Por 
mandado  de  mi  senor  don  Alfonso  de  Giuman,  senor  de 
Lepe  e  Ayamonte,  yo  Alonso  Martines  del  Puerto  escreui 
este  libro  ;  Dios  sea  en  mi  ayuda. 

Fol.  120.  Rubrique  :  [A]  qui  comiença  el  libro  que  es 
dicho  Deuteronomio  e  siyuese  la  postilla  o  declaraçion 
sobre  este  libro  del  eçelente  frey  Nicolao  de  Lira,  maestro 
en  santa,  teolor/ia,  frayle  de  la  orden  de  sant  Francisco, 
seyant  suso  es  dicho,  la  quai  declaraçion  comiença  en  la 
mariera  que  se  siyue. 

Incipit  :  «  [L]a  declaraçion  de  las  tus  palauras  alunbra  e 
da  entendimiento  a  los  pequehos,  segunt  que  fue  dicho  en 
el  comienco  del  exodo ....   » 

Fol.  248  v°.  Explicit  :  «  por  otro  profeta  como  por  Muy- 
sen en  el  viejo  testamento.  » 

((  [A]qui  se  acaba  la  postilla  o  declaraçion  sobre  el  libro 
de  los  numéros  sacada  por  frey  Nicolao  de  Lira,  de  la 
orden  de  los  frayles  menores,  eçelente  doctor  en  santa  teo- 
logia, la  quai  dicto  de  latyn  en  rromançe  el  rreuerendo 
maestro  frey  Alfonso  de  Algezira,  maestro  en  santa  teo- 
logia, a  mandamiento  de  Don  Alfonso  de  Guzman, 
nieto  ciel  noble  rrey  Don  Enrrique,  que  de  Dios  santo  pu- 


220  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

rayso.  E  fue  acabado  s^bado  veynte  e  nueue  dias  de  março, 
anode!  seïior  de  mil]  e  quatroçientos  e  veynte  eun  attos.  » 
Por  mandado  del  dicho  senor  Don  Alfonso,  i/o  Alfonso 
Mavtines  del  Puerto  lo  escriui;  quiscvipsit  scribat  semper 
cnin  domino  viuat,  finito  libro  sit  lau[s   et  gloria  Christo 


(Osuna:  Plut.  I.  Lit.  N,  nr4;  Rocam.  n"  117;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Kk-6) 

Nicolas  de  Lire.,  Postilles  sur  Josué,  les  Juges,  Ruth  et 
le  premier  livre  des  Rois.  En  castillan. 

Manuscrit  de  325  feuillets  de  papier,  quelques  irrégula- 
rités de  foliotation,  l'oubli  d'un  feuillet  entre  le  59  et  le  60, 
la  répétition  du  feuillet  85,  entre  le  feuillet  296  et  le  feuillet 
298  il  ne  manque  rien.  Écriture  de  la  première  moitié  du 
XVe  siècle.  Format  416  X  291  mm.  Reliure  :  ;iis  recouverts  de 
cuir  tympanisé.  A  l'intérieur  du  plat  supérieur  de  la  reliure 
se  trouve  une  sorte  de  table   du   contenu  de  ce  volume: 

a  Jusue. 

Juezes  ha  las  LXXXIII  fojas. 
Rrut  ha  las  CLXVIII  fojas. 
Rreyes  ha  las  CLXXXVIII  fojas.  » 

Le  volume  est  divisé  en  cahiers  et  les  signatures  vont  de 
1  à  12. 

Fol.  1.  Rubrique:  Libro  de  Josue,  capitulo  primero  el 
quai  tracta  : 

Incipit:  «  [A]qui  comiença  el  libro  de  Josue,  capitulo 
primero  :  pornas  dentro.  .  .  » 

Foh  82  y0  :  ((  E  non  es  en  ebrayco  nin  en  los  libres  cor- 
regidos.  » 

«Aqui  se  acaba  la  postilla  o  declaraçion  sobre  el  libro 
de  Josue  conpuesta  del  muy  ecelente  frey  Nicolao  de 
Lira,  maestro  en  santa  teologia,.  frayle  de  la  orclen  de  sant 
Francisco  o  de,  les  frayles  menores,  la  declaraçion  delà  quai 
de  latyn  en  rromançe  a  petiçion  e  rruego  del  noble  senor 
don    Alfonso   de    Guzman,   senor  de  Lepe  e  Ayamonte,  e 


XLII.    NICOLAS    DE    LIUE  221 

nieto  ciel  muy  noble  rey  don  Enrrique,  que  Dios  de  santo 
parayso,  fizo  e  acabo  frey  Alfonso  de  Algezira,  maestro  en 
santa  teologia,  frayle  de  la  dicha  orden  de  sant  Francisco  de 
Seuilla.  E  acabose  lunes  veynte  e  cinco  dias  de  agosto,  ano 
del  naçimiento  del  nuestro  saluador  Jésus  Cristo  de  mill  e 
quatroçientos  e  veynte  e  un  anos.  » 

Por  mandado  del  dicho  sehor  don  Alfonso,  yo  Alfonso 
Martines  del  Puerto  lo  escreui,  a  onov  de  Dios  e  de  la 
Virgen  santa  Maria. 

Qui  scripsit  scribat  semper  cum  domino  viuat. 

Ce  feuillet  82  est  détaché. 

Fol.  83.  Rubrique  :  [A]qui  comiença  el  libro  de  los  Juezes 
e  syguese  el  prirnero  capitulo.  Libro  de  los  Jueses  ca- 
pitulo prirnero  elqual  tracta  : 

Incipit  :  «  [S]uçito  el  senor  los  juezes.  .  .  » 

Fol.  166  v°.  Explicit:  «  que  non  tomaron  estas  virgines 
de  vuestra  voluntad.  )) 

«  Aqui  se  acaba  la  postilla  o  deelaraçion  sobre  el  libro  de 
los  juezes  del  muy  ecelente  maestro  en  santa  Teologia 
freyNicolao  de  Lira,  frayle  delà  orden  de  sant  Francisco, 
trasladada  de  latyn  en  rromançe  a  petiçion  e  manda- 
miento  del  noble  senor  don  Alfonso  de  Guzman,  nieto  del 
noble  rrey  don  Enrrique,  que  Dios  de  santo  paraysoJ  por 
mi  frey  Alfonso  de  Algezira,  frayle  de  la  orden  de  san 
Francisco  de  Seuilla,  e  maestro  en  santa  teologia.,  el  quai 
libro  se  acabo  de  trasladar  de  latyn  en  rromançe  viernes 
très  dias  del  mes  de  otubre  e  vegilia  de  nuestro  padre 
sant  Francisco^,  ano  del  senor  de  mill  e  quatroçientos  e 
veynte  e  un  anos.  » 

Por  mandado  del  dicho  senor  don  Alfonso  de  Guzman, 
[i/o]  Alfonso  Martines  del  Puerto  lo  escreui. 

((  Vox  audita  périt,  litera  scripta  manet,  dize:  la  boz 
oyda  pereçe  la  letra  escripta  permaneçc.  » 

Fol.  168.  Rubrique  :  [A]qui  comiença  la  postilla  o 
deelaraçion  sobre  el  libro  de  Rrutli  del  ecelente  maestro 
frey  Nicolao  de  Lira,  frayle  de  la  orden  de  sant  Francisco. 
E  comiença  en  esta  manera. 

Incipit  :  «  [E]n  los  dias  de  un  juez>  aqui  conseguien- 
temente  se  pone. .  .  » 

Fol.  181  v°.  Explicit  :  «  suso  en  el  capitulo  segundo.  » 


222  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANÊ 

((  Aqui  se  acaba  la  postilla  o  declaraçion  sobre  e]  libro 
de  Iviiilh  de!  muv  eçelente  maestro  en  teologia,  frey  \'i- 
colao  de  Lira,  actada  por  mi,  frey  Alfonso  de  Algezira, 
maestro  en  santa  theplogia,  frayle  de  la  orden  de  sant 
Francisco  de  Seuilla.  E  aeabose  jueues  nueue  dias  de  otubre, 
afio  (Ici  sefior  de  mil!  e  quatroçientos  e  veynte  <i  an  afios.  » 

Por  manda  do  del  noble  se&or  don  Alfonso,  [yo  Alfonso 
Martines  del  Puerto  lo  escreui. 

Fol.  188.  Rubrique  :  [A]qui  comiença  lapostilla  o  decla- 
raçion del  eçelente  maestro  en  sauta  theologiafi^ey  Nicolao 
de  Lira,  sobre  todos  /os  quatro  libros  de  los  rrey es...  Libro 
de  los  reyes,  capitulo  primero  el  quai  tracta: 

Inçipit  :  «  [P]or  mi  rreynan  los  reyes,  este  dezir  se 
nota...)) 

Fol.  324.  Explicit  :  «  Por  la  muerte  de  Saul  e  de  sus 
fijos.  )) 

a  Aqui  se  acaba  la  postilla  o  declaraçion  sobre  el  primero 
libro  de  los  rreyes,  declarada  a  petiçion  del  noble  sefior 
Don  Alfonso  de  Guzraan,  segunt  suso  dicho  es,  de  latyn 
en  rromançe  por  el  rreuerendo  maestro  Alfonso  de  Alge- 
zira,  maestro  en  santa  teologia,  frayle  del  monesterio  de 
sant  Francisco  de  Seuilla.  E  aeabose  martes  veynte  e 
très  dias  de  dezienbre,  afio  del  sefior  de  mill  e  quatro- 
çientos e  veynte  e  un  afios...  » 

Yo  Alfonso  Martines  del  Puerto  lo  escreuy. 

E 

(Osunaî  Plut.  I.  Lit.  N.  n°  3:  Rocam.  n°  147:  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-7) 

Nicolas  de  Lire,  Pastilles  sur  les  livres  II,  III.  et  IV  des 
Rois.  En  castillan. 

Manuscrit  de  282  feuillets,  plus  2  de  garde  au  commen- 
cement et  3  à  la  fin,  papier,  nombre  irrégulier  de  lignes. 
Ecriture  du  XVe  siècle,  sans  titres  en  rouge,  ni  capitales. 
Format  416X29L  mm.  Reliure  :  ais  recouverts  de  cuir 
tympanisé. 

Fol.  1.  Rubrique:  [A]qui  se  comiença  la  declaraçion 
o  postilla  sobre  el  segundo  libro  de  los  rreyesi  Jecha  por 


XLII.    NICOLAS    DE    LIRE  223 

el  eçelente  frey  Nicolao  de  Lira,  maestro  en  sauta  teologia, 
frayle  de  la  orden  de  sant  Francisco.  E  el  capitula  primer o 
es  este  cjue  se  sir/ue. 

Incipit  :  «  [Ojtrosy  fecho  es...» 

Fol.  96  v°.  Explicit  :  «  E  en  el  segundo  libro  de  parali- 
pomenon  capitulo  très.)) 

Fol.  97:  «  Aqui  se  acaba  la  postilla  o  declaraçion  sobre 
el  segundo  libro  de  los  rreyes,  fecha  por  frey  Nicolao  de 
Lira,  frayle  de  la  orden  de  sant  Francisco,  muy  eçelente 
maestro  en  santa  teologia,  sacada  de  latyn  en  rromançe  por 
mandado  del  dicho  senor  don  Alfonso  por  frey  Alfonso 
de  Algesira,  maestro  en  la  sobre  dicha  facultad  o  tlieo- 
logia.  E  acabose  miercoles  diez  e  ocho  dias  de  ffebrero, 
ano  del  naçimiento  del  nuestro  saluador  Jésus  Cristo  de 
mill  e  quatroçientos  e   veynte  e  dos  aiïos.  )) 

Yo  Alfonso  Martines  del  Puerto  lo  escreuy . 

Les  feuillets  97  v°,  98,  99,  100,  101  sont  blancs. 

Fol.  102.  Rubrique  :  «  [A]qui  comiença  la  postilla  o 
declaraçion  sobre  el  quarto  libro  de  los  rreyes,  fecha  por 
el  eçelente  maestro  en  santa  theologia  frey  Nicholao  de 
Lira.  E  siguese  el  primero  capitulo. 

Incipit  :  «  [E]  trespaso  o  quebranto  moab  en  isrrael, 
despues  que  es  fecha  mençion .. .  » 

Fol.  171.  Explicit:  «  en  el  siglo  de  los  siglos  amen  en- 
tiendese  verdaderamente.  » 

«  Aqui  se  acaba  la  postilla  sobre  los  libros  de  los  rreyes, 
fecha  e  copiada  por  frey  Nicolao  de  Lira,  frayre  de  la  or- 
den de  sant  Francisco,  e  maestro  rreuerendo  en  santa 
teologia.  E  fue  sacada  de  latin  en  rromançe  por  frey 
Alfonso  de  Algezira,  maestro  en  santa  teologia,  por  man- 
dado de]  senor  don  Alfonso  de  Guzman,  senor  de  Lepe  e 
Ayamonte,  e  nieto  del  noble  rrey  don  Enrrique,  que  de 
Dios  santo  Parayso  ;  e  acabose  viernes  quatro  dias  de 
agosto,  ano  del  senor  de  mill  e  quatroçientos  e  veynte  e 
dos  anos.  » 

Qui  scripsit  scribat  senper  cum  domino  biuat. 

Por  mandado  de  mi  seftor  don  Alfonso,  yo  Alfonso  Mar- 
tines del  Puerto  lo  escreui. 

Les  feuillets  171  v°,  172,  173,  174,  175,  sont  blancs. 

Fol.  176.  Rubrique:  Aqui  comiença  la  postilla  o  déclara- 


224  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILL 

çion  sobre  el  tercero  libro  de  los  rreyes,Jecha  por  el  eçelente 
maestro  en  leologia  fray  Nicolao  de  Lira,  fraylê  de  la 
orden  de  sant  Francisco.  E  syguese  el  primero  capïtulo. 

Incipit  :  «  [E]lrrey  Dauid  enuejeçiera  o  auia  enuejeçido, 
en  los  libros  précédentes  o  que  son  antes...» 

Fol.  281  v°.  Explicit  :  «  sean  sueltas  por  las  rreglas 
suso  dadas.)) 

Fol.  282:  a  Aqui se acaba la declaraçion  del  tercero  libro  de 
los  rreyes  fecha  por  el  eçelente  maestro  en  santa  theologia 
frey  Nicolao  de  Lira,  frayle  de  la  orden  de  sant  Francisco 
scripta  de  latyn  en  rromançe  por  mandado  de!  seflor  don 
Alfonso  de  Guzman,  nieto  del  noble  rrey  don  Enrrique, 
senor  de  Lepe  e  Ayamonte,  e  otrosy  declarada  por  frey 
Alfonso  de  Algezira,  maestro  en  santa  theologia,  frayle  de 
ladicha  orden  de  sant  Francisco.  E  acabose  jueues  veynte 
e  ocho  dias  del  mes  de  mayo,  afio  del  sefior  Jésus  Cristo  de 
mill  e  quatroçientos  e  veynte  e  dos  anos.  » 

Por  mandado  del  dicho  sefior  (Ion  Alfonso,  [yo]  Alfonso 
Martines  del  Puerto  lo  escreuî. 

Qui  scripsit  scribat  sénper  cum  domino  muât. 


(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  N,  n°  5  ;  Rocam.  n°  147  ;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-8) 

Nicolas  de   Lire,   Postilles  sur   les  Psaumes   de  David. 
En  castillan. 

Manuscrit  de  330  feuillets,  plus  2  de  garde  au  commen- 
cement et  2  à  la  fin,  papier.  Foliotation  ancienne  avec 
quelques  erreurs  :  entre  les  feuillets  85  et  86  il  y  a  1  feuillet 
blanc,  et  aussi  entre  les  feuillets  114  et  115  ;  2  feuillets 
portent  le  n°  176  et  2  autres  le  n°  246,  il  y  aussi  2  feuillets 
256,  et  entre  les  feuillets  320  et  321  un  feuillet  n'est  pas 
numéroté.  Signatures  de  1-12,  avec  beaucoup  d'irrégu- 
larités. Écriture  du  XVe  siècle.  Format  416x291  mm. 
Reliure:  ais  recouverts  de  cuir  tympanisé. 

Au  verso  du  second  feuillet  de  garde  se  trouve  la  table  : 

«  a  las  nueue  fojas  fallaras  la  primera  maytinada. 

a  las  ochenta  e  dos  la  segunda  maytinada. 


XLII.    NICOLAS    DE   LIRE  225 

»  a  las  çiento  e  veynte  e  una  fojas  fallaras  la  terçera  may- 
tinacla. 

))  a  las  çiento  e  sesenta  e  dos  fallaras  la  quarta  may- 
tinada. 

»  a  las  çiento  e  nouenta  e  ocho  fallaras  la  quinta  may- 
tinada. 

»  a  las  dosientas  e  quarenta  e  seys  fojas  fallaras  la  seys- 
ma  maytinada. 

))  a  las  dosientas  e  nouenta  e  una  fojas  fallaras  la  setima 
maytinada.  » 

Fol.  1.  Rubrique:  [A]qui  comiença  la  declaraçion  del 
exçelente  maestro  en  teologia  frey  Nicholao  de  Lira,  de 
la  Orden  de  sant  Francisco,  sobre  elsalterio.  E  siguese  la 
colaçion  que  es  die  ha  rrecomendacion  del  noble  rrey 
Dauid  e  projeta. 

Incipit  :  «  [P\rofeta  grande  se  leuanto  ennosotros,  notase 
este  désir  por  sant  Lucas,  capitulo  siete,  dado  que  el 
libre...  » 

Fol.  330  \°.  Explicit:  «  een  la  otra  vida  por  la  su  gloria 
amen.» 

Suit  l'habituelle  rubrique  : 

((  Aqui  por  la  gracia  de  Dios  se  acaba  la  declaraçion  literal 
del  salterio  del  muy  exçelente  maestro,  frey  Nicolao  de 
Lira,  frayre  de  la  orden  de  sant  Francisco,  la  quai  declara- 
çion fue  fecha  al  mandamiento  e  instançia  del  noble  senor 
don  Alfonso  de  Guzman,  nieto  del  noble  rrey  don  En- 
rique  e  fijo  del  senor  don  Juan  Alfonso  de  Guzman,  conde 
de  Niebla,  e  fue  declarado  e  tornado  de  latyn  en  rromançe 
por  frey  Alfonso  de  Algezira,  maestro  en  santa  theologia, 
frayre  de  la  orden  de  sant  Francisco  de  Seuilla,  e  acabose 
miercoles  diez  e  siete  dias  de  dezienbre,  ano  del  nasçi- 
miento  del  nuestro  saluador  Jésus  Cristo  de  mill  e  qua- 
troçientos  e  veynte  e  siete  ailos  .    » 

Gratias  tibi . ..  etc. 

Alfonso  Martines  del  Puerto  lo  escreui.  Dios  sea  loado. 


15 


XLIII 


BARTIIOLE 


(Iiocam.  n°  24;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-136) 

1.  Bartolus,  De  insigniis  et  armis.  2.  Juan  Rodrigues 
Del  Padron,  La  cadira  de  honor.  3.  Juan  Rodrigues  del 
Padron,  Une  lettre.  4.  Traité  des  conditions  requises 
pour  être  bon  héraut  d'armes.  5.  Récit,  à  titre  d'exemple, 
de  la  cérémonie  dans  laquelle  le  roi  Jean  II  éleva  Inigo 
Lopez  de  Mendoza  à  la  dignité  de  marquis  de  Santi/lane. 
6.  Diego  de  Valera,  Tratado  de  las  armas  ou  Tratado 
de  los  rieptos  e  desafios.  7.  De  los  ynfamados,  titulo  VI. 
8.  Ley  fecha  en  las  cortes  de  Toledo,  aho  de  1480,  sobre 
los  cartel  es.  9.  Diego  de  Valera,  Cérémonial  de  principes 
(presque  complet).  10.  Extraits  de  l'Arbre  des  batailles 
d'Honoré  Bonnet.  11.  Fragment  relatif  à  la  violation  des 
trêves,  etc.  12.  Syguese  la  ordenacion  de  batallas  que  se 
fazen  en  campo  cerrado,  segund  la  obseruancia  del  reyno 
de  Aragon.  13.  Alfonso  el  Sabio,  Especulo  (libro  tercero). 
14.  Lucena,  Tratado  de  los  gualardones.  15.  Dix  maximes 
morales.  16.  De  la  belleza  o  hermosura  que  debe  aber  el 
caballo.  En  castillan. 

Manuscrit  de  219  feuillets,  papier,  nombre  variable  de 
lignes.  Écritures  diverses  du  XVe  siècle.  Format  (maximum) 
215  X  150  mm.  Reliure  moderne  imitant  la  reliure  d'Iûigo 
Lopez  de  Mendoza  qui  porte  un   heaume  en  relief  sur  les 

plats. 

I.  Fol.  1.  Préface  du  traducteur  castillan  du  traité  de 
Barthole. 


XLIII.     BARTHOLE  227 

Incipit  :  «  Seûor  este  otro  clia  cleleytandose  vuestra  mer- 
eecl  en  aquello  que  a  todo  virtuoso. .  .  » 

Explicit  :  «  Por  ende  humillmente  suplico  lo  resçiba.  Et 
mantenga  Dios  a  vuestra  sefioria.  » 

Fol.  1  v°  :  Aqui  comiença  el  tratado  de  Barthulo  sobre 
las  insignias  e  escudos  dé  armas. 

Fol.  17.  Explicit  :  «  en  la  materia  de  las  armas  pueden.  » 
—  a  De  vuestra  merced  humill  seruidor  Ludouicus  Bacba- 
lareus.  » 

Les  feuillets  17  v°,  18,  19,  sont  blancs. 

II.  Fol.  20:  Comiença  la  cadira  de  honor  ordenada  por 
Juan  Rodrigues  del  Padron,  criado  del  cardenal  de  san 
Pedro,  don  Juan  de  Cervantes,  fecha  a  ruego  de  algunos 
senores  mancebos  de  la  corte  del  rey  don  Juan  elsegundo. 

Incipit:  «  [J]  uuentud,  de  buenos  deseos,  benigna  e  ami- 
gable  ...» 

Fol.  47.  Explicit  :  «  trayan  los  vençedores  en  la  su  gloria 
amen.  » 

III.  Même  feuillet  :  Siguese  una  caria  de  Juan  Rodri- 
guez,  no  se  sabe  para  quien  la  aya  escripto,  que  paresçe 
auerla  hecho  cuando  se  partio  à  ser  frayle  en  el  santo 
Sepulcro  de  Jerusalen,  yendo  desnaturado  del  Reyno. 

Incipit  :  «  |  Estudiosa  ocupacion  mia  !  Venida  es  al 
puerto,  con  dulçe  afan  por  ty..  .  » 

Fol.  48.  Explicit  :  a  no  seyendo  de  los  resçebidos  bienes 
desagradesçida.  » 

IV.  Fol.  50  .*  Estas  son  las  condy clones  que  lia  de  auer 
qualquier  haraute  que  bueno  ha  de  ser  o  parseuante para 
ser  digno  de  auer  tan  noble  oficio  d  armas. 

«  Primeramente  a  de  ser  bijodalgo  que  en  otra  manera  no 
es  dino  de  tal  oficio  » . 

Fol.  52  v°.  Explicit  :  «  De  santa  marya  e  de  los  santos 
principales.  » 

V.  Fol.  53  :  Lo  que  se  deue  dezir  quando  el  Rey  hase 
al  g  and  grande  de  su  reyno  duque,  marques,  o  coude,  y  asy 
lo  dixo  cl  Relator  quando  el  Rey  don  Juan  el  segundojizo 
marques  de  Santillana  a  Ynygo  Lopez  de  Mendosa  por 
las  palabras  siguientes,  anode  1445  aîïos* 


228  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

[ncipit  :  «  Sefior  Varon,  e]  Rey  auestro  seûor...  n 
Fol.53v°.  Explicit:  «  que  repartiesen  entre  sy. . .» 

VI.  Fol.  54  :  Introduçion  al  muy  alto  scélente  <•  muy 
virtuo&o  principe  don  Alfonso  quinto  deste  nonbre,  Rey  de 
Portugal  e  del  Algarue,  sefior  de  Çeuta,  en  el  tractado 
de  las  armas  conpuesto  por  Mosen  Diego  de  Volera. 

Incipit:  «  Si  aquel  dichode  Socrates,  principe  muy  exce- 
lente,  deuemos  créer  que  dize. . .  » 

Fol.  86.  Explicit  :  «  al  mi  poco  saber  y  no  a  voluntad  de 
errar.  »  C'est  le  Tratado  de  las  armas  de  Diego  de  Valera. 
On  distingue  nettement  deux  écritures  dans  ce  manuscril  ; 
la  première  finit  au  fol.  73  v°;  la  seconde  commence  au 
recto  suivant . 

Les  feuillets  86  v°,  87  et  88  sont  blancs. 

VIL  Fol.  89  :  Aqui  se  pone  el  titulo  de  los  ynfamados, 

titiilo  VI. 

Incipit:  «  Ynfamaclos  ssonalgunos  onbresporotros  yerros 
que  fazen  que  non  son  tan  grandes  como  los  de  las  tray- 
çiones  e  de  los  aleues ...» 

Fol.  91.  Explicit  :  «  que  era  verdad  lo  que  auia  dicho, 
prouandolo  no  aura  pena .  » 

VIII.  Fol.  92  :  ((Ley  fecha  en  las  cor  tes  de  Toledo  el  ano 
de  M.CCCCLXXX,  sobre  los  carteles.  » 

Fol.  92  v°.  Explicit  :  «  se  reportanenlaformasusodicha.  » 

IX.  Fol.  93.  Le  Cérémonial  de  principes  de  Diego  de 
Valera  commence  dans  ce  manuscrit  par  la  fin  de  la  courte 
préface  de  ce  traité  :  «  ...  cosas  muy  antiguas,  deuemos 
estar,  segund  lo  nota  el  muy  Reuerendo  doctor  Don  Alonso, 
obispo  de  Burgos,  en  el  tractado  de  las  sesiones. . .  » 

Fol.  102.  Explicit  :  «  vuestro  manclado  complir,  como 
las  esteriores  lo  son  quando  esperimentar  lo  querreys.  » 

X.  Fol.  103  :  Comienca  lo  que  sse  pone  en  el  libro  lla- 
mado  el  arbol  de  las  batallas,  ssobre  los  rieptos  e  requestas 
ssegunt  las  ley  es  comunes,  ordenado  e  copilado  por  un  gran 
doctor  yn  utroque  llamado  por  nombre  Honorât  Boner. 
Ce  sont  des  extraits  de  la  traduction  d'Anton  Çorita. 

Incipit  :  a  Si  es  possible  cosa  este  mundo  contar  syn 
contiendas,  quistiones. .  *  » 


XLIII.    BARTHOLE  229 

Fol .  122  v°.  Explicit  «  :  e  asi  por  esta  razon  se  visten  dello 
los  religiosos  que  non  an  cura  de  vana  gloria.  » 

Les  feuillets  123,  124,  125,  sont  blancs. 

XL  Fol.  126.  Incipit:  «...  desuseûor.  Osydara  treguas 
a  alguno  e  dentro  de  aquellas  treguas  lo  matara ...» 

Fol.  136  v°.  Explicit  :  «  ...  e  las  dichas  cosas  contenidas 
en  todos  los  diclios  capitulos . . .  » 

Le  feuillet  137  est  blanc. 

XII.  Fol.  138  :  Syguese  la  ordenacion  de  batallas  que  se 
fazen  en  campo  cerrado,  segund  la  obseruançia  del  reyno 
de  Aragon.  Incipit  :  «  Nos  don  Pedro,  por  la  gracia  de  Dyos, 
rey  de  Aragon  e  de  Valençia ...)). 

Fol.  138  v°.  Explicit  :  «  matara  a  su  senor  o  yazera 
con  la  muger.  » 

XIII.  Fol.  139  :  Comiença  la  tabla  de  los  titulos  e  leyes  que 
estan  en  este  quaderno,  sacadas  del  libro  quejîzo  el  rey  don 
Alfonso  deçt'mo  deste  nombre,  que fabla  de  como  an  de  venir 
a  las  hue  s  tes. 

Fol.  142  v°  :  ((  Acabanse  los  tytulos  e  leyes  de  las  huestes 
e  de  las  caualgadas  e  partyciones.  » 

Les  feuillets  143  et  144  sont  blancs. 

Fol.  145  :  Comiença  el  libro  terçero  del  libro  llamado 
especulo.  «  Titulo  primero  de  los  que  Uamael  rey.  » 

Fol.  196  v°.  Explicit:  «  alli  truxere  o  sea  ecliado  de  la 
caualgada.  Aqui  sse  acaba  el  libro  tercero  del  libro  llamado 
especulo.  » 

Le  feuillet  197  est  blanc. 

XIV  Fol.  198:  Comiença  un  tractado  que  el protonotario 
de  Luçenacopilo  de  los  gualardones  que  antiguamente  sse 
dauan  a  los  caualleros  que  auian  seruido  en  las  gueras,  e 
del  ojïçio  de  los  harautes  haze  primero  un  razonamiento  o 
exortaçion para  la  guerra. 

Incipit  :  «  A  todos  los  militares  nobles  varones,  el  proto- 
notario de  Luçena.  ))  Cette  préface  finit  au  feuillet  199,  et  au 
verso  du  même  feuillet  le  traité  commence  :  «  Comiença 
lo  que  dyze  el  protonotario  de  Luçena  de  las  antiguedades 
de  los  gualardones  que  dauan  a  los  caualleros  quando  lie- 
gauan  a  la  vejez,  e  déclara  en  comienço  el  nonbre  de  harautes 
e  de  do  ouieron  comienço.  )> 


230  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Fol.  204.  Explicit  :  «  yassy,  unos  usurpandoel  ofiçio  de 
otros,  ny  ay  caualleros  nv  oficiales  de  armas  quales  con- 

uiene.  » 

XV.  Fol.  205  v°:  «  Yo  sienpre  tome  para  my  este  consejo  » 

et  au-dessous  se  trouvent  dix  maximes  morales  en  castillan. 
Les  feuillets  206  à  218.  sont  blancs. 

XVI.  Fol.  219:  Capitula  que  trata  de  la  bélleza  o  her- 
mosura  que  debe  aber  el  caballo, 

Le  fol.  220  v°  est  blanc,  mais  au  recto  suivant,  le  même 
texte  continue  par  une  énumération  des  maladies  des  che- 
vaux, et  il  s'arrête  au  verso  du  feuillet  221,  où  finit  le  ma- 
nuscrit. 

Les  traités  contenus  dans  ce  volume  ont  tous  été  écrits  au 
XVe  siècle,  le  premier  dans  le  second  quart  de  ce  siècle,  les 
autres  plus  tard.  Plusieurs  de  ces  opuscules,  qu'une  ana- 
logie de  sujet  a  fait  réunir  en  un  même  volume,  ont  été 
publiés. 

La  Cadira  de  lionor  et  la  lettre  de  Juan  Rodrigue/  de  la 
Câmara  ou  del  Padrôn  ont  été  publiées  par  Don  Antonio 
Paz  y  Mélia,,  dans  son  édition  des  œuvres  de  cet  auteur, 
Madrid,  1884.  (Sociedad  de  bibliôjilos  esparïoles,  t.  XXIII). 

Le  Tratado  de  las  armas  et  le  Cerimonial  de  principes 
se  trouvent  dans  le  volume  des  lettres  et  traités  de  Diego 
de  Valera,  publiés  par  Don  José  Antonio  de  Balenchana, 
Madrid,  1878.  [Sociedad  de  bibliofilos,  t.  XVI). 

Le  Spéculum  du  roi  Alphonse  le  Savant  a  été  publié  par 
les  soins  de  YAcademia  de  la  Historia  dans  ses  Opûsculos 
légales  del  Rey  Don  Alfonso  el  Sabio,  t.  I,  Madrid, 
1836. 

Ce  recueil  est  factice  :  il  est  fait  de  pièces  et  de  morceaux, 
et  il  est  évident  qu'il  n'a  pas  pu  figurer,  ainsi  constitué,  sur 
les  rayons  de  la  première  bibliothèque  de  Guadalajara; 
d'ailleurs,  il  contient  une  pièce  datée  de  1480,  ce  qui  suffit 
à  prouver  que,  tel  qu'il  est,  le  manuscrit  Ii-136  n'a  pas 
appartenu  au  marquis  de  Santillane.  Mais  nous  croyons 
qu'il  a  possédé  quelques-uns  des  traités  qui  composent  ce 
volume,  et  en  particulier  le  récit  de  son  élévation  au  mar- 
quisat et  la  traduction  du  De  Insujnih  et  Armis  de  Bar- 
thole;  c'est  pourquoi  nous  copions  ici  la  préface  du  traduc- 


XLIII.     BARTHOLE  231 

teur  de  ce  traité,  en  raccompagnant  de  quelques  commen- 
taires . 


Préface  du  traducteur  du  a  De  insigniis  et  armis  » 

Seîior, 

Este  otro  dia  deleytandose  vuestra  merceden  aquello  que  a  todo 
virtuoso  conuiene,  es  a  saber  fazer  libros  et  los  leer  seyendo  de 
çiençia  o  arte  buena  et  aprovada,  por  que  por  lo  tal  los  non  sabios 
se  fazen  çientes  et  los  çientes  se  fazen  mas  doctos  et  auisados,  et 
la  çiençia  por  la  semejante  continuaçion  floresçe,  et  interçisa  non 
continuada  peresçe,  commo  dize  el  sabio.  Et  teniendo  vuestra 
Senoria  en  las  manos  un  libro,  parte  de  la  biulia,  vi,  en  la  primera 
plana  de  aquel,  pintadas  sus  armas  de  vuestra  merced,  las  quales 
eran  et  son  una  jarra  blanca  en  campo  azul  de  la  boca  de  la  quai 
sallian  flores  et  frondas,  propriamente  diuisa  de  vuestra  senoria, 
de  quien  primero  origen  et  prinçipio  ouo.  Et  [eon]aquella  vista  oue 
memoria  de  un  tratado  que  el  muy  excelente  dottor  Bartolo  en 
latin  conpuso  sobre  las  deuisas  et  armas.  Et  porque  a  los  seruidores 
conuiene  que  sus  pensamientos  todo[s]  sienpre  sean  cleynquerir  en 
que  conplazer  podrian  a  sus  senores,  et  por  tanto  yo,  commo 
pequeno  seruidor  de  vuestra  merçed,  acorde  et  pense  de  declarar 
el  dicho  tractado  et  Jo  tornar  et  mudar  de  la  lengua  latina  en  el 
nuestro  vulgar  para  seruiçio  de  la  vuestra  merçed.  Et  esto  por 
vuestra  merced  non  se  auer  dado  a  la  lengua  latina  con  ocupaçion 
de  otros  arduos  negoçios  que,  clesde  su  tierna  edat,  syempre  touo. 
La  fin  del  quai  dicho  tractado  es  para  que  vuestra  merçed  sepa 
quien  puede  traer  armas  et  si  sea  permiso  a  cada  uno  de  las  traer 
et,  en  el  caso  que  sea  permiso,  commo  se  traeran  o  pintaran  en  los 
pendones  et  senas  et  en  las  ropas  et  commo  en  las  camas  et  escudos 
et  commo  en  las  paredes  de  las  casas  et  teclios  délias  et  otras  ques- 
tiones  ynerentes  et  mergentes  de  aquesta,  lo  quai,  non  syn  causa, 
vos  perteneçe  saber,  pues  que  entiende  vuestra  merced  en  el 
estado  militar  et  pues  que  en  el  edifîcar  de  casas  et  ediflcios  en 
este  reyno  le  hizo  Dios  segundo  Ercoles.  Por  ende  humillmente 
suplico  lo  resçiba.  Et  mantenga  Dios  a  vuestra  senoria. 

Voici  maintenant  les  raisons  que  nous  avons  de  croire 
que  cette  traduction  a  été  faite  par  Ludovicus  Bachalareus 
pour  le  marquis  de  Santillane  et  que  la  préface  que  Ton 
vient  de  lire  s'adresse  à  lui.  D'abord  le  traducteur  montre 
clairement    qu'il    écrit  à   un    grand    seigneur    érudit    et 


232  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   BANTILLA 

auteur  lui-même,  que  les  occupations  qui  l'accablèrent 
dès  l'enfance  empêchèrent  d'apprendre  le  latin,  el  que  pour 
cette  raison  il  songea  à  traduire  ce  traité  à  son  intention. 
Ensuite  le  traducteur  explique  qui!  pense  que  ce  traité 
pourra  avoir  un  particulier  [ptérél  pour  le  personnage  auquel 
il  l'offre,  puisque  celui-ci  est  chevalier  el  voué  au  métier 
militaire.  11  dit  encore  que  ce  traité  le  renseignera  sur  la 
manière  de  placer  ses  armes  sur  les  édifices  qu'il  fait 
construire.  Il  s'agil  donc  évidemment  d'un  homme  fort  im- 
portant et  tous  ces  traits,  à  l'exception  peut-être  du  dernier, 
s'appliquent  à  merveille  au  marquis  <\r  Santillane. 

Reste  à  traiter  un  point  capital.  Le  traducteur  raconte 
qu'il  vit  entre  les  mains  de  son  seigneur  un  livre,  sur  le 
premier  feuillet  duquel  il  distingua  ses  armes  :  unajarra 
blanca  en  campo  azul  de  la  boca  de  la  quai  sallian  flores 
e  frondas  ,propriamente  diuisa  de  vuestra  seftoria,  de  quien 
primero  origen  e  prinçipio  ouo. 

Les  armes  ici  décrites  sont  les  armes  de  la  Vierge  ;  or,  on 
connaît  la  dévotion  spéciale  que  le  Marquis  professa  pour 
la  Vierge  sa  vie  durant.  C'est  lui  en  effet  qui,  le  premier, 
mêla  aux  armes  des  Mendoza  celles  de  Vega  avec  la  devise  : 
Ave  Maria  gracia  plena;  de  plus  on  se  souviendra  de 
l'explication  qu'il  adonnée  sur  son  lit  de  mort  de  sa  devise: 
Dios  e  Vos,  qui  signifie  Dieu  et  la  Vierge,  comme  nous  le  ra- 
conte Pedro  Diaz  de  Toledo  dans  son  Raçonamiento  sobre 
la  muerte  del  Marqués.  Voici  qui  déjà  pourrait  expliquer 
la  présence  du  vase  blanc  aux  lis  en  fleur  sur  fond  d'azur, 
sur  un  livre  ayant  appartenu  à  Don  Inigo  Lopez  de  Men- 
doza. Nous  savons  que  quelquefois  les  grands  seigneurs 
usaient  comme  armes  des  insignes  d'un  ordre  dont  ils 
étaient  revêtus.  Et  justement  au  XVe  siècle,  Fernando  de 
Antequera,  roi  d'Aragon,  restaura  la  Orden  de  la  Jarra  de 
Nuestra  Seiïora,  autrefois  fondée  par  le  roi  de  Navarre  Don 
Garcia  VI.  Les  insignes  de  cet  ordre  consistaient  en  un 
collier  de  fleurs  de  lis  émaillées  auquel  pendait  la  jarra  de 
azueenas. 

Fernando  de  Antequera  fut  couronné  roi  d'Aragon  en 
1414  ;  or,  nous  apprenons  par  la  Chronique  du  roi  Don  Juan  II, 
que  Don  Iùigo  Lopez  de  Mendoza,  seigneur  de  Hita  et  Bui- 
trago,  assistait  à  cette  fête  en  sa  qualité  de  grand  seigneur 


XLIII.     BARTHOLE  233 

castillan.  Et  Gerônimo  Zurita  (Anales  de  la  Corona  de 
Aragon,  lib.  XII,  année  1414)  rappelle,  à  propos  de  l'en- 
trevue du  Pape  et  du  Roi,  qui  tétèrent  solennellement 
ensemble  l'Assomption  de  la  Vierge,  que  celui-ci  avait  fondé 
un  Ordre  spécial  pour  témoigner  de  sa  particulière  dévotion 
à  la  Sainte  Vierge  :  «  Celebrose  por  el  Papa  y  porelRey  la 
fiesta  de  la  Assumpcion  de  nuestra  Senora,  con  mucha  sole- 
nidad,  por  cuya  devocion  el  Rey  avia  instituydo  la  orden 
de  su  devisa  de  la  Estola  blanca  y  collar  de  los  Lyrios 
de  Nuestra  Senora  con  un  grypho  colgado  del  collar)).  Il  est 
évident  que  les  insignes  de  cet  Ordre  auront  été  donnés 
aussi  au  seigneur  de  Hita  et  Buitrago,  qui  jouissait  partout 
d'une  grande  considération  et  qui  assista  au  couronnement 
du  roi  Don  Fernando. 

'  Le  manuscrit  T.  130  de  l'ancien  fonds  de  la  Biblioth. 
Nat.  de  Madrid  contient  le  texte  latin  du  De  insigniis  et 
armis  per  dominum  Bartulum  compositus,  et  au  fol.  6  la 
traduction  castillane  du  même  traité,  mais  le  nom  de  Lu- 
dovicus  Bachalareus  et  la  préface  manquent,  et  cette  ver- 
sion n'est  pas  identique  à  celle  du  manuscrit  qui  nous 
occupe. 

Élévation  de  Don  Ihigo  Lopez  de  Mendoza  au  marquisat. 

Lo  que  se  deue  decir  quando  el  rey  hace  algund  grande  de  su 
reyno  duque,  marques,  o  conde,  y  asy  lo  dixo  el  relator  quando  el 
rey  don  Juan  el  segundo  fizo  marques  de  Santillana  a  Ynygo  Lopez 
de  Mendosa  por  las  palabras  siguientes,  ano  de  MCCCCXLV 
anos. 

Senor  varon,  el  rey  don  Juan,  nuestro  seiior,  rey  de  Castilla  y 
de  Léon,  que  Dios  mantenga,  que  présente  esta,  commo  sea  cosa 
muy  propia  a  los  reyes  y  principes  de  hacer  grandes  mercedes 
a  sus  vasallos  y  subditos  naturales  y  a  los  nobles  de  sus  reynos, 
mayormente  a  los  que  bien,  leal  y  fielmente  lo  syruen,  y  lo  bien 
meresçen,  commo  vos  lo  meresceys  ;  y  asy  mesmo  acatando  a  los 
muchos  buenos,  leales,  y  seiïalados  seruyçios  que  aquellos  nobles 
donde  vos  venis  han  hecho  y  hisieron  a  la  real  casa  y  corona  de 
Castilla,  asy  mesmo  a  los  seruiçios  que  vos  con  muy  grand  lealtad 
le  aveys  hecho  y  fasedes  de  cada  dia,  su  alteza  espéra  que  vos  con 
los  de  vuestro  linaje  lo  haredes  y  haran  de  bien  en  mejor  de  aqui 
adelante,y  porque  sea  enxenplo  y  doctrina  para  los  que  lo  vyeren  y 


234  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

oyeren,  porque  l<i  ayan  mas  voluntad  de  seruir,  a  su  alteza  le  plase 
y  quiere  de  vos  yllustrar,  j  decorar,  y  sublymar,  porque  vos  y 
vuestra  casa  y  linaje  seays  mas  onrrados;  y  es  su  voluntad,  y  le 

plase  y  quiere,  de  vos  baser  marques  de  Santillana  y  coud*'  del 
.  Real  de  Mançanares,  y  vos  da  las  dichas  dignidades,  tanto  quanto 
puede  y  debe,  para  que  husedes  y  gosrd<^  délias,  en  seûal  de  las 
quales  sa  Real  Senoria  vos  da  esta  mandera  de  la-  armas  y  ynsy- 
nias  que  trayan  aquellos  senores  donde  vos  venis,  para  que  con 
ella  le  syruays,  vos  y  los  que  de  vos  vinieren,  segund  que  su 
altesa  de  vuestra  grand  lealtad  y  prudencia  confia. 

A  toclo  esto  el  marques  estuuo  delante  del  rey  de  rodillas.  Res 
pondio  lo  quese  sigue;  besando  las  manos  a  su  altesa  tomo  la  mano 
derecha  al  Rey  y  pusola  sobre  sucabeça  eu  senal  de  sojubçion,  y 
dixo  que  ténia  a  su  altesa  en  mucha  merced  el  grande  honor  y 
benefiçios  que  oy  dia  el  y  los  desçendientes  del  de  su  al  te/a 
resçibian,  y  confiaua  en  nuestro  senor  que  el  y  ellos  gelos  meres- 
eerian  en  seruiçios  y  cargo.  Tomo  la  vandera  de  la  mano  del  Rey 
y  diolaa  Gonçalo  Ruis  de  la  Vega,  su  hermano,  el  quai  la  tomo  y 
touo  desplegada  an  te  el  Rey,  hasta  tanto  que  los  Reyes  d'armas 
ouieron  hecho  y  dicho  su  abto,  y  despues  el  dicho  Gonçalo  Ruis 
la  dio  al  haraute  del  marques . 

Y  luego  los  Reyes  d'armas  dixeron  a  grandes  boses  lo  que  se 
sigue  :  Noblesa,  noblesa,  noblesa,  y  honor,  y  mas  estado  que  el 
muy  podereso  y  muy  exçelente  principe  el  Rey  don  Juan,  nuestro 
senor,  yllustra  y  hace  marques  de  Santillana  y  conde  del  Real  de 
Mançanares  al  muy  noble  varon  don  Yîïigo  Lopes  de  Mendoça, 
senor  de  la  casa  de  la  Vega,  y  de  H i ta,  y  de  Buytrago,  noblesa,  no- 
blesa. Luego  tocaron  las  tronpetas  del  Rey  y  de  los  otros  grandes 
senores  que  ende  estauan,  y  luego  el  marques  enbio  todo  lo  que 
traya  vestido  a  Toledo  Rey  d'armas,  y  trecientas  doblas  a  los  ofi- 
ciales  d'armas  y  tronpetas,  que  repartiesen  entre  sy. 


XLIV 
BIBLE 

A 

(Rocam.  n°  28;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-18) 

Bible.  En  latin. 

Manuscrit  de  428  feuillets,  vélin,  non  folioté,  écrit,  presque 
partout,  à  51  lignes.  Écriture  du  XIVe  siècle  à  deux  co- 
lonnes, demi-encadrements,  lettres  ornées,  grandes  capi- 
tales miniaturées  représentant  une  scène  du  livre  qu'elles 
intitulent.  Manuscrit  rubrique  ;  en  marge  quelques  rares 
corrections  proprement  exécutées.  Titres  courants.  Les 
20  derniers  feuillets  portent  des  traces  de  mouillures.  Format 
332x215  mm.  Reliure  moderne. 

Ce  manuscrit  contient  l'Ancien  et  le  Nouveau  Testament. 

Fol.  1.  demi-encadrement,  orné  d'une  miniature  repré- 
sentant saint  Jérôme. 

Incipit  epistola  Sancti  Jeronimi  presbiteri  ad  Paùlinum 
de  omnibus  diuine  hystorie  H  bris. 

«  Prologus:  Incipit  epistola  sancti  Jeronimi  presbiteri.  » 

Fol.  2  v°.  La  préface  s'arrête  aux  mots  :  «  quod  inter- 
pretatur  scientie  plenitudo  per...  »  Entre  le  feuillet  2  et 
Factuel  feuillet  3,  il  y  a  une  lacune.  Le  verso  du  fol.  2 
porte  un  Pro  auquel  devait  correspondre  au  haut  du  feuillet 
suivant  logus,  au  lieu  de  quoi,  nous  trouvons  au  haut  du 
fol.  3  nesis,  fin  du  mot  genesis  dont  la  première  syllabe  se 
trouvait  sur  le  v°  du  feuillet  perdu. 

Fol .  3  A .  Incipit  :  « terra  animam  uiuentem  in  génère 

suo.  »  (verset  24  de  la  Genèse).  Au  feuillet  316  commence  le 


236  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SAM  il l 

Nouveau  Testament,  qui  finit  par  L'Apocalypse  de  saint  Jean 
au  feuillet  *  >1>  1 .  Les  feuillets  392  128  sonl  occupés  par  une 
table  alphabétique  des  noms:  Incipiunt  interpretationes  he- 
braïcorum  nominum  incipientium  perA. 


B 

(Rpcam.  n"  27;  Biblioth.Nat.  Madrid,  Ii-71) 

Bible.  En  latin. 

Manuscrit  de  411  feuillets,  vélin,  foliotéau  XVIIIe  siècle, 

réglé  à  57  lignes.  Écriture  de  la  première  moitié  du 
XIVe  siècle,  à  deux  colonnes,  rubriques,  numération  bi- 
colore des  chapitres.  Initiales  rouges  et  bleues,  ornées  de 
traits  calligraphiques.  Les  feuillets  1  et  2  sont  ornés  de 
demi-encadrements  de  style  byzantin.  Grandes  capitales  sur 
fonds  variés,  en  or  et  couleurs,  d'un  très  pur  dessin.  Format 
358x255  mm.  Reliure  moderne  aux  initiales  du  Duc.  Au 
dos  :  Biblia  Sacra. 

Ce  manuscrit  comprend  l'Ancien  et  le  Nouveau  Testament, 
tous  les  livres  sont  accompagnés  de  la  préface  de  saint 
Jérôme. 

Fol.  1.  Épitre  de  saint  Jérôme  à  Paulin.  Incipit:  Iero- 
nimus,  et  au-dessous:  «  Ambrosiustua  michi  minuscula...  » 

Fol.  329  v°.  Fin  de  l'ancien  Testament;  fin  du  deuxième 
livre  des  Machabées. 

Fol.  330.  Commencement  du  Nouveau  Testament.  Pro- 
logue de  saint  Jérôme  à  l'Évangile  de  saint  Matthieu. 

Fol.  411  v°  B.  Explicit  l'Apocalypse  de  Saint  Jean  : 
((  Gratia  Domini  nostri  Jhesu  Christi  cum  omnibus  uobis; 
amen.  »  Au-dessous,  on  voit  une  sorte  de  calendrier  litur- 
gique indiquant  quelle  partie  des  Livres  saints  correspond  à 
chaque  partie  de  Tannée.  Explicit:  «  In  natale  domini  po- 
nunt  épis  tôle  Pauli  usque  in  septuagesimo.  » 


XLIV.    B-IBLE  237 


(Rocaui.  n°  59;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-124) 

Concordance  de  la  Bible,  En  latin. 

Manuscrit  de  338  feuillets  de  fin  vélin,  folioté  récemment 
et  sans  soin,  réglé  à  65  lignes.  Écriture  de  la  fin  du 
XIIIe  siècle,  à  trois  colonnes.  Rubriques  indiquant  les  lettres. 
Signatures  irrégulières,  rognées  en  partie.  Le  premier 
feuillet  porte  le  n°  17,  le  folio tateur  a  donc  estimé  qu'il 
manquait  16  feuillets.  Le  dernier  feuillet  porte  le  n°  352, 
on  n'a  donc  tenu  compte  que  de  336  feuillets;  en  réalité,  le 
manuscrit  tel  qu'il  est  en  compte  338.  Format  295x205  mm. 
Reliure  moderne  exécutée  pour  le  Duc  d'Osuna. 

Fol.  1.  Rubrique:  an.  ao.  ap. 

Incipit  A:  «  LXXVIII...  bimus  laudem  tuam.  » 

Fol.  338  v°.  C.  Explicit  :  «  ancillam  tradidit  marito.  » 
Expliciunt  concordancie .  Deo  gracias. 


*D 


(Biblioth.  del'Escurial,  I-I-ll) 

Les  saints  Évangiles  et  les  Epitres  de  saint  Paul.  En 
castillan.  Manuscrit  perdu. 

Rodriguez  de  Castro,  dans  sa  Biblioteca  Espahola  (t.  I, 
p*  439),  décrit  ce  manuscrit  en  ces  termes: 

((  Otro  codice  en  -folio,  escrito  primorosamente  en  vitela, 
»  conlas  iniciales  delos  capitulos  iluminadas,  y  senaladocon 
»  el  numéro  11  ;  con  este  titulo  :  Aqui  comiençan  los  Santos 
))  Euangelios  en  Romance  los  quales  son  Romançiados  por 
»  el  Reuerendo  dotor  maestre  Martin  de  Luçena  elMacabeo 
))  por  mandaclo  del  exçelentissimo  cauallero  Ynigo  Lopes 
»  de  Mendoca. 


238  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

»  Al  principio  de  cada  Ëvangelio  esta  puesto  un  bi 
»  resumen  delà  vida  <IH  Evangelista  que  le  escribiô:  Em 
»  pieza  por  el  Ëvangelio  de  S.  Mateo;  y  despues  de  el  de 
)>  S.  Juan  estân  tambien  traducidas  las  Epistolas  de  S.  Pablo. 
))  La  inicial  de  cada  una  de  estas  Epistolas  es  de  oro  ;  3  çstân 
»  cortadas  las  de  las  1res  primeras,  y  las  de  cada  uno  de  los 
)>  quatro  Evangelios. 

)>  La  traduccion  es  literal  :  y  por  especimen  se  pone  aqui 
»  la  de  los  primeros  versiculos  de]  capitulo  tercero  de  S. 
»  Mateo. 

))  Capitulo  tercero  :  En  esos  dias  veno  Johan  bautista  pre 
))  dicante  on  el  desierto  de  Juda  <i  disiente  penitençia  fased 
»  que  se  allegàra  el  Reynodr  los  çielos.  Aqueste  es  el  que 
»  es  diclio  por  Ysayas  el  profeta  disiente  bos  d<i  11  aman  te 
))  en  el  desierto  aparejad  la  via  de!  seflor  derechas  fased  sua 
»  sendas.  Aqueste  Johan  auia  vestimenta  <l<i  pelos  de  ca- 
))  mellos  e  cynta  de  piel  traya  çerca  sus  lomos.  E  su  corner 
))  eran  langostase  miel  saluaje.  Estonçes  salia  a  el  Jérusalem 
»  e  toda  Judea  e  toda  Région  cerca  dcl  Jordan  e  bautisa- 
»  uanse  en  el  Jordan  por  el  conosçientes  sus  peccados.  » 
»  Finaliza  el  Codice  de  este  modo  : 

))  Aqui  se  acaba  la  epistola  de  Sant  Pablo  ad  ebreos  que 
))  es  la  postrimera  de  sus  apistolas,  synfin  gracias  al  glorio- 
))  sissimo  nombre  en  cuya  marauillosa  orden  superliberal 
»  Resplandesee  la  subjeççion  a  el  deuida  de  todas  las  cria- 
»  turas  que  es  causa  de  ser  ellas  aquello  que  son  segund  que 
))  a  el  plase  el  quai  es  el  muy  santificado  nombre  ihu.  » 

Dans  la  Bibliotheca  Vêtus,  de  Nicolas  Antonio  t.  II, 
lib.  X,  cap.  m.  p.  214,  note  2),  nous  trouvons: 

a in  -Bibliotheca   Escurialensi    inter   libros    quorum 

))  lectio  promiscue  interdicta  est  n.  14,  exstat  :  Hispana 
))  versio  sacri  texius  quatuoi*  Evangeliorum  ;  ac  XIII  Pauli 
»  Epistolarum.  Interprète  Doctore  Martino  Lucena  cogno- 
»  mento  El  Machabeo  :  de  quo  nos  infra  in  Addenclis  ad 
))  annum  circiter  MCCCCL .  )) 

Et  page  245,  note  2,  sous  les  Addendi  ab  anno  MCCCCXL 
et  deinceps  usque  ad  annum  circiter  MCCCCL,  nous 
lisons  : 

((  Hue  refero  Doctorem  Marti num  de  Luzena,  cogno- 
n  mento  El  Machabeo,   cuius  in  Bibliotheca  Escurialensi 


XLIV.    BIBLE  239 

))  inter  libros  quorum  lectio  promiscue  interdicta  est  n.  14 
»  exstat:  Hispana  versio  sacri  textus  quatuor  Evangelio- 
»  rum  necnon  XIII  Pauli  Apostoli  Epistolarum,  rogatu 
»  illustris  viri  Eneci  Lupi  de  Mendoza  Marchionis  Sant 
))  Iulianensis  confecta.  » 

Voilà  tout  ce  que  Ton  sait  de  ce  manuscrit,  cité  par  Cle- 
mencin  (Elogio,  p.  438,  notes  aux  nos  18,  19,  20),  d'après 
Rodriguez  de  Castro,  (cf.  Berger,  Les  Bibles  castillanes, 
Romania,  t,  XXVIII,  p.  408).  A  TEscurial  nous  avons 
recherché  inutilement  cette  traduction  qui  ne  figure  pas 
dans  le  catalogue  actuel.  Sur  le  rayon  où  sont  placées  les 
bibles  espagnoles  de  la  Bibliothèque  de  Saint  Laurent,  il 
manque  un  volume,  et  c'est  probablement  .celui  qui  conte- 
nait la  traduction  de  Martin  de  Lucena. 


E 


(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  N,  n°  14;  Rocam.  nu  135;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-14) 

Prophéties  de  V  Ancien  Testament  avec  les  préfaces  de  Saint 
Jérôme.  En  castillan. 

Manuscrit  de  225  feuillets,  vélin,  non  folioté.  Écriture 
du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes,  rubriques  et  initiales. 
Format  400x280  mm.  Reliure  mudejar,  cuir  ouvré  sur  ais, 
tranche  dorée.  Sur  les  deux  plats  la  croix  pattée  de  Jéru- 
salem. Au  dos:  San  Geronimo  exposition  de  algunos 
pasages  de  la  Biblia. 

Ce  manuscrit  contient  les  prophètes  avec  les  préfaces  de 
saint  Jérôme. 

Fol.  1.  Espace  blanc  pour  miniature.  Rubrique:  Profeçia 
de  Ysayas.  Au-dessous,  le  texte  commence  par;  «  [0]yd 
çielos  e  escucha  tierra...  » 

Dans  les  marges  le  prologue  de  saint  Jérôme. 

Fol.  1-23,  Isaïe;  23,  Jérémie,  prophéties;  50-73  v°, 
Ezechiel  ;  74-76  v°,  Oseas  ;  fol.  74  en  marge:  «  Aqui 
comiença  el  prologo  que  fizo  Sant  Geronimo  sobre  los  dos 
prophètes.  »  Foh  76  v°-78,  Joël;  78-80 v°,  Amos;  80 v°,  81- 


240  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    M     SANTILLANE 

81  \\  Jonas;  81  v°-83  v°,  Mica;  83  \'  84  v°,  Nahumel  ;  Oba 
dias;84v°-85v°,Abacuc;  85  v°  86v°,  Çafanias;86v°-87,  Acay; 
87-91  v°,  Zacharias;  91  v°-92  w  Malachy.  FoL93:  «  Aqui 
comiença  el  prologo  que  fizosanl  Geronimo  sobre  el  paralipo- 
menon»  celle  préface  se  lil  en  marge  autour  dos  colonnes 
Fol. 93-106  v.  Paralipomenon,  livre  I  ;  L06  v°-123  \".  livre  IJ; 
124-154,  les 3 livres  des  psaumesde  David  o  segund  la  orden 
ebrayca  »  ;  154-165  v°,le  livre  de  Job  avec,  dans  les  marges 
du  premier  feuillet,  la  préface  de  saint  Jérôme;  L66-168, 
lamentations  de  Jérémie  ;  168-179,  proverbes  de  Salomon. 
Dans  les  marges  du  feuillet  168  on  lil  la  préface  de  sainl 
Jérôme;  179-181,  Cantique  dos  cantiques;  194-217,  Ecclé- 
siastique. Il  faut  remarquer  ici  que  le  feuillel  216  doit 
occuper  la  place  du  fol.  217  et  que  le  fol.  217  devienl  ainsi 
le  feuillet  216  :  à  la  relkire,  c<>*  feuillets  onl  pris  la  place 
l'un  de  l'autre;  217-225,  prophétie  de  Daniel,  avec  la  pré- 
face de  saint  Jérôme  en  marge  du  premier  feuillet;  225,  la 
prophétie  de  Daniel  et  tout  le  manuscrit  finissent  par  ces 
mots:  «  al  plazo  de  los  dias.  »  L'explicit  rubrique  qui 
suivait  ces  lignes  a  été  gratté,  on  ne  lit  plus  que...  rable 
de  sienpre  Bios  de  Ysrvael. 


(Rocam.  n°  26;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-77) 

Bible  moralisêe,  avec  les  préfaces  de  la  Bible .  En  latin  et 
en  castillan. 

Manuscrit  de  249  feuillets,  plus  3  de  garde  au  commence- 
ment et  2  à  la  fin,  vélin,  non  folioté.  Lettres  et  lettrines 
ornées,  or  et  couleurs.  Rubriques.  Écriture  soignée  delà 
fin  du  XIVe  siècle  ;  les  feuillets  1-7  sont  écrits  à  deux 
colonnes,  le  feuillet  8  est  blanc;  au  feuillet  9  commence  la 
division  sur  trois  colonnes.  Colonne  B,  texte  latin  de  la 
Bible;  col.  A,  commentaire  moral  en  latin;  col.  C,  traduc- 
tion  castillane  du   commentaire   moral.    Le  texte   est   en 


XLIV.    BIBLE 


241 


caractères  plus  gros  que  les  commentaires.  L'initiale  qui 
ouvre  l'ouvrage  est  accompagnée  d'un  demi-encadrement 
fort  élégant  en  or  et  couleurs.  Format  382x287  mm. 
Reliure  moderne  avec  la  couronne  et  les  initiales  du  Duc. 

Exemple   de  la  disposition  du  texte    à    trois    colonnes. 
Feuillet  9  : 

((  Faciamus  liomi- 
nem  ad  similitu- 
dinem  nostram  et 
presit  piscibus  ma- 
ris et  uolatilibus 
celi  et  bestiis 
terre.  » 


a  Hoc  significat 
quod  illi  qui  lia- 
bent  similitudi- 
nem  Dei  et  sunt 
discretiores  et  sa- 
pientiores  preesse 
clebent  aliis  digni- 
tate  in  sancta  ec- 
clesia.  » 


((  Aquesto  signi- 
fica  que  aquellos 
que  han  semejança 
de  Dios  son  mas 
discretos  e  mas 
sabios,  deuen  ser 
antepuestospordi- 
gniclat  a  los  otros 
ornes  en  la  sancta 


eglesia.   » 

Les  7  premiers  feuillets  contiennent  les  préfaces  de  saint 
Jérôme  : 

1.  Aqui  comiença  la  epistola  de  Sani  Jeronimo  entrada 
a  Paulino.  Incipit:  «  Frey  Anbrosio,  a  mi  tus  présentes 
trayendo,  troxo  abueltas  tan  bien  tus  muy  suaties  letras...  » 

2.  Prologue  de  saint  Jérôme. 

3.  Otro  prologo  al  Penthateuco,  sobre  los  çinco  libros. 

4.  Otro  sobre  el  libro  de  Josue. 

5.  Prologo  sobre  el  libro  1°  de  los  Reyes . 

6.  Prologo  a  Paralipomenon . 

Du  fol.  9  au  fol.  167  v°,  s'étend  le  texte  à  trois  colonnes, 
nous  y  trouvons  des  extraits  de  tous  les  livres  de  l'Ancien 
Testament.  Chaque  nouveau  livre  commence  par  une  initiale 
ornée. 

La  disposition  à  3  colonnes  cesse  au  feuillet  167  v°. 
Explicit  de  la  traduction  castillane:  «  reprehende  e  pone  de 
yuso  de  los  pies.  »  C'est  un  passage  de  Malachie. 

Fol.  168.  Ici  commencent  les  préfaces  du  Nouveau  Testa- 
ment écrites  à  deux  colonnes . 

1.  Prologo  :  «  La  gloriosa  Maria  madré  de  Jésus  Cristo...  » 

2.  Otro  Prologo:  «  Muclios  fueron  los  que  el  euangelio 
escriuieron.  » 

3*  Prologo  de  sani  Marchos. 

16 


Uî 


mMJOTHKQUli    DU    MARQUÎS    DE    SANTILLANE 


4.  En  saut  Lucas,  que  es  el  terçero  euangelista  noi 

fdllo  ])l'nlotjn  aille    (le  SUS    ctum<jcl i< >s . 

5.  Prologo  de  santJohan  apostol. 

6.  Çrologo  de  los  Actosdo  los  Apostolo 

7.  Prologo  Paulo. 

En  im  mot,  toutes  les  préfaces  aux  livres  du  Nouveau 
Testament  dues  à  saint  Jérôme  se  trouvent  traduites  en  cas- 
tillan dans  ce  volume,  elles  o< 'eu peut  les  feuillets  168-171  v°A. 
Explicit:  «  apocalypso  quiere  dezir  descobrimiento.  »  Le 
feuillet    172  est  blanc. 

Fol.  173.  Extraits  du  Nouveau  Testament.  Texteà  trois 

colonnes. 

Incipit: 

a  Hoc  significat 

quod  anima  iidelis 
hum  iliter  obedit 
promissisihu.xpi. 

et  coedit  quod  non 
est  supra  uires 
suas.  )) 


h   Dixit  Maria  ad 

angelum  :  Eccean- 
cilla  domini  liât 
michi  secundum 
uerbum  tuum.  » 


Fol.  249.  Explicit: 
«...   et    a    pénis      «  et  in  femore  suo 
géhenne  liber  an-      scriptum  rex   re- 
dum.  »  gum   et   dominus 

dominancium.   » 


((  Esto  significa 
que  el  anima  fiel 
obedesçe  liumil- 
m  en  te  a  los  prome- 
timientos  de  Jésus 
Cristo  e  crée  que 
non  es  sobre  sus 
fuerças.  » 

((  ...  e  por  lolibrar 
de  las  penas  del 
infierno.  » 


Deux  feuillets  de  garde,  l'un  au  commencement  et  l'autre 
à  la  fin  portaient  les  armes  de  Castille  et  de  Léon  peintes  à 
Fhuile,  à  ce  qu  il  semble.  Elles  ont  été  effacées  après  1771. 
Le  deuxième  feuillet  de  garde  contient  deux  notes  datées, 
l'une  du  10  janvier  1771,  l'autre  du  3  février  de  la  même 
année.  Elles  sont  toutes  deux  de  la  même  main,  qui  pourrait 
bien  être  celle  de  Don  Juan  Yriarte,  bibliothécaire  du  Roi 
(f  le  22  août  1771). 

Première  note  : 

«  Anonimo.  Traduccion  literal  de  los  Prologos  de  S.  Ge- 
ronymo  â  los  libros  sagrados  assi  del  nuevo  como  del  viejo 
Testamento.  Exposicion  paraphrastica,  mystica  y  moral  de 


XLIV.    BIBLE  243 

varias  versiculos  de  dichos  libros,  desde  el  Genesis  hasta  el 
Apocalypsi  inclusive.  Ai  principio  de  la  exposicion  del  Tes- 
tamento  viejofalta  una  hoja  y  otra  al  principio  del  Testa- 
mento  nuevo  :  en  alguna  de  ellas  estaria  acaso  el  nombre  del 
autor  de  esta  utilissima  obra.  Parece  se  escribiô  para  alguna 
persona  Real,  como  lo  demuestra  el  escudo  de  las  armas  de 
Castilla  y  Léon,  que  se  nota  al  principio  y  al  fin.  Su  caracter 
y  lenguage  pertenece  al  siglo  XIV.  En  suma  toda  la 
obra  es  sumamente  apreciable,  y  digna  de  la  luz  publica. 
Madrid,  10  de  Enero  de  1771.  » 

Seconde  note  : 

«  Nota.  —  He  visto  un  codice  manuscrito,  de  mediano 
lolio,  enquadernado  en  tablas,  escrito  en  pergamino,  y  con 
caractères  del  medio  siglo  14.  y  con  letra  de  los  libros  de 
coro.  Este  volumen,  ô  codice  contiene  toda  la  Biblia,  esto 
es  los  libros  del  viejo  y  nuevo  Testamento  ;  pero  no  conti- 
nuados,  sino  saltando  versos,  y  assi  no  faltan  hojas,  sino  que 
faltan  muchos  textos.  El  volumen  no  estâfoliado,  ni  estan 
numerados  los  versos  de  laEscritura. 

Comienza  por  toclos  los  prologos  de  san  Gregorio  (sic)  â 
todos  los  libros  de  laEscritura.  Cada  hoja  tiene  6  colunas,  la 
la  y  2a  en  latin  y  la  tercera  3a  y  6a  en  el  vulgar   castellano* 

Los  textos  latinos  contienen  la  version  antiguadela  Biblia, 
antes  de  la  Vulgata  latina  de  Sixto  V  y  otras  versiones  an- 
tiguas  ;  y  las  columnas  castellanas  contienen  una  pura  mo- 
ralidad  trivial  para  el  uso  de  los  predicadores.  No  hay 
noticia  de  quien  haya  sido  el  autor  de  este  codice.  Se  podrâ 
rastrear  que  ha  sido  algun  valenciano,  pues  en  el  vulgar 
castellano  no  se  usa  la  voz  Ubevtat,  charidat,  verdat  etc.  y 
solos  los  valencianos  conservan  este  modo  de  hablar  cortado. 

Este  codice  se  debe  apreciar  finalmente  por  el  contenido, 
por  su  antiguedad  antes  de  la  Vulgata  Sixtina,  y  porque  de 
el  se  podran  escoger  algunas  voces  castellanas. 

Finalmente,  para  que  su  letura  sea  util,  se  debe  tener 
présente  la  Biblia  del  Padre  Sabatier,  benedictino  de  San 
Mauroen  1751,  que  contiene  la  antigua  version  de  toda  la 
Biblia  moderna,  y  despues  las  diferentes  versiones  de  los 
Santos  Padres.  Es  obra  muy  instructiva. 

He  notado  que  en  el  caso  de  volver  los  Philisteos  el  arca 


2  1  I  BIBLIOTHÈQl  E    DU    M  IRQl  IS    DE    -  IN  I  ILL  i 

(Ici  Testamento  à  Judea,  se  usa  de  la  voz  Saracenw    cou 
impropiedad,  pues  solo  han  sido  los  Palestine^  de  Azol 
los  Philisteos. 

Madrid,  3  de  Febrero  de  J771.  » 

Samuel  Berger  a  décrit  <•<'  manuscrit  dans  son  mémoire 
sur  les  Bibles  castillanes  (Romania,  t.  XXVIII,  p.  565 
et  déjà  il  en  avait  étudié  la  nature  dans  un  travail 
sur  les  Manuels  pour  V illustration  du  psautier  au  XIIIe 
siècle  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  nationale  des 
Antiquaires  de  France,  t.  LVII).  Voici  le  diagnostic 
formulé  dans  ce  dernier  travail  sur  le  manuscrit  qui  nous 
occupe  :  «  Le  manuscrit  de  Madrid,  dit  Berger,  esl  une 
»  bible  moralisée,  mais  sans  imagesel  où  il  n'y-a  pasmême 
»  place  pour  les  peintures  qui  pourtant  forment  le  fond  de  ce 
»  célèbre  manuel  de  piété.  Ces  images  sont,  il  est  vrai, 
»  remplacées,  pour  le  Psautier,  parune  description  si  exacte, 
»  qu'on  ne  pourrait  désirer.mieux.  Telle  en  estla  précision, 
»  que  nous  pouvons  dire  sans  hésiter  a  quelle  famille  de 
»  manuscrits  se  rattache  notre  Psautier  moralisé.  Nous 
»  savons,  en  effet,  par  l'étude  de  M.  Delisle,  qu'il  va  deux 
»  recensions  dans  le  groupe  des  bibles  moralisées  (Livres 
))  d'images  destinés  à  l'instruction  religieuse  et  awr  exer- 
))  cices  de  piété  des  laïques,  Hist.  Lit.  de  la  France,  t.  XXXI, 
»  1890,  p.  213)  :  la  plus  ancienne  est  représentée  par  la  grande 
»  bible  du  XIIIe  siècle  en  trois  volumes,  dont  l'un  est  le 
»  ms.  11560  du  fonds  latin  de  la  Bibliothèque  nationale  les 
»  deux  autres  sont  à  Oxford  et  à  Londres)  ;  l'autre  nous  est 
»  conservée  dans  le  ms.  français  167  de  la  Bibliothèque 
»  nationale,  ce  chef-d'œuvre  de  la  peinture  en  grisaille  du 
»  XIVe  siècle.  C'est  sans  contredit  dans  la  famille  la  plus 
»  ancienne  qu'il  faut  faire  rentrer  notre  texte  descriptif. 
»  Telle  est  la  ressemblance,  qu'on  pourrait  se  demander  si 
»  notre  description  n'est  pas  prise  directement  sur  le  ms. 
»  11560.  Il  n'en  est  pourtant  rien.  Un  grand  nombre  de 
»  petites  différences  de  détail,  dont  chacune  est  insignifiante 
»  en  elle-même,  montrent  qu'ici  le  texte  descriptif  est  le 
»  plus  ancien  et  que  les  peintures  du  manuscrit  de  Paris 
»  ont  été  exécutées  d'après  un  thème  manuscrit  absolument 
»  semblable  à  notre  texte.  Seulement,  par  une  circonstance 


XLIV.    BIBLE  245 

))  regrettable,  le  copiste  a  laissé  de  côté  la  description  d'un 
»  assez  grand  nombre  de  miniatures. 


»  Le  reste  du  manuscrit  ne  contient  plus  de  descriptions 
»  de  figures;  c'est  tout  simplement  le  texte  de  la  Bible  mo- 
»  ralisée,  selon  la  recension  du  ms.  11560  (Berger,  /.  ctJ  p.  23, 
»  24).  )) 

Et  plus  loin,  le  compétent  historien  des  bibles  romanes 
dit  encore:  «  Le  manuscrit  de  Madrid  se  distingue  de  toutes 
»  les  bibles  moralisées   par  une  addition  singulière,   c'est 

»  celle  des  préfaces  des  divers  livres  de  la  Bible 

»  C'est  une  idée  assez  malencontreuse  qu'a  eue  le  libraire 
»  d'accoler  à  une  bible  moralisée  des  préfaces  qui  n'ont 
»  pas  d'autre  raison  d'être  que  d'accompagner  le  texte 
»  biblique  complet.  Ceci,  du  reste,  est  une  légère  erreur  en 
»  regard  de  la  faute  qu'il  a  commise,  de  copier  le  manuscrit 
»  lui-même.  Que  signifie  une  bible  moralisée  sans  images  ? 
»  C'est  un  corps  sans  âme,  à  moins  qu'on  n  aime  mieux  dire 
»  une  âme  sans  corps.  Mais  ce  qu'il  y  a  de  plus  étrange 
»  dans  le  procédé  du  libraire  castillan,  c'est  qu'au  lieu  de 
»  figures,  il  nous  a  donné,  pour  le  Psautier,  le  thème  de  ces 
))  figures,  tel  qu'il  a  certainement  été  mis  en  écrit  par  le 
n  théologien  qui  a  conçu  la  Bible  moralisée.  Il  a  fait,  en 
))  grand,  ce  qu'on  fait  les  copistes  parisiens  lorsqu'ils  ont 
»  écrit  en  une  belle  rubrique,  dans  les  bibles  françaises  : 
»  ((  Ci  a  prologue,  »  à  l'endroit  où  justement  il  manquait  une 
»  préface,  ou,  dans  les  Établissements  de  saint  Louis:  «  Ci 
»  a  grant  letre  ,»  là  où  il  aurait  dû  y  avoir  une  grande  ini- 
»  tiale.  Grâce  à  cette  singulière  manie  de  copier  ce  qui  ne 
»  devait  pas  être  copié,  les  copistes  nous  ont  conservé,  ce 
»  qui  est  d'un  grand  prix  à  nos  yeux,  un  texte  d'auteur  qui 
»  n'était  destiné  qu'au  libraire  et  à  ses  ouvriers  et  qui  nous 
»  montre  comment  le  théologien  comprenait  l'exécution  de 
»  son  œuvre  et  comment  il  la  dirigeait.  Ce  texte,  s'ap- 
»  pliquant  à  l'une  des  œuvres  les  plus  célèbres  de  la  litté- 
»  rature  chrétienne  du  moyen  âge,  est  d'une  réelle  impor- 
»  tance  »  (Cf.  Berger,  /.  c,  p.  27-28). 

Il  est  probable   que  le   copiste  espagnol,  qui  a  écrit   ce 
manuscrit  avec  beaucoup  de  soin  et  qui  l'a  fait   orner  de 


2  16  BIBLIO  rHÈQUE   DU    M  I  [LL  \s\ 

rubriques  <'i  d'élégante  initiales,  n'aura  pas  compris  lui- 
même  la  véritable  nature  du  manuel  d'illustration  qu'il 
avait  sous  les  yeux,  e1  le  prenant  simplement  pour  un  h 
ou  tmeux  pour  un  choix  de  te:  te  de  la  Bible,  il  aura 
ajouté  au  modèle  les  prologues  de  saint  Jérôme,  afin  de 
compléter  un  peu  l'aspect  du  livre,  dont  le  sens  véritable  lui 
échappait. 


XLV 


LEGENDA    AUREA 


(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  N,n°  35  ;  Rocam.  n°  204;  Biblioth. 
Nat.  Madrid,  li-59) 

1.  Jacques  de  Varagine,  Legenda  Aurea.  2.  Fragment 
d'une  vie  de  Jésus,  3.  Traité  des  vices  et  des  vertus. 

Manuscrit  de  191  feuillets  en  papier,  non  foliotés,  réglé  à 
31  lignes.  Écriture  du  XIVe siècle,  papiercefeft,  à  deux  co- 
lonnes, sans  titres  ni  capitales.  Format  310x234  mm.  Reliure 
de  parchemin.. 

La  première  partie  de  ce  manuscrit  est  assez  endommagée  : 
fol.  1,  piqué  et  taché;  fol.  3,  déchiré  recousu  en  partie)  ; 
fol.  5,  recousu  et  rapiécé;  fol.  11,  recousu;  fol.  12,  la 
première  colonne  manque  et  la  seconde  est  entamée  ;  fol.  13 
et  14,  rebordés  ;  fol.  25-30,  rapiécés  de  blanc,  lacunes 
considérables;  fol.  78,  déchiré,  marge  rongée,  texte  entamé; 
fol.  81,  troué;  mouillures  et  piqûres  partout,  le  fol.  141  est 
détaché. 

I.  Fol.  1  v°.  Table  des  Vies  de  saints  contenues  dans  ce 
volume. 

Fol.  2.  Incipit  :  «  [Bjien  es  conoscida  cosa  que  la  ssegunda 
persecucion  fizo  el  enperador  Domiciano  sobre  los  cristianos 
despues  que  la  fizo  Nero ...» 

Des  48  Vies  de  saints  indiquées  dans  la  table  des  matières, 
la  dernière  que  nous  trouvions  dans  le  manuscrit  est  celle 
de  Sant  Cossme  e  Sant  Damian  qui  est  inachevée;  elle 
porte  dans  la  table  le  n°  26  et  finit  au  verso  140  B.  par  : 
«e  por  esto  te  encomiendo  a  santCosme  e  a  sant  Damian,  e  tu 


2  18  BIBLIO  i  m .«  h  i     m     m  LRQ1  i      Dl      3ANTIL1 

inorii  aqui en  esta  su ca  ae    \  yoenbiase  porty  poi    buenai 
sseûales  vête  para  mi.  tanto  que  el  aquesto  dixo. . .  n 

II .  Le  feuillet  1  11 ,  don!  l'écriture  est  moine  que 
celle  des  feuillets  précédents,  contient  un  fragment  d'une  I  i 
de  Jésus. 

fncipit  «  :  E  dixieron  los  judios  :  en  nuestra  ley  auemoc 
que  ninguno  non  trauaje  de  guareçer  doliente  en  sabado 
nin  do  fazer  al,  e  este  pasa  nuestra  ley  ca  sano  e  sana  loi 
coxos  e  losgafoselos  demoniados  e  de  todae  las  otra 
fermedados  por  sus  malos  fechos.  E  dixo  Pilato  :  que  mal 
ha  fecho  ?  A  que  dixieron  ellos  que  <is  encantador  e  por 
los  diablos  faze  lo  que  faze,  e  todos  le  obedeçen  e  andan  a  su 
mandado.  »  I  /auteur  cite  comme  sources,  Nicomède  et  Saint 
Marc  l'évangéliste. 

Fol.  148  v°  A.  Explicit  :  «  ca  la  crus  era  fecha  asi  corne 
tau  que  es  d'esta  guisa  T,  e  Pilato  fizo  poner  un  fuste  pequeûo 
tal. . .  » 

III.  Fol.  149  A.  Truite  des  rires  et  des  vertus.  L'écri- 
ture de  ce  traité  est  plus  modehie  que  celle  du  Flos  Sane- 

torum. 

Incipit  :  [E]n  el  nonbre  de  Dios  e  de  sauta  Maria  quiero 
començar afaser  unlibro , sy  el  me  ayudaretporquepudiese 
en  este  mundobuen  enxenph  dart  que  los  que  lo  oyere[n]  o 
lo  le  y  er  en  por  el  valan  mas  e  sean  tenudos  de  a  Dios  por 
mi  rrogar,  amen.  Jolian  Anrriques  me  escripsyt. 

a  Primeramente  comiença  [el]  tratado  de  la  soberuia 
porque  todo  tractado  trae  comienço  délia . . .  »  Les  trois 
premières  parties  de  ce  traité  ont  seules  des  titres. 

Fol.  119  A.  :  «  Capitulo  del  primer  tractado  de  la  soberuia 
e  que  cosanasçe  de  ella  :  Soberuia  es  el  alçamiento  malo...)) 

Fol.  156  v°  B.  Explicit  de  la  première  partie  :  «  de  los  ocho 
pecados  mortales.  » 

Fol.  156  v°B.  Seconde  partie.  Incipit:  «  Vysta  la  primera 
parte  fablamos  de  la  segunda  segund  que  prometiemos  en 
los  titulos  e  segund  que  dise  Sant  Agostin  :  pecado  es 
menospreciar  orne  a  Dios ...» 

Fol.  164  v°  A.  Explicit:  «  que  en  estas  dos  partes  sobre 
dichas  sonescritos.  »  Même  verso.  Troisième  partie:  «  Aqui 


XLV.    LEGENDA    AUREA  249 

comiença  la  terçera  parte...  Estas  las  dos  partes  primeras 
que ...» 

Fol.  167  B.  Explicit  :  «  easy  se  détermina  la  terçera  parte 
en  que  ha  syet  tractados .  .  .  que  se  contienen  en  las  dos 
partes  sobre  dichas  .)) 

Fol.  167  B.  Quatrième  partie.  Incipit  :  «  Destas  syet  vir- 
tudes  las  très  principales.  .  .  ». 

Fol.  173  A.  Explicit  :  «  Et  asy  se  termina  laquarta  parte 
deste  libro.  .  .  que  se  contienen  en  la  terçera  parte.  » 

Fol.  173  A.  Cinquième  partie.  Incipit:  «  Vysta  la  quarta 
parte  en  que  se  contienen  las  treze  virtudes,  segund  que 
sobredicho  es,  conuiene  que  fablemos  con  la  ayuda  de 
Dios  de  la  quinta  e  postrimera  parte  deste  vergel  en  que 
se  contienen  otras  virtudes  e  nobles  cosas  en  que  el  aima 
auenturada  tomara  plaser  »  :  «  [C]onfesion  segund  dise 
Sant  Agostin ...»  Ce  traité  auquel  il  manque  probable- 
ment fort  peu  de  chose,  finit,  comme  tout  le  manuscrit 
au  fol.  191  A.  Derniers  mots  :  «  e  la  mala  aldança  se  que 
la  sufren  amidosmaguer  non  qeran.  » 

Nous  avons  vu  que  le  ms.  Ii-59  ne  nous  conserve  que 
vingt-quatre  vies  de  saints.  Celles  qui  portent  les  numéros 
V,  XX,  et  XXVII-XLVIII  manquent.  Il  nous  paraît  à 
propos  de  citer  ici  l'article  consacré  au  Flos  Sanctorum  par 
Amador  de  los  Rios  (06ras  del  Marqués,  p.  613).  Il  s'agit,  bien 
entendu,  du  manuscrit  que  nous  étudions  ici  même  :  «  Flos 
»  Sanctorum.  Entre  los  preciosos  restos  de  la  biblioteca  del 
»  Infantado,  se  conserva  un  côd.  fol.  real,  letra  del  siglo 
»  XIV,  y  escrito  a  dos  col. ,  que  contiene  cuarentay  oclio  vidas 
))  de  santos,  entre  las  cuales  ocupa  el  capitulo  XLI  la  de 
»  Santa  Catalina,  à  quien  se  refiere  el  marqués,  cuando  cita 
»  el  Flos  Sanctorum  Es  ms.  digno  de  estima,  no  solo  por 
»  aparecer  como  monumento  de  la  lengua,  pues  que  esta 
»  en  castellano,  sino  tambien  porque  cada  una  de  dichas 
»  vidas  puede  considerarse  como  una  produccion  literaria, 
»  donde  campean  bizarramente  la  imaginacion  y  la  inven- 
»  tiva .  » 

Il  serait  difficile  d'être  moins  exact;  d'abord  le  volume, 
nous  l'avons  vu,  contient  deux  ouvrages  distincts  :  Los  Rios 
a  pris  tout  le  livre  pour  un  recueil  de  Vies,  ainsi  s'explique 
qu'il  ait  cru  que  les  48  vies  de  la  table  y  étaient  complètes. 


250  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS   DE   SANTILLANE 

De  plus,  la  Vie  de  sainte  Catherine  est  justement  une  de 
celles  qui  manquent.  Qu'elle  ait  figuré  dans  le  livre,  encore 
au  XVe  siècle,  cela  est  très  possible,  mais  nous  n'en 
savons  rien.  Depuis  qu'on  a  relié  leIi-59,  c'est-à-dire  depuis 
la  fin  du  XVIe  siècle  environ,  le  volume  est  dans  l'état  de 
mutilation  que  nous  avons  décrit. 

La  table,  que  nous  avons  complétée  en  indiquant,  après 
les  noms  des  saints,  dont  le  manuscrit  contient  les  vies,  les 
feuillets  qu'elles  occupent  et  les  lacunes  qu'elles  présentent, 
comme  aussi  la  Vie  de  Saint  Biaise,  que  nous  copions  en 
entier,  donneront  une  idée  de  la  valeur  de  ce  recueil. 

«  [E]stas  son  las  estorias  de  los  santos  [e]  de  las  santas  sse- 
gund  en  este  libro  son  escriptas  »  : 
la  primera  de  sant  Johan  apostol  euangelista,  fol.  2  A. -7  B. 

Complète. 
la  segunda  de  sant  Matias  apostol,  fol.  7  v°  A. -10  v°  B. 

Complète. 
la  IIP  de   Sant  Marcos  euangelista,   fol.  10  v°  B.-12  B. 
Incomplète.   Cette  Vie  devait  finir  au   recto  B.    ou  au 
verso  A.,  mais  la  seconde  colonne  du  feuillet  manque. 
la  IIIP  de  sant  Felipe  apostol.  Cette  Vie  devait  commencer 
dans  la  colonne  perdue  du  fol.  12,    il  n'en  reste  que  la 
colonne  B.  du  f°12vo,  moins  quelques  mots  perdus  au  bas 
du  feuillet.  Incipit  :  «  fuerça  e  de  podere  de  salut  »  Expli- 
cita e  babtizo  todos.  » 
la  V*  de  sant  Yago  el  menor.  Manque . 
la  VI*  de  sant  Pedro  e  sant  Pablo  apostolos,  fol.   82  A.- 
89  v°  A.  Incipit  :  «  ençia  non  es  ».  La  fin  est  complète. 
la   VIP  de  sant  Yago  apostol  que  Yase  en  galizia.  Cette  vie 
commence  au  fol.  139  v°  A.;  au  fol.  92 v°  B.,  elle  est  inter- 
rompue, la  suites'en  retrouve  au  fol.  13,  et  elle  finit  au  fol. 
24.  Les  feuillets  13  à  24  contiennent  le  récit  des  miracles  du 
saint.  Toutefois,  entre  l'explicit  du  fol.    92:  «  e  bendixo 
alegrement,  »  etl'incipit  du  fol.  13  :  «  el  arçobispode  costan- 
tinopla  »,  il  reste  une  lacune. 
la  VHP  de  sant  Bartholome  apostol,  fol.  24  A. -29  B.  Com- 
plète . 
la  VIII P  de  sant  Marcho  apostol  e  euangelista,  fol.  29  B. - 
35  v°.  B.  Complète. 


XLV.    LEGENDA   AUREA  251 

la  X*  de  sant  Simone  de  sant  Judas,  fol.  35  v°  B.-42  v°  A. 
Complète. 

la  XI*  de  sant  Andres  e  de  sus  miraglos,  fol.  42  v°  A.- 
55  v°  A.  Complète. 

la  XII*  de  la  pasion  de  sant  Andres ,  fol.  55  v°  A. -60  A. 
Complète. 

la  XIII*  de  santo  Tome,  apostol,  fol.  60  A. -69  v°  B.  Com- 
plète. 

la  XIIII*  de  san  Esteuan primero,  martir,  fol.  69  v°  B.- 
72  v°  A .  Il  y  a  une  lacune  entre  le  feuillet  71  et  le  feuil- 
let 72. 

la  XV*  de  sant  Sébastian  ede  sant  Fabian,  fol.  72  v°  B.- 
81  v°  B.  La  suite  de  cette  vie  se  trouve  au  fol.  93  B.  et 
va  jusqu'au  fol.  96,  seulement,  entre  Texplicit  du  fol. 
81  v°  B.  «  en  que  ouiste  bonas  »  et  Tincipit  du  fol.  93,  il 
y  a  une  lacune. 

la  XVTde  sant  Viçent,  martir,  fols.  96  A.-100  v°A.  Com- 
plète. 

la  XVII*  de  sant  Blas,  martir,  fol.  100  v°  A. -103  v°  A. 
Complète. 

la  XVIII*  de  sant  Tirso  e  de  sus  conpaheros ,  fol .  103  v°  A .  - 
112  B.  Complète. 

la XIX* de  sant  Georgio,  cauallero  e  martir,  fol.  112  v°.  A.- 
116  v°.  B.  Complète. 

la  XX* de  sant  Cristoual.  Manque. 

la  XXI*  de  sant  Pantaleon,  fol.  117  A. -119  B.  Incomplète. 
Incipit  :  «...  murieron  unas  mugeres  locas.  » 

la  XXII*  de  sant  Felis,  martir,  fol.  119  A. -122  B.  Complète. 

la  XXIII*  de  sant  Esteuan,  apostoligo  e  martir,  fol .  122  B.- 
126  v°  A.  Complète. 

la  XXI III*  de  sant  Lorenço  e  de  sant  Sisto  e  de  sus  conpa- 
neros,  fol.  126  v°  A. -130  v°  A.  Complète. 

la  XXV* de  sant  Adrian,  fol.  130  v°  B.-136  v°  A.  Com- 
plète . 

la  XXVI*  de  sant  Cossme  e  sant  Damian,  fol.  137  A.- 
140  v°  B.  Fragment. 

la  XXVII*  de  sant  Dionis. 

la  XXVIII*  de  sant  Mamede. 

la  XXI*  (erreur  pr.  XXIXa)  de  sant  Qirçe. 


252  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

la  XXX1  de  santo   Longino,  el  (jue  dio  con  la    lança  a 

nuestro  senor  en  el  costado. 

la  XXXI1  de  santaComba(sicyipourCo\omh'd),virgene  martir. 
la XXXI 7!l  de  sauta  Agnes,  virgen  e  mariir. 
la  XXXIII7"  de  sauta  Afjata,  virgen  e  martir. 
la  XXXI III1  de  Sanicolas  (sic),  confësor. 
la  XXXV1  de  saut  Siluestre,  papa, 
la  XXXVI*  de  sauta  Tedosia  (sic),  virgen  e  martir, 
la,  XXXVII*  de  sauta  Marina,  virgen  e  martir. 
la  XXXVIII*  de  Cristina,  virgen  e  martir. 
la  XXXIX1  de  sauta  Martha,  virgen. 
la  XL*  de  sauta  Fe,  virgen. 
la  XLI*  de  sauta  Caterina,  virgen  e  martir. 
la  XLII*  de  sauta  Maria  Magdalena,  de  su  vida, 
la  XL III*  de  sauta  Barbara. 
laXLIIII*  de  sauta  Luçia,  virgen  e  martir. 
la  XLV*  de  sauta  Genouefa,  de  su  vida, 
la  XL  VI*  de  la pasion  de  las  XI  mill  virgines  de  Colonia. 
la  XL  VII*  de  sauta  Anastasia. 
la  XLVIII*  de  san  Julian. 
Finitur  pasionis  omnium  sanctorum. 

A  titre  de  spécimen,  nous  avons  copié  la  Vie  de  saint 
Biaise,  comme  nous  l'avons  indiqué  ci-dessus. 

[Vida  de  Sant  Blas,  martir]. 

[EJn  la  cibdat  de  Sabasten,  que  es  en  tierra  de  Capadoçia,  ouo  en 
aquel  tienpo  muchos  santos  ornes  e  muchas  santas  mugeres,  que, 
por  leuar  adelante  la  fe  de  Jésus  Cristo,  sufrieron  trabajos  e  lazerios 
de  muchas  guisas,  e  dieron  sus  cuerpos  a  pasiones  e  a  muerte,  e 
tanto  y  fizieron  por  que  ouieron  la  corona  perdurable.  En  aquella 
çibdat  que  vos  dixiemos  auie  un  orne,  queera  ende  natural,  a  que 
llamauan  Blas  e  era  un  orne  que  amauae  ternie  anuestro  senor  en 
todas  guisas.  Ca,  asy  como  dis  la  escriptura  de  Job,  esta  [lire  era) 
este  santo  orne  piadoso,  linpio,  sabroso,  de  buen  talente  a  toda 
criatura,  verdadero,  leal,  omildoso,  e  sauiese  bien  sofrir  de  toda 
mala  obra.  Quando  esto  vieron  aquellos  que  a  nuestro  senor  ama- 
uan  e  temien,e  conosçien  las  buenas  obras  del  santo  orne,  fablaron 
se  de  con  so  uno  [lire  de  consuno)  e  fizieron  lo  obispo  que  fue 
[lire  fuese)  su  senor  e  su  maestro  e  que  fiziesen  ellos  su  mandado 
e  que  se  guiasen  por  el.  Quando  esto  oyo  el  santo  orne,  salliose 
daquella  çibdat  e  fuese,  a  una  montafiaque  era  çerca  daquella  çib- 


XLV.    LEGENDA    AUREA  253 

dat,  que  auie  nonbre  Aga.  Ally  se  metio  el  en  una  cueua  por  faser 
sus  oraçiones  a  nuestro  ssefiorepor  foyr  a  las  vanas  glorias  e  a  las 
vanidadesdestemundo.  E  el  estando  ally  en  aquella  cueua  vinien 
muchas  bestias  brauas  a  el  en  la  montana  e  parauansele  dela[n]te 
la  cueua,  e  si  auie  y  alguna  que  enfermedat  ouiese  non  se  qerie 
ende  partir  fata  que  el  santo  orne  pusiese  las  manos  sobrella  e  la 
bendixiese,  e  tantoque  el  esto  fazie  eran  luego  sanas  ellas  e  yuan 
se  ssu  via. 

[En  a]quel  tienpo  era  adela[n]tado  un  alto  orne  de  aquella 
çibdat  que  auie  nonbre  Agricolano  ;  este  enbio  sus  monteros  e  sus 
ornes  aquella  (sic)  montana  que  caçasen  y,e  ellos  fizieron  su  man- 
dado,  e  quando  llegaron  a  la  cueua  vieron  en  ella  estar  muchas 
bestias  brauas  a  marauilla  que  atendien  el  santo  orne  que  las  ben- 
dixiese, e  quando  esto  vieron  dixo  un  orne  contra  otro  :  que  puede 
esto  seer  de  tantas  bestias  e  de  tantas  gui  sas  de  se  allegar  a  este 
logar,  e  estonçe  se  allegaron  tanto  a  la  cueua  que  vieron  a  sant 
Blas,  e  tanto  que  lo  vieron  tornaronse  al  adelantado  e  contaronle 
lo  que  auiniera  e  lo  que  vieran.  Quando  esto  oyo  el  adela[n]tado 
tomo  caualleros  e  sergientes  e  enbiolos  con  aquellos  que  aquello 
vieran  edixieran,  e  mandoles  que  todos  los  cristianos  que  fallasen 
en  la  montana  ascondidos  que  gelos  aduxiesen. 

[E]stonçe  fueron  los  caualleros  a  la  cueua  e  fallaron  a  sant  Blas 
estando  en  oraçion,  e  dixieron  que  salliese  fuera  e  fuese  al  adelan- 
tado que  enbiaua  por  el.  Quando  el  santo  orne  esto  oyo  fue  muy 
alegre  e  dixoles  :  mis  buenos  fijos  vayamos  nos  agora,  ca  veo  yo 
bien  que  sse  mienbra  Dios  de  mi,  ca  en  esta  noche  me  apareçio  très 
vezes  e  en  cada  una  vez  me  dixo  :  lieuate  e  faz  me  de  ti  ofrenda;  e 
vos  mis  buenos  fijos  sodés  agora  los  bien  venidos,  ca  nuestro  senor 
Jésus  Cristo  es  con  vusco.  Estonçe  se  metio  a  la  carrera,  e  do  yua 
asy  de  consuno  por  la  carrera  predicoles  tanto  el  santo  orne  que 
los  conuirtio,  e  nuestro  senor  fazie  por  aquel  santo  orne  muchos 
fermosos  miraglos,  e  todos  los  dolientes  que  a  el  yuan  oleleuauan 
tanto  que  el  ponie  sobre  ellos  las  manos  e  los  bendizie  luego  eran 
sanos,  asy  como  ornes,  o  mugeres,  o  bestias;  e  si  alguno  yua  que 
ouiese  mal  en  la  garganta  o  en  la  boca,  de  hueso  o  de  espina  que 
mal  le  fazie,  asy  como  a  orne  auien  muchas  vezes  por  auentura, 
nuestro  senor  lo  daua  sano  por  las  oraçiones  del  santo  orne.  Onde 
auino,  que  aquel  dia  mesmo  que  el  yua  al  adelantado,  que  una 
buenaduefia,que  auie  unfijo,  e  non  auie  mas  de  aquel  solo,  que 
sseye  a  su  mesa  e  dieran  le  pescado  que  comiese,  e  asy  como  el 
ninocomio  del,  non  se  si  très  bocados  o  quatro,  atrauesosele  en  la 
garganta  una  espina,  tan  afondon  que  ouiera  de  morir. 

[QJuando  la  madré  vio  el  grant  dolor  que  su  fijo  sufrie,  e  oyo 


254  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Eablar  <l<i  l<>s  miraglos  que  Dios  fazie  por  sant  Blas,  leuo  el  niflo  a 
cl,  tal  ya  como  muerto,  ecomenço  a  dar  bozes  en  llorando  e  a  dezir: 
sieruo  de  Jésus  Cristo  aue  merçed  de  mi  fijo,  ea  mucho  he  grant 
pësar  del,  e  de  mas  por  que  non  he  mas  deste.  Entonçe  començo  a 
contarml  santo  orne  como  auiniera  a  su  fijo,  e  sant  Blaa  puso  la 
mano  sobre  la  garganta  del  nino,  e  començo  en  ella  a  Easer  La  senal 
de  la  cruz  e  bendiziendo  gela,  e  cato  contrai  çielo  e  dixo:  buen 
senor  Jésus  Cristo,  yo  te  pido  por  merçed  que  ayas  piedai  de  mi 
oraçion  e  que  tueigas,  por  la  tu  grant  \  irtud.  la  espina  de  la  garganta 
deste  nino,  e  quel  des  viuo  a  su  madré,  por  la  tu  santa  Maria  pidote 
merçed  que  sy  daqui  adelante  tal  cosaauiniere  a  orne,  o  a  muger,  o 
a  nino,  o  a  nina,  o  a  aue,  o  a  bestia  c  yo  fuere  llamado  en  su  ayuda, 
que  so  tu  sieruo,  que  el  sea  sano  e  que  la  tu  piedat  e  la  tu  virtud  sea 
y  demostrada,  por  la  oraçion  del  tu  sieruo  Blas  e  de  los  que  ruegan 
a  loor  e  a  gloria  del  tu  santo  glorioso  nonbre.  Estonçe  dixo  una 
boz  del  çielo  :  Blas  la  tu  oraçion  es  oyda;  eel  nino  ffue  luego  gua- 
rido,  e  sant  Blas  por  este  miraglo  se  conoçio  en  muchas  tierras. 

[Y]endo  para  el  adelantado  e  una  muger  vieja  con  el,  por  oyr  lo 
que  el  dizie,  vino  un  lobo  do  paçien  los  puercos  e  leuole  un  marrano 
que  aquella  muger  pobre  y  traye,  ca  del  otro  auer  del  munclo  non 
auie  ella  mas.  Quando  la  mesquina  lo  sopo,  querellose  a  sant  Blas 
del  lobo  quel  leuara  su  marrano,  e  sant  Blas,  quando  oyo  aquella 
querella,  ssonrriyose  e  dixo  :  non  ayas  pesar  nin  tristeza  ca  tu 
puerco  te  sera  tornado,  luego  aquella  ora  vino  el  lobo  e  puso  a  la 
muger  su  marrano  delante,  sin  llaga  e  sin  otro  mal  ninguno. 

[E]sto  fecho,  entro  sant  Blas  en  laçibdat  de  Sabasten,  e  quando 
Agricolano  lo  sopo  mandolo  echar,  ante  que  loviese,  en  la  carçel. 
E  en  otro  dia  maiiana  mandolo  venir  ante  sy,  e  tanto  que  lo  vio 
fablo  con  el  muy  mesuradamente,  como  afalagandolo,  e  clixole  :  Blas 
amigo  de  nuestros  Dios  see  ledo  e  alegre.  Mas  vos,  buen  adelan- 
tado, dixo  sant  Blas^  poned  alegria  en  vuestro  coraçon  e  non  11a- 
medes  Dios  aquellos  que  dezides  que  son  Dios,  ca  ellos  en  el 
infierno  son  por  sienpre,  e  todos  aquellos  otrosy  que  los  oraren  e 
siruieren.  Quando  esto  oyo  el  adelantado  fue  muy  saîiudo  e  nian- 
dolo  desnudar  e  ferir,  muy  sin  duelo  esin  piedat,  a  varas  e  a  palos, 
e  do  lo  firien  asydixo  al  adelantado  :  orne  sin  seso  e  tollido,  cuydas 
me  tu  por  esto  partir  del  amor  de  Jésus  Cristo.  Sepas  que  non 
podras,  ca  el  me  guarda  e  me  da  fuerça.  Quando  el  adela[n]tado 
vio  que  en  ninguna  guisa  non  lo  podie  vençer  mandolo  tornar  a  la 
carcel.  E  la  muger  a  que  sant  Blas  diera  su  puerco,  quando  sopo 
que  sant  Blas  yazie  preso,  fizo  matar  el  puerco  e  cozio  ende  los  pies 
e  la  cabeça,  e  metiolos  en  una  escudiella  e  desyen  un  çesto,  epan, 
e  fructa  que  le  leuo  a  la  carçel,  e  rrogolo  quecomiese,  e  el  gradeçio- 


XLV.    LEGENDA    AUREA  255 

gelo,  e  bendixola,  e  dixole  :  mugertu  acabaras  mi  rremenbrança  e 
por  este  seruiçio  que  me  fezistejamas  nontefallestra(s/c)bienentu 
casa.  E  otrosy  auerna  a  todos  aquellos  que  por  [tu]exenplo  e  por  tu 
fiança  se  rremenbraren  de  mi,  auran  la  perdurable  gloria  ela  ben- 
diçion  de  Jésus  Cristo  en  todo  tienpo  de  su  vida,  entonçe  se  partio 
la  vieja  del  e  fuese  muy  alegre  para  su  casa,  e  asy  le  auino  como  el 
santo  orne  le  dixo. 

[DJepues  desto  auino  que  el  adelantado  mando  que  troxiesen  a 
santBlas,efablo  con  elapartadamente,  e  dixole:  Blas,  otuaora(.s7*c) 
nuestros  Diososinon  moriras  de  mala  muerte.  Los  Dios  dixo,  sant 
Blas,  que  non  fizieron  nin  çielo,  nin  tierra,  nin  otro  bien,  son  per- 
didos,  e  los  martîrios  con  que  me  tu  arnenazas  non  temo  yo  nada, 
nin  me  fazen  pesar,  e  ellos  me  faran  aun  plazer  sin  fin.  Quando  el 
brauo  adelantado  vio  que  lo  non  podie  mouer  en  ninguna  guisa, 
mandolo  tomar  e  atar  en  unà  viga  que  estauay  alçada  de  sy,fizolo 
descarmenar  con  peynes  de  fierro  e  rronper  toda  la  carne,  e  en 
aquel  logar  o  le  fazien  todo  aquel  mal  dixo  al  adelantado  :  oyes  tu 
adelantado  brauo  e  follon,  cuydas  me  tu  espantar  por  tus  martirios 
que  me  fazes  ssofrir,  bien  sepas  que  los  non  temo  nada,  ca  nuestro 
senor  me  confuerta  e  me  ayuda,  e  por  estos  martirios  aure  yo 
grandes  alegrias,  las  que  son  prometidas [a] aquellos  que  en  Jésus 
Cristo  creen.  Estonçe  mando  el  adelantado  que  lo  desatasen  del 
madero  en  que  estaua  atado  e  que  lo  tornasen  a  la  carçel,  e  o  lo 
leuauan  asy  vinieron  VII0  mugeres  que  amauana  dios  e  lo  temien, 
e  fueron  cogiendo  las  gotas  de  la  sangre  que  del  cayen  e  untauan 
se  délias  ;  quando  los  monteros  esto  vieron  presieron  las  e  leuaron 
las  al  adelantado,  e  dixieronle  que  eran  cristianas. 

[E]l  adelantado,  quando  las  vio,  dixo  :  dexat  vuestra  locura  e  fazed 
sacrifiçio  a  nuestros  Dios;  e  ellas  respondieron  :  si  tu  quieres  que  nos 
fagamos  sacrifiçios  a  tus  Dios  e  los  creamos  vayamosa  aquel  canpo 
ffucra  desta  villa,  e  faz  leuar  y  tus  Dios  eally  los  oraremos.  Quando 
esto  oyo  el  adelantado  fue  muy  alegre  e  fizo  leuar  sus  Dios  al  canpo 
do  ellas  dizien.  Cabo  daquel  canpo  auie  una  agua  muy  fonda,  e  las 
cristianas  vinieron  al  canpo  e  mucha  otra  gente  por  veer.  Quando 
ellas  fueron  ante  los  ydolos  que  estauan  oriella  del  agua,  11e- 
garon  se  mucho  çerca  a  ellos ,  asy  como  si  los  quisiesen  aorar,  e  toma- 
ron  los  e  dieron  con  ellos  en  el  agua.  Quando  el  adela[n]tado  esto 
vio  fue  muy  safiudo  e  començo  a  bâtir  sus  palmas  e  a  faser  muy 
grant  duelo  e  dixo  :  mugeres  malas  por  que  non  touiestes  nuestros 
Dios  que  non  cayesen.  E  los  que  y  estauan  dixieron  :  estas  mugeres 
fablaron  con  vusco  en  engano  e  por  vuestro  mal  e  echaron  vuestros 
Dios  en  el  agua.  E  las  mugeres  respondieron  :  el  verdadero  Dios 
non  sufre  engano  mas  los  vuestros  Dios  lo  sufren,  que  son  d'oro,  e 


256  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

de  plata,  e  de  piedra,  e  ellos,  etodos  aquellosque  con  ellos  ouieren 
fiuza,  seran  destroydos.  Quando  esto  vio  el  adelantado  tue  muy 
sanudo  e  mando  calentar  un  forno,  por  las  meter  dentro,  c  de  otra 
parte  (i/o  traer  plomo  que  les  echasen  por  çima  de  las  cabeças,  e 
de  la  otra  parte  mando  traer  peynes  de  Berro,  e  de  la  otra  parte 
siete  sayas  daranbre  e  que  gelas  Sziesen  vestir  calientes.  Pues  que 
las  maneras  de  los  martirios  fueron  allegados  ante  las  santas 
duenas,  el  adelantado  les  dixo:  o  vosoratnuestros  dio>  porqueguar- 
dedes  vuestros  cuerpos  de  mal  o  sinon  por  todos  estos  martirios 
pasaredes.Launadestas  siete  mugeres  auie  très  fij.os,  aquella  tomo 
un  pano  de  lino  que  traya  e  echolo  (e  echolo)  en  el  fuego,  e  fue 
luego  quemado  ;  estonçe  le  dixieron  los  fijos  :  buenaduefia  non  de- 
xedes  perder  vuestra  aima  en  esta  tierra,  mas  asy  coino  nos  crieste 
del  sabor  de  tu  lèche  asy  nos  cria  e  nos  rrenueua(?)  del  sabor  del 
rreyno  çelestial.  Estonçe  mando  el  adelantado  que  los  (sic)  colga- 
sen  e  que  les  partiesen  las  carnes  deloshuesos  con  aquellos  peynes 
de  fierro.  E  pues  ellos  (sic)  fueron  desnudos  (sic)  e  asy  decolgados 
(sic),  como  el  adelantado  mando,  los  que  y  estauan  marauillauanse 
de  lo  que  veyen  de  las  llagas,  ca  onde  auie  a  sallir  sangre  sallie 
lèche,  e  los  angeles  vinieron  que  las  librasen  de  aquel  martirio  e 
dixieron  :  non  ayades  miedo  mas  trabajaduos  asy  por  que  podades 
auer  perdurable  vida  en  el  Reyno  que  non  a  auer  fin.  E  el  buen 
obrero  es  muy  alegre  quando  sirue  todo  el  dia,  e  el  senor  de  la  obra 
lo  bendize  a  las  viesperas  por  que  labro  bien  e  lo  paga  a  su  volun- 
tad. 

[EJstonçe  tomaron  los  mo[n]teros  las  santas  duenas  e  echaron 
las  en  el  forno  e  era  el  fuego  muy  grran  pieça  auie  ençendido  (sic), 
e  tanto  que  ellas  y  entraron  murio  toda  la  llama  e  el  fuego,  e  ellas 
sallieron  del  forno  sin  nirigun  mal  tormento.  Quando  esto  vio  el 
adelantado,  que  dénatura  era  sanudo,  dixoles  :  dexat  vuestras  locu- 
ras  e  orat  nuestros  Dios.  E  las  VIIe  duenas  dixieron  :  buen  senor 
Jésus  Cristo,  que  reynas  sin  fin,loor  egrracias  tedamos  por  [que] 
te  plogo  de  meter  nos  en  la  carrera  de  piedat!  Depues  dixieron  al 
adelantado  :  cuytate  de  dar  çima  a  lo  que  començeste  ca  nos  esta- 
mos  gui[sa]das  (?)  de  nos  yr  al  reyno  çelestial.  Quando  esto  oyo  el 
adelantado  ouo  ende  grant  pesar  e  mandolas  leuar  do  solien  de- 
gollar  les  cristianos  que  las  degollasen  y.  E  los  monteros  fîzieron 
lo  e  ellas  rrogaronles  que  se  sufriesen  fata  que  ouiesen  fechas 
sus  oraçiones,  e  pues  que  ellos  gelo  otorgaron  fincaron  ellas  los 
ynojos  en  tierra  e  dixieron  :  ;  quai  Dios  es  tan  grande  como  el 
nuestro  senor  Dios  que  nos  tollio  las  tiniebras  e  nos  dio  lunbre! 
Buen  senor  Dios  nos  te  rrogamos  que  nos  metas  con  santa  Techa1, 

1.  Sainte  Thecla,  vierge  et  martM  Ier  s.  à  Séleucie. 


XLV.    LEGENDA   AURËA  257 

la  tu  primera  martir,  e  que  rreçibas  el  ruego  de  sant  Blas,  nuestro 
buen  padre,  que  nos  enseno  e  que  nos  dixo  que  por  estes  martirios 
veriemos  las  alegrias  perdurables.  Buen  senor  rreçibe  nuestras 
aimas,  e  estonçe  dixieron  los  très  mançebos  a  su  madré  :  nuestras 
coronas  estan  aguisadas  ante  nuestro  senor  con  nuestro  padre  sant 
Blas.  Estonçe  non  quiso  atender  mas  aquel  que  las  auie  de  degollar 
e  degollo  las  todas  VIP,  e  asy  fueron  las  aimas  para'l  çielo. 

[Djepues  que  esto  fue  fecho  mando  el  adelantado  que  aduxiesen 
ante'l  a  sant  Blas.  E  quando  lo  vio  dixole  :  i  quieres  tu  orar  nuestros 
Dios  o  non  los  quieres  orar,  dime  quai  quieres  destas  rrazones 
tener?  Catiuo,  dixo  sant  Blas,  çiego  ères  e  non  vees  la  lunbre  del 
verdadero  Dios.  Quai  orne  série  aquel  que  conoçiese  e  fuese  orar 
los  ydolos  sordos  e  mudos.  Bien  sepas  que  por  la  tu  grant  brauura 
que  en  ti  ha  e  por  la  grant  çeguedat  del  tu  coraçon  as  tu  dexado 
el  verdadero  Dios.  E  yo  non  temo  de  nada.  Mas  asy  como  tu  qui- 
sieres  e  te  ploguere  asy  me  martiria  mi  carne  que  te  es  ya  dada  en 
poder.  E  el  poderoso  Dios  a  poder  sobre  mi  aima.  Estonçe  le  dixo 
el  adelantado  :  tu  aoras  los  diablos  e  cuydas  que  oras  a  Dios  e  que 
seras  por  y  saluo,  dime  agora  £si  te  yo  echare  en  este  pozo  podra 
te  librar  tu  Cristo?  Mucho  fablas  sin  guisa,  dixo  sant  Blas,  ca  sin 
i'alla  tu  oras  los  diablos  e  yo  el  verdadero  Dios,  por  que  sere  saluo 
en  la  perdurable  gloria.  E  esta  agora,  e  mostrar  te  ael  mi  verdadero 
poderoso  Dios  su  virtud.  Estonçe  lo  mando  el  adelantado  atar  e 
echar  en  el  pozo,  que  era  muy  fondo.  E  sant  Blas  dixo  a  los  que 
estauan  ay  en  la  oriella  del  pozo  :  e  sy  vos  auedes  alguna  fiuza  en 
vuestros  Dios  echaduos  comigo  en  esta  agua  e  mostrad  y  la  virtud 
clellos,  e  asy  podemos  veer  el  poder  que  vos  an  de  ayudar  e  como 
ellos  faran  y  a  vos  e  a  mi;  estonçe  echaron  se  lv  ornes  enel  agua, 
de  aquellos  que  mayor  fiuza  amen  en  sus  Dios.  E  a  la  ora  que  y 
entraron  fueronse  afondon  e  murieron.  E  el  angel  apareçio  a  sant 
Blas  e  dixole  :  santo  orne  sal  de  aquesta  agua  e  rreçibe  la  corona 
que  te  Dios  tiene  aguisada.  Estonçe  fue  desatado  sant  Blas  por 
sobre  el  agua  como  por  tierra  seca,  e  parose  ante'l  una  tan  grant 
claridat  que  todos  los  que  la  veyen  eran  ende  tan  marauillados.  E 
el  adelantado  dixo  :  por  esto  que  te  a  ti  viene  de  quanto  mal  te  yo 
fago  todo  se  te  torna  en  bien,  por  esto  despreçias  tu  nuestros  Dios 
e  non  los  quieres  adorar.  E  sant  Blas  dixo  :  catiuo,  conoçe  e  sabe  que 
yo  sieruo  so  de  Dios  e  non  adoro  los  diablos  como  tu.  Estonçe  fue 
el  adelantado  muy  safmdo  e  dixo  a  sus  mo[n]teros  :  tomad  a  Blas, 
que  nuestros  Dios  desonrra  e  despreçia  e  que  a  ya  mas  de  très  mill 
ornes  que  mugeres  que  muertos  que  enganados,  e  demas  que  lo 
fallo  todo  contra  mi  voluntad,  e  tajad  le  la  cabeça  e  a  los  dos  man- 
çebos que  son  con  el.  Estonçe  los  tomaron  los  monteros  eleuaron- 

17 


258  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

los  al  logar  que  erapara  aquello.  E  el  santo  ome  ftzo  sus  oraçiones 
e  dixo:  buen  senor  Dios,  que  me  libreste  de  los  ydolos,  yo  te  ruego 
que  tu  ayas  merçed  de  tni  q ih1  so  tu  sieruo,  que  si  alguno  me  lia- 
mare  en  su  oraçion  que  tenga  hueso,  o  espina,  o  fuste,  enlagarganta 
o  sea  maltrecho  de  otro  dolor,  o  aya  mal  andança,  o  cuyta,  o  pesar,  o 
peligro,  pidote  por  merçed,  buen  senor,  que  tu  rresçibas  sus  ora- 
çiones e  quecunplas  lo  que  te  demandaren  a  los  que  me  llamaren 
lea(n)lmente  en  el  tu  santo  nonbre.  E  depues  que  esto  dixo  vino 
una  nuue  del  çielo,  muy  ferinosa  e  muy  clara,  que  lo  çerco  en  derre- 
dor,  e  fablole  el  nuestro  senor  délia  e  dixole:  tu,  que  bien  teconba- 
tiste  por  mi,  sabebien  queyo  conplire  tus  ruegose  bendisdre  todos 
aquellos  que  te  llamaren  e  de  ty  remenbrança  flzieron.  Pues  que 
esto  ouo  dicho  la  claridat  se  partio  del,  e  el  que  lo  auie  a  descabecar 
descabeçolo  a  el,  e  a  los  très  mançebos  con  el.  E  esto  fue  très  dias 
anclados  de  febrero. 

[L]a  buena  duena,  que  auie  nonbre  Elisa,  tomo  los  cuerpos  de 
los  santos  martires  e  soterroles  de  consouno  en  aquel  logar  do 
fueron  martiriados.  E  en  aquel  logar  fizo  Dios  por  ellos  muchos 
fermosos  miraglos  fata  el  dia  de  oy  e  fas  aun.  Asy  ,como  vos  he 
dicho  e  contado,  reçibio  sant  Blas  martirio  e  fue  con  Jésus  Cristo, 
que  viue  e  rreyna  sin  fin.  Amen. 


XLVI 


HISTOIRE  DE  TROIE 


(Osuna:  Plut.  II.  Lit.  M,  nos  25;  Rocam.  n°  88;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-99) 

Benoît  de  Sainte -More,    Histoire   de    Troie.    En    cas- 
tillan. 

Manuscrit  de  305  feuillets,  papier.  Incomplet  du  commen- 
cement et  de  la  fin.  Ce  manuscrit  comprend  des  feuillets  de 
la  première  moitié  du  XIVe  siècle  et  des  feuillets  du 
XVe  siècle.  La  partie  ancienne,  très  jaunie,  est  fort  endom- 
magée; elle  est  écrite  à  deux  colonnes.  Elle  contient  des 
parties  rimées  et  des  rubriques.  La  partie  plus  moderne  est 
beaucoup  mieux  conservée,  mais  elle  n'a  pas  de  grandes 
initiales  et  n'est  pas  toujours  rubriquée  ;  elle  est  écrite  à 
pleines  lignes.  Ce  sont  des  feuillets  d'une  Historia  troyana 
du  XVe  siècle  que  l'on  a  arrachés  pour  compléter  l'an- 
cienne à  qui  il  en  manquait  beaucoup.  Le  papier  de  la 
partie  ancienne  est  grossier,  celui  de  la  partie  moderne  est 
beaucoup  plus  uni,  il  est  homogène  et  régulièrement  strié. 
Dans  l'écriture  de  la  partie  moderne,  on  remarque  comme 
un  parti  pris  d'archaïser  ;  cette  écriture  doit  être  celle 
d'un  copiste  de  la  fin  du  XVe  siècle.  Ce  manuscrit  était 
folioté,  mais  sur  beaucoup  de  feuillets  la  rognure  a  fait 
disparaître  la  numération.  Un  grand  nombre  de  feuillets 
de  la  partie  ancienne  ont  été  cassés,  ce  qui  a  fait  perdre 
au  livre  plusieurs  colonnes.  La  partie  du  XIVe  siècle  que 


260  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLÀNE 

nous  nommerons  A,  est  réglée  à  28  lignes  par  colonne;  la 
partie  du  XVe  siècle,  ou  partie  B,  est  réglée  à  30  lignes. 
Format  288  X  234  mm.  Reliure  de  parehemin. 

Voici  clans  quel  ordre  les  feuillets  A  et  les  feuillets  B 
sont  répartis  dans  le  corps  du  manuscrit  : 

B.  fol.  1-58  v°.  ;  A.  fol.  59-63  v°  (61  v°  blanc;;  B.  fol. 
64-67  v°  (entre  le  fol.  67  et  le  fol.  68  traces  d'un  vieux 
feuillet);  A.  fol.  68-69;  B.  fol.  70-71;  A.  fol.  72-74  (entre 
le  fol.  72  et  le  fol.  73  traces  d'un  feuillet  coupé);  B.  fol.  75; 

A.  fol.  76;  B.  fol.  77-79;  A.  fol.  80-83  (fragments  de  feuil- 
lets entre  79-80  et  entre  80-81);  B.  fol.  84;  A.  fol.  85-87; 

B.  fol.  88  (entre  87  et  88  fragment  de  feuillet);  A.  fol.  89- 
109  (fol.  94,  95,  96,  vers);  B.  fol.  110-112;  A.  fol.  113-123 
(le  feuillet  116  est  fendu  et  n'a  plus  qu'une  colonne  r°  et  v°)  ; 
B.  fol.  124  ;  A.  fol.  125-134  (fol.  126  v°,  127,  128,  130,  versj; 
B.  fol.  135;  A.  fol.  136-147  (fol.  141  v°,  142  demi-feuillet 
vers);  B.  fol.  148-149;  A.  fol.  150-157  (fol.  151,  152  demi- 
feuillet,  et  153  c.  A.  vers);  B.  fol.  158-162;  A.  fol.  163-178 
(fol.  163  demi-feuillet);  B.  fol.  179-181  (fol.  178  demi- 
feuillet);  A.  fol.  182-186;  B.  fol.  187;  A.  fol.  188-195; 
B.  fol.  196;  A.  fol.  197-198;  B.  fol.  199;  A.  fol.  200-216  : 
B.  fol.  217;  A.  fol.  218;  B.  fol.  219-220  (entre  les  fol.  220 
et  221  fragment  de  feuillet);  A.  fol.  221-230;  B.  fol.  231- 
233  (entre  les  fol.  233  et  234  fragment  de  feuillet)  ; 
A.  fol.  234-242;  B.  fol.  243-244  ;  A.  fol.  245-254;  B.  fol.  255; 

A.  fol.    256-290;    B.    fol.    291-292;    A.    fol.    293-295; 

B.  fol.  295-305  v°. 

A  partir  du  fol.  125,  les  feuillets  A  n'ont  ni  rubriques,  ni 
signes  paragraphiques,  ni  petites  capitales  rouges.  Les  feuil- 
lets B  sont  rubriques  jusqu'à  la  fin  du  manuscrit.  Les  der- 
niers feuillets  n'ont  pas  été  réencadrés,  ils  sont  usés  et  fort 
détériorés. 

Incipit  :  «  viniese  algun  querelloso ...» 

Explicit  :  «  e  syenpre  estariamos  en  mal  con  ellos  et. . .  » 

Le  vieux  manuscrit  commence  par  le  chapitre  intitulé  : 
Motoan  era  muy  argolloso  e  muy  loçano,  et  finit  au  feuil- 
let 295  v°  b,  par  un  chapitre  rubrique  qui  commence  par  : 
«  Cuando  Andromaca  oyo  que  la  Menalao  queria  matar...  » 

Les  parties  rimées  de  cette  Histoire  de  Troie  sont  re- 
marquables par  leur  caractère  archaïque  et  pourraient  faire 


XLVI.    HISTOIRE    DE   TROIE  261 

croire  à  une  ancienne  version  en  vers  dont  le  traducteur  de 
la  version  en  prose  aurait  intercalé  des  fragments  dans  son 
travail.  M.  Paz  y  Mélia,  qui  a  publié  avec  soin  ces  poésies, 
dont  une  seule  avait  été  imprimée  déjà,  quoique  imparfai- 
tement, par  Amador  de  los  Rios  (Historia  critica,  t.  IV, 
p.  350-351),  remarque  avec  justesse  certaines  analogies  de 
vocabulaire,  d'expression  et  de  tournure  entre  la  description 
de  la  sixième  bataille  et  le  Poema  del  Cid  (Voy.  Poesias 
intercaladas  en  la  Crônica  troyana  romanceada,  publi- 
cadas  por  A.  Paz  y  Mélia.  Revue  Hispanique,  numéro  17, 
premier  trimestre  1899,  p.  62-80). 


B 


(Osuna:  Plut.  I.  Lit.  N,  n°  16;  Rocam.  n°  89;  Biblioth. 
Nat.   Madrid,  Ii-67) 

Benoît  de  Sainte-More,  Chronique  de  Troie.  En  galicien. 

Manuscrit  de  185  feuillets  de  vélin  grossier,  peu  blanchi 
et  par  endroits  troué;  folioté  au  verso  des  feuillets.  Lacune 
au  début,  le  fol.  1  porte  le  n°  9.  Nombre  irrégulier  de  lignes. 
Écriture  du  XIVe  siècle,  jaunie.  Capitales  bicolores  dessi- 
nées à  la  plume  et  rubriques.  Format  394X270  mm.  Re- 
liure moderne. 

Dans  ce  manuscrit  on  distingue  nettement  deux  écritures 
et  quatre  parties:  I.  Du  fol.  IX(l)au  fol.  C  (92),  réglure  à 
34  lignes,  sauf  le  XCIX  v°  (91),  et  le  C  r°  (92),  qui  sont 
réglés  à  33  lignes.  II.  Du  fol.  CI  (93)  au  fol.  CXVIII  (110  v°). 
III.  Du  fol.  CXIX  (111),  au  fol.  CXXVI1I  (120  v°).  IV. 
Du  fol.  CXXIX  (121),  au  fol.  CXCIII  (185). 

Fol.  1.  Incipit  :  «  Agora  diz  o  conto  que  os  gregos  ouuie- 
ron  gran  pesar  quandolles  Ercolan  et  Jaason  contaron  a  gran 
desonrra  et  o  gran  pesar  quelles  auia  feyto  el  Rey  Leomedon 
de  Troya . . .  » 

Fol.  92  le  texte  s'arrête  aux  mots  :  «  que  sofria  en  lo  co- 
raçon  que  cada  dia  »  volue  esta  folla  et  acharas  a  estoria. 
Et  au-dessous,  encadrés  de  rouge,  les  mots  :  «  Sabbean  quan- 
tos  este  liuro  viren,  que  eu  Fernan  Martins,  clerigo  et  ca-^ 


362  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

pelan  de  Fernan  Perez  Dandrade-,  escriui  este  liuro  des  onde 
sse  começa  esta  estoria  ata  aqui,  et  escriui  aynda  mays 
outro  quaderno  en  que  ha  dez  follas  que  yay  acoadeant,  et 
escriuio  per  mandado  do  dito  Fernan  Perez.  »  Ce  qui  fait 
suite  a  été  effacé  et  frotté;  les  réactifs  appliqués  ici,  nous 
ont  permis  do  lire  :  «  El  sauedes  que  Fernan  Perez  foi  lillo 
deRoyfreyre  Dandrade,  o  por  min  creede  de  certo  que  a 
este  tenpo, que  este  liuro  foi  escripto,  que  este  Fernan  Perez 
ora  o  mellor  homen  queauia  entonçe  en  Galiza  dos  grande 
ou  rrico  homes  afora.  Et  sabedé  que  el  a  este  tenpo  era 
home  de  duzentos  homens  de  caualo,  armados  a  todopunto. 
Et  era  seflor  cla  vila  daCruûa  et  da  vila  de  Betanços  et  da 
Pontdeume  et  Ferrol  et  a  Pontdeume  derallas  el  rrey  por 
sua  heredade  et  outrossy  tanben  era  seûor  de  Neda  et  de  Çe- 
deyra,  et  de  Sancta  Marta,  et  de  Viueyro,  et  de  Vilalua  et  de 
todos  seus  terminos  de  todas  estas  vilas  et  lugares  et  tanben 
das  terras  châas  en  todas  estas  comarquas,  en  guisa  que 
quantos  homens  morauan  en  todas  las  ditas  vilas  bôos  et 
lygeyros  et  arredor...  » 

Fol.  92  v°.  Trace  de  11  lignes  frottéesà  la  pierre  ponce. 
Le  réactif  a  fait  paraître  une  date  :  «  mill  e  quatroçentos  et 
sete  (?).»  Au-dessous,  encadré  de  rouge,  on  lit  l'explicit 
suivant  :  «  Este  liuro  foy  acabado  vynt  dias  andados  do  mes 
de  Janeyro.  Era  de  mill  et  quatroçentos  et  onze  annos.  Et  eu 
o  dito  Fernan  Martins  clerigo,  rogo  et  peço,  por  lo  amor  de 
Deus  et  por  saluamento  de  suas  aimas  et  en  penitençia  de  seus 
pecados,  a  quantos  este  liuro  viren  et  oyren,  quedigan  por  la 
mina  aima  hun  pater  noster  et  huna  aue  Maria  aa  onrra  de 
de  Deus  padre,  et  de  Deus  fillo,  et  de  Deus  espiritu  santo, 
que  me  queyra  perdoar,  et  da  virgen  Maria,  sua  madré,, 
quelle  roge  por  min  e  por  vos  queo  queyra  assy  conprir  et 
outorgar.  » 

Le  travail  du  copiste  B  commence  au  folio  93  qui  fait 
exactement  suite  au  texte  du  recto  92.  Incipit  :  a  se  me 
fazia  negro  et  triste.  Et  os  sospiros  que  eu  daua  sem  meu 
grado..  .» 

Fol.  110  v°.  Dernière  ligne:  a  muy  perdidossos  et  moy 
tristes.  »  Ici  reparaît  l'écriture  de  Fernan  Martins,  le  copiste 
A,  qui  a  écrit  les  dix  feuillets  dont  il  est  parlé  plus  haut,  les 
huit  premiers  réglés  à  35  lignes  et  les  deux  derniers  très 


XLVI.    HISTOIRE    DE    TROIE  263 

serrés,  pour  finir.  On  voit  que  le  scribe  n'avait  qu'un  nombre 
compté  de  feuillets  et  qu'il  avait  peur  de  n'y  pas  faire  tenir 
tout  ce  qu'il  devait  y  mettre,  c'est  visible  surtout  au  verso 
du  fol.  120,  où  il  a  tellement  serré  qu'il  y  a  presque  une  demi- 
page  blanche  entre  son  travail  et  la  reprise  du  copiste  B. 

Fol.  111.  Incipit:  «  Conta  a  estoria  que  esta  trezoia  batalla 
durou  seit  dias.  » 

Fol.  120  v°  Explicit  :  «  auia  vint  mill  caualeros.  Et  alv  » 

Fol.  121.  Reprise  du  copiste  B  :  «  veeriades  rreluzir  ar- 
mas et  esplandeçer  escudos...» 

Fol.  185.  Le  manuscrit  finit  par  :  «  ca  sen  falla  eu  escri- 
pui  omays  sen  bandaria  e  mays  verdacleramente  que  puyde. 
Et   a  noso   senor   don  graças   porque   ma   leyxou  acabar. 

Este  liuro  mandou  fazer  o  muyto  alto  et  muy  noble  et 
muy  eixelent  Rei  don  Alfonso,  fillodomuy  grande  Rey  don 
Fernando  et  da  Reyna  dona  Costança.  Et  fui  dado  descriuir  et 
destoriar  en  lo  tenpo  que  o  muy  noble  Rey  dom  Pedro  rrey- 
non,  ao  quai  mantena  Deus  en  lo  seu  seruiço  por  muytos 
tenpos  e  bôos,  et  os  sobreclitos  onde  el  ven  seian  herdeiros 
en  lo  rrey  no  de  Deus.  Amen.  Feito  o  liuro  e  acabado  o  pos- 
tremeiro  dia  de  dezenbro  era  de  mill  et  CCCLXXXVIII 
annos. 

Nicolao  Gonçalez  escriuan  dos  seus  liuros  scriueu  per  seu 
mandado  (1).» 

Tout  le  long  du  manuscrit  il  y  a  en  marge  des  notules 
indiquant  le  contenu  du  texte.  Le  commencement  de  ce 
manuscrit  correspond  au  chapitre  xxxv  du  manuscrit  Ii-99 
et  au  chapitre  xxvi  du  manuscrit  de  l'Escurial.  L'archiviste 
de  La  Corogne,  M.  Martinez  Salazar,  a  donné  de  ce  texte 
une  édition  complète,  munie  de  notes,  d'une  grammaire 
et  d'un  glossaire.  C'est  la  Deputacion  Provincial  de  La 
Corogne  qui  a  pris  l'initiative  cle  cette  publication  (2). 

1.  Dans  sa  littérature  espagnole  du  Grundriss  de  Grôber  (II  Band, 
2  Abteiiung,  p.  438)  XL  Baist  dit  :  «  Von  verwandtem  Geist  erfùllt 
»  war  Benoît's  Roman  de  Tror/c.  clen  noeh  Alfonso  XI  seinemSchreiber 
»  Nicolas  Gonzales  zu  ubersetzen  befahl,  womit  dieser  im  ersten  Jahr 
»  seines  Nachfolgers  zu  Encle  kain.  »  C'est  une  erreur,  Gonzalez  n'est 
pas  le  traducteur  du  roman  de  Benoît  de  Sainte-XIore,  il  n'en  est  que  le 
copiste. 

2.  Crônica  Troyana,  côdice  gallego  del  siglo  XIV  de  la  Biblioteca 
Nacional  de  Madrid,  con  apuntes   gramaticales    y  iwcalndario  por 


264  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

M.  Menéndez  y    Pelayo,  dans  sa    belle  bibliothèque  de 

S;i n lancier,  conserve  un  manuscrit  castillan-galicien  de 
Y  Histoire  de  Troie.  L'étude  de  ce  volume  permet  de  com- 
bler les  lacunes  du  ms.  Ii-67  et  nous  fournit  des  rensei 
gnements  utiles.  L'ouvrage  se  compose  de  219 feuillets,  dont 
139  en  gros  vélin  et  80  en  papier,  l'écriture,  disposée  sur 
deu^  colonnes,  est  du  XIVe  siècle;  deux  copistes  ont  travaillé 
à  ce  manuscrit  bilingue  :  Fun  castillan  a  écrit  140  feuillets, 
l'autre  galicien  en  a  écrit  79.  Bien  que  les  deux  écritures 
de  ce  manuscrit  soient  du  même  siècle,  l'écriture  castillane 
est  antérieure  à  l'autre,  ce  qui  nous  fait  croire  qu'il  s'agit 
d'une  Historia  Troyana  en  castillan  mutilée  et  dont  les 
lacunes  ont  été  comblées  en  galicien.  Dans  l'intérieur  du 
volume  quelques  curieuses  miniatures.  Format  360  X  270  mm. 
Ce  texte  et  celui  du  ms.  Ii-67  ne  présentent  que  peu  de 
différences,  c'est  bien  la  même  rédaction.  Le  texte  du  ma- 
nuscrit de  Santander  commence  par  l'histoire  de  Jason  et 
de  Médée  ;  la  même  histoire  devait  occuper  les  huit  premiers 
feuillets  perdus  du  manuscrit  de  Madrid. 

Au  feuillet  28  b.  du  manuscrit  de  Santander  nous  lisons: 
«  quien  quisiere  oyr  la  mejor  estoria  de  quantas  y  son  et  la 
obra  quai  nunca  fue  dicha  por  palabra,  nin  puesta  en  libre, 
segund  que  nos  Benito  cuenta  como  lo  el  fallo  por  Dayres, 
que  quiso  saber  las  batallas  que  fueron  fechas  en  aquel 
tienpo  et  altas  cauallerias,  porque  estonçe  los  nobles  caual- 
leros  que  eran  en  aquella  sazon  fueron  muertos,  et  de  como 
fue  destroyda  la  muy  nobreçibdat  de  Troya,  yo  lo  dyre  toda 
la  verdat.  » 

A  la  suite  vient  le  chapitre paroù  commence  lems.  Ii-67: 
«  Agora  dize  el  cuento  quelosgriegos...  »  Le  manuscrit  cas- 
tillan de  l'Escurial  (I-H-6)  que  cite  Amador  de  los  Rios 
(Historia  critica,  t.  IV,  p.  345,  note  2)  et  qui  a  servi  de  base 
aux  traductions  galiciennes,  commence  précisément  par  le 
passage  où  il  est  parlé  de  Benoît  de  Sainte-More.  Le  ma- 
nuscrit de  Santander  n'est  pas  exempt  de   lacunes:    par 

D.  Manuel  R.  Rodrigues,  publicalo,  à  expensas  de  la  exetna,  diputa- 
eiôn  de  esta  prooincla,  Andrès  Martinet  Salazar.  La  Coruna.  Im- 
prenta  de  la  Casa  de  Misericordia.  MDCCCC,  1900.  Deux  vol.  in-fol, 
M.  Cornu  a  donné  d'abondants  extraits  de  ce  texte  dans  la  Miscellanea 
lincjuistica  in  onore  di  Qrxi.siadio  Ascoli,  p.  95-128. 


XLVI.    HISTOIRE    DE    TROIE  265 

exemple,  il  ne  contient  pas  fexplicit  circonstancié  du  ms. 
Ii-67.  D'après  la  folio tation  ancienne,  effacée  sur  les  derniers 
feuillets,  ce  manuscrit  devait  compter  354  feuillets.  On  voit 
donc  que  le  Ii-67  et  le  ms.  de  Santander  dérivent  tous  deux 
du  poème  de  Benoît  de  Sainte-More.  Avant  d'appartenir  à 
M.  Menéndez  y  Pelayo,  Y  Histoire  de  Troie  castillan-gali- 
cienne faisait  partie  de  la  bibliothèque  Altamira-Astorga. 


(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  M,  n°  23,  d'après  Los  Rios,   Historia  critica, 
t.  IV,  p.  350  n.) 

Guido  delle  Colonne,  Histoire    de    Troie.  En  castillan. 
Manuscrit  perdu. 

Amador  de  los  Rios  (Obras  del  Marqués,  p.  608  et  609) 
dit  avoir  vu  quatre  manuscrits  de  Y  Histoire  de  Troie  dans 
la  bibliothèque  du  duc  cl/Osuna,  mais  il  n'en  décrit  que 
trois  et  ne  nous  donne  même  pas  la  cote  du  quatrième. 
Los  Rios  dit  au  commencement  de  la  notice  qu'il  con- 
sacre à  Dares  et  à  Dites  :  «  Los  cuatro  côdices  que  poseia 
))  el  marqués  de  Santillana,  se  conservan  afortunada- 
»  mente  en  la  bibl.  de  Osuna.  Como  dijimos,  son,  uno  en 
»  gallego,  otro  en  lemosin  y  dos  en  castellano.  »  Après  avoir 
parlé  des  manuscrits  qui  contiennent  la  version  galicienne 
et  la  version  catalane,  Los  Rios  reprend  :  «  Las  dos  versiones 
»  castellanas  no  son  por  cierto  menos  preciosas,  aunque 
»  algo  mutiladas  :  la  mas  importante  es  la  seflalada  con  la 
))  marca  antigua  Plut.  II,  Lit.  M,  nûm.  25,  porque  sobre 
»  contener  canciones  y  romances,  que  alternan  con  laprosa 
»  y  leprestan  mucha  variedad,  daâ  conocer  que  no  fué  Pero 
))  Lopez  de  Ayala  el  ûnico  que  a  mediados  del  siglo  XIV 
»  puso    en  castellano  la  fabulosa  Chrônica  troijana,  etc.  » 

Une  note  du  même  auteur  {Historia  critica,  t.  IV, 
p.  349-350,  n.  2)  nous  en  apprend  plus  long  au  sujet  de 
ce  quatrième  manuscrit.  Après  avoir  parlé  de  la  version  ca- 
talane de  Jacme  Conesa,  Los  Rios  ajoute  :  «  Sin  duda  por 


26G  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

)>  este  raismo  tiempo  la  ponia  en  castellano,  trayéndola  de 
»  su  original,  el  famoso  canciller  Pero  Lopez  de  Ayala  ; 
»  version  que  fué  muy  aplaudida  y  deque  poseyô  tambien 
»  el  docto  marqués  de  Santillana  un  precioso  côdice, 
»  seflalado  hoy  en  la  libreria  de.Osuna,  P.  II,  Lit.  M, 
nûm.  23.  »  Ce  manuscrit  que  Rocamora  ne  signale  point, 
np  se  trouve  pas  parmi  les  manuscrits  provenanl  de  la  bi- 
bliothèque du  duc  d'Osuna  que  conserve  la  Bibliothèque 
Nationale  de  Madrid.  Los  Rios  avait-il  de  sérieuses  raisons 
de  croire  que  c'était  là  la  version  du  chancelier  ?  Nous  ne 
le  pensons  pas,  sans  quoi  il  nous  aurait  sûrement  fourni 
des  preuves  à  l'appui  de  son  dire.  Peut-être  ce  manuscrit 
contenait-il  simplement  la  version  castillane  de  Pedro  de 
Chinchilla?  C'est  probable.  Comme  M.  Mu&s&fia, (Ueber  die 
spanisçhen  Versionen  der  Historia  Trojana,  Sitzungs- 
berichte  der  K.  Akademie.  Vienne,  1871,  p.  50-51  et 
M.  Béer  [Handschriftenschàtze  Spaniens,  n°  67)  n'oût  pu 
que  citer  le  catalogue  de  la  bibliothèque  de  Benavente  où 
cette  version  est  mentionnée,  nous  en  donnerons  ici  une 
brève  notice.  Le  manuscrit  que  nous  avons  eu  sous  les  yeux 
provient  du  fonds  Benavente  (?)-Astorga-Altamira  et  fait 
partie  de  la  bibliothèque  particulière  de  M.  Menéndez  y 
Pelayo. 

Manuscrit  de  174  feuillets,  papier,  non  folioté.  Écriture 
du  XVe  siècle,  à  deax  colonnes.  Il  est  daté  de  1443.  Format 
385  X   270  mm.  Reliure  en  cuir  sur  ais,  avec  fermoirs. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Aqui  comiença  el  libro  de  la  Ystoria 
Troyana  segund  Guido  de  Colupna  copillo,  la  quai  traslado 
de  latin  al  nuestro  romance  Pedro  de  Chinchilla,  criado  de 
don  Alfonso  Pimentel,  conde  de  Benauente,  e  por  su  man- 
dado,  e  sigue  primero  el  proemio  feche  por  el  Pedro  de 
Chinchilla. 

Fol.  1  v°  Incipit  :  «  [E]  sy  de  cada  dia  las  cosas  antiguas 
por  las  présentes  se  oluidan. . .  » 

Fol.  174.  Explicit  :  a  aber  seydo  dos  mill  e  quinientos 
los  otros  que  siguieron  a  Heneas.   » 

Nous  avons  copié  le  prologue  de  Pedro  de  Chinchilla  pour 
ajouter  un  document  au  dossier,  déjà  volumineux,  de  Y  His- 
toria Troyana  en  Espagne. 


XL VI.    HISTOIRE   DE   TROIE  267 

[Y]a  sea  con  razones  légitimas  e  asaz  justas  escusar  de  la  pré- 
sente trasladaçion  me  podria,  mayormente  consyderando  como  ya 
otros  la  ayan  al  nuestro  romance  tornado  en  asaz  alto  e  dulçe 
estilo  segunt  la  suflçençia  de  nuestra  lengua,  en  la  quai  si  los 
conçebimientos  mentales  en  la  latina  ystoria  contenidos  non  h  an 
seydo  tan  conplidamente  declarados  ninguna  culpa  a  ellos  ynpu- 
tada  ser  deue,  mas  a  la  insufiçiente  lengua  en  la  quai  el  dulçe  e 
buen  orden  de  fablar,  segunt  que  en  la  latina,  fallar  non  se  puede. 
Pues  yo,  que  nunca  de  la  castalea  fuente  agua  beui,  me  ponga  a 
esto  romançar  es  dar  causa  por  la  quai  mi  ygnorançia  sea  poblicada 
a  quantos  la  leeran,  e  lo  que  oculto  e  secreto  era,  sy  quiere  por 
pocos  sabido,  a  munchos  (sic)  sera  publicado,  mas  aun  que  a 
mayor  peligro  de  verguença  me  oponga  por  satisfazer  e  conplir 
mandado  del  muy  noble  e  virtuoso  senor,  mi  senor  Don  Alfonso 
Pimentel,  conde  de  Benauente,  cuyo  criado  yo  pedro  de 
Chinchilla  so,  osare  tomar  la  penola  e  con  ella  en  la  nuestra  lengua 
escreuir,  en  el  nuestro  Romance,  la  troyana  ystoria,  sy  quiere  de 
los  infortunios  e  mal  auenturados  acaesçimientos  deuenidos  a  la 
troyana  generaçion,  que  por  razon  de  su  grandeza  sera  su  me- 
moria  e  recordaçion  perpétua  fasta  el  postrimero  dia,  segunt  Guido 
de  Colupnia  en  su  volumen  en  la  lengua  latina  copilo.  E  por  quanto 
algunos  ouo  questa  mismaystoria  romançaron,  syguiendo  el  proçeso 
de  la  cruda  ystoria,  munchascosas  délia  dexaron,  que  amiparesçe 
aquello  ser  lo  mejor  e  mas  util  e  que  la  muncho  ennobleçe,  e  alegra 
los  animos  de  los  entendidos  leedores,  e  manifiesta  al  actor  sy 
quiere  conponedor  grant  sufiçiençia,  yo,  en  quanto  podre,  me 
esforçare  de  ninguna  cosa  en  ella  menguar,  nin  menos  de  mio 
aîïader,  mas  que  por  este  traslado  sea  conosçido,  a  los  quel  latin 
ygnoran,  en  quanto  conpuesto  e  plazible  estillo  esta  ystoria  el  ya 
nonbrado  ordeno.  E  bien  creo  que  algunos  aura  que  mi  ynçufi- 
çençia  saben  [y]  dexaran  de  leer  esta  trasladaçion  ,  pero  consi 
derando  como  el  ya  nonbrado  mi  senor  al  ocçio  muy  poco  se  de,  e 
todo,  o  lo  mas  de  su  tienpo  ocupe  con  vertuoso  e  alto  deseoen  vere 
saber  la  vida  e  costunbres  de  los  antiguos  varones,  espeçialmente 
de  los  caualleros  famosos  que  en  el  uso  e  exerçiçio  de  las  armas 
virtuosamente  se  ouieron,  por  que  en  aquella  virtud  sumagnanimo 
coraçon  mas  se  esfuerça,  le  plazera  esta  mi  obra  leer  porque  de 
materia  a  su  deseo  conforme  tracte.  Lo  quai  asaz  benefiçio  es  a  mi 
que  su  juyzio  discreto  la  lea,  por  cuyo  mandado  a  la  trasladar  me 
dispuze,  e  yo  me  esforçare  de  la  poner  en  tal  estillo  que  a  su  merçed 
non  sea  muncho  enojoso.  E  como  en  todo  prinçipio  la  diuinal 
ayuda  deue  ser  inuocada,  syn  el  quai  ninguna  cosa  bien  auenturada 
ser  puede,  nin  prospero    fin  auer,  con   deuoto  animo  e  coraçon 


2G8  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

omillde  su  ynmensa  cleménçiainuoco,  e  suplico  en  esta  pequefia 

obra  su  cliuinal  gracia  ynfluya  en  m  ancra  quelosqueen  ella 
leoran  reçiban  dotrina  de  bien  e  virtuosampnte  beuir,  en  la  quai, 
allende  de  la  narration  de  laystoria,  a\  asaz  enxenplos  de  grande 
utilidad  a  la  vida  autiua  (sic),  e  pido  e  suplico  a  la  bien  auenturada 
e  gloriosa  fija,  esposa,  e  madré  suya,  que  desta  ynuocaçion  a  su 
ymenso  e  bendito  fijo  sea  ynterçesora,  la  quai  se  començo  en 
Benauente,  quandola  fructuosa  encarnaçion  del  nuestro  rredentor 
fuevenida  a  los  mille  quatroçientos  equarentae  tresânos,  faziendo 
el  cuerpo  solar  su  curso  de  luxo  del  zodiaco  en  el  comienço  del 
signo  de  piçes. 


D 


(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  M,  n°  2;  Rocam.  n°  90;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-112) 

Guido    delle   Colonne,,    Histoire    de    Troie,   traduite  en 
catalan  par  Jacme  Conesa,  en  1367. 

Manuscrit  de  168  feuillets,  papier,  le  premier  feuillet  est 
endommagé  et  rebordé,  réglé  à  30  lignes.  Écriture  du  XVe 
siècle.  Rubriques  et  petites  capitales.  Cet  ouvrage  commence 
par  une  grande  initiale  noire.  Format  285x201  mm.  Reliure 
de  parchemin. 

Préface.  Incipit  :  «  A  istancia  et  a  pregaries » 

Explicit  :  «  en  romanz  axi  com  dit  es,  et  comenz  en  la  forma 
que  segue.  » 

Texte.  Incipit:  «  Iatsia  que  tots  dies  les  coses  antigues 
sien...  » 

Explicit.  Fol.  168  :  «  Diomedes  ocis  lo  rey  Antipo  et  lo  rey 
Exterion,  lo  rey  Prothonor  et  lo  rey  Obtomeno.  Ffenito 
libro,  sit  laus  et  gloria  cristo.  Amen.  » 

Amador  de  los  Rios  (Historia  critica,  t.  IV,  p.  349, 
note  2)  n'a  connu  que  ce  seul  manuscrit  de  ce  texte.  La 
Bibliothèque  Nationale  de  Madrid  (ancien  fonds  F-112) 
conserve  un  manuscrit  du  même  texte  et  du  XIVe  siècle, 
auquel  manquent  trois  feuillets  au  commencement. 
M.  J.  Massô  Torrents,  qui  n'a  pas  vu  notre  li-112,  consacre 
une  notice  au  ms.   F-112  de  l'ancien  fonds,  dans  ses  Ma- 


XL VI.    HISTOIRE    DE    TROIE  269 

nuscrits  catalans  de  la  Blblioteca  Nacional  de  Madrid, 
p.  93.  Joseph  Ametller  (Revistade  Gerona,  1888)  et  Milâ 
y  Fontanals  dans  sa  Notice  sur  trois  manuscrits  (Obras, 
t.  III,  p.  477)  décrivent  chacun  un  autre  manuscrit  de  la 
version  de  Jacme  Conesa.  Récemment  M.  Sanvisenti  a 
publié  une  notice  de  don  Manuel  de  Bofarull  sur  un  ma- 
nuscrit inconnu  de  ce  même  ouvrage  (/  primi  influssi  di 
Dante,  etc.,  p.  389).  Nous  copions  en  entier  la  courte 
préface  du  protonotaire  Jacme,  parce  qu'elle  contient  de 
curieux   renseignements  : 

A  istancia  et  a  pregaries  de  un  noble  hom  et  de  gran  compte  qui 
desijaua  auer  en  Romanz  les  istories  Troyanes  qui  son  en  lati  per 
com  hauia  hoyt  dir  qui  eren  fort  belles  et  que  pertanyen  a  saber  a 
tôt  caualier,yo  Jachme  Conesa,  prothonotari  del  senyor  Rey,  jatsia 
que  fos  asats  ocupat  de  altres  majors  afers  et  no  agues  belaer  (sic)  de 
ocopar  me  en  aytals  coses,  empero  per  satisfer  aies  sues  pregaries, 
et  car  sabia  que  quell  trobaua  plaer  en  saber  moites  istories  et 
molts  fets  antichs  et  era  vollenteros  en  legir  et  saber  fets  caual- 
leros  et  aytals  com  las  dites  istories  contenen,  jatsia  quel  ell 
entesses  queacom  (?)  de  lati,  empero  car  la  suptilitat  dels  latins 
segons  los  quais  les  dites  istories  son  compostes  deya  que  no  les 
podia  perfectament  entendre,  per  que  non  podia  auer  aquel  plaer 
ni  la  entencio  ques  pertany  del  libre,  et  per  complaure  a  ell,  de 
aromancar  aquelles,  per  aqueles  entreuals  de  temps  que  poria, 
comenci  diuenres  a  XVIII  del  mes  de  juny,  del  any  M.C.C.C. 
LXVII,  protestant  que  no  sia  prejudicat  aies  dites  istories  en  lati, 
car  verairnent  lo  Romanz  de  aqueles,  en  esguart  del  lati  lo  quai  es 
molt  aptament  posât,  es  axi  com  plom  enuers  ffin  aur.  Et  axi  matex 
protestant  que  sialgunes  paraules  seran  transportades,  o  que  pare- 
gua  que  no  sien  conformes  de  tôt  en  tôt  al  lati,  no  sia  inputat  a 
ultracuydament  demi,  masque  cascu  entena  que  aquel  trasporta- 
ment  o  mudament  es  per  donar  antendre  plenament  e  grosera  los 
latins  qui  son  soptils  al  dit  noble  hom  et  tots  altres  lechsqui  après 
de  les  dites  istories  legiran.  Et  en  cara  mes  pot  esser  imputât  a 
[iJgno[ran]ciamia,  qui  segons  la  suptilitat  de  aquel  qui  les  composa 
no  so  bastant  ni  suficient  a  fer  tal  traslatacio  de  lati  en  Romanz, 
mas  confiant  en  la  gracia  de  deu,  et  sabent  que  per  fer  alguna 
mutacio  del  dit  lati  en  Romanz  no  pot  esser  a  mi  Reprensio  qant 
adeu,  atreueschme  de  fer  a[que]sta  obra,  pregant  ab  gran  istancia  a 
tots  los  ligents,  que  si  res  hi  aura  que  no  les  placia  o  que  les  torn 
anug  que  non  donen  carech  a  mi  algun,  com  yo  aytant  com  mils 


270  BIBLIOTHÈQUE    Dl     MARQUIS    DE   SANTILLANE 

pore  me  enten  a  conformai1  al  test  de  lés  dites  \  3 tories,  aytals  com 
yo  los  he  reduynt  aqueles  de  lati  en  romanz,  axi  com  dit  i 

comenz  en  la  forma  que  segue. 


Guido  delle  Colonne,  Histoire  de  Troie,  En  aragonais. 
Cf.  Notice  III,  ms.  Ii-68 

Traducteurs    et     Traductions    des    Histoires  de      Troie 
en  Espagne 

M.  Mussafia  a  divisé  les  Histoires  de  Troie  espagnoles 
en  deux  groupes  :  celles  qui  sont  des  versions  de  Benoît  de 
Sainte-More  et  celles  qui  sont  des  versions  de  Guido  delle 
Colonne  (Cf.  Ueber  die  spanischen  Versionem  der  His- 
toria  Trojana.  Sitzuncjsberichte  d.  K.  ALademie,  Vienne, 
1871).  Des  manuscrits  dont  nous  avons  parlé  quatre: TEs- 
curial,  I-H-6  castillan,  TOsuna  Ii-67  galicien,  le  castillan- 
galicien  de  Santander  et  TOsuna  Ii-99  castillan,  appartien- 
nent au  premier  groupe.  La  traduction  de  Jacme  Cones;i  en 
catalan,  celle  de  Pedro  de  Chinchilla  en  castillan,  et  las 
Oraciones  et  arenguas  de  la  Ystoria  Troyana  en  aragonais, 
appartiennent  au  second  groupe.  11  y  aurait  beaucoup  à  dire 
sur  les  textes  dérivés  de  ces  traductions,  sur  les  imitations 
auxquelles  elles  ont  donné  lieu  et  sur  l'infiltration  de  ces 
histoires  dans  les  chroniques,  mais  c'est  là  un  point  qui 
demande  une  étude  spéciale  et  que  nous  ne  pouvons  pas 
aborder  dans  ce  travail.  Nous  nous  bornerons  à  rappeler 
la  compilation  cle  Delgado,  qui  dérive  de  Guido  delle  Co- 
lonne, comme  Tout  montré  M.  Mussafia  et  M.  Morel-Fatio 
(Romania,  t.  IV,  p.  85;.  A  titre  de  curiosité,  et  seulement 
pour  indiquer  combien  longtemps  YHistoire  de  Troie  a 
occupé  les  esprits  dans  la  Péninsule,  nous  citerons  un  rifa- 
cimento  de  la  compilation  de  Delgado,  écrit  par  un  cer- 
tain Munoz  Garcia  Jorje  y  Mendoza  (Juan)  qui  date  sa  pré- 
face de  Murcie,  8  décembre  1770  ;  il  dit  s'être  servi  d'une 
compilation  faite  en  1690  par  Baltazar  de  Chaves  «  natural 
de  Miranda  del  Duero  (Portugal).  »  Ce  singulier  manuscrit 
fait  partie  de  la  bibliothèque  particulière  de  M.  Menéndez 
y  Pelayo.  


XLVII 


DANTE 


(Rocam.  n°  106;  Biblioth.  Nat.  Madrid.  Reserv.  4a-7). 
Dante  Alighieri,  La  Divina  Commedia.  En  italien. 

Manuscrit  de  222  feuillets,  plus  1  blanc,  vélin,  grandes 
marges,  rubriques,  initiales  et  lettrines  ornées,  grandes  mi- 
niatures très  fines.  Écriture  et  peinture  du  XIVe  siècle, 
caractères  gothiques.  Format  370x260  mm.  Reliure  mo- 
derne. 

Le  verso  du  feuillet  de  garde  est  occupé  par  une  minia- 
ture qui  représente  Dante,  lorsqu'en  se  retournant  au  pied 
de  la  colline  il  aperçoit  les  trois  fauves.  Au-dessous  de  cette 
peinture,  des  armes  d'azur  portant  un  lion  rampant  d'ar- 
gent, couronnées  d'un  heaume  d'azur  surmonté  d'une  pan- 
thère d'argent  tachetée  de  sable. 

Fol.  1.  Encadrement  de  feuillages,  d'arabesques  et  d'oi- 
seaux, un  peu  lourd.  Rubrique  :  Incomincia  la  comedia 
de  Dante  Allighieri,  nella  quai  tracta  délie  pêne  e  puni- 
menti  de'  uieiiyetdë  meritiedë premii  délie  uirtudi.  Canto 
primo  délia  prima  parte,  la  quai  si  chiama  înfërno,  nel 
quale  V  autore  fa  proemio  a  tutta  V opéra,  Capitolo  primo. 

L'N  enluminé  par  lequel  commence  le  texte  nous 
montre  Dante  devant  un  pupitre  où  se  trouvent  un  encrier 
et  une  plume,  il  tient  son  livre  ouvert  des  deux  mains. 

Incipit  :  «  Nel  meço  del  camindi  nostra  uita 
mi  ritrouai  per  una  selua  scura, 
che  la  dritta  uia  era  smarrita .  » 


872  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Fol.73v°.  Fin  de  l'Enfer.  Fol.  74.  Grande  miniature  qui 
représente  le  Purgatoire,  on  voit  sur  l'eau  la  barque  pleine 
d'âmes  conduite  par  l'ange,  et  sur  le  rivage,  Dante,  Vir- 
gile et  Caton.  Au-dessus,  comme  dans  la  première  peirif  ure, 
le  ciel  étoile. 

Fol.  74  v°.  Rubrique  :  Comincia  la  seconda  parte  délia 
cotnedia  di  I tante  Allighieri  di Firençe^  nella  quai  si  pur- 
gano  i  commessi  peccati  e  uitii  d(:  quali  l'uomo  e  con- 
fesso  et  pentuto,  cou  ani/no  di  satisfactionC)  et  contient' 
XXXIII  capitol t.  ( 'apitolo  primo. 

L'encadrement  du  feuillet  74  v°  est  plus  riche  que  le 
premier,  l'initiale  du  texte  représente  Dante,  Virgile  et 
l'ange  à  l'entrée  du  Purgatoire. 

Fol.  147  v°.  Fin  du  Purgatoire.  Le  feuillet  148  est  tout 
occupé  par  une  peinture  où  l'on  voit,  au  sommet  d'un  mont 
entouré  de  flammes  (Purgatoire),  Béatrice,  Stace  et  Dante 
debout;  dans  le  fond  des  arbres,  au-dessus,  sur  des  nuages 
roses,  et  dans  un  ciel  étoile,  la  Vierge  et  l'enfant  auréolés 
et  quatre  anges  nimbés  agenouillés  à  droite  et  à  gauche. 
Fol.  448  v°.  Rubrique  :  Comincia  la  terra  cantica  delta 
co média  di  Dante  Alleghieri  di  Firençe  chiamata  Para- 
diso,  nella  cjual  tracta  de'  beati  et  délia  celestial  gloria  et 
de7  meriti  et  premii  de'  sancti,  et  deuidesi  in  noue  parti 
corne  lo'nferno. 

Ce  feuillet  148  v°  est,  comme  les  deux  autres  feuillets 
cités  plus  haut,  encadré  d'ornements.  L'initiale  qui  ouvre 
le  texte  de  cette  troisième  partie  est  enluminée,  on  y  voit 
la  Vierge  assise  devant  la  croix  où  meurt  son  fils. 

En   marge  du  feuillet  87  v°  (Enfer,  chant  XXXII),  un 
copiste  a  écrit  entre  les  tercets  7  et  8,  un  tercet  omis  : 
«  Perchio  mi  uolsi,  et  uidimi  dauante 
e  sotto  piedi  un  lago,  che  per  gielo 
auea  di  uetro,  et  non  d'  acqua,  sembiante.  » 
Fol.  191  (Paradis,  chant  XX),  entre  les  tercets  9  et  10, 
autre  oubli  qui  est  réparé  en  marge: 

«  Fecessi  uoee  quinci,  et  quindi  uscissi 
per  lo  suo  becho  in  forma  di  parole, 
quai  aspectaua  il  chuor  ou'io  le  scrissi.  » 
Ces  deux  corrections  en  marge  sont  du  XVe  siècle. 


XLVIt.    DANTE  273 


B 


(Rocam.  n°  107  f:Biblioth.  Nat.  Madrid,  Hh-76). 

Dante  Alighieri,  1.  Convivio.  2.  Canzoniere.  3.  Canzoni 
délia  Vita  nuovaper  Béatrice.  En  italien. 

Manuscrit  de  84  feuillets,  vélin,  non  folioté.  Écriture  du 
XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Encadrement  et  ornements 
de  style  italien.  Lettres  et  lettrines  de  couleur.  Écu  d'armes 
en  blanc.  Format  290 X 210  mm.  Reliure  moderne. 

I.  Fol.  1.  Rubrique  :  Conuiuio.  Incipit  :  «  Sicome  dice  il 
phylosofo  nel  principio  délia  metaphysica  prima  phylosofia  : 
tutti  gli  uomini  naturalmente  desiderano  di  sapere...  » 

Fol.  73  B.  Explicit  :  «  e  nel  secretissimo  délia  diuina 
mente.  Amen.  »  finis. 

II.  Fol.  74  A.  Rubrique  :  Qui  incominciano  le  cançoni  mo- 
rali  di  Dante  Alighieri  fiorentino  poeta,  e  prima  dello 
spregiare  délia  sua  donna. 

a  Cosi  nel  mio  parlar  uoglio  essere  aspro  » 
Cançona  seconda  di  Dante,  délia  intelligença  et  parla  delV 
amor  suo . 

<(  Voi  cil  entendendo  il  terço  ciel  mouete  » 
Cançona  terça,  délie  uirtu  et  délie  belleçe  délia  sua  donna. 

((  Amor  cbe  nella  mente  mi  ragiona  » 
Cançona  quarto,,  délia  uera  nobilta  parla  altamente. 

«  Le  dolci  rime  d'  amor  eh'  io  solea  » 
Cançona  quinta,  delV  amor  délia  sua  donna. 

((  Amor  che  muoui  tua  uirtu  dal  cielo  » 
Cançona  sexta,  dimostra  [di]  quanto  amor,  amor  siapreso  : 

«  Io  sento  si  d'  amor  la  gran  possança  » 
Cançona  settima,   dimostra  che  per  lo   tenpo  freddo  del 
uerno  non  ama  meno  : 

«  Al  poco  giorno  e  al  gran  cierchio  d'onbra(l)  » 

1.  Cette  pièce  est  la  Sestlna  qui  se  trouve  dans  le  Canzoniere  de 
Dante . 

18 


274  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Cançona   oplaua,,    pviegha  V  amore  cbï  amolisca  la  cru 
delta  délia  donna  sua  : 

«  Amor  tu  uedi  ben  che  questa  donna  » 
Cançona  nona,  dimostra  chelle  qualita  euarieta  del  tenpo 

non  mutano  V  amor  SUO. 

((   Io  son  uenuto  al  punto  délia  rota  » 
Cançona  décima,  [ra]maricasi  aile  donne  délia  donna  sua. 

a  E  m'  increscedi  me  simalamente  » 
Cançona  undecijna,  parla  dellauera  nobilta  altamente. 

a  Poscia  chaîner  del  tutto  m'a  lasciato  » 
Cançona  duodecima,  porge  prieghi  per  pieta  alla  donna 
sua. 

«  La  dispietata  mente  che  pur  mira  » 
Caneona  tredecima, parla  délie  uirtu. 

a  Tre  donne  intorno  al  cor  mi  son  uenute  » 
Cançona  quactor  décima,  parla  contra  a'uitiôsi  e  singular- 
mente  contro  agit  auari. 

((  Doglia  mi  recha  nellô  coreardire  » 
Cançona  quindecima,  si  ramarica  dicrudelta  d'  una  mal- 
uagia  donna. 

«  Amor  dache  conuien  pur  ch'io  mi  doglia  » 
Fol.  33  B.  Rubrique  :  Finite  le  XV cançone  di  Dante. 

III.  Cançona  di  Dante,  prima  delta  uita  nuoua  per  Béa- 
trice, in  lodadilei.  XVI. 

«  Donne  ch'auete  intellecto  d' amore  » 
Cançona  di  Dante  per  Béatrice,  seconda  nella  uita  nuoua. 
XVII. 

«  Donna  pietosa  e  cli  nouella  etate  » 
Cançona  di  Dante  per  la  morte  di  Béatrice,  e  terça  nella 
uita  nuoua.  XVIII. 

((  Gli  ochi  dolenti  per  pieta  del  chore.   » 


Dante  Alighieri,  Cansoniere.  En  italien. 
Cf.  Notice  XLIX,  ms.  Ii-33. 


XLVII.    DANTE  275 


*D 


(Osuna  :  Plut.  IV.  Lit.  N,  n°  30;  Rocam.  n°  105,  répété  par  erreur  au 
n°  110;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-110). 

1.  Dante  Alighieri,  La  Divina  Commedia.Tex.te  italien 
accompagné  de  la  traduction  castillane  de  don  Enrique  de 
Villena.  2.  Pétrarque,  Un  sonnet.  Texte  italien  et  tra- 
duction castillane.  3.  Trois  maximes  morales.  En  latin  avec 
la  traduction  castillane.  4.  Dante  Alighieri,  Lo  Credo, etc. 
En  italien.  Manuscrit  de  208  feuillets  de  papier,  non  folioté, 
réglé  à  39  lignes.  Écriture  italienne,  datée  de  1354.  Écri- 
ture espagnole  de  la  première  moitié  du  XVe  siècle.  Ru- 
briques latines,  traduites  en  italien  au  bas  des  feuillets, 
jusqu'au  chant  XXII  de  l'Enfer.  Capitales  ornées  de  traits 
calligraphiques.  Format  290x216  mm.  Reliure  de  par- 
chemin. 

I.  Fol.  1.  Ce  feuillet  a  été  refait,  probablement  le  feuillet 
primitif  avait  été  endommagé,  déchiré  ou  sali.  Il  en  a  été 
de  même  du  fol.  24.  Ces  deux  feuillets  sont  écrits  cle  la 
même  grosse  écriture  carrée  de  la  fin  du  XVe  siècle,  que 
nous  retrouvons  à  la  fin  du  volume  où  il  y  a  un  sonnet  de 
Pétrarque. 

Rubrique  :  Ineipit  comedia  Dantis  Alléger ii Jlorentini  in 
qua  tractât  de  pénis  et  punicionibus  uiciorum.  Et  de  me- 
ritis  et premiis  uirtutum.  Cantus  primas  qui  uocatur  infer- 
nus  et  in  ista prima  parte  auctor  J'acit  prohemium  suum 
super  toto  oper. 

Ineipit  :  «  Nel  mezo  dil  camin  di  nostra  vita.  » 

Fol.  2.  Ce  feuillet,  dont  les  marges  ont  été  rognées,  a 
été  recollé,  il  s'était  détaché  probablement  en  même  temps 
que  le  premier,  sans  être  assez  endommagé  pour  qu'on  le 
récrive  comme  l'autre. 

Explicit  :  «  e  quindi  uscimo  a  riueder  le  stelle.  » 

Fol.  61.  Rubrique  :  Comediae  Dantis  Adigherii  dejlo- 
rentia,  prima  cantica  que  appelatur  infernus  explicit.  Deo 
gratias.  Amen. 

Fol.    62.   Rubrique  :   Ineipit  liber  secundus,  qui  dicitur 


276  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS   DE   SANTILLANK 

purgatorium,  comediarum  Dantis  Allegerii9et  est  capitulum 
prin/ium  tractans  de  hiis  qui  se  purgant  a  pecatis  per  eos 
comissis  et  que  confessi  penituerunt. 
Incipit  :  «  Per  correr  miglor  acqua  alça  le  uele.  » 
Explicit  :  «  puro  e  disposto  a  salira  le  stelle.  » 
Fol.  125.  Rubrique  :  Explicit  liber  secondusi  de  purga- 
torio,  comediarum  Dantis  Adigherii.  Amen. 

Fol.  126  et  127.  Ces  feuillets  sont    occupés   par   le  som 
maire  en  terzines  du  Paradis,  de  Dietaiuve  Mino  di  Vanni 
d'Arozzo,  d'abord  attribué  àBosone  da  Gubbio(l). 

Fol.  128.    Rubrique:  Incipit   liber  tercius  comediarum 
Dantis  Allegerii  de Jlorentia,  qui  liber  apelatur  paradisus 
et  est  liber  prtmus  hujus  terril  libri. 
Incipit  :  «  La  gloria  di  colui  che  tutto  înuoue.  » 
Explicit  :  a  amor  che  muoue  il  sole  e  l'altre  stelle.  » 
Fol.  194  v°.  Rubrique:  Comediarum  Dantis  Adigherii  de 
florencia  liber  tercius,  qui apelatur  paradisus ,  explicit. Deo 
gracias  amen.  Qui  liber  scriptus  fuit  anno  domini  mille- 
simo  CCCLIIII  (1354),  qui  quoque  finit  us  fuit  die  X  no- 
ue mbris.  Amen. 

II. Fol.  196.  Rubrique:  Soneto  que  fizo  Mirer  Francisco, 
por  el  grand  desseo  que  aida  de  obtener  la  poesia,  a/ir- 
mando  que  otro  deleyte  o  bien  temporal  no  lopodrian  tanto 
contentar  la  sitibunda  voluntad  suya.  E  fabla  de  amor  me- 
thaforicamente  entendiendolo  de  lo  suso  dicho.  Incipit  : 
«  Non  po,  thesin,  uaro,  arno,  adige,  o  tebro.  » 

Explicit  :  «  ne  la  dolçe  ombra  al  suon  ciel  acqua 
scriua  (2).  )) 

Les  feuillets  196  v°  -198  contiennent  la  traduction  castil- 
lane de  ce  sonnet  accompagnée  d'un  commentaire  ;  suit  une 
note  sur  le  mot  Punicum  en  latin  et  en  espagnol. 

III.  Fol.  199  v°.  Ce  feuillet  contient  trois  maximes  la- 
tines traduites  en  castillan,  une  de  Cléobule,  une  de  Cicéron 
et  une  de  Boèce. 


1.  Cf.  Carlo  e  Lodovico  Frati,  Indice  dellc  carte  diPietro  Bilancioni, 
contributo  alla  biblio  g  raphia  délie  rime  vol  g  art  de'  priini  tre  secoli. 
Bologna,  1889,  p.  258,  VIII,  n°4.  —  Cf.  aussi  Morpurgo,  I  codici  Ric- 
cardiani  délia  Dicina  Commedia,  p.  68. 

2.  C'est  le  sonnet  116  de  Pétrarque  in  vita  di  inadonna  Leur  a.  Edi- 
tion de  Giovanni  Mestica.  Florence,  Barbera,  1896,  p.  222. 


XLVII.    DANTE  277 

IV.  Fol.  203.  Rubrique  :    Questo  e  lo  credo,  per  lojide- 
lissimo  et  cristianissi/no    Dante  poeta  composto,    inserto 
chou  la  dominical  oratione  et  uirginal  salutacione. 
Incipit  :  «  lo  credo  in  un  padre  clie  puo   fare.   » 
Explicit  :  «  che  paradiso  al  uostro  fin   ci    doni.  »  Finis. 
Deo  grattas  amen. 

La  traduction  castillane  de  la  Divine  Comédie  (1)  accom- 
pagne le  texte,  c'est-à-dire  que  les  treize  terzines  de  chaque 
page  se  trouvent  traduites  en  marge,  avec,  pour  chaque 
terzine,  le  numéro  qu'elle  porte  dans  le  texte  italien  et  qui 
est  le  numéro  d'ordre.  Par  endroits  la  traduction  en  prose 
imite  les  vers  et  est  écrite  sur  trois  lignes,  ailleurs  de 
petits  traits  seuls  indiquent  où  finit  le  contenu  de  chaque 
vers.  D'assez  fréquentes  corrections  de  style,  un  mot  effacé 
remplacé  par  un  autre,  des  hésitations,  comme  par  exemple 
la  traduction  d'un  terme  italien  par  deux  ou  trois  syno- 
nymes entre  lesquels  le  traducteur  n'a  pas  su  choisir  le  mot 
juste,  tous  ces  signes  donnent  à  cette  version  l'allure  d'un 
original.  Un  commentaire  latin  écrit  en  marge  également 
explique  quelques  passages  de  Y  Enfer  ;  plus  rares  déjà  en 
marge  du  Purgatoire,  ces  notes  latines  font  complètement 
défaut  au  Paradis.  En  examinant  ces  notes,  on  peut  y  re- 
connaître deux  écritures,  l'une  antérieure  à  la  version  cas- 
tillane, l'autre  de  la  même  main  que  cette  version.  Déplus, 
nous  relevons  encore  deux  autres  sortes  de  notes  dans  les 
marges  si  chargées  de  ce  précieux  manuscrit.  1°  Des  cor- 
rections ou  améliorations  de  la  traduction  dues  à  un  ano- 
nyme et  à  Don  Inigo  Lopez  de  Mendoza.  2°  Des  notes  ex- 
plicatives et  des  remarques  morales  ou  psychologiques  que 
la  lecture  attentive  du  poème  a  suggérées  au  marquis  de 
Santillane,  qui  les  a  écrites  de  sa  main.  Le  Marquis  se  sert 
aussi,  pour  noter  les  passages  qui  l'ont  frappé,  et  dont  nous 
retrouvons  en  partie  l'écho  dans  ses  œuvres,  d'un  signe 
spécial .  L'écriture  des  notes  marginales  où  nous  reconnais- 
sons la  main  du  célèbre  Marquis,  est  absolument  celle  des 
signatures  autographes.  Nous  l'avons  comparée  aux  signa- 

1.  Cf.  mon  étude  sur  La  première  traduction  espagnole  de  la  Divine 
Comédie  dans  Homenaje  à  Menèndes  y  Pelaijo,  estudios  de  erudicion 
espaiïola,  t.  I,  p.  269. 


278  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

tures  d'Inigo  Lopez  fac-similisées  dans   le  volume  d< 
Œ uvres,  publié  par  Amador  de  los  Rios.  Mais  nous  avons 
eu  mieux  qu'un  fac-similé  :  le  département  des   manuscrits 
de  la  Bibliothèque  nationale  de    Madrid  conserve,  dans 

vitrines,  une  charte  munie  du  sceau  et  de  la  signature  auto- 
graphe du  marquis  de  Santillane.  La  comparaison  de 
l'écriture  des  mots  el  marqués^  qui  constituent,  on  le  sait, 

la  signature  de  don  Iiligo  Lopez  deMendoza,  après  1445,  date 
de  son  élévation  au  marquisat,  avec  les  notes  marginales  de 

notre  manuscrit  ne  peut  laisser  subsister  aucun  doute  au 
sujet  de  notre  attribution.  Quant  au  signe  que  nous  avons 
mentionné  ci-dessus,  nous  l'avons  retrouvé  identique  enca- 
drant la  signature  du  Marquis  au  bas  de  la  charte  dont 
nous  venons  de  parler.  Du  reste,  le  même  signe  apparaît 
dans  les  marges  du  ms.  n°  458  du  fonds  espagnol  de  la 
Bibliothèque  nationale  de  Paris,  provenant,  lui  aussi, 
de  la  bibliothèque  du  duc  d'Osuna.  Le  manuscrit  de  Paris, 
dont  nous  reparlerons  plus  bas,  porte,  surson  premier  feuil- 
let, les  armes  du  marquis  de  Santillane.  Et  c'est  encore  le 
même  signe  que  nous  trouvons  en  marge  de  la  version  cas- 
tillane des  Alabanças  de  Espana  deGil  de  Çamora,  conser- 
vée à  Madrid  (Cf.  ci-dessous,  notice  LXVII,  ms.  Ii-140). 
Nous  pensons  que  ce  signe  pourrait  bien  être  un  c,  ce  qui 
s'expliquerait  aisément  par  la  coutume  connue  des  sei- 
gneurs espagnols,  qui  encadraient  leur  signature  cle  l'ini- 
tiale du  prénom  de  leur  femme.  Or  le  Marquis,  on  s'en  sou- 
viendra, épousa  en  1416  dona  Catalina  Suârez  cle  Figueroa, 
qui  mourut  en  1455. 

Avant  de  parler  de  la  valeur  de  cette  première  traduction 
castillane  de  la  Divine  Comédie,  nous  donnerons  quelques 
extraits  de  cette  version. 


Enfer.  Chant  I. 

Prinçipia  el  actor  Dante  : 

1.  En  el  medio  del  camino  de  nuestra  vida  me  falle  por  unaespe- 
sura  o  silua  de  arboles  obscura  en  do  el  derecho  camino  estaua 
amatado. 


XLVII.    DANTE  279 

2.  E  quanto  a  dezir  quai  era  es  cosa  dura  esta  selua  salua  saluaje 
aspera  e  fuerte  que  pensando  en  ella  renueua  el  mi  miedo. 

3.  Tanto  era  amarga  que  poco  mas  es  la  muerte,  mas  por  contar  del 
bien  que  yo  en  ella  falle  dire  de  las  otras  cosas  que  a  mi  ende 

fueron  descubiertas. 

4.  Yo  non  se  bien  tornar  a  dezir,  siquier  explicar,  como  yo  en  ella 
entre  tanto  era  llieno  de  sueno  en  aquel  punto  quel  verdadero 
camino  desenpare. 

5.  E  desque  fuy  al  pie  de  un  collado  junto,  en  do  aquel  valle  se 
acabaua  que  de  miedo  me  pungia  el  coraçon, 

6.  cate  en  alto  e  vi  las  sus  espaldas  vestidas  yadel  rayo  del  pla- 
neta,  que  lieua  a  otro  derecho  por  toda  calle  o  camino. 

7.  Estonçes  fue  el  miedo  algund  poco.  .  .  que  en  el  logar  del  cora- 
çon durado  auia  la  noche  que  yo  passe  co[n]  tanta  piedat. 

8.  E  ansi  como  aquel  que  con  rresollo  afanado  salle  fuera  del  pie- 
lago  a  su  orilla  e  se  buelue  al  agua  peligrosa  e  la  mira, 

9.  desa  manera  el  animo  mio  que  aun  fuy[aj  se  boluio  atras  a  mi- 
rar  el  passo  por  do  algun  tienpo  non  dexo  passar  jamas  persona 
biua. 

10.  E  despues  que  oue  reposado  un  poco  el  cuerpo  cansado,  torne 
tomar  camino  por  la  plaja  desierta,  e  todauia  el  pie  firme  era  a 
lo  mas  baxo. 

11.  E  ahenos,  quasi  al  començar  de  la  sobida,  una  onça  ligera  e 
presta  mucho  de  pelo  maculado  de  diuersos  colores  cubierta. 

12.  E  non  se  me  partia  antel  rostro,  antes  estoruaua  tanto  el  mi 
camino  que  yo  fuy  muchas  vezes  en  punto  de  tornarme. 

13.  Tienpo  era  del  comienço  de  lamanana,  quel  sol  subia  suso  con 
aquellas  estrellas  con  quien  el  estaua,  quando  el  amor  diuinal 

14.  (quando)  començo  a  mouer  aquellas  cosas  fermosas,  asi  que 
al  esperar  me  era  ocasion  de  aquella  fiera  de  la  piel  engafiosa, 

15.  la  ora  del  tienpo  e  la  dulçe  estança,  mas  non  asi  que  miedo 
non  me  diesse  la  vista  que  me  aparesçia  de  un  leon  ; 

16.  aqueste  paresçia  contra  mi  venir  con  alçada  cabeça  e  rauiosa 
fanbre,  que  paresçia  que  del  el  ayre  tomase  espanto; 

17.  e  una  loba  que  de  toda  bramia  paresçia  cargada  en  su  ma- 
greça,  la  quai  a  muchas  gentes  fizo  va  beuir  menguadas. 

18.  Esta  me  truxo  tanta  de  graueza,  con  el  miedo  que  salia  de 
su  vista,  que  yo  perdi  laesperança  del  alteza. 

19.  E  quai  es  aquel  que  de  buena  mentregaua  (?)  e  biue  el  tienpo 
que  gelo  perder  faze,  que  en  todo  su  pensamiento  se  quexa  e  en- 
tristeçe  ; 

20.  tal  me  fizo  la  bestia  sin  paz,  que  viniendo  contra  mi  un  poco  a 
poco  me  cubria  do  el  sol  non  darja. 


280  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

21.  E  mientra  que  yo  miraua  en  baxo  logar,  delante  los  ojos  se  me 

ofresçio  uno  que  por  longo  silençio  paresçia  mudo  o  ronco. 

22.  Quando  yo  vy  aqueste  en  el  grande  desierto  dixele  :  merçed 
ayas  de  mi,  quien  quier  que  tu  seas,  o  sombra  o  orne  çierto. 

2!].  liespondiome  :  non  orne,  orne  ya  fuy  e  mis  padres  fueron  lon- 

bardos  e  la  tierra  dellos  fue  mantoa. 
21.  Nasçi  en  tienpo  de  Jullio  Çesar,  aunque  fuese  tarde,  e  biui  en 

rroma  so  el  buen  Augusto,  en  el  tienpo  de   los    dioses  falsos  e 

mintrosos. 

25.  Responde   Virgilio  : 

Poeta  fuy,  e  cante  de  aquel  iusto  fijo  de  Anchises,  que  vino  de 
troya,  despues  quel  soberuio  yllion  fue  ardido. 

26.  i  Mas  tu  porque  retornas  a  tanto  ruydo,  porque  non  sales,  o 
subes,  al  deleitoso  monte,  ques  prinçipio  e  ocasion  de  todo 
plazer  ? 

27.  Pues  ères  tu  aquel  Virgilyo  i  aquella  fuente  que  espandyo  de 
fablar  tan  largo  rio,  respondi  yo  a  el  con  vergonosa  fruente. 

28.  O  de  los  otros  poetas  honor  e  lunbre,  valame  agora  el  luengo 
studio,  e  gran  amor,  que  me  fiz  buscar  los  tus  libros. 

29.  Tu  ères  el  mi  maestro  i  el  mi  actor,  tu  ères  solo  aquel  del 
quai  yo  tome  el  fermoso  estillo  que  ma  fecho  honor. 

30.  Vees  la  bestia  por  quien  yo  me  bolui,  ayuda  elibra  me  délia, 
o  famoso  sabio,   que  ya  me  faze  tremar  las  venas  e  polsos. 

31.  A  ti  conuien  tener  otro  camino  respondio,  despues  que  lagri- 
mar  me  vio,  si  escapar  quieres  deste  lugar  saluaje. 

32.  Que  esta  bestia,  por  quien  tu  gritas,  no  dexa  a  otri  pasar  por 
su  camino,  mas  tanto  lo  destorua  que  lo  mata. 

33.  E  ha  natura  tan  maliciosa  e  mala,  que  nunca  finche  ni  farta  el 
fanbriento  talante,  e  despues  del  pasto  ha  mas  fanbre  que  pri- 
mero. 

34.  Muchas  son  las  animalias  a  quien  se  ju[n]cta,  e  mas  seran 
fasta  quel  galgo  venga  que  la  fara  morir  con  dolor. 

35.  Esteno[nJ  aura  tiera  ni  vaxilla,  mas  sabieza  amor  e  virtud, 
e  su  nascimiento  sera  entre  fieltro  i  fieltro. 

36.  De  la  humilde  ytalia  sera  fecho  salud,  por  quien  murio  la 
virgen  Camilla,  e  Heurialo,  e  Turno,  e  Niso  de  feridas. 

37.  Este  la  desechara  por  todas  las  villas,  fasta  que  la  torne  al 
ynfierno,  donde  primero  la  departio  ynuidia. 

38.  E  por  ende,  por  el  tu  mejor,  yo  pienso  e  determino  ser  a  ti 
bien  que  tu  me  sigas,  e  yo  sere  tu  guia  e  sacarte  de  aqui  por 
lugar  eternal, 

39.  onde  tu  veras  la  desesperada  compafiia  quexosa  de  los  anti- 
gos  spiritos  quexosos,  que  la  segunda  muerte  cada  uno  llorar 


XLVII.    DANTE  281 

40.  Despues  veras  aquellos  que  son  contentos  en  el  fuego,  porque 
esperan  de  yr,  quandoquier  que  sea,  a  la  bien  auenturada 
gente; 

41.  a  la  quai,  si  tu  despues  quieras  yr,  aima  fallaras  mas  digna 
de  mi  para  esto  e  con  ella  te  dexare  antes  que  me  parta. 

42.  Que  aquel  enperador  que  suso  reyna,  por  que  yo  fuy  contra- 
rio a  su  ley,  no  quiere  que  yo  entre  en  su  cibdat. 

43.  En  toda  parte  enpera  e  alli  rige,  alli  es  la  cibdat  de  su  alta 
silla,  o  bien  auenturado  aquel   que  para  tal  logar  elige. 

44 .  E  yo  a  el  :  poeta  yo  te  requiero,  por  aquel  Dios  que  tu  no  co- 
noçiste,  por  que  yo  sea  libre  a  este  mal  e  peor, 

45.  que  tu  me  lieues  donde  ora  dixiste,  asi  que  vea  la  puerta  de 
sant  Pedro  e  aquellos  que  dizes  tanto  tristes  ;  estonçes  se  mouio 
e  yo  seguilo. 


Enfer.  Chant  XXXIII . 

1 .  La  boca  se  leuanto  de  la  fiera  vianda  aquel  pecador,  feruiendo 
los  cabellos  de  la  cabeça  de  aquel  que  ténia  el  colodrillo 
gastado  ; 

2.  despues  començo  :  tu  quieres  que  yo  renueue  desesperar  (sic), 
dolor  que  al  coraçon  me  preme  ya  solo  pensando,  antes  que  yo 
dello  fable, 

3.  mas  si  las  mis  palabras  deuen  ser  en  uno  que  fruto  e  infamia 
del  pecador  que  yo  royo,  fablar  e  lagrimar  veras  en  uno. 

4.  Yo  non  se  quien  tu  ères,  nin  porque  manera  venido  ères  aca 
yuso,  mas  florentino  me  semeias  verdaderament  del  todo. 

5.  Tu  deues  saber  que  fuy  el  conte  Ugulino,  e  aqueste  el  arçobispo 
Rogier;  agora  te  dire  porque  le  so  tal  vezino  : 

6.  que  por  el  efecto  de  sus  malos  pensamientos,  fiandome  del,  yo 
fuese  preso  e  despues  muerto,  dezir  non  es  menester; 

7.  enpero  aquello  que  non  puedes  auer  entendido,  es  asaber  como 
la  muerte  mia  fue  cruda,  veras  e  sabras  si  el  m'a  ofendido. 

8.  Breue  forado  dentro  de  la  muda,  la  quai  por  mi  a  titulo  de  la 
fanbre,  e  que  conuien  aunque  otro  se  en  ella  ençierre, 

9.  m'auia  mostrado  por  su  forambre  mas  lumbre  ya,  quando  yo 
fis  el  mal  sueiio  que  de  lo  venidero  el  vélo  me  ronpio. 

10.  Este  paresçia  a  mi  maestro  e  duefio,  caçando  el  lobo  e  lobe- 
zinos  en  el  monte,  por  que  los  pisanos  veer  luca  |  cibdat  |  non 
pueden, 

11.  con  cane  magre,  studiose  fuerte  e  polida,  Gualando  con  Sçis- 
mondi  e  con  Lanfranchi   se  auia  puesto  delante  de  la  fruente. 


282  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE  SANTILLANE 

12.  En  poco  carso  me  paresçian  cansados  cl  padre  e  los  ftjos,  con 
los  aguclos  clientes  nie   paresçia  a  ellos  ver  fender  Jos  costados. 

13.  Quando  yo  i'uy  despierto,  an  tes  de  la  manana,  llorar  senti 
entrel  sueno  a  mis  ûjuelos,  queran  comigo,  edemandar  del  pan. 

14.  Bien  ères  cruel  si  tu  ya  non  te  dueles,  pensando  lo  quel  mi 
coraçon  anunçiaua,  e  si  non  llora  agora  de  lo  que  llorar  suele. 

15.  Va  eran  despiertos,  e  la  ora  se  açercaua  que  la  vianda  non  (!  ! 
solia  ser  trayda,  e  por  su  sueno  cada  uno  dubdaua, 

16.  e  yo  senti  clauar  la  puerta  de  yuso  a  la  orrible  torre,  onde  yo 
cate  en  el  rostro  a  mis  fijuelos,  sin  fazer  palabra. 

17.  Yo  non  lloraua,  si  dentro  me  acarree,  llorauan  ellos.  e  An 
selmucçio  mio  dixo  :  /,  tu  catas  asi  padre  que  as  ? 

18.  Por  que  yo  non  lagrime,  nin  respondi,  todo  aquel  dia  e  la  noche 
despues,  i'asta  el  otro  quel  sol  en  el  mundo  salio. 

19.  E  como  un  poco  de  rayo  asi  fue  puesto  en  el  doloroso  carçel, 
e  yo  recorde  por  quatro  vistas  al  mi  acatamiento  solo, 

20.  amas  las  manospor  el  dolor  me  mordi,  e  ellos,  pensando  que 
yo  lo  fiziese  con  talante  de  corner,  subitamente  se  leuantaron 

21.  e  dixieron  :  padre  asaz  que  sera  menos  dolor  si  tu  cornes  de 
nos,  tu  nos  vestiste  esta  misérable  carne  e  tu  la  despoja. 

22.  Allègue  me  a  ellos,  por  non  fazer  los  mas  tristes,  los  unos  e 
los  otros  estouimos  odos  mudos  ;  <,  ay  dura  tierra  porque  non  te 
abri  s  te  ? 

23.  Despues  que  fuemos  al  quarto  llegados,  Gado  se  me  écho  es- 
tendido  a  los  pies  diziendo  :  i  padre  mio,  que  non  m'ayudas  ? 

24.  Alli  murio,  e  como  tu  me  vees  vi  yo  peresçer  los  très,  uno  a 
uno,  en  el  (en  el)  quinto  dia  e  el  sexto,  onde  yo  me  di, 

25.  ya  çiego,  a  echar  sobre  cada  uno,  e  dos  dias  los  llame,  des- 
pues que  fueron  muertos,  despues  mas  quel  dolor  pudo  el 
ayuno. 

26.  Quando  oue  dicho  esto,  con  los  oios  ciegos,  tomo  el  cuero 
misérable  con  los  dientes  que  forado  al  hueso,  como  de  can 
fuerte. 

27.  i  Ay  pisa!  vituperio  de  la  gente  de  la  bella  tierra  adonde  llo  se 
suena,  pues  que  los  tus  vezinos  a  punesçer  a  ti  son  vagarosos, 

28.  mueuase  la  capraia  e  la  gorgona  |  islas  |  ,  e  fagan  çerradura 
al  arno  en  su  entrada,  por  quel  afoge  en  ti  toda  tu  gente. 

29.  Que  si  el  conde  Ugulino  auia  la  boca  de  auer  vendido  a  ti  de 
tus  aldeas,  non  deurias  tu  los  fijos  poner  a  tal  martirio  ; 

30.  innocentes  fazian  alegre  cuento,  cuento  tal  Ughicion,  e  el 
Brigata,  e  los  otros  dos  quel  canto  arriba  nonbra. 


XLVII.    DANTE  283 


Purgatoire.  Chant  ii. 

23.  Las  aimas  que  sefueron  de  mi  accordadas,  por  el  espirar,  que 
yo  era  aun  biuo,  marauillando  toruaron  esmoreçidas. 

24.  E  como  al  mensajero  que  trae  oliuo,  trae  la  gente  por  oyr  nue- 
vas,  e  de  apartarse  alguno  non  se  muestra  esquiuo, 

25.  asi  a  la  vista  mia  se  afirmaron  aquellas  aimas  fortunadas 
quantas  eran,  quasi  oluidando  de  yr  a  se  fazer  linpias. 

26.  Yo  vi  una  délias  fazerse  adelante  por  abraçarme,con  tan  grant 
afecto,  que  mouio  a  mi  a  fazer  lo  semeiante. 

27.  O  sonbras  vanas,  fueras  qu'en  el  acatamiento,  très  vezes  detras 
aellos  las  manos  junte  e  abraçe,  e  tantas  me  tornaron  con  nin- 
gunacosa  a  los  pechos. 

28.  De  marauilla  creo  que  me  colore,  por  que  la  sonbra  sonrriose 
e  retrayose,  e  yo  siguiendo  a  ella  adelante  me  moui. 

29.  Suauemente  me  dixo  que  yo  stouiese,estonçecoîiosçi  quien  era, 
e  rogele  que  por  fablarme  un  poco  se  aquedase. 

30.  Respondiome  :  asi  como  yo  te  ame  en  el  mortal  cuerpo  asi  te 
amo  suelta,  por  eso  me  detengo,  <,  mas  tu  porque  vas? 

31.  Casela  mio,  por  tornar  otra  vez  alli  donde  yo  so  fago  yo  este 
camino,  dixo  yo,  ^raas  tu  como  te  es  quitada  tanta  ora? 

32.  E  aquel  a  mi  :  ninguno  m'a  fecho  demasia,  mas  aquel  que  quita 
quando  e  a  quien  le  plaze  muchas  vezes  m'a  negado  este  paso, 

33.  que  de  justo  querer  lo  suyo  se  faze.  Verdaderamente  de  très 
meses  el  ha  quitado  quien  ha  querido  entrar  con  toda  paz. 

34.  Onde  que  yo  era  a  la  marina  buelto,  dondel  agua  del  tibero 
se  sala,  benignament  fuy  del  recogido. 

35.  Aquella  foz  a  el  agora  enderesçado  las  alas,  por  ende  que 
sienpre  alli  se  recoge  quai  faza  de  acaronte  non  se  cala. 

36.  E  yo  :  si  nueua  ley  non  te  quita  memoria,  o  uso  del  amoroso 
canto,  que  me  solias  co[n]tentar  a  toda  mi  voluntad, 

37.  desto  te  plega  consolarme  ya  quanto  el  aima  mia,  que  con  la 
su  persona  viniendo  aqui,  es  afanada  tanto. 

38.  ((  Amor,  que  en  el  mi  entendimiento  se  razona,  »  començo  el 
estonçe  tan  dulçemente,  que  la  dulçor  aun  dentro  me  suena. 

39.  El  mi  maestro,  e  yo,  e  aquella  gente,  qu'era  con  el,  paresçian 
asi  contentos,  como  si  a  ninguno  su  entendimiento  otra  cosa 
fuese. 

40.  Nos  andauamos  todos  firmes  e  atentos  a  las  sus  notas,  e  aheuos 
el  viejo  honesto  gritando  :  qu'es  esto  spiritus  vagorosos, 

41.  quai  nigligençia  e  quai  estar  es  este,  correr  al  monte  a  despojar 
vos  la  inmundiçia  que  ser  non  dexa  a  vos  Dios  manifiesto. 


284  BIBLIOTHÈQUE    DÛ    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

42.  Como,  quando  cogiendo  panes  o  grano,  las  palomas  juntadas  a 

la  vianda,  reposadas,  sin  mostrar  el  usado  orgullo, 

43.  si  cosa  aparesçe  ondellas  ayan  miedo,  subitamente  dexan  estar 
la  vianda,  porque  salteadas  son  de  mayor  cura, 

44.  asi  bi  yo  aquella  mesnada  fresca  dexar  el  cantor,  fuyr  a  la 
cuesta,  como  orne  que  va  e  non  sabe  donde  se  queda. 

Ni  la  nuestra  partida  fue  menos  presta. 


Paradis.    Chant  XXXI. 

18.  La   forma  gênerai  del   parayso  ya  todo  el  mi  acatamiento 
auia  comprehendido,  e  en  ninguna  parte  aun  firmado  la  vista. 

19.  E  voluiame  con  voluntad  rreaçendida,   por  demandar  la  mi 
duena  de  cosas  de  qu'el  entendimiento  mio  era  suspendido. 

20.  Uno  entendia,  e  otro  me  respondio,  creya  ver  Beatris,  e  vi  un 
viejo,  vestido  con  la  gente  gloriosa. 

21.  Difundido  era  por  los  ojos  e  por  los  carrillos  de  benigna  ale- 
gria  en  acto  piadoso,  quai  a  tierno  padre  conuiene. 

22.  i  E  donde  ella  ?,  de  subito  dixe  yo,  onde  el  •*  a  terminar  el  tu 
deseo  mouio  Beatris  a  mi  del  logar  mio. 

23.  E  si  tu  miras  yuso,  en  el  terçero  çerco  del  sobirano  grado,  tu 
la  veras  en  el  canton  que  sus  meritos  la  surtieron. 

24.  Sin  responder  los  oios  suso  leuante,  e  vila  que  se  fazia  corona 
refletendo,  o  lançando,  de  si  los  eternos  r[ayos]. 

25.  Daquella  région  que  mas  suso  tuena  oio  mortal  algo  tanto  non 
dista,  qualquier  en  mar  mas  yuso  se  dexa, 

26.  quanto  alli  de  Beatris  la  mi  vista,  mas  ninguna  cosa  me   fazia 
que  su  figura  non  desçendiese  a  mi  por  medio  mixta. 

27.  O  dueûa  en  quien  la  mi  esperança  se  leuanta,  e  que  sofriste 
por  mi  salut  en  infierno  dexar  las  tus  pisadas, 

28.  de  tantas  cosas  quantas  yo  he  visto,  del  tu  poder,  e  de  la  tu 
bondat  reconosco  la  gracia  e  la  virtud. 

29.  Tu  m'as  de  sieruo  sacado  a  libertad  por  todas  aquellas  vias,  e 
por  todas  aquellas  maneras,  que  desto  fazer  auias  el  poderio; 

30.  la  tu  magnifiçençia  en  ti  guarda,  ansi  qu'el  aima  mia,  que  as 
fecho  sana,  plazible  a  ti  del  cuerpo  se  desbuelua. 

31.  Asi  rogue,  e  aquella,  de  tan  lexos  como  paresçia,   soriose  e 
mirome;  despues  se  torno  a  la  eternal  fuente. 

Ni  Colomb  de  Batines,  dans  sa  Bibliografia  Dantesca,  ni 
Amador  de  Jos  Rios,  lorsqu'il  parle  de  Dante,  dans  l'appendice 
do  son  édition  des  œuvres  du  marquis  de  Santillane  consacré 


XLVII.    DANTE  285 

à  l'examen  de  sa  bibliothèque,  ne  mentionnent  le  manuscrit 
Ii-110.  La  traduction,  comme  on  l'a  pu  voir  par  les  extraits 
que  nous  en  avons  donnés,  n'est  pas  dépourvue  de  mérite, 
elle  est  même  par  endroits  assez  réussie  et  presque  partout 
d'une  fidélité  qui  tient  plus  du   calque   que  de  la  version 
littéraire.  De  temps  à  autre  aussi  ce  procédé,  et  l'incorrec- 
tion des  ligatures  du  texte  italien,  font  commettre  au  tra- 
ducteur de   monstrueux  contresens.  Ainsi  quand  il  rend  : 
a  . . .  forbendola  a5  capelli 
Del  capo  ch'  egli  avea  diretro  guasto  » 
par  :  «  Jeruiendo  los  cabellos  de   la  cabeça  de   aquel  que 
ténia  el  colodrillo  gastado.   »  Ou  bien  lorsqu'il  traduit  : 
«  ...  ma  Fiorentino 
Mi  sembri  veramente  quand'  io  t'  odo  » 
(le  ms.  porte  quandio  todo)  par  :  «  mas  fiorentino  me  semeias 
verdaderament  del  todo.  »  Ou  mieux  encore  ici  où  Dante  a 
dit: 

«  Chè  se  il  conte  Ugolino  avea  voce 
D'aver  tradita  te  délie  castella, 
Non  dovei  tu  i  figliuoi  porre  a  tal  croce, 
Innocenti  facea  l'età  novella    (le    ms.  porte  lieta} 
c'est-à-dire  faceali  età) 

Nouella  Tebe  !  Uguccione  e  il  Brigata 
E  gli  altri  duo  che  il  canto  suso  appella  » 
et  où  la  traduction  porte  :  «  Que  si  el  conde  Ugulino  auia 
la  boca  de  auer  vendido  a  ti  de  tus  aldeas,,  non  deurias  tu 
los  fijos  poner  a  tal  martirio.  Innocentes/oaï'att  alegve  caento, 
cuento  tal,  Ughicion,  e  el  Brigata,  e  los  otros  dos  quel  canto 
arriba  nonbra.   » 

Et  maintenant  il  nous  reste  à  rechercher  qui  a  pu  être 
l'auteur  de  cette  première  version  castillane  de  la  Divine 
Comédie  ?  On  sait  que  le  marquis  de  Santillane  avait,  dans 
sa  jeunesse,  demandé  à  son  ami  Enrique  de  Villena  une 
traduction  du  divin  poème.  Et  c'est  même  tout  ce  que, 
jusqu'ici,  on  a  su  de  cette  traduction.  Enrique  de  Vil- 
lena nous  a  donné  lui-même  ce  renseignement  dans  une 
des  gloses  dont  il  a  illustré  les  trois  premiers  livres  et  le 
Prohemio  de  sa  version  de  Y  Enéide.  Voici  en  quels  termes 
il  s'exprime  :  «  Aqui  dize  que  tardo  en  fazer  esta  traslaçion 
un  aîïo  e  doze  dias,  este  ano  entiéndese  solare  losdiasnatu- 


28C)  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    ÛE   SANTÏLLANE 

raies,  ii  demostrar  que  lagraveza  de  la  obra  requeria  tanta 
dilaçion  :  mayormente  mesclandose  en  ol J;t  muchos  des- 
torvos,  asi  de  caminos  como  de  otras  ocupaçiones  en  que  le 
cunplia  de  entender.  E  porque  mas  entienda  que  conti- 
nuandose  syn  inmediata  interpolaçion  se  fazia  mejor,  dize 
que  durante  este  tiempo  fizo  la  treslaçion  de  la  comedia  de 
Dante,  apreces  de  Yfiigo  Lopez  de  Mendoça,  e  la  retorica 
de  Tullio  nueva,  para  algunos  que  en  vulgar  la  querian 
aprender.  E  otras  obras  mejores  de  epistolas,  e  arengas,  e 
proposiçiones,  e  prinçipios  en  la  lengua  latina,  de  que  fue 
rogado  por  diversas  personas,  tomando  esto  por  solaz  en 
eonparaçion  del  trabajo  que  en  la  Eneyda  pasava,  e  por 
abtifiar  el  entendimiento,  e  disponer  el  principal  trabajo 
de  la  dicha  Eneyda.  E  pues  por  ella  fue  fecho,  en  ella  fue 
despendido  ;  e  fue  començada  ano  de  mil]  e  quatroçientos  e 
veynte  e  siete,  a  veynte  e  ocho  dias  de  Setienbre(l).»  C'est 
donc  entre  le  28  septembre  1427  et  le  10  octobre  1428  qu'a 
été  faite  la  traduction  de  Dante  de  Don  Enrique  de  Aragon. 
Amador  de  los  Rios  (Historia  Critica,  t.  VI,  p.  256, 
n.  2),  M.  Menéndez  y  Pelayo  (Antologta  depoet.  Ur.  cast. , 
t.  V,  p.  xlvii)  et,  avant  eux,  Pellicer  (Ensayo,  p.  75)  dé- 
plorent la  perte  de  cette  version.  Le  plus  récent  biographe  de 
Villena,  M.  Cotarelo  (Don  Enrique  de  Villena,  p.  90-99), 
déclare,  lui  aussi,  qu'il  faut  se  résigner  à  compter  la  traduc- 
tion de  Dante  parmi  les  œuvres  perdues  de  Don  Enrique 
de  Aragon.  L'éditeur  de  YArte  Cisoria  (2)  de  Don  Enrique, 
M.  Navarro,  veut  voir  dans  la  traduction  glosée  du  premier 
chant  de  l'Enfer,  conservée  à  FEscurial  dans  le  manuscrit 
S.  11-13,  la  version  d'Enrique  de  Villena.  Mais  cette  opinion, 
combattue  par  M.  Cotarelo  et  qu'Amador  de  los  Rios  et 
M.  Menéndez  y  Pelayo,  en  parlant  du  manuscrit  de  l'Es- 
curial,  avaient  rejetée  eux  aussi,  ne  résiste  pas  au  simple 
examen  des  faits.  L'auteur  de  la  version  du  premier  chant 
de  la  Divine  Comédie,  qui  se  trouve  dans  le  manuscrit  S-II- 


1.  Bibliothèque  Nationale,  Madrid,  ms.  Hh-32  foi.  19  v"  A.et  20  B. 
Ailleurs  fins.  XI 1 1  -o2,  fol.  17),  Enrique  de  Villena  dit  expressément, 
toujours  à  propos  de  la  traduction  de  Y  Enéide',  «  Eaun  otras  traslaçiones 
que  durando  ese  mismo  fciempo  fiçe,  ansi  como  la  Co/aedla  de  Dante, 
que  vulgaricè  en  prosa,  castellana*  » 

2.  Madrid  et  Barcelone,  1879. 


XLVII.    DANTE  287 

13,  déclare  qu'il  s'arrête  à  la  fin  du  premier  chant,  bien  qu'il 
ait  eu  l'intention  d'en  traduire  trois.  D'ailleurs,  il  croit,  dit- 
il,  en  avoir  fait  assez  pour  permettre  au  lecteur  de  se  rendre 
compte  si  entiende  la  lengua  toscana.  Des  préliminaires 
grammaticaux  et  un  commentaire  achèvent  de  donner  à 
cette  version  un  caractère  scolaire.  Or,  il  ressort  de  la  glose 
de  Y  Enéide  qu'Enrique  de  Villena  traduisit  la  Divine  Co- 
médie en  entier  ;  ce  n'est  donc  pas  lui  qui  est  l'auteur  de  la 
version  de  l'Escurial. 

Nous  croyons  avoir  retrouvé  dans  le  ms.  Ii-110  la  version 
en  prose  de  la  Divine  Comédie  que  Enrique  de  Aragon  fit 
pour  le  marquis  de  Santillane.  En  effet,  qui  connaît  le  style, 
si  caractéristique,  de  Don  Enrique  et  ses  procédés  de  tra- 
duction aura  été  frappé,  à  la  lecture  des  morceaux  cités, 
de  tournures  et  d'expressions  comme  :  una  espesura  o  silua 
de  arboles  obscurci;  selua,  salua,  saluaje;  dezir  siquier 
explicar  como;  mudo  o  ronco  ;  porque  no  sales  o  subes; 
nunca  finche  ni  farta  ;  por  el  tu  mejor  yo  pienso  e  deter- 
mino  ser  ati  bien,  etc. 

C'est  bien  là  le  vocabulaire  du  traducteur  de  Virgile  ; 
quant  au  style,  il  porte  ici  l'empreinte  italienne,  comme 
dans  Y  Enéide  l'empreinte  latine,  c'est  le  procédé  du  calque 
qui  lui  imprime  cette  allure.  Dans  les  deux  versions,  même 
tendance  à  forger  des  mots,  même  alignement  de  syno- 
nymes. Le  manuscrit  Ii-110  appartient  au  vieux  noyau  de 
la  bibliothèque  Osuna,  il  a  fait  partie  de  la  libreria  de  Gua- 
dalfajara,  fondée  par  le  marquis  de  Santillane  ;  les  notes 
marginales  de  la  main  d'Inigo  Lopez  ne  laissent  subsister 
aucun  doute  à  cet  égard.  L'écriture  et  la  langue  de  cette 
traduction  sont  de  la  première  moitié  du  XVe  siècle.  La 
disposition  de  cette  version,  écrite  sans  ordre  au  bord  du 
texte  italien,  en  profitant  des  marges  supérieures  et  in- 
férieures, quand  les  marges  latérales  sont  insuffisantes,  les 
corrections  de  style  et  de  mots,  la  hâte  et  la  négligence  dont 
le  traducteur  a  fait  preuve,  démontrent  que  c'est  là  un 
travail  hâtif,  écrit  au  courant  de  la  plume,  pour  donner 
une  idée  du  contenu  de  l'œuvre  de  Dante  et  sans  grand 
souci  de  forme.  Tout  cela  n'e^pliquerait-il  pas  l'absence  de 
copies  de  cette  version  ?  Le  traducteur,  conscient  des  im- 
perfections de  son  travail,  envoie  à  l'ami,  pour  lequel  il  l'a 


288  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANË 

entrepris,  le  manuscrit  même  sur  lequel  il  a  travaillé,  to- 
mando  esto  por  solaz  en  conparaçion  del  trabajo  que  en  la 
Eneyda  pasava.  Nous  croyons  donc,  en  nous  fondant  sur 
tout  ce  qui  précède,  pouvoir  maintenir,  sans  témérité,  l'attri- 
bution que  nous  avons  faite  à  Enrique  de  Villena  de  la  tra- 
duction complète  de  la  Divine  Comédie,  conservée  par  le 
manuscrit  qui  nous  occupe. 

Afin  que  le  lecteur  puisse  juger  par  lui-même  l'intérêt 
des  notes  marginales  de  ce  manuscrit,  nous  allons  les  re- 
lever ici  dans  Tordre  où  nous  les  avons  trouvées.  Nous 
désignerons  par  la  lettre  a  les  corrections  de  l'anonyme,  par 
e.  d.  v.  la  traduction  d'Enrique  de  Villena  et  par  i.  l.  d.  m. 
les  corrections  et  les  remarques  d'Ifïigo  Lopez  de  Mendoza. 
Nous  avons  dit  plus  haut  que  le  premier  feuillet  de  ce  ma- 
nuscrit avait  été  refait  ;  il  échappe  par  conséquent  à  notre 
examen. 

Fol.  2.  Enfer.  Chant  I. 
V.     89.   a  aiutami  da  lei  (1)  famoso  e  sagio  » 
V.  100.   ((  Molti  son  gli  animali  a  cui  s'  amoglia, 

(2)  e  piu  serano  anclior  in  fin  ch7el  ueltro 
uerra  che  la  fara  morir  con  doglia  (3).  » 
V.  103.   «  Questi  non  cibera  terra  ne  peltro  (4).  » 
V.  105.  «  e  soa  nacion  sara  tra  feltro  e  feltro  (5).  » 
V.  106.  «  Di  quela  humile  ytalia  fie  (6)  salute  » 
V.  110.  «  fin  che  V  aura  remesa  (7)ne  lo'  nferno  » 

la  donde  inuidia  prima  dipartilla  (8)  » 
V.  112.  ((  Ond  'io  per  lo  tuo  meglio  (9)  penso  e  discerno  » 

Fol.  2v°. 
V.  115.  «  Oue  tu  udirai  le  desperate  strida 
uederai  li  antichi  spirti  dolenti 

1.  «  Con  quien  se  casa.  »  —  A. 

2.  «  E  mas  seran  aun  fasta  qu'el  mastin  venga.  »  —  A. 

3.  «  Muchas  son  las  animalias  a  quien  se  ju[n]cta,  e  mas  seran  fasta 
qu'el  galgo  venga  que  la  fara  morir  con  dolor.  »  —  E.  d.  V. 

4.  «Métal.  »  -  I.  L.  d.  M. 

5.  «  Entre  almana  e  ytalya,  que  son  dos  vyllas  llamadas  asy  feltro  e 
feltro.»  —  I.  L.  d.  M. 

6.  «  Sera.  »  —  A. 

7.  ((  Uetornata.  »  —  A. 

8.  "  La  enbyo  prymero.  »  —  I.  L.  d.  M. 

9.  «  Mejor.  »  I.  L.  d.  M. 


XLVII.    DANTE  289 

che  la  seconda  morte  (1)  ciaschun  grida  (2).  )) 
V.   118.  «  Poi  uederai  collor  (3)  che  son  contenti» 
V.  121.   «  Aie  quai  poi  se  tu  uorai  (4)  sallire 

anima  fiepiu  di  me  dengna  (5),  (6).  » 
V.  124.   ((  Che  quelo  imperador  che  la  su  régna  (7) 

perche  fui  rebellante  a  la  sua  legie, 

non  uol  ch'  en  soa  cita  per  me  se  uegna  (8)  » 
V.  127.   «  In  tute  parte  imperia  e  qui  ui  régie  (9) 

qui  ui  la  sua  cita  e  Y  alto  seggio  (10) 

o  felice  chui  iui  eleggie!  (11)  » 
V.  136.  «  Alor  (12)  si  mosse  e  io  li  tieni  rétro  » 

Chant  IL 

V.       2.   a  toglieua  (13)  gli  animali  che  sun  in  terra 

da  le  fatiche  loro;  e  io  sol  uno  (14)  » 
V.       6.   ((  che  ritrara  la  mente,  che  non  erra  (15).  » 
V.       8.   ((  o  mente  che  scriuisti  cio  ch'  io  vidi  (16)  » 
V.     11.  «  guarda  la  mia  virtu  s'ela  e  possente  (17)  » 
V.     13.   ((  Tu  dici  che  di  siluio  il  parente  (18), 

corruptibile  anchor,  acl  immortale  (19) 
siecolo  ando,  e  fu  sensibelmente.  » 


1.  «  La  seconda  muerte  es  que  las  animas  piclen  el  dia  del  juyzio  que 
venga,  para  que  padescan  las  culpas  que  pecaron.  »  —  A. 

2.  «  Grytos  que  meten  las  animas  trystes.  »  —  I.  L.  d.  M. 

3.  «  Aquellos.  »  —  A. 

4.  «  Querras.  »  —  A. 

5.  «  Aima  fallaras  mas  digna  de  mi  para  esto.   »  —  E.  d.  V. 

6.  «  Anima  que  sera  mas  digna  que  la  mia.  »  —  I.  L.  d.  M. 

7.  «  Que  suso  reyna.  »  —  I.  L.  d.  M. 

8.  «  Çyutad,  que  yo  vaya.  »  —  I.  L.  d.  M. 

9.  «  E  aqui  ryge.  »  —  I.  L.  d.  M. 

10.  «Cadyra.  »  -  L  L.  d.  M. 

11.  ((  O  bienauenturado  aquel  que  para  tal  logar  elige.  »  —  E.  d.  V. 

O  bien  auenturado  es  aquel  que  para  alli  es  elegido.  »  —  A. 

12.  «  Estonçes.  »  —  I.  L.  d.  M. 

13.  «  Levava.  »  —  I.  L.  d.  M. 

14.  «  De  los  trabaios  dellos  e  yo  solo  uno.  »  —  I.  L.  d.  M. 

15.  «  Que  contara  la  rrazon  que  non  mentyra.  »  — I.  L.  d.  M. 

16.  «  O  entendymiento  que  escreuiste .  »  —  I.  L.  d.  M. 

17.  ((  [Virtu]te  sy  ella  es  poderosa.  » —  I.  L.  d.  M. 

18.  «  Tu  dizes  qu'el  paclre  de  siluio,  siendo  aun  en  el  cuerpo  corrup- 
tyble,  lue  al  incorruptible  mundo  sensiblemente.  »  —  E.  d.  V. 

19.  «  Tu  dizes  que   eneas  fue  al  siglo  e  infierno  inmortal  sensible- 
mente. »  —  A. 

19 


290  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Foi.  3  V°. 

V.     88.  a  Terrier  se  dee  di  sole  quelle  cosse 

ch' arino  potericia  di  faraltrui  maie: 
de  Taltre  non,  clic  non  son  spaurose  (1)  » 
Fol.  7.  Chant  IV. 

V.     70.  ((  E  queli  a  me  :  honorata  nominanca. 
che  di  lor  suona  su  ne  la  tua  uita, 
gracia  acquista  nel  ciel  che  si  li  auança  (2).  » 
Fol.  9v°.  Chant  V. 

V.  100.  ((  Amor,  ch'al  cliuor  gentir  (3)  rato  s'  apprende, 
preise  costui  de  la  bella  personna 
che  mi  fu  tolta,  e  il  modo  ancor  m'  ofende  (4)  » 

V.   103.   ft  Amor,  ch'a  nullo  amato  amar  perdonna, 
mi  prese  de  costui  piacer  si  forte, 
che,  como  uide,  ancor  no  m'abandonna  (5)» 

V.  121.  ((  E  quela  a  me  :  nessum  magior  dolore, 
che  rioordassi  dil  tempo  fellice, 
nela  miseria,  e  cio  sa  il  tuo  doctore  (6).  » 
Fol.  12.  Chant  VII. 

V.  61.  «  Or  poi,  figliuolo,  ueder  la  cor  ta  buffa 
di  beni^  chi  son  comessi  a  la  fortuna, 
per  che  l'umana  giente  si  rabuffa  » 

V.     64.  ((  Che  tutto  l'oro,  che  e  soto  la  luna, 

e  che  gia  fu,  diqueste  anime  stanche 
none  potrebe  farne  passar  una.   » 

V.     67.   ((  Maestro  mio,  dis'io,  or  mi  di  anche  : 
questa  fortuna,  de  che  tu  mi  toche, 
che  e,  che  i  ben  del  mondo  ha  si  tra  branche?  » 

V.     70.   «  Et  egli  a  me  :  oi  créature  sioche 

quanta  ignoranza  e  quela  che  u7  ofende  ! 

or  uoi  che  mia  sciença  tu  n'  emboche;  (7),  (8)  )) 

1.  I.  L.  cl.  M. 

2.  «  Nota  marauillosa  opinon.  »  —  I.  L.  cl*  M. 

3.  «  genti/.  »  —  I.  L.  d.  M. 

4.  I.  L.  d.  M. 

5.  I.  L.  d.  M. 

6.  I.  L.  d.  M. 

7.  «  E  el  a  mi  :  o  criaturas  .s loch euentias* 

quanta  ignorançia  es  aquella  que  vos  ofende 

agora  quiera  que  mi  sentencia  tu  n'e[m]boche.  »  —  E.  d*  V* 

8.  «  ayas  en  tu  boca.  » —  A  (?) 


XLVII.    DANTE  291 

V.  73.  ((  Colui,  lo  cui  sapper  tuto  trasciende, 
feci  li  cieli,  e  die  lor  chei  conducie, 
si  c'  ogni  parte  ad  ogni  parte  splende,  » 

V.     76.   ((  Distribuendo  ingualmente  laluce 
similemente  a  li  splendor  munclani 
ordino  gênerai  ministra  e  cluce,  » 

V.     79.   ((  Clie  permutasse  a  tempo  li  ben  uani 

cli  giente  in  giente,  e  d'  uno  innaltro  sangue, 
oltra  la  diffensione  dei  senni  liumani  (1).  » 

Fol.  12  v°. 
V.     94.  ((  Ma  ella  e  si  beata,  ecionon  odde, 
col'  altre  prime  créature  lieta 
uolue  sua  spera,  e  beata  sigodde  (2)  )) 

Fol.  15  v°.  Chant  IX. 
V.     97.   ((  Che  gioua  ne  la  fat  ta  dar  di  coçço  ? 
cierbero  uostro,  si  ben  ui  ricorda, 
ne  porta  ancor  pellato  il  mento  el  goçço  (3)  » 

Fol.  25  v°.  Chant  XV. 
V.     67.  ((  Vechia  fama  nel  mondo  li  chama  orbi  ; 
giente  auara,  inuidiosa  e  superba, 
da'  lor  costumi  fa  che  tu  te  forbi  (4)  )) 

Fol.  40  v°.  Chant  XXIV. 

V.     16.   ((  Cossi  mi  feci  sbigotir  lo  maestro, 
quand'  io  li  uidi  si  turbar  la  fronte, 
e  cossi  tosto  al  mal  giunse  Tempiastro  (5).  » 

V.     46.   ((  Ornai  conuien  che  cossi  ti  spoltre, 

disse  'imaestro;  che,  segiendo  in  piuma, 
in  fama  non  si  uien  ne  sotto  coltre  ;   » 

V.     49.   ((  Sença  la  quai,  chi  soa  uita  consuma, 
cotai  uestigio  in  terra  de  se  lascia, 
quai  fumo  in  aère,  e  in  acqua  la  schiuma.  » 

V.     52.  «  E  pero  leua  su,  uinci  Y  ambascia 


1.  I.  L.  d.  M. 

2.  «  Aristotyl,  en  el  IX  de  la  metaffissyca,  non  conuienedezyr  assy  es, 
mas  porque  es.  »  —  I.  L.d.  M. 

3.  I.  L.  d.  M. 

4.  I.  L.  d.  M. 

5.  «  Nota.»  —  I.  L.  d.  M. 


292  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

con  r  animo  che  uince  ogne  bataglia, 

se  col  suo  graue  corpo  non  s1  acascia  (1..  » 

Fol.  41. 
V.     76.  ((  Al  Ira  risposta,  disse,  non  ti  rendo, 

se  non  lo  farc;  che  la  dimanda  honesta 
si  de  seguire  con  Y  opéra  taciendo  (2) .  » 

Fol.  41  v°. 
V.  106.  «  Cossi  per  li  gram  sauii  se  confessa 
che  la  fenicie  muori,  e  poi  rinascie, 
quando  al  cinquecentesmo  ano  s1  apressa  (3).  » 

Fol.  46  v°.  Chant  XXVII. 
V*     67.  ((  lo  fui  huom  d'  arme,  e  poi  fu'  cordelero, 

credendomi,  si  cinto,  far  amenda; 

e  cierto  il  creder  mio  uénia  intriero  (4),  » 
V.     70.  «  Se  non  fosse  il  gran  prête,  a  cui  mal  prenda, 

che  mi  rimisse  nele  prime  colpe, 

e  corne  e  quare  uoglio  che  m'  intenda.  (5)  » 
Fol.  47. 
V.     79.  ((  Quando  mi  uidi  giunto  in  quela  parte 

di  mia  etate,  oue  ciaschun  deurebe 

callar  le  uelle  e.  racoglier  le  sarte,  » 
V.     82.  «  Cio  che  pria  mi  piaque,  alor  m'  increbbe, 

e  pentuto  e  confesse  mi  rendei  ; 

ai  miser  lasso!  egiouato  serebbe(6).  » 

Fol.  49.  Chant  XXVIII. 
V.  106.  «  Grido  :  ricordera'  te ancor  del  moscha, 
che  disse,  lasso!  :  capo  a  cossa  facta; 
che  fu  il  mal  sieme  per  la  giente  toscha  (7).  » 

Fol.  50  v°.  Chant  XXIX. 

V.    88.  «  Dine  s'alcun  latin  e  tra  costoro, 

1.  «  Nota.  ))—  I.  L.  d.  M. 

2.  «Nota.  »—  I.  L.  d.  M. 

3.  «  Nota  del  ft'eniçe.  »  —I.  L.  d.  M. 

4.  «  Nota  de  guido  de  monteffeltro  conde.  »  —  I.  L.  d.  M. 

5.  «  Boriiffaçio  papa.  »  —  I.  L.  d.  M. 

6.  «  Nota  como  todo  onbre,  en  la  madura  edat,  deue  çesar  ei  malbeuir,» 
—  I.  L.  d.  M. 

7.  I.  L.  d.  M. 


XL VII.    DANTE  293 

che  son  quic'entro,  se  1'  ongie  ti  basti 
eternalmenti  a  cotesto  lauoro(l).  » 

Fol.  53  v°.  Chant  XXX. 
V.  142.  a  Magior  clifetto  men  uergogna  laua, 

dise  '1  maestro,  che  '1  tuo  non  e  stato; 
per  ho  (T  ogni  tristicia  ti  disgraua  (2).  » 

Fol.  55  v°.  Chant  XXXII. 

La  traduction  des  vers  4-6,  qui  forment  le  deuxième  ter- 
cet de  ce  chant,  est  si  pâlie  que  le  Marquis,  déjà,  avait  jugé 
utile  de  la  récrire  en  marge,  de  sa  propre  main,  sans  rien 
changer  à  la  leçon  d'Enrique  de  Villena  :  «  yo  esprimire,  de 
mi  conçebto,  el  çumo  mas  llenamente,  mas  porque  yo  no  las 
tengo,  nosin  temer  a  dezir  me  pongo.  » 

Fol.  59  v°.  Chant  XXXIII. 
V.   151.  ((  Hay  gienoueisi,  homini  diuersi 

cV  ogni  costume,  epien  d'  ogni  magagna, 
perche  non  siete  uoi  del  mondo  spersi  (3)  ?  » 

Fol.  65  v°.  Purgatoire.  Chant  III. 
V.       7.  ((  El  mi  parea  da  se  stesso  remorso  ; 
o  degnitosa  consciença  e  netta, 
corne  t'  e  piciol  fallo  amaro  morso  !  (4)  » 

Fol.  66  v°. 
V.     37.  «  State  contenti  humana  giente  al  quia  (5), 
che  se  possuto  auessi  ueder  tutto, 
mistier  non  (n)era  partorir  maria  (6).  » 

Fol.  66  v°. 

V.     73.  «  O  ben  finiti  o  gia  spirti  ellecti, 
uirgilio  comincio,  per  quela  pace, 
ch'  io  credo  che  per  uoi  tuti  s'  aspeti,  (7)  » 

V.     86.  «  di  quela  mandria  fortunata  allotta  (8),  » 

1.  «  Nota  grant  ssabrosia.  »  —  I.  L.  d.  M. 
2.1.  L.  d.  M. 

3.  I.  L.d.  M. 

4.  1.  L.  d.  M. 

5.  I.  L.  d.  M. 

6.  I.  L.  d.  M. 

7.  ((  Mandrya  es  manada  de  bestias.  »  —  I.  L.  d.  M. 

8.  I.  L.  d.  M. 


294  BIBLIOTHÈQUE    DU    MAHQUIS    DE   SANTILLANE 

Fol.  67. 
V.  133.   ((  Perlor  malledicion  ia  non  se  perde, 
ehe  non  possa  toraar  1'  eterno  amore, 
mentre  che  la  sperança  <\  fiordil  uêrde  (1).  » 

Fol.  68  v°.  Chant  IV. 
V.     88.  «  Etegliame:  questa  montagnae  taie, 

che  semper  a  li  cominciar  di  sotto  e  grauo, 

e  quanto  1'  nom  ua  piu  su,  e  men  fa  maie  (2).  » 

Fol.  69.  Chant  V. 
V.     13  ((  Vien  drietro  a  me,  e  lascia  dir  la  gienti, 
sta  corne  torre  ferma,  che  non  crola 
giamai  la  cima  per  sofîiar  di  uenti  (3).  » 

Fol.  71.   Chant  VI. 
V.     13.   «  Qui  ui  eral'aretino,  che  da  le  brada  (4) 
fiere  di  ghino  di  tacho  ebbe  la  morte, 
e  T  altro  che  anego  (5)  correndo  en  cacia.  » 
V.     16.   ((  Qui  ui  pregaua  con  le  mani  sporte  (6)  » 
V.     20.  «  Dal  corpo  suo  per  astio  (7)  e  per  inuegia,  » 
V.     24.   «  si  che  pero  non  siade  pegior  gregia  (8).  » 

Fol.  72. 
V.     76.  «  Hay  serua  italia  e  di  dollor  ostello, 

naue  senza  nochiero  in  gran  tempesta, 
non  donna  di  prouincie  ma  bordello  (9)  !  » 
V.     79.  a  Che  ualle,  perche  ti  raconciasse  ilfreno 

1.  I.  L.  d.  M. 

2.  I.  L.  d.  M. 

3.  ((  Nota  este  v.  e  estotro  versso  que  fablan  de  ffortaleza,  de  estabi- 
lidat,  e  de  essecuçion.  »  —  I.  L.  d.  M. 

4.  «  De  los  braços.  »  —  I.  L.  d.  M. 

5.  «  Anego  ;  este  ffue  Tarrlato  de  piedra  mala,  natural  de  la  çiudat  de 
Areço,  el  quai  sse  anego  en  Arrno  rio.  »  —  I.  L.  d.  M. 

Cette  note  du  Marquis  est  encadrée  de  deux  notes  A  ayant  trait  Tune 
aux  vers  17  et  18,  l'autre  aux  vers  22-24.  La  première  commence  :  «  El 
Conde  Golino  (lisez  Ugolino),  tirano,  mando  matar  a  un  fijo  de  Mar- 
chuso  (lisez  Marzucco),  denegandole  sepultura  etc.  »  La  seconde  parle 
de  :  a  Pedro  de  la  Brocia  (Pierre  Labrosse),  criado  del  rrey  Philipo  di 
Francia,  el  lermoso,  fizo  lo  morir,  por  enuidia,  su  muger,  fija  del  Duc  de 
Brauante,  e  dize  el  auctor,  etc.  » 

6.  «  Esparzidas.  »  —  I.  L.  d.  M. 

7.  «  Enojo.  »  —  I.  L.  d.  M. 

8.  «  Conpaîiia.  »  —  I.  L.  d.  M. 

9.  I.  L.  d.  M. 


XL VII.    DANTE  295 

iustiniano,  se  la  sella  e  ùota? 
senç'esso  fora  la  uergogna  meno  (1).  » 

Fol.  72  v°. 

V.  115.  a  Veni  a  ueder  la  giente  quanto  s'  ama; 
e  se  nula  di  noi  pieta  ti  moue, 
a  uergognar  ti  uiende  la  tua  fama.  » 

V.  118.   ((  E  se  licito  m'  e,  o  sommo  joue 

chi  fosti  in  terra  per  noi  crucifixo, 
son  li  giusti  ochi  tuoi  riuolti  altroue?  » 

V,  121.  ((  O  e  preparacion,  che  nel'  abisso 

del  tuo  consiglio  fai,  per  archun  bene 
in  tutto  dil'  acorger  nostro  scisso  ?  -» 

V.   124.  a  Che  le  citta  cVitalia  tutte  piene 

sum  di  tiranni  ;  e  un  martel  diuenta 
ogni  uilam  che  partegiando  uiene,  » 

V.  127.  ((  Fiorençe  mia,  ben  poi  esser  contenta 
di  questa  disgression  chi  non  ti  tocha, 
merce  dil  popol  tuo  che  si  argumenta.  » 

V.   130.   a  Molti  anno  giusticia  in  chore  e  tardi  s[c]ocha, 
per  non  uenir  sença  consiglo  al'  arclio, 
ma  '1  popol  tuo  Y  a  in  sommo  de  la  bocha  (2) .  » 

Fol.  74.  Chant  VIL 

V.     73.   ((  Oro  e  argento  fino  cocha  e  biacha, 
indico  legno  (3)  lucido  e  sereno, 
frescho  smaraldo  in  P  ora  che  si  fiacha,  » 

V.     76.   ((  DaF  erba  e  da  li  fiori,  dentr'a  quel  seno 
posti,  ciaschuno  sariadi  collor  uinto, 
corne  dal  suo  magior  e  uinto  il  meno.  » 

V.     79.  ((  Non  auea  pur  natura  iue  dipinto, 
ma  di  soauita  di  mile  odori 
ui  facea  uno  incognito  e  indistinto.  )) 
Ce  feuillet,  sur  lequel  sont  écrits  les  vers  61-99  du  chant 

VII,,  porte  dans  la   marge  inférieure  la  note  suivante  de  la 

main    du   Marquis  :   «  Claudianus    dicit    quia    pressencia 

ffamam  minuit.  »  A  quoi  se  rapporte  cette  note?  Peut-être 

aux  vers  88-91 . 

1.  I.  L.d.M. 

2.  I.  L.d.M. 

3.  «  Deindia  madero.  »  —  I.  L.  d.  M. 


296  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

V.    88.  «  Di  questo balço  meglioe  gliattiei  uolti 
cognoscereti  uoi  di  tutti  quanti, 
che  ne  la  lama  giu  tra  essi  accolti.  » 
Fol.  80.  Chant  X. 

V.  121.  «  0  superbi  criôtiani,  miser i,  (assi, 

che,  de  la  uista  de  la  mente  infermi, 
(idança  aueti  neiritrosi  passi,  » 

V.  124.  a  Non  u*  acorgiete  uoi,  che  nu  siam  uermi 
nati  a  formar  1'  angelica    farfala, 
che  uola  a  lagiusticia  senza  schermi?  )) 

V.  127.  «  Di  chel'  animo  nostro  in  alto  galhi  ? 
poi  sete  quasi  automata  in  deffetto, 
si  corne  uermo,  in  oui  formacion  falla  ?  (1)  » 
Fol.  81  v°.  Chant  XI. 

V.     91.  «  O  uana  gloria  de  le  humane  posse, 
corn'  puocho  uerde  su  la  cima  dura, 
se  nonn  e  giunta  dal'  ectati  grosse  !  (2  » 

V.  100.  «  Non  e'  1  mondan  remor  altro  che  un  fiato  (3)  » 

Fol.  83.  Chant  XII. 
V.     70.  «  Or  superbite,  e  uia  col  uisi  alteri, 
fîglioli  d'  eua,  non  china ti  il  uolto, 
si  che  uegiati  i  uostri  mal  pensieri  (4).  » 

Fol.  87.  Chant  XIV. 
V.     67.  «  Corne  al'  anuncio  dei  dogliosi  danni 
si  turba  il  uiso  di  colui  c'  ascolta. 
da  qualche  parte  i  perigolosi  afïanni  (5)  ;  » 

Fol.  88. 
V.  145.  ((  Ma  uoi  tenete  1'  escha  si  cheT  amo 
deF  antico  auersaro  a  se  ui  tira  ; 
e  pero  pocho  ual  freno  e  richiamo  (6).  » 

Fol.  90  v°.  Chant  XVI. 
V.     58.  ((  Lo  mondo  e  ben  cossi  tutto  diserto 

1.  I.  L.  d.  M. 
2.1.  L.d.  M. 

3.  I.L.  d.  M. 

4.  I.  L.  d.  M. 

5.  I.  L.d.  M. 

6.  I.  L.  d.  M. 


XLVII.    DANTE  29^ 

d'  ogni  uirtute,  corne  tu  mi  sone, 
e  di  malicia  grauido  e  couerto  (1).   » 

Fol.  91. 

V.  70.  ((  Se  cossi  fosse,  in  uoi  fora  distrutto 
libero  arbitrio,  e  non  fora  giusticia 
perben,  lçticia,  e  per  mal  auer  lucto.  )) 

V.     73.  ((  Lo  cielo  i  uostri  mouimenti  inicia, 
non  dicho  tutti,  ma  posto  ch'  il  dica, 
lume  u?  e  dato  a  bene  et  a  malicia,  » 

V.     76.  ((  E  libero  uoller  che  s'afaticha 

ne  le  prime  bataglie  col  ciel  dura, 

poi  uince  tutto,  se  ben  se  nutricha  (2).  » 

V.     97.  ((  Le  legi  son,  ma  chi  pom  man  ad    esse? 
nulo,  peroche '1  pastor  che  presiede 
ruminar  po,  ma  nonn  al'  unchie  fesse.  » 

V.  100.  a  Perche  la  giente  che  sua  grida  uede 
par  a  quel  ben  fedir  ond'  ela  e  giota 
di  quel  si  pascie  e  piu  oltre  non  chiede.  » 

V.  103.  ((  Ben  poi  ueder  che  la  mala  condocta 
e  la  cagion  che  '1  mondo  a  facto  reo, 
e  non  natura,  ch'efn]  uoi  sia  corocta  (3).  » 

Fol.  92.  Chant  XVII. 
V.     13.  ((  0  ymaginatiua,  che  ne  rube 

tal  uolta  si  di  fuor,  ch'  om  non  s'  acorgie, 
perche  d'  intorno  suoni[n]  mille  tube  (4),  » 

Fol.  92 v°. 
V.     58.  «  Si  fa  con  noi,  corne  Y  uomsi  fa  siegho, 
che  quale  aspetta  prego  e  Tuopo  uede, 
malignamente  gia  si  mette  al  niegho  (5).  » 

Fol.  93. 
V.  100.  ((  Ma  quando  al  mal  si  torze,  o  con  piu  cura, 
o  con  men  che  non  dee,  corre  nel  bene, 
contra  '1  factore  adorna  sua  fatura .  » 

1.1.  L.  d.  M. 

2.  I.L.  d.  M. 

3.  L  L.  d.  M. 
4.1.  L.  d.  M. 
5.1.  L.  d.  M. 


298  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DR   SANTILLANE 

V.  103.  <(  Quinci  comprender  poi  ch'  esser  conuene 

amor  sementa  in  uoi  (Y  ogni  uirtute, 
e  cl'  ogni  operacion  che  merta  bene .   » 

V.  106.  a    Or  perche  mai  non  po  da  la  salute 
amor  del  suo  sogieto  uolger  uiso, 
dal'  odio  proprio  son  le  cosse  tute  :  » 

V.  109.  ((  E  perche  intender  non  si  po  diuiso, 

e  per  se  stante,  alcuno  esser  dal  primo, 
da  quelo  odiare  onne  effeto  e  diciso  1).  » 

Fol.  93  v°. 
V.  130.  «  Se  lento  amor  a  lui  ueder  ui  tira 
oalui  acquistar,  questa  cornicc, 
dopo  giusto  pentir,  ue  ne  martira  (2).  » 
Évidemment  tout  ce  raisonnement  de  Virgile  sur  l'amour, 
source  de  toute  vertu  et  de  tout  vice,  a  vivement  frappé  le 
marquis  de  Santillane. 

Fol.  96.  Chant  XIX. 
V.     25.   «  Ancor  nonn  era  sua  bocha  richiusa, 

quando  una  dona  [apparue]  santa  e  presta  (3) 
longheso  me,  per  far  colei  confusa.  » 
L'oubli  du  mot  apparue,  dans  le  vers  26,  n'avait  pas  échappé 
à  don  Tnigo  Lopez  de  Mendoza. 

Fol.  97  v°.  Chant  XX. 

V.       7.  ((  Che  la  giente,  che  fonde  a  goccia  a  goccia 

per  gli  ochi  il  mal,  che  tutto  '1  mondo  ocupa, 
dal'  altra  parte  in  fuor  troppo  s'  aproccia.  » 

V.     10.  ((  Maledetta  sie  tu,  anticha  luppa, 

che  piu  cha  tutte  le  altre  bestie  ai  preda, 
per  la  tua  famé  senza  fine  cuppa  !  » 

V.     13.  ((  Oy  ciel,  nel  cui  girar  par  che  si  creda 
le  condecion  de  quagiu  trasmutarsi, 
quando  uerra  per  cui  questa  disceda  ?  (4)  » 

Fol.  98. 
V.     19.  «  E  per  uentura  udii  :  dolce  maria , 

1.1.  L.  d.  M. 

2.  I.  L.  d.  M. 

3.  «  M'aparesçio.  »  —  I.  L.  d.  M. 

4.  I.  L.  d.  M. 


XL VII.    DANTE  299 

dinanci  a  noi  chiamar,  cossi  nel  pianto 
corne  fa  donna  ch'en  parturire  sia  (1).  » 
Le  Marquis  fait  ici  allusion  au  dezir  d'Impérial,  composé 
à  l'occasion  de  la   naissance  du  roi  Don.  Juan,    à  Toro,  en 
1405,  où  Ton  trouve  en  effet  les  vers  suivants  : 
«   Oy  en  boz  alta:  o  dulce  Mary  al 

A  guisa  de  dueïïa  que  estava  departo(2).  » 
V. ,    25.  ((  Seguentemente  intesi  :  o  buon  fabricio, 
con  pouerta  uolesti  anci  uirtute, 
che  gran  richeça  posséder  con  uicio  (3).  » 

Fol.  102.  Chant  XXII. 
V.     28.  ((  Veramente  piu  uolte  apairon  cosse, 
che  danno  a  dubitar  falsa  matera, 
per  le  uere  cason  che  son  nascose  (4).  » 

Fol.  104  v°.  Chant  XXIII. 

V.     91.  «  Tanto   e  a  dio  piu  cara  e  piu  diletta 
la  uedouela  mia,  che  moltoamai, 
quanto  in  ben  opperar  e  piu  soleta.  » 

V.     94.  ((  Che  la  barbagna  di  saldigna  assai 
ne  le  femene  sue  piu  e  pudicha, 
•   che  la  barbagiadou  'io  la  lasciai.  » 

V.     97.  a  O  dolce  frate,  che  uoi  ti  ch'  iodica  ? 
tempo  forturo  m'e  gia  nel  conspeto, 
cui  non  sera  questa  hora  molto  anticlia, » 

V.  100.  «  Nel  quai  sera  in  pergamo  interdeto 
a  le  sfaciate  donne  florentine 
T  andar  mostrando  con  le  poppe  el  petto.  » 

V.  103.  ((  Quai  barbare  fuor  mai,  quai  saracine, 
cui  bisognasse,  per  farle  ir  coperte, 
o  spirituali  o  altre  discipline  ?  » 

N.  106.  ((  Ma  se  le  suergognate  fuser  cierte 

de  quel  ch'  el  ciel  ueloce  lor  ammana, 
gia  per  urlar  auriam  le  boche  aperte.  » 

V.  109.   «  Che  se  Y  antiueder  qui  non  m' ingana, 


1.  «  Nota  miçer  ffrançisco  inperial.  »  —  I.  L.  d.  M. 

Z.  Cf.  Cancionero  de  Bacna,  édit.  Michel,  t.  I,  p.  199-200, 

3.  I.  L.  d.  M. 

4.  I.  L.  d.  M. 


300  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS   DR   SANTILLANE 

prima  fier  triste  che  le  guancie  impeli 
que  lui  che  mo  se  convoi  la  con  nan;i  » 
V.  112.  «  De  frate,  fa  che  piu  non  mi  ti  cieli, 

ueddi  che  non  pur  io,  ma  questa  giente 
tutta  rimira  la  doue  il  sol  ueli  (1).  » 

Fol.  111.  Chant  XXVI. 
V.  140.  «  Tarn  m'  abelis  uotre  corteis  deman, 
ch'  en  n'en  pos,  ne  uoil  a  uos  cobrire  : 
ie  sui  arnalt,  che  plor  e  uai  cantan  (2).  » 

Fol.  114  v°.  Chant  XXVIII. 

V.  139.  «  Queli,  che  antichamenti  poetaro 
Teta  di  loro  e  suo  stato  felice, 
forsa  in  parnaso  esto  luogo  sognaro.  » 

V.  142.  «  Qui  fu  inocente  Y  umana  radice, 

qui  primauera  sempre  e  ogni  frutto, 
netar  e  questo  di  che  ciaschun  dice.  » 

V.  145.   ((  Io  mi  riuolsi  dietro  alora  tutto 
ai  meipoeti,  e  uidi  che  con  riso 
udito  aueano  Y  urtimo  constructo  (3) .  » 

Fol.  116  v°.  Chant  XXIX. 

V.  118.  «  Quel  dil  sol,  che  ando  sui  fu  combusto, 
per  T  oracion  di  la  terra  diuota, 
quando  fu  ioue  archanamente  giusto.  » 

V.  121.  «  Tre  donne  in  giro  de  la  dextra  ruota 
uenian  danzando,  Y  una  tanto  rossa 
ch?  apenna  fora  dentro  al  fuocho  nuota  (4)  ;  » 

V.  124.  «  Altra  era  corne  se  le  carni  e  Y  ossa 
fusero  state  di  smeraldo  fatte, 
la  terçaparea  neue  teste  mossa  (5).  » 

Fol.  118.  Chant  XXX. 
V.     70.  <(  Regalmente  ancor  neF  atto  proterua 
continuo,  corne  colui  che  dice, 
e  '1  piu  caldo  parlar  dietro  riserua  :  » 

1-  I.  L.  d.  M. 

2.  I.  L.  d.  M. 

3.  I.  L.  d.  M. 

4.  ((  Nota  de  las  virtudes.  »  —  I.  L.  d.  M. 

5.  Ces  trois  vers  (124-126)  se  retrouvent  écrits,  de  la  main  du  Marquis, 
au  verso  du  feuillet  201. 


XL VII.    DANTE  301 

V.     73.  «  Guardaci  ben,  ben  son,  ben  son  beatrice. 

corne  degnasti  d'  acedere  al  monte  ? 

non  sapei  tu  che  qui  e  Y  om  felice?(l)  » 
V.     79.  ((  Cossi  la  mader  al  figlio  par  superba, 

com'  ela  parue  a  me;  perclie  d'amaro 

sente  71  saporde  la  pietate  acerba  (2).  » 

Fol.  118  v°. 
V.  115.   ((  Questi  fu  tal  ne  la  sua  uita  nuoua 
uirtualmente,  c'  ogni  habito  dextro 
fatto  aurebe  in  lui  mirabil  proua  (3) .  » 

Fol.  119  v°.  Chant  XXXI. 
V.  139.  «  0  spiandor  diuina  luce  eterna, 
che  pallido  se  feci  sotto  Y  ombra 
si  di  parnaso  si  nebe'  in  sua  cisterna(4).  » 

Fol.  124.  Chant  XXXIII. 
V.     64.  a  Dorme  lo  gegno  tuo,  se  non  extima 
per  singular  cagion  esser  excelsa 
lei  tanto,  e  si  trauolta  ne  la  cima(5).  » 

Fol.  136.  Paradis.  Chant  V. 
V.     40.  ((  Apri  la  mente  a  quel  ch'  io  ti  paleso, 
e  fermalui  entro  ;  che  non  fa  scienca, 
sença  lo  ritenere,  auer  inteso  (6) .  » 

Fol.  140.  Chant  VII. 
V.     25.  a  Per  non  sofrire  a  la  uirtu  che  uole 

freno  a  suo  prode,  quel  huom  che  non  nacque, 
dannando  se,  danno  tut  ta  sua  proie  (7).  » 

Fol.  143  v°.  Chant  IX. 
V.     10.  «  Hai  anime  ingannate  e  fatture  empie, 
che  da  si  fatto  bene  torcieti  i  euori, 
driçando  in    uanita  le   uostre  tempie  !  (8)  » 

1.  I.  L.  d.  M. 

2.  I.  L.  d.  M. 

3.  «  Nota  mirabil  loor  de  beatriz  adante.  »  —  I.  L.  d.  M. 

4.  I.  L.  d.  M. 

5.  I.  L.  d.  M. 

6.  «  O  nota  notable  dicho.  »  —  I.  L.  d.  M, 

7.  «  Adan  non  naçio.  »  —  I.  L.  d.  M. 

8.  I.  L.  d.M. 


302  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS   DE   SANTILLANE 

Fol.  146.  Chant  X. 

Ce  feuillet  porte  les  tercets  dans  lesquels  Dante  raconte 

comment  il  se  vit  soudain  transporté  dans  le  soleil.  Dans 
la  marge  inférieure  de  ce  feuillet  se  trouve  une  longue  note 
de  la  main  du  Marquis,  elle  est  incomplète  et  pour  lire  ce 

qui  en  reste  nous  avons  dû  employer  les  réactifs.  Cette  note 
se  rapporte  plus  particulièrement  aux  vers  47-49- 
V.     47.  «  E  se  le  fantasie  nostre  son  basse 
a  tan  ta  alteça,  non  ne  miraueglia, 
chesopra  il  sole  non  fu  occhio  ch'andasse  (1).  » 

Fol.  149.  Chant  XI. 
V.  102.  «  predicho  xpoe  gli  altri  eh'  il  seguiro,  » 
V.  103.  ((  E,  per  trouare  a  conuersion  acerba 

troppo  la  giente,  per  non  star  indarno, 
redisse  al  frutto  de  la  ytalica  erba  (2) .  » 

Fol.  150.  Chant  XII. 

V.     49.  «  Non  molto  longie  al  percuoter  del'  onde, 
dietro  a  le  quali,  per  la  longa  foga, 
lo  sol  tal  uolta  ad  ognon   si  nasconde  (3),  » 

V.     52.  «  Siede  la  fortunata  chalaroga, 

sotto  la  proptecion  del  grande  scudo, 
in  che  sogiacie  il  leon  a  sogioga  (4).  » 

Fol.  158.  Chant  XVI. 
V.     46  «  Tutti  colloro  ch7  a  quel  tempo  eran  uiui 
da  portar  arme,  tra  71  e  '1  batista, 
erano  71  quinto  di  quei  chi  or  son  iui  (5).  » 

A  partir  du  feuillet  158,  toute  trace  de  la  lecture  du 
Marquis  disparaît,  comme  aussi  toute  correction,  et  nous 
ne  trouvons  plus  dans  les  marges  des  feuillets  158  v°  et  160 
que  des  mains  indiquant  certains  passages.  Ces  mains,  nous 
les  avions  remarquées  déjà  dans  les  marges  de  Y  Enfer  et 

1 .  «  Aqui  toco  dan  te,  e  quiso  dar  a  entender,  como  los  umanos  non 
deuen  curar,  ni  trabajarsse,  de  querer  entender  en  los  dyuinosssecretos, 
ca  ssobre  el  ssol  non  es  vysta  de  mortal  que  bastar  pueda,  quanto  mas. . .  » 
-  I.  L.  d.  M. 

2.  «  Nota  del  bien  auenturado  ffrançisco.  »  —  I.  L.  d.  M. 

3.  Le  ms.  porte  au  lieu  de  ad  ogni  uotn,  ad  otjnon  pour  ad    ognuno. 

4.  «  Nota  del  bien  auenturado  domingo.  »  —  I.  L.  d.  M. 

5.  I.  L.  d.  M. 


XLVII.    DANTE  303 

aussi  dans  le  manuscrit  n°  458  du  fonds  espagnol  de  la  Bi- 
bliothèque nationale  de  Paris,  qui  a  fait  partie  de  la  biblio- 
thèque de  Guadalajara.  (Cf.  Notice  XLIX.) 

Peut-être  faut-il  attribuer,  à  la  plus  grande  difficulté  de 
compréhension  du  Paradis,  l'absence  des  signes  admiratifs 
dont  le  marquis  de  Santillane  a  illustré  les  autres  parties 
du  poème. 

Le  texte  italien  de  ce  manuscrit  n'est  pas  dépourvu 
d'importance.  D'abord  sa  date  de  1354  en  fait  un  «  vieux 
Dante  »,  et  puis  il  présente  d'autres  particularités.  Son 
écriture  appartient  à  l'Italie  septentrionale.  Et  ses  leçons 
ne  se  rattachent  pas  à  la  pure  tradition  toscane,  on 
trouve  dans  la  langue  du  copiste  des  formes  dialectales 
telles  que  :  riceive,  corteise,  preise,  un  picem  JumaeUo, 
roiiata,  megio,  Jigia,  hugia,  cascaum,  per sonna,  per- 
donna,  etc  ,  qui  révèlent  le  génois  et  semblent  désigner  Gênes 
comme  patrie  de  ce  manuscrit,  ou  au  moins  de  son  copiste  (1). 
Ce  caractère  dialectal,  rapproché  de  la  date  (1354),  donne 
à  ce  volume  un  intérêt  spécial,  abstraction  faite  du  mérite 
cle  la  version  castillane  qu'il  contient  et  des  notes  auto- 
graphes du  Marquis.  Que  ce  manuscrit  ait  pu  arriver 
par  Barcelone,  aux  mains  d'Enrique  de  Villena,  cela  n'a 
rien  qui  doive  nous  étonner,  mais  il  est  plus  surprenant 
qu'un  Génois,  dédié  sans  doute,  comme  tous  les  siens,  au 
commerce  et  à  la  banque,  ait  eu  assez  de  goût  et  assez  de 
temps  pour  copier  avec  soin  le  poème  d'Alighieri. 


E 


(Osuna:  Plut.  V.  Lit.  N,  n°24;  Rocam.  n°  109;  Biblioth.  Nat.  Madrid, 

Ii-122) 

Dante  Alighieri.  Traduction  castillane  du  commentaire 
latin  de  Pietro  Alighieri  à  la  Divine  Comédie. 

Manuscrit  de  152  feuillets,    plus    3   feuillets  blancs    au 
commencement  et  1  à  la  fin,  papier  non  folioté.  Écriture  de 

1.  Nous  ne  voudrions   pas  négliger  cle  remercier  ici  MM.  Rajna  et 
Parodi,  qui  ont  bien  voulu  attirer  sur  ce  point  notre  attention. 


304  BIBLIOTHÈQUE    DU    MAKQUIS    DE   SANTILLANE 

la  première  moitié  du  XV"  siècle  Petites  capitales  en 
rouge,  titres  noirs,  marges  étroites.  Format  286x215mm. 
Reliure  de  parchemin . 

Le  texte  ouvre  par  une  préface  où  sont  exposés  ies  sens 
de  la  Comédie  et  la  condition  des  âmes  en  purgatoire,  avec 
des  observations  sur  la  forme  poétique  <it  enfin  une  indica- 
tif sommaire  du  contenu  des  chants  de  YEnfer. 

Fol.  1.  Incipit  :  «  Nel  meço  del  camin  :  a  intelligençia 
de  la  présente  comedia,  ansi  como  usan  los  exponedores  en 
las  sçiençias,  son  de  notai*  très  eosas,  la  primera...» 

Fol.  2  v°  Rubrique  :  Comiença  la  exposiçion  sobre  la  pri- 
mera cantig  a  delà  Comedia  de  Dante,  poeta  Florentino, 
conpuesta  de  mosen  Pedro,  su  Jijo,  doctov  en  decretos  e 
sçienttfico  orne. 

Incipit:  «  Segund  que  dize  el  sabio.eclesiastes...  » 

Fol.  3  v°.  Explicit  :  a  el  estado  de  los  pecadores  e  de  [os 
repintientes  e  virtuoses.  »  A  la  suite  :  «  Otra  glosa  sobrel 
primer  capitulo:  Ncl  meço  dil  camin  /este  capitulo  con  el 
siguiente  es  prohemial. ..  » 

Fol.  62.  Explicit  du  commentaire  à  X Enfer  :  «  e  nos 
lieua  a  veer  las  estrellas,  que  es  el  estado  de  la   gracia.  » 

Fol.  63.  Rubrique  :  Comiença  la  exposiçion  del  segundo 
libro  de  Dante,  que  tracta  del  Purgatorio,  esiguese  el  pro- 
logo. Incipit  :  a  Por  la  rubrica  sobre  dicha  se  puede  dubdar 
de  quai  Purgatorio  entiende  el  actor. .  .  » 

Fol.  63.  v°  Explicit  de  la  préface  :  «  la  tercera  parte  en  la 
quai  dise  del  parayso  terrenal.  »  Incipit  :  «  Per  correr  mil- 
lor  acque  alça  le  uele:  en  este  capitulo  primero  el  actor  an- 
tipone  la  inuocaçion . . .  » 

Fol.  118  v°.  Explicit  du  commentaire  au  Purgatoire  : 
«  de  Beatris  que  es  la  santa  theologia.  » 

Le  prologue  du  Paradis  est  confondu  avec  le  chant  I, 
contrairement  à  ce  qui  a  lieu  pour  les  préfaces  de  Y  Enfer 
et  du  Purgatoire,   mais  il  ne  manque  rien  au  texte. 

Fol.  119.  Rubrique:  Capitulo  primo  del  Parayso.  Incipit: 
<(  La  gloria  di  colui  che  tucto  muoue  :  sobre  la  rubrica  desta 
tercera  parte,  nota  que  el  actor  procède  al  modo  usado...  » 

Fol.  152.  Explicit  du  commentaire  du  Paradis  :  «  esto 
es  por  Dios  mouiente  el  çielo  e  las  estrellas.  E  ansi  pone 
iïinaqui  a  la  su  marauillosa  Ë'antasia.  » 


XL VII.    DANTE  305 


F 


(Osuna:Plut.  V.  Lit.  N,  n°  25;   Rocam.  n°  108;  Biblioth.    Nat,    Ma- 
drid,   Ii-123) 

Dante  Alighieri.  Traduction  castillane  du   commentaire 
latin  de  Benvenuto  da  Imola  sur  V Enfer. 

Manuscrit  de  187  feuillets,  papier,  non  folioté.  Ecriture 
du  XVe  siècle  ;  on  y  distingue  trois  mains  différentes  :  la 
première  a  écrit  les  feuillets  1-27  ;  la  seconde  les  feuillets 
28-103  ;  la  troisième  les  feuillets  104-187.  Format  280x208 
mm.  Rares  notes  en  marge.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Aqui  comiença  la  glosa  sobre  Dante 
en  latin,  tornada  en  Romance  ;  primeramente  J'açe  pro- 
hemio  con  su  thema  diuidiclo,  e  assi  continuando  face  su 
proçeso. 

Préface.  Incipit  :  «  Aquel  es  mar  ondeante,  el  quai  suple 
o  finche  afluentemente  e  copiossamente  los  menesteres 
de  los  vinientes  de  cada   parte...  » 

Fol.  15.  Explicit  :  «  esposiçion  de  laletra.  »  Rubrique: 
Diceel  auctor  :  Aqui  comiença  la  esplanaçion  ciel  métro. 
Incipit  :  «  Nel  mezo  del  camin  di  nostra  bita.  ^  Mas  quai  es 
el  medio  caminode  nuestrabida  ?...  » 

Fol.  187.  Explicit  :  a  Malaspina,  con  el  quai  por  entonçe 
Dante  estaua,  por  lo  quai  como  el  fuese  un  seilor  asaz  en- 
tendiente...   » 

Notre  manuscrit  est  incomplet,  il  ne  contient  que  le  com- 
mentaire des  sept  premiers  chants  de  Y  Enfer  et  le  com- 
mencement de  l'exposition  du  huitième.  Ce  volumineux 
commentaire  a-t-il  été  traduit  tout  entier?  On  peut  le 
croire,  en  tout  cas  il  y  en  a  eu  plus  que  ce  qui  nous  en  reste, 
puisque  le  manuscrit  qui  nous  occupe  apparaît  nettement 
tronqué.  Le  marquis  de  Santillanea  fait  traduire  le  Purga- 
toire de  Benvenuto  da  Imola,  il  est  tout  naturel  de  penser 
qu'il  aura  fait  aussi  traduire  X Enfer  et  par  le  même  traduc- 
teur, qui  était  de  ses  familiers. 

go 


.4H)()  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Voici  le  commencement  du  commentaire  de  Benvenuto: 

(Fol.  15.)  A  qui  comiença  la  esplanaçion  del  métro»  Nel  tnezo 
del  camin  cli  nostra  bita.  ;,  Mas  quai  es  el  medio  camino  de  ouestra 
bida?  Disenalgunos  quel  medio  de  nuestra  bida  es  el   suefio,  por 

quel  filosofo,  en  el  primero  de  las  ethicas,  dise  que  no  ay  diferen- 
çia  entre  los  mesquinos  e  los  bien  abenturados,  segund  el  medio 
de  la  bida,  que  es  llamado  el  medio  de  la  bida  el  suefio.  Pues 
que  assi  es  es  (sic)  bisto,  el  author  querria  désir  el  aber  abido  esta 
bision  en  suenos,  mas  esto  non  baie,  porque,  segund  dise  el  co- 
mentator  filosofo,  por  el  suefio  entiende  asy  la  folgança.  Non  es 
berdad  quel  orne  duerma  la  mevtad  del  tienpo.  Otros  disen  quel 
medio  de  nuestra  bida  es  la  noche,  tanto  tenemos  en  este  mundo 
de  tiniebras  quanto  de  luces,  e  el  autor  nuestro  obo  la  bision  de 
noche.  Las  bisiones  e  las  sotyles  imaginaciones,  segund  que  mas 
acaesce,  bienen  de  noche,  quando  el  anima  mas  se  recoge  a  ssi, 
e  es  mas  apartada  de  los  cuydados  terrenales.  La  rason  discurre  e 
considéra  en  que  manera  aya  espendido  su  tienpo,  e  en  que  cosas, 
ca[sî]  en  banas  cosas.  Mas  aunque  esto  todo  fuera  berdad,  enpero 
non  es  esta  la  entincion  del  auctor  aquî,  por  quel  auctor  descriue 
claramente  aquel  tienpo  un  poco  abaxo. 


(Osuna  :  Plut.  IV.  Lit,  N,  nu  23;  Rocam.  n°  121:  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-23). 

Dante  Alighieri.  Traduction  castillane  du  commentaire 
latin  de  Benvenuto  da  Imola  sur  le  Purgatoire,  par 
Martin  Gonçales  de  Lucena. 

Manuscrit  de  72  feuillets,  plus  3  feuillets  blancs  au  com- 
mencement et  2  à  la  fin,  papier  réglé,  en  moyenne  à  47  lignes. 
Le  premier  feuillet  de  ce  manuscrit  est  perdu.  Ecriture 
du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Format  285x220  mm. 
Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  [Chant  I,  v.  22.]  Incipit  :  a  ...cubriendo  ca  era 
tan  luzia  que  escuresçia  cl  signo  en  que  estaua.  Io  mi  :  co- 
diçia  que  el  primero  notable  viese  la  mar  siniestra  fasa  el 
medio  (lia  al  polo  abstraL  )) 

Fol.  72  U.  Explicit  :  a  e  por  esto  muy  mucho  bien  era 


XL VII.    DANTE  307 

purificado .  »  Rubrique  :  Aqui  se  acabo  la  glosa  del  sagrado 
poeta  myrifico  laureado  Dante  florentin,  de  memoria  escla- 
resçidamente  perpétua  e  gloriosa,  e  interpretolo  de  la  len- 
gua  latina  en  la  materrna  castellana  Martin  Goncales  de 
Luçena,  maestro  en  artess  e  doctor  en  mediçina,  fisico  e 
sieruo  del  muy  estrenuo  e  magnifico  seflor  Yhigo  Lopes, 
seiïor  de  Mendoça.  Loor  sinjîn  seay  oy  e  sienpre,  a  la  unOj 
trina,  infinyta  esençia  triumpersonalmente  e  una,  esençial 
e  infiny  lamente .  Amen, 

Fragment  de  la  version  castillane  du  commentaire  du  Purga- 
toire de  Benvenuto  da  Imola  : 

(Fol.  2).  Capitulo  segundo  de  Dante  Allegery. 

Gia  era  l  sol  al  orisonte  giuncto.  Despues  que  el  poeta  Dante,  en 
el  capitulo  cercanamente  passado  prohemial,  demostro  como  fuese 
metido  en  el  purgatorio,  por  raano  de  caton  el  guarda,  agora  co- 
miença  acontar  los  tractados,  e  primeramente  tracta  de  la  primera 
especie,  de  los  négligentes  besinos  f  uera  del  bercladero  purgatorio 
et  bagantes  a  cierto  tienpo  ante  que  puedan  entrar.  E  aquellos 
son  los  que  detardaron  faser  la  penitencia  fastala  fin  de  la  muerte, 
e  por  causa  de  la  dilacion  fue  en  ellos  alguna  delettacion  del  mundo. 
Segun  que  es  el  canto  por  algun  son  (?)  mussico,  esto  se  puede 
partir  en  cuatro  partes  :  en  la  primera,  desque  un  angel,  cuyo  oficio 
es  trasportar  las  aimas  que  se  han  de  purgar  en  una  navesilla  ; 
en  la  segunda,  desque  una  gente  de  aimas  traydas  de  un  angel  e 
la  condicion  délias  ;  en  la  tercera  fase  singular  mencion  de  una 
anima  moderna  que  era  del  numéro  de  aquestas  ;  en  la  quarta 
conbida  a  esta  aima  a  cantar  dulcemente,  cuyo  canto  se  estorvava 
por  Caton.  Biniendo  a  lo  primero  digo  que  desque  el  angel,  e  nota 
bien  esta  parte  primera,  e  ante  que  describa  este  angel,  per 
mite  una  describcion  de  tienpo  e  lugar  e  dise  :  gia  era.  Et  por 
que  nuestra  letra  es  a  fuerte  sentencia,  asi  que  se  fasia  ya  dia  claro, 
ca  en  el  primer  capitulo  dixo  que  era  el  aima,  onde  remien- 
brante  de  una  cosa,  que  dixe  en  el  primero  capitulo,  que  todo  el 
cielo  es  partido  en  dos  partes  iguales,  e  la  primera  parte  emixpe- 
rium,  o  média  espéra,  soberana  de  otras.Et  segun  que  parte  e  ciîie 
por  medio,  se  dise  orisonte,  que  es  el  titulo  determinador  de  la 
bista,  asi  como  si  estuvieses  en  una  llaneza  et  quando  el  ojo  mas 
non  se  pudiese  estender  aber,  parecerte  ya  ber  un  cerco  aderre- 
dor,  ergo  sienpre  son  seys  signos  abaxo,  que  non  parescen,  et  seys 
arriba,  que  parescen  del  orisonte,  ca  nuestro  poniente  era  le- 
vante* e  pues  asi  es*  el  su  levante  es  a  nos  poniente. 


308  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Traducteurs  et  traductions  de  la  Divine  Comédie  en 
Espagne 

Introduite  par  Micer  Francisco  Impérial,  patronée  par  le 
marquis  de  Santillane,  la  Divine  Comédie  fit  en  Espagne 
une  fortune  rapide  et  brillante.  Peu  d'œuvres  ont  influencé 
aussi  profondément  et  d'une  manière  aussi  durable  la  litté- 
rature espagnole.  C'est  un  art  nouveau  qui  naît.  L'allégorie 
italienne  va  triompher  à  la  cour  de  Jean  II,  et  Dante  sera, 
pour  tous  les  lettrés  de  cette  époque,  à  la  fois  un  chantre 
insurpassable  et  un  modèle  d'érudition.  On  le  cite  à  tort  et  à 
travers,  il  est  de  toutes  les  visions,  et  on  l'imite  un  peu 
partout.  Inigo  Lopez  de  Mendoza  fut  un  des  premiers  et  un 
des  plus  zélés  à  s'imprégner  de  l'esprit  dantesque;  non  seu- 
lement il  emprunte  au  Florentin  beaucoup  de  ses  images, 
mais  encore  il  calque  ses  formes  et  propage  ainsi  le  sonnet 
et  ï'hendécasyllabe. 

Diego  de  Burgos,  dans  son  poème  sur  la  mort  du  Mar- 
quis intitulé  :  El  Triunfo  del  Marqués,  fait  dire  à  Dante  : 

«  Leyô  el  Marqués  con  gran  atencion 

))  Aquellas  très  partes  en  que  yo  liablé 

))  Quâl  es  el  estado  y  la  condicion 

»  Qu'el  anima  humana  espéra  por  fé  : 

»  Alli  do  los  malos  penando  halle 

))  En  gran  punicion  sin  fin  de  tormentos 

))  Y  los  pénitentes  en  fuego  contentos, 

»  La  gloria  esperando  que  al  fin  no  callé . 

»  Por  esta  afection  assi  sin  medida 
»  Que  ovo  a  mis  obras,  movi  por  hablarte, 
))  Por  su  gran  valor,  por  tu  triste  vida, 
))  Piedad  me  venciô  venir  consolarte  : 
»  Por  premission  vengo  de  la  misma  parte 
))  Do  el  anima  santa  esta  del  Marqués  ; 
))  Si  tu  las  pisadas  ternâs  de  mis  pies, 
»  Podrâs  de  su  gloria  mirar  assaz  parte  (1).  )) 

Et  plus  loin,  quand  tous  les  héros  de  l'antiquité,  tous  les 

1.  El  Triunfo  del  Marques.  Cancloncro  de  H.  del  CastUlo,  tomo  I, 
p.  216  et  217. 


XL VII.    DANTE  309 

philosophes,  tous  les  poètes  et  tous  les  orateurs  font  l'éloge 
d'Iiïigo  Lopez  de  Mendoza,  chacun  dans  une  strophe  de 
huit  vers,  Dante  prend  encore  une  fois  la  parole  et  s'ex- 
prime ainsi  : 

((  A  mi  no  eonviene  hablar  del  Marqués, 
))  Ni  menos  sus  hechos  muy  altos  contar, 
))  Que  tanto  le  aevo,  segun  lo  sabés, 
))  Que  no  se  podria  por  lengua  pagar  : 
))  Solo  este  mote  no  quiero  callar 
))  Por  no  parescer  desagradecido, 
))  Que  si  tengo  fama,  si  soy  conoscido, 
»  Es  por  qu'él  quiso  mis  obras  mirar  (1).  » 

Plus  tard,  c'est  Mossen  Jaunie  Ferrer  de  Blanes  qui,  dans 
ses  Sententias  catholicas  y  conclusions  principal  s  del  pre- 
clarissim  Theolech  y  diui  Poeta  Dant  Florenti,  de  molta 
utilitat  y  salut pera  las  animas,  conpilades  y  exposades  per 
lo  saui  ecatholic  chrestia  mossen  Iaume  Ferrer  de  Blanes, 
dit  du  Marquis  :  «  Nos  marauellen  los  lectors  per  que  en 
aquesta  materia  se  fa  mencion  dels  prouerbis  del  virtuos  y 
bon  caualler  Enigolopes  de  Mandoça,  Marques  de  Sanct 
Yllana  [sic),  ni  pensen  que  sia  fora  de  la  materia  Dantista, 
per  que  no  obstant  que  abunda  en  plenitut  de  moites  scien- 
cias  ell  fou  molt  gran  Dantista,  segons  (en  moites  parts  dels 
seus  prouerbis  mostren  gran  similitut  en  algunas  auctoritats 
de  les  comédies  ciel  ditdoctor  (2).  )) 

Lue,  admirée,  imitée,  la  Diuim  Comédie  ne  devait  pas 
tarder  à  être  traduite,  et,  en  effet,  dès  le  commencement  du 
quinzième  siècle,  l'Espagne  en  eut  deux  versions  complètes; 
Tune  en  castillan,  l'autre  en  catalan. 

I.  La  première  en  date  des  versions  espagnoles  de  la 
Divine  Comédie  est,  nous  l'avons  vu,  celle  de  Don  Enrique 
de  Villena,  que  nous  avons  retrouvée  dans  le  manuscrit 
Ii-110  de  la  Biblioth.  Nat.  de  Madrid.  Elle  a  été  faite  à  la 


1.  L.  c,  p.  245. 

2.  Le  livre  de  Mossen  Iaume  Ferrer  de  Blanes  est  fort  rare,  il  porte 
la  mention  suivante  :  Estampât  en  la  insigne  ciutat  de  Barcelona,  per 
Caries  Ainoros  Proensal,  a  XIX  dies  del  mes  de  Desembre,  any  de 
MDXXXXV.  Nous  n'en  connaissons  qu'un  seul  exemplaire,  auquel 
manquent,  malheureusement,  plusieurs  feuillets. 


.'310  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLAM. 

prière  du  marquis  de  Santillane,  dans  l'année  même  ou  ion 
ami  traduisit  Y  Enéide  de  Virgile:  entre  le  28  septembre  1427 
et  le  10  octobre  1428;  elle  est  en  prose. 

IL  La  traduction  catalane,  due  àN'Andreu  Febrer,  est  en 
vers  et  en  tercets.  Commencée  peut-être  avant  celle  de 
Don  Enrique,  elle  ne  fut  achevée  que  neuf  mois  et  vingt  et  un 
jours  après  la  sienne,  soit  le  1er  août  1429.  C'est  du  moins 
la  date  que  nous  donne  l'explicit  du  manuscrit  de  l'Escurial 
(II-L-18),  dont  le  texte  a  été  publié  à  Barcelone,  en  1878, 
par  les  soins  de  Cayetano  Vidal  y  Valenciano(l).  Nous  savons 
qu'on  connaissait  autrefois  un  autre  manuscrit  de  la  version 
de  Febrer,  mais  il  est  aujourd'hui  perdu,  et  il  ne  nous  reste 
que  le  seul  texte  conservé  dans  la  bibliothèque  de  Saint- 
Laurent  (2). 

Dans  sa  lettre  au  connétable  de  Portugal,  le  Marquis 
mentionne  en  ces  termes  Mossen  Febrer  et  sa  traduction  : 

«  Mossen  Febrer  fiço  obras  notables  é  algunos  afirman 
»  aya  traydo  el  Dante  de  lengua  florentina  en  catalan,  non 
))  menguando  puntoen  la  orclen  del  metrificar  é  consonar.  )) 
Et  Vidal  y  Valenciano,  qui  cite  ces  paroles,  ajoute  (3)  :  «  Al 
»  expresarse  de  esta  suerte  D.  Iftigo  Lopez,  pareceque  ha- 
))  blaba  solo  de  oida,  mas  à  buen  seguro  que  no  modifiée 
))  su  opinion  eldia  en  que,  dueïïo  del  côdice  que  se  custodia 
»  en  la  biblioteca  de  SanLorenzo,  pudoleer  â  su  sabor  los 
))  Rims  catalans  del  alyutzirde  Alfonso  V,  »  et  plus  loin, 
parlant  toujours  du  même  manuscrit,  il  le  nomme   :  «  el 

que perteneçiô  un  clia  al  Marqués  de  Santillana. ..  »  Or, 

il  n'y  a  aucune  raison  de  croire  que  le  manuscrit  de  l'Escu- 
rial  ait  un  jour  appartenu  au  Marquis,  qui  déclare  nettement 

1.  Voici  le  titre  du  manuscrit  de  l'Escurial  qui  contient  la  version  de 
N'Andreu  Febrer  :  Comenea  la  comedea  de  Dard  Allie/ hieri  de  Flo- 
rença,  en  la  quai  tracta  de  la  peaa  e  punicio  dels  ricis,  c  de  la  pur- 
gatio  e  peniteacia  d'aquells,  e  dels  merits  e  prenils  de  virtut,  trasla- 
i (i(hi  per  N' Andréa  Ffdbrer,  algutsir  del  inolt  ait  Princep  e  victorios 
senyor  lo  Reij  Don  Alfonso,  Rejj  a"Arago,  de  rims  vulgars  toscans  en 
rims  vulgars  cathalans. 

Explicit  :  Conipletum  fuit  prima  die  mensis  Augusti  anno  a  natiui- 
tate  Doinini  M°CCCC°XXVIHP ,  in  ciuitate  nobili  Barchinonc.  Amen. 

2.  Vidal  y  Valenciano,  Itnitadores,  traductores  y  comentadores 
cspafloles  de  la  Dicina  Comedia,  un  article  en  deux  parties  dans  la 
Revista  de  Espana,  t.  X,  p.  217-234  et  517-533,  année  1869. 

3.  Revista  de  Espana,  /,  c. 


XLVII.    DANTE  311 

n'avoir  pas  vu  la  traduction  de  Mossen  Febrer.  Amador  de 
los  Rios,  dans  sa  Biblioteca  del  Marques  de  Santillana 
(Obras  del  Marqués,  p.  611,  et  Hist.  Crit.,  t.  VI,  p.  16 
et  17)  cite  la  version  de  Febrer  et  disserte  sur  les  éloges 
que  le  Marquis  lui  décerne;  éloges  qui  ne  sont  autre  chose 
que  les  paroles  que  nous  avons  reproduites  ci-dessus.  Vidal 
y  Valenciano  a  sans  doutu  cru  de  bonne  foi  que  si  Los  Rios 
parlait  à  cette  place  du  manuscrit  de  rEscurial,  c'est  qu'il 
avait  appartenu  au  Marquis.  Pourquoi  Fauteur  de  Y  Historia 
critica  et  Torres  Ainat  (Diccionario,  p.  237)  disent-ils  que 
la  traduction  de  N'Andreu  Febrer  fut  achevée  le  1er  août 
1428,  quand  le  manuscrit  sur  lequel  ils  s'appuient  porte 
clairement  la  date  de  1429  ? 

III.  Au  XVe  siècle  appartient  aussi  la  version  du  pre- 
mier chant  de  Y  Enfer  qui  se  conserve  dans  le  manuscrit 
II-S-13  de  la  Bibliothèque  de  rEscurial.  Cette  traduction 
est  faite  vers  par  vers,  et  le  texte  castillan  suit  immédia- 
tement le  texte  italien.  Ex.  :  a  que  la  direta  uia  era  smarita 
—  que  la  derecha  via  era  errada.  » 

((  che  me  aueua  di  paura  el  coracon  punto  —  que  auia 
de  miedo  el  coracon  quebrantado.  » 

Le  texte  italien  est  fort  mauvais,  plein  de  fautes  gros- 
sières et  d'erreurs  qui  montrent  à  quel  point  le  scribe  con- 
fondait les  deux  langues.  Par  contre,  le  commentaire  dénote 
une  certaine  connaissance  des  commentateurs  italiens,  et  le 
glossateur  lui-même  dit  par  ex.  (Fol.  41)  :  «  algunos  ponen 
otras  exposyçiones,  pero  yo  non  dire  sy  non  la  que  mas 
conuiene,  e  conuenible  a  la  razon  paresçe,  por  non  ser  muy 
prolixo  en  castellano.  » 

Avant  de  traduire  le  premier  chant,  l'auteur  consacre 
quelques  feuillets  à  des  préliminaires  moraux,  historiques 
et  grammaticaux.  Voici  la  rubrique  qui  précède  ce  travail  : 
En  el  nonbre  del  omnipotente  Dios,  e  de  la  muy  piadosa 
madré  virgen  sanctissyma  Marya,  dexados  todos  pream- 
bulos,  dëzif  se  ha  aqui  alguna  cosa,para  que  los  que  nunca 
vieron  la  obra  del  Dante  mas  largamente  conoscan  su 
motiuo . 

Fol.  35  ter:  «  Este  libro  es  suppuesto  a  toda  parte  de 
filosophia  :  primeramente  a  la  etica,  en  quanto  tracta  de 
los  actos  humanos,  conuiene  a  saber  de  vicios  e  virtudes 


312  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DR   SANTILLANE 

metaforicamente  ;  a  la  theologia,  en  quanto  tracta  de  Dios  e 

de  las  sustançias  separadas   o  angeles  ;  algunas    veze 
subiecto  este  tractado  a  la  fisyca,  en  quanto  tracta  algunas 
cosas   naturales  ;    mas,  mas  propriamente  es  supuesto  a  la 
etica  commo  dicho  es.  » 

Puis  l'auteur  déclare  le  sens  du  mot  Comedia  et  passe 
en  revue  los  très  estilos  de  poetas.  Il  nous  fournit  de  plus 
des  explications  divertissantes  sur  le  nom  de  Dante  et  donne 
une  courte  biographie  du  poète  qu'il  fait  (c'est  très  pro- 
bablement un  lapsus  calami)  mourir  en  1421,  cent  ans  trop 
tard.  Après  cela,  il  examine,  en  l'expliquant,  la  division  du 
poème.  Enfin,  et  c'est  là  la  partie  originale  et  intéressante 
de  sa  longue  introduction,  le  traducteur  nous  donne  des  no- 
tions de  prononciation  italienne,  et  il  fait,  en  même  temps 
que  des  remarques  étymologiques,  un  peu  de  phonétique 
comparée.  Il  commence  ainsi  :  (Fol.  36  v°)  «  Agora,  antes, 
que  se  déclare  nada  del  métro,  porne  aqui,  para  castellanos, 
algund  poquillo  del  modo  de  escriuir  ytaliano,  y  del  pro- 
nunçiar,  porque  mas  façilmente,  quien  nunca  lo  oyo,  lo 
pueda  leer  e  pronunçiar,  porque  mejor  vea  losconsonantes 
de  los  rytimos  e  el  numéro  dellos,  esto  se  entienda,  a  la 
mayor  parte,  segund  la  lengua  toscana  qu'es  una  parte  de 
Ytalia,  »  etc. 

IV.  Tout  au  début  du  XVIe  siècle,  Pedro  Fernândez  de 
Villegas,  archidiacre  de  Burgos  (25  mars  1453-6  décembre 
1536),  traduisit  Y  Enfer  en  vers  d'arte  mayor  et  l'accom- 
pagna d'un  volumineux  commentaire.  Voici  le  titre  du  livre 
où  se  trouve  imprimée  avec  d'autres  poèmes  du  dit  Pedro 
Fernândez,  et  la  dixième  satyre  de  Juvénal,  traduite  en  vers 
par  son  frère  Gerônimo  de  Villegas  (l),la  version  de  Y  Enfer  : 
Con  pr^euilegio  real  :  que  no  se  imprima  por  ocho  anos,  y 
esta  tassado  en  ocho  reaies,  la  traducion  del  Dante  de  len- 
gua toscana  en  verso  castellano  :  por  el  Reuerendo  don 
Pero  Fernândez  de  Villegas  arcediano  de  Burgos  y  por  el 
comentado  allende  dy  los  otros  glosadores  por  mandado  d' 


1.  Le  môme  auteur  a  traduit,  en  vers  également,  la  sixième  satyre  de 
Juvénal,  publiée  à  Burgos  en  1519.  Cf.  Ticknor,  Geschichtc  don  schônen 
Litteratur  in  Spanien  (trad.  Nikolaus  Heinrich  Julius),  t.  I,  p.  .324-325, 
note  1 . 


XLVII.    DANTE  313 

la  muy  excelente  sehora  dofia  Juana  de  Aragon  Duquesa 
de  Frias  y  Condesa  de  Haro,  fija  d'I  muy  poderoso  Rey 
don  Fernando  de  Castilla  y  de  Aragon ,  llamado  el  catho- 
lico.  Con  otros  dos  tratados  vno  que  se  dise  querella  de  la 
fe  y  otro  aversion  del  mundo  y  conuersion  a  Dios. 

Explicit  :  «  ...  Burgos,  por  Fadrique  Aleman  de  Basilea; 
acabose  lunes  a  dosdiasde  Abril  del  ailode  nuestraredemp- 
cion  de  mill  y  quinientos  y  quinze  (1515)  aïïos.  »  (Salvâ, 
Catâlogo,  n°  559). 

D.  M.  Martinez  Anibarro  y  Rives  (Diccionario  biog.  y 
bibliog.  de  autores  de  la  prov.  de  Burgos,  p.  190-195), 
dans  Ténumération  qu'il  fait  des  ouvrages  de  Villegas,  cite 
une  version  du  Paradis  de  Dante  en  quintillas,  qu'il  attri- 
bue à  l'archidiacre  de  Burgos,  sur  la  foi  des  traducteurs  de 
Ticknor,  Gayangos  et  Vedia.  Ceux-ci,  dans  leurs  additions, 
ont  consacré  une  note  à  Pedro  Fernândez  de  Villegas,  qui 
finit  par  cette  hypothèse  :  «  Acaso  sea  tambien  suya  (del 
»  arcediano)  una  traduccion  del  Paraiso  en  quintillas,  con 
»  un  difuso  comentario,  que  hemos  visto  original  entre los  ma- 
»  nuscritos  del  Excmo  Sr  conde  de  Onate  »  (Ticknor, 
Hist.  de  la  Lit.  Esp.,  t.  II,  p.  492,  Madrid,  1851).  A  Madrid, 
grâce  à  l'obligeance  de  M.  le  comte  de  Valencia  de  Don 
Juan,  nous  avons  pu  consulter  l'inventaire  sommaire  que 
Ton  fit  de  la  bibliothèque  du  comte  d'Oïlate,  après  sa  mort. 
Cet  inventaire  est  manuscrit,  il  porte  le  titre  suivant  :  Ca- 
tâlogo de  los  libros  de  la  Biblioteca  del  Excmo  Senor  Mar- 
qués de  Monte-Alegre,  conde  de  Onate,  Duque  de  Nagera, 
Cette  collection  fut,  après  le  décès  de  son  possesseur,  divi- 
sée en  six  lots  pour  être  répartie  entre  ses  héritiers .  L'in- 
ventaire sommaire  nous  a  fourni  la  note  suivante  :  «  2°  Es- 
tante, g  fada  primera,  manuscritos.  —  n°  3.  El  Dante, 
poeta  italiano,  traducido  y  comentado  en  lengua  castellana. 
Contiene  el  primer  canto  del  Paraiso,  comentarios,  y  un 
poco  del  canto  segundo.  15-1  folio  perg0.  (6°).  » 

Ce  manuscrit  a  donc  fait  partie  du  sixième  lot,  qui  échut 
à  Madame  la  comtesse  de  Castaïleda.  Nos  efforts  pour  le  voir 
et  l'examiner  se  heurtèrent  à  un  refus  formel.  C'est  pour- 
quoi nous  eûmes  recours  à  don  Francisco  de  Uhagôn,  qui 
avait  toujours  manifesté  le  plus  obligeant  intérêt  pour  nos 
travaux.    Cet  érudit,  qui  a  déjà  fait  connaître  aux  hispani- 


314  BIBLIOTÏIKQUK    DIT    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

sants  l'un  des  plus  précieux  manuscrits  de  la  bibliothèque 
de  la  comtesse  de  Castaûeda,  a  bien  voulu  rechercher  le 
Dante  enquintillas  mentionné  par  l'inventaire  sommaire 
de  la  bibliothèque  du  comte  d'Ofiate.  Ses  démarches  furent 

couronnées  de  succès,  et  M.  de  Ulmgôn  a  publié  dans  la 
Reoista    de    Archivas,    Bibliotecas  y  Museos  (Aûo   V, 

mun.  8)  une  notice  détaillée  de  ce  manuscrit  sous  le  titre 
suivant:  Una  traduction  castellana  desconocida  de  la  Di- 
vina  Comedia.  Ce  travail  nous  apprend  que  nous  avons 
affaire  à  une  traduction  du  Purgatoire  en  strophes  de  cinq 
vers  ;  chacune  de  ces  strophes  correspond  à  une  terzine  du 
texte  toscan.  Le  commentaire  et  la  préface  qui  accom- 
pagnent cette  version  sont  ceux  de  Landino,  auxquels  le  tra- 
ducteur n'ajoute  rien  de  son  crû.  Voici  en  quels  termes 
s'exprime  M .  de  Uliagôn  dans  l'introduction  qu'il  a  mise  en 
tête  des  extraits  qu'il  donne  de  ce  manuscrit  : 

«  Gracias  â  la  bondadosa  deferencia  de  mi  ilustre  amiga, 
»  la  Excma.  Senora  Condesa  de  Castanecla,  â  quien  ha  to- 
»  cado  en  suerte  el  citado  manuscrite  de  la  biblioteca  de  su 
))  padre,  el  Sr.  Conde  de  Onate,  me  ha  siclo  dado  ver  el 
»  libro,  que  si  vieron,  vieron  mal  los  traductores  de  Ticknor, 
))  toda  vez  que  no  es  una  traducciôn  del  Paraiso,  sino  del 
))  Purgatorio,  y  el  anônimo  y  desconocido  autor  del  traslado 
))  manifiesta  con  repetieiôn  en  el  proemio  su  deseo  de  con- 
»  tinuar  la  obra  comenzacla  por  Villegas,  â  quien  alude 
»  muchas  veces  en  términos  que  el  menos  avisado  puede 
»  ver  que  los  traductores  de  ambas  partes  son  dos  personas 
»  distintas,  y  este  de  que  me  ocupo,  posterior  enunosanos 
»  el  arcediano  de  Burgos.  » 

a  Fué  escrito  en  el  primer  tercio  del  siglo  XVI  y  con  pos- 
»  terioridad  al  afio  1516,  pues  va  en  el  prôlogo  se  habla  de 
»  Fernando  V  como  de  persona  que  habia  fallecido.  Consta 
»  de  165  hojas  utiles  en  folio,  numeradas  las  mas  con  cifras 
))  romanas;  todas,  excepto  las  dos  ûltimas,  â  una  columna; 
))  los  versos  â  mano  izquierda  y  las  glosas  â  la  derecha.   » 

((  La  Introducciôn  de  Landino  ocupa  el  fol.  2°;  la  del 
»  autor,  los  3  â  4  inclusive;  en  el  5°  empieza  la  traducciôn 
»  del  Purgatorio,  en  quintillas,  desde  el  fol.  cxxi,  que  co- 
)>  mienza  el  canto  XXX,  la  version  esta  hecha  en  tercetos.  » 


XLVII.    DANTE  315 

((  En  el  fol.  154  se  halla  el  «  Prologo  de  Christôforo  Lan- 
»  dino,  en  el  Parayso  de  Dante,  florentino.  »  En  el  mismo 
»  folio,  vuelto,  empieza  la  version  del  Paraiso,  en  quintillas, 
»  de  la  cual  hay  el  canto  I,  y  del  II  hasta  el  verso  72  del 
»  texto  original  ;  siguen  seis  hojas  en  blanco  ;  las  dos  ûltimas 
»  contienen  repetida  la  version  de  los  dos  primeros  cantos 
»  del  Paraiso,  que  llega  en  el  segundo  al  verso  84  del  ori- 
))  ginal  y  difiere  bastante  de  la  anterior.  » 

«  Varias  hojas  de  este  manuscrite  estân  rotas  ô  mal  en- 
»  cuadernadas,  como  sucede  conlas  dos  ûltimas.  El  numéro 
»  de  lineas  en  cada  pagina  no  es  constante  ;  pero  el  término 
»  medio  puede  fijarse  en  50.  » 

«  El  examen  y  estudio  del  manuscrite  evidencia  lo  defec- 
))  tuoso  y  equivocado  del  texto  que  sirviô  para  la  traducciôn, 
»  traducciôn  que,  aparté  los  vicios  de  puntuaciôn  y  acento 
»  y  los  frecuentes  italianismos  de  que  adolece,  esta,  por  lo 
))  gênerai,  bien  hecha  y  es  muy  estimable.  » 

«  Cada  terceto  italiano  es  una  quintilla  espanola,  y  aun 
»  cuando  Rengifo  aclmitia  una  clase  de  décimas  compuestas 
))  de  dos  quintillas,  las  del  traductor  del  Purgatorio  son 
»  propia  y  genuinamente  quintillas  simples,  por  ser  cada 
))  una  independiente  de  la  otra  y  traducciôn  compléta  de 
»  un  terceto.  En  ellas  brotan  los  versos  faciles,  naturales, 
))  espontâneos,  de  la  pluma  del  autor,  y  no  carecen  de  ele- 
»  gancia,  siendo  à  las  veces  sonoros  y  robustes.  » 

))  No  puede  decirse  lo  mismo  de  los  tercetos  endecasilabos, 
))  que  carecen  de  métro,  de  arraonia  y  de  ritmo,,  defectos 
))  que  hacen  obscuro  y  aun  enigmâtico  el  sentido  de  algunos 
»  pasajes,  mâs  de  lo  que  enocasiones  lo  es  el  mismo  Dante; 
»  achaque  frecuente  en  estes  poemas  teolôgicos.  » 

L'auteur  anonyme  de  cette  version,  dans  une  préface  où 
il  se  montre  homme  de  bon  sens  et  de  savoir,  expose,  en 
s'adressant  au  seigneur  inconnu  pour  qui  il  a  entrepris  ce 
travail,  ses  idées  sur  les  difficultés  que  présente  son  projet 
et  les  raisons  qui  lui  ont  fait  choisir  Yarte  real  et  les  strophes 
de  cinq  vers.  Il  se  montre  fort  renseigné  sur  les  traductions 
de  Pétrarque  et  de  Sénèque  et  disserte  sur  les  inconvénients 
de  Yarte  mayor,  employé  par  Pedro  de  Villegas  dans  sa  ver- 
sion de  Y  Enfer.  Sans  faire  preuve  d'une  excessive  humilité, 
le  traducteur  anonyme  du  Purgatoire  ne  se  berce  pas  de 


:>l(i  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   8ANTILLANE 

vaines  illusions.  Aussi,  ne  craint-il  pas  Les  critiques  que 
certainement  il  a  méritées,  mais  il  veut  que  ces  critiques 
soient  motivées  et  qu'elles  émanent  de  personnes  compé- 
tentes, et  il  dit  :  «  Y  pues  la  materia  lo  ofreçe,  quiero  deçir, 
»  que  si  Dios  me  diere  gracia  que  en  los  interualos  que  so- 
))  bran  despues  de  las  ocupaçiones  forçosas,  pudiere  dar  fin 
))  rà  este  negocio,  yo  seré  el  primero,  â  lo  menos  de  quantos 
»  he  uisto  hauer  traductos,  que  me  quedo  desarmado  contra 
))  el  diente  canino  y  boca  latrante;  sino  que  quiero  y  su- 
»  plico  â  todos  quantos  esta  traducion,  si  la  acabare,  vie- 
»  ren,  la  reprehendan  y  emienden,  y  den  sobrella  toda  la 
»  fulmina cion  que  les  pareciere  merecer  mi  ygnorancia  ;  con 
o  tal  condiçion,  con  todo,  quel  reprehender  no  sea  de  pa- 
»  labra  solamente,  porque  â  este  tal  responderle  [he]  yo  con 
))  lo  quel  apostol  y  euangelista  San  Juan  en  su  Canônica 
))  dize  :  sino  quel  que  pusiere  defecto  lo  muestre  con  el 
»  dedo  y  emiende  con  la  mano,  para  que  la  caridad  con  que 
))  lo  dixere  baga  fruto,  etc.  » 

VI.  Hernando  Diaz  a  fait  une  traduction  complète  de  la 
Dioine  Comédie,  qui  n'a  jamais  été  imprimée  et  dont  le 
manuscrit  paraît  perdu.  Ce  que  nous  savons  de  ce  travail, 
c'est  lui-même  qui  nous  le  dit  dans  la  préface  de  son  re- 
maniement de  Walter  Burley,  intitulé  :  La  vida  y  exce- 
lentes  dichos  de  los  mas  sabios  filôsofos  que  liubo  en  este 
mundo,  imprimé  par  Cromberger  à  Séville,  en  1520 
(Gallardo,  Ensayo,  n°  2025).  Hernando  Diaz,  dans  cette 
préface  adressée  à  D.  Per-Alvarez  Osorio,  s'exprime  ainsi: 
«  No  creo  que  sera  fuera  de  propôsito  dar  aqui  cuentâ  como 
))  haya  diferido  por  tan  luengo  espacio  aquella  dificultosa 
))  traduccion  de  las  très  «  Cânticas  ô  comeclias  del  Infierno 
»  e  Purgatorio  e  Paraiso  del  divino  poeta  Dante  con  su 
))  glosa  »,  en  la  cual  dependia  todo  el  tiempo  que  del  ser- 
))  vicio,  asi  de  V.  m.  como  de  los  sefiores  D.  Juan  y  D.  An- 
))  tonio  Osorio,  en  Astorga  me  sobraba  :  mayormente  que 
))  venido  â  esta  florescida  universidad  de  Salamanca  en  ser- 
))  vicio  de  sus  mercedes,  he  seido  de  contino  importunado 
))  de  algunos  bien  ensefiados  varones  para  que  en  comun 
o  utilidad  la  publicase.  Pero  heme  hasta  aqui  honestamente 
»  excusado,  mayormente  habiéndose  de  intitular  al  marqués 
))  mi   seïlor  (D.  Alvar  Perez  Osorio,,  marqués  de  Astorga, 


XLVII.    DANTE  317 

»  père  des  précédents),  por  cuyas  prefaciones  y  prôlogos, 
»  tanto  como  por  leer  los  maravillosos  e  divinos  primores 
))  de  aquéllos  cantos,  innumerable  muchedumbre  de  gente 
»  concurrirâ.  Y  âunplega  â  Dios  que  con  toda  esta  dilacion 
»  yo  haya  acertado  e  no  trabajado  en  hacerme  risa  de  los 
))  discretos.  E  âun  allende  desto  me  paresciô  provechoso 
»  consejo  para  efectuarse  mi  deseo  dar  lugar  â  que  se  publi- 
»  case  la  primera  parte  del  «  Infierno  »,  que  traduciô  un 
»  arcediano  de  Bûrgos;  e  aunque  él  al  tiempo  que  una  vez 
»  nos  comunicamos,  estando  la  côrte  en  Bûrgos  (lo  quai 
))  habrâ  cuasi  cuatroanos),  tuvo  intencion  de  no  publicarla, 
»  mi  luenga  dilacion  mudô  su  propôsito.  »  Enfin,  pour 
avoir  l'avis  des  doctes  et  pouvoir  en  faire,  à  temps  encore, 
profiter  son  travail,  Hernando  Diaz  cite  les  deux  premiers 
tercets  de  chaque  cdntica. 

Enfer  :  «  Al  medio  camino  del  nuestro  vivir.   » 
Purgatoire  :  «  D'hoy  mas,  navecilla,  de  pobre  saber.  » 
Paradis  :  «  La  gloria  de  aquel  que  todo  lo  mueve.    » 

Après  le  XVIe  siècle,  en  Espagne  comme  partout,  Dante 
semble  oublié,  jusqu'au  grand  réveil  des  études  dantesques 
du  XIXe  siècle,  qui  a  produit  beaucoup  de  traductions  de 
mérite  inégal. 

Commentaires  de  la  Divine  Comédie. 

Il  est  intéressant  de  constater  que  l'Espagne,  dès  la  pre- 
mière moitié  du  XVe  siècle,  possédait,  traduits,  deux  des 
principaux  monuments  de  l'exégèse  dantesque  :  le  commen- 
taire de  Benvenuto  da  Imola  et  celui  de  Pietro    Alighieri. 

On  sait  que  Benvenuto  Rambaldi  da  Imola  (1336?-1390) 
a  expliqué  la  Divine  Comédie  à  Bologne  pendant  plusieurs 
années,  et  que  c'est  à  lui  que  nous  devons  le  pre- 
mier commentaire  du  poème  entier.  Le  marquis  de  San- 
tillane,  renseigné  sans  doute  par  ses  correspondants  d'Italie 
sur  la  valeur  exceptionnelle  de  l'ouvrage  de  Benvenuto,  a 
demandé  à  son  médecin,  Martin  Gonçales  de  Lucena,  une 
traduction  du  commentaire  du  Purgatoire  (1).  Le  manuscrit 

1.  M.  Baist  dans  sa  Spanische  Literatur  du  Grundriss  de  Grober, 
p.  434,  cite  en  passant  Martin  Gonzales  de  Lucena,  il  lui  attribue  ce 


318  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS   DE   SANTILLANE 

dont  s'est  servi  maître   Martin  était— il   mauvais,    ou  bien 

a-t-il  parfois  tenté  de  maladroites  abréviations?  En 
tout  cas,  là  où  le  traducteur  a  pu  suivre  sans  peine  le  texte 
latin,  la  version  est  fidèle.  Dans  les  passages  plus  difficiles 

au  contraire,  comme  par  exemple  le  dernier  chant  du  Pur- 
gatoire, Martin  Gonçales  semble  avoir  appliqué  le  procédé 
des  mauvais  élèves;  il  calque  servilement  et  en  arrive  a 
une  littéralité  incompréhensible.  Le  premier  feuillet  du 
manuscrit  Ii-23  est  perdu,  peut-être  contenait-il  une  ru- 
brique, une  dédicace  ou  une  préface  qui  nous  aurait  ren- 
seignés sur  la  traduction  du  commentaire  de  YEn/ër,  du 
même  Benvenuto,  dont  les  sept  premiers  chants  et  le  com- 
mencement du  huitième  sont  traduits  dans  le  manuscrit 
Ii-123.  Là  aussi,  c'est  à  une  version  littérale  que  nous  avons 
affaire;  rien  n'indique  qu'elle  n'ait  pas  été  complète.  Le 
gros  volume  qui  contient  ce  commentaire  des  sept  premiers 
chants  n'était  certainement  que  le  premier  d'une  série  ;  un 
jour  ou  l'autre  on  retrouvera  le  reste.  Quoiqu'il  en  soit,  il 
est  probable  que  la  traduction  du  commentaire  de  Y  Enfer 
aura  précédé  celle  du  Purgatoire.  En  effet,  des  trois  parties 
de  la  Divine  Comédie  celle  qui  intéressait  le  plus  les  gens 
du  XVe  siècle  était  sans  contredit  la  première  ;  la  seconde 
aussi  leur  était  accessible,  comme  nous  l'ont  prouvé  les 
remarques  du  marquis  de  Santillane  en  marge  de  la  traduc- 
tion castillane  d'Enrique  de  Villena.  On  se  souviendra 
que  dans  le  Paradis  nous  n'avons  trouvé  que  de  rares  traces 
de  l'attention  du  Marquis  et  seulement  jusqu'au  chant 
XVI.  Faut-il  rapprocher  de  ce  fait  l'absence  du  commen- 
taire de  Benvenuto  Rambaldi  da  Imola  sur  cette  dernière 
partie  du  grand  poème  (1)? 

Le  commentaire  de  Pietro  Alighieri  (f  1364)  a  été  achevé 
en  1340.  Nous  ne    savons  ni   pour  qui,  ni     par    qui   il   a 

commentaire,  qui  n'est  qu'une  traduction,  et  laisse  entendre  qu'il  l'au- 
rait écrit  pour  toute  la  Divine  Comédie  :  «  eine  Glosse  zu  Dante  screibt 
der  Ar/t  Santillana's  Gonzales  de  Lucena.  » 

1.  L'Italie  du  XIVe  siècle  avait  déjà  une  version  en  langue  vulgaire 
du  commentaire  de  Benvenuto.  Il  s'en  conserve  un  lus.  à  la  Biblioth. 
Nation,  de  Paris,  Italien  78  (ancien  fonds  70022).  Cl'.  Auvray,  Les  ma- 
nuscrits de  Dante  des  bibliothèques  de  France  (Biblioth.  des  Écoles 
françaises  d'Athènes  et  de  Rome),  p.  98,  et  Colomb  de  Batines,  o.  c, 
t.  II,  p.  315. 


XLVII.    DANTE  319 

été  traduit.  Bien  que  Pietro  Alighieri  soit  nommé  dans  la 
rubrique  qui  intitule  l'ouvrage,  personne  n'avait  jusqu'ici 
remarqué  l'intéressant  manuscrit  qui  nous  a  conservé 
la  traduction  castillane  de  son  commentaire. 

Enfin  nous  avons  vu  plus  haut,  à  propos  des  versions  de 
l'archidiacre  de  Burgos  et  de  l'anonyme  de  l'ancienne 
bibliothèque  du  comte  cl'Onate,  que  le  commentaire  de 
Landino  sur  les  deux  premières  parties  de  la  Divine  Co- 
médie a  été  connu  et  traduit  en  Espagne  dès  le  début  du 
XVIe  siècle. 


XLVIII 


PETRARQUE 

*A 

(Osuna:  Plut.  III.  Lit.  N.  n°  17,  d'après  Los  Rios  ;  Rocam.  N°  174  ; 
Biblioth.  Nat.  Madrid,  Reserv.  4:'-6) 

Pétrarque,  De  viris  illustribus.  En  italien. 

Manuscrit  de  223  feuillets  de  texte,  plus  3  blancs,  vélin 
fin,  non  folioté,  réglé  à  40  lignes,  grandes  marges.  Écriture 
de  la  première  moitié  du  XVe  siècle.  Ornementation  flo- 
rentine. Les  marges  des  onze  premiers  feuillets  du  texte 
sont  rongées.  L'encadrement  du  premier  feuillet  porte  aux 
quatre  coins  les  heaumes  d'Inigo  Lopez,  en  bas  les  armes 
du  Marquis  enguirlandées  de  laurier,  à  droite  et  à  gauche 
la  devise  Dios  e  Vos.  Dans  un  médaillon  le  portrait  de 
Pétrarque.  Format  342x232.  mm.  Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Rubrique  en  lettres  capitales:  Incomincia  il 
libro  di  Messere  Fanciesco  Petrarch,  poeta  fiorentino, 
intitolato  De  Viris  illustribus  :  prima  Romolo. 

Incipit  :  «  Romolo  fu  il  primo  re  de'  romani  et  padre 
délia  romana  republica...  » 

Fol.  323.  Explicit  :  «  e  data  acompensare  con  li  cieles- 
tiali  meriti  per  la  diuina  extimatione  de  giusto  examin  o.» 
Deo grattas.  Amen. 

Ce  volgarizzamento  du  De  Viris  illustribus  est  œuvre  de 
Donato  degli  Àlbanzani  da  Pratovecchio  ;  Luigi  Razzolini 
la  publié  à  Bologne,  en  1874  (Cf.  Zambrini,  Opère  volgari  a 
stampa,  col.  798),  et  ce  n'est  pas  la  seule  édition  qu'on  en 
ait  faite.  Razzolini  s'est  servi  d'un  manuscrit  de  la  Lauren- 


XLVIII.    PÉTRARQUE  321 

tienne,  daté  du  25  avril  1398.  La  traduction  fut  achevée  en 
1397,  date  à  laquelle  l'auteur  offrit  sa  version  à  Niccolô 
d'Alberto  d'Esté,  marquis  de  Ferrare,  à  l'occasion  de  son 
mariage  avec  Giliola  di  Francesco  Novello,  nièce  de  Fran- 
cisco da  Carrant,  à  qui  Pétrarque,  en  1350,  avait  dédié 
l'original. 

B 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  13;  Rocam.  n°  173;  Biblioth. 
Nat.  Madrid,  Ii-98) 

Pétrarque,  Sonetti  e  Canzoni  in  morte  di  inadonna  Laur a. 
En  italien. 

Manuscrit  de  34  feuillets,  plus  6  feuillets  blancs,  papier, 
réglé  à  32  lignes.  Ni  rubriques,  ni  capitales.  Écriture  du 
XVe  siècle.  Format  288x206  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Incipit  :  «  [0]ime  il  bel  uiso,  oime  il  soaue 
sguardo.  )) 

Fol.  34  v°.  Explicit  :  «  Ch'  acolga  il  mio  spirito  ultimo 
in  pace  »  —  «  Amen  »  Francisci  Petrarche  laureati  poète 
rerum  uulgarium fragmenta  explicitent.  —  «  A.  de  Cisneros 
scripsit.  »  —  a  En  este  libro  hay  treynta  e  quatro  fojas.  » 


*C 


(Osuna  :   Plut.  III.  Lit.  N,  n°  18,  d'après  Los  Rios  ;  Rocam.  n°  175; 
Biblioth.  Nat.  Madrid,  Reserv.  -la-5) 

Pétrarque,    De  remediis  utriusque  fovtunae,  traduit  en 
italien  par  frère  Giovanni  da  San  Miniato. 

Manuscrit  de  298  feuillets,  vélin,  non  folioté,  réglé  à 
37  lignes.  Écriture  ronde  du  XVe  siècle.  Ornementation 
florentine.  Titres  en  rouge,  capitales  en  or  et  couleurs.  Dans 
l'encadrement  du  premier  feuillet  on  voit  les  heaumes  et  la 
devise  Dios  e  Vos,  dans  le  bandeau  inférieur,  l'écu  du 
Marquis.  La  première  lettre  du  texte  est  ornée  d'un  inté- 
ressant   portrait     de   Pétrarque     couronné.     Format    355 

21 


322  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTÎLLANK 

X255  mm.  Reliure  moderne.  Titre  écrit  au  XVIII'  siècle 
sur  un  feuillet  de  garde;  Petrarca  contra  prospéra  y 
adversa  Jbrtuna. 

Rubrique  :  Incomincia  il  primo  libro  di  messer  Frarir- 
cesco  Petrarcha,  poêla  Jîorentino,  di  rimedii  contra  (al. 
fortuna  prospéra,  recato  di  latino  in  volgare  perfrate 
Giouannt  da  Sancto  Miniato,  de  frati  degli  Agnioli  di 
Firenze.  Pro/ot/o. 

Incipit  :  a  Quando  io  penso  Je  cose  et  le  fortune  degli  huo- 
mini  et  gli  incerti  et  subiti  mouimenti  délie  cose  delmondo 
ni  una  cosa  trouo  quasi  piu  fragile  et  piu  tempestosa  che  la 
uita  del  huomo...  » 

Fol.  143:  «  Finis  prime  partis  »,  et  au-dessous:  Finisce 
il  primo  libro  di  Mèssere  Francesco  Petrarcha  defemedii 
délia  Jbrtuna  prospéra. 

Le  même  recto  porte  la  rubrique  du  livre  deux  : 

Incomincia  il  secondo  libro  del  detto  messere  Francesco 
Petrarcha  de  rimedii  délia  fortuna  aduersa,  ridocto  di 
latino  in  volgare  dafrate  Giouanni  da  Santo  Miniato  de 
Romiti  degli  Agnioli  di  Firenze. 

Fol.  144.  Demi-encadrement.  Incipit  :  Prologo  «  Di  tutte 
le  scripture  ch'  io  ho  lecte  o  udite,  le  quali  mi  sieno  pia- 
ciute. . .  » 

Fol.  298  v°.  Explicit  :  Finisce  il  secondo  libro  de  reme- 
diis  utriusque  fortunae  di  messer  Francesco  Petrarca, 
laureato  poetajîorentino.  Ce  texte  a  été  publié  à  Bologne 
en  1867  par  Don  Casimiro  Stolfi  (Cf.  Zambrini,  Opère  vol- 
gari  a  stampa,  col.  801).  Il  est  curieux  de  voir  figurer  ici 
comme  traducteur  d'une  œuvre  de  Pétrarque,  quoiqu'il 
s'agisse  d'un  traité  de  philosophie,  ce  même  Giovanni  da 
San  Miniato  qui  soutint  avec  Coluccio  Salutato  de  violentes 
polémiques,  où  Pétrarque  n'est  pas  épargné,  contre  la  lec- 
ture des  poètes  profanes.  Cet  ennemi  des  anciens  parvint  à 
faire  mépriser  par  ses  partisans  la  Cité  de  Dieu  de  saint 
Augustin,  parce  qu'on  y  trouve  des  allusions  aux  poètes  de 
l'antiquité  Cf.  Tiraboschi,  Storia  d.  I.  Let.  ItaL,  t.  V, 
p.  497,  et  Voigt,  Wiederbel .  d.  class.  Alterthums,  t.  I, 
p.  205,  et  t.  II,  p.  471). 


XLVIII.    PÉTRARQUE  323 

D 
(Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-5t>) 

1.  Pétrarque, /)£  Vita  Solitaria.  2.  Fragments.  En  cas- 
tillan. 

Manuscrit  de  85  feuillets,  vélin,  non  folioté.  Ecriture  de- 
là première  moitié  du  XVe  siècle.  Rubriques  et  capitales. 
Format  306  X  223  mm.  Reliure  moderne. 

I.  Fol.  1.  Incipit  :  «  [Pjocos  omnes  cognosci  de  los  quales 
las  mis  pequenas  obras  f uesen  asi  preciadas  como  de  ti .  .  .  » 

Fol.  82  v°.  Explicit  :  «  asi  lo  de  las  aimas.  .  .   » 

Ce  manuscrit  de  la  version  castillane  du  De  Vita  Soli- 
taria de  Pétrarque  est  incomplet.  Il  présente  trois  lacunes. 

1°  Le  chapitre  xxxiv  et  dernier  du  premier  livre  est 
incomplet  comme  aussi  le  Ier  chapitre  du  second  livre. 

2° Le  chapitre  vi  n'est  pas  fini,  et  les  chapitres  vu  et  vin 
ont  été  sautés,  de  même  que  le  commencement  du  cha- 
pitre IX. 

3°  Enfin  l'ouvrage  n'est  copié  que  jusqu'au  milieu  du  cha- 
pitre xxxvi  du  second  livre.  Notre  manuscrit  finit  par  : 
((  asi  lo  de  las  aimas  »,  tandis  que  les  deux  autres  copies  de 
la  même  version  du  De  Vita  Solitaria  que  conserve  la  Bi- 
blioth. Nat.  de  Madrid  (Mss,  Bb-97  et  P-36)  comptent 
lv  chapitres  et  finissent  tous  deux  par  les  mêmes  mots  : 
a  bien  me  amonestas.  derechamente  me  aconsejas,  verdad 
me  dizes.  » 

Les  deux  manuscrits  du  De  Vita  Solitaria  que  nous  ve- 
nons de  citer  portent  la  rubrique  suivante:  Flores  e  sen- 
tençias  (tel  libre  de  maestre  Francisco  Petrarea,  poeta, 
en  el  quai  loa  la  vida  apartada,  lla/nada  solitaria.  El 
quai  libro  enbio  a  un  obispo  su  senor  e  amujo.  Capitula 
primero  del  prologo  en  elprimero  libre  desta  materia.  Le 
manuscrit  Ii-56  commence,  lui  aussi,  par  la  préface  du  De 
Vita  Solitaria,  mais  il  n'a  ni  titre,  ni  rubrique.  Aucun  de 
ces  manuscrits  n'est  accompagné  d'un  avant-propos  du  tra- 
ducteur et  ils  sont  dépourvus  cle  toute  indication  relative  à 


324  BIBLIOTHÈQUE    DV    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

l'auteur  de  cette  version.  Cette  traduction  castillane  est  in 
dépendante  de  la  version  italienne  de  Tito  Vespasiano 
Strozzi  (Cf.  Scelta  di  curiosità  letterarie  inédite  o  rare  del 
secolo  XIII  al  XVII.  Fascicules CLXX  et  CLXXI  :  La 
Vita  Soliiaria  di  Françesco  Petrarca,  volgarizzamento 
inedito  del  secolo  XV,  tratto  da  un  codice  delV  Ambro- 
siafta  pel  Dott.  Antonio  Ceruti.  Bologna  1879).  Pour 
M.  Ceruti,  Strozzi  aurait  traduit  ce  traité  entre  1450 et 
1471.  Le  traducteur  castillan  a  certainement  travaillé  direc- 
tement sur  le  latin,  il  fait  des  fautes  que  Strozzi  n'a  pas 
commises  et  qui  prouvent  tour  à  tour  son  insuffisance  comme 
latiniste  et  l'incorrection  du  texte  dont  il  s'est  servi. 

Le  licencié  Pena  qui  a  traduit,  lui  aussi,  le  De  Vita  Soli- 
taria  en  castillan  ne  parait  pas  savoir  qu'on  Tait  traduit 
avant  lui.  Sa  version  parut  en  1553  (Salvâ,  Catdlogo, 
n°  3975). 

II.  Les  feuillets  83  à  85  du  manuscrit  qui  nous  occupe 
contiennent  deux  fragments  écrits  d'une  autre  main  que  le 
De  Vita  Solitaria  et  que  nous  n'avons  pas  su  identifier. 

Fol.  83.  Incipit  :  «  [SJegund  el  omne,  de  fuera  vengo  de 
aquellos  que  me  fezieron  ante  dannado  que  nasçido  ca  ellos 
heran  pecadores  e  en  el  su  pecado  engendraron  a  mi  pecador 
e  criaron  me  en  pecados .  .  .  » 

Fol.  84.  Explicit  :  «  ca  pongamos  que  lo  que  sopo  todo  lo 
guardo,  lo  que  non  sopo  le  pone  spanto  e  miedo.  )) 

Fol.  85.  Incipit  :  «  [L]a  anima  por  ello  es  ymagen  de  Dios 
por  que  tal  la  vio  el  que  puede  caber  todo  en  ella  e  puede 
ser  partiçionera  del  e  non  tan  solamente  la  voluntat  es 
dicha  amor  e  ymagen  de  Dios  por  que  se  remienbra  del  e 
lo  entiende  e  lo  ama .  .  .    » 

Fol.  85  v°.  Explicit:  «  e  fablando  propiamente  este  es  el 
spiritu  santo  por  el  quai  la  çibdat  de  Dios  es  senbrada  en  los 
nuestros  coracones  e  por  el  quai  mora  en  nos  toda  la  santa 
trinidas.  » 

Nous  croyons  intéressant  de  donner  ici  un  passage  du  De 
Vita  Solitaria,  en  latin,  en  italien  et  en  castillan,  pour  per- 
mettre  au  lecteur  de  contrôler  nos  conclusions. 

De  Vil  a  Solitaria,  1.  II,  t.  I,  c.  1. 


XLVIII.    PETRARQUE 


325 


Latin 

Non  expo- 

nam  quas  tenta- 
tiones  corporis  , 
atque  animi  soli- 
tarii  senes  vicerint 
Pachonius  ac  Ste- 
phanus .  Non  in- 
quiram  quo  consilio 
Paphnucius  très 
Dei  amicos  ex  urbi- 
bus  ad  déserta  per- 
duxit,  quasi  ad  tu- 
tiorem ,  et  Deo 
propinquiorem  lo- 
cum.  Qua  virtutis 
admiratione  mona- 
chor.um  turmas,  in 
solitudinem  traxit 
Helpidius,  quacha- 
ritate  Serapion  bis 
se  hominum  ser- 
vum  fecit,  ut  do- 
minos suos  peccati 
servitio  liberaret . 
Non  narrabo  pieta- 
tem  DiaconiEffren, 
Pioris  constantiam, 
sudores  Adolii,  mi- 
sericordem  Inno- 
centii  severitatem . . 


Italien, 
trad.  Strossi 

Non  espo- 

nerô  quai  tenta- 
zione  del  corpo  e 
deiranimo  Pacomio 
e  Stephano  solitarij 
vecchiabianovinte; 
non  cercarô  con  que 
consiglio  e  con 
quanta  sapienzia 
Pafnuzio  condusse 
al  diserto  tre  amici 
di  Dio,  corne  al 
luoco  più  sicuro  e 
più  vicino  a  Dio, 
ne  con  quale  ammi- 
razione  di  virtù  El- 
pidio  trasse  alla  so- 
litudine  le  brigate 
degli  monachi,  ne 
con  quai  cari  ta  Se- 
rapione  per  due 
fiate  si  fece  schiavo 
degli  uomini,  a  ciô 
plie  lui  libérasse  gli 
suoi  patroni  délia 
servitù  del  peccato. 
Non  narrarô  la  pietà 
di  Efrem  diacono, 
la  constanzia  di 
Elpidio,  li  sudori 
di  Adolio,  la  mise- 
ricordiosa  severità 
di  Innocenzio... 


Castillan 
Ii-56,  fol.  44  v- 

Conuiene 

que  te  diga  quai  es 
tentaçiones,  de  sus 
cuerpos  [e]  de  su 
spiritu,  los  padres 
Pechimus  e  Ste- 
phanus  vençieron 
por  estar  en  la  so- 
ledat  apartados  cle 
las  gentes.  Querria 
otrosy  saber  por 
quai  consejo  el 
santo  padre  Paph- 
niçio  leuo  consigo 
très  amigos  de  Dios 
aldesierto,  asy  como 
a  logar  masçercano 
e  mas  seguro  para 
sentir  a  Dios.  Con- 
tare  por  quai  ma- 
rauilla  cle  virtud  el 
padre^Helpidio  mu- 
chas  conpailas  cle 
monjes  leuo  a  biuir 
a  la  soledat,  e  apar- 
tados. Oyras  con 
quanta  karidat  el 
abad  Serapio  se 
fizo,  por  dos  vezes. 
seruo  e  catiuo,,  por 
librar  a  sus  sefiores 
del  seruiçio  del 
diablo.  Contare  la 
piadat  del  abad 
Diaconio,  e  ciel  abad 
Efren,  e  de  la  cons- 
tançia     e     firmeza 


326  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


de]  primero,  otrosi 
[os  sudores  e  fcra- 
bajos  del  padre 
Adolius,  la  miseri- 
cordia  (tel  padre 
Innoçençius  e  la 
su  crueldat  en  si, 
con  grant  discre- 
cion. 


*E 

Pétrarque,  Un  sonnet.  En  italien  et  en  castillan. 
Cf.  Notice  XLVII,  ras.  Ii-110. 


XLIX 


BOGGAGE 


*A 


(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  56;  Rocam.  n°  35  ;   Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Reserv.  6a-ll) 

Boccace,  Fiammetta.  En  italien. 

Manuscrit  de  121  feuillets,  plus  2  feuillets  de  papier  blanc 
au  commencement  et  là  la  fin,  réglé  à  25  lignes.  Belle  écri- 
ture italienne  du  XVe  siècle.  Ornementation  florentine. 
L'encadrement  du  premier  feuillet  porte  aux  quatre  coins 
dans  des  médaillons  les  heaumes  caractéristiques,  dans  le 
bdhdeau  inférieur  deux  anges  soutiennent  les  armes  du  mar- 
quis de  Santillane,  enguirlandées  de  laurier.  Dans  les  ban- 
deaux latéraux  courent  des  banderoles  avec  la  devise  Dius 
e  Vos.  Format  227  X  160  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Incomtncia  il  libro  chiamato  elegia  di 
madonna  Fiammetta  dallei  aile  inamorate  donne  man- 
dater. 

Incipit:  «  Suole  ai miseri  di  dolersi...  » 

Fol.  121  v°.  Explicit  :  «  délie  angosce  délia  tua  donna.  » 

Rubrique  :  Qui  finisce  il  libro  chiamato  elegia  délia  no- 
bile  donna  Fiammetta,  mandato  dallei  a  tucte  le  donne 
innamorate.  Il  présente  libro  fa  exemplato  et  sumpto  da 
uno  exemplo  ilqualefu  V originale  scripto  di  mano  dello 
auctore  délia  présente  opéra,  il  qualeju  messere  Giouanni 
Boccaccio  da  Celtaldo. 


328  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS   DE   SANTILLANE 

*B 

(Rocam.  N°32;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Reserv.  6a-4) 
Boccace,  Philostrato.  En  italien. 

Manuscrit  de  116  feuillets,  plus  1  blanc  au  commence- 
ment, vélin,  réglé  à  27  lignes.  Ecriture  italienne  du 
XVe  siècle.  Ornementation  luxueuse.  Le  premier  feuillet 
est  décoré  d'un  encadrement  florentin,  aux  quatre  coins 
dans  des  médaillons  carrés  les  heaumes,  dans  les  bandeaux 
de  droite  et  de  gauche  la  devise  Dius  e  Vos.  Au  bas,  dans 
une  couronne  de  laurier,  les  armes  du  Marquis  soutenues 
par  des  anges.  Format  240  X  160  mm.  Reliure  moderne  au 
chiffre  du  duc  d'Osuna. 

Fol.  1.  Rubrique:  Incomincia  il  Ubro  Philostrato  cli 
messer  G.  Boccaccio  :  epistola  alla  donna. 

Incipit  :  «  Moite...  » 

L.'  M  initial  est  enluminé,,  on  y  voit  Boccace  écrivant 
sur  un  rouleau  le  mot  :  Moite. 

Fol.  6  v°.  Finisce  la  epistola. —  Rubrique  :  Incomincia  la 
prima  parte  del  Ubro  chiamato  Filostrato,  deV  Amorose 
fatichedi  Troiolo,  nella  quale  sipone  corne  Troiolo  si  ina- 
moro  di  Cryseicla,  e  gli  amorosi  sospjiri  e  lagrime  per  lei 
hauute  prima  che  da  alcuno  il  suo  occulto  amore  si  dis- 
coprisse  ;  et  primamente  la  inuocatione  dello  auctore. 

Incipit  :  «  Io  di  Parnaso  le  muse. . .  » 

Fol.  116  v°.  Explicit  :  «  Econlieta  rispostaame  t' inuia.  » 

Rubrique  :  Finito  e  il  Ubro  decto  Philostrato,  delV  Amo- 
rose fatiche  di  Troiolo,  composto  da  messer  G.  Boccaccio , 
laureato  cittadino  Fiorentino. 

*C 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,    n°  51  ;  Biblioth.  Nat.  Paris.  Fonds  Italien, 

n°   1702) 

Boccace,  Corbaccio.  En  italien  (1). 

Manuscrit  de  55  feuillets,  vélin,  2  feuillets  de  papier  au 

1.  Cf.  Morel-Fatio,  Romania,  t.  XVI,  p.  108. 


XLIX.    BOCCACE  329 

commencement  et  2  à  la  fin,  réglé  à  28  lignes.  Écriture 
du  XVe  siècle.  Calligraphie  et  ornementation  italiennes. 
L'encadrement  du  premier  feuillet  présente  aux  quatre 
coins  les  heaumes  caractéristiques  et  dans  le  bandeau  in- 
férieur, dans  un  médaillon,  les  armes  du  marquis  de  San- 
tillane.  A  droite  et  à  gauche  court  sa  devise:  Dius  e  vous. 
Format  241  X  170  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique:  Corbaccius  contra  sceller  atam  viduam 
et  alias  mulieres  incipiunt  invective  féliciter . 
Incipit  :  «  Qualunque  persona  tacendo. . .  » 
Fol.  55  v°.  Explicit  :  «  li  si  fara  incontro.  » 


D 

(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  23;  Rocam.  n°  33  ;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-33) 

1.  Boccace,  Vita  Dantis.  2.  Dante  Alighieri,  Canzo- 
niere.  3.  Stefano  Porcari,  Orazioni.  4.  Cicéron,  De 
Senectute.  En  italien. 

Manuscrit  de  95  feuillets,  vélin,  non  folioté,  réglé  à 
29  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle.  Lettres  et  lettrines 
ornées,  rubriques.  Dans  la  marge  inférieure  du  feuillet  1, 
un  écu  d'armes  portant  d'or  à  cinq  bouquets  de  fleurs 
feuillées  au  naturel.  Format  272  X  186  mm.  Reliure  de 
parchemin. 

I.  Fol.  2.  Rubrique  :  Comincia  délia  origine,  uita,  cos- 
tumi  et  studii,  del  chiarissimo  poeta  Dante  Aldighieri  di 
Firençe  et  délie  opère  composte  dallui. 

Incipit:  «  Solone,  il  cui  petto  uno  humano  tempio...  » 
Fol.  27.  Explicit:  «   ch'io  posso  rendo,  benedicendo  in 
ecterno  il  nome  suo.  Deo  gratias.  » 

Rubrique  :  Qui  Jînisce  délia  origine,  uita,  siudii  e  cos- 
tumi  di  Dante  Alighieri,  poeta  chiarissimo,  e  delV  opère 
composte  dallui ,  facta per  messer  Johanni  Boccacci .  Amen. 

II.  Fol.  27  v°.  Rubrique  :  Qui  cominciano  le  cançoni  dis- 
tese  del  chiarissimo  poeta  Dante  Alighieri  di  Firençe,  nelle 
quali,  di  uarie  cose  tractando,  nella  prima  la  rigidita  délia, 
sua  donna  con  rigide  rime  dimostra. 


330  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS   DR   SANTILLANE 

Incipit  :  «  Cosi  nel  mio  parlar  uoglo  essere  aspro  »  Can 
cône  II  di  Dante,  nella  quale  egli  del  suo  amore  parla  alla 
intelligentiadel  terço  clelo. 

a  Voi  ch'  ontendendo  il  terço  ciel   mouete  » 

cançone  terra  di  Dante,   nella  quale  parla  délie  uirtu   e 
belleçe  délia  sua  donna. 

((  Amor  che  nella  mente  mi  ragiona  » 

cançone  quarta  di  Dante,  nella  quale  egli  nobil mente 
dichiara  chessia  gentilecça  e  donde  uenga. 

<(  Le  dolci  rimecV  amor  ch'  io  solea  » 

cançone  quinta  di  Dante,  nella    quale    egli  parla   ad 
amore  délia  donna  sua. 

«  Amor  che  muoui  tua  uirtu  dal  cielo  » 

cançone  sexta  di  Dante,  nella,   quale    demostra  quanto 
sia  inamorato. 

«  Io  sento  si  cV  amor  la  gran  possança  » 

cançone   VII  di  Dante,   nella   quale  mostra  se  per  lo 
uerno  non  lasciare  d'  amare. 

a  Al  poco  giorno  e  al  gran  cerchio  d7  ombra  (1)  » 

cançone    VIII    di    Dante,   nella    quale  priega   amore 
qu'  amollisca  la  durecça  délia  sua  donna. 

«  Amor  tu  uediben  che  questa  donna  » 

cançone  nona  di  Dante,  nella  quale  dice  il  suo  amor  non 
mutarsi per  uariatione  de'  tempi. 

«  Io  son  uenuto  al  punto  délia  rota  » 

cançone  X  di  Dante,  nella  quale   egli    con  le  donne  si 
duole  délia  donna  sua. 

«  E  m' incresce  di  me  si  malamente  » 

cançone  XI  di  Dante,  nella  quale  egli  nobilissimamentc 
parla  délia  uera  leggiadria. 

«  Poscia  ch'  amor  del  tutto  m'  a  lasciato  » 
1.  Cette  pièce  est  la  Sestina  qui  se  trouve  dans  le  Canzonirre  de  Dante. 


XLIX.    BOCCACE  331 

cançone  XII  di  Dante,  nella  quale  egli  humilmenie 
priega  la  sua  donna  ch'  abbiadi  lui  merce. 

«  La  dispietata  mente  che  pur  mira  » 

cançone  XIII  di  Dante,  nella  quale  artificiosamente 
parla  délie  uirtu. 

«  Tre  donne  intorno  al  cor  mi  son  uenute  » 

cançone  XIV  di  Dante,  nella  quale  parla  contro  a' 
uitiosi  e  maximamente  contro  agi7  auari. 

a  Dogla  mi  reca  nello  core  ardire  » 

cançone  XV  di  Dante,  nella  quale  si  duole  délia  ric/idita 
d}  unasu  amança  e  del  luogo. 

«  Amor  dache  conuien  pur  ch7  io  mi  dogl[i]a  » 

Fol.  51.  Explicit  :  «  non  a  di  ritornar  qui  libertate.  » 

Deo  gratias,  amen. 

III.  Les  trois  discours  qui  occupent  les  feuillets  52-71  v° 
sont  les  trois  premières  des  seize  Orazioni  de  Stefano  Por- 
cari,  imprimées  avec  les  Rime  de  Bonacorso  da  Monte- 
magno  et  qui  ont  été  si  souvent  copiées. 

Fol.  52.  Incipit  :  «  Quante  uolte  io  riguardo  i  degnis- 
simi...  » 

Fol.  71  v°.  Explicit  :  «  diligentissimamente  seguirete,  la 
quai  cosa  fareui  concéda  qui  est  benedictus  in  secula  secu- 
lorum  ;  amen.  » 

IV.  Ce  manuscrit  contient  encore  une  traduction  italienne 
du  De  Senectute  de  Cicéron.  Elle  est  sans  titre  et  occupe 
les  feuillets  72-95. 

Fol.  72.  Incipit  :  «  [0]  Tito  se  io  in  alcuna  cosa  t'  aiuto 
e  allegio  la  solecitudine  la  quale  ora  ti  cuoce  e  fixa  nel  tuo 
petto . . .  )) 

Fol.  95.  Explicit  :  «  accio  che  quello  che  da  me  udito 
auete  per  experientia  optimamente  prouare possiate.  Amen.  » 
Rubrique:  Questo  libro  e  del  nobile  huomo  TeridiLorenço 
di  Teri,  honoreuole  cittadinojïorentino,  il  quale  gli  sciHpsi 
io  Ciaio  di  Pagolo  di  Ciaio,  cittadino  e  notario  fiorentino . 


332  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANK 

E 
(Rocam.  n°  34;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-22j 

Boccace,   Teseide.  En  italien. 

Manuscrit  de  159  feuillets,  vélin,  réglé  à  31  lignes.  Ecri- 
ture du  XVe  siècle.  Rubriques,  capitales  et  lettrines. 
Format  282  X  192  mm.  Reliure  moderne  au  chiffre  du  duc 
d'Osuna. 

Ce  manuscrit  est  incomplet  du  commencement;  il  com- 
mence sans  titre,  en  pleine  préface.  Fol.  2  v°  Rubrique:  In- 
comincia  il  primo  libro  del  Theseida,  délie  nozze  di  Ypolita 
et  prima  la  inuocatione  delV  autore. 

Incipit  :  «  O  sorelle...  » 

L/O  initial  est  soigneusement  enluminé,  on  y  voit  un  por- 
trait de  Boccace. 

Fol .  159.  Explicit  :  «  qui  u'a  condocti  a  noi  essendo  duce.  » 

Rubrique:  Qui  finisce  il  duodecimo  et  ultimo  libro  del 
Theseida,  délie  nozze  d'Emilia.  Deo  gratias  finis. 

Livre  I,  fol.  1  ;  liv.  II,  fol.  20  ;  liv.  III,  fol.  35  ;  liv.  IV, 
fol.  46;  liv.  V,  fol.  58  v°  ;  liv.  VI,  fol.  72  v°;  liv.  VII, 
fol.  82  v°;  liv.  VIII,  fol.  92;  liv.  IX,  fol.  109  v°  ;  liv.  X, 
fol.  120;  liv.  XI,  fol.  135;  liv.  XII,  fol.  148. 

F 

(Rocam.  n°  31;  Biblioth.   Nat.  Madrid,  Ii-63) 

Boccace,  Filocolo.  En  italien. 

Manuscrit  de  220  feuillets,  vélin,  non  folioté,  réglé  à 
35  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle.  Rubriques,  capitales  en 
or  et  couleurs,  lettrines.  Format  364  X  260  mm.  Reliure 
moderne  au  chiffre  du  duc  d'Osuna. 

Ce  manuscrit  est  incomplet  du  commencement. 

Fol.  1.  Incipit  :  « . ..  di  se  molti  figliuoli  tra  quali  uno  no- 
minato  Ruberto,  nella  reale  dignita  constituto . . .  » 


XLIX.    BOCCACE  333 

Fol.  220.  Explicit  :  «  la  oui  uita  nelle  mani  délia  tua 
donna  amore  conserui.   » 

Rubrique  :  Finisce  la  quinta  et  ultima  parte  de!  Filocolo, 
composto  da  messer  Giouanni  Boccaccio,  poet a  florentine* 
clarissimoKfelicemente. 

Livre  I,  fol.  1;  liv.  II,  fol.  23  v°;  liv.  III,  fol.  64;  liv.  IV, 
fol.  106  v°;  liv.  V,  fol.  183  v°. 


G 
(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  15,  d'après  Los  Rios) 

Boccace,  Ninfal  d'Admeto.  En  castillan.  Manuscrit  perdu. 

Amador  de  los  Rios  a  encore  vu  ce  manuscrit  dans  la 
collection  du  duc  d'Osuna.  C'était  un  volume  écrit  en  Es- 
pagne au  XVe  siècle.  Il  était  bien  conservé,  mais  il  ne  con- 
tenait pas  d'indication  relative  au  traducteur  (Cf.  Obras 
del  Marqués,  p.  596,  XIV,  et  Historia  eritica,  t.  IV,  p.  41, 
note  2). 

H 

(Osuna:  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  34;  Rocam.  n°  30;  Biblioth. 
Nat.   Madrid,  Ii-34) 

Boccace,  Genealogia  de  los  Dioses.  En  castillan. 

Manuscrit  de  188  feuillets,  plus  1  feuillet  blanc  au  com- 
mencement, papier,  non  folioté.  Écriture  du  XVe  siècle,  à 
deux  colonnes.  Espaces  blancs  pour  capitales.  Format 
275  X  207  mm.  Reliure  de  parchemin.  Au  dos:  Comedias 
de  Juan  Boccacio,  de  mano. 

Ce  manuscrit  est  incomplet  du  commencement  et  de  la 
fin.  Fol.  1.  Incipit  :  «  .  .  .en  la  primera  de  sus  comedias  11a- 
macla .  . .   » 

Fol.  4  B.  Explicit  :  a  con  aumento  prospero  de  estado, 
evirtudes,  e  fama.  »  Ces  quatre  feuillets  contiennentja  pré- 
face du  traducteur  anonyme,  à  laquelle  fait  suite  la  préface 
de  Boccace. 


334  BIBLIOTHÈQUE  DU   MARQUIS   DE  SANTILLANE 

Fol.  41$.  fncipit:  «  Muy  excellente,  glorioso,  e  muy  po- 
deroso  rey  e  scfior ....  » 

Fol.  11  v°.  Explicit:  «  edesonor,  e  eterna dapnaçion.  » 

Fol.  12.  Incipit:  a  Como  yo  imaginasse,  on  mi  animo...  » 

Fol.  188  v°  B.  Explicit  :  «  por  la  fuerça  do  la  eloquen- 
çia  e . . .  )) 

Livre  I,  fol.  12;  liv.  II,  fol.  55;  liv.  III,  fol.  88  v°  A; 
liv.  IV,  fol.  117  v°  A;  liv.  V,  fol.  177  A. 

Les  livres  I  à  IV  sont  complets,,  le  livre  V  est  tronqué  et 
les  livres  VI  à  XIII  manquent. 

La  préface  que  Fauteur  de  cette  version  a  mise  en  tête 
de  son  travail  est  fort  curieuse.  Elle  est  malheureusement 
incomplète,  et  nous  ne  savons  pas  à  qui  l'ouvrage  était 
adressé.  Mais  nous  sommes  certain  qu'une  lecture  atten- 
tive de  ce  document,  que  nous  reproduisons  ci-dessous, 
donnera  au  lecteur  la  conviction  qu'il  s'agit  ici  du  marquis 
de  Santillane.  Toutes  les  allusions  faites  par  le  traducteur 
anonyme  le  désignent.  Celui  qui  a  écrit  ces  pages,  dont 
le  déchiffrement  n'est  pas  toujours  facile,  était  évidemment 
un  des  familiers  du  château  de  Guadalajara,  il  connaissait 
à  fond  la  bibliothèque  du  Marquis  et  en  avait  profité. 
Nous  ne  croyons  pas  nous  avancer  beaucoup  en  attribuant 
cette  version  du  De  Genealogia  Deorum  à  Pedro  Diaz  de 
Toledo. 

Préface  du  traducteur  anonyme  de  la  «  Généalogie  des  Dieux  » 

...en  la  primera  de  sus  comedias  llamada  Andvia,  muestra 
deuerse  temer  de  alguna  enfermedad  non  ser  muy  lueiïe  del  syn 
medida  gozo  (?),  dire,  non  commo  el  en  Eunucho  dizia,  o  Jupiter 
guarda  me  aqueste  tan  deleytoso  bien,  mas  dire  breuemente  commo 
fiel  cristiano,  adaptando  a  my  dezir  algunas  palabras  del  glorioso 
Apostol  san  Pablo,  vaso  de  eleçion  : 

o  Altezade  Riquezas, 

eterna  diuinidad, 

en  quien  de  todas  firmezas 

es  ffîrme  seguridad, 

o  verdadera  unidad 

e  dios  infynito,  en  quien 

se  onrra  la  trynidad, 

tu  me  g[u]arda  aqueste  bien, 


XLIX.    BOCCACE  335 

Dire  mi  culpa,  o  mi  muy  temido  e  muy  amado  seiior,  e  afirmante 
verdad  ante  vuestra  magnifiçençia,  que  muchas  vezes  nembrando 
me  en  commo  Virgilio,  en  el  quarto  de  su  Eneyda,  describiendo 
la  fama  dize  délia  que  tanbien  toma  consigo  e  testifica  lo  non  ver- 
dadero,  e  ficto,  e  malo,  commo  lo  que  por  verdad  consiste;  nem- 
brando me  esso  mesmo  de  lo  que  délia  dize  Panfilo  en  su  pequeno 
volumen  que  tracta  de  Amor,  que  se  leuanta  de  pequena  costa  e 
non  canssa  tan  de  ligero,  e  que  en  caso  que  miente  cresçe  mas  to- 
dauia,  dubde  con  migo  mesmo  e  pensse  non  ser  tanto  quanto  de 
vuestra  merçed  se  dizia.  A  la  quai,  desque  por  presençia  mire,  e 
vi,  e  conosçi  por  corporea  vista  lo  que  por  la  mental  luengo  tienpo 
antes  auia  conçebido  açerca  del  politico  beuir  e  magnifico  estado 
vuestro,  e  de  los  notables  e  famosos  fechos,  e  pelegrinos  e  altos 
pensamientos,  e  illustres  e  muy  arduos  aferes  en  los  quales  veo 
que  se  exerçita  e  se  deleyta  grandemente  vuestra  sefioria.  Verda- 
deramente,  muy  magnifico  senor,  me  paresçe  non  auer  lugar 
açerca  de  vuestra  merçed  aquel...  dicho  de  Claudiano  en  que  dize 
que  la  presençia  amengua  la  fama  (1)  mas  veo  que  con  muy  légitima 
razon  yo  puedo  dezir  a  vuestra  magnificençia  lo  que  al  sabio  Sala- 
mon  dixo  la  Reyna  de  Saba,  quando  por  sola  su  fama  lo  vino  a 
ver  en  Jérusalem,  e  le  dixo  :  verdadera  fue  senor  la  fama  que  de 
ty  oy  en  mi  tierra  sobre  tus  sermones,  e  sobre  tu  sabiduria,  e  non 
lo  creya  a  los  que  me  lo  contauan  fasta  que  yo  mesma  vine  e  lo  vi 
por  mis  propios  ojos,  e  proue,  e  conosçi  que  non  me  auian  anun- 
çiado  la  média  parte  de  lo  que  en  ti  es,  e  mejor  es  la  tu  sabiduria, 
e  las  tus  obras,  que  la  nueua  que  de  ty  oy,  bienauenturados  son 
tus  seruidores  e  tus  sieruos,  aquellos  que  estan  ante  ty  e  oyen  la  tu 
sapiençia,  etc.  E  quiero  senor  que  piense,  quien  con  sano  juyzio 
e  con  sinçero  animo  querra  imaginar  en  el  resplendor  de  vuestras 
gloriosas  obras,  e  asi  bien  lo  considerare,  non  dubdo  que  se 
acuerde  con  migo  en  dezir  que  vuestra  merçed  es  oy  quien  syn 
de[s]lizar,  nin  declinar  del  tramite,  e  derecho  camino  de  virtudes, 
en  todo  e  por  todo  arremeda,  non  menos  en  discreçion  que  en 
caualleria,  a  los  claros  e  famosos  principes  e  senores  de  las  pris- 
tinas  hedades,  los  quales,  por  sus  virtudes  e  ffechos  de  grandes 
fazanas,  dexaron  mémorable  nombre  e  perpétua  memoria  a  los 
despues  dellos.  Sinon  veau  e  consideren,  con  diligente  animaduer- 
sion,  con  quanto  triunfo,  e  gloria,  e  honor,  vuestra  çelsidumbre 
sienpre  se  aya  auido  en  los  fechos  de  armas,  e  obras  militares,  en 

1.  Cette  phrase  est  peut-être  l'explication  et  la  source  première  de  la 
seule  citation  latine  qui  aurait  pu  servir  d'argument  à  ceux  qui  ne 
peuvent  renoncer  à  faire  du  marquis  de  SaUtillane  un  latiniste.  Voyez 
ci-dessus,  notice  XLVII,  p.  295,  Purgatoire,  chant  VII,  vers  61-99. 


336  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

que,  infinitas  vezes,  se  ha  risto,  donde  non  sola  una,  tnas  tnu 
chas  e  mas,  con  Legitymo  temor  se  temia,  e  se  judgaua  de  los 
astantes,  la  muerte  sor  preçio  de  vuestro  \  iril  ardimento,  e  toda 
nia  sefallo  sor  deuida  a  vuestra  senoria  la  palma  de  la  Victoria.  0 

gloriosa  hedad  la  passada,  quando  ningnn  famoso  fecho  passaua 
con  somnolento  silençio  syn  se  perpetuar  o  por  hedifiçio  o  por 
escriptura  ;  digolo  senor,  porque  si  lo  padesçiesse  el  présente  siglo, 
el  quai,  fablando  syn  injuria  nin  detrimento  de  los  que  en  el  son, 
mas  con  razon  deuia  llamar  ffes  de  siglo,  quai  razon  contraria  de 
ver  se  auer  fecho,  a  vuestra  magnifiçençia,  arcos  triunfales  por 
donde  passasse,  segund  los  romanos  ffazian  quando  algund  su 
capitan  torrnaua  a  la  çibdad,  victorioso  de  alguna  batalla,  los 
quales  aun  oy  dia  duran.  E  quai  séria  la  escusaçion  que  escusasse 
deuerse  historiar  concalamo  copioso,  e  perpetuarse  por  escriptura, 
vuestros  illustres  fechos  por  muchos  autenticos  estoriadores?  Ca 
por  çierto,  segund  dezia  Marco  Çiçero,  en  la  oraçion  ponpeyana, 
la  quai  es  asi  dicha  por  quanto  el  la  ffizo  en  fauor  e  loor  de  Pon- 
peyo,  que  aquel  que  quisiesse  dezir  e  fablar,  non  le  ffallesçeria 
janias  que  dixiesse  açerca  de  sus  loores,  e  asi  mesmo  se  deue  dezir 
que  jamas  non  les  fallesçeria  a  los  taies  escriptores  que  escriuiessen 
açerca  de  vuestras  proesas  innumeras.  Alaba  a  Hercoles  la  anti- 
guydad,  e  cuentan  del  las  fablas  e  poeticas  fiçiones,  que,  commo 
el  se  viesse  hun  dia  en  medio  de  dos  caminos  de  los  quales  el  uno 
erael  de  la  virtud,  el  otro  el  de  la  delectaçion,  e  considérasse  con 
sigo  mesmo  quai  de  aquellos  deuia  eligir  e  seguir,  commo  el  uno, 
es  a  saber  el  de  la  virtud,  se  mostrasse  muy  aspero,  e  muy  graue, 
e  muy  difiçile  de  caminar,  e  el  otro,  conuiene  saber  el  de  la  delec- 
taçion, se  le  mostrasse  muy  llano,  e  muy  espaçioso,  e  muy  pla- 
zentero,  que  el  delibero  de  seguir  el  camino  de  la  virtud.  Pues 
por  que  en  semejante  cosa  vuestra  senoria  non  deua  ser  loada  en 
elauado  e  muy  summo  estilo  non  lo  puedo  pensar.  Commo  sea 
notorio  que,  pospuestas  las  ileçebras  e  voluptades  de  los  mundanos 
deleytes,  siguio  sienpre  la  derecha  via  de  virtud,  si  non  do  por 
testigo  los  fechos  e  presento  en  testimonio  las  obras  que  vuestra 
merçed  ha  fecho  e  faze  de  cada  dia,  que  jamas  tan  solo  hun  mo- 
mento  non  consume  en  vano,  en  canpo  commo  en  canpo,  siguiendo 
los  fechos  de  la  insigne  miliçia,  e  en  casa  commo  en  casa,  dando 
se  al  estudio  de  notables  cosas  e  estudiadas  poniendolas  en 
escriptura,  para  instruçion  e  documento  de  otros,  siguiendo  a 
Luçio  Aneo  do  dize  ser  cosa  muy  dulçe  el  oçio  que  se  espiende  en 
estudio.  Pues  que  se  podra  dezir  de  las  otras,  syn  numéro,  gracias 
e  donos,  célestes  e  naturales,  que  son  en  vuestra  senoria,  [de] 
vuestra  egualdad,  fortaleza,  temperançia,   prudençia,   costançia, 


XLIX.    BOCCACE  337 

ffe,  piedad,  e  continençia,  e  de  todas  las  otras  cosas  que  se  re- 
quieren  a  virtuoses  actos,  yo  non  siento  ingenio  tan  abundante  que 
conprehender  las  pudiesse,  para  las  referir  enteramente,  segund 
en  vuestra  merçed  se  albergan,  e  ffinalmente  toda  [la]  bondad  la 
quai,  que  en  vuestra  magnificençia  sea  infinita,  facile  es  de 
conosçer  a  quien  pensar  querra  lo  que  Platon  dize  en  una  de  sus 
epistolas,  en  que  afirma  ser  grande  argumento  de  bondad  a  la 
persona  abundar  en  amigos;  pues  quien  sepueda  dellos  dezir  mas 
rico,  quien  mas  copioso,  o  quien  mas  abondoso  que  vuestra  merçed, 

yo  non  los  siento  nin  lofs]  conozco  en  aqueste  reyno.  Mas  o 

vida  la  en  que  beuimos.  O  peruersa  condiçion  de  tienpo  la  en  que 
somos.  O  mundo  inico  el  présente,  que  antes  se  ffallaran  mill 
reprehensores  que  hun  loador,  e  antes  quien  sepa  o  quiera  detratar 
e  préfaçai* (?)  de  los  buenos  ffechos,  e  equiuocarlos  siniestramente, 
que  quien  los  quiera  loar  e  comentar.  Non  dubclo  seiior  que  seran 
algunos  que  me  notaran  de  nota  de  adulaçion,  diziendo  yo  alabar 
en  mi  escriptura  al  senor  cuyo  so  e  en  cuya  mençion  biuo.  A  los 
quales,  si  responder  me  conuenga,  ruegoles  nembrar  se  quieran 
que  dize  el  philosofo  :  la  virtud  loada  cresçe  e  seesmera  mas,  e 
que  es  liçita  cosa  dezir  bien  del  bien,  e  que  en  dezir  la  verdad  syn 
oprobio  de  otro  non  se  comète  error  nin  mal  fecho  alguno.  Ca  si 
bien  consideraren  en  vuestras  magnificas  obras  fallaran  por  verdad 
deuerse  dezir  con  razon,  a  vuestra  senoria,  lo  que  a  Lucio  Luçeyo 
dizia  Marco  Tulio,  en  una  de  sus  epistolas,  es  a  saber  que  mas 
justamente  deuyan  ser  llamados  enuidiosos  los  que  non  han  admi- 
raçion  de  vuestra  merçed  e  de  sus  claros  e  mirificos  fechos,  que 
aduladores  los  que  los  loan.  Dirian  por  çierto,  muy  generoso 
senor,  mayor  verdad  si  dixiessen,  yo  en  este  caso  fazer  grande 
ofenssa  a  vuestra  magnificençia,  por  solamente  tomar  en  mi  tanta 
presunçion  de  querer  loar  las  virtudes,  e  insignes  condiçiones,  e 
fechos  egregios  de  hun  tanto  senor,  commo  yo  non  sea  abastante, 
non  dire  a  loar  mas  aun  a  recontar,la  memor  parte  dellos.  Et  pues, 
segund  el  comico  Africano,  non  ha  cosa  tan  digna  de  loor  nin 
fecho  tan  famoso  que...  se  recontando  non  venga  en  diminuçion  e 
despreçio,  podrian  concluyr  que  en  lugar  de  ensalçar  vuestro 
nombre  por  mi  escriptura  lo  diminuya  por  ella  mesma.  Por  cerca 
desto,  muy  magnifîco  senor,  non  dubdo  yo  que  sea  en  ne[m]brança 
a  vuestra  clara  memoria,  la  quai  mas  verdaderamente  se  podria 
dezir  angelica  que  humana,  lo  quel  el  moral  Seneca  dize,  que  en 
qualquier  cosa  que  las  personas  fagan  se  deue  parar  mientes  a  la 
voluntad  con  que  la  ffazen,  la  quai  commo  en  mi  sea  e  sera,  en 
quanto  biua,  muy  leal  a  seruiçio  vuestro  ;  espero  de  vuestra  senoria 
que,  dissimulando  la  insuffiçiençia  de  la  inepta  e  descompuesta 

22 


338  BIBLIOTHÈQUE   DU    MAHQUIS    DE   SANTILLANE 

escriptura  mia,  flôctera  e  inclinara  su  generoso  animo  a  mirar  e 
considerar  la  puridad  e  lealdad  que  en  mi  es  sacrificada  a  perpetuo 
seruiçio  de  vuestra  magnifiçençia,  cou  aquel  muy  êntéroso,  muy 
verdadero  amor,  que  de  leal  seruidor  a  su  muyobedeçido  e  muy 
amado  senor  es  deuido.  El  quai,  eommo  en  mi  sea,  en  su  propio 
e  verdadero  ser  açerca  do  vuestra  merçed  e  de  su  queror,  absolu to, 
el  mesmo  es  aquel  ([ue  da  de  si  testimonio,  quien  dubda  seûor  que 
do  amor  consiste  fallesçe  el  derecho  juyzio.  Ca  por  tanto,  segund 
Petrarca  dize  en  el  prohemio  del  su  libro  de  Vita  solitaria,  lo 
iingio  ciego  la  antiguydad,  porquanto  non  hanin  puede  auer  recto 
eonosçimiento  en  los  feehos,  demas  desto,  senor,  non  es  de  dubclar 
que  segund  dize  Ouidio  Naso,  amor  sea  aquel  que  vençe  todas  las 
eosas.  Esto  considerado,  muy  magniflco  senor,  e  veyendo  en 
eommo  por  seruiçio  vuestro  yo  jne  dispongo  a  lo  que  va  mi  animo 
es  deliberado,  es  a  saber  a  trasladar  e  transcribir  de  latyn  en 
nuestro  vulgar  materno  la  obra  que  si  plaze  a  Dios  adelante  se 
seguira,  intitulada  genealogia  do  los  choses  de  los  gentiles,  de  li- 
gero  puede  vuestra  merçed  conosçer  amor  ser  aquel  que  me  çiega, 
e  me  priua  del  cierto  juyzio,  e  me  roba  mi. . .  por  manera  que  non 
so  senor  de  conosçer  a  mi  mesmo,  nin  para  quanto  so,  e  el  mesmo 
ser  aquel  que  por  una  estrafia  manera  me  fuerça  e  me  venge  todas 
mis  fuerças  de  las  quales,  si  yo  non  fuesse  eommo  oy  me  veo 
desapoderado  e  puesto  en  oscura  ceguedad  e  tiniebra  del  propio 

eonosçimiento,  e  ageno  de  mi    e  libre  aluedrio,  de  créer  es 

que  me  arredraria  de  aquello  a  que  tanto  me  allego,  e  que  fuyria 
de  començar  lo  que,  si  viuo,  fenesçer  entiendo.  Ca  pensaria  senor, 
e  temeria  lo  que  justamente  deuo  temer,  es  a  saber  la  obra  ser 
grande  e  puesta  en  muy  alto  estilo  metrico  e  prosayco,  tal  que 
requière  especulaçion  muy  biua,  de  la  quai  yo  so  muy  lontano. 
Pensaria  esso  mesmo  quien  so  en  doctrina,  e  quien  es  aquel  a  quien 
se  dirige  la  obra,  eommo  sea  vuestra  merçed  hun  senor  de  céleste 
ingenio,  muy  estudioso  e  perspicaz,  e  muy  marauilloso  censor  en 
semejantes  cosas.  Consideraria  otrosi  otros  diuersos  respectos  de 
los  quales  por  el  menor  me  deuia  esquiuar  de  hun  tanto  fecho,  e 
de  tan  grande  assayo.  Enpero,  muy  magnifieoe  mi  muy  obedesçido 
senor,  por  obedesçer  a  vuestra  magnifiçençia,  de  cuyo  espreso 
mandamiento,  el  quai  es  a  mi  ley  inpossible  de  ser  quebrantada, 
me  es  injuncto  que  vulgarize  el  tal  libro.  E  pues  que  amor,  que 
tanto  puede,  es  mi  guia  en  este  caso,  el  quai,  segund  dice  Oraçio^ 
acresçienta  las  funcçiones  de  aquel  que  ama,  (e)  asi  espero  que 
acresçentera  las  de  mi  minimo  saber.  El  quai  essomesmo,  segund 
dize  Dante,  «  a  ningund  amado  amar  perdona  »,  e  creyendo  que 
sera  ;i  mi  reçiprocode  parte  de  vuestra  senoria,  e  que,  eommo  dize 


\lix.   noce  ace  33(J 

Terençio,  on  la...  comedia,  el  amor  dara  yguales  partes  al  seîior 
c  al  seruidor.  Nembrandome  esso  mesmo  de  lo  que  el  mesmo 
cartaginense  poeta  dize,  que  a  los  osados  ayuda  la  fortuna,  dando 
le  otrosi  ffe,  en  aquella  parte  do  dize  que  las  cosas  que  paresçen 
grandes  e  asperas  se  torrnan  ligeras  a  las  personas  que  han  animo 
para  las  cometer,  creyendo  esso  mesmo  al  atheniensse  philosopho 
Eusopo,  cerca  de  la  moralidad  de  la  su  fabla  del  leon  e  del  raposo, 
la  quai  remicto  a  los  que  ver  la  querrian  ;  non  oluidando  otrosi  lo 
que  dize  Senéca  :  que  en  los  grandes  f échos  en  caso  que  non  suc- 
céda commo  la  persona  se  pienssa  que  es  honesto  el  esfuerço.. .  a 
los  comienços.  Auiendo  tanbien  nenbrança  de  hun  notable  dicho, 
que  el  glorioso  Troylo  ouo  fablado  en  consejo  ante  el  rey  Priâmes, 
su  padre,  quando  se  tractaua  del  passaje  engreçia,  por  delibraçion 
de  Esslona,  el  quai  dicho  esse  mesmo  remicto  a  aquellos  que 
buscarlo  les  plazera  e  que  la  historia  Troyana  tienen  familial*. 
Nenbrandome  otrosi,  entre  las  otras  cosas,  de  lo  que  Aristotyles 
dize,  en  el  libro  ultimo  de  l&s  ethicas,  conuienesaberque  la  delecta- 
çion  fenesçe  laobra,  e  que,  pues  vuestro  seruicio  es  a  mi  muy  singu- 
lardeleyte,el  causarala  obraauerfyn,  Dios  medianero.  Pospuestos 
todos  otros  objectos  e  obstaculos,  los  quales  liçitamente  deuerian 
contrastar  mi  proposito  e  querer  en  aqueste  caso,  no  dexare  de  me 
ofresçer  al  trabajo  de  trasferir  la  tal  obra  de  latyn  en  vulgar,  a 
nonbre,  gloria,  e  honor  de  vuestra  magnifiçençia.  E  si  non  pu- 
diere  lo  que  quiero,  querre,  segund  el  comico  prouerbio,  aquello 
que  pueda,  esforçando  me,  en  quanto  mi  poder  bastara  al  tal  fecho, 
por  sacar  palabra  de  palabra,  o  intento  de  intento,  e  a  las  vezes 
por  equiualençia,  segund  razon  lo  ditare  e  mas  propiamente  mi 
exiguo  ingenio  lo  pucliere  adaptar.  E  prinçipiando,  en  nonbre  de 
aquel  que  sin  prinçipio  es  comienço  de  todos  bienes,  seguyr  se  ha 
el  prologo  que  fflzo  el  auctor,  el  quai,  aunque  se  (]ue  l'ara  grande 
verguença  al  mio,  pero  auiendo  por  mi  la  escusa  que  justamente 
es  dada  a  los  que  ffazen  aquello  que  pueden,  pues  que  si  mejor 
pudiera,  mejor  lo  ouiera  ffecho,  suplico  muy  humillmente  a  vuestra 
exçelssa  senoria  que  resçiba  el  afecto  por  efecto,  e  açepte  mi  tra- 
bajo en  seruicio,  digo  trabajo,  aunque  por  lo  que  va  desuso  dixe 
mas  propiamente  diria  solaz  e  deleyte,  en  conosçer  que  siruo  en 
ello  a  vuestra  muy  magnifica  senoria,  la  quai  el  principe  del  oielo 
luengamente  conserue,  conaumentoprospero  de  estado  e  virtudes, 
e  fama. 


340  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


I 


(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  N,  n°16,   d'après  Los  Rios;   Biblioth.  Nat. 
Paris.  Fonds  Espagnol,  n°  458) 

1.  Boccace,  Liber  de  montibus,  silvis,  fontibus.  2.  Saint 
Basile,  Homélie  sur  la  lecture  des  auteurs  profanes. 
3.  Platon,  VAxiocus,  traduit  par  Pedro  Diaz  de  Toledo. 

En  castillan. 

Manuscrit  de  74  feuillets  repartis  en  quinze  cahiers  d<- 
papier  encartés  de  vélin.  Ecriture  du  XVe  siècle.  Orne- 
mentation luxueuse.  L'encadrement  du  premier  feuillet  pré- 
sente les  heaumes  du  marquis  de  Santillane.  Les  armes  de 
Mendoza -Vega  sont  peintes  à  gauche  en  haut,  et  à  droite 
en  bas;  celles  de  Figueroa  sont  à  droite  en  haut  et  à  gauche 
en  bas.  Format  287  X  213  mm.  Reliure  moderne  au  chiffre 
du  duc  d'Osuna. 

I.  Fol.  1.  Rubrique  :  Yntroduçionallibro  de  Johan  Bo- 
caçio  florentin,  poeta  laureado,  el  quai  se  intitula  de  los 
montes,  e  rios,  e  seluas. 

Incipit  :  «  Fatigado  de  trabaio  yo  me  leuante.  .  .   » 
Fol.  64  v°.  Explicit  «  e  escripto,  a  la  bondat  diuinal,  ea 
su  doctrina,  e  ensenança.  ))  Fijn.  Deo  gracias,  amen. 

II.  Fol.  65.  Rubrique:  Basilio,  de  la  refformacion  de  la 
anima. 

Préface  du  traducteur.  Incipit:  «  Suelen,  muy  magnif- 
fico  senor . . .  » 

Explicit  :  «  muy  excellente.  » 

Fol.  65.  Incipit  :  «  Muchas  son  las  razones  fijos.  .  .  » 

Fol.  69.  Explicit:  «  desechando  los  derechos  consejos.  » 
Deo  gracias,  amen. 

III.  Fol.  70.  Rubrique  :  Yntroduccion  al  libro  de  Platon, 
llamado  Fedron,  en  que  se  tracta  de  como  la  muerte  no  es 
de  tenter)  romancado  por  el  doctor  Pero  Diaz  de  Toledo, 
para  el  muy  generoso  e  uirtuoso  sefior  singular  sugo, 
senor  Yhigo  Lopez  de  Mendoça,  sefior  de  la  Uega . 

Préface  du  traducteur.  Incipit:  «  Segund  dize  Aristo- 
tiles. . .  » 


XLIX.    BOOCACE  341 

Explicit  :  «  graue  e  sentençiosa  de  Socrates.  » 

Fol.  70  v°.  Incipit  :  ((  Socrates  :  Como  partiesse  de  Athe- 
nas. .  .  )) 

Fol.  74  v°.  Explicit  :  «  fasta  aqui.  » 

Rubrique  :  Fenesçe  el  Tractado  de  la  inmortàlidat  de  la 
anima.  Deo  gracias,  amen. 

Ce  manuscrit  a  été  étudié  et  décrit  par  M.  Morel-Fatio 
dans  sa  Notice  sur  trois  manuscrits  de  la  Bibliothèque 
cVOsuna  (Romania,  t.  XIV,  p.  94-108).  Nous  emprun- 
tons à  cet  auteur  la  plupart  des  renseignements  que  nous 
donnons  ici. 

Ce  volume  a  été  exécuté  avant  1455,  puisque  nous  y 
voyons  figurer  à  côté  des  armes  de  don  Ynigo  Lopez  celles 
de  sa  seconde  femme,  Dona  Catalina  Suarez  de  Figueroa, 
qui  mourut  en  1455. 

Des  trois  ouvrages  réunis  dans  ce  manuscrit  le  deuxième  et 
le  troisième  sont  précédés  cle  préfaces  dédicatoires  où  Ifiigo 
Lopez  est  nommé  encore  senor  de  la  Vega.  Ceci  indique 
pour  la  traduction  de  ces  deux  traités  une  date  antérieure 
à  celle  du  8  août  1445,  jour  où  Jean  II  octroya  au  seigneur 
de  la  Vega  le  double  titre  de  marquis  de  Santillane  et  de 
comte  du  Real  cle  Manzanares. 

Dans  les  marges  de  ce  manuscrit,  nous  avons  trouvé  des 
mains,  des  traits  ondulés,  et  des  sigles  en  tout  semblables 
aux  signes  d'attention  relevés  en  marge  du  manuscrit  Ii-110 
contenant  la  Divine  Comédie  (Cf.  notice  XLVII).  Ces  traits 
sont  de  la  même  main  dans  les  deux  volumes  et  le  signe 
est  celui  dont  le  marquis  de  Santillane  se  servait  pour  mar- 
quer les  passages  qui  l'avaient  frappé. 

L'homélie  de  saint  Basile  en  faveur  des  études  classiques 
a  été  traduite  en  latin  par  Leonardo  Bruni  d'Arezzo,  dont  ce 
fut  la  première  version  grecque  (Cf.  Voigt,  Wiederbel.  d. 
Alterthums,  t.  II,  p.  164).  Cette  traduction,  souvent  copiée, 
fut  publiée  sous  le  titre  de  Magni  Basilii  liber,  cle  graeco 
in  latinum  translatus,  ad  juvenes  religiosos,  quitus  stu- 
diis  opéra  danda  sit  (lre  édit.  Milan,  1474;  Mazzuchelli, 
Gli  scrittori  d' Italia,  vol.  II,  part.  4,  p.  2208).  Le  traduc- 
teur espagnol  a  suivi  le  texte  de  Bruni.  Le  ton  de  la  lettre 
dédicatoire  au  docte  Inigo  Lopez  de  Mendoza  permet  de 
supposer  que  son  chapelain  Pedro  Diaz  de  Toledo  fut  Tau- 


342  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

teur  de  cette  version  castillane.  C'est  bien  Pedro  Diaz  de 
Toledo  quia  traduit  YAxiocus  que  nous  trouvons  ici  sous 
Je  titre  de  Fedron.  Seulement,  comme  il  a  ensuite  traduit 
le  Phédon,  le  copiste  a  confondu  les  rubriques  (cf.  à  ce 
sujet,  comme  aussi  sur  la  forme  barbare  Fedron  notre  notice 
II,  ms.  Reserv.  6°.  2).  Comme  pour  le  Phédon,  Pedro  Diaz 
s'est  servi  pour  YAxiocus  d'une  version  latine  de  Léonard 
Arétin.  M.  Morel-Fatio  fut  le  premier  à  attirer  l'attention 
des  érudits  sur  ce  travail  de  Bruni  qu'il  a  trouvé  dans  un 
manuscrit  incorrect  du  XVe  siècle,  conservé  à  la  Nationale 
de  Paris.  Dans  la  notice  susmentionnée  il  en  transcrit  la 
lettre  et  la  préface  pour  que  les  arêtinistes  puissent  trancher 
la  question  de  savoir  si,  oui  ou  non,  cette  version  appar- 
tient à  Leonardo  Bruni.  M.  Morel-Fatio  a  remarqué  que  le 
prologue  de  Pedro  Diaz  à  la  traduction  de  YAxiocus  n'est 
qu'une  adaptation  de  celui  de  Bruni  avec  quelques  allusions 
à  Inigo  Lopez  de  Mendoza. 

Amador  de  los  Rios  (Obras  del  Marqués ,  p.  596)  parle 
d'un  manuscrit  du  De  montibus,  silvis ,  fontibus ,  et  il  en 
donne  la  cote  (Plut.  III.  Lit.  N.  n°  16),  mais  il  dit  que  ce 
manuscrit  est  écrit  en  lengua  toscana.  Dans  son  Historia 
critica  (t.  VI,  p.  41,  n.  2),  le  même  auteur  cite  ce  même 
ouvrage  parmi  les  versions  castillanes  de  Boccace,  et  il  lui 
donne  également  la  cote  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  16.  C'est  pour- 
quoi nous  n'avons  pas  hésité  à  nous  servir  de  cette  indi- 
cation. 

Il  nous  a  paru  utile  de  réimprimer  ici  les  préfaces  que 
les  traducteurs  de  saint  Basile  et  de  Platon  ont  placées 
en  tête  de  leur  travail  et  qui  toutes  deux  sont  adressées  au 
marquis  de  Santillane,  alors  encore  seulement  seigneur  de 
la  Vega. 

Préface  du  traducteur  de  VHomélie  de  saint  Basile 

Suelen,  muy  magniffico  sefior  Ynigo  Lopez  de  Mendoça,  senor 
de  la  Vega,  los  ornes  escriuir  unos  a  otros  entre  otras  muchas  cosas, 
mas  prinçipalmente  o  de  comunes  negoçios  o  quando  por  alguna 
familiarrdat  son  coniuntos,;  açerca  de  lo  quai,  en  los  tienpos  pas- 
sados,  a  vuestra  magnifiçençia  auer  escripto  e  de  aquella  auer 
peeçebido  assaz  de  letrasse  me  acuerda.  Agora,  por  que  lasturbias 
tempestades  de  los  tiempos  han  fecho  los  negoçios  diuersos  e  las 


XUX.    BOCCACE  343 

voluntades,  segun  que  lo  de  mi  siento  e  creo  de  vuestra  nobleza, 
aimque  non  extinctas,  a  lofs)  menos  interdictas  e  aplicaclas  a 
obras  contrarias,  lie  acordado  de  interpellar  vuestra  humanidat  e 
nobleza  e,  como  despertandola  de  un  luengo  suefio,  mezclarme  en 
la  memoriade  aquella,  a  bueltas  destos  estudios  de  humanidat,  de 
los  quales  se  que  ningun  trabajo,  ninguna  otra  paçion  e  ningunos 
alcançados  o  perdidos  fauores  non  vos  podrian  arredrar,  nin  sin 
causa,  por  quanto  con  aquellos  entiede,  el  que  crée  ser  bien  auen- 
turado,  si  es  vera  o  falsa  o  pur  ficta  la  gloria  que  posée  e  como  e  en 
quanto  grado  la  deue  resçebir  e  tratar.  E  aun  entre  las  desperadas 
aduersidades  collocan  quai  gloria  ninguna  prosperidat  non  podria 
dar.  (?)  Ca  que  mejor  cosa  pudo  alcançar  Caton  que  el  cuchillo 
con  que  se  mato,  que  Muçio  que  el  fuego  en  el  quai  suffrio  des 
tillar  su  mano,  que  Marco  Regulo  que  la  crueldat  del  enemigo  al 
quai  e  a  los  exquisitos  supliçios  quiso  boluer  por  guardar  la  fee? 
Las  quales  e  otras  semeiables  cosas  muchas  vezes  leer  e  releer 
entiendo  que  non  puede  ser  sin  mucho  fruto.  E  por  quanto  algunas 
vezes  de  mi  mismo,  e  muchas  de  vuestra  magnifiçençia,  e  de  otros 
he  oydo  fablar  con...  (1)  a  aquellos  que  qnieren  obtrectar  los  estu- 
dios de  la  humanidat,  por  que  nosotros  nos  damos  a  los  poetas, 
e  oradores,  e  otros  que  los  han  tractado,  acorde  de  romançar 
e  enbiar  a  vuestra  nobleza  esse  pequeno  libro  del  gran  Basilio, 
por  que  con  la  auctoridat  de  este  tan  gran  varon  pueda  v[u]estra 
nobleza  confonder  la  ignauia  e  peruersidat  de  los  que  vituperan 
los  estudios  suso  dichos  e  que  dizen  que  es  de  areclrarse  dellos  de 
todo  punto.  A  los  quales  entendio  que  esto  viene  por  ser  de  tan 
vagaroso  ingenio  que  non  pueden  otear  a  ninguna  cosa  alta  e 
egregia.  E  ellos,  non  podiendo  espirar  a  ninguna  parte  de  huma- 
nidat, entienden  que  nin  los  otros,  que  tienen  abilidat  e  voluntad 
para  ello,  lo  deuen  fazer.  Mas  dexemoslos  con  su  ignorança,  ca 
non  me  paresçen  dignos  para  que  fagamos  dellos  mençion,  e  oya- 
mos  a  Basilio,  el  quai  entre  los  Griegos  es  auido  por  de  tanta  auc- 
toridat que  en  seueridat  de  vida,  e  en  santidat  de  costumbres, 
e  en  estudios  de  buenas  artes,  e  en  doctrina  de  la  sacra  scriptura, 
e  en  todas  las  otras  virtudes  es  visto  muv  excellente. 

Préface  du  docteur  Pedro  Diaz  de  Toledo 

Segund  dize  Aristotiles,  en  el  tercero  libro  de  sus  Ethicas,  lo 
postrimero  de  las  cosas  temerosas  e  espantables  es  la  muerte,  e 
esto  con  gran  razon,ca  por  aquella  fallesçemos  e  dexamos  de  seer, 

1.  M.  Morel-Fatio  propose  de  restituer  ici  quelque  chose  comme 
dosprrho. 


:M  1  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

o  como  cl  principal  desseo  de  los  animales  sea  conseruar  su 
dubdan  e  reçelan  la  muerte,  assi  como  cosa   contraria  e  destruy- 
dora  de  su  seer.Sudo  la  humadidat  de  Nuestro   ÎSenor  gotas  de 

sangre,  conosçiendo  la  muerte  cercana,  e  en  esto  non  se  quiso 
librar  de  los  deffectos  humanos,  non  enbargante  que  conosçia  que 
aquella  era  nesçessaria  a  el  en  quanto  onbre,  en  qualquier  tienpo 
que  fuesse,  e  nesçessaria  por  estonçe  quanto  a  nuestra  salud.  E  va 
sea  que  por  nesçessidat  de  natura  la  muerte  non  se  puede  esousar 
e  el  temor  suyo  congoxe  e  trabaje  las  voluntades  de  los  onbre-, 
enparo  el  gran  filosopho  Platon,  principe  e  caudillo  de  la  conpana 
achademica,  por  que  con  reposado  e  folgado  coraçon  pudiessemos 
beuir,  fablo  en  esto  assi  como  en  todas  lasotrascosas  diuinalmente, 
introduziendo  a  Socrates  que  disputa  e  faze  persuasiones  e  ra- 
zones,  por  donde  entiendede  prouar  la  muerte,  non  solamentenon 
ûe  deue  temer,  mas  antes  deuerse  dessear,  por  que  quasi  por 
diuinal  sentido  arraygue  de  nosotros  el  miedo  de  la  muerte  e  el 
temor  de  aquella  aparté  de  nuestras  voluntades.  Retraydo  por 
pocos  dias  a  reposar  la  liesta  a  mi  casa,  pense  en  que  e  a  quien 
daria  essas  pocas  oras  que  en  aquellos  dias  para  mi  reposo  tomaua, 
e  mi  memoria  representome  quantos  en  los  dias  passados  con  ge- 
neroso  coraçon  e  voluntad  esforçada  vy  disponerse  a  morir  por 
seruiçio  e  bien  de  la  cosa  publica  e  por  esguarde  de  sus  honores 
e  offresçerse  a  morir  syn  dubdosa  voluntad,  seyendo  la  muerte  tan 
dubdosa  e  espantable.  Tengo  en  memoria  el  combate  de  Penafiel, 
tengo  la  escaramuça  de  Lorca,  asi  mesmo  el  rrecuentro  que  ouistes 
çerca  de  Torote,  e  vy  otros  actos  donde  se  representauan  peligros 
de  muerte.  Dispuse  de  espender  aquel  poco  tienpo  en  pensar  que 
razon  abastaua  a  traher  a  los  omes  a  se  disponer  a  morir,  seyendo 
aquella  lo  postrimero  de  las  cosas  temerosas  e  espantables.  E  oc- 
curiome  un  libro  de  Platon,  llamado  Pheclron,  donde  vy  e  ley  la 
causa  e  razon  de  aquesto  ;  emprendi  de  leer  e  estudiar  aqueste 
libro  por  obiecto  de  mi  pensamiento,  e  delibre  de  lo  rromançar  e 
rremitir  a  vos,  el  muy  generoso  Senor,  mi  senor  singular,  que  por 
propiavirtud  e  bien  de  la  cosa  publica  sabeys  e  sopistes  anteponer 
la  muerte  a  la  vida.  Por  que.confirmado  por  auctoridat  de  aqueste 
diuino  onbre,  non  judgues  la  muerte  ser  uno  de  los  maies,  e  vos, 
senor,  entre  los  grandes  afïeres  e  cuydados  que  occurren,  por  una 
singular  manera  de  alegria  vos  deleytades  en  leer  libros  de 
grandes  sabios.  Resçebid  aqueste  libello  de  Platon,  pequeno  en 
volumen  e  grande  en  auctoridat,  el  quai  entre  los  otros  qu'elcom- 
puso  en  lengua  griega  es  en  tanto  resplendor  de  eloquençia,  que 
en  la  manera  de  fablar,  como  diz  Plutarco,  non  deue  cosa  al  dios 
Jupiter.   E    si    el    romance  non   guardare  aquesta  magestad   de 


XLIX.    BOCCACE  345 

diuinal  eloquencia,  atribuyasse,  o  a  mi  que  lo  romance  grossera- 
mente,  o  qu'el  romance  nuestro  non  pudo  obseruar  la'virtud  e  dul- 
çor  del  proprio  lenguaje  en  que  fue  compuesto  nin  del  latin  en  que 
lo  falle  trasladado.  Fares  vos,  senor,  en  aquesto  lo  que  suelen 
fazerlos  buenos  conosçedores  de  cauallos,  que  apresçian  la  natu- 
raleza  de  los  cauallos,  su  fuerça,  su  ligerez  e  non  apresçian  las 
guarniçiones.  Assi,  leyendo  vuestra  merçed  aqueste  libro,  médira 
e  considerara  la  fuerça  del  fablar  de  Platon  e  la  magestad  de 
tantas  e  tan  graues  sentençias,  e  conosçerayo  auer  auido  voluntad 
de  vos  seruir  e  non  acatara  al  rrudo  romance.  Vengamos,  ya  dexa- 
das  todas  las  otras  cosas,  a  veer  la  disputaçion  graue  e  sentençiosa 
de  Socrates. 

Traducteurs  et  Traductions  de  Boccace  en  Espagne 

L'influence  de  Boccace  sur  l'Espagne  littéraire  du 
XVe  siècle  a  été  considérable.  On  admirait  sa  connaissance 
de  l'antiquité,  son  savoir  des  choses  mythologiques,  et  la 
confiance  que  l'on  avait  en  son  érudition  était  absolue.  Ce 
qui  contribua  encore  à  grossir  son  succès,  c'est  que  les 
femmes  et  les  hommes  du  monde  se  plaisaient  à  la  lecture 
de  ses  contes  et  de  ses  romans.  Il  est  de  toutes  les  biblio- 
thèques. 

Traductions  de  ses  œuvres  latines  : 

Le  De  Genealogia  Deorum  a  été,  nous  l'avons  vu,  traduit 
au  XVe  siècle.  Le  manuscrit  Hh-31  de  la  Biblioth.  Nat. 
de  Madrid  (XVe  siècle)  et  un  manuscrit  de  la  Bibliothèque 
du  Roi  conservent  la  même  version  que  le  ms.  Ii-34.  Le 
manuscrit  Dd-149  de  la  Biblioth.  Nat.  de  Madrid  contient 
une  copie  moderne  de  la  préface  de  Boccace.  Cette  tra- 
duction n'a  pas  été  imprimée. 

Le  De  rnontibus,  silvisf  fontibus,  lacubus,  Jluminibus] 
stagnis,  seu  paludibus ,  de  diversis  nominibus  maris,  liber, 
conservé  à  Paris  dans  le  n°  458  du  fonds  espagnol  de  la  Bi- 
blioth. Nat.,  dont  nous  ne  connaissons  pas  d'autre  manus- 
crit, est  également  œuvre  inédite  d'un  traducteur  inconnu. 

De  casibus principuin  ou  Decasibus  virorum  illustrium. 
Le  chancelier  Pero  Lopez  de  Avala  a  traduit  en  castillan 
les  huit  premiers  livres  de  cet  ouvrage.  En  1422,  pendant  un 
séjour  à  la  cour  de  Portugal,  où  les  avait  conduits  une  am- 
bassade, Juan  Alfonso  de  Zamora,    secrétaire   de  Jean  II, 


346  BIBLIOTHÈQUE    1)1'    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

priaAlonsodeCartagena  d'achever  la  traduction  commencée, 
et  déjà  si  avancée,  par  le  chancelier  Pero  Lopez  de  Ayala. 
Juan  Alfonso  offrit  d'écrire  sous  la  dictée  de  l'ecclésiastique 
diplomate,  et  c'est  ainsi  (|iio  fut  complétée  la  version  du  De 
Casihus  virorum  illustrium.  La  Bibliothèque  Nationale  de 
Madrid  conserve  quatre  manuscrits  de  cette  traduction,  les 
mss.  Bb,  52  ;  Ff-278  ;  V.  320  et  E,  6.  Il  y  en  a  un  dans  la 
Biblioth.  du  Roi  et  Gallardo  en  cite  un  (Ensayo,  t.  IV, 
col.  1486,  1493)  qui  fit  partie  de  la  Biblioteca  Olivariense 
sous  la  cote  L.  13.  Cette  version  Àyala-Cartagena-Zamora 
fut  publiée  à  Séville,  en  1495,  par  Meinardo  Ungut  Aleman 
et  Lançalao  Polono  sous  le  titre  de  :  Juan  Bocacio,  Caida 
de  Principes,  traducida  de  latin  al  castellano  por  D.  Pedro 
Lopez  de  Ayala  y  continuada por  D .  Alfonso  Garcia  (Ci. 
Méndez-Hidalgo,  Tïp.  Esp.,  p.  97)  (1).  ' 

De  claris  Mulieribus.  La  traduction  de  cet  ouvrage  re- 
monte au  règne  de  Jean  II  et  nous  retrouvons  les  traces  de 
son  influence  chez  des  auteurs  de  cette  époque,  mais  les 
manuscrits  en  sont  rares  et  nous  n'avons  vu  ce  livre  qu'im- 
primé. Le  traducteur  n'est  pas  connu.  Voici  le  titre  de  la 
première  édition  de  cette  version  :  Johan  Bocacio  de  las 


1.  Méndez-Hidalgo  (Tip.  Esp.,  p.  98,  note  1)  reproduit  la  préface  de 
cette  version.  Nous  en  transcrivons  un  passage  où  Juan  Alfonso  de 
Zamora  rend  compte  de  sa  collaboration  avec  le  doyen  des  églises  de 
Saint-Jacques  et  de  Ségovie  : 

a  El  porque  aquellos  que  en  algunas  buenas  obras  se  ocupan  siempre 
»  nuestro  Senor  Dios  guia.  Trajo  acaso  que  en  uno  el  muy  reverendo  e 
»  sabio  doctor  Alfonso  Garcia,  Dean  de  las  Iglesias  de  Santiago  e  Se- 
»  go  via  :  Oidor  de  la  Audiencia  del  dicho  Senor  Rey,  e  del  consejo  :  e 
»  yo  por  Embaxadores  del  dicho  Senor  Rey  de  Portugal  fuemos  en- 
»  viados  :  en  la  quai  erabaxada  como  oviesemos  algunos  espacios  para 
»  exercitar  nuestro  espiritu,  e  veyendo  yo  la  gran  suficiencia  que  en  el 
»  dicho  Dean  era  para  lo  romanzar  lo  que  del  dicho  libro  fallescia,  e  a 
»  ruego  e  instancia  mia  de  se  hoponer  al  trabajo  de  lo  comenzar  a  el 
»  plugo.  Yasi  de  diez  libros  que  hay  en  este  dicho  libro,  el  dicho  Senor 
»  Pero  Lopez  romanzo  los  ocho  hasta  la  meitad  del  capitulo  que  habla 
»  del  Rey  Astur  de  Inglaterra  que  es  dicha  la  grand  Bretana  :  e  Mor- 
))  derete  su  fijo,  e  dende  en  adelante  romanzo  el  dicho  Dean,  el  di- 
»  ciendo,  e  yo  escribiendo,  los  quales  lo  hicieron  muy  bien  guardando 
))  su  Rethorica  segund  que  por  el  paresce 

))  Acabose  esta  obra  de  romanzar  en  la  Embaxada  recontada  a  treinta 
)>  dias  del  mes  de  Setiembre  Ano  del  Senor  de  mill  e  quatrocientos  e 
»  no  venta  e  dos  an  os.  » 


XLIX.    BOCCACE  347 

mugeres  illustres  en  romance  —  La  présente  obrafue  aca- 
bada  en  la  insigne,  e  muy  noble  ciudad  de  Çaragoça  :  por 
industria,  e  expensas  de  Paulo  Hurus  Aleman  de  Cons- 
tancia  a  XXIII I  dias  del  mes  de  octubre  :  en  el  ano  de  la 
humana  sa/uacion.  Mil  quatrocientos  nouenta  e  quatro 
(1494)  (Méndez-Hidalgo,  Tip.  Esp.,  p.  70;  Gallardo,  En- 
sayo,  n°  1406).  En  1528,  Cromberger  à  Séville  publia  une 
seconde  édition  de  cette  même  version  (Gallardo,  Ensayo, 
n°  1407  ;  Salvâ,  Catâlogo,  n°  1716). 

Traductions  des  œuvres  italiennes  : 

La  Fiammetta,  traduite  en  catalan,  se  conserve  dans  les 
Archives  de  la  couronne  d'Aragon  (Morel-Fatio,  Kat.  Litt., 
dans  le  Grundriss  de  Grôber,  t.  II,  2,  p.  125).  Ce  manus- 
crit est  celui-là  même  que  possédait  le  monastère  de  S. 
Cugat  (Torres  Amat,  Diccionario,  p.  687  et  Sanvisenti,  / 
primi  influssi,  etc.,  p.  395).  Au  XVe  siècle,  la  Fiammetta 
fut  traduite  en  castillan.  L'Escurial  conserve  deux  manus- 
crits de  cette  version.  Cet  ouvrage  fut  souvent  imprimé  et 
il  est  évident  que,  au  moins  les  trois  premières  éditions, 
reproduisent  la  version  du  XVe  siècle.  La  première  que 
nous  connaissions  est  celle  de  1497,  imprimée  à  Salamanque 
sous  le  titre  de  :  La  Fiometa  de  Juan  Vocacio  (Salvâ, 
Catâlogo,  n°1534;  Gallardo,  Ensayo,  719;  Méndez-Hidalgo, 
Tip.  Esp.,  p.  360).  La  seconde  édition  parut  à  Séville  en 
1523,,  par  les  soins  de  Jacob  Cromberger,  le  titre  est  plus 
détaillé  que  celui  de  la  première  (Salvâ,  Catâlogo,  n°  1535; 
Gallardo,  Ensayo,  720).  Enfin  l'édition  de  Lisbonne,  dé- 
cembre 1541,  porte  un  titre  encore  plus  développé  que  celui 
de  l'édition  de  Séville  (Salvâ,  Catâlogo,  n°  1536;  Gallardo, 
Ensayo,  n°  721).  En  parlant  de  l'édition  de  1497,  dont 
il  fait  grand  cas,  Salvâ  remarque  qu'avant  lui  personne 
n'en  avait  fait  mention,  il  en  conclut  que  l'exemplaire  de 
sa  bibliothèque  était  un  unicum.  Il  ajoute  que  l'extrême 
rareté  de  ces  trois  éditions  de  la  Fiammetta  s'explique  par 
la  prohibition  dont  l'Inquisition  frappa  cet  ouvrage.  Salvâ 
constate  l'identité  de  la  traduction  reproduite  par  ces  trois 
éditions.  Enfin  il  déclare  Pedro  Rocha  auteur  de  cette  ver- 
sion, sur  la  foi  dePonz  de  Icart,  qui  dans  ses  Grandezas  de 
Tarragona  dit  que:  Pedro  Rocha habia  traducido  algunos 


348  BIBLIOTHÈQUE  DU  MARQUIS   DE   SANTILLANE 

libros  de  Aretino,  y  de  Corbacho,  y  la  Fiameta  de  Boc- 
cacio.  Gallardo,  Zarco  del  Vallc  et  Sancho  Rayon  [Ensayo, 
n°  719)  indiquent  aussi  l'attribution  decette  version  au  Va- 
lencien  Pedro  Rocha.  Dans  son  Catalogue  raisonné  des 
Livrées  de  Chevalerie,  à  l'article  Fiameta,  Gayangos  soutient 
la  même  attribution.  Plus  prudent,  ou  mieux  renseigné, 
Nicolas  Antonio  cite  les  éditions  de  1523  et  de  1541  parmi 
les  œuvres  anonymes  ;  il  n'a  pas  eu  connaissance  de'  celle  de 
1497.  Cependant  Antonio  savait  fort  bien  qu'un  certain 
Rocha  avait  traduit  la  Fiammetta  et  le  Corbaccio,  et  voici 
ce  qu'il  en  dit  dans  sa  Bibliotheca  Nova  (t.  II,  p.  231-232)  : 
aPetrus  Rocha,  Tarraconensis  (teste  mihiLudovico  Pontio 
»  Icart  in  libello  De  las  grandezas  de  Tarragona,  cap.  xlii) 
))  vertit  ex  Italico  Pétri  Aretini  libros  :  De  la  Humanidad,  de 
))  Christo  ;  de  la  Vida  de  Nuestra  Seflora  ;  Los  siete  Salmos 
»  Penitenciales,  et  ex  Boccacii:  la  Fiammetta,  El  Corbaccio, 
»  in  quorum  interpretatione  summorum  Italicae  linguae 
»  magistrorum  gloriaenihilo  se  inferiorem  ostendit,  ut  idem 
))  adjungit  auctor,  »  Ceci  nous  donne  la  clef  de  l'erreur  de 
Salvâ,  qui  a  entraîné  à  sa  suite  tous  les  autres  bibliographes  : 
il  a  sans  doute  pris  l' Arétin,  dont  Rocha  a  traduit  trois 
traités,  pour  Leonardo  Bruni,  tandis  qu'il  s'agit  de  Pierre 
que  Nicolas  Antonio  a  bien  su  reconnaître.  En  effet,  peut- 
on  admettre  que  le  traducteur  de  trois  ouvrages  de  Pierre 
Arétin,  composés  respectivement  en  1535,  1540  et  1534(1), 
puisse  avoir  été  l'auteur  d'une  traduction  delà  Fiammetta 
que  nous  trouvons  imprimée  dès  1497  ?  L'existence  d'une 
version  delà  Fiammetta  faite  au  XVe  siècle  par  un  ano- 
nyme nous  paraît  ainsi  établie  ;  elle  eut  trois  éditions 
connues,  ce  qui  ne  devait  pas  empêcher  Pedro  Rocha 
de  traduire  nouvellement  cet  ouvrage  et  le  Corbaccio  au 
XVIe  siècle. 

Décaméron.  La  bibliothèque  particulière  de  Don  Miguel 
Victoriano  Amer,  à  Barcelone,  comptait  parmi  ses  joyaux 
une  traduction  catalane  du  Décaméron.  Ce  précieux  manus- 
crit du  XVe  siècle  a  été  cédé  par  les  héritiers  du  poète  à  Don 
Isidro  Bonsoms  y  Cart.  La  bibliothèque  de  l'Escurial  con- 
serve une  traduction  castillane  du  Décaméron.  Ce  manus- 

1.  Ci'.  A.  Gaspary,  Gesclt.  dcr  liai  Lit.,  t.  II,  p.  477. 


XLIX.    BOCCACE  349 

crit  ne  contient  que  59  chapitres,  y  compris  l'introduction 
qui  est  divisée  en  chapitres.  Le  Cat.  Esc,  s.  y.  Novelas  y  Y  in- 
diqùe  comme  suit  :  Novelas  de  Juan  Boccacio  deCercaldo 
(sic)  escritas  en  papel  à  mediados  del  S.  XV.  Un  autre 
exemplaire,  apparemment  de  la  même  version  et  également 
incomplet,  est  indiqué  dans  le  catalogue  de  la  bibliothèque 
de  Benavente,  publié  par  Liciniano  Saez,  et  réimprimé  par 
Rudolf  Béer  [Handschriftenschàtze  Spaniens,  p.  103,  n°  67, 
21)  :  Unos  quadernos  del  libro  de  las  cien  Novelas  en 
papel  cebti  menor.  Gallardo  (Ensayo,  n°  1409)  donne  une 
description  détaillée  du  manuscrit  de  TEscurial  (1).  La  pre- 
mière édition  du  texte  castillan  du  Décaméron  est  celle 
qu'imprimèrent  à  Séville,  en  1496,  Meynardo  Ungut  et  son 
compagnon  Stanislao  (Cf.  La  Serna  Santander,  Dict.  Bi- 
bliogr.  choisi  du  XVe  siècle,  t.  II,  p.  218;  Salvâ,  Catâlogo, 
n°  1537;  Méndez-Hidalgo,  p.  349).  Son  titre  est  :  Las 
C  novelas  de  Juan  Bocacio.  Le  texte  imprimé  est-il  iden- 
tique à  celui  des  manuscrits  du  XVe  siècle  cités  ci-dessus  ? 
Pour  le  savoir,  il  faudrait  pouvoir  comparer  le  manuscrit 
de  TEscurial  avec  l'imprimé  de  1496,  qui  est  fort  rare.  Ni- 
colas Antonio  (Bibliotheca  Nova,  t.  II,  p.  398)  cite  une 
version  du  Décaméron  due  à  un  anonyme  et  imprimée  à 
Tolède  par  Juan  de  Villaquiran,  en  1524,  in-folio (2).  Gal- 
lardo (Ensayo,  n°  1408)  et  Salvâ  [Catâlogo,  n°  1537)  en 
connaissent  une,  parue  à  Médina  del  Campo,  chez  Pedro 
de  Castro  en  1543;  â  costa  de  Juan  de  Espinosa  mercader 
de  libros.  A  Bruxelles,  on  conserve  une  édition  du  Décamé- 
ron castillan,  imprimée  à  Vallaclolid  en  1539,  et  à  Vienne  il 
y  en  a  une  de  1550,  imprimée  également  à  Vallaclolid  (3). 

Les  Treize  questions  d'amour  tirées  du  Filocolo. 

Une  édition  de  ces  questions  en  castillan  parut  à  Sé- 
ville, en  1546,  chez  Andres  de  Burgos  sous  le  titre  de  :  Labe- 

1.  Gallardo  remarque  que  le  traducteur  anonyme  du  Décaméron  est 
le  premier  à  employer  en  castillan  le  verbe  nocclar.  Après  lui  per- 
sonne, dit-il,  jusqu'à  Cervantes  dans  ses  Nooelas  ejemplares  ne  res- 
suscita ce  vocable. 

2.  La  Bibliothèque  Nationale  de  Florence,  olim  Magliabecchiana,  con- 
serve sous  la  cote  1 .  B.  5.  55  un  exemplaire  de  cette  édition. 

3.  C'est  à  l'obligeance  de  Miss  Carolina  Bourland,  qui  prépare  une 
étude  sur  la  fortune  du  Décaméron  en  Espagne,  que  nous  devons  l'in- 
dication de  ces  deux  éditions  de  Valladolid. 


350  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

rinto  de  Amor  que  Itho  en  Toscafio  elj'amoso  Juan  Boc- 
cacio:  agora  nueuamente  traducido  en  nuestra  lengua 
castellana  (Gallardo,  Ensayo,  n°  811;  Salvâ,  Catâlogo, 
n°1537).  Ce  titre  de  Labyrinthe  d' amour,  qui  en  réalitéest  l<i 
second  nom  du  Corbaccio,  pourrait  faire  croire  à  une  erreur; 
mais, et  nous  le  verrons  encore  ci-dessous,  c'est  bien  des  treize 
questions  qu'il  s'agit.  En  cette  môme  année  1546,  parut  â 
Tolède,  sortie  des  presses  de  Juan  de  Avala,  une  autre  édi- 
tion du  même  ouvrage,  sous  le  titre  de  :  Trece  questiones 
muy  yraciosas  sacadas  del  Philoculo  del  famoso  Juan 
Bocacio,  traducidas  de  lengua  Toscdna  en  nuestro  Ro- 
mance Castellano  con  mucha  eleyancia  y  primor  (Gallardo, 
Ensayo,  n°  2724)  (1).  Un  avertissement  de  Blasco  de  Garay 
nous  apprend  que  le  traducteur  de  l'ouvrage  est  son  ami 
D.  Diego  Lôpez  de  Ayala,  chanoine  de  Tolède.  Les  som- 
maires en  vers  des  treize  questions  sont  dus  à  Diego  de  Sa- 
lazar,  que  primero  fué  capitan  y  al  fin  ermitaho.  Du  très 
intéressant  avertissement  de  Blasco  de  Garay,  nous  rele- 
vons le  passage  suivant,  qui  vise  évidemment  l'édition  de 
Séville:  «  Del  cuâl  (il  s'agit  de  Diego  Lôpez  de  Avala), 
))  porque  no  caresciese  nuestra  lengua  materna  de  seme- 
»  jantes  riquezas,  non  con  poca  instancia  trabajé  que 
»  consintiese  sacarle  a  luz,  pues  tan  digno  era  de  ella  :  — 
»  puesto  que  ya  a  hurtadas  se  le  liabia  otro  antes  divul- 
»  gado  :  y  como  a  la  sazon  no  le  hallase  titulo,  pusole  el  que 
»  a  èl  mejorle  paresciô,  llamandole  Laberinto  de  Amor  de 
))  Juan  Bocacio;  como  el  Laberinto  sea  libro  distinto  del 
»  Filoculo  aunque  todos  de  un  mismo  Autor  (2).  » 

Corbaccio.  Amador  de  los  Rios  (Historia  Critica,  t.  VI, 
p.  41)  croit  que  l'on  traduisit  cet  ouvrage  au  XVe  siècle, 
non  pas  qu'il  en  eût  trouvé  quelques  vestiges,  mais  unique- 
ment, semble-t-il,  parce  que  l'arcliiprètre  de  Talavera,  Al- 
fonso  Martinez  de  Toledo,  acheva  d'écrire  en  1438  sa  Ré- 
probation del  amor  mundano,  qui  eut  un  très  grand  succès 
et  (jui  fut  aussi  intitulée  El  Coroacho.  Ce  second  titre  n'ap- 

1.  La  Bibliothèque  du  Roi  conserve  une  édition  du  Filoçolo  imprimée 
à  Tolède  par  Juan  de  Ayala  en  1549,  peut-être  Gallardo  a-t-il  confondu 
les  dates? 

2.  Pour  l'histoire  des  Question/'  d'  aniore,  voyez  l'étude  de  M.  Rajna, 
Romania    t.  XXXI,  p.  1. 


XLIX.    BOCCACE  351 

parait  cependant  pas  avant  la  quatrième  édition,  dit  Amador 
de  los  Rios  (Cf.  Historia  Critica,  t.  VI,  p.  41,  note  2; 
ibidem,  p.  277  et  p.  277,  note  1  ;  ibidem,  p.  281  et  p.  281, 
note  1).  D'ailleurs,  le  livre  de  rarchiprêtre  ne  doit  à  celui 
du  Florentin  que  le  titre  et  la  misogynie.  Los  Rios  lui- 
même  déclare  que  :  Respecto  del  titulo,  aunque  hemos  ya 
senalado  la  influencia  que  pudo  tener  el  libre  de  Boccacio 
en  el  del  archipreste,  conviene  notar  que  no  hay  punto  al- 
guno  de  contacte*  en  las  formas  liter arias  (l.  c).  Nous 
n'avons  pu  trouver  aucune  trace  de  l'existence  d'une, 
traduction  castillane  du  Corbaccio  antérieure  à  celle  de 
Pedro  Rocha,  citée  par  Pons  de  Icart  et  par  Nicolas  Antonio 
et  que  nous  avons  déjà  eu  l'occasion  de  mentionner  ci- 
dessus. 

Ninfale  d'  Admeto.  Amador  de  los  Rios  seul  a  vu  le 
Ninfal  d' Admeto,  en  castellano,  qui  faisait  partie  de  la 
bibliothèque  du  duc  d'Osuna.  Rocamora  n'en  parle  pas  (Cf. 
ci-dessus,  ms.  G). 


ARMANNINO   GIUDICE 

(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  M,   n°  8  ;  Rocam.  n°23  :  Biblioth.  Nat. 
Madrid,    Ii-16) 

Armannino  Giudice,  La  Fiorita.  En  italien. 

Manuscrit  de  110  feuillets,  plus  2  de  garde  au  commen- 
cement et  1  à  la  fin,  vélin,  non  folioté  et  sans  signatures. 
Écriture  italienne  de  l'extrême  fin  du  XIVe  ou  du  commen- 
cement du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Rubriques  et  pe- 
tites capitales  en  couleurs.  Dans  la  marge  inférieure  du 
premier  feuillet  se  trouve  un  écu  d'armes  portant  d'or  au 
sautoir  de  sable  et  au  chef  d'azur  chargé  de  trois  fleurs  de 
lis  d'or  sous  une  cotice  de  gueules.  Format  364  x  250  mm. 
Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  A.  Rubrique  de  la  préface  latine  adressée  par 
Armannino  à  Bosone  da  Gubbio  :  Proemio  dello  libido  cite 
si  chiama  Fiorita,  fatto  e  compostoper  messer  Armannino, 
giudice,  da  Bologna. 

Incipit  :  «  Egregie  nobilitatis  et  potentie  militi  domino 
suo  Bosono...  » 

Fol.  2  v°.  A.  Explicit  :  «  et  eius  successoris  et  operis 
conclusio.  )) 

Rubrique  :  Qui  comincia  la  Fiorita  di  messer  Arman- 
nino, giudice,  da  Bologna. 

Incipit  :  «  Gia  lungo  tempo  pellegrino  errante...  » 

Fol.  110  v°*  B.  Explicit  :  «  Qui  si  compie  e  finisce  il  libro 
lo  quale  si  chiama   fiorita,  cominciato  nel  mille    trecento 


L.    ARMANNINO   GIUDICI  353 

uenticinque  e  compiuto  nel  mille  trecento  uentinoue  per 
messer  Armannino  giudice,  lo  quale  fu  da  Bologna,  e  ora 
cittadino  cli  Fabriano  délia  marcha  d'  Ancona.  Deo  gracias, 
amen.  » 

Rubrique  :  Explicit  liber  Florete.  Deo  gralias,  amen.  Sur 
le  premier  feuillet  de  garde,  au  milieu  de  la  page,  on  lit  la 
devise  suivante  :  De  bon  cuer.  Ces  mots  écrits  en  gros  ca- 
ractères sont  séparés  par  des  courroies,  et  le  tout  est  orné 
d'admirables  dessins  à  la  plume  représentant  des  plantes 
et  des  fleurs.  Au-dessous  on  lit  :  Courege  a  Nicolau.  Au 
verso  du  feuillet  de  garde  de  la  fin,  on  voit  les  mêmes  or- 
nements et  le  nom  de  Nicolaus  de  Corygya  entouré  de 
courroies.  Au  recto  de  ce  dernier  feuillet,  un  buste  de 
femme  se  détache  sur  un  fond  brun.  Ce  dessin  finement 
exécuté  est  légèrement  teinté,  sur  la  robe  se  détache  un 
collier  de  plumes  de  paon  ;  le  costume  est  celui  des  Ita- 
liennes de  la  fin  du  XIVe  siècle. 

Amador  de  los  Rios,  dans  la  notice  qu'il  consacre  à  Ar- 
mannino Giudice  (Obras  ciel  Marqués,  p.  597),  ne  remarque 
aucune  des  particularités  de  ce  manuscrit,  et  après  avoir 
parlé  du  «  peregrino  tratado  de  Armenino  Boloilés  apelliclado 
Historia  Florica  »  il  remarque  que  a  en  la  ûltima  foja  se 
dice  que  fué  escrito  por  Nicolas  de  Coringia  (sic)  »,  ce  qui 
indique  que  Los  Rios  a  pris  Nicolas  de  Correggio  pour 
un  copiste.  Or,  ce  Niccolô  da  Correggio  était  le  père  du  poète 
Niccolô  da  Corregio,  qui  fut  un  des  lettrés  gentilshommes 
qui  se  réunissaient  àFerrare,  à  la  cour  des  Este.  Niccolô  le 
père,  qui  avait  épousé  Béatrice  d'Esté,  en  1448,  mourut, 
d'après  Sansovino  (Origine  délie  case  illustri  d' Italia, 
p.  277),  en  1449,  et  d'après  Tiraboschi  (Storia  d.  L  let.  ital., 
t.  VI,  II,  p.  189),  en  1451.  Quoi  qu'ilen  soit,  ce  seigneur  laissa 
en  mourant  sa  femme  enceinte  de  Niccolô  (le  futur  poète), 
qui  fut  pour  cela  nommé  Niccolô  Postumo. 

Comment  ce  manuscrit  du  seigneur  de  Correggio,  du  des- 
cendant de  Azzo  da  Corregio,  l'ami  intime  de  Pétrarque, 
a-t-il  passé  en  Espagne  ?  Nous  ne  le  savons  pas.  Mais  il  est 
certain  que  le  marquis  de  Santillane  connut  la  Fiorita  et 
s'en  servit.  Quant  au  sens  de  la  devise  du  commencement 
et  aux  nombreux  dessins  de  courroies  qui  ornent  ce  ma- 
nuscrit, inutile  de  les  expliquer,  c'est  un  double  jeu  de  mots, 


354  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

Les  Fleurs  d'histoires  cTArmannino,  comme  toutes 

histoires  àla  fois  universelles  et  légendaires,  ont  eu  en  Es- 
pagne  un  grand  suecès. 


Lï 


CEGGO  D'ASCOLI 

(Osuiici  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n"  6  ;  Rocam.  n°  138;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Hh-81) 

Cecco  d'Ascoli,  UAcerba.  En  italien. 

Manuscrit  de  34  feuillets,  plus  1  feuillet  de  garde  au 
commencement  et  1  à  la  fin,  vélin,  non  folioté,  réglé  à 
35  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Ru- 
briques, capitales  et  lettrines  en  or  et  couleurs.  Dans  la 
marge  inférieure  du  premier  feuillet  se  trouve  peint  un  écu 
d'armes  portant  de  sable  à  une  chimère  couronnée  d'or, 
armée  et  lampassée  de  gueules.  Format  290  X  220  mm. 
Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Liber  Cecchi  Esculani  incipit. 

Incipit  :  «  Oltra  non  segue  piu  la  nostro  luce.  » 

Fol.  34.  Explicit  :  «  il  sommo  ben  delloetterno  fine.   » 

Deo  grattas,  amen. 

Livre  I,  fol.  1;  liv.  II,  fol.  6;  liv.  III,  fol.  14;  liv.  IV, 
fol.  25  v°. 


feLH 


MATTEO  PALM1ERI 

(Rocam.  n°  169  ;  Biblioth.    Nat.  Madrid,  Réserv.  6a-6) 
Matteo  Palmieri,  Libro  délia  viia  civile.  En  italien. 

Manuscrit  de  164  feuillets,  plus  1  feuillet  de  garde,  vélin, 
non  folioté,  réglé  à  25  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle.  Or- 
nementation italienne  de  la  môme  époque;  dans  l'encadre- 
ment du  premier  feuillet  on  distingue,  aux  quatre  coins,  les 
heaumes  du  Marquis  et  dans  le  bandeau  inférieur  ses  armes. 
Format  233  X  160  mm.  Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Comincia  il  libro  délia  uita  ciuile 
composto  da  Matheo  Palmieri  fiorentino  ad  Alexandro 
degli  Alexandri,  optimo  ciitadino.  Libro  primo.  Proemio. 

Fol.  1.  Incipit:  «  Moite uolte  pensandomeco  medesimo...  » 

Fol.  164.  Explicit  :  «  e  ritornossi  allô  exercito.  »  Deo 
grattas  in  eternum. 

Livre  I,  fol.  5;liv.  II,  fol.  43;  liv.  III,  fol.  77  v°  ;  liv.  IV, 
fol.  115. 


LUI 


LEONARDO  BRUNI  D'AREZZO 

A 
(Rocam.  n°  17;  Biblioth.NaU  Madrid,  Ii-12) 

Leonardo  Bruni  d'Arezzo,  De  bello  italico  adversus  Go- 
thos.  En  latin. 

Manuscrit  de  67  feuillets,  plus  1  feuillet  de  garde,  vélin, 
non  folioté,  réglé  à  30  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle.  Ru- 
briques et  lettrines.  Les  12  premiers  feuillets  de  ce  manu- 
scrit sont  mouillés  et  piqués  des  vers.  Format  285  X  198  mm. 
Reliure  de  l'époque  de  cuir  sur  ais  en  très  mauvais  état. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Leonardi  Aretini  uiri  clarissimi, 
proemium  in  libris  de  bello  italico  aduersus  gothos,  féliciter 
incipit. 

Incipit  :  ((  Et  si .  .  .  » 

Fol.  2.  Rubrique:  Incipit  liber  primus féliciter. 

Incipit  :  «  Post.  .  .  » 

Fol.  67.  Explicit  du  livre  IV et  dernier:  «  opida  Marses 
recepit,  finisque  fuit  anni  decimi  octaui  hujus  belli.  » 

B 

(Osuna  :  Plut.  IV.  Lit.  N.  n°2S;    Rocam.  n°  18;  Biblioth.  Nat.  Ii-lt) 

Leonardo  Bruni    d'Arezzo,  De  bello  ytalico  adversus 
Gothos.  En  castillan. 

Manuscrit  de  124  feuillets,  plus   1  blanc,  papier.  Il   est 


358  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

incomplet  de  six  feuillets  au  commencement.  Écrituredu 
\  Ve  siècle.  Grandes  marges,  rubriques,  espaces  blancs  pour 
capitales.  Format  285  X  210  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Ce  manuscrit  contient  le  De  hello  Ytalico  adversus  Go- 
thos  de  Leonardo  Bruni,  traduit  en  castillan  sous  le  titre 
de  Belo  gotico . 

.Fol.  7.  Fin  du  prologue  du  traducteur  (jui  devait  occuper 
les  six  premiers  feuillets: 

«. .  .honorable  pacto  e  conuenençia  leuando  todo  lo  suyo,  e  libres 
de  seruidunbre  apenas  paresçieron  seer  vencidos.  Pues  nota  aqui, 
niuy  amado  senor  mio,  e  noten  si  les  plazera  todos  los  nobles  de 
vuestra  Espafia,  que,  seyendo  fijos  e  subçesores  de  aquellos  a 
quien  obedesçio  Rroma  e  Ytalia,  e  ganaron  e  poseyeron  todas  las 
Espanas,  veen  e  sufren  en  un  pequeno  angulo  o  rrincon  de  Es 
pana,  en  ynjuria  de  la  fe  de  nuestro  senor,  e  en  oprobrio  e  denuesto 
de  todos  ellos,  los  moros  que  en  ella  *on,  non  digo  que  se  nos  de- 
fienden  mas  que  grauemente  nos  ofenden.  Rredçebit  pues,  senor 
honorable  conde(l),esta  obracon  buena  voluntat  del  que  congrant 
amor  vos  la  enbia,  creyendo  que  en  mucho  mas  vos  complazeria 
si  pudiese.  Valet  e  prospérât  tenporal  e  espiritualmente  por  que 
despues  de  luengos  tienpos,  quando  desta  tribulada  vida  e  deste 
confuso  tienpo  partieredes,  vades  e  vamos  a  la  santa  gloria  para 
que  fuemos  criados.  » 

Au-dessous  la  rubrique  du  prologue  de  Léonard  Arétin  : 
Proemio  del  insigne  e  notable  oradov  Leonardo  de  Areçio 
en  el  tractado  del  belo  gotico.  Sy  rnichi  lonje  jocundios 
fi  ni  si  (sic)  (2). 

Fol.  7  v°.  Incipit  :  «  [Cojmoquier  que  mucho  mas  alegre 
e  agradable  f  uese  a  mi . . .  » 

Rubrique  :    Comiença  el  primero  libro  del  belo  gotico. 

Incipit  :  «  Seyendo  Zenon  enperador  de  Rroma  los 
godos ...» 


1 .  La  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid  (ancien  fonds)  contient  un  ma- 
nuscrit (T-213)  qui  renferme  la  même  traduction  castillane  du  De  hello 
Ijtalieo  adeersus  Gothos,  intitulé  là  aussi  De  bello  gothico.  Nous  y  voyons 
que  l'auteur  anonyme  de  cette  version  la  dédiée  au  comte  d'Albe,  «  al 
honorable  conde  de  Alba  »,  cousin  du  marquis  de  Santillane  et  son  ami 
intime. 

2.  Ce  sont  les  premières  paroles  du  texte  latin  défigurées  par  un 
copiste  illettré  :  Etsl  longe  mihi  iucundius  Juisset, 


LUI.    LEONARDO    BRUNI    D?AREZZO  359 

Fol.  124  v°.  Explicit  :  «  E  tal  fue  la  fin  desta  guerra  la 
quai  duro  diez  e  ocho  afios.  »  Deo  gracias. 

Livre  I,  fol.  1;  liv.  II,  fol.  43;  liv.  III,  fol.70v°;  liv.  IV, 
fol.  100  v°. 


#c 

(Rocam.  n°16;  Bibioth.  Nat.  Madrid.  Ii-8) 

1.  Leonardo  Bruni  d'Arezzo,  Vida  de  Aristotiles ,  2.  Vidas 
de  Dante  e  de  Petrarca.  3.  Pier  Candido  Decembri, 
Conparacion  de  Gayo  Jullio  Çesar  e  de  Alexandre. 
4.  David,  Tractado  en  el  quai  se  contiene  ladesignaçion 
de  los  officios  de  Roma.  En  castillan. 

Manuscrit  de  114  feuillets,  papier,  non  folioté,  réglé  à 
19  lignes.  Grosse  écriture  du  XVe  siècle.  Espaces  blancs 
pour  capitales,  rubriques  et  grandes  marges.  Format 
195  x  140  mm.  Reliure  moderne.  Au  dos  :  Areiino  Vida 
de  Aristoteles. 

I.  Fol.  1.  Rubrique:  Comiença  el  prologo  de  Leonardo 
de  Aretino  (sic)  al  cardenal  de  Santa  Cruz  sobre  la  vida 
de  Aristotiles,  Incipit  :  «  [Q|uanto  singulares  e  altos 
beneffiçios  el  filosofo  Aristotiles  ...    » 

Fol.  2.  Rubrique:  Comiença  la  vida  de  Aristotiles.  In- 
cipit :  a  [E]l  filosofo  Aristotiles  fue  natural  de.  .  .    » 

Fol.  24  v°.  Explicit  :  «  de  los  quales  segun  su  gran  mu- 
chedunbre  oy  se  fallan  pocos  pero  creo  que  sean  muy  espe- 
çiales,  muy  buenos,  emuy  aprouados.  »  Rubrique:  Feneçe 
la    Vida  de  Aristotiles.  Deo  gracias. 

II.  Fol.  25.  Rubrique:  Comiença  el  libro  de  la  vida,  e 
estudios,  e  costumbres  de  Dante  e  de  miçer  Francisco  Pe- 
trarca, poeias  muy  claros,  conpuesta  en  nuestros  dias  por 
miçer  Leonardo  de  Areçio,  chançiller  de  Florençia. 

Incipit  :  «  [A]uiendo  en  aquestos  dias   puesto  fin  a  una 

obra  asaz  luenga  me  vino  apetito  de. .  .   » 

Explicit  :  «  como  en  el  boluer  de  las  sus  ruedas.  » 

Fol.  49  v°.  Rubrique  :  Siguese  la  vida  de  miçer  Francisco 

Petrarca  conpuesta  por  el  suso  dicho  miçer  Leonardo, 


360  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE  SANTILLANE 

Incipit  :  «    [Francisco  Pctrarca,    omne   de   grande  in- 

genio ...» 

Explicit  :  «  assi  al  que  la  meresçe  como  al  que  nojj  es 
merecedor.  » 

III.  Fol.  62.  v°.  Rubrique  :  Comiença  la  conparaçion  de 
Gayo  Jullio  Çesar,  enperador  maximo,  e  de  Alexandre 
magnOj  rey  de  Maçedonia,  ordenada  almuy  illustre  seflor 
don  Felipe  Maria,  duque  de  Milan,  e  conte  dePauia  eAn- 
giera,  e  senor  de  Genoua,  por  Pedro  Candido,  con  el  su 
juyzio  de  consuno,  e  tornada  de  italiano  en  castellano 
vulgar  al  muy  magnifico  senor  Ynigo  Lopez  de  Mendoça, 
senor  de  la  Vega,  etc.,  por  Martin  de  Auila,  su  escudero. 

Incipit  :  «  [S]erenissimo  principe,  yo  creo  que  entre  mu- 
chas  singulares  e  alegres . .  .  » 
Explicit  :  a  bien  quistos  e  enamorados.  Feneçe.  » 
Fol.  89  v°.  Rubrique  :  Feneçe  la  conparaçion  de  Cayo 
Jullio  César  maximo  e  de  Alexandrie  magno,Jljo  delrey 
Felipe  de  Maçedonia,  ordenada  por  Pedro  Candido  con  el 
su  juyzio  de  consuno,  bienauenturadamente. 

IV.  Fol.  90:  Este  es  un  tractado  en  el  quai  se  coniiene 
la  designaçion  de  los  officios  de  Roma,  e  los  nombres  de 
los  officiâtes  de  aquella,  a  que  e  sobre  que  era  cada  uno 
dellos  deputado,  e  que  es  lo  que  denotaua  el  nombre  de 
cada  un  offiçio  de  aquellos.  El  quai  tractado  se  muestra 
auer  sido  copilado  a  un  principe  por  alguno  que  pareçe 
desearle  seruir,  elqual  se  llamaua  Dauid,  doctor  en  utroque 
jure,  e  siguese  primeramente  un  breuezillo  prologo  por  el 
tal  copilador  fecho  al  piHncipe. 

Préface.  Incipit  :  «  [A]ti,  magniffico  principe,  que  por 
tu  alteza  real  has  de  dar  régla. . .    » 

Explicit  :  «  nin  buen  medio  o  fyn  se  puede  fazer.  » 
Incipit  :  «  [L]os  pontiflRces  eran  principales  e  auian. . .   » 
Explicit  :  a  çerca  de  las  cosas  mundajias  por  que  via  suc- 
çeden.  Feneçe.   » 

Fol.  114  v°.  Rubrique:  Feneçe  el  conpendio  de  los  offi- 
ciâtes de  la  cibdat  de  Roma  conpuesto  muy  omillmente 
por  Dauidyfamoso  e  sotil  doctor  en  utroque  jure,  A  Dios 
gracias,  amen. 

Qui  est  ce  David?  Voici  la  dédicace  qu'il  a  mise  en  tête 
de  son  ouvrage  : 


LUI.    LEONARDO   BRUNI    D'AREZZO  361 

[A]  ti  magniffico  principe,  que  por  tu  alteza  real  has  de  dar  régla 
e  modo  de  beuir  a  todos  los  offiçiales,  délibère  de  copilar,  aunque 
en  estillo  tal  quale  en  ayunaoraçion  o  modo  de  dezir,  losnonbres 
de  los  offiçios  de  la  çibdat  de  Roma,  otros  tienpos  prinçesa  del 
mundo  uniuerso,  segun  los  pude  coligir  esparzidos  por  diuersas 
partes  en  los  anales  de  los  antigos.  E  puselos  en  los  présentes  co- 
mentariuelos,  todauia  enpero,  con  animo  sienpre  intento  a  tu 
seruiçio,  lo  quai  délibère  e  me  dispuse  a  fazer,  lo  uno  porque  en 
el  présent  tractado  se  explicara  por  la  significaçion  de  los  taies 
nonbres,  que  es  lo  que  deue  seguir,  o  esquiuar,  o  fuyr  qualquier 
que  sea  présidente  o  tenga  offiçio  de  mando  alguno,  lo  otro  por 
quanto  la  posteridad  o  seguientes  edades  sienpre  deuen  aremedar 
e  seguir  los  decretos  e  los  estatutos  de  los  mayores  e  de  aquellos 
que  antes  fueron  en  los  primeros  tienpos.  Assi  mesmo  por  quanto 
poco  o  nada  aprouecharian  las  leyes  estableçidas  en  Roma,  si  non 
fuessen  santos  e  incorruptos  administradores  del  derecho  los  quales, 
muy  alta  e  deuidamente,  promulgaron  e  decretaron  las  biuas  leyes. 
E  por  quanto,  segun  dize  Aristotiles  a  Alexandre,  en  todas  las 
cosas  es  de  guardar  diligentemente  el  orden  e  deuido  modo  ;  eo- 
mençare  desde  '1  culto  o  reuerençia,  seruiçio  e  onor  de  las  dioses. 
Ca,  segun  la  sentençia  de  Platon,  sin  el  diuino  culto  jamas  buen 
comienco,  nin  buen  medio  o  fyn  se  puede  fazer. 


*D 


(Osuna  :  Plut.  V.  Lit.  N,  n°  15;  Rocam.  n°  15  ;  Biblioth.   Nat. 
Madrid,  Ii-13) 

I .  Leonardo  Bruni  d'Arezzo,  Traité  de  la  Chevalerie, 
2.  Lettres  de  Leonardo  Bruni.  3.  Lettre  de  Publius  Len- 
tulus  au  sénat  de  Rome.  En  castillan. 

Manuscrit  de  57  feuillets,  papier  et  vélin,  non  folioté, 
réglé  à  33  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle.  Espaces  blancs 
pour  capitales,  pas  de  rubriques.  Les  feuillets  1J   5,  6,  10, 

II,  15,  16,  20,  21,  25,  26,  30,  31,  35,  36,  40,  41,  45,  46,  50, 
51,  55,  56  sont  en  vélin.  Dans  la  marge  inférieure  du  pre- 
mier feuillet  deux  anges  agenouillés  tiennent  les  armes  du 
Marquis,  qui  ne  sont  que  dessinées,  mais  dont  on  reconnaît 
les  champs.  Format  285  x  200  mm.  Reliure  de  parchemin. 

I.  Fol.  1.  Incipit  :  «  Muy  claro  varon,  yo  otorgo. . .  » 


362  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Fol.    17.  Explicit:   a  las  cosafi  son  ya  acabadas,  de  tas 
quales  en  el  comienço  deximos  que  diriamos,  como  esto 
assi  i* y  1 1  de]  fablar  fagamos.  » 

II.  Fol.  17  v°.  Lettre  de  Leonardo  Bruni  au  roi  Jean  II, 
où  il  expose  les  raisons  pour  lesquelles  l'Espagne,  plus  que 
tout  autre  pays,  adroit  à  la  couronne  impériale. 

Incipit  :  «  Muy  esclaresçido  e  muy  poderoso  rey,  como 
algunos  tus  familiares . . .  » 

Fol.  18  v°.  Explicit  :  a  De  Florençia,  a  las  XII  kalendas 
do  Abri]  (21  mars)  seruidor  de  la  alteza  rea]  Leonardo  de 
Areçio  »  (Cf.  Mehus  (1),  t.  II,  lib.  VII,  ep.  2,  p.  77). 

Fol.  19.  Une  seconde  lettre  au  roi  Don  Juan,  où  il  le  loue 
de  s'occuper  de  littérature  et  d'études  en  général. 

Incipit  :  «  [M]uy  esclaresçido  e  sobre  muy  mas  que  excel- 
lente rey. . .  » 

Fol.  20. Explicit:  «  De  Florençia,  III  nonas(7)  de  Deziembre 
del  ano  de  mill  e  quatrocientos  e  treynta  e  cinco,  seruidor 
do  vuestra  alteza  Leonardo  de  Areçio  »  (Cf.  Mehus,  t.  II, 
lib.  VII,  ep.  6,  p.  93). 

Fol.  20.  Incipit  :  «  0  Galeoto  si  como  curamos...  » 

Fol.  35  v°.  Explicit  :  a  para  que  seamos  buenos  e  usemos 
las  virtudes.  » 

Fol.  36.  Incipit:  «  [Ljeonardo  enuia  saludar  al  su  Pogio 
et  dize  asi  :  El  nuestro  Nicolao...  » 

Fol.  40.  Explicit  :  «  non  auer  venido  comigo  a  aquesta 
requesta  »  (Cf.  Mehus,  t.  II,  lib.  V,  epist.  4,  p.  17). 

Fol.  40.  Discours  contre  les  gens  «  de  peruersa  intençion 
e  de  mala  voluntad  » . 

Incipit  :  «  [E]  n  toda la generaçion  de  los  ornes...  » 

Fol.  47.  Explicit  :  «  Cura  de  tus  peccados  e  dexa  los 
agenos.  » 

Fol.  47.  Incipit  :  «  Leonardo  de  Areçio  enbia  mucho  sa- 
ludar a  Ugo...  )) 

Fol.  51  v°.  Explicit  :  «  nin  locamente  mas  por  çierta  razon 
e  entendimiento  »  (Cf.  Mehus,  t.  II,  lib.  V,  ep.  1,  p.  i  : 
Hugoni  Bentio  medico  senensi) . 

Fol.  51  v°.  «  [L]eonardo  enbia  muchas  saludes  a  Tomas 
Cambiador, . .  » 

1.  Leonardi  Bruni  Arretini  Epistolarum  Librl  VIII  recensante 
Laurentio  Mehus,  2  vol.  Florence,  1741. 


LUI.    LEONARDO    BRUNI    D'AREZZO  363 

Fol.  56  v°.  Explicit  :  «  Tu  bien  ayas,  ama  a  mi,  e  créas 
que  las  tus  letras  a  mi  fueron  agraclables.  Otra  vez  te  digo 
que  bien  ayas  »  (Cf.  Mehus,  t.  II,  lib.  V,  ep.  2,  p.  8). 

III.  Fol.  56  v°  et  57  r°  et  v°.  Texte  et  traduction  de  la 
lettre  attribuée  à  Publius  Lentulus  que  Ton  rencontre  si 
souvent  dans  les  manuscrits. 

Fol.  57.  «  A  la  sason  etienpo  que  Octauiano  Çesar  Au- 
gusto  prinçipiaua  e  inperaua  en  el  uniuerso,  como  de  todas 
las  partes  del  mundo  aquellos  que  presidian  en  las  pro- 
uinçias  por  el  senado  e  pueblo  romano,  escriuese  [n]  a  los  sena- 
dores  que  eran  en  Roma  las  noue  Jades  que  por  losterminos 
e  fines  del  mundo  occurrian,  escriuio  Publie  Lentulo,  el 
quai  era  présidente  en  Judea,  una  letra  al  senado  e  pueblo 
romano  cuyas  palabras  son  estas  que  se  siguen.  » 

Incipit  :  «  Aparesçio  en  nuestros  tienpos,  e  aun  es  oy  en 
dia,  un  orne  de  grand  virtud,  cuyo  nonbre  es  v~o  fhu  ...  » 

Fol.  57  v°.  Explicit  :  «  E  bien  proporçionado  tiene  las 
manos  e  los  braços,,  taies  que  solo  en  los  ver  se  deleyta  el 
que  los  mira,  en  su  fablar  es  muy  graue,  e  tardio,  e  muy 
tenperado,el  es  fermoso  entre  los  nasçidos.  » 

Nous  connaissons  du  traité  de  Léonard  Bruni  d'Arezzo 
sur  la  chevalerie  deux  traductions  différentes.  L'une  est 
celle  que  nous  venons  de  voir,  l'autre,  la  plus  connue,  est 
due  à  Mosen  Pedro  de  la  Panda.  Le  manuscrit  de  la  biblio- 
thèque de  D.  Francisco  de  Uhagôn  (Cf.  notice  XVI)  nous  en 
conserve  une  copie,  avec  la  préface  du  traducteur.  C'est  ce 
traité  qui  fait  le  fond  de  la  Question  que  le  marquis  de  San- 
tillane  adressa  à  Don  Alonso  de  Cartagena,  évêque  de 
Burgos  (Cf.  Amador  de  los  Rios,  Obras  del  Marqués, 
p.  487). 

E 

Leonardo  Bruni  d'Arezzo,  De  la  orden  de  la  Caualleria, 
traduit  par  Pedro  de  la  Panda. 
Cf.  Notice  XVI,  ms.  Uhagôn. 


*L1V 


GIANNOZZO   MANETTI 

(British  Muséum,  Londres,  Egerton  1868,  fol.  146) 

Giannozzo  Manetti,  Oracion  al  seîior  Sigismundo  Pan- 
dolfo  de  Malatestis,  traduit  de  l'italien  par  Nufïo  de  Guz- 
man. 

Dans  un  tomo  de  varios  conservé  au  British  Muséum 
(ms.  Egerton,  1868,  fol.  146,  cf.  Gayangos,  Catalogue  of 
the  manuscripts  in  the  spanish  language,  t.  I,  p.  10)  se 
trouve,  sous  le  n°6,  un  ouvrage  qui  nous  intéresse  particu- 
lièrement,, et  que  M.  Morel-Fatio  a  cité  dans  la  Romania 
(t.  XIX,  p.  140)  comme  supplément  à  sa  Notice  sur  trois 
manuscrits  de  la  bibliothèque  d'Osuna. 

Voici  le  titre  de  cet  ouvrage  :  6 .  La  oracion  de  miçer 
Ganoço  Manety  (sic)  quando  fue  comisario  gênerai  por  el 
pueblo  de  Florencia  alsitio  de  Vada.fecha  alsehor  Sigis- 
mundo Pandolfo  de  Malatestis  quando  le  dio  el  baston  en 
nombre  del  pueblo  de  Florencia,  La  quai  a  instancia  del 
muy  magnifico  sefîor  don  Ynigo  Lopez  de  Mendoça 
marques  de  Santillana,  etc..  por  Nuno  de  Guzman  de  la 
toscana  lengua  en  la  materna  castellana  es  transferida 
esp  lendidamente . 

Ce  volume  de  mélanges  est  très  curieux.  D'où  provient-il? 
A-t-il  fait  partie  de  la  bibliothèque  du  duc  d'Osuna?  Nous  ne 
pouvons  pas  le  dire,  n'ayant  sur  ce  texte  d'autres  renseigne- 
ments que  ceux  que  nous  fournit  Gayangos.  M.  Menéndez 
y  Pelayo,  dans  sa  bibliothèque  de  Santander,  conserve  une 


L1V.    GIANOZZO    MANETTI  365 

traduction  du  discours  de  Giannozzo  Manetti1,  appelé  dans 
ce  texte-là  :  Janoto  Maneto.  Ce  manuscrit  du  XVe  siècle, 
écrit  sur  papier,  porte  le  titre  suivant.  Rasonamiento  de 
Mirer  Janoto  Maneto  quando  fue  comizario  gênerai  por 
el  pueblo  de  Florencia  sobre  yl  cerco  de  Vada,  fecho  al 
senor  Gismundo  Pandulfo  de  Malatesta,  quando  le  dio 
la  Vara  de  capttan  mayor  gênerai,  en  nombre  y  de  parte 
de  dicho  pueblo.  L'absence  des  noms  du  Marquis  et  du 
traducteur,  comme  de  petites  différences  dans  le  titre,  ne 
suffisent  pas,  à  notre  avis,  pour  faire  douter  de  l'identité  de 
la  version  contenue  dans  les  deux  manuscrits  de  Londres 
et  de  Santander. 


1.  Voici  le  titre  du  texte  italien  de  ce  discours  de  Giannozzo  Manetti  : 

Continua  V  orasione  di  messer  Giannozzo  Manetti  e  di  Bernard o 
de  Medici,  comessari  gênerait  delfelice  ca/npo  del  magnifico  comunc 
e  popolo  di  Firense*  fatta  in  domenica  a  di  XXX  di  settetnbre 
MCCCCLIII,  quando  ë  dierono  V  autorita  del  governo  e  7  bastone, 
alla  presenzia  di  tutto  V  esercito,  apresso  alla  terra  di  Vada,  al  ma- 
gnifico signore  e  strenuo  capitano,  signor  messer  Gismondo  Pandolfo 
délia  magnifica  casa  de'  Malatesti. 

lncipit  :  «  E'  puo  essere  noto  aile  magnificenzie  vostre,  magnifici 
signori,  e  voi  altri  strenui  condottieri...  » 

Explicit  :  «  del  generoso  e  glorioso  populo  di  Firenze,  e  délia  vostra 
magnifica  et  illustre  persona.  E  cosi  piaccia  a  Dio  che  sia.  » 

Cf.  Collezione  di  Opère  Inédite  o  Rare  del  primi  tre  secoli  délia 
liiKjiia,  pubblicata  per  cura  délia  R.  Commisslone  pe  teste  dilingua. 
Torino,  1862,  p.  203-228. 


LV 


LA  MAPPEMONDE 

(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  N,  n"  28;  Rocaru.  n°  157;  Biblioth.  Nat. 

Madrid,  Ii-108) 

1.  Pierre,  La  Mappemonde.  2.    Traité  de  géographie. 
En  français. 

Manuscrit  de  98  feuillets,  plus  1  feuillet  blanc   au  com- 
mencement et  1  à  la  fin,  vélin,  non  folioté,  réglé  à  30  lignes, 
signatures.  Écriture  de  la  lin  du  XIVe  siècle,  à   deux  co- 
lonnes. Rubriques,  capitales  ornées,   miniatures  et  figures 
astronomiques.  Format  298x209  mm.  Reliure  de  cuir  sur 
ais. 
I.  Fol.  1.  A.  Rubrique  :  Ci  commenche  là  Mapemonde. 
Incipit  :  «  Qui  veut  entendre  acest  commans.   » 
Fol.  50.  B.  Rubrique  :  Ci  commenche  li  seejont  Hure  de 
V image  du  monde, 

Incipit  :  «  En  ces  te  partie  segonde, 

Qui  est  de  limage  du  monde 
A  pour  conte  XV  capitres 
En  titules  de  XV  titres 
Et  de  XXIIII  figures 
Qui  du  monde  monstrent  les  faitures.  » 
Fol.   93.    B.    Rubrique  :  Explicit   la  Mapemonde.   Deo 
graticus.  Ce  texte  en   vers  est  illustré  par  un  assez  grand 
nombre  de  dessins   coloriés   représentant  des  animaux,  le 
globe  terrestre,  les  deux  hémisphères,  lcsoleilet  la  terre,  etc. 
Ces  dessins  se  trouvenl    aux  feuillets  27  v°,  28,  34  v°,  38, 
i5,  52,  53,  51,  55,  09,  77,  78,  80,  81,  82,  83,  86  \". 


LV.    LA    MAPPEMONDE  367 

IL  Fol.  93  B.  Les  derniers  feuillets  de  ce  manuscrit  con- 
tiennent un  traité  de  géographie. 

Incipit  :  «  Li  monde  est  divisé  III  parties  :  Asse,  Europe 
et  Aufrique.  Asse  prent  la  moitié  de  tout  le  monde...  » 

Fol.  97  v°.  A.  Explicit  :  «  et  est  le  plus  haut  homme  de 
sarrasinesme,  Famiraust  de  Babilone  est  comme  conte.  » 

A  l'intérieur  du  plat  postérieur  de  la  reliure,  on  lit  : 
Diago  Destuniga.  C'est  une  signature  du  XVe  siècle. 


LVI 


LE  ROMAN  DE  LA  ROSE 

A 

(Osuna  :  Plut.  IL  Lit.  N,  n"  4;  Rocam.  n°  149:  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Keserv.  4a-14) 

1.  Guillaume  de  Lorris  et  Jean  de  Meun,  Roman  de 
lafRose.  2.  Jean  de  Meun,  Le  Testament.  3.  Le  petit 
codicille  du  Testament.  4.  Traité  des  sept  articles  de  la 
foi.  En  français. 

Manuscrit  de  196  feuillets,  plus  2  feuillets  de  garde  au 
commencement  et  4  à  la  fin,  vélin,  non  folioté,  signatures 
rognées  par  le  relieur,  réglé  à  37  lignes.  Écriture  française 
du  XIVe  siècle,,  presque  partout  à  deux  colonnes.  Ce  ma- 
nuscrit est  orné  de  3  grandes  miniatures  et  de  30  petites,  il 
est  enrichi  de  lettres  et  de  lettrines  en  or  et  couleurs.  For- 
mat 338x246  mm.  Reliure  moderne. 

I.  Fol.  1.  Au-dessous  d'une  riche  et  grande  miniature  se 
trouve  la  rubrique  suivante  :  Cy  commence  le  Rommant  de 
la  Rose  ou  Vart  d'amours  est  toute  enclose. 

Incipit  :  «  Maintes  gens  dient  que  en  songes.  » 
Fol.  152.  B.  Explicit  :   «  et  je  nVesueille.  »    Rubrique  : 
Explicit  le  Rommans  de  la  Rose. 

II.  Fol.  153.  Au-dessous  d'une  admirable  miniature  re- 
présentant le  Père,  le  Fils  et  le  Saint-Esprit  commence  Le 
testament  maistre  Jean  de  Meun. 

Incipit  :  «  Li  pères  et  li  fils  et  li  sains  esperis.   » 
Fol.  183.  A.   Explicit  :    «    ou  saint   liure    de  vie  qu'il 
lnesmes  escript.  » 


LVI.    LE    KOMAN    DE    LA    ROSE  369 

III.  Rubrique  :  Amen.  Ci  fine  le  testament  maistre  Je- 
han de  Meun  et  commence  son  petit  codicile. 

Fol.   183.  Incipit  :  «  Dieu  ait  l'ame  des  trespasses.  » 
Fol.  183  v°.  A.  Explicit  :  «  A  tart  vous  en  repentirez.  » 

Rubrique  :    Ci  Jine   le  petit    codicile    maistre    Jehan   de 

Meun. 

IV.  Fol.  184.  Blanc.  Fol.  185.  Au-dessous  d'une  élé- 
gante miniature  :  Ci  commence  un  moult  bel  traictie  que 
maistre  Jehan  de  Meun  fst,  faisant  mençion  de  sept 
articles  de  lafoy. 

Incipit  :  «  O  glorieuse  Trinité .  » 

Fol.  196.  B.  Explicit  :  «  par  ce  te  plaist  c'en  en  peut  faire.  » 
Rubrique  :  Ci  fine  un  moult  bel  traictie  que  maistre  Jehan 
de  Meun  fist,  faisant  mencion  des  sept  articles  de  lafoy. 


B 


(Rocam.  nu150;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Reserv.  5^-19) 

Guillaume  de  Lorris  et  Jean  de  Meun,  Roman  de   la 
Rose.  En  français. 

Manuscrit  de  159  feuillets,  vélin,  réglé  à  37  lignes.  Ce 
volume  est  folioté,  mais  l'oubli  du  feuillet  120  a  introduit 
une  erreur  d'un  feuillet  dans  la  fin  du  manuscrit,  le  fol.  158 
du  ms.  est  en  realité  le  fol.  159.  Écriture  du  XIVe  siècle, 
à  deux  colonnes.  Ce  manuscrit  contient  28  miniatures,  des 
lettres  et  des  lettrines  en  or  et  couleurs.  En  marge  quelques 
notes  et  des  renvois  en  latin.  Format  290x203  mm.  Re- 
liure moderne. 

Fol.  1.  Au-dessous  d'une  magnifique  miniature,  divisée 
en  quatre  panneaux,  nous  trouvons  la  rubrique  suivante  : 
Ci  commance  li  romans  de  la  Rose,  ou  l'art  d'amours  est 
toute  enclose. 
Incipit  :  «  Maintes  gens  client  que  en  songes.  » 
Fol.  159.  A.  Explicit  :  «  est  fine  et  pure  vérité.  » 

((  Explicit  li  romans  de  la  rose 
ou  l'art  d'amours  est  tote  enclose; 
nature  rit  si  comme  semble 
quant  hic  et  hec  iouent  ensemble.  » 

24 


370  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Au-dessous  ces  mots  :  a  Detur  pro  pena  scriptori  pulcra 
puella  »  et  cette  aote  :  «  Ces!  romans  est  messire  Alain  de  La 
I  toussaye,  cheualier.  » 


C 

(Rocam.   n°  151  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Hh-129) 

Guillaume  de  Lorris  et  Jean  de  Meun,  Roman   de  la 
Rose.  En  français. 

Manuscrit  de  328  feuillets,  plus  1  feuille!  blanc  a  la  fin, 
papier,  non  folioté.  Écriture  de  la  fin  du  XIVe  siècle.  Ce  ma- 
nuscrit est  orné  de  quelques  grandes  capitales  agrémentées 
de  traits  calligraphiques.  Les  31  derniers  feuillets  sont 
abîmés  par  l'humidité,  et  par  endroits  le  texte  est  détruit. 
Format  225  X 148  mm.  Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Incipit .  «  Aucune  gens  cuident  que  en  songes.  » 
Fol.  328.  Explicit:  «  Combien  que  gi-  demorasse.  » 


LVII 


ALAIN  CHARTIER 

(Osuna  :  Plut.  IL  Lit.  N,  n°  22  ;  Rocam.  n°  100;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-156) 

Alain  Chartier,  1.  Le  débat  de  réoeille-matin.  2.  La 
belle  dame  sans  merci.  3.  Le  débat  des  deux  fortunés 
d'amour.  4.  Lettres  envoyées  par  les  dames  à  Alain. 
5.  Requête  baillée  aux  dames  contre  Alain.  6.  L'excusation 
d'Alain  aux  dames.  En  français. 

Manuscrit  de  38  feuillets,  plus  1  feuillet  de  garde  au 
commencement  et  1  à  la  fin,  vélin,  non  folioté.  Écriture  du 
XVe  siècle.  Format  247x172  mm.  Reliure  de  cuir  sur  ais. 
Sur  le  plat  supérieur  de  la  reliure,  une  étiquette  de  par- 
chemin porte  :  Copias  de  amores,  en  franres. 

I.  Fol.  1.  Incipit  :  «  Apres  mynuit  entre  deux  sommes.  » 
Fol.  6.  Explicit:  «  Et  Font  nomme  ceulx  qui  ce  virent, 

Le  débat  de  resueille  matin.   » 

II.  Fol.   6    v°.  Incipit  :  «  [N]agueres  cheuauchant  pen- 

[soye.  » 
Fol.  34  v*.  Explicit  :  a  Qu'on    puet     appeller    se    me 

[semble 
La  belle  clame  sans  mercy.  » 
Explicit  la  belle  damme  sans  mercy ,  par  la  mainfraer 
DeflesÇi)  pour  ma  damme  Vamivale . 

III.  Fol.   15.   Incipit  :  «  Un  jour  passe  fut  ma  mie  gran- 

[ment.  » 
Fol.  32 v°. Explicit:  «  Qui  mietilx  saura  le  demourant 

[supplie.   » 
En  marge  on  lit  ce  titre  :  Ce  sont  la  faculté  et  difficulté 
d'amour* 


072  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUÎS   DE   SANTlLLANË 

IV.  Fol.  35.  Rubrique  :  Copiedes  lettres  envoyées  par  les 
dan  unes  a  Alain. 

[ncipit  :  «    Honoure   frère,   nous  nous  recommandons  a 

NOUS...  )) 

Explicit  :  «  le  dernier  jour  de  Januier.  Ainsi  signent  les 
vostres  Catherine,  Marie  et  Jehanne.  » 

V.  Rubrique  :  Copie  de  la  requeste  baillée  aux  dammes 
par  aucuns  contre  le  dit  Alain,  laquelle  copie  estoit  enclose 
dedans  les  lettres  cy  dessus  escriptes. 

Incipit  :  «  Supplient  humblement  vos  loyaulx  seruiteurs.  » 
Fol.  35  v°.  Kxplicit  :  (<  aux  autres  en  puisse/  départir.  » 

VI.  Fol.  36.  Incipit  :  «  Mes  dammes  et  mes  damoiselles.  » 
Fol.  38  v°.  Explicit  :  «  Pour  le  chestiff  liure  casser 

Dont  je  ne  suyque  lescripuaign, 
Ma  damme,  vostre  beau  maintien 
Et  vostre  franc  regart  joyeux 
My  fait  deuenir  enuieux 
D'estre  le  vostre  plus  que  mien.  » 
Ce  manuscrit  était  sans  doute  fort  défait  déjà  quand  on 
l'a  relié,  en  tout  cas  ses  feuillets  ont  été  réunis  sans  aucun 
soin  et  par  quelqu'un  pour  qui  le  français  était  de  l'hébreu. 
Les  feuillets  se  suivent  au  petit  bonheur,,  les  uns  sont  droits, 
les  autres  renversés,  en  sorte  que  ce  manuscrit,  dans  l'état 
où  il  se  trouve,  est  un  vrai  casse-téte.  La  Belle  Darne  sans 
merci  commence  au  verso  du  fol.  6.  Elle  occupe  les  feuil- 
lets 6-14,  31,  37,  33,  34.  De  même  YExcusation  qui  com- 
mence au  feuillet  36  se  poursuit  au  feuillet  32  et  finit  au 
feuillet  38. 

Le  British  Muséum  conserve  un  volume  de  mélanges  en 
castillan  (cf.  Gayangos,  Catalogue  of  the  manuscripts  in 
the  spanish  language,  t.  I,  p.  10),  qui  contient,  en  même 
temps  qu'un  discours  de  Giannozzo  Manetti  (cf.  notice  LIV), 
traduit  par  Nuno  de  Guzman  pour  le  marquis  de  Santillane, 
une  version  du  Quadrilogue  bwectif  [El  Quadrilogo  inven- 
tivo  de  Alaym  Carretero).  Cette  traduction,  faite  au 
XVe  siècle,  a-t-elle  été  exécutée  pour  Iûigo  Lopez  de  Men- 
doza?  C'est  possible;  en  tout  cas  il  est  fort  probable  qu'il 
l'aura  connue. 


LVIII 


HONORE  BONNET 


(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  N,  n°  17;  Rocam.  n°  41  ;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Hh-65) 

Honoré  Bonnet,  Arbre  des  batailles.  En  français. 

Manuscrit  de  124  feuillets,  plus  1  feuillet  de  garde  et 
3  feuillets  de  table  au  commencement,  vélin,  nombre  de 
lignes  variable .  Écriture  du  XIVe  siècle,  à  deux  colonnes. 
Rubriques  et  capitales  en  or  et  couleurs.  Sur  le  premier 
feuillet  est  peint  un  écu  d'armes  portant  de  gueules  au  sau- 
toir d'or,  à  trois  bâtons  d'azur  en  chef,  besanté  d'argent  au 
point  du  chef,  à  la  pointe  de  l'écu,  en  flanc  dextre  et  en 
flanc  sénestre.  Format  380x265  mm.  Reliure  en  cuir  sur 
ais,  ornée  de  dessins  de  style  mudéjar,  sur  les  deux  plats 
sont  cantonnés  les  heaumes  du  marquis  de  Santillane .  Le 
plat  supérieur  porte  la  trace  d'une  étiquette  de  parchemin 
où  peut-être  avaient  été  peintes  les  armes  de  Mendoza- 
Vega,  comme  sur  la  reliure  du  manuscrit  Ii-68  (Cf.  no- 
tice III) . 

Fol.  1.  Préface  de  l'auteur.  Incipit  :  a  A  la  sainte  cou- 
ronne de  France. . .  » 

Fol.  1.  B.  Explicit  :  «  l'arbre  des  batailles.  » 

Le  verso  de  ce  premier  feuillet  est  occupé  par  un  grand 
dessin  à  la  plume  qui  représente  un  arbre  de  deuil,  avec 
les  gloires  du  monde.  La  Fortune  avec  sa  roue  est  placée 
au  sommet  de  cet  arbre.  Ce  dessin,  expliqué  par  une  légende 


l\74  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

au  haut  de  la  page,  est  d'une  finesse  admirable  ei  présente 
un  réel  intérêt  pour  l'histoire  du  costume  et  de  l'armure. 

Fol.  IL  Incipit  :  «  Maintenant  puisque  vous  bien  veez 
cornent. . .  » 

Fol.  124.  B.  Explicit  :  «  gloire  de  paradis.  Amen.  » 
Rubrique  :  Explicit  le  liure  des  batailles. 


*B 


(Osuna  :  Plut.  III,  Lit. M,  n°4;  Rocam.  n°  40;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-39) 

Honoré  Bonnet,  A rbre  des  batailles,  traduit  en  castillan 

par  Anton  Çorita. 

Manuscrit  de  155  feuillets,  plus  1  feuillet  blanc  à  la  fin, 
papier,  réglé  à  28  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle.  Du  feuillel 
145  à  la  fin  récriture  change.  Format  280x215  mm.  Re- 
liure de  parchemin. 

Les  feuillets  1,  2  et  3  contiennent  la  préface  du  traducteur 
au  marquis  de  Santillane,  datée  de  1441.  A  cette  époque, 
Inigo  Lopez  de  Mendoza  n'était  encore  que  seigneur  de  la 
Vega,  c'est  le  titre  que  lui  donne  Çorita;  après  1445,  quel- 
qu'un a  noté  en  marge  les  nouvelles  dignités  que  le  roi 
Jean  II  avait  accordées  à  son  vassal.  Les  feuillets  3  v°,  4, 
5,  6,  7  sont  occupés  par  la  table  de  l'ouvrage. 

Fol.  8.  Incipit  :  «  [A]  la  santa  corona  de  Françia,  en  la 
quai  el  dia  de  oy. . .  » 

Fol.  155.  Explicit  :  «  a  la  su  santa  gloria  del  paradiso. 
Amen.  »  Rubrique  :  Deo  gratias.  Explicit  el  libido  de  las 
batallas.  «  Gûs.  Sancii.  » 

Ce  nom  est  sans  doute  celui  du  copiste.  Le  livre  est  écrit 
avec  soin,  c'est  un  manuscrit  de  luxe. 

L'épitre  dédicatoire  d'Anton  Çorita  est  très  intéressante 
par  la  précision  des  détails  qu'elle  nous  fournit.  Cet  homme 
a  vécu  dans  l'intimité  du  marquis  de  Santillane  et  a  su 
l'apprécier.  Voici  pourquoi,  malgré  sa  longueur,  nous  co- 
pions en  entier  la  préface  du  traducteur  de  X Arbre  des 
batailles. 


LVIII.    HONORÉ   BONNET  375 

[A]l  muy  noble  e  egregio  baron,  el  senor (1)  Ynygo  Lopes  de 
Mendoça  (2),  seflor  de  la  Vega,  Anton  Çorita,  muy  pequeûo 
seruidor  de  la  vuestra  muy  noble  seftoria,  eon  Reuerençia 
humill  e  deseo  de  seruira  la  vuestra  singular  magnifiçencia 
en  todas  las  cosas  aceptase  agradables.Muy  noble  e  egregio 
senor,  mucho  soys  obligado  a  nuestro  senor  dios  por  auer 
vos  dado  sabia,  fiel,  honesta,  virtuosa  e  obediente  conpanera, 
la  quai  muy  pocos  honbres  alcançan,  que  a  lo  menos  en 
alguna  de  las  cosas  sobredichas  algunt  poco  non  fallesca(n) . 
Empero  aun  le  soys  mucho  tenudo  en  auer  vos  dado  en  ella 
fijos  e  fijas  discretos,  corteses,  honestos,  e,  segunt  suhedat, 
buenos  caualleros,  e  en  copia  grande,  e  a  vos  mucho  obe- 
dientes  e  humildes,  e  las  fijas  honestas,  graçiosas,  charita- 
tiuas,  humildes,  humanas,  e  finalmente,  por  diuinal  gracia, 
de  honesta  verguença  doctadas.  Aun  le  soys  tenido  por  auer 
vos  heredado,  en  el  rregno  do  nasçistes,  bien  e  noctable- 
mente,  non  segunt  vuestra  valor  meresçe,  mas  entre  vues- 
tros  vezinos,  por  gracia  de  dios,  podedes  biuir  e  passar 
honestamente,  e  asy  lo  fazedes  largamente  e  muy  habun- 
dosa,  tanto  que  auria  mengua  de  Salamon  el  que  sse  a  vos 
anteponer  presumiese  ;  aun  mas  que  vos  ha  doctado  de  vir- 
tuosa e  estrema  caualleria,  en  tanto  que  en  comun  prouerbio 
es  caydo  que  non  auedes  par  en  las  tierras  do  soys  conosçido, 
e  aun  asi  sse  afirma  en  las  rregiones  agenas  e  longicas.  E 
non  atuierto  que,  si  mi  ojos  el  juyzio  non  me  hanengaûado, 
nunca  he  oydo  loor  que  vos  ssea  dada  o  atribuyda,  que  yo 
non  vos  la  aya  visto  mejor  exerçir  que  las  lenguas  de  los 
que  lo  rrelatan  nonhanpodido  expressar.  E  vos,  aun  jouen, 
que  paresçe  que  hermano  de  alguno  de  vuestros  fijos  seades. 
E  non  tan  solamente  dios  ha  querido  que  sseades  bueno, 
sabio,  discreto,  vigil,  soliçito  mesurado,  justo,  tenperado, 
magnifico,  begnino,  magnanimo,  honesto,  esforçado,  cortes, 
paçifico  e  ardit,  e  finalmente  de  muchas  otras  virtudes 
doctado. 

Yo  querria  callar,  por  non  ser  visto  caer  en  viçio  de  adu- 
lacçion,  si  non  que  un  joyell  el  quai  enteramente  posseedes, 


1.  En  marge  d'une  autre  main  :  don. 

2.  En  marge  d'une  autre  main  :  marques  do  Santyllana,  rondo  del 
Real. 


376  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANF 

mas   que  dtro  de    vuestros  yguales,  me   rrequiere  que  lo 

cscriua;  porque  en  vos  sobra  aquello  que  los  otros  non 
aleançan,  al  quai  alguna  de  las  cosas  antepuestas  non  sse 
puede  ygualar,  es  a  saber  que  amades  sçiençia,  e  aquella 
con  verdadero  amor  e  affecçion,  con  tan  ta  diligenria  bus- 
cades,  que  por  trabajado  e  canssado  que  sseades,  asi  por 
guerras  como  por  otras  honestas  occupaçiones,  como  por 
negoçios  familiares,  e  otros  muchos  trabajos  que  nunca 
fallesçen,  non  es  dia  al  mundo  que  libros  de  filosophos  o 
poetas,  e  aun  de  la  escriptura  santa,  como  otros  ystoricos, 
non  leades,  rrobando  al  rreposo  o  folgança  de  vuestra  cama 
algunt  tienpo  el  quai  en  aqueste  honesto  e  loable  offiçio  sin 
ocçio  enpleades  ;  e  los  hombres  de  sçiençia,  en  qualquier 
facultat,  tan  rreuerendamente  tratades  que  non  solamente 
estas  prouincias  circumuicinas,  mas  aun  las  de  nos  muy 
apartadas,,  e  rremotas,  vuestra  loable  fama  con  curso  vello- 
sçissimo  visita,  e  vuestro  bien auenturado  nombre  a  aquellas 
se  présenta  e  por  memoria  eterna  en  muchos  libros  por 
sabios  e  fîeles  escriptores  sse  rregistra.  Muchas  cosas  se 
presentan  a  mi  las  quales,  si  yo  non  con  vos  mas  con  otro 
fablasse,  non  perdonando  al  trabajo,  con  plazer  escriuiria, 
las  quales  serian  dignas  de  rrecordaçion  vénérable,  e  dexo- 
las  de  escreuir  por  la  rrazon  ante  dicha,  e  esso  mesmo  ca 
muchas  délias  por  muchos  sse  saben,e  vos  platicando  con- 
tinuament[e]  las  vedes,  e  en  vos  asi  commo  en  espejo  muy 
rresplandesciente  se  miran. 

E  dexando  agora  aquesto,  bien  creyo  que  sse  rrecuerde 
a  la  vuestra  magnifiçençia,  como  pocos  dias  sson  passados 
que  en  Guadalajara,  estando  yo  en  vuestra  muy  noble  ca- 
mara,  abriendo  algunos  de  vuestros  libros,  de  los  quales  en 
torno  de  vos  todauia  grant  copia  sse  falla,  me  vino  entre 
las  manos  uno,  intitulado  arbol  de  batallasal  rrey  deFrançia 
inbiado,  copilado  por  aquel  sabio  e  grandissimo  letrado 
Honorar  Boner,  prouinçial,  prior  de  Ssellon,  doctor  en  de- 
cretos,  experto  en  todos  los  derechos,  e  de  juizio  altissimo 
por  el  santo  spirito  doctado,  en  tanto  que  yo  non  creo  que 
por  su  sola  lengua  mas  aquella  tercera  presona  de  la  trinidat 
santa  en  su  boca  continuamente  fablaua.  En  el  quai  libro, 
segunt  mi  paresçer,  sse  fallan  todos  los  juyzios  sobre  los 
debates  que  entodas  las  guerras  e  batallas  pueden  acaesçer, 


LVIII.    HONORÉ   BONNET  377 

e  non  solamente  aquel  sabio  doctor  por  su  sentençia  los  dé- 
termina, antes  aun  aquellas  sentençias  aprueua  por  diuersos 
testos  e  glosas  de  todos  los  derechos,  asi  canonicos  como 
ciuiles,  commo  aun  por  derecho  de  gentes  e  derechos  o 
levés  de  natura,  e  aun  por  extrauagantes  leyes  lonbardas, 
en  manera  que  alguna  cosa  a  validaçion  e  rroboraçion  de  sus 
dichos  non  mengua  nin  fallesçe.  Era  aqueste  libro  en 
lengua  galica  o  françesa  escripto(l),  la  quai  non  enbargante 
que  a  vos  muy  noble  sefior  sea  llana,  quasi  asi  commo  ma- 
terna, commo  aquel  que  los  libros  escriptos  en  diuerssos 
lenguajes  commo  son  toscanos,  venecicos  e  otros  muchos 
leedes,  e  por  gracia  de  dios  muy  bien  entendedes,  enpero 
todos  los  de  la  vuestra  noble  casa,  nin  aun  otros  muchos 
deste  rregno  d'Esperia,  por  el  lenguaje  seer  pelegrino,  non 
lo  entienden  o  a  lo  menos  con  mucho  trabajo  e  clificultat 
vienen  a  la  inteligençia  de  las  materias  en  el  dicho  libro 
tractadas.  Por  lo  quai  vuestra  merçed  mouida,de  buen  zello, 
queriendo  aprouechar  a  todos  los  buenos,  sefialadamente  a 
los  nobles  e  gentiles  onbres  que  usando  de  virtut  en  su 
moçedat  en  guerras  e  batallas  trabajan  valerosamente,  me 
mando  que  yo  me  trabajase  en  reduzirlo  en  lengua  castel- 
lana,  a  consolaçion  e  plazer  de  los  leedores  de  Espana,  e  a 
informaçion  de  los  onbres  de  armas,  que  muchas  vezes  non 
cuydando  yerran  en  los  fechos  de  las  guerras  e  de  las  ba- 
tallas, e  fazen  e  dizen  cosas  injustas  e  non  deuidas,los  quales 
por  ventura,  si  sopiessen  lo  que  fazen,  sse  guardarian  de 
errar,  o  si  erraron  se  emendarian  justificando  sus  obras  ;  yo, 
obedesciendo  vuestros  mandamientos,  tome  el  dicho  libro  e 
dando  me  al  trabajo  lo  he  rreduzido  a  esta  lengua  castel- 
lana,  non  empero  bien  por  rrazon  que  puramente  yo  non  se 
aquesta  lengua.  E  asi  suplico  humillmente,  a  la  vuestra 
muy  noble  senoria,  que  sea  vuestra  merçed  tomar  en  grado 
este  pequeno  seruiçio,  el  quai  a  rrespecto  vuestro  es  poco, 
enpero  a  rrespecto  de  mi  pesada  e  canssada  veges,  que  aun 
a  cortar  las  pendolas,  non  enbargante  la  aiucla  de  los  antojos, 
me  fallesçe  la  vista,  e  mucho  menos  puedo  trabajar  nin 
escreuir,  ha  seydo  e  es  mucho  ;  e  aquello  que  vuestra 
merçed  conosçera  que  por  ynorançia  he  fallesçido  begnina- 

1.  Il  s'agit  certainement  ici  du  ms.  Hh-65,  v.  ci-dessus  ms.  *A. 


378  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

mente  vos  plega  emendar  cou  pnnlcnçia,  ca  touchas  cosas 
fallaredes  que  corregir,  lasquales  yo,  pormî  eorto  entender, 

non  aure  sabiclo  fazer.  E  mande  vuestra  magnifiai  sefloria 
todas  las  cosas  que  a  vuestro  seruiçio  cunplan  e  a  mi  sean 
posibles,  ca  por  çierto  vuestro  seruiçio  non  me  fallara  négli- 
gente. Dios,  que  es  omnipotente  alargue  vuestra  vida,enxalçe 
vuestro  estado,  aumente  vuestras  virtudes,  e  ordeno  e  dis- 
ponga  vuestros  buenos  deseos,  en  manera  que  el  puramente 
por  vos  sea  âmado,e  el  seûor  rrey  lealmente  seruido,  segunt 
que  fasta  aqui  bien  e  noctablemente  sin  ficçion  lo  fezistes. 
Escripta  en  Mançanares,  a  veynte  desetiembre  del  aflo  de 
la  nactiuidat  de  nuestro  saluador  Jésus  Cristo  m0  cccc°  xl°  i° 
anos.  A  vuestro  seruiçio  e  mandamiento  presto,  Çorita. 


(Osuna  :  Plut.   II.  Lit.  M,  n°  28;  Roeam.  n°  39;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-38) 

Honoré  Bonnet,  Arbre  des  batailles,  traduit  en  castillan 
par  Anton  Çorita. 

Manuscrit  de  121  feuillets,  plus  1  blanc  à  la  fin,  papier, 
nombre  irrégulier  de  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle.  For- 
mat 285x215  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Ce  manuscrit  contient,  comme  le  ms.*B.,  la  version  castil- 
lane de  r Arbre  des  batailles.  Le  texte  est  le  même  dans  les 
deux  volumes,  seulement  dans  la  préface  du  ms.  Ii-38  nous 
trouvons  Enyego  Lopes  de  Mendoça,  tandis  que  le  ms.Ii-39 
porte  Yriygo  Lopez  de  Mendoça.  Ce  volume  est  proprement 
écrit,  mais  l'écriture  en  est  plus  négligée  que  celle  du 
ms.  Ii-39.  Peut-être  le  manuscrit  *C  a-t-il  servi  de  modèle 
au  copiste  du  manuscrit  *B. 


LVTII.    HONORÉ    BONNET  379 


D 

Honoré  Bonnet,  Extraits  de  V Arbre  des  batailles.  En 
castillan.  Cf.  Notice  XLIII,  ms.  Ii-136. 

Traducteurs  et  Traductions  de  V Arbre  des  batailles 
en  Espagne 

U Arbre  des  batailles  d'Honoré  Bonnet  est  très  répandu 
dans  les  bibliothèques  espagnoles.  Il  en  existe  deux  versions 
castillanes.  Celle  d7 Anton  Çorita,  dédiée  au  marquis  de 
Santillane,  dont  la  lettre  dédicatoire  est  datée  de  1441,,  et 
celle  que  Diego  de  Valencia  exécuta  pour  son  maître,  le 
connétable  Don  Alvaro  deLuna  (N.Antonio,  Bibliot.  Vêtus, 
t.  II,  p.  248,  n°  319).  La  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid 
conserve  deux  exemplaires  de  la  version  de  Diego  de  Va- 
lencia (S-81;  Bb-152).  Ces  deux  traductions  ont  été  faites 
directement  sur  le  texte  français.  De  Y  Arbre  des  batailles, 
il  existe  une  traduction  catalane,  dont  un  manuscrit,  daté 
de  1429,  se  trouve  à  la  Bibliothèque  Nationale  de  Paris 
(Fonds  Espagnol,  n°  103). 


LIX 


[ROMAN  DE  LIESSE  ET  CARDENOIS] 

(Rocam.  n°  141  ;  Biblioth.  Nat.   Madrid,  Ii-65) 

1.  [Romande  Liesse  et  Cardenois).  En  français.  2.  Bru- 
netto  Latini,  Trésor -,  livre  III.  3.  Aznar  Pardo, 
Chanson.  4.  Jordi  de  Sant  Jordi,  Lo  cambiador. 
5.  Lettres  d'amour.  6.  Plainte  d'amour.  En  catalan. 

Manuscrit  de  106  feuillets,  papier,  non  folioté.  Écriture 
du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Sans  rubriques,  ni  capi- 
tales. Format  290  X  210  mm.  Reliure  moderne. 

I.  Le  premier  ouvrage  contenu  dans  ce  manuscrit  est  un 
fragment  de  roman  de  chevalerie  que  nous  avons  intitulé 
Roman  de  Liesse  et  Cardenois,  du  nom  des  personnages  qui 
paraissent  en  être  les  protagonistes.  Fol.  1.  Incipit  : 
«...  ducs  qui  conperes  estoyent  et  aucuns  des  autres  grans 
seigneurs  et  les  deux  duchesses  qui  furent  commères, 
furent  a  la  table  delà  fille  du  royet  de  sa  suer,  et  plusieurs 
autres  seigneurs  jonnes,  et  es  autres  tables  furent  cheualiers, 
escuyers,  dames  et  damoiselles  que  c'estoit  grant  noblesse 
et  grant  plaisir  de  veoir,  et  si  ils  furent  grandement  et  no- 
blement serais,  il  ne  le  vous  fault  demander,  quar  nul 
homme  ne  vit  plus  noblement  seruir.  »  Ce  roman  contient 
une  ballade  et  une  chanson  dont  les  premiers  vers  seuls  sont 
écrits.  Ils  se  trouvent  au  bas  des  feuillets  30  et  64  dont  le 
verso  est  demeuré  vide.  Cet  espace  était  probablement  des- 
tiné aux  vers  qui  n'y  ont  pas  été  mis . 

Fol.  30:  «...  et  Cardenois,  qui  estoit  en  son  penssement, 
si  fist  une  balade  qui  commence  : 

Doulce  dame  vous  ouciez  a  tort 
Voustre  humble  serf  et  vo  loyal  ami.  » 


LlX.    ROMAN   DE   LIESSE    ET   CARDENOIS  381 

Fol.  64  :  ((  Cardenois  se  prist  a  faire  une  chansson  qui  com- 
mence par  ceste  manière  : 

Quant  vrais  amans  de  sa  dame  se  départ.  » 

Fol.  74.  Explicit  :  «  Et  lors  le  roy  s'en  alla  en  un  vergie 
et  Cardenois  auec  ly  et  parlèrent  tous  jours  ensemble  de 
plusieurs  choses  et  le  roy  li  fist  tantes  de  profertes  comme 
oncques  ilpouoit.. .   » 

Les  feuillets  75,  76,  77  sont  blancs. 

II.  Les  feuillets  78  et  79,  écrits  à  deux  colonnes,  renferment 
la  table  du  troisième  livre  du  Trésor  de  Brunetto  Latini. 
On  sait  qu'il  y  commente  le  De  Inventione  de  Cicéron,  dont 
il  fait  grand  usage. 

Fol.  80.  Incipit  :  «  [A]pres  so  que  mestre  Brunet  Lati 
acli  complida  la  segona  part  de  son  libre,  en  la  quai  ellde- 
mostra  assatsbonament quai  deu  esser  home  en  moralitat...  » 

Fol.  94  v°.  Explicit  :  a  no  dire,  dix  ell,  que  tu  aguesses 
robat  lo  castell  de  ton  companyo,  ne  tu  robasses  cases  o 
viles...  ))  Cette  traduction,  qui  s'arrête  au  commencement 
du  chapitre  26  du  troisième  livre  du  Trésor  de  Brunetto,  est 
la  même  que  nous  a  conservée  le  ms.  9-24-13  de  la  biblio- 
thèque épiscopale  de  Barcelone,  manuscrit  du  XVe  siècle, 
dont  Antonio  de  Bofarull  a  publié  un  fragment  dans  ses 
E studios,  sistema  gramatical  y  crestomatta  de  la  lengua 
catalana  (Barcelone,  1864).  On  sait  qu'il  existe  une  version 
catalane  du  livre  II du  Trêsor(ç,l.  Torres  Amat,  Diccionario, 
p.  683).  M.  Morel-Fatio  (Grimdriss  de  Grôber,  t.  II,  2, 
p.  102,  n.  4)  suppose  que  le  Trésor  de  Brunetto  aura  été 
traduit  tout  entier  en  catalan.  La  version  castillane  de  cet 
ouvrage  a  été  faite  par  Alfonso  de  Paredes,  médecin  de 
l'infant  Don  Fernando,  fils  du  roi  Don  Sancho,  et  sur  l'ordre 
de  ce  dernier.  On  en  connaît  plusieurs  manuscrits. 

Les  feuillets  95,  96,  97  sont  blancs. 

III.  Les  feuillets  98  et  99  contiennent  une  chanson  d'un 
poète  inconnu  nommé  Aznar  Pardo. 

Incipit:  «  O  deu  e  quin  sospirar.   » 

Explicit  :  «  Donchs  amichnous  agreuietsen  pus  parllar.  » 
Cette  composition  compte  quatre  strophes  de  huit  vers. 

IV.  Les  feuillets  99  et  100  sont  occupés  par  une  pièce 
de  Jordi  de  Sant  Jof cli  intitulée  :  El  cambiador. 

Incipit  :  «  Pus  que  tanbe  sabets  de  cambiar.  » 


;*82  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Explicit:  «  Ab  moe  florins  de  pea  ben  coneguts.  » 
Cette  pièce   a  été    publiée    en    dernier    lien    par  M.    J. 
Massé  Torrents  (Obres poétiques  de  Jordi  de  Sant  Jordi, 
Barcelone  et  Madrid,  1902,  p.  42).  Cette  composition  compte 
quatre  strophes  de  huit  vers  et  un  envoi. 
Le  feuillet  101  est  blanc. 

V.  Les  feuillets  102-105  contiennent  sept  lettres  d'amour 
qui  toutes  finissent  par  la  môme  formule. 

Fol.  102.  Incipit  :  «  [E]  per  que  Deu  no...  » 
Fol.    105.    Explicit  :  «   soplicant    te  famose  magnitut  li 
placia  de  mes  pênes  recordar.  » 

VI.  Fol.  105  v°.  Ici  commence  une  longue  composition 
qui  compte  99  vers,  divisés  en  strophes  de  quatre  vers. 

Incipit  :  «  Amor  de  cor  hafectuos.  » 

Fol.  106.  Explicit  :  «  [  ]n  se  voler  quem  luny  de  mal.  » 


LX 


MATFRE  ERMENGAUD 

(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  N,  n°  19,  d'après  Los  Rios) 

Matfre  Ermengaud,    Breviari   d'Amor.    En  provençal. 
Manuscrit  perdu. 

Nous  n'avons  pas  retrouvé  cet  ouvrage  parmi  les  manu- 
scrits provenant  de  la  bibliothèque  du  duc  d'Osuna.  Amador 
de  los  Rios,  lui,  l'avait  encore  vu,  et  il  en  donne  l'ancienne 
cote:  Plut.  I,  Lit.  N,  n°  19,  dans  sa  Biblioteca  del 
Marqués  (Obras,  p.  599).  Voici  comment  il  décrit  ce  vo- 
lume :  ((  Este  es  uno  de  los  côdices  mas  preciosos  que  po- 
»  seyô  el  marqués  de  Santillana,  y  que  ha  logrado  salvarse 
»  de  las  vicisitudes  por  que  ha  pasado  tan  rica  libreria. 
))  Es  un  volumen  fol.  mayor,  rica  vitela,  exornado  de  vis- 
))  tosas  miniaturas,  que  cortan  y  dividen  el  texto  con  fre- 
»  cuencia.  El  objeto  de  esta  obra  eselamor  divino  ;  y  des- 
»  pues  de  haberse  invocado  los  auxilios  celestiales,  para 
))  llevar  à  cabo  este  propôsito,  se  représenta  en  el  fol.  7°  el 
»  ârbol,  que  le  da  titulo,  de  una  manera  ingeniosa  y  agra- 
))  dable,  etc.,  etc.  » 

Et  Los  Rios  termine  ainsi  sa  notice  :  «  La  ûltima  parte 
»  del  Arbol  ô  Breviaro  de  A mor  esta  destinada  à  presentar 
))  las  nociones  dominantes  en  los  siglos  XIV  y  XV  sobre 
))  los  espiritus  malignos,  discurriendo  despues  por  los 
»  signos  del  Zodiaco,  la  esfera,  lagloria,  el  limbo,  el  pa- 
))  raiso  y  el  infîerno.  La  venida  del  Espiritu  Santo  en  len- 
»  guas  de  fuego  pone  fin  à  esta  obra  de  la  teologia  y  del 
))  amor,  que  basta  para  caracterizar  los  estudios  de  los  con- 
))  temporâneos  del  marqués  de  Santillana.  No  la  cita  este 


384  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SAVJILLAM. 

))  en  sus  producciones,  y  sin  embargo,  segun  en  otro  lugar 
»  advertimos,  se  nota  à  cada  paso  en  ellas  su  influencia. 
))  Parece  debida  â  la  literatura  provenzal,  en  cuya  Lengua 
»  esta  escrita.  » 

Il  n'y  a  donc  pas  de  preuves  positives  de  la  possession  de 
ce  manuscrit  par  le  Marquis.  Ses  armes  et  sa  devise  ne  s'y 
trouvaient  pas,  et  il  ne  cite  pas  l'ouvrage  dans  ses  œuvres. 
Néanmoins,  il  peut  l'avoir  connu;  des  exemplaires  de  ce  livre 
se  conservent  dans  plusieurs  bibliothèques  espagnoles,  et  sa 
vogue  fut  grande,  puisque,  à  côté  des  manuscrits  provençaux, 
nous  trouvons,  dès  le  XIVe  siècle,  une  traduction  catalane 
du  livre  d'Ermengaud.  Les  idées  du  Breviari  d' Amovri  ont 
pas  assez  d'originalité  propre  pour  qu'on  puisse  affirmer  que 
c'est  là  que  le  Marquis  a  puisé  les  lieux  communs  philoso- 
phiques et  théologiques  qu'il  prodigue  dans  ses  écrits  avec 
une  évidente  complaisance.  Rappelons  en  passant  que 
Matf  re  Ermengaud  prend  soin  lui-même  de  nous  faire  savoir 
qu'il  commença  son  encyclopédie  en  1288.  Il  mourut  en 
1322. 


LXI 
RAYMOND  LULL 

(Rocam.  n°  48  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-171) 

Raymond  Lull.  1.   Els  cent  noms  de   Deu.  2.  Horas  de 
nostra  dona  Sancta  Maria.  En  catalan. 

Manuscrit  de  139  feuillets,  plus  3  feuillets  de  garde  au 
commencement  et  3  à  la  fin,  vélin,  non  folioté.  Écriture 
du  XVe  siècle.  Rubriques,  lettres  et  lettrines  de  couleur.  Les 
feuillets  de  garde  et  l'intérieur  des  plats  de  la  reliure  sont 
couverts  de  dessins  astrologiques.  Format  121  X  82  mm. 
Reliure  de  parchemin. 

I.  Fol.  l.Incipit  :  «  Gomlos  sarrahinsentenenprouar...  » 
Fol.  98  v°.  Explicit  :  «  Es  fet  a  vostre  honrament.  » 

II.  Fol.  99.  Rubrique:  Deus  ab  vostra  virtut  començo 
Ramon  aquestes  ores  de  na  Maria  santa  Maria,  e  cantense 
[al  so]  (1)  dels  hymnes. 

Incipit  :  «  A  honor  del  maior  senyor .  » 

Fol.  133  v°.  Explicit  :  «  en  la  gloria  tu  loor.  Amen.  » 

Fol.  134.  Sur  ce  feuillet  on  trouve  écrit  d'une  autre  main 
que  le  reste  du  manuscrit  une  explication  de  la  messe  dont . 
voici  le  titre  :  «  Nota  que  en  la  missa  solenne  son  repre- 
sentades  vint  coses  per  las  quais  es  significada  la  vida  de 
nostre  senyor  Jesu-Christ.  »  Suit  une  exposition  de  la 
messe  qui  finit  au  fol.  137  v°. 

Fol.  139.  Explicit  :  Horas  deuotisimas  dels  cent  noms  de 
Deu,  axi  mateix  y  son  les  hores  de  la  Vergen  Maria  fêtas 
per  maestre  Ramon  Lull,  doctor  illuminât. 

1.  Le  manuscrit  porte  ab  lo  qu'il  faut  évidemment  corriger  en  al  so 


25 


LXII 


LIBRO  DE  ALEXANDRE 


(Osuna  :  Plat.  III,  Lit.M,n°8;  Rocam.  n°  188;  Biblioth.  Nat 
Madrid,  Ii-167) 

Gonzalo  de  Berceo,  Libro  de  Alexandre.   En   castillan 

Manuscrit  de  153  feuillets,  plus  1  feuillet  déchiré  à  la  fin 
et  la  trace  de  deux  feuillets  perdus,  vélin,  non  folioté.  Écri- 
ture du  XIVe  siècle,  petites  capitales  en  couleur.  Tous  les 
feuillets  de  ce  manuscrit  sont  tachés,  quelques-uns  sont 
très  abîmés  par  les  mouillures  et  l'emploi  de  réactifs .  For- 
mat 258  x  163  mm.  Reliure  du  XVe  siècle,,  de  cuir  sur  ais, 
ornée  de  dessins  de  style  mudéjar. 

Fol.  1.  Incipit:  «  Sennores,  se  quisierdes  mi  seruiçio 
prender.  » 

Les  feuillets  45  v°  et  53  v°  sont  à  moitié  occupés  par  deux 
dessins  à  la  plume  :  l'un  représente  Alexandre  assis  sur  son 
trône,  l'autre  une  scène  de  la  toilette  du  roi. 

Fol.  150.  Rubrique:  Estoes  et  testamento  de  Alexandre 
quando  sopo  que  morîrte  del  toxigo  que  l  dierona  beuer  et 
de  la  car  ta  que  enuio  a  su  madré  en  que  l  mandaua  que 
non  ouiesse  miedo  e  que  se  conortasse,  e  la  ténor  de  la  carta 
dezia  assi.  Incipit  :  «  Madré  deuedes...  » 

Fol.  151.  Rubrique:  Esta  es  la  otra  carta  que  enuio 
Alexandre  a  su  madré  por  conortarla.  Incipit  :  «  Al  que 
acompanna ...   » 

Ces  lettres  sont  en  prose;  au-dessous  le  poème  reprend  : 

«  Quiero  mi  iirmamiento  ante  uos  todos  poncr.  » 


LXII.    LIBRO    DE   ALEXANDRE  387 

Fol.  153  v°.  Explicit  : 

«  Se  quisierdes  saber  quien  escreuio  este  ditado, 
Johan  Lorenzo,  bono  clerigoe  ondrado, 
(l)Natural  de  Astorga,  de  mannas  bien  temprado, 
El  dia  del  juyzio  Dios  sea  mio  pagado.  Amen.  » 

Finito  libro,  redditur  grattas  magistro. 

Sur  le  feuillet  de  garde  de  la  fin,  il  y  a  un  dessin  à  la 
plume  représentant  un  homme  dont  les  jambes  commencent 
à  l'endroit  où  ce  feuillet  est  déchiré  et  troué.  Le  Libro  de 
Alexandre,  écrit  en  cuaderna  via,  compte  2511  strophes. 

En  1888,  la  Bibliothèque  Nationale  de  Paris  a  acquis  un 
manuscrit  du  Poema  de  Alexandre,  plus  complet  que  celui 
que  nous  venons  de  décrire  et  qui,  jusqu'alors,  était  le  seul 
manuscrit  ancien  connu.  Ce  volume  est  du  XVe  siècle.  Il  est 
décrit  dans  le  Supplément  au  Catalogue  des  manuscrits  es- 
pagnols de  la  B.  N.  de  Parus  (n°  679,  p.  360),  et  se  termine 
par  la  strophe  suivante  qui  a  révélé  aux  hispanisants  le  nom 
du  véritable  auteur  de  ce  poème  : 

«  Sy  queredes  saber  quien  fizo  este  ditado, 
Gonçalo  de  Berceo  es  por  nombre  clamado, 
Natural  de  Madrid,  en  Sant  Mylian  criado, 
Del  abat  Johan  Sanchez  notario  por  nombrado.   » 

(Cf.  Baist,  Romanische  Forschungen,  VI,  p.  292,  et  Morel- 
Fatio,  Recherches  sur  le  texte  et  les  sources  du  Libro  de 
Alexandre,  Romania,  IV,  p.  7-90).  Publié  en  1782  par 
Sanchez  et  en  1864  par  Janer,  ce  célèbre  poème  va  être 
nouvellement  édité,  et  pour  la  première  fois  on  utilisera 
aussi  le  manuscrit  de  Paris  pour  rétablissement  du  texte. 
En  1896,  M.  Saroïhandy,  agrégé  d'espagnol,  élève  de 
TEcole  pratique  des  Hautes  Études,  fut  envoyé  en  mis- 
sion à  Madrid,  afin  de  collationner  encore  une  fois  le  Libro 
de  Alexandre  sur  le  manuscrit  Ii-167  de  la  Bibliothèque 
Nationale . 

1.  M.  Baist  a  lu  natural  de  Astorga,  avant  lui  on  lisait  :  Johan  Lo- 
renzo. i.  Segura  de  Astorga* 


LXIII 


LIBRO  DEL  CABALLERO  DE  DIOS 

(Osuna:  Plut.  IL  Lit.  M,  n°  25;   Rocam.  n°  140;  Biblioth.    Nat.  Ma- 
drid,   Ii-87) 

Libro  del  caballero  de  Dios.  En  castillan. 

Manuscrit  de  195  feuillets,  papier,  nombre  de  lignes  va- 
riable. Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Ru- 
briques. Ce  volume  présente  des  lacunes.  Format  290 
X  213  mm.  Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Incipit  :  «...  do  e  otorgado  de  los  padres...  » 

Ce  manuscrit  a  perdu  un  feuillet  qui  sans  doute  portait 
le  titre  de  tout  l'ouvrage  et  le  véritable  incipit.  Au  verso  du 
feuillet  4  nous  retrouvons  l'indication  du  titre  de  ce  roman 
et  nous  y  voyons  que  l'auteur  n'entendait  pas  l'appeler 
Roman  ou  Histoire  du  chevalier  Cifar,  comme  on  nomme 
ordinairement  ce  livre,  mais  qu'il  voulait  l'appeler  le  Livre 
du  chevalier  de  Dieu,  et  c'est  ce  titre  que  nous  avons 
adopté. 

Fol.  4  v°  :  «  ...asy  commo  contescio  a  un  cauallero  de  las 
Yndias,  ...el  quai  cauallero  ouo  nonbre  Cifar,  de  bautismo, 
et  despues  ouo  nonbre  el  cauallero  de  Dios,  por  que  se  touo 
el  sienpre  con  Dios  e  Dios  con  el  en  todos  los  fechos,  asy 
commo  adelante  oyredes,  podredes  vere  entendredes  por  las 
sus  obras.  Et  por  ende  es  dicho  este  libro  del  cauallero  de 
Dios.  )) 

Fol.  195.  A.  Explicit  :  «  Et  acabamos  taies  obras  que 
sean  a  seruiçio  de  Dios  e  a  pro  c  a  onrra  de  nuestros  cuer- 
pos,  e  a  saluamento  de  nuestras  aimas.  Amen.  » 

La  Bibliothèque  Nationale  de  Paris  possède  un  luxueux 


LXIII.    LIBRO    DEL    CABALLERO    DE    DIOS  389 

manuscrit  de  ce  roman.  C'est  un  volume  écrit  au  XIVe  siècle 
(Cf.  Morel-Fatio,  Catalogue  des  manuscrits  espagnols  de 
laB.  N.,  n°  615,  p.  236).  Henri  Michelant  a  donné  une 
mauvaise  édition  du  roman  qui  nous  occupe  dans  le  t.  CXII 
de  la  Bibliothek  des  Litterarischen  Vereins  in  Stuttgart 
(1872).  Michelant  s'est  servi  pour  son  édition  du  texte  im- 
primé à  Séville,  en  1512,  par  Cronberger,  sous  le  titre  de 
Historia  del  cavallero  Tifar.  Son  édition  était  prête  quand 
il  a  eu  connaissance  du  manuscrit  de  Paris,  il  a  pu  encore 
l'utiliser,  mais  l'imprimé  reste  la  base  de  son  travail.  Mi  - 
chelant  n'a  pas  connu  le  manuscrit  de  Madrid.  Grâce  à 
l'édition  de  Michelant,  nous  avons  pu  relever  un  certain 
nombre  de  lacunes  dans  le  manuscrit  de  Madrid,  qui  a  été 
maltraité,  mais  qui  vient  d'être  relié  à  nouveau  par  les  soins 
de  M.  Paz  y  Mélia.  Le  roman  commence  par  une  sorte  de 
préface  où  l'auteur  énumère  les  privilèges  accordés  aux 
fidèles  par  Boniface  VIII  à  l'occasion  du  jubilé  de  1300; 
cette  préface  manque  dans  le  manuscrit  Osuna. 

Lacunes  du  manuscrit  de  Madrid  avec  renvoi  aux  pages 
de  l'édition  Michelant  : 

Le  feuillet  qui  manque  au  commencement  du  manuscrit 
Ii-87  correspondait  aux  pages  7  et  8  de  l'imprimé.  Entre 
les  feuillets  136  et  137  manque  1  feuillet  (p.  228,  1.  32  — 
p.  229,  1.  31  de  l'imprimé)  ;  entre  les  feuillets  176  et  177,  il 
y  a  une  lacune  de 4  feuillets  (p.  311,  1.  35  —  p.  319,  1.  12 
de  l'imprimé)  ;  entre  les  feuillets  186  et  187  manquent 
4  feuillets  (p.  334,  1.  16  —p.  342, 1.  23). 

Nous  savons  qu'un  érudit  américain,  M.  Wagner,  a  copié 
récemment  le  ms.  de  Paris  et  le  ms.  de  Madrid,  dans  l'in- 
tention de  donner  une  édition  critique  de  ce  texte  inté- 
ressant. 


LXIV 


CHRONIQUES  GENERALES  ET  PARTICULIERES 
D'ESPAGNE 


(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  M,  n°  12,  d'après  Los  Rios  ;  Rocam.  n°  208  ; 
Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-43) 

1.  Rodrigue  de  Tolède,  Historia  Gothica.  2.  Chronica 
Pontificum  et  Imperatorum  romanorum.  3.  Historia 
Romanorum.  4.  Historia  Hunnorum,  Vandalorum  et 
Suevorum,  etc.  5.  Historia  Ostrogothorum.  6.  Liber 
Arabum.  En  latin. 

Manuscrit  de  190  feuillets,  plus  4  feuillets  de  table, 
1  feuillet  blanc  au  commencement  et  3  à  la  fin,  vélin,  réglé 
à  36  lignes.  Rubriques  et  capitales.  Écriture  du  XIVe  siècle, 
à  deux  colonnes.  Format  235  X  164  mm.  Reliure  de  style 
mudéjar  portant  sur  les  deux  plats  le  heaume  caractéristique 
des  reliures  d'Ifiigo  Lopez  de  Mendoza. 

I.  Fol.  1.  A.  Rubrique:  Serenissimo  et  inuicto  semper 
aurjusto  domino  suo  Fernando...  Incipit  :  «  Fidelis  anti- 
quitas  et  antiqua  fidelitas...  » 

Fol.  135  v°  B.  Explicit:  a  Hoc  opusculum  ut  sciui  et 
potui  consumaui,  anno  incarnacionis  domini  M0  CC°  XL0 
tercio,  era  Ma  CCa.  LXXXa  prima,  anno  XXVI  regni  régis 
Fernandi,  Va  feria,  pridie  kls.  aprilis,  anno  pontificatus 
mei  XXX0.  III,  sede  apostolica  uacante  anno  uno,  mensibus 
VIII,  diebus  X.  Gregorio  papa  nono  uiam  uniuerse  carnis 
ingresso.  » 

II.  Fol.  135  v°  B.    Rubrique:    Cronica  omnium  ponti- 


LXIV-    CHRONIQUES    GÉNÉRALES   D'ESPAGNE  391 

Jicum  et  imper atorum  romanorum,  ubi  anni  eorum  po- 
nuntur  et  notabilia  facta  eorum. . . 

Incipit  :  «  Dominus  noster  ihs.  xpo.,  primus  et  summus 
pontif ex . . .  >> 

Fol.  143  v°.  B.  Explicit  :  «  quosdam  leges  promulgauit  que 
multum  faciunt  ad  augmentum  sancte  ecclesie  prerogatiuam 
clericorum.  Explicit.  » 

III.  Fol.  144.  A.  Rubrique:  Prologus  in  hystoria roma- 
norum. Incipit  :  ((  Quia  directiones. . .  » 

Fol.  153.  A.  Explicit:  «  et  uariorum  presidum  tirannide 
lacerata.  » 

IV.  Fol.  153.  A.  Rubrique  :  Prologus  in  hystoria  hu- 
gnorum  (sic)  vandalorum  et  sueuorum,  alanorum  et  silin- 
gorum.  Incipit  :  «  Quia  stilo  flebili...  » 

Fol.  161.  B.  Explicit  :  «  et  regni  sedem  a  gallia  gothica 
in  hispaniarn  transtulerunt.  » 

V.  Fol.  161.  B.  Rubrique:  Prologus  in  hystoria  ostro- 
gotorum.  Incipit  :  «  Gum  gothorum...  » 

Fol.  164  v°.  A.  Explicit  :  «  qui  in  hispaniis  et  gallia  go- 
thica regnauerunt.  » 

VI.  Fol.  164  v°.  A.  Rubrique  :  Incipit  prologus  in  libro 
arabum,  principium  Machumeti.  Incipit  :  «  Que  calami- 
tatum  aceruus .  .  .  » 

Fol.  190  v°.  B.  Explicit  :  «  Set  quia  de  aduentu  eorum 
in  historia  gothica  fuimus  prosecuti  hic  nolumus  iterare.  » 

*B 

(Roeam.  N°  79  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii) 
Primera  Crônica  General.  En  castillan. 

Manuscrit  de  202  feuillets,  plus  1  feuillet  blanc  à  la  fin, 
vélin,  non  folioté,  réglé  d'un  nombre  irrégulier  de  lignes. 
Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Rubriques,  pas  de 
capitales.  Le  premier  feuillet  de  ce  manuscrit  est  encadré 
d'ornements  et  porte  dans  le  bandeau  supérieur  les  armes 
de  Castille  et  Léon  et  dans  le  bandeau  inférieur  les  armes 
d'Inigo  Lopez  de  Mendoza.    A  droite   en  haut,  comme  à 


392  BIBLIOTIIKQUK   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANH 

gauche  et  à  droite  en  bas,  nous  voyons  les  heaumes,  em- 
blèmes du  marquis  de  Sa^tillane.  Format  445  x  320  mm. 
Reliure  moderne,  portant  au  dos  :  Heredia,  Crônica  de 
Espana. 

Fol.  1.  A.  Au-dessous  d'une  miniature  qui  représente  un 
vieillard  barbu  et  chevelu  portant  couronne,  sceptre  et  globe, 
et  vêtu  d'un  manteau  de  pourpre,  nous  trouvons  écrit  en 
grosses  capitales  la  rubrique  suivante:  Rex  Alfonsus  in- 
perat. 

Incipit  :  «  En  el  libro  de  la  estoria  en  que  esta  pintada 
el  arca ...» 

Fol.  202.  B.  Explicit  :  «  en  conpanya  de  los  sus  sanctos 
sieruos.  » 

M.  R.  Menéndez  Pidal  a  reconnu  que  ce  manuscrit  contient 
la,  première  chronique  générale  (Cf.  La  leyenda  de  los  in- 
fantes de  Lara,  p.  384,  I).  Ce  manuscrit  ne  fait  pas  partie 
du  groupe  des  chroniques  dites  de  Heredia,  dont  nous  par- 
lons ci-dessous,  c'est  par  suite  d'une  inadvertance  du  relieur 
sans  doute,  que  le  nom  du  grand  maître  de  l'Ordre  de  Jé- 
rusalem figure  au  dos  de  ce  volume . 

*C 
Crônica  General .  En  castillan.  Manuscrit  perdu. 

Le  marquis  de  Mondéjar  dans  un  manuscrit  intitulé  De 
la  corrupeion  de  las  Chronicas  impresas  de  nuestros  Reyes, 
y  de  las  enmiendas  y  observaciones  sobre  el  capitulo  16  de 
la  de  Don  Alonso  el  Sabio  (B.  N.  Madrid  Q-181,  Mm.)  fait 
mention  d'une  chronique  qui  aurait  appartenu  au  marquis 
de  Santillane .  Voici  le  texte  de  Mondéjar:  «C.  primero  : 
Mala  fee  y  poca  diligencia  de  Florian  de  Ocampo  en  la  edi- 
cion  de  la  Historia  General.  » 

(Fol.  3  v°)  «  El  primer  exemplar,  que  dije  ténia  de  esta 
materia,  obra  del  Rey  D .  Alonso,  es  el  propio  impreso  por 
Florian  de  Ocampo,  cotexado  y  correxido,  de  letra  de  Ge- 
rônimo  de  Zurita,  con  un  codice  de  pergamino  con  varias 
iluminaciones,  y  figuras,  que  consta  por  el,  fué  de  D.  Yïligo 
Lopez  de  Mendoza,  primer  Marqués  de  Santillana,  Proge- 
nitor  de  los  Duques  de  Ynfantado,  en  cuyo  poder  dice  se 


LXIV.    CHRONIQUES   GÉNÉRALES   D'ESPAGNE  393 

conservava  ;  y  no  podré  asegurar  si  todavia  permanece  en 
su  Palacio  de  Guadalafara  en  la  libreria  que  los  dejô  vin- 
culada  D .  Diego  Hurtado  de  Mendoza,  primer  Duque  del 
Infantado,  (foi.  4)  su  hijo  en  la  clausula  siguiente  de  su 
testamento,  otorgado  a  14  de  Junio  del  afio  de  1475.  » 

*D 

(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  M,  n°  6,  Rocam.  n°  75  ; 
Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-78) 

Grande  y  General  Historia  (IIe  Moitié  de  la  Ire  partie).  En 
castillan. 

Manuscrit  de  304  feuillets,  plus  2  feuillets  blancs  au 
commencement  et  3  à  la  fin,  papier  et  vélin,  nombre  de 
lignes  variable.  Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes. 
Rubriques  et  capitales.  L'encadrement  du  premier  feuillet 
est  assez  endommagé .  A  droite  en  bas,  un  ange  tient  les 
armes  du  marquis  de  Santillane.  Ces  armes  ajoutées  après 
coup  ont  nécessité  des  grattages  et  des  retouches.  Les  feuil- 
lets 1,  2,  3,  6,  7,  8,  9  sont  détachés.  Format  395  x  285  mm. 
Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique:  Aqui  se  comiença  el  onzeno  llbro  de 
la  gênerai  estoria.  Incipit  :  «  Départe  maestre  Pedro  en 
la  su  estoria. . .  » 

Fol.  304.  B.  Explicit  :  «  que  lo  fizo  fazer.  » 

(Cf.  Samuel  Berger,  Les  Bibles  castillanes,  Romania, 
t.  XXVIII,  p.  565). 

*E 

(Rocam.  n°  72  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-128) 

Crônica  de  los  cuatro  reyes.  En  castillan. 

Manuscrit  de  159  feuillets,  plus  2  feuillets  de  table  et 
1  blanc,  papier.  Écriture  du  XVe  siècle.  Rubriques,  pas 
de  capitales.  On  distingue  plusieurs  mains  dans  ce  manu- 
scrit, qui  a  été  corrigé  et  annoté  soigneusement  par  un  lec- 
teur qui  a  rubrique  les  chapitres  et  qui  a  noté  sur  le  der- 


394  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

nier  feuillet  les    lacunes  que  présente  le  texte.  Format  283 
X  213  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Aqui  comiença  la  coroni 'ca  del  muy 
noble  rrey  don  Alfonso  emperador,  en  la  quai  sse  contiens 
la  coronica  del  rrey  don  Sancho,  su  fijo  et  del  rrey  don 
Fernando,  su  nieto,fasta  que  el  dicho  rrey  don  Fernando 
ovo  un  fijo  que  llamaron  don  Alfonso. 

Incipit  :  «  [P]or  muchas  guisas  e  por  muchasmaneras...  » 

Fol.  159  v°.  Explicit  :  «  la  reyna  doua  Costança,  su  mujer, 
de  fijo  varon. . .  finito  libro  sit  laus  et  gloria  cristo.  »  Le 
mot  sit  est  biffé  et  en  marge  on  lit  la  note  suivante  :  a  tes- 
tose  porque  non  se  feneçido  este  libro.  »  Cette  déclaration 
et  l'avertissement  qui  suit  sont  écrits  en  rouge  :  «  Seîlor 
lo  que  fallesçe  en  este  libro,  en  la  vida  de  cada  rey,  es 
esto  :  en  la  vida  del  rey  don  Alfonso,  las  peleas  que  ouieron 
los  de  su  parte  con  los  del  infante  don  Sancho.  E  de  como  se 
vido  el  rey  don  Alfonso  en  pobreza  e  enbio  enpefiar  su  co- 
rona  al  rey  Aben  Yuçaf ,  e  le  enbio  LXX  mil  doblas  e  non 
tomo  la  corona.  E  de  la  galea  prieta  que  fizo  en  Seuilla.  E 
de  las  trobas  que  ende  fizo.  E  de  los  testamentos  que  fizo 
el  uno  de  mandas,  e  de  como  se  juntasen  castellanos  e  fran- 
çeses  para  la  conquista  de  ultramar.  E  elotro  del  enterra- 
miento  de  su  cuerpo  que  mando  que  se  enterrase  a  do  touie- 
sen  por  bien  los  de  los  sus  Regnos.  E  sus  tripas  e  figado  en 
Murçia,  e  su  coraçon  en  monte  Caluarie,  e  que  lo  leuase  el 
prior  del  espital,  e  de  otras  cosas. 

En  la  vida  del  rey  don  Sancho  fallesçe  en  la  çerca  de  Xerez 
la  vista  que  [hizo]  a  don  Juan  de  Léon  quando  falleçio,  e 
como  pedrico  en  Xerez  a  su  enterramiento  su  lealtad.  E 
despues  como  se  vido  con  mill  de  cauallo  con  Aben  Yuçuf 
e  con  sus  fijos.  E  lo  que  acaeçio  en  las  vistas  las  quales 
fueron  en  Médina  de  las  Albicheras.  E  lo  que  acaeçio  despues 
destas  vistas,  otrosi  la  muerte  del  conde  don  Lope  de  Diego 
Lopez  de  Canpos,  e  la  prision  del  infante  don  Juan,  ne  esta 
como  acaeçio,  asi  que  falleçen  muchas  cosas  de  como  acaesçio 
en  su  vida.  E  de  todo  esto  non  ay  libros  en  esta  tierra,  pero 
paresçeme  que  se  pueden  auer  en  uno  de  dos  lugares  que 
non  son  en  esta  tierra  de  Estremadura. 

En  la  estoria  del  rey  donFerrnando  falleçe  el  nasçimiento 
del  rey  don  Alfonso  e  su  criança.  E  de  como  este  rrey  don 


LXIV.    CHRONIQUES    GÉNÉRALES   D'ESPAGNE  395 

Ferrnando  tomo  Alcandete,  e  de  como  mando  despenar  en 
marcos  los  dos  escuderos  por  la  muerte  de  Rodrigo  Alfonso 
de  Benauides,  e  de  como  murio  el  rey  dedolençia  en  Jahen, 
e  otras  cosas. 

Este  libro  mando  prestar  mi  senor  Ynigo  Lopez  a  mi 
Johan  de  Salzedo,  en  Buitrago.  E  di  conosçimiento  del 
a  Alfonso  de  Tordesillas,  moço  de  la  camara,  ano  de 
MCCCCXLIII.  »  C'est  probablement  à  ce  Johan  de  Salzedo 
que  sont  dues  la  revision  et  la  correction  de  ce  manuscrit. 


(Biblioth.  Nat.  Madrid,  T-282) 
Refundiciôn  de  la  Crônica  de  1344,  En  castillan. 

Manuscrit  de  356  feuillets,  papier,  mal  folioté.  Écriture 
du  XVe  siècle.  Rubriques  et  capitales  simples.  Format  243 
X  204  mm.  Reliure  de  parchemin.  Au  dos  :  Hist.  de  los 
rey  es  go[dos)  de  Espana. 

Fol.  1.  Incipit  :  «  Nuestros  hermanos  e  amigos.. .  » 
Fol.  356  v°.  Explicit  :  «  la  grand  parte  que  el  Çid  le  daua.  » 
Ce  manuscrit  a  appartenu  à  don  Angel  Gomallez  et  au 
comte  de  Miranda,  comme  nous  rapprennent  deux  notes  au 
recto  et  au  verso  du  plat  supérieur  de  la  reliure.  A-t-il  fait 
partie  de  la  bibliothèque  de  don  Inigo  Lopez  de  Mendoza  ? 
Ce  volume  ne  provient  pas  du  fonds  Osuna,  il  appartient  à 
l'ancien  fonds  de  la  Bibliothèque  Nationale.  Au  bas  du  pre- 
mier feuillet  de  ce  manuscrit  on  lit,  d'une  main  du  XVe  siècle, 
les  mots  suivants  :  Del  Marques.  Or,  on  sait  qu'au  XVe  siècle, 
le  premier  marquis  de  Santillane  était  connu  sous  le  nom 
de  el  marqués  et  qu'il  signait  lui-même  ainsi. 

(Cf.  R.  Menéndez  Pidal,  Crônicas  générales  de  Espana, 
p.  99). 

G 

(Osuna:  Plut.  IV.  Lit.  N,  n°  25;  Rocam.  n°  87;  Biblioth. 
Nat.   Madrid,  Ii-113) 

Primera  Crônica  General.  En  castillan. 

Manuscrit  de  337  feuillets,  papier,  réglé  à  26  lignes. 
Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Rubriques,  places 


396  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

en  blanc  pour  capitales.  La  table  de  ce  volume  est  incom- 
plète, elle  occupe  2  feuillets  non  numérotés.  Format 
281  X  203  mm.  Reliure  de  parchemin.  Au  dos  :  Historia 
gênerai  de  Espana,  de  mano,  desde  Annibal  hasta  el  rey 
don  Sancho  y  la  infanta  dona  Sancha. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Aqui  comiença  la  coronica  e  gênerai 
estoria  de  Espana(l)quJel  muyalto  rey  donAlfonso  ,fijo  del 
noble  rey  don  Fernando  e  de  la  reyna  dona  Beatris,  rnando 
fazer,  la  quai  fabla  desde  Noe  fasta  que  vinieron  los 
godos  en  Espana ,  que  duraron  fasta  la  muer  te  del  rey 
don  Rodrigo,  e  dende  fasta  el  rey  don  Alfonso  el  casto. 

Incipit  :  «  [N]atural  cosa  es...  » 

Fol.  337  v°  B.  Explicit  :  «  conplidamente  la  estoria  en 
los  fechos  de  los  godos.  » 


H 

(Osuna  :  Plut.  IV.  Lit.  N,  n°  26;  Rocam.  n°  65;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  li-114). 

Primera  Crônica  General  (IIe  Partie).  En  castillan. 

Manuscrit  de  256  feuillets,  papier.  Ce  volume  fait  suite 
au  précédent  et  la  foliotation  continue  celle  du  manuscrit 
Ii-113.  L'écriture,  les  rubriques,  les  places  en  blanc  pour 
les  capitales,  le  format  et  la  reliure,  bref  tous  les  signes 
extérieurs,  sont  semblables  à  ceux  du  manuscrit  précédent. 
La  table  compte  11  feuillets  qui  sont  compris  dans  la  folio- 
tation . 

Fol.  349.  A.  Rubrique:  Capitulo  primero  que  cuenta  de 
que  gentesfueron  los  godos,  e  dequales  tierras  salieron. 

Incipit:  «  [U]n  sabio  que  llamaron  Claudio  Tolomeo...  » 

Fol.  593  v°  B.  Explicit  :  «  con  la  vitoria  que  le  diera  dios 
contra  los  moros...  »  Ce  chapitre  est  tronqué.  La  table 
nous  donne  encore  la  rubrique  du  chapitre  suivant  qui 
devait  être  le  dernier  de  ce  volume  :  De  commo  fino  el  rey 
don  Ordono  en  Çamoray  efue  leuado  a  Léon,  efue  enter- 
rado  en  Santa  Maria,  a  594. 

1.  Les  mots  de  Espana  sont  d'une  main  moderne. 


LXIV.    CHRONIQUES   GÉNÉRALES    D'ESPAGNE  397 

I 
(Rocam.  n°  81;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-120) 
Primera  Crônica  General.  En  castillan . 

Manuscrit  de  45  feuillets,  plus  1  feuillet  blanc  au  com- 
mencement et  1  à  la  fin,  papier.  Écriture  du  XVe  siècle. 
Rubriques,  espaces  blancs  pour  capitales.  Format  283 
X  217  mm.  Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Rubrique  :  El  capitulo  ciel  rregnado  del  tercero 
don  Ferrnando,  rrey  que  rreyno  treyntae  tercero,  e  des- 
pues del  rrey  don  Pelayo  de  Castilla,  e  despues  a  tiempo  en 
Léon,  ejlie  rrey  de  Castilla  e  de  Léon  de  ally  adelante.  El 
capitulo  de  como  este  rrey  don  Ffernando,  rrey  de  Cas- 
tilla, fue  alçado  rrey,  e  de  las  buenas  andançias  quefizo. 

Incipit  :  «  [A]cabadas  las  rrazones  del  rrey  don  Enrrique 
e  de  los  otros  rreyes  que  rregnaron  ante  del ...» 

Fol.  45.  Explicit  :  «  en  el  coro  çelestial,  f échos  a  aquel 
que  [es]  grande  solo,  fuerte  es  e  terrible  en  la  compania 
santa  de  los  sus  altos  sieruos.  » 

Et  après  quelques  indications  chronologiques,  on  lit  ces 
lignes  :  «  Sean  loores  magnificos  fechos  a  aquel  que  [es] 
grande  solo,  fuerte  es  e  terrible  el  su  santo  nonbre  sobre  los 
çielos  de  arriba,  et  toda  la  tierra  e  los  moradores  délia  an 
miedo  e  pauor,  de  la  su  fortaleza.  Pues  digna  cosa  es  que 
toda  criatura  loe  a  Dios  su  fazedor,  el  quai  a  mi  indigno 
pecador  quiera  perdonar  e  darme  su  gracia.  » 

Ce  manuscrit  contient  ce  qui  dans  le  texte  de  la  pre- 
mière chronique  générale  est  relatif  à  saint  Ferdinand  et 
correspond  au  texte  imprimé  de  la  Crônica  de  San  Fer- 
nando. 


(Osuna:  Plut.  II.  Lit.  M,  n°  5;  Rocam.  n°  74  (?)  ;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  11-79) 

Grande  y  General  Historia  (IIe  Partie).  En  castillan. 

Manuscrit  de  345  feuillets,  plus  2  feuillets  blancs  à  la  fin, 
vélin,    réglé    à  31  lignes.   Écriture   de    la    2e  moitié   du 


398  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANK 

XIVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Rubriques  et  capitales. 
Format  380  X  265  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Aqui  se  comiença  la  segunda  parte 
de  la  gênerai  estoria  que  mando  fazer  el  muy  noble  rey 
don  Alfonso,  fijo  del  noble  et  santo  rey  don  Ffernando  et 
de  la  reyna  dofïa  Beatriz. 

Fol.  2.  Rubrique:  En  esta  segunda  parte  a  scriptos  estas 
cinco  libros  ;  el  primero  de  Josue,  el  segundo  de  losjuezes, 
el  tercero  de  Ruth,  el  primero  de  los  rey  es,  el  segundo  de 
[os  rey  es. 

Incipit  :  «  Fasta  aqui  contamos  en  la  primera  parte...  » 

Fol.  345.  Explicit  :  «  de  lo  quel  dizien.  » 

(Cf.  Samuel  Berger,  Les  Bibles  castillanes,  Romania, 
t.  XXVIII,  p.  566).  Rocamora  (Catdlogo,  p.  21)  dit  que  le 
n°  74  contenait  la  primera  y  segunda  parité  de  la  chronique 
générale  du  roi  Alphonse  et  que  ce  manuscrit  était  en  deux 
volumes . 


(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  M,  n°  3;  Rocam.  n°  68  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid, 

Ii-74) 

Crônica  General  de  1344.  En  castillan. 

Manuscrit  de  222  feuillets,  papier,  folioté  jusqu'au 
feuillet  44,  nombre  irrégulier  de  lignes.  Écriture  du 
XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Rubriques  et  capitales  en 
couleur.  Format  385  X  278  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  1.  Rubrique:  Aqui  comiença  la  tabla  de  los  capi- 
tulos  del  libro  de  la  segunda  parte  de  la  coronica  de 
Espaha,  en  quefabla  el  comienço  del  rey  don  Bermudo  e 
de  sus  buenas  costumbres ,  e  de  como  fue  casado,  e  asi  de 
grado  en  grado  segunt  la  estoria  lo  contara. 

Fol.  11  v°.  Rubrique:  De  commo  se  acaba  el  reynado 
del  rey  don  Alfonso  e  comiençase  el  del  rey  don  Bermudo 
e  de  sus  buenas  costumbres,  e  otrosy  commo  fue  casado 
cou  doua  Teresa,  fija  del  conde  don  Sancho  de  Castilla. 

[ncipit:  a  Muerto  esse  Rey  don  Alfonso,  Reyno  en  pos 
del  don  Bermudo...» 

Fol.  222  v°.  A.  Explicit:  «  muy  onrrados  e  con  grant 
phzcr.  » 


LXIV.    CHRONIQUES    GÉNÉRALES    D'ESPAGNE  399 

(Cf.  R.  Menéndez  Pidal,  Crônicas  générales  de  Espana, 
p.  17). 

M 

(Osuna:  Plut.  II.  Lit.  M,  n°  35;  Rocam.  n°  85;  Biblioth.  Nat.  Madrid, 

Ii-53) 

Crônica  de  los  reyes  de  Castilla.  En  castillan. 

Manuscrit  de  352  feuillets,  papier,  non  folioté,  irréguliè- 
rement réglé.  Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes. 
Rubriques,  pas  de  capitales.  Format  280  X  200  mm. 
Reliure  de  parchemin.  Au  dos:  Crônicas  de  Espaha. 

Fol.  1.  Rubrique:  Tabla  dellibro  de  las  coronicas  de 
los  honze  reyes  que  ouoen  Espana,  desde  el  rey  don  Ferr- 
nando  el  magnofasta  el  rey  don  Alfonso ,fijo  delrey  don 
Ferrnando  que  gano  el  Andaluzia,  e  la  coronica  del  Çid 
Ruy  Dias. 

La  table  occupe  22  feuillets.  Le  feuillet  23  porte,  après 
une  répétition  de  la  rubrique  générale,  la  rubrique  du  pre- 
mier chapitre  de  la  chronique":  Como  el  noble  rey  don 
Fernando  puso  la  corona  del  Rey  no  en  la  çibdat  de  Léon, 
en  la  iglesia  de  Santa  Maria  de  régla. 

Incipit:  «  [Q]uando  murio  el  rey  don  Bermudo...  » 

Fol.  352  v°  B.  Explicit  :  «  que  fazer  mucho  en  sus 
regnos.  » 

(Cf.  R.  Menéndez  Pidal,  Crônicas  générales  de  Espana, 
p.  89,  93,96,  103). 

N 

(Osuna  :  Plut.  IV.  Lit.  N,  n°  27  ;  Rocam.  n°  66;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-115) 

Tercera  Crônica  General.  En  castillan. 

Manuscrit  de  291  feuillets,  plus  6  blancs  à  la  fin  du 
volume,  papier,  nombre  irrégulier  de  lignes.  Écriture  de 
la  fin  du  XVe  siècle.  Le  premier  feuillet  du  texte  porte  le 
n°  120  et  le  dernier  le  n°  411.  Titres  en  noir.  Format 
280  X  205  mm.  Reliure  de  parchemin.  Au  dos  :  Duque, 
Historia  General  de  Espana,  de  mano  (desde  Annibal)  (1). 

1.  Ces  deux  derniers  mots  ont  été  ajoutés  après  coup. 


400  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Incipit.  Fol.  1.  (120):  «  ...  e  el  rey  no  de Herodes  en 
treynta  e  quatro,  non  fallamos  que  contesçiese  ninguna 
cosa  que  de  contar  sea . . .  » 

Fol.  291  v°.  (411).  Explicit:  «  ouieron  muerto  al  infante 
don  Garcia  asy  como  deximos  guisaronse  muy.  » 

M.  R.  Menéndez  Pidal  [La  leyenda  de  los  infantes 
de  Lara,  p.  405,  H.)  classe  le  manuscrit  Ii-115  dans  sa 
4e  division  :  Manuscritos  derivados  de  una  abreuiaçiôn 
perdida  de  la  primera  crônica  gênerai,  sous  la  rubrique  : 
Manuscritos  de  la  tercera  crônica  gênerai.  En  comparant 
le  texte  publié  par  Ocampo  au  texte  contenu  dans  le 
manuscrit  qui  nous  occupe,  M.  R.  Menéndez  Pidal  a  trouvé 
que  le  Ii-115  «  comprende  de  la  ediciôn  de  Ocampo  desde 
el  folio  72  b  al  273  d.  »  Voyez  aussi  ce  que  M.  R.  Menéndez 
Pidal  dit  de  ce  manuscrit  dans  ses  Crônicas  générales  de 
Espana,  n°  23,  p.  87. 

O 

(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  29  ;  Rocam.  n°  71:  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-116) 

Chronique  des  quatre  rois.  En  castillan. 

Manuscrit  de  196  feuillets,  papier,  folioté  en  rouge.  Écri- 
ture du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Rubriques  et  lettrines. 
Les  deux  premiers  feuillets  manquent,  le  premier  feuillet 
conservé  porte  le  n°  3,  le  dernier  le  n°  201,  les  feuillets  25, 
193, 195  manquent  également.  Format  296x210  mm.  Re- 
liure de  parchemin.  Au  dos  :  Historia  del  R.  Don  Al- 
fonso  el  primero . 

Fol.  3.  Rubrique  :  Don  Alfonso  Xmo ,  fijo  del  rey  don 
Fernando  que  gano  a  Seuilla. 

Incipit  :  «  Vos  auemos  contado  como  este  rrey...  » 

Fol.  196.  B.  Explicit  :  «  que  estaua  en  Auila,  que  lo 
dexo  ay  el  rey  don  Fernando  [a]  acriarsse .  » 

Este  libro  es  acabado,  Dios  sea  loado  por  syempre 
jamas.  Amen. 

Ce  volume  contient  les  chroniques  des  rois  Alphonse  X, 
Sanche  IV,  Fernand  IV  ;  celle  d'Alphonse  XI  manque. 


LXIV.    CHRONIQUES   GÉNÉRALES    D'ESPAGNE  401 


(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  M,  n°  5;  Rocam.  n°  79;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-174) 

Chronique  des  quatre  rois.  En  castillan. 

Manuscrit  de  389  feuillets  de  vélin,  non  folioté,  réglé  à 
35  lignes.  Écriture  du  XIVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Grandes 
marges,  pas  de  rubriques  générales.  Ce  manuscrit  présente 
les  caractères  extérieurs  des  manuscrits  exécutés  pour  Juan 
Fernândez  de  Heredia,  mais  les  places  des  rubriques  et  celles 
des  miniatures  sont  restées  en  blanc.  La  table  de  ce  volume 
manque  ainsi  qu'un  feuillet  où  se  trouvaient  peut-être  l'en- 
cadrement, les  armes  et  le  portrait  qui  ornent  les  autres 
manuscrits  du  grand-maître.  Quelques  mouillures  au  com- 
mencement et  à  la  fin.  Format  452x340  mm.  Reliure  mo- 
derne. Au  dos  :  Heredia,  Cronica  de  Espana. 

Fol.  1.  A.  Rubrique  :  Aqui  comiença  la  coronica  del 
muy  noble  rey  don  Alfonso,  Jijo  del  muy  noble  rey  don 
Fernando  que  ganoa  Seuil  la,  quefue  aser  emperador . 

Incipit  :  «  [C]uenta  la  estoria...  » 

Fol.  389  v°.  B.  Explicit  :  «  e  yuan  seguros  los  unos  de 
los  otros.  A  Diose  a  Sancta  Maria  démos  gracias.  Amen.  » 
Ce  manuscrit  contient  les  chroniques  des  rois  Alphonse  X, 
Sanche  IV,  Fernand  IV  et  Alphonse  XI. 

Q 

(Osuna  :  Plut.  IV.  Lit.  N,  n°20;    Rocam.  n°  73;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-118) 

Cronica  del  rey  don  Alfonso  el  Onceno.  En  castillan. 

Manuscrit  de  264  feuillets,  papier,  non  folioté.  On 
distingue  dans  ce  volume  deux  parties,  Tune  de  la  fin  du 
XVIIe,  ou  même  du  XVIIIe  siècle,  l'autre  du  XVe  siècle. 
Le  papier  de  ces  deux  parties  est  très  différent.  Titres  en 
noir.  Format  276  X  206  mm.  Reliure  de  parchemin.  Au 
dos  :  Cronica  del  Rey  Don  Alfonso  XI. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Chronica  ciel  mui  esclarecido  prin- 
cipe y  rey  don  Alonso,  el  onceno  deste  nombre  de  los  reies 

26 


402  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

que  reinaron  en  Castilla  y  en  Léon,  padre  que  fue  del  retj 

don  Pedro, 
Incipit  :  «  En  el  nombre  de  Dios  padre...  » 
Fol.  264  v°.  Explicit  :  «  ca  fue  muy  noble  rey .  A  gloria 

de  nuestro  redemptor  Jésus  Cristo.  » 

Parties  modernes  :  feuillets  1-35,  202  et  203,  240-264. 

Parties  anciennes  :  feuillets  36-201,   204-239. 

R 

(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  M,  n°  36;  Rocam.  n°  86,;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-17) 

Pero  Lopez  de  A  y  al  a,  Crônica  del  rey  don  Pedro.  En 
castillan. 

Manuscrit  de  336  feuillets,  papier,  non  folioté,  nombre 
irrégulier  de  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  co- 
lonnes. Rubriques  et  espaces  blancs  pour  capitales.  Ce 
manuscrit  présente  des  lacunes,  il  est  incomplet  de  3  feuil- 
lets au  commencement,  et  le  feuillet  12  est  également 
perdu.  Rares  notes  en  marge.  Format  278x211  mm.  Reliure 
de  parchemin.  Au  dos  :  Crônicas  de  Espaha,  desde  Annibal 
hasta  el  rey  don  Sancho  y  la  infanta  doha  Sancha. 

Fol.  1.  Incipit  :  «  ...uarra  el  rrey  don  Carlos.  » 

Fol.  336.  A.  Explicit  :  «  e  alli  yaze  enterrado.  Dios  lo 
quiera  perdonar.  Amen.  » 

Ce  manuscrit  commence  par  les  derniers  mots  du  premier 
chapitre,  et  le  dernier  chapitre  qu'il  contient  a  pour  titre  : 
De  como  flno  el  rrey  don  Enrrique. 


(Osuna  :  Plut.  II.  Lit.  M,  n°  2;  Rocani.  n°  69;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-75) 

1.  Pero  Lopez   de  Ayala,  Crônica  del  rey  don  Pedro, 
2.  Juan  de  Mena,  Copias,  En  castillan. 

Manuscrit  de  162  feuillets,  papier.  Ecritures  diverses  du 
XVe  siècle,  a  deux  colonnes.  Rubriques,  espaces  blancs 
pour  capitales.  Le  foliotateur  a  oublié  le  feuillet  158,  de 


LXIV.    CHRONIQUES    GÉNÉRALES   D'ESPAGNE  403 

sorte  qu'il  fait  jusqu'à  la  fin  une  erreur  d'un  feuillet. 
Format  386x276  mm.  Reliure  de  parchemin.  Au  dos  : 
Duque.  Coronica  de  Espaha. 

Fol.  1 .  Notice  sur  le  roi  don  Fernando  et  ses  descendants. 
Incipit  :  «  [E]l  rrei  don  Ferrnando  que  gano  a  Seuilla...  » 

I.  Fol.  4.  A.  Rubrique  :  [E]n  el  nonbre  de  Dios,  amen. 
Aqui  comiençan  los  capitulos  desta  coronica,  aho  primero 
del  rey  don  Pedro.  Suit  la  table  des  chapitres  de  la  chro- 
nique de  Pero  Lopez  de  Ayala. 

Fol.  19.  Rubrique  :  Aho  primero  del  rey  don  Pedro, 
[c]apitulo  primero,  como  el  rey  don  Alfonso  Jino  enel  real 
de  Gibraltar. 

Incipit  :  «  [Eli  mui  alto . . .  » 

Fol.  161  v°.  B.  Explicit  :  «  en  sus  çibtades  e  castillos, 
como  saben  estos  mensajeros.  » 

II.  Fol.  162.  Ce  feuillet  porte  quatre  pièces  de  vers.  La 
première  et  les  deux  dernières  sont  de  Juan  de  Mena,  et 
nous  pensons  que  la  deuxième  appartient,  elle  aussi,  au 
même  auteur. 

1.  Al  sehor  Rey. 

Incipit  :  «  Santa  pas,  santo  misterio  (1).» 
Explicit  :  «  nunca  vos  fuestes  auaro.  » 

2.  Otra  al  sehor  Rey. 

Incipit  :  «  Noquiso  sofrir  tal  yerro.» 
Explicit:  «de grand  piadad  vencido.» 

3.  Al  sehor  maestre  e  condestable. 

Incipit:  «Firme  conde  valeroso  (2).» 
Explicit  :  «  es  grand  prodel  que  vos  fizo.  » 

4.  Al  muy  alto,  e  muy  uirtuoso,  e  muy  esclarescido  el 
rey  nuestro  sehor. 

Incipit  :  «  Rey  virtud,  rey  vencedor  (3).  » 
Explicit  :  «  qu'  el  biuir  muerte  les  sea.  » 

Fol.  162  v°  B.  «   Es  del  duque  del  Ynfantado,  prestale 

1.  Cf.  Morel-Fatio,  Catalogue  des  manuscrits  du  fonds  espagnol  de 
la  Bibliothèque  Nationale,  p*  190,  ms*  n°  592,  fol.  67  v°* 

2.  L.  c,  fol.  67. 

3.  L.  c,  fol.  66  v\ 


404  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Médina  de  Mendoça,  al  senor  dotor  Paez,  a  très  de  agosto 
de  sesenta  y  nuebe.  » 


(Rocam.,  n°  80;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-81) 
Crônica  del  rey  don  Jaime  de  Aragon.  En  catalan. 

Manuscrit  de  110  feuillets,  vélin,  non  folioté,,  réglé  à 
38  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Ni  titres 
en  rouge,  ni  capitales  en  couleurs.  Format  316x241  mm. 
Reliure  moderne.  Au  dos  :  Chronica  del  rey  en  Jacme 
d'Arago. 

Fol.  1.  A.  Rubrique  :  Aquest  es  lo  començament  del 
prolech  sobre  lo  libre  que  feu  lo  glorios  rey  en  Jaume,  per 
la  gratta  de  Deu  rey  d'Arago,  de  Mallorques  e  de  Va- 
lencia,  comte  de  Barcelona  e  de  Urgell,  e  de  Muntpeller,  de 
tots  losfets  e  de  les  grattes  que  nostre  seflor  lifeu  en  la  sua 
vida. 

Incipit  :  «  Reconta  mon  senor  sanct  Jacme  que  fe  sens 
obra  morta  es. ..  » 

Fol.  110.  B.  Explicit  :  «  e  senor  de  Muntpeller  passa 
daquest  segle,  cuius  anima,  per  misericordiam  Dei,  sine  fine 
requiescat  in  pace,  amen.  »  Finito  libro  sit  laits  et  gloria 
Christo.  «  Visque  lo  rey  en  Jaume  après  que  hac  presa 
Valentia,  XXXVII  anys,  era  de  LXXIIanys  quant  mori.  » 

Un  fragment  considérable  de  cette  chronique  a  été  publié 
en  tête  des  Fueros  del  reino  de  Valencia  (Valencia,  1515) 
et  une  édition  complète  en  a  paru  à  Valence  en  1557.  Le 
plus  ancien  manuscrit  connu  de  cette  chronique  est  celui 
que  En  Pons  de  Copons,  abbé  de  Poblet,  fit  exécuter  en 
1343.  Ce  manuscrit  qui  fait  aujourd'hui  partie  de  la  Biblio- 
thèque universitaire  de  Barcelone  a  été  scrupuleusement 
reproduit  par  Aguilô  y  Fuster  dans  sa  Biblioteca  Catalana. 
M.  Massô-Torrents  n'a  pas  signalé  notre  manuscrit  dans 
son  catalogue  des  Manuscrits  catalans  de  la  Biblioteca 
Nacional  de  Madrid. 


LXIV.    CHRONIQUES    GÉNÉRALES    D'ESPAGNE  405 


U 

(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  M,  n°  3,  d'après  Los  Rios  ;  Rocam.  n°  79; 
Biblioth.  Nat.  Madrid,  11-176) 

Juan  Fernândez  de  Heredia,  Grant  Cronica  de  Espanya. 
En  aragonais. 

Manuscrit  de  607  feuillets,  plus  18  de  tables  et  3  blancs, 
vélin,  réglé  à 32  lignes.  Minuscule  gothique  du  XIVe  siècle, 
à  deux  colonnes.  Miniatures,  rubriques  et  lettres  ornées. 
Ce  manuscrit  porte  la  trace  de  nombreuses  mouillures  qui 
ont  attaqué  surtout  le  bord  supérieur  des  feuillets.  Le  pre- 
mier feuillet  du  texte  est  orné  d'un  encadrement  en  or  et 
couleurs,  et  dans  le  bandeau  inférieur  on  distingue  un  écu 
d'armes  dont  les  pièces  ont  été  grattées,  mais  dont  on  re- 
connaît encore  le  champ  de  gueules .  La  grande  capitale  qui 
ouvre  le  texte  est  ornée  d'un  portrait  du  grand  maître  de 
l'Ordre  de  Saint- Jean-de-Jérusalem  sous  les  auspices  duquel 
fut  faite  cette  grande  compilation.  Format  430  X  290  mm. 
Reliure  moderne.  Au  dos  :  Heredia.  Cronica  de  Espana. 

Fol.  1.  Rubrique  de  la  table:  Esta  es  la  taula  o  sumaria 
annotaçion  de  los  libres,  rubricas  et  capitules  de  la  pri- 
mera partida  de  la  grant  cronica  de  Espanya.  La  primera 
partida  es  diuisa  en  XIII I  libros  principals  et  cascun  libro 
contiene  en  si  ciertos  capitoles  seyant  pareçe  speçificada- 
ment  en  la  prosecuçion  de  la  dicha  cronica.  Primerament 
es  el  proemio  de  la  présent  obra  de  las  gentes  que  poblaron 
Espanya  et  de  que  generaçion  fueron. 

Fol.  XVIII.  Dernière  rubrique  de  la  table  :  El  conplany- 
miento  o  lamentaçionfecha  por  la  destruction  de  Espanya 
et  perdicion  del  grant  et  noble  linatge  de  los  videgodos, 
seny  ores  et  possey  dores  de  aquella.  Et  es  la  fin  de  las  ru- 
bricas de  la  primera  partida.  Deo  gracias. 

Fol.  1.  Incipit  :  «  Esta  es  la  grant  et  verdadera  ystoria 
de  Espanya.,  segunt  se  trobaen  las  ystorias  de  Claudio  Tho- 
lomeo  e  segunt  se  troba  en  los  VII  libros  de  la  gênerai  ystoria 
que  el  rey  don  iUfonso  de  Castilla,  que  fue  esleydo  empe- 
rador  de  Roma,  conpilo,  el  quai  fizo  çercar  muchas  ystorias  et 
muchas  scripturas  de  las  cosas  antigas  que  hauian  passado 


406  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANK 

en  el  mundo  en  los  tiempos  passados,  spécialement  en  Ks- 
pagnya. . .  » 

Fol.  607.  Explicit  :  a  e  recobrar  la  tierra  segunt  que  se 
contiene  largamenten  la  segundapartida  de  aquesta  présent 
cronica  de  Espanya,  » 

Fol.  607.  B.  Rubrique:  Aqui  fenesçe  la  primera  par- 
tida.  de  la  grant  cronica  de  Espanya  conpilada  de  diuersos 
libroset  ystorias  por  el  muyt  reuerent  en  Cristo  padre  et 
senyor  don  Johan  Ferrandez  de  Eredia,  por  la  gracia  de 
Dios  de  la  sancta  casa  del  Espital  de  Sant  Johan  de  Jéru- 
salem maestro  humil  et  aguardadorde  los pobres  de  CrHsto. 
La  quai  cronica,  de  mandado  del  dicho  senyor,  yo  Aluar 
Ferez  de  Seuilla,  canonigo  en  la  cathedral  yglesia  de 
Jahen  escreui  de  mi  propia  mano.  Et  fue  acabada.  en 
Auinyon,  a  XIII  dias  del  mes  de  jenero,  el  anyo  del  nas- 
çimiento  de  nuestro  senyor  MCCC  et  LXXXV.  Deo 
grattas. 

Au  verso  du  deuxième  feuillet  de  garde  il  y  a  une  liste  de 
noms  de  lieu,  écrits  sur  deux  colonnes  en  cursive  du 
XIVe  siècle.  Incipit  :  «...  [is]te  sunt  ciuitates  et  castra 
quarum  nomina  sarraceni  mutauerunt...  »  Cette  liste  com- 
prend 26  noms  de  lieu  avec  la  traduction  castillane  en  re- 
gard. 

Sur  le  verso  du  dernier  feuillet  de  ce  manuscrit  on  a 
copié  un  calendrier  en  catalan.  Incipit  :  «  Die  XV  de  marc 
tro  a  V  de  abril,  que  son  XXII  dies,  lo  die  crex  una  hora.. .  s 

Ce  manuscrit  est  mal  folioté,  il  a  deux  feuillets  336,  ce 
qui  fait  que  le  feuillet  337  est  en  réalité  le  feuillet  338  ; 
cette  erreur  court  jusqu'à  la  fin.  Divisé  en  quatorze  livres 
et  sept  cent  deux  chapitres,  ce  volume  va  de  Tubal  au 
dernier  roi  visigotli  et  se  termine  par  une  Lamentaçion 
fechapor  la  destruyçion  de  Espanya  etperdiçion  del  grant 
et  noble  linage  de  los  videgodos. 

Les  ouvrages  historiques  dus  à  l'initiative  du  grand  maître 
de  Saint-Jean-de-Jérusalem  ont  été  étudiés  par  M.  Morel- 
Fatio  dans  l'intéressante  préface  qu'il  a  mise  en  tête  de  son 
édition  de  la  Chronique  de  Morêe  [Publications  de  la  So- 
ciété  de  r Orient  Latin,  série  historique,  t.  IV).  Amador  de 
los  Rios  s'en  est  occupé  à  plusieurs  reprises  (Obras  del 
Marqués,  p.  606;  Historia  critica,  t.  V,  p.  244,  et  ibidem, 


LXIV.    CHRONIQUES    GÉNÉRALES    d'eSPAGNK  407 

note  2).  La  vie  de  Juan  Fer nândez  deHeredia,  que  M.  Morel- 
Fatio  (/.  c.)  résume  en  quelques  pages,  a  été  racontée  par 
Herquet  dans  une  monographie  intitulée  Juan  Ferrandez 
de  Heredia,  Grossmeister  des  Johanniterordens  (1377- 
1396),  Mûhlhauseni.  Th.,  1878. 

V 

(Osuna:  Plut.  I.  Lit.  M,  n°  5,  d'après  Los  Rios;  Rocam.  n°  79; 
Biblioth.Nat.  Madrid,  Ii-175) 

Juan  Fernândez  de  Heredia,  Grani  Cronica  de  Espanya. 
En  aragonais. 

Manuscrit  de  284  feuillets,  plus  9  de  table,  5  blancs  au 
commencement  et  2  à  la  lin,  vélin,  réglé  à  34  et  35  lignes. 
Minuscule  gothique  du  XIVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Minia- 
tures, rubriques  et  lettres  ornées .  Le  premier  feui.Het  de  la 
table  est  enrichi  d'un  portrait  du  grand  maître  de  l'Ordre 
de  Saint-Jean-de-Jérusalem.  Ce  portrait  peint  dans  une 
grande  capitale  nous  montre  Heredia  tenant  son  livre  à  la 
main  :  il  est  vêtu  de  l'habit  de  son  Ordre  avec  la  croix  pattée 
de  Jérusalem  sur  l'épaule  droite.  Le  premier  feuillet  du 
texte  est  orné  d'un  encadrement  en  or  et  couleurs,  la  colonne 
A  est  presque  entièrement  vide,  l'enlumineur  devait  sans 
doute  y  répéter  le  portrait  du  grand  maître,  la  colonne  B  com- 
mence par  une  initiale  miniaturée,  représentant  le  petit  roi 
Alphonse.  Il  tient  à  la  main  une  oriflamme  quia  été  grattée, 
mais  on  distingue  encore  qu'elle  était  de  gueules  ;  on  re- 
trouve à  plusieurs  reprises  dans  l'intérieur  du  volume  cette 
oriflamme,  elle  est  rouge  et  porte  tantôt  la  croix  d'argent, 
tantôt  trois  châteaux  d'argent.  Dans  le  bandeau  inférieur 
du  premier  feuillet,  on  distingue  encore  unécu  d'armes  dont 
les  pièces  ont  été  imparfaitement  grattées,  on  peut  recon- 
naître que  ces  pièces  étaient  d'argent  sur  champ  de  gueules. 
Format  427  X£92  mm.  Reliure  moderne.  Au  dos  :  Cronica 
de  Espafîa, 

Fol.  I.  Rubrique  delà  table  :  Esta  es  la  taula  o  sumaria 
annotaçion  de  la  cronica  et  storia,  rubricas  et  capitules 
del  libro  de  la  terçera partida  de  Spanya,  etc. 

Fol.  IX.   Dernière  rubrique  de  la  table:  Aqui  conta  la 


408  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DR   SANTILLANE 

istoria  de  otras  cosas  que  se  auinleron  en  el  Real  de  los 
cristianos  et  de  la  prision  de  Algezira. 

Fol.  1.  Rubrique:  Aqui  comtença  la  coronica  et  ystoria 
del  noble  rey  don  Alfonsso  de  Castiella  e  de  Léon.  Et  como 
après  la  muert  del  rey  don  Fernando  su  padre  suçcedio 
enlos  regnos  de  Castiella  et  de  Léon  su  Jijo,  asti  rey  don 
Alfonso  et  de  las  grandes  diuisiones  que  fueron  sobre  la 
tudoria  del, 

Incipit  :  «  El  infant  don  Pedro  hermano  del  rey  don 
Fferrnando...  » 

Fol.  284  v°.  Explicit:  «  que  noauia  mester  su  vista.  » 

Rubrique  :  Finito  libro  sit  laus  et  gloria  Cristo,  scriptor 
est  talis  littera  diçit  qualis.  Ferdinandus  vocatur  qui 
scripsit  benedicatur.  Amen. 

Le  volume  qui  contenait  la  seconde  partie  de  cette  chro- 
nique est  perdu  et  n'a  peut-être  jamais  fait  partie  de  la 
bibliothèque  Osuna. 

W 

(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  M,  n°  6,  d'après  M.  Morel-Fatio;  Rocam.  n°  78  : 
Biblioth.  Nat.   Madrid,  Ii-173) 

Juan  Fernândez  de  Heredia,  1.  FI  libro  de  los  enpera- 
dores.  2.  El  libro  de  los f échos  et  conquistas  del princi- 
pado  de  la  Morea.  En  aragonais. 

Manuscrit  de  266  feuillets,  plus  2  feuillets  de  table, 
feuillets  de  garde  au  commencement  et  à  la  fin,  vélin, 
réglé  à  31  lignes.  Minuscule  gothique  du  XIVe  siècle,  à 
deux  colonnes.  Miniatures,  rubriques  et  lettres  ornées.  Le 
premier  feuillet  de  la  table  est  enrichi  d'un  portrait  du 
grand  maître  de  l'Ordre  de  Saint- Jean-de-Jérusalem.  Ce 
portrait,  peint  dans  une  grande  capitale,  nous  montre  Heredia 
vêtu  de  l'habit  de  son  Ordre,  la  tête  couverte  du  bonnet 
conique  des  moines  grecs.  Le  feuillet  est  orné  d'un  demi- 
encadrement  en  or  et  couleurs.  Cette  table  des  matières  est 
écrite  en  rouge  et  en  noir,  avec  changement  d'encre  toutes 
les  (juatre  lignes.  Le  premier  feuillet  du  texte  est  rehaussé 
d'un  encadrement  en  or  et  couleurs,  la  colonne  A  est  presque 
entièrement   vide  ;   cet   espace  était  sans  doute  destiné  à 


LXIV.    CHRONIQUES    GÉNÉRALES    D'ESPAGNE  409 

une  miniature  ou  à  une  rubrique.  Dans  le  bandeau  inférieur 
du  premier  feuillet  on  distingue  encore  un  écu  d'armes  dont 
les  pièces  ont  été  grattées.  Le  premier  feuillet  du  second 
ouvrage  que  contient  ce  manuscrit  est  orné  d'un  encadre- 
ment dans  le  bandeau  inférieur  duquel  se  trouve  Vécu 
d'armes  du  grand  maître  de  l'Ordre  de  Jérusalem,  qui  cette 
fois  n'a  pas  été  gratté.  11  est  écartelé,  aux  1  et  4  de  gueules, 
à  la  croix  d'argent,  qui  est  de  Saint-Jean-de-Jérusalem  ;  aux 
2  et  3  de  gueules,  à  trois  châteaux  d'argent  sommés  de  trois 
tours  de  même,  qui  est  Heredia.  Dans  une  capitale  ornée 
qui  ouvre  le  texte,  on  voit  un  guerrier  armé,  tète  nue,  qui 
tient  à  la  main  une  oriflamme  de  gueules  portant  une  croix 
d'argent.  Format  412  x  280  mm.  Reliure  moderne.  Au 
dos  :  Crônica  de  Espaha. 

I.  La  table  des  matières  du  premier  ouvrage  contenu  dans 
ce  manuscrit  est  précédée  d'une  sorte  de  préface  que  nous 
copions  ci-dessous  :  «  La  sauia discreçion  dénatura,  pensada 
la  flaqueza  de  lamemoriade  los  honbres,  por  tal  quepor  la 
diuturnidat  ho  largueza  de  los  tempos  las  cosas  que  ha  doc- 
trina  et  sauieza  pertenecen  por  defallimiento  de  oluidança  ho 
obliuion  no  subiaciessen,  ho  fuessen  oluidadas,  el  officio  de 
tabulario  ho  scriptor  fue  adinuento  ho  trobado,  por  el  quai  los 
deseos  de  los  grandes  senyores  et  las  notables  cosas  de  doc- 
trina  fuessen  escriptas  et  las  scripturas  après  luengament 
fuessen  conseruadas  en  aquel  (sic)  por  do  atendidas  estudio- 
sament  et  con  virtuose  ingenio  el  muy  reuerent  en  ihu.  xpo. 
padreetmagnifîcosenyor,  don  fray  Johan  Ferandez  de  He- 
redia, d'alta  recordacion,  por  diuinal  gracia  maestro  del 
hospital  de  sant  Johan  de  Jherusalem,  fizo  translatar  las  no- 
tables et  admirantes  autoridades  impresas  et  contenidas  en 
el  libro  de  los  enperadores  que  fueron  en  Grecia,  huno 
après  de  otro,  assi  como  se  sigue  coniunctament  et  inme- 
diada,  et  comiença  primerament  ha  Costantino  et  Eremi  su 
ermano  (sic)  ut  sequitur.  » 

Fol.  II.  Rubrique  finale  de  la  table  des  matières:  Ber- 
nardus  est  dictus  qui  scripsit,  sit  benedictus.  De  Jaqua 
vocatur  qui  scripsit ,  benedicatur.  Amen. 

Fol.  1.  Incipit  :  «  Apres  la  muerte  de  Theodosio  enpe- 
rador...  » 

Fol.  180.  B.  Explicit  :  «  et  non    es  ninguno  en  aquesti 


410  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DR   SANTILLANE 

mundo  que  sia  sin  reprenssion.  La  fin  del  enperador  sia  fin 

de  mi  istoria.  »  Ffinito  libre  sit  laus  et  gloria  C resta.  A  men. 

a  Lo  V  iorn  de  marc  fou  escrit  aquest  libre  en  l'any  de  la 
natiuitat  de  nostre  senyor  mcccxciii.  »  Bernardus  est 
dictas  qui  scripsit,  sit  benedictus.  De  Jaqua  vocatur  qui 
seripsit.  benedicatur.  Amen. 

II.  Fol.  183.  Incipit  :  «  En  el  tiempo  que  la  paz  fue 
fecha.  » 

Fol.  266.  A.  Explicit  :  «  Et  Dios  aya  su  anima.  Amen.  » 
Ffinito  libro  reddatur  gracia  xpo.  Amen. 

«  Aquesti  Libro  de  los  fechos  et  conquistas  del  princi- 
pado  de  la  Morea  fue  fecho  et  conpilado  per  comanda- 
miento  del  muyt  reuerent  en  Cristo  padre  et  senyor,  don 
fray  Johan  Ferrandez  de  He[re]dia,  por  la  gracia  de  Dios 
maestro  del  hospital  de  Sant  Johan  de  Jherusalem  et  fue 
conplido  et  acabado  de  escriuir  digous  a  XXIIII  del  mes  de 
octubre,  en  el  anyo  de  nuestro  senyor  MCCCXC  tercio.  » 
Bernardus  est  dictus  qui  scripsit,  sit  benedictus.  De  Jaqua 
vocatur  qui  scripsit,  benedicatur.  Amen. 

Le  deuxième  ouvrage  contenu  dans  ce  manuscrit  a  été 
publié  et  traduit  en  français  par  M.  Morel-Fatio  sous  le  titre 
suivant  :  Chronique  de  Morée  aux  XIIIe  et  XIVe  siècles, 
publiée  et  traduite  pour  la  première  fois  pour  la  Société  de 
l'Orient  Latin,  Genève,  1885.  Dans  la  préface,  déjà  citée,  de 
cet  ouvrage,  M.  Morel-Fatio  observe  que  la  première  partie 
du  manuscrit  qui  nous  occupe  contient  une  histoire  byzan- 
tine, «  certainement  tout  entière  traduite  du  grec  ou  du 
moins  compilée  d'après  un  texte  grec  ».  Pour  ce  qui  est 
du  dernier  chapitre  qui  traite  d'Alexis  Comnène,  M.  Morel- 
Fatio  constate  que  «  c'est  tout  simplement  une  version 
))  littérale,  avec  quelques  omissions,  des  chapitres  21  à  29 
))  du  livre  XIII  de  Y Epitome  historiarum  de  Jean  Zonaras, 
))  l'historien  byzantin  du  XIIe  siècle.  »  Quant  au  Livre  des 
faits  et  des  conquêtes  de  la  principauté  de  Morée, 
M.  Morel-Fatio  a  démontré  qu'il  «  appartient  incontesta - 
»  blement  à  la  famille  delà  Chronique  de  Morée  et  a  pour 
)>  très  proches  parents  le  Livre  de  la  conqueste  [français] 
»  el  la  chronique  métrique  [grecque]  »,  mais  que  son  «pro- 
»  totype  immédiat  ne  doit  être  cherché  ni  dans  celui-là  ni 
))  dans  celle-ci.  » 


LXIV.    CHRONIQUES   GÉNÉRALES   D'ESPAGNE  411 

X 

(Osuna:  Plut.  I.  Lit.  M,  n°  4,  d'après  Los  Rios  ;  Rocam.  n°  78  ; 
Bibioth.  Nat.  Madrid,  Ii) 

Juan  Fernândez  de  Heredia,  Grant  coronica  de  los  con- 
qutridores.  En  aragonais. 

Manuscrit  de  426  feuillets,  plus  13  feuillets  de  table, 
vélin,  réglé  à  35  lignes.  Minuscule  gothique  du  XIVe  siècle, 
à  deux  colonnes.  Miniatures,  rubriques  et  lettres  ornées.  Le 
premier  feuillet  de  la  table  est  enrichi  d'un  portrait  du 
grand  maître  de  l'Ordre  de  Saint- Jean- de- Jérusalem.  Ce  por- 
trait, peint  dans  une  grande  capitale,  nous  montre  Heredia 
vêtu  de  l'habit  de  son  Ordre,  la  croix  de  Jérusalem  qui 
ornait  son  manteau  a  été  grattée.  Le  premier  feuillet  du 
texte  est  encadré  d'ornements  en  or  et  couleurs.  La 
colonne  A  est  vide,  on  devait  sans  doute  y  écrire  la  rubrique 
du  premier  livre.  Format  418  X  289  mm.  Reliure  moderne. 
Au  dos  :  Cronica  de  Espana. 

Fol.  I.  Préface  de  la  table  des  matières  :  In  nomine 
domini  nostri  ihu  xpi,  amen,  «  Esta  es  la  taula  o  sumaria 
annotaçion  de  los  libros,  rubricas  et  capitules  de  la  segunda 
partida  de  la  grant  coronica  de  los  conquiridores,  la  quai 
contiene  en  si  XVIII  libros  principales,  segunt  el  numéro 
de  XVIII  entre  emperadores,  reyes,  monarchas,  prin- 
cipes et  illustres  varones,,  los  mas  famosos  et  virtuosos 
que  se  troban  que  ayan  senyoreado  et  conquerido  regnos, 
tierras  et  prouincias  por  diuersas  partidas  del  mundo,  los 
quales  el  muyt  reuerent  en  Cristo  padre  et  senyor  don 
fray  Johan  Ferrandez  de  Heredia,  por  ,  la  gracia  de  Dios, 
maestro  de  la  orden  del  hospital  de  sant  Johan  de  Jheru- 
salem,  trobo  en  los  ystoriales  por  las  lures  gestaset  mémo- 
rables fechos  auer  senyoreado  senyaladament  en  el  mundo 
por  las  lures  virtudes.  Et  por  tal,  como  el  dicho  senyor 
maestro  en  la  su  vida  siempre  loho  et  alabo  los  fechos  de  los 
grandes  conquiridores  et  principes,  por  aquesto  el  ordeno 
et  fizo  la  présent  cronica,  en  la  quai  epiligo  (sic)  ciertos 
principes  los  quales  el  fizo  sacar  de  diuersas  ystorias  et 
appartar  de  entre  las  otras  cosas,  assi  como  aquellos  qui  en 
spécial  perrogatiua  d'armas  esclarescieron  en   el  mundo  et 


412  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

merescieron  por  sus  valencias  et  virtudes  seyer  dichos  con- 
quiridores.  Et  comiença  esta  segunda  partida  en  Antonio, 

rey  de  Orient,  et  fenece  en  el  rey  don  Jayme  de  Aragon.  » 

Rubrique:  Primerament  de  quai  linage  mené  et  fue 
Antonio,  et  de  las  sus  grandes  valencias  et  ardidezas,  et 
de  como  prendio  la  grant  ciudat  qu'es  clamada  el  Pel- 
lusio. 

Fol.  XIII  v°.  Dernière  rubrique  de  la  table  :  De  la  muert 
del  glorioso  rey  don  Jayme. 

Fol.  1.  Incipit:  «  El  auuello  desti  fue  Antonio  el  recto- 
rico ...» 

Fol.  426  v°.  Explicit  :  «  el  quai  por  su  sancta  misericordia 
quiera  collocar  la  su  anima  con  los  sus  electos  en  gloria 
perdurable.  Amen.  » 

Voici  la  liste  des  noms  qui  intitulent  les  dix-huit  livres 
de  cette  chronique  :  Antonio  ;  César  Octauiano  ;  Tiberi, 
emperador  ;  Trajano,  emperador  ;  Alexandre  Aurelio  Seuero, 
emperador;  Costantino,  emperador;  Theodosio,  emperador; 
Attila,  rey  de  los  huncnos;  Theodorico;  Alboyn,  rey  de  los 
longobardos  ;  Eracles,  emperador;  Karles  Martel,  rey  de  los 
francos  ;  Karles  Magno,  primero  emperador  de  los  f rancos  ; 
Vaspasiano  et  Titus,  fillo  suyo  ;  Tarih  et  Muça,  moros  ; 
Cangiscan,  emperador  et  rey  primero  de  los  tartares  ;  Don 
Fernando  de  Castiella  et  de  Léon  ;  Don  Jayme  de  Aragon. 

M.  Morel-Fatio  (/.  c.)  dit  que  la  seule  étude  des  rubriques 
de  ce  manuscrit  lui  a  permis  de  constatera  que  le  livre  Ier, 
»  qui  traite  d'Antoine,  et  plusieurs  chapitres  du  livre  II, 
))  qui  traite  d'Auguste,  ont  été  empruntés  à  la  vie  d'An- 
o  toine  par  Plutarque,  et,. comme  l'indiquent  les  rubriques, 
))  à  la  traduction  aragonaise  de  cette  vie  »  et  «  que  le 
))  livre  XVI  sur  Gengiskhan  n'est  qu'une  adaptation  de  la 
»  troisième  partie  de  la  Fleur  des  histoires  d'Orient  de 
»  Héthoum,  qui  parle  des  Tartarins  et  de  leurs  terres  et 
»  de  leurs  guerres,  et  des  terres  qu'ils  ont  acquises,  et  que 
»  le  XVIIe  et  le  XVIIIe  sont  une  transcription  littérale,  en 
))  tout  cas  une  copie  très  légèrement  modifiée  des  chro- 
))  niques  royales  de  saint  Ferdinand  et  de  Jacques  Ier 
))  d'Aragon.  »  Ceci  suffit  à  démontrer  la  maigre  valeur  de 
cette  compilation. 


LXV 


ALPHONSE  LE  SAVANT 


(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  M,  n°  51  ;  Rocam.  n°  8  ;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-4) 

Alphonse  le  Savant,  Fuero  de  las  leyes.  En  castillan. 

Manuscrit  de  128  feuillets,  vélin,  plus  2  feuillets  de  garde, 
papier,  réglé  à  22  lignes.  Grosse  écriture  du  XVe  siècle, 
à  deux  colonnes.  Rubriques,  capitales  rouges  et  bleues. 
Format  210  X  150  mm.  Reliure  de  veau  naturel,  tranche 
rouge.  Au  dos  :  Libro  de  las  leyes. 

Fol.  1.  Rubrique  :  Este  es  el  libro  del  fuero  de  las  leyes 
que  dio  el  noble  rrey  don  Alfonso,  que  Dios  de  uida,ftjo 
del  noble  rey  don  Fernando,  que  Dios  perdone,  amen. 

Incipit  :  «  En  el  nonbre  de  Dios  amen.  Por  quanto  los 
coraçones  de  los  onbres. . .  » 

Fol.  128,  B.  Explicit  :  «  tenudos  de  dar  nada.  » 

Rubrique  :  Finito  libro.  Este  libro  fue  fecho  et  acabado 
en  Valladolit  por  mandado  del  rey  don  Alfonso,  XXV  dias 
andados  del  mes  de  Agosto,  era  de  millet  CC  et  XCIII, 
en  el  aflo  que  don  Doart  fue  primer o  heredero  del  rey 
Anrich  de  Ynglaterra,  recibio  caualleria  en  Burgos  del 
rey  don  Alfonso. 

Rocamoradans  son  Caldlogo  Abreviado,  p.  4,  n°  8,  ajoute 
à  sa  très  courte  notice  de  ce  manuscrit  le  N.  B.  suivant  : 
((  De  este  côdice  se  sirviô  la  Academia  de  la  Historia  en  la 
»  publicaciôn  de  los  Opûsculos  légales.  Tiene  bastantes  va- 
»  riantes.  » 


414  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 


B 

(Osuna  :  Plut.  I.  Lit.  M,  n°  11  ;  Rocam.  n°  9  ;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-5) 

Alphonse  le  Savant,  Especulo.  En  castillan. 

Manuscrit  de  199  feuillets  plus  5  feuillets  de  table  et 
1  blanc,  papier,  non  folioté.  La  table  est  écrite  à  pleines 
lignes,  le  texte  à  deux  colonnes.  Écriture  de  la  fin  du 
XIVe  siècle.  Les  chapitres  de  ce  manuscrit  sont  numérotés, 
ces  numéros  occupent  le  haut  des  rectos  et  les  numéros  des 
livres  le  haut  des  versos.  Rubriques,  espaces  blancs  pour 
capitales.  Plusieurs  feuillets  sont  très  endommagés.  Format 
310  x  246  mm.  Reliure  moderne. 

Le  premier  feuillet  très  diminué  par  l'usure,  a  été  collé 
sur  papier  blanc,  il  contient  des  fragments  de  textes  de  loi 
de  différentes  écritures  des  XIVe  et  XVe  siècles. 

Fol.  1.  Rubrique:  Especulo,  et  au-dessous  :  Este  es  el 
libro  del  ffuero  que  ffizo  el  rrey  don  Alffbnso ,  ffijo  del  muy 
noble  rrey  don  Ffernando  e  de  la  muy  noble  rreyna  dona 
Beotriz,  el  quai  es  llamado  especulo ,  que  quiere  tanto  dezdr 
como  espeio  de  todos  los  derechos . 

Incipit  :  «  [E]n  el  nonbre  de  Dios  padre . . .  » 

Fol.  199.  A.  Explicit:  «  estonçe  bien  sse  puede  alçàr  la 
parte  contra  quien  reuocassen  los  juyzios.  » 

Livre  I,  fol.  1  ;  liv.  II,  fol.  6  v°  a";  liv.  III,  fol.  34  v°  B; 
liv.  IV,  fol.  55  v°  A  ;  liv.  V,  fol.  121  B. 

Les  derniers  feuillets,  et  surtout  les  feuillets  197,  198, 
199,  sont  très  endommagés  ;  les  deux  derniers  sont  collés 
sur  des  feuillets  nouveaux,  ce  qui  en  rend  le  verso  illisible, 
ce  ne  sont  plus  que  des  fragments  de  feuillets .  Entre  les 
feuillets  197  et  198  se  trouvent  2  feuillets  de  papier  et 
1  feuillet  de  notes,  qui  n'ont  rien  à  voir  avec  le  contenu  du 
volume. 

Cet  ouvrage  a  été  publié  par  l'Académie  de  l'Histoire  dans 
sa  collection  de  textes  législatifs. 


LXV.    ALPHONSE   LE   SAVANT  415 

C 

Alphonse  le  Savant,  Especulo.  En  castillan. 
Cf.  Notice XLV,  ms.  Ii-136. 

D 

Cf.  Notice  LXIV,  Primera  Crônica  gênerai  et  Grande  y 
General  Historia.  En  castillan. 


LXVI 


ORDONNANCES 


(Rocam.  n°  11  ;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Heserv.  5a-14) 
Ordenamiento  de  Alcalâ.  En  castillan. 

Manuscrit  de  41  feuillets,  vélin,  réglé  à  35  lignes. 
Écriture  de  la  fin  du  XIVe  siècle,  à  deux  colonnes.  Ru- 
briques, capitales  enluminées.  Format  313  x  222  mm.  Re- 
liure moderne,  avec  la  couronne  et  le  chiffre  du  duc  d'Osuna. 
Au  dos  :  Ordenamiento  de  Alcalâ. 

Le  texte  ouvre  par  une  lettre  ornée  dans  laquelle  le  roi 
Alfonse  XI  est  représenté  en  type  de  majesté,  assis  sur  son 
trône,  couronne  en  tête,  tenant  le  sceptre  d'une  main  et  de 
l'autre  le  globe.  Une  autre  miniature  se  trouve  au  fol.  23  v° 
A,  elle  représente  la  tête  d? Alfonse  X  el  enperador,  portant 
la  couronne  impériale.  Sur  un  feuillet  de  garde,  nous  trou- 
vons la  table  des  titulos  de  Y  Ordenamiento,  qui  occupe  les 
2  colonnes  du  recto  et  la  colonne  A  du  verso.  Dans  les 
marges,  sur  des  bandelettes,  respectées  par  le  relieur,  il  y  a 
des  indications  de  contenu,  la  tranche  de  ces  bandelettes 
est  dorée,  ce  qui  indique  que  ce  manuscrit  devait  être  pri- 
mitivement tout  entier  doré  sur  tranche  et  qu'il  a  été  fort 
maladroitement  rogné. 

Fol.  1.  A.  Incipit  :  «  En  el  nombre  del  Padre  et  del  fijo 
et  del  espiritu  santo,  que  son  très  personas  et  un  Dios,  porque 
la  iustiçia  es  muy  alta  virtut  . . .  » 

Fol .  41  v°.  A.  Explicit  :  «  Et  destas  nuestras  le[y]esman- 
damos  fazer  un  libro  et  seellar  lo  cônnuestro  seello  de  oro, 


LXVI.    ORDONNANCES  417 

para  tener  en  la  nuestra  camara.  Et  otros  seellados  con 
nuestro  seello  cle  plomo,  que  embiemos  a  las  çibdades,  et 
villas,  et  logares  de  nuestro  senorio,  de  los  quales  es  este 
uno.  Dado  en  las  cortes  de  Alcala  de  Henares,  veynte  et 
ocho  dias  de  febrero.  Era  de  mill  et  trezientos  et  ochenta 
et  seys  aùos.  A  treynta  et  seys  anos  del  nuestro  regnado,  et 
a  ocho  anos  que  vençimos  los  reyes  de  Benamrin  et  de  Gra- 
nada.  Et  a  çinco  anos  que  ganamos  la  muy  noble  çibdat  de 
Algezira.  » 

((  Nicolas  Gonçalez  lo  escriuio.  » 

B 

(Rocam.  n°  10;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-31) 

Orclenamientos .  En  castillan. 

Manuscrit  de  183  feuillets,  plus  2  feuillets  de  garde,  pa- 
pier cebti.  Écriture  du  XIVe  et  du  XVe  siècle.  Rubriques 
et  capitales  grossières.  Format  251  x  166  mm.  Reliure  mo- 
derne avec  la  couronne  et  le  chiffre  du  duc  d'Osuna.  Au 
dos  :  Orclenamientos . 

Fol.  1.  Rubrique:  In  Dey  nomme  amen.  Prymero  or- 
denamiento  ciel  rey  don  Alfonso  que  fizo  en  Valladolid 
(12  décembre,  ère  de  1363). 

Incipit  :  «  Sepan  quantos  este  guaderno  vieren ...» 

Fol.  10.  Ordenamiento  de  Madrid  (9  août,  ère  de  1367). 

Fol.  27  v°.  Note  du  XVe  siècle  :  Falta  (en  el  ordenamiento 
del  consejo  esta)  un  ordenamiento  cle  la  Vanda  que  jizo  el 
dicho  rey  don  Alfonso,  era  de  1368. 

Fol.  28.  Ordenamiento  de  Segouia  (30  mai,  ère  de  1385). 

Fol.  37.  Note  du  XVe  siècle:  Falta,  un  ordenamiento  pe- 
queno  deste  rey  don  Alfonso,  que  jizo  de  las  penas  que  per- 
tenesçen  a  su  camara. 

Fol.  37  v°.  Aqui  comiencan  los  XXX  e  dos  titulos  de  las 
leyes  nueuas,  que  el  rey  don  Alfonso  jizo  en  Alcala  de 
Henares,  en  las  cortes. 

Fol.  41.  Ordenamiento  del  rey  don  Alfonso  en  Alcala 
de  Henares,  emendado  por  el  rey  don  Pedro  sujijo  (Val- 
ladolit,  19  septembre,  ère  de  1389  ;  Alcala  de  Henares,  28  fé- 
vrier, ère  de  1386) . 

27 


418  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

Fol.  78.  Petiçiones  de  Alcala  de  Henares,  porelrey  don 
A  IJonsoJechas . 

Fol.  93  v°.  Ordenamiento  de  Seuilla  (Alcala  de  Henares, 
8  mars,  ère  de  1386). 

Fol.  95.  Note  du  XVe siècle:  Aquifalta  el  ordenamiento 
que  fizo  el  rey  don  Pedro  en  Valladolid  de  petiçiones  géné- 
rales, el  die  ho  ano.  Falta  otro  hordenamiento  del  rey  don 
Alfonso  en  Léon,  enJunio,  era  de  387 ,  de  petiçiones  e  de 
como  e  en  que  manera  han  de  poner  en  las  cartas  Léon  e 
Toledo . 

Fol.  95  v°.  P rimer o  ordenamiento  del  rey  don  Enrrique, 
que  fizo  en  las  cortes  de  Burgos  (dimanche  7  février,  ère  de 
1405). 

Fol.  100  v°.  Ordenamiento  del  rey  don  Enrrique,  que  Jizo 
en  Toro  (1er  septembre,  ère  de  1407). 

Fol.  107.  Ordenamiento  de  la  casade  la  cha[ri]çelleria, 
fechoporel  rrey  don  Enrrique. 

Fol.  111.  Ordenamiento  del  rey  don  Enrrique,  j écho  en 
Alcala  (Alcala  de  Henares,  26  juin,  ère  de  1408). 

Fol.  112.  Ordenamiento  delrey  don  Enrrique  de  las  cortes 
de  Toro  (4  septembre,  ère  de  1409) . 

Fol.  119.  Petiçiones  que  al  rey  don  Enrriquefueronfechas 
en  las  cortes  de  Toro  (10  septembre,  ère  de  1409). 

Fol.  126  v°.  Petiçiones  fechas  al  rey  don  Anrrique  en 
las  cortes  de  Toro  por  los p[re~\lados  e  clerezia  de  sus  regnos, 
el  ano  e  era  de  mille  quatroçientos  e  IX  anos  (15  septembre, 
ère  de  1409). 

Fol.  130.  Ordenamiento  del  rey  don  Enrrique  f écho  en 
Toro  (10  novembre,  ère  de  1411) . 

Fol.  132  v°.  Ordenamiento  delrey  don  Enrrique  que  Jizo 
en  Burgos  (26  avril,   ère  de  1412) . 

Fol.  136.  Ordenamiento  que  fizo  el  rey  don  Enrrique  en 
Burgos  (12  novembre,  ère  de  1415). 

Fol.  139  v°.  Ordenamiento  del  rey  don  Johan  de  las  cortes 
de  Burgos  (8  août,  ère  de  1417). 

Fol.  141.  Petiçiones  Jechas  al  rey  don  Johan  en  las  cortes 
de  Burgos  (10  août,  ère  de  1417). 

Fol.  149  v°.  Ordenamiento  de  las  cortes  de  Soria  delrey 
don  Johan  feclio  (18  septembre,  ère  de  1416). 

Fol.  154.  Note:  Aquijalta  otro  ordenamiento  deldicho 


LXVI.    ORDONNANCES  419 

rey  don  Johan,  fecho  en  Alcala  de  Henares,  de  la  venta 
de  las  sacas  de  los  diesmosde  los  ganados. 

Fol.  155.  Ordenamiento  de  las  cortes  de  Valladolid  del 
rey  don  Johan  (1er  septembre  1385,  ère  chrétienne). 

Fol.  164.  Ordenamiento  del  rey  don  Johan  en  el  ayun- 
tamiento  de  Segoula  (1386,  ère  chrétienne). 

Fol.  173.  (Écriture  carrée  du  XVe  siècle).  Ordenamiento 
de  Briuiesta  del  rey  don  Juan. 

Fol.  183.  Explicit:  «  que  vosotros  sabiades  muy  bien  las 
cosas  en  que  nos  erades  tenidos  de  (et  ajouté  d'une  autre 
main)  guardar.  » 


(Rocam.  n°61;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-111) 
Constiiucions  gênerais  de  Cathalunya.  En  catalan. 

Manuscrit  de  309  feuillets,  papier  et  vélin,  plus  1  feuillet 
de  garde.  Écriture  du  XVe  siècle.  Rubriques  et  petites 
lettres  ornées.  La  préface  de  cet  ouvrage  est  en  latin,  le 
reste  en  catalan.  Format  281  X  206mm.  Reliure  moderne. 
Au  dos  :  Constitua ones  de  Cataluîïa. 

Le  feuillet  de  garde  porte  la  rubrique  suivante  :  Consti- 
iucions gênerais  de  Cathalunya,  usatges  de  Barchenona, 
capitols  de  corts  gênerais  ab  les  comemoracions  de 
P.  Albert,  e  costumes  e  constiiucions  arromançades  de  paie 
e  de  treuae  situades  sobs  cong[r]uens  titols  segons  la  orde 
del  codi. 

Fol.  1.  Incipit  :  «  Nos  Martinus  Dei  gratia  Rex  Ara- 
gonum . . .   )) 

Fol. 4.  Explicit:  «  Datum  Barchenone XX VHP  die  marcii, 
annoanatiuitate  domini  millesimo  CCCCmo  nono,  regnique 
mei  XIII0.  »  Les  feuillets  5,  6,  7,  sont  blancs.  Fol.  8.  Ru- 
brique :  Rubriques  o  titols  del  primer  libre.  Ce  volume  est 
divisé  en  dix  livres . 

Fol.  309  v°.  Explicit  :  «  salaris  als  dits  oficials.  »  Qui  es- 
cripsit  escribat  semper  cum  domino  viuat,  Genesius  vocatur 
qui  escripsit  benedicatur.  Bernardus  qui  scripsit  benedU 
catur,  amen.  Amen,  Deo  grattas 9  amen. 


420  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

La  dernière  pièce  contenue  (huis  ce  recueil  est  datée  de 
1432.  Sur  le  feuillet  de  garde  on  lit  cette  note  :  a  Compri  yo 
Père  Johan  deConesalas  presens  costitucions,  per  preu  de 
IV  llibres  VIII  sueldos,  per  mans  de]  bedel  de  la  son  santa, 
23del  mes  de  desinbre,  any  MCCCCXXXXIII.  »  Suit  un 
seing  manuel  suivi  de  quelques  mots  dont  les  seuls  lisibles 
sont  :  «  liber  iste  michi  et  Loti. .  .  »  Ce  manuscrit  n'est  pas 
signalé  par  M.  J.  Massô  Torrents  dans  son  catalogue  des 
manuscrits  catalans  de  la  Bibliothèque  Nationale  de  Madrid. 


*LXVII 


GIL  DE  ZAMORA 

(Rocam.  n°  120;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  IM40) 
Gil  de  Zamora,  Alabanças  de  Espana.  En  castillan. 

Manuscrit  de  120  feuillets,  papier.  Écriture  du  XVe  siècle. 
Ni  rubriques,  ni  capitales.  Format  203  x  142  mm.  Reliure 
moderne. 

Fol.  1.  Incipit  :  a  Al  serenisimo  seûor  suyo  el  infante  don 
Sancho,  fijo  mayor  eheredero  del  muy  ylustre  rey  don  Al- 
fonso,  fray  Juan  Gil,  frayle  menor  en  Çamora,  doctor  in- 
digno,  su  homill  escriptor. . .  » 

Cette  préface  finit  au  verso  du  premier  feuillet  ;  elle  est 
suivie  de  la  table  des  chapitres  de  tout  l'ouvrage. 

Fol.  2.  v°.  Rubrique:  Comiença  el primero  trabtado  de  la 
poblaçion  de  Espana.  Incipit  :  «  Espaûa,  commo  cuentan 
sant  Geronimo  e  sant  Esydro . . .   » 

Fol.  219  v°.  Explicit:  «  los  infinitos  siglos.  Amen.  » 

Ce  manuscrit  contient  une  traduction  castillane  du  De 
praeconis  Hispaniae  de  frère  Juan  Gil  de  Zamora,  faite 
probablement  à  la  prière  du  marquis  de  Santillane.  En 
tout  cas  Inigo  Lopez  de  Mendoza  a  possédé  ce  volume  et 
s'en  est  servi.  Nous  avons  relevé  dans  les  marges,  malheu- 
reusement trop  rognées,  de  ce  manuscrit  le  signe  que  le 
Marquis  a  employé  pour  marquer  dans  le  Dante  de  Villena 
(Cf.  Notice  XLVII)  et  dans  le  Boccace  de  Paris  (Cf.  Notice 
XLIX)  les  passages  qui  l'ont  frappé.  Nous  retrouvons 
aussi  en  marge  des  Alabanças  les  mains  que  nous  avons 
remarquées  dans  la  Divine  Comédie  et  dans  le  Liber  de 
Montibus. 

Voici  la  liste  des  feuillets  sur  lesquels  nous  avons  vu  le 


422  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

signe  du  Marquis  :  fol.  20  v°  ;  fol .  21  ;  fol .  26  v°  ;  fol .  29  ; 
fol.  30  v°;  fol.  31  v°;  fol.  97;  fol.  107  v°.  Los  passages  qui 
ont  attiré  l'attention  du  marquis  de  Santillane  sont  on 
d'érudition  ou  de  morale.  Elio  emperador;  se  cuenta  de  los 
consules  de  los  romanos  ;  dixo  Aristoteles  ;  refrenar 
apetitos  bestiales,  et  naturellement  il  a  lu  attentivement  les 
endroits  où  Gil  de  Zamora  a  cité  Sénèque.  On  remarque 
aussi  des  mots  écrits  en  surcharge  et  d'autres  corrections 
légères  delà  main  du  Marquis.  Enfin,  le  feuillet  120  est 
occupé  par  un  brouillon  de  vers  d'Inigo  Lopez,  dont  l'ins- 
piration est  due  aux  chapitres  IV  et  V  des  Alabanças  :  IV0 
e  quinto,  tratando  de  la  honistad  (sic)  e  santidad  de  los  va- 
rones  de  espana.  Le  fragment  de  ce  chapitre  qui  plus  spé- 
cialement a  dicté  ses  vers  à  Iûigo  Lopez  de  Mendoza  se 
trouve  au  fol.  97  v°;il  est  marqué  d'un  trait,  ce  trait  se 
prolonge  jusqu'au  bas  du  feuillet  98  où  commence  le  cha- 
pitre intitulé  :  De  très  noblesas  que  deven  aver  los  reyes. 

Nous  transcrivons  ici  le  morceau  dont  s'est  servi  le  Mar- 
quis : 

(<  e  fueron  otras  personas  muy  famosas  en  Espana  que  onrraron 
mucho  la  yglesia  de  Dios,  aunque  non  fueron  canonisados  por 
santos,  commo  Ydalio obispo de  Barcelona,  Talo  obispo  de  Çaragoça 
et  Vfemio  de  Tarragona,  Mausona  de  Merida,  Parcardo  de  Braga, 
Eladio  e  Eugenio,  Julian  arçobispos  de  Toledo,  Fulgençio,  her- 
mano  de  Leandre,  obispo  astigitano  seiialado  de  vida  e  dotrina, 
Martin  Dumiense,  onrra  de  la  gente,  su  vida  dellos  et  su  estola 
diadema  e  corona  de  la  yglesia,  su  sabiduria  pas  de  muchos, 
su  lengua  ynformaçion  de  disciplina,  sus  manos  para  acorro  de 
pobres,  e  su  coraçon  para  conpasion  de  omildes,  su  çinta  selo  e 
amor  de  fe,  e  sus  armas  para  persecuçion  de  blasfemia.  Bien  aven- 
turada  tierra  que  sigue  e  asemeja  fe  de  tamanos  padres  e  sige  la 
santidat  en  que  se  fasefermosa  su  prudençia,  bien  aventurados  los 
principes  e  perlados  que  por  personas  tan  santas  e  muy  claras  de 
sangre  e  de  linaje  tomaron  las  leyes  sagradas  de  Dios,  porque  ellos 
asemejen  en  obra  e  en  dotrina  e  en  fe  a  tan  santos  varones,  e  sobre 
todas  las  cosas  fagan  reverençia  a  aquelpor  el  que  los  reyes  reynan 
e  los  que  fisieron  las  leyes  determinan  las  cosas  justas,  en  cuya 
mano  estan  los  poderyos  de  todos  e  los  derechos  de  todos,  los 
reynos  cuyo  reyno  es  el  reyno  de  todos  los  siglos  e  seriorio  en  toda 
generaçion  e  generaçion,  el  es  criador  de  todas  las  cosas,  todo  pode- 
roso  e  rey  potente  e  mucho  de  temer  que  se  asienta  sobrel  trono  e 
judga  el  senor.  » 


LXVII.    GIL   DE    ZAMORA  423 

Voici  ce  que  le  Marquis  a  fait  de  ce  passage  : 

«  fueron  varones  de  mucha. . . 

eugenio  arcobispo  tolo 

claros  por  obras  e  de  grant  çiençia 
ladio  asimesmo  e  juliano 
digniflcados  de  la  sacra  silla 
fulgençio  obispo  digno  astigi. . .  » 

Ayant    biffé   ce  commencement,   le  Marquis  récrit  ces 
vers(!)  au-dessous,  sans  toutefois  les  améliorer: 

«  fueron  varones  de  grant  sapiençia 

eugenio  arcobispo  toledano 

julian  dalio  (1)  e  de  grant  prudençia 

fulgençio  obispo  astigitano 

. . .  que  era  con  los.  . .  y  afable  (2), 

cuyos  estudios  non  fueron  en  vano 

mas  esforçando  nuestra  sancta  fe 

en  los  concilios  conclaues 

contra  la  seta  de  los  arrianos 

tu  nuestro  lucas  sabes  como  fue[ron]  (3) 

en  grant  conformidat  e  muy  cercanos, 

fueron  estos  con  el  buen  dalio  en  ausona  (??)  (4) 

pontifeses  de  los  meridianofs] 

dalio  asimesmo  el  de  barcelona 

assi  commo  poniendo  el  fecho  alla  muestra  (5) 


eufemio  que  fue  de  tarra. 


eufemio  varon  de  ta. . . 

nos  fizoel  de  tarragon[a] 

eufemio  asi  bien  de  tarragona.  » 

Le  seul  commentaire  que  Ton  puisse  faire  âe  cette 
étrange  élucubration  est  d'y  mettre  un  point  d'interrogation. 
Et  pourtant  elle  est  curieuse,  parce  qu'elle  nous  montre  à 
l'œuvre  la  muse  érudite  du  marquis  de  Santillane. 

1.  Idalio. 

2.  Il  y  a  là  des  mots  biffés  et  des  mots  corrigés  en  surcharge  qui  sont 
également  illisibles. 

3.  Même  remarque  que  pour  la  note  2. 

4.  Le  relieur  a  trop  rogné  la  marge. 

5.  En  surcharge  :  «  commo  que  enpone  su.  » 


LXVIII 


FRANCESGH  EXIMENIS 


(Osuna  :  Plut.  III.  Lit.  N,  n°  23;  Rocam.  n°  212;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  Ii-101) 

Francesch  Eximenis,  Natura  Angelica.  En  castillan. 

Manuscrit  de  128  feuillets,  vélin  et  papier,  plus  3  feuil- 
lets blancs  au  commencement  et  1  à  la  fin,  non  folioté. 
Écriture  du  XVe  siècle.  Rubriques  et  capitales  dessinées  à 
la  plume.  Format  350x265  mm.  Reliure  de  parchemin. 

Fol.  I.  Rubrique  :  Capitulo primer o  que  propone  breue  e 
en  gênerai  la  altesa  de  la  angelical  natura. 

Incipit:  «  Angelical  natura  es  tan  al  ta...» 

Fol.  128  v°.  Explicit  :  «  E  con  tanto  sea  con  vos  ihu. 
xpo.  por  la  su  clemencia.  » 

Rubrique  :  Alfonso  de  Çamora,  bachiller  en  decretos, 
me  escriuio,  a  seruiçio  primeramente  de  Dios  e  de  la 
sienpre  virgen  maria  su  madré,  e  del  senor  e  estrenuo  ca- 
uallero  Yhiyo  Lopes  de  Mendoza,  senor  de  la  Vega.  Este 
libro  se  intitula  natura  angelica. 

Cet  Alfonso  de  Zamora  est  le  même  qui  a  copié  la  tra- 
duction castillane  de  l'Ovide  moralisé  de  Pierre  Bersuire 
que  contient  le  manuscrit  Ii-97  de  la  Bibliothèque  Natio- 
nale de  Madrid  (Cf.  Notice  XII).  Nous  remarquons  dans  ces 
deux  volumes  la  même  écriture  grande  et  claire,  la  même 
ornementation  élégante  des  lettres  capitales.  La  beauté  de 
son  écriture  n'empêche  d'ailleurs  pas  Alfonso  d'être  assez 
négligent,  et  ses  copies  en  donnent  plus  d'une  preuve. 

Le  Bachiller  Alfonso  Gomez  de  Çamora,  auquel  le  mar- 


LXVIII.    FRANCESCH    EXIMENIS  425 

quis  de  Santillane,  alors  seulement  seigneur  de  la  Vega, 
confie  la  mise  en  castillan  d'un  Paul  Orose  aragonais 
(cf.  notice  XXIX)  ne  fait  probablement  qu'un  avec  le 
copiste  Alfonso  de  Zamora  in  decretis  bachalarius.  M.  Ce- 
sâreo  Fernândez  Duro,  dans  sa  Coleccion  bibliograjïco-bio- 
grafica  de  noticias  referentes  à  la  provtncia  de  Zamora 
(Madrid,  1891,  p.  565,  n°  1283),  indique  simplement  la 
présence  de  ces  deux  manuscrits  dans  le  fonds  Osuna.  Il 
ne  nous  dit  rien  sur  la  vie  de  cet  Alfonso  qui  ne  figure  pas 
dans  la  Bibliotheca  de  Nicolas  Antonio . 

On  sait  que  le  De  Natura  Angelica  de  Francesch  Exime- 
nis,  composé  en  1382  et  dédié  à  Père  d'Artes,  mestre  ra- 
cional  du  roi  Jean  Ier,  fut  imprimé  en  catalan  dès  1494;  en 
1434,  il  fut  traduit  en  castillan  sous  les  auspices  de  Fr.  Mi- 
quel  de  Cuenca  et  de  Fr.  Gonzalo  de  Cordoba  (Cf.  Morel- 
Fatio  dans  le  Grundriss  de  Grôber,  Katalanische  Litte- 
ratur,  II,  2,  p.  100.)  Cette  version  castillane  fut  imprimée 
en  1490  à  Burgos,  par  Fadrique  de  Basilea  (Cf.  Mendez- 
Hidalgo,  Tipogrqfîa  Espanola,  p.  134,  n°  8). 

B 

Francesch  Eximenis,  Doctrina  de  mure  a  cascuna  per- 
sona.  En  catalan. 

Cf.  Notice  XXVI,  ms.  Ii-109. 


LXIX 


JUAN  DE  FUENT  SAUGO 

(Rocam.   n°  118;  Biblioth.  Nat.  Madrid,  Ii-157) 

Juan  de    Fuent   Sauco,    De   Verbo  contra    udaeos.  En 
castillan. 

Manuscrit  de  113  feuillets,  plus  2  blancs,  papier  et  vélin, 
non  folioté,  réglé  à  28  lignes.  Écriture  du  XVe  siècle. 
Notes  et  corrections  en  marge.  Rubriques,  initiales  et  let- 
trines. Format  210x144  mm.  Reliure  moderne. 

Fol.  1.  Rubrique:  Comiença  lo  libro  de  verbo  contra 
r'udeos.  Prologo. 

Incipit  :  «  Eructauit  cor  meum  verbum  bonum  ;  estas 
palabras...» 

Fol.  113  v°.  Explicit  :  a  el  quai  escrito  fizo  frai  Juan  de 
Fuent  Sauco,  bachiller  en  la  santa  theologia,  alumbrante 
el  mui  alto  verbo  diuino,  al  quai  toda  honor  e  gloria,  in- 
stigante  el  mui  honrado  cauallero  Pero  Fajardo,  adelantado 
de  Murcia,  a  cuya  peticion  se  ordeno.  I  esto  fue  por  un 
singular  sermon  que  el  mui  honrrado  bachiller  frai  Juhan 
fizo,  en  que  fablo  mui  altamentedel  muy  supereminent  verbo 
diuino  incarnado,  alumbrante  su  gracia,  en  presencia  del 
muy  reuerendo  don  Diego  de  Comontres  (1),  obispo,  de 
Cartajena,  e  del  senyor  adelantado,  e  de  muchos  iudios  le- 
trados,  e  de  otras  gentes  ajuntados    en  sancta  maria  de 

1.  Diego  de  Comontes,  évoque  de  Cartagena,  mourut  le  6  mars  1458 
(Cf.  Fidel  Fi  ta,  Bosqucjo  historico  de  la  sede  cartacjinense  écrit  par 
D.  Diego  de  Comontes.  BoletUi  de  la  Real  Academia  de  la  Historia, 
t.  III,  1883,  p.  276-293). 


,  LXIX.  JUAN  DE  FUENT  SAUCO  427 

gracia  del  alcacar  (1).  E  presta  este  tratado  non  tansola- 
ment  para  reformacion  de  la  fe  a  los  cristianos,  para  co- 
noscer  e  f ablar  e  muy  altament  prediccar  singulares  secretos 
de  la  mui  supereminent  persona  segunda  de  la  alta  mages- 
tat,  mas  aun  presta  para  deffender  la  fe  por  razones  biuas 
de  la  sciencia  natural,  e  para  disputar  e  arguir  contra  los 
erejes,  judios,  moros,  e  contrarios  de  la  mui  souerana  e  alta 
verdat,  sin  sospecha  e  sin  error  verbo  diuino,  segunda  per- 
sona de  la  mui  supereminente  magestat,  que  reina  para 
siempre  un  dios  bendito.  Amen.  » 

Le  nom  de  l'auteur  écrit  primitivement  dans  le  manus- 
crit Juan  de  Fuent  Santo,  a  été  corrigé  en  Fuent  Sauco. 
Ce  curieux  traité  est  mentionné  dans  le  Boletin  de  la  Real 
Academia  de  la  Historia  (t.  X,  1887,  p.  6  et  7),  où  (dans 
les  Noticias)  on  donne  une  description  sommaire  de  ce  vo- 
lume et  une  copie  de  l'intéressant  explicit  de  ce  manuscrit. 
L/auteur  anonyme  de  cette  note  ajoute  :  «  Esta  obra  fué,  por 
))  lo  visto,  escrita  entre  los  aûos  1453  et  1458.  El  libro  De 
))  verbo  contra  Judaeos,  inspirândose  en  el  De  verbo  contra 
))  Sarracenos  que  liabia  escrito  el  doctor  Juan  de  Segovia, 
»  puede  considerarse  como  avanzada  prôxima  del  Fortali- 
»  tium  fidei  que  publicô  en  1459  Fr.  Alonso  de  Espina 
»  contra  judios  y  sarracenos.  » 

1.  Pedro  Fajardo  s'empara  de  l'alcazar  de  Murcie  en  1453  (Cf.  Cas- 
cales,  Discursos  histôricos  de  la  ciudad  de  Murcia,  cité  dans  le  Boletin, 
t.  X,  1887). 


LXX 
MAÏMONIDE 

(Osuna  :  Plut.   I.  Lit.  N,  n°  7;  Rocam.  n°  162;  Biblioth.  Nat. 
Madrid,  KK-9) 

Maïmonide,  Le  More  Nebuchim  ou  Guide  des  égarés,  tra- 
duit en  castillan  par  Pedro  de  Toledo. 

Manuscrit  de  141  feuillets,  plus  2  feuillets  de  garde, 
1  au  commencement  et  1  à  la  fin,  papier,  réglé  à  37  et 
40  lignes.  Écriture  de  la  première  moitié  du  XVe  siècle,  à 
deux  colonnes.  Rubriques,  enluminures,  capitales  en  cou- 
leur. Format  408x290  mm.  Reliure  du  XVe  siècle  en  cuir 
sur  ais,  ornée  de  dessins  de  style  mudéjar.  A  l'intérieur  des 
plats  se  trouve  collé  un  feuillet  de  parchemin,  réglé  à  deux 
colonnes,  contenant  un  fragment  d'ouvrage  latin  qui  paraît 
avoir  dû  être  un  traité  d'astronomie,  récriture  est  du 
XIVe  siècle.  Sur  les  2  plats,  on  voit  des  traces  d'un  écu  d'armes 
peint  sur  papier  et  collé.  Ces  armoiries  sont  trop  dété- 
riorées pour  qu'on  puisse  les  déterminer.  Tout  ce  qu'on  peut 
dire,  c'est  que  l'or  et  le  sinople  dominaient.  Les  deux  plats 
étaient  traversés  par  une  barre  terminée  aux  deux  bouts  par 
des  gueules  de  dragons,  dont  on  devine  encore  le  dessin. 
Au  dos,  le  titre  écrit  sur  une  étiquette  blanche  :  More,  el 
Moysen  de  Egipto,  puesto  en  castellano  por  el  maestro 
Pedro  de  Toledo. 

Fol.  1.  Grande  initiale  ornée,  double  encadrement  en  or 
et  couleurs. 

Incipit  de  la  préface  du  traducteur  :  «  En  el  nonbre  de 
Dios  todo  poderoso,  yo,  maestre  Pedro  de  Toledo...  » 


LXX.    MAÏMONIDE  429 

Fol.  1  v°.  Explicit  :  ((  e  de  la  vuestra  senoria  grant  prez 
e  buen  galardon.  Amen.  )) 

Fol .  2.  Même  ornementation  que  ci-dessus.  Dédicace  de 
Maïmonide  à  son  élève  raby  Joseph.  Incipit  :  «  Dios  te  de  su 
gracia. ..  » 

Explicit  :  «  en  el  logar  onde  seras.  E  pas  sea  sobre  ti. 
Amen.  » 

Préface  de  Maïmonide.  Incipit  :  «  En  el  nombre  de  Dios 
f uerte . . .  » 

Fol.  6.  Explicit  :  «  abrit  vos  puertas  e  entraragente  justa 
que  guarda  creençias.  » 

Livre  I.  Incipit  :  a  En  la  manera  de  ymagen.  . .  » 

Fol.  49  v°.  Explicit  :  «  con  el  ayudo  de  Dios  abastado.  » 

Rubrique  :  Dize  maestre  Pedro  de  Toledo  :  aqui  es  fin 
de  la  trasladaçion  que  fize  al  primero  libro  del  More  de 
abrayco  a  romance  segunt  mas  e  mejormente pude.  Al  Dios 
alto  ynfinito  sean  dadas  gracias  segunt  aquel  que  el  es.  La 
quai  trasladaçion  fize  con  muy  grant  trabajo  que  en  el  pro- 
logo que  fize  en  comienço  deste  dicho  libro  son  contenidas. 
(sic)  E  si  algunaerror  o  errores  en  el  ouiere  e  las  emendare 
algunt  perfecto  varon,  de  Dios  aya  galardon  e  le  sean 
otorgadas  gracias  por  aquel  a  quien  yo  pido  que  segunt 
me  ayudo  començar  este  primero  libro  asy  e  mas  mejor 
me  ayude  acabar  e  feneçer  todo  el  dicho  libro.  Amen.  Ce 
livre  compte  75  chapitres. 

Livre  IL  Fol.  49  v°.  Rubrique  :  En  el  nonbre  de  Dios 
aqui  comiença  la  trasladaçion  segunda  de  la  segunda 
parte  del  dicho  libro  del  More.  Capiiulo  primero . 

Incipit  :  «  Capitulo  primero  :  los  prinçipios  que  son  me- 
nester  en  afirmar  seer  Dios...  » 

Fol.  90  v°.  Explicit  :  «  e  començaremos  en  otras  cosas 
con  el  ayuda  del  abastado  etcetera .  » 

Rubrique  :  Dize  maestre  Pedro  de  Toledo  :  aqui  es  fin  de 
la  trasladaçion  de  la  segunda  parte  del  More  en  rromançe, 
Dios  sea  loado,  amen.  E  feneçiose  oy  mer  mes  veynte  e  çinco 
dias  del  mes  de...,  en  la  villa  de  Çafra,  ano  del  Senor  de 
mi  II  e  quatroçientos  edieze  nueue  anos.  La  quai  traslada- 
çion se  fizo  con  mayor  trabajo  que  la  primera  parte  por  las 
muchas  dichas  errores  de  los  trasladadores  primeros  e 
escripuanos .  E  serïor,  vuestra  merçet  sepa  de  mi  una  cosa, 


430  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

e  todo  aquel  que  por  este  libro  estudiare,  si  letrado  fuere 
en  todo  saber  e  prq/'undo,  sotil  en  las  artes  e  en  filosofla 
natural  e  moral  ejilosqfia primera,  que  de  Moysenfmia  oy 
tal  libro  non  se  conpuso  segunt  en  la  mariera  que  es  e  la 
sçiençia  en  que  tracta,  nin  tal  letrado  sabio  fue  por  esa 
mariera  en  judios  e  cristianos  e  moros.  E  do  e  presento  por 
testigo  este  dicho  alto  libro  a  aquel  que  en  todo  el  e  sus 
partes  en  gênerai  e  en  singular  bien  entendiere,  si  tal  per- 
sona  puede  ser  o  non,  e  si  tal  o  taies  fier  en  seran  muy 
pocos  e  ralos,  uno  aqui  en  Europa,  e  otro  en  Asya,  e  otro 
en  Africa.  E  todo  esto  entiendo  fazer  verdat  al  que  al 
dixiere,  e  tengo  que  me  non  contradira  el  que  el  tal  libro 
conosçiere  e  entendiere  saluo  si  fuere  de  aquellos  quedize 
Alixandre  Alfaradosi  que  los  contradezires  non  razo- 
nables  sefazen  por  çelos  e  enbidias  e  yntençiones  e  malque- 
rençias,  e  es  sehorio,  e  tenerse  en  mucho,  e  loandose  por 
via  de  vanagloria,  e  concuerda  con  el  Abuhamed  Algazel 
en  su  libro  que  es  el  peso  de  las  costunbres,  e  Abufaraje 
en  sus  dotrinas,  e  Mahomad  Abuzecaria,  e  Abunaçer 
Alfaraui.  E  pido  vos  como  a  senor,  e  mando  vos  por  via  de 
dotrina  de  los  maestros,  que  j amas  nonleades  capitulo  sin 
leer  el  ante  del,  que  séria  caso  de  vos  fazer  dubdar  e  non 
entender  muchas  cosas  por  la  grant  profundidat  de  este 
varon  en  este  dicho  libro,  porque  vos  non  marauilledes  de 
algunos  vocablos  non  puestos  a  perfecçion  ante  vos  mara- 
uilledes de  lo  que  esta  bien  por  dos  rrazones  que  Aristo- 
tiles  diz  en  comienco  de  su  metqfisica  segunt  la  trasladaçion 
morisca  :  la  primera  rrazon  es  por  la  profundidat  de  las 
sotiles  e  altas  cosas,  e  la  segunda  rrazon  por  la  cortidat  e 
pequeno  capaz  de  nos  ;  e  asiyo  por  mipoco  entender  quanto 
mas  mipoco  saber  e  alcançar,  por  la  neçesidat  de  los  neçe- 
sarios  trabajos  mundanales.  E  agora  començare  rromançar 
la  terçera  parte  del  More  e  acabare  con  el  ayuda  de  Bios. 
En  esta  terçera  parle  tracta  en  los  secrectos  de  Maaçe 
mercaua  ejilosqfia  e  del  mundo  e  ley  efueros  e  manda- 
mientos  de  Bios,  efenesçe  en  la  sapiencia  en  el  postrimero 
capitulo  onde  tracto  muy  altamente .  E  agora  començare 
rromançar  este  dicho  terçera  libro  del  More.  En  el  nombre 
de  Dios  amen.  Ce  livre  compte  49  chapitres. 


LXX.    MAÏMONIDE  431 

Livre  III.  Fol.  91.  Incipit  :  a  Principio  en  el  nombre  de 
Dios;  ya  declaramos  pieça  de  vezes...  » 

Fol.  141.  Explicit  :  «  grande  seyentes  en  tierra  de  sonbra 
mortal  luza  claro  sobre  ellos.  Amen.  )) 

Rubrique  :  Aqui  es  el  fin  de  la  terçera  parité  del  More 
onde  es  todo  acabado,  Dios  sea  loado  amen.  E  acobose (sic) 
vierrnes  ocho  dias  del  mes  clefebrero,  aho  del  nasçimiento 
del  Nuestro  Senor  Jésus  CiHsto  de  mill  e  quatroçientos  e 
treynta  e  dos  auos,  en  la  muy  noble  çibdat  de  Seuilla.  El 
quai  libro  escriuio  Alfonso  Pères  de  Caç[e]res,  vezino  de 
la  dicha  çibdat.  Dios  sea  loado  por  sienpre  amen.  Finito 
libro  sit  laus  Deo  Christo  amen.  Le  livre  III  compte  54  cha- 
pitres. 

Ce  texte  est  illustré  de  gloses  de  deux  sortes  :  1°  Les 
notes  du  traducteur,  copiées  avec  le  texte  par  Alfonso  Pérez 
de  Câceres.  Ce  sont  des  explications  de  mots,  des  observa- 
tions, ayant  trait  aux  difficultés  de  la  traduction.  Ces  notes, 
presque  toujours  marginales,  sont  rares  et  brèves,  mais  on 
les  rencontre  dans  les  trois  livres.  2°  Des  notes  de  caractère 
philosophique  et  linguistique. 

Ces  dernières  notes  sont  écrites  d'une  autre  main  que  le 
texte,  mais  elles  appartiennent  bien  à  la  même  époque. 
Tantôt  marginales,  tantôt  interlinéaires,  elles  sont  très 
nombreuses  sur  les  20  premiers  feuillets,  après  on  n'en 
trouve  plus.  Mordantes  et  critiques,  elles  trahissent  un 
contemporain  du  traducteur,  très  versé  dans  les  questions 
de  langue  et  connaissant  le  texte  arabe  du  More  Nebuchim. 
On  pourra  juger  de  l'intérêt  de  cette  version,  comme  aussi 
des  attaques  du  correcteur  anonyme,  par  les  extraits  que 
nous  publions  ci-dessous. 

Préface  du  Traducteur 

En  el  nonbre  de  Dios  todo  poderoso,  yo  maestre  Pedro  de 
Toledo,  fijo  de  maestre  Johan  del  Castillo,  fue  rrogado  e  mandado 
por  mi  senor  Gomez  Suares  de  Figueroa,  fijo  del  muy  alto  caual- 
lero  don  Lorenço  Suares  de  Figueroa,  maestre  que  fue  de  la  muy 
onrrada  e  alta  orden  de  la  caualleria  de  Santiago,  que  romançase 
el  muy  altisimo  libro  del  More  que  fizo  el  muy  famoso  sabio 
maestre  Moysen  de  Egipto,  el  Cordoui,  fijo  del  grande  juez  rabi 
Maymon  de  Cordoua,  en  la  muy  alta  sçiençia  e  sapiençia  de  la  phi- 


432  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

losofia e  metafisica  e  de  las  profeçias  eleysantade  Moysen.  El 
quai  nonbre  More(l)  quiere  dezir  mostrador  e  ensenador  de  los  fcur 
bados.  Esto  se  entiende  por  los  muy  profundos  judios  sabios  en 
filosofia  que  auian  dubda  en  sus  coraçones  e  fuertes  fcurbaçiones  de 
muchas  cosas  de  la  santa  escriptura  que  pareçian  ser  contra 
naturaleza  e  razon.  Ende  la  voluptad  del  dicho  senor  conpo- 
nedor  de  este  More  fue  juntar  e  amigar  la  santa  escriptura  de 
Moysen  e  de  los  profectas  conla  muy  altisima  esçelente  filosofia 
primera  (2)  e  moral  e  natural,  segunt  en  el  dicho  libro  es  mayor- 
mente  contenido.  E  yo,  el  dicho  maestre  Pedro,  entendiendo  seer 
el  dicho  mi  senor  muy  grande  e  prudente  sabio  e  noble  de  condi- 
çiones,  e  por  le  fazer  plazer  e  seruiçio  plogome  de  volunptad 
ponerme  al  trabaio  para  lo  trasladar  de  abrayco  a  romance,  lo 
lo  mas  mejor  que  supiere  e  pudiere,  fiando  en  un  verdadero  Dios 
dador  de  todo  ser  e  entender  e  su  gracia  a  quien  le  plaz,  que  yo 
fare  lo  que  deuoe  seguire  la  régla  e  costunbre  de  los  trasladadores 
letrados  que  a  mi  son  antiçipados.  E  por  quanto  los  traslados  son 
diuersos  e  de  diuersos  letrados:  buenos  ecomunales  eningunos(3); 
e  los  escriuanos  otrosy  todos,  por  ser  non  letrados  (4),  erraron 
yerros  manifiestos,  yo  loque  fizieresy  errare  non  sea  en  culpa,  e 
de  lo  que  bien  dixiere  a  Dios  las  gracias  sean  dadas,  quanto  mas 
que  amos  trasladadores  erraron  (5)  en  muchas  cosas.  Eel  uno  mas 


1.  Verdad  es  que  More  quiere  dezir  mostrador,  mas  non  esto  que 
dize  de  los  turbados,  que  otro  vocablo  que  dize  en  ebrayco  hane- 
bochim  aquel  dize  los  turbados,  e  aun  en  la  verdad  nebochim,  en 
ebrayco,  desarrados  quiere  dezir,  non  turbados  como  el  lo  traslado,  que 
el  ebrayco  de  turbado  es  nibhalim  o  mebohalim,  mas  esto  pasadero  es 
segunt  lo  que  tenemos  en  que  entender  adelante. 

2.  Sy  esta  que  dize  filosofia  primera  lo  dize  por  la  metafisica,  como  lo 
quiere  la  razon  porque  es  mas  preciada,  non  ordeno  con  razon  la  moral 
junta  con  ella  por  quanto  la  natural  es  neçesaria  para  ella  e  aun  es 
primera  en  quanto  aprenderla,  demas  que  no  paresce  repugnar  la  filo- 
sofia moral  la  ley  de  Moysen  ;  non  se  que  tiene  que  fazer  la  moral  filo- 
sofia en  este  fecho  que  byen  abenida  se  esta  con  la  ley  de  Muysen. 

3.  Non  se  que  quiere  dezir  aqui  ningunos,  si  sera  o  non  d'escrivano. 

4.  Non  son  todos  los  escrivanos  non  letrados  nin  todos  erraron,  nin 
mucho  menos  los  trasladadores  como  dize  segunt  pareçera  luego  ade- 
lante que  el  autor  mismo  vio  la  trasladacion  de  Abentabbon  e  la  ovo 
por  buena,  aunque  este  trasladador  diga  que  todos  erraron  como  lo  dize 
Luego  aqui  adelante  que  amos  trasladadores  erraron,  mal  sy  penso  des- 
cârgar  de  si  e  cargar  sobrellos. 

r>.  Salva  su  gracia  que  el  mismo  conponedor  raby  Moysen  de  Egipto 
vio  La  trasladacion  de  Abentabbon  e  la  auctorizo,  verdad  es  que  la  del 
Harizi  es  errada  e  la  suya  mas. 


LXX.    MAÏMONIDË  433 

que  el  otro  sinconparaçion,  porquees  sabido  ser  buenoeconplidoen 
lenguaje  e  muy  sinple  enla  sçiençia  e  nonbrase  Harizi.  E  el  mejor 
en  la  sçiençia  nonbrase  Auentabbon.  Mas  fio  en  el  Dios  alto  (1) 
e  en  la  sçiençia,  maguer  poca,  que  a  mi  plogo  endonar  que  fare 
todo  lo  mas  e  mejor  que  pudiere,  tanto  que  en  la  sçiençia  non  aya 
error,  en  todo  mi  poder  e  segunt  mi  pequeno  entender.  Pero  sepa 
el  mi  seîïor,  e  todo  aquel  que  por  esta  mi  trasladaçion  leyere  o 
viere,  que  la  entençion  del  noble  maestre  Moysen  non  fallesçera(2) 
de  todo  su  libro  de  comienço  fasta  la  fin  cosa  alguna,  ayudandome 
el  verdadero  Dios,  comoquier  que  los  libros  onde  conçierto  e  tras- 
lado  son  traslados  de  traslados  onde  conprehenden  forçadamente 
errores  (3)  muchos,  asi  por  las  diuersidades  de  los  trasladadores 
en  diuersas  errores,  como  en  las  diuersas  errores  de  los  diuersos 
escriuanos.  Ende,  segunt  la  costumbre  (4),  oue  a  fazer  de  un 
vocablo  dos  e  de  dos  vocablos  uno,  e  aîiader  en  algunt  logar, 
e  menguar  en  otro,  e  en  uno  declarar,  e  en  otro  acortar,  e  en  otro  po- 
ner  la  razon  vocablo  por  vocablo  (5)  tal  quai  esta,  e  mayormente  de 
la  mejor  trasladaçion,  que  es  segunt  yoeotros  masletradosespuesta 
edada  por  muy  mas  notable.  E  muchas  vezes  (6)  tomoun  renglon 
de  la  una  trasladaçion  e  otro  de  la  otra  e  algunas  vezes  lo  tomare 
tal  quai  esta  por  lo  yo  non  entender,  segunt  la  trasladaçion  esta 
non  segunt  deue  (7).  E  por  nonerrar  ni  poneruno  por  al  he  lo  de 
poner  segunt  esta  en  la  dicha  mejor  trasladaçion  (8).  E  porque  la 

1.  Fiar  en  Dios  buena  cosa  es  mas  non  se  quito  por  todo  esto  que  non 
es  su  trasladaçion  errada,  e  non  de  poco,  mas  como  dixo  el  sabio  Sa- 
lomon  por  muchedunbre  de  palabras  non  se  quita  el  yerro. 

2.  Mucho  dize  ademas  onde  tantos  sabios  falleçieron  e  aun  a  su 
dicho  del  mayormente  que  dize  que  los  libros  pordonde  el  traslado  con- 
prehendian  errores  e  aun  por  la  obra  suya  pareçera. 

3.  Si  los  libros  conprehenden  errores  como  asegura  que  non  faleçera 
la  entençion  del  auctor  de  todo  su  libro,  non  lo  entyendo. 

4.  En  esto  fizo  byen  si  entendia  la  entençion  mas  el  se  dize  lo  con- 
trario. 

5.  Por  ventura  sera  sin  error,  mejor  fuera  sobreseer  en  los  taies 
vocablos  fasta  preguntarlos. 

6.  En  esta  mezcla  el  provecho  es  dubdoso  e  el  dano  es  çyerto  quando 
meno  porque  sera  mas  trabajosa  de  adreçar. 

7.  Ya  me  paresçe  que  vyene  en  cognocimyento  que  de  neçesario  ha 
de  falleçer  en  contrario  de  lo  [que]  ha  dicho  que  non  falleçera  la 
entençion  del  autor. 

8.  Por  ventura  si  la  tal  trasladaçion  como  esta  fuore  quita  de 
errores,  como  por  este  trasladador  se  pyensa,  que  quando  el  trasladador 
non  entyende  la  entençion  del  conponedor,  puesto  que  entyenda  las 
signifîcaçiones  de  los  vocablos,  non  puede  ser    seguro  de  yerro  e  non 

28 


434  BIBLIOTHÈQUE    DU   MARQUIS   DE   SANTILLANE 

vuestra  merçct  sca  mas  contenta,  auiendo  o  veniendo  algunt 
maldezidor  (1)  que  se  faze  sabio  letrado,  la  vuestra  merçet  sea 
de  mandar  leer  el  capitulo  del  abrayco  (2)  de  qualquier  trasla- 
daçion  de  quatro  que  fasta  oy  son.  E  la  vuestra  merçet  aca- 
tando  e  mirando  cada  capitulo  de  esta  mi  trasladaçion  ende  vera 
la  vuestra  senoria  la  lealtad  del  buen  leal  seruidorque  a  la  vuestra 
merçet  plaze  e  ama  todos  tienpos  seruir.  E  senor  sy  alguna  de 
algunas  errores  (3)  por  mi  fueren  fechas  en  aquesta  mi  trasla- 
daçion, senor  auet  la  en  exenplo  de  aquel  que  yerra  a  Dios  ser- 
viendo,  non  entendiendo  a  Dios  errar  mas  entendiendo  (4)  a  Dios 
seruir,  e  de  Dios,  principe  del  mundo,  aya  ayuda  e  de  mis  pecados 
perdon,  e  de  la  vuestra  senoria  grant  prez  e  buen  galardon.  Amen. 

Dédicace  de  Maïmonide  à  son  élève  Rabbi  Joseph 

Dios  te  de  su  gracia  el  desçiplo  (5)  muy  onrrado  raby  Joseph, 
fijo  de  rabi  Huda,  que  (6)  Dios  perdone,  porque  de  entonçes  que 
estouiste  ante  mi  e  veniste  de  estremo  de  la  tierra  para  aprender 
de  mi,  fue  (7)  onrrada  tu  anima  ante  mis  ojos,  porque  (8)  vi  tu 
grant  amor  para  buscar  la  sçiençia,  (9)  tanbien  porque  vy  en  tus 
cantigas  el  tu  grant  deseo  al  acatamiento  de  las  sabidurias,  e  esto 
fue  desque  vinieron  a  mi  tus  cartas  e  la  nota  de  tus  dezires  de  la 
tierra  (10)  onde  biues.  E  ante  que  prouase  tu  entendimiento 
(11)  dixe  en  mi  coraçon:  quiça  que  su  deseo  en  la  sabiduria  es 
major  que  lo  que  alcança  el  su  entendimiento,  e  quando  aprendiste 
ante  mi  aquello  que  aprendiste  de  la  sçiençia  (12)  de  los  cerculos 

satisfaze  aunque  tome  la  mejor  transladaçion,  corno  dize  que  la  ha 
tomado,  se  non  entyende. 

1.  El  que  la  verdad  dixyere  non  mereçera  el  tal  nonbre. 

2.  Ya  se  an  leyido  assaz  de  los  capitulos  desta  trasladaçion  e  se 
han  acotado  por  el  ebrayco  e  se  l'allan  errados,  en  sus  logares  pares- 
çeran  porende.  la  obra  lo  ha  de  mostrar  que  non  las  palabras. 

3.  Non  se  que  quiere  dezir  si  alguna  de  algunas  errores,  salvo  si  lo 
dize  porque  seran  pocas,  por  ventura  es  error  de  penola. 

4.  Esto  es  lo  mejor  de  lo  que  ha  dicho  e  mas  de  créer,  que  la  su 
voluntad  fue  buena  aunque  la  obra  non  respondio  a  la  voluntad. 

5.  Preciado. 

6.  E  parayso  sea,  su  reposo. 

7.  Preciada. 

S.  Vi  j;i  in  grant  diligençia. 

dé  E  por  quanto  yo  quando  âvia  visto. 

10.  \h>.  Alixandria. 

11.  ïodezia. 

12.  I)''  La  ast l'onomiai 


LXX.    MAÏMONIDE  435 

astrologal,  e  lo  que  anteçipaste  delsaber  (1)  de  las  certes  que  non 
puede  (2)  ser  menos  délias,  porque  (3)  son  a  ti  aparejo  a  la  sçiençia 
de  la  (4)  astrologia,  anadi  en  ti  amor  por  tu  bûen  entendimiento 
e  ligereza  de  tu  entender  (5),  e  vy  el  tu  grant  deseo  a  las  artes  e  por 
esto  te  dexe  usar  en  ellas  por  conosçer  el  tu  entendimiento  con- 
plido.  E  quando aprendiste  delantemi  loque  aprendiste  delalogica 
(6)allegose  mi  anima  a  ti  e  vy  que  (7)  ères  perteneçiente  a  te  des- 
cobrir  (8)  poridades  de  los  libros  de  la  profeçia  (9),  tanto  que 
cates  lo  que  pertenesçe  que  acaten  los  perfectos,  e  comence  poner 
ante  ti  comienços  de  razones  e  para  te  (10)  ensehar  senas  (11),  por- 
que (12)  vi  que  esto  era  lo  que  de  mi  buscauas  esforçeme  para  te 
declarar  de  las  cosas  diesales  e  para  te  fazer  entender  la  entencion 
de  los  que  son  llamados  (13)  fabladores  e  si  las  sus  vias  son  de 
prueua  o  sy  non,  e  para  te  demostrar  de  quai  arte  son.  E  entendi 
que  fuepoco  lo  que  con  otros  fuera  de  mi  aprendiste,  e  tu  cansado 
de  la  grant  turbaçion,  que  la  tu  anima  honorosa  te  (14)  demanda 

1 .  De  la  matematica. 

2.  Ser  aprendida  nienos. 

3.  Es. 

4.  Astronomia. 

5.  E  de  que  veyia  el  tu  deseo  a  la  dicha  arte  de  la  matematica 
muy  fuerte,  dexete  exerçitarla  por  lo  que  senti  que  aun  sérias  a  la 
postremeria. 

6.  Ligose  mi  esperança  contigo. 

7.  Eras. 

8.  Descobrir  las  poridades. 

9.  Para  que  catases. 

10.  Enbezar  por  senas. 

11.  Non  paresçe  que  esto  fuese  lo  que  el  del  buscava,  mas  este  trasla- 
dador  dexo  lo  que  se  le  entendio,  lo  que  a  mi  me  paresçe  entre  ren- 
glones  lo  puse  luego,  ally  onde  dize:  e  porque  vy  que  esto. 

12.  E  de  que  vi  que  esto  non  te  satisfazia  e  porfiavas  comigo  que  te 
declarase  algo  mas  de  las  cosas  tehologales  e  que  te  fîziese  saber  las 
entençiones  en  que  es  la  opinon  de  los  fabladores,  e  si  las  sus  vias  son 
demostrativas  e  si  non  son  demostrativas  que  te  dixese  de  quai  arte 
son,  e  de  que  vy  que  algun  poco  sabias  ya  dello  de  lo  que  avias  apren- 
dido  de  otros  afueras  de  my,  e  estavas  turbaclo  e  aquexado  e. . . 

13.  Fabladores,  estos  son  çierta  seta  de  sabios  que  son  contra  los  filo- 
sofos,  dizese  por  algunos  que  porque  non  tyenen  de  la  sciencia  sinon  la 
fabla  los  llaman  fabladores,  e  por  otros  se  dize  que  porque  eran  pedri- 
catores  que  su  ofiçio  era  el  fablar  los  Uamavan  fabladores.  e  en  este 
libro  se  tracta  quien  son,  espeçialrnente  de  las  entençiones  dellos  se 
dize  desde  capitulo  sesenta  nueve  e  setenta  e  uno  fasta  en  la  fin  del 
primero  partido  del  libro. 

14.  Demandava  que  era* 


4Ô6  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

fab lar  palabras  preçiosas  e  joyosas,  de  lo  quai  (1)   te  estoruaua 

mandadote  aprendcr  las  cosas  por  orden  (2)  e  régla  derecha.  E  la 
mi  entençion  (3)  fue  porque  estouieses  sobre  la  verdat  por  sus 
carreras  (4)  e  sendas  e  que  la  non  àlcançàses  por  açidente  e  bien 

sabes  que  jamas  nunca  te  vede  mientra  (5)  ami  te  llegaête  en 
qualquier  testo  o  razon  (6)  de  los  sabios  que  se  acaesçiese  quedes- 
pertase  cosa  (7)  marauillosa  que  le  lo  //o  declarase.  E  (8)  pues 
judf/o  Dios  nuestro  appartamiento,  e  pusiste  la  tu  entençion  para  te 
mouer  para  la  tu  clima  onde  tu  voluntad  es,  despertaronme  los  dias 
de  tu  buena  compania  (9)  con  un  pensamiento  sosegado,  e  me 
mouio  la  mano  de  tu  separamiento  para  te  (10)  conponer  este 
libro,  e  (11)  conpuselo  para  ti  e  para  los  tus  semejantes,  (12)  los 
quales  tengo  que  son  pocos.  (13)  E  agora  sean  pocos  o  mas  yo  te 
ordene  este  libro  en  capitulos  (14)  non  reglados^  e  todo  lo  que  se 
escriuiere  dellos  (15)  te  allegara  en  el  logar  onde  seras,  e  paz  sea 
sobre  ti,  amen. 

Capitulo  XVI  (16). 

Pena  es  nonbre  equiuoco  que  es  (17)  dicho  por  el  monte,  segunt 
dis  :  e  feriras(18)  en  la  pena  e  es  nonbre  de  piedra  fuerte,  (19)  como 
diz  :  pena  del  pederrnal  (20)  fuertes  espadas  e  es  nonbre  de  la  mi- 
nera que  délia  tajan  las  (21)  piedras,  como  diz  :  (22)  catad  a  la  pena 


1.  Te  yo  estorvava. 

2.  Suprime  estas  très  palabras. 

3.  Era  para. 

4.  E  que  non  te  copyese  por  casu. 

5.  Comigo  te  aconpanaste. 

6.  De  nuestros  senores  los  sabios  del  Talniud. 

7.  Estranea  de  que  te  lo  yo  non  declarase. 

8.  Desque  sentencio. 

9.  A  çierta  concordia  ya  sosegada  e  movioine  el  tu. 

10.  Copilar. 

11.  Copilelo. 

12.  Aunque. 

13.  Borra  estas  ocho  palabras  y  pone:  e. 

14.  Esparzidos. 

15.  Te  llegara  lo  primero  primeramente. 

16.  Capitulo  XVI  en  el  nonbre  de  çur  que  quiere  dezirpena  o  monte 

17.  Nonbre  del  monte 

18.  En  el  monte  —  Esodo 

J9.  Como  diz  de  pena  del  pederrnal  —  Deutronomino. 

20.  Espadas  de  penas  —  Josue 

21.  Piedras  de  los  mineros  como 

22.  Ysayas 


LXX.    MAÏMONIDE  437 

que  fuestes  tajados.  Despues  (1)  apropiaron  esta  cosa  postrera  a 
lo  principal  de  la  cosa  e  su  comienço,  e  par  esto  dixo:  despues  delà 
pena  que  fuestes  tajoscatad  catad  a  Abraam  vuestro  padre,  quiere 
dezir  (2)  andan  en  sus  vias,  e  su  uso,  e  en  sus  fueros  aprendet,  (3)  e 
sus  costunbres,  que  la  naturaleza  de  la  minera  (4)  e  su  virtud  es  me- 
nester  que  sea  fallada  en  aquella  cosa  que  es  tajada  délia.  E  segunt 
esto  postrero,  es  llamado  el  criador  çur  [h)  fuerte,  e  es  nonbre  de 
pena,  eesto  porque  es  Dios  (6)  comienço  e  cabsa  que  faze  todo  lo 
que  (7)  defuera  del  es,  como  (8)  diz  :  el  fuerte  (9)  conplida  su  obra 
(10)  fuerte  que  te  (11)  nasçio  oluidaste  su  (12)  fuerte  losvendio.  E  (13) 
non  fuerte  como  nuestro  Dios,  fuerte  de  los  (14)  mundos  e  estaras 
sobre  la  pena,  quiere  dezir:  asufrete  (15)  e  arimate  sobre  conosçi- 
miento  de  Dios  seer  prinçipio  de  todo  eser,  e  esto  es  lo  declarado 
del  su  llegar  para  conosçer  el  criador  como  le  declaro  quando  dixo  : 
ahe  logar  comigo.  (16)  Non  pienses  que  la  sçiencia  (17)  cliesal  sola- 
mente  conuiene  de  laencobrir  del  comun,  (18)  e  para  te  ley  lo  que 
diz  e  non  en  la  obra  de  beresid,  nin  aun  (19)  en  Dios,  e  non  es  esto 


1.  Fue  enprestado  desta  razon  postrimera  este  nonbre  al  fundamento  de 
cada  cosa  e  su  prinçipio,  e  por  esto  dixo,  despues  que  ovo  dicho  catad  a 
la  perla  que  fuestes  tajados,  dixo  catad  a  Abraham  vuestro  padre,  como 
que  declarara  que  la  pena  que  fuestes  tajados  délia  es  Abraham  vuestro 
padre,  porende  andad  en  sus  vias  e  creed  en  su  ley  e  usad  en  sus  cos- 
tumbres 

2.  Andad 

3.  E  en  sus 

4.  Deve  ser 

5.  Borra  estas  seis  palabras 

6.  El  prinçipio  e  la  causa  eficiente  a  todo 

7.  Afueras 

8.  Deutronomino 

9.  Conplida  es  su 

10.  Deutronomino 

11.  Engendro 

12.  Deutronomino 

13.  Non  ay  fuerte 

14.  Borra  la  palabra  :  los 

15.  E  esta  sobre  acatamyento  que  el  es  prinçipio, que  el  eslaintroduçion 
que  llego  del  a  el,  como  declaramos  onde  dixo  :  ahe  logar  comigo. 

16.  Capitulo  XVIL  Non  pyenses,  etc. 

17.  Teologal 

18.  Mas  aun  lo  mas  de  la  sçiencia  natural,  e  ya  te  fue  duplicado  lo 
que  dixeron  e  non  en  obra  de  beresit,  nin  aun  todos,  e  non  es  esto  cerca 
de  los  que  tyenen  la  ley  solamente. 

19.  Con  dos 


438  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS   DE   SANTILLANE 

dicho  de  nuestroê  sabios  solamente,  si  (1)  non  de  los  filosophos  ;  6 
los  sabios  delasgentes  (2)  que  creyeron  la  eterrnidat  del  mundo 
que  encubrian  sus  palabras  (3)  quando  fablauan  en   los  prinçipios 

(4)  del  mundo ,  e  nonbrauan  los  por  fazaîïas  e  enxenplos,  e  (5)  [a] 
Platon,  e  los  (6)  antigos  llamauan  a  la  materia  fenbra  e  a  la  forma 
masculo,  e  tu  sabes  que  los  prinçipios  de  las  cosas  corrutibles  7 
e  générales  son  très  :  la  materia,  e  la  forma,  e  la  priuaçion  (8) 
aterminada  que  sienpre  es  junta  con  la  materia,  e  si  non  fuese  (9) 
juntada  con  ella  non  séria  la  materia  rresçibiente  forma.  E  por 
esta  (10)  cosa  es  la  priuaçion  uno  de  los  prinçipios.  E  (11  )  en  ser  eh 
ella  la  forma  quitase  la  priuaçion  (12)  de  esa  forma  que  es,  e  juntase 
con  ella  otra  priuaçion,  e  ansi  (13)  sera  por  secula,  segunt  esyade- 
clarado  en  la  filosofianatural.  (14)  E  despues  que (15)  esos  omes,{!) 
que  non  (16)  Zespodria  venir  danpno(17)  en  déclarai-  vocablos  de  la 
sabicluria,  ponian  le  nonbres  e  fablauan  por  enxenplos  en  su  (18) 
aprender  porque  non  fuesen  declarados,  quanto  mas  (19)  en  nos, 
nostros  resçibidores  delà  ley,  que  conuiene  a  nos  non  (20)  descobrir 
cosa  (21)  porcine  lo  non  eniienda  el  comun  o  que  (22)  entienda  la 
verdat  de  la  (23)  cosa  contra  la  entençion  de'lo  que  en  ella  es. 
E  entiende  esto  tanbien. 


1.  Non  aun  cer[c]a  los  filosophos 

2.  De  antiguedad 

3.  Borra  estas  2  palabras 

4.  Borra  estas  2  palabras 

5.  A  exponctué 

6.  De  ante  del 
7.'  E  generables 

8.  Apropiada 

9.  Por  el  juntamyento  de  la  privacion  a  la  materia  non  le  llegaria 
forma 

10.  Manera 

11.  Con  legar  de 

12.  Quiere  dezir  la  privacion  de  aquella  forma  que  le  llego  e  juntase 

13.  Borra  1  palabra 

14.  E  pues 

15.  Aquellos 

16.  Borra  1  palabra 

17.  Dellos  por  la  tal  declaracion  les  enprestava  nonbres 

18.  Abezar 

19.  Borra  2  palabras 

20.  Déclarai- 

21.  Que  sea  grave  al  comun  de  la  entender 

22.  Les  se  niege 

23.  Razon  otra  cosa  de  lo  que  lue,  e  fue  la  volufnjtad  en  ella. 


LXX.    MAÏMONIDE  439 


Préface  de  la  troisième  -partie 

Principio,  en  el  nonbre  de  Dios.  Ya  declaramos  pieça  de  vezes 
que  la  entencion  en  todo  este  libro  es  declarar  que  Maaçe  Be- 
resid  (1)  en  M«aaçe  Mercaua,  quepor  ellos  se  fizo  este  libro,  e  que 
son  de  los  secrectos  de  la  ley  de  los  quales  los  sabios  perçibieron  e 
culparon  a  qualquier  que  los  descubriese,  e  dixieron  el  galarclon 
del  que  los  encubriese,  do  diz  :  a  los  seyentes  ante  Adonay  sera  su 
mercadoria,  para  corner  a  fartura,  e  al  que  encubre  al  vieio  decla- 
raron  aqui  :  al  que  encubre  las  cosas  que  descobrio  el  vieio  de 
dias,  e  quales  son,  diz  que  son  secrectos  de  la  ley.  E  ya  decla- 
ramos la  fondura  de  Maaçe  Mercaua  e  su  altura  del  seso  comun, 
que  aun  lo  muy  poquito  queacaesçio  alcançaralguntestudiantenon 
lo  deue  escrebir  claro,  saluo  dezillo  de  rrostro  a  rrostro  al  que  lo  me- 
resçiere,  e  aun  desto  poco  e  por  seîias  e  cabos  de  capitulos.  E  estafue 
la  grant  causa  para  se  perder  esta  sapiençia  de  nuestra  gente,  que 
nin  poco  nin  mucho  non  se  falla,  e  asi  conuiene,  que  de  entonces 
fastaoy  non  se  çesso  de  se  rresçebir  deboca  a  boca  sin  se  escreuir 
jamas  en  libro.  Pues  do  aure  conseio  a  (de)  declarar  lo  que  se  a  mi 
declaro  e  alcançe  sin  dubda,  pues  para  lo  dexar  e  lo  non  escreuir 
fasta  perderse  quando  me  yo  pierda,  que  non  podria  ser  menos, 
paresçeme  que  séria  esto  de  la  mi  parte  engafiomuy  grande,  e  pa- 
resçeme  como  que  rrobo  la  verdat  de  aquel  cuya  es  e  oue  çelos  de 
los  sus  herederos.  E  estas  dos  costunbres  son  feas.  Masel  descobrir 
tal  secreto  ya  se  antiçipo  el  tal  perçebimiento  de  los  sabios  segunt 
ley  e  rrazon  abueltas,  de  ser  mi  entender  querer  dallo  al  que  per- 
tenesçe,  e  non  me  vino  espiritu  santo  a  me  fazer  saber  que  es  lo 
que  yo  entiendo  verdat,  nin  lo  rresçebi  de  boca  de  letrado  alguno, 
mas  demostraronmelo  testos  que  falle,  e  palabras  de  los  sabios, 
con  lo  que  yo  ténia  de  los  prinçipios  del  estudio  que  la  cosa  es  asi 
sin  dubda,  e  puede  ser  que  sera  la  cosa  en  contrario,  e  sera  otra  la 
entencion.  E  ya  me  mouio  el  pensamiento  justo  e  ayuda  diesal  en 
una  cosa  que  te  dire,  e  es  ;  que  entiendo  declararte  lo  que  dixo 
Ezechiel,  tal  declaraçion  que  qualquiera  onbre  que  la  oyga  pen- 
sara  que  non  afiadi  sobre  el  testo  cosa,  si  non  como  quien  traslada 
vocablos  de  un  lenguaje  a  otro  o  declaro  lo  llano  de  su  dicho.  E 
quando  pusiere  su  coraçon  en  ello,  aquel  a  quien  yo  conpuse  este 
libro,  e  entendiere  cada  capitulo,  con  perfecto  estudio  e  justo  en- 
tendimiento  declarar  se  le  ha  todo  su  secrecto  fasta  que  se  le  non 
encubra  dello  cosa  alguna.  E  esta  es  An  de  mi  poder  para  juntar, 

1.  Lisez,  e 


440  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 

entre  el  prouechoe  entre  (l)el  verdat.  la  declaraçion  de  los  secrectos 
en  parte  dellos  segunt  conuiene.  E  despues  de  aqueste  prinçipio 
pon  tu  coraçon  e  entendimiento  en  los  capitulos  que  traere  desta 
cosa  grande,  onorosa,  i'uerte,  (2)  que  es  estacaque  esta  todo  sobre 
ella,  e  pilar  que  todo  esta  sobre  el. 


Chapitre  VIII  (Livre  III) 

Capitulo  VIII. 

Todos  los  cuerpos  corrutibles  se  corronpen  de  partes  de  la  ma- 
teriaenon  de  la  forma  porque  es  firme,  ca  toda  forma  espeçifica 
es  eterrna,  mas  conteçeala  forma  corrupçion  por  seer  en  materia. 
E  la  naturaleza  de  la  materia  es  de  sienpre  ser  conpriuaçion.  E 
por  esto  la  forma  non  es  durable  en  el  que  sienpre  se  despoja  una 
e  se  enuiste  otra.  E  quan  noble  fue  el  dicho  de  Salamon  enaxen- 
plar  la  materia  a  muger  de  varon  mala  que  se  non  falla  materia 
jamas  si  non  con  forma,  pues  es  muger  de  varon  sienpre  que  nunca 
es  sin  el.  E  maguer  es  muger  de  varon  aun  busca  otro  sienpre  para 
trocar  con  el  el  su  marido  que  lo  sosaca  (sic)  e  lo  enbae  en  qual- 
quier  manera  fasta  que  alcançe  délia  lo  que  alcanço  su  marido .  E 
esta  es  la  manera  de  la  materia,  que  qualquier  materia  que  tenga, 
esa  forma,  le  dispone  resçebir  otra  e  non  çesa  mouerse  para  des- 
pojar  la  que  tien  e  traer  otra,  e  asi  faze  con  la  que  truxo.  Ahe 
es  declarado  que  toda  corrupçion,  o  perdiçion,  o  mengua,  es  de 
partes  de  la  materia,  E  esto  tal  es  en  la  manera  del  onbre  que  la 
alteraçion  de  su  figura  e  de  sus  mienbros  fuera  de  natura  eflaqueza 
de  sus  operaciones  todas,  o  priuarse  o  danarse  non  ay  diferençia 
entre  seer  en  comienço  de  su  criacion  o  se  le  ynoue  despues,  que 
todo  esto  sigue  en  pos  la  materia  que  tien  el  corruptible  non  en  pos 
de  su  forma.  E  por  esto  adoleçe  e  muere,  e  todos  los  pecados  del 
onbre  e  sus  errores  todos  son  que  siguen  su  materia  non  su  forma. 
Mas  sus  buenas  dotrinas  e  grados  siguen  a  su  forma  non  a  la  ma- 
teria. Enxenplo  :  quel  conosçerdel  onbre  a  su  criador,  eentender 
todayntelectuaçion,  e  rrefrenar  su  sana  e  su  deseo,  e  acatar  en  lo 
que  es  menester,  todo  esto  se  sigue  en  pos  su  forma  ;  mas  su 
corner,  e  su  beuer,  e  su  luxuria,  e  su  saiia,  e  toda  mala  dotrina, 
todo  sigue  en  pos  su  materia.  Ë  pues  asi  es,  non  puede  ser  en 
juyzio  de  la  sçiençia  diesal  que  se  falle  materia  sin  forma,  nin 
forma  de  estas  formas  sin  materia,  e  se  neçesito  ser  atada  esta 

1.  Lisez,  la 

2.  Cette  citation  en  hébreu  dans  le  texte  arabe  devait  être,  suivant 
Munk,  une  locutio  n  rabbinique  employée  communément  à  cette  époque. 


LXX.    MAÏMONIDE  441 

forma  umanal,  la  mucho  onrrada  que  declaramos  que  es  forma  de 
Dios  e  su  semejança,  en  esta  materia  escura,  terreste,  tenebrosa 
que  trae  todo  fallimiento  e  corrupçion,  e  fue  dado  a  la  forma  hu- 
manal  poder  sobre  la  materia  e  seiïorio  para  que  la  quebrante,  e 
priue  sus  deseos,  e  los  torrne  a  loqueser  puede  de  bien  e  de 
ygualdat.  E  de  aqui  se  desauiaron  los  grados  de  los  onbres,  que 
fallamos  onbres  que  todo  su  deseo  es  buscar  lo  bueno,  e  lo  per- 
durable,  e  entender  los  buenos  saberes,  para  se  juntar  con  el  en- 
tendimiento  diesal,  el  que  enfluye  sobre  el,  que  de  el  es  esa  forma. 
E  quando  lo  siguieren  vildades  e  suziedades,  entristeçese  por  la 
cosa  en  que  troupeço,  e  ha  verguença  de  la  plaga  en  que  fue  pla- 
gado,  e  trabaja  apocar  ese  mal  quanto  puede;  como  un  varon  que 
se  ensafio  el  rey  con  el  e  le  mando  leuar  estiercol  para  lo  despreçiar 
a  ojos  de  quantos  lo  viesen  e  para  lo  desonrrar,  que  ese  varon  tra- 
bajara  por  se  encobrir  quanto  pudiere  en  la  ora  de  esa  verguença. 
E  puede  ser  que  lo  leuara,  poco  a  poco,  a  lugar  çercano  por  que 
non  se  ensuzie  sus  manos  e  suspanos  e  non  lo  vea  varon;  asi  faze 
el  que  es  forro.  Mas  el  sieruo  gozase  e  entiende  fa(zi)ziendo  esto 
que  non  le  neçesitaron  grant  trabajo;  e  ensuziase  todo  su  cuerpo, 
e  su  faz,  e  veen  lo  todos,  e  el  gozase,  e  rrie.  Asi  son  las  maneras 
de  los  onbres  ;  que  ay  onbres,  como  deximos,  que  todas  las  cosas 
materiales  son  tacha  e  mengua  en  ellos,  e  plaga,  e  quanto  mas  el 
mienbro  que  es  verguença  de  nos,  segunt  dixo  Aristotiles,  que  por 
el  deseamos  corner,  e  beuer,  e  luxuria,  e  ha  menester  el  cuerdo  de 
apocar  todo  esto  quanto  pudiere,  e  se  acuyte  en  lo  fazer,  nin  en- 
suzie su  boca  en  ellos,  nin  fazer  conpania  con  ellos,  mas  sera  el 
onbre  poderoso  sobre  todos  estos  deseos  e  acortara  dellos  quanto 
pudiere,  non  trabajara  si  non  en  lo  neçesario.  E  trabajara  buscar 
su  perfecçion  segunt  onbre,  en  quanto  onbre,  e  escojera  lo  mejor, 
e  conoçera  a  Dios  e  a  sus  cosas,  e  estos  taies  son  que  veen  la  cara 
de  Dios  sienpre.  E  esto  es  lo  que  quiere  del  varon,  porque  fue 
criado,  mas  los  torpes,  que  taies  non  son,  tienen  al  contrario  de 
todo  esto  e  pusieron  su  fin  en  ese  sentido  que  es  verguença  de  nos, 
e  en  corner,  e  en  beuer.  E  diz  :  que  todas  las  mesas  finchieronse  de 
gomito  e  cetera.  E  diz:  mugeres  enreynaron  en  ty,  e  diz  :  que  todos 
son  fornicantes.  E  desto  perçibio  Salamon  en  misle  (sic)  en  sus 
enxenplos.  E  estos  son  luenes  de  Dios;  e  do  diz:  muger  fuerte 
quien  la  fallara,  todo  el  enxenplo  es  por  la  buena  materia  que 
conteçe  ser  aparejada  al  varon  que  es  donadio  de  Dios,  porque 
la  buena  materia  es  ligera  de  se  quebrantar  de  su  rregiente,  por 
esto  castiga  Salamon  e  los  otros  en  todos  los  buenos  castiguerios, 
e  los  mandamientos  de  la  ley  son  para  apremiar  los  deseos  mate- 
riales. E  el  que  ha  de  ser  onbre  verdadero,  non  bestia  en  forma  de 


442  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

ombre,  ha  de  poner  todo  su  poder  para  menguar  las  cosas  mafe- 
riales,  el  corner,  e  beuer,  e  luxuria,  e  sana,  e  las  otras  malas  do 

trinas,  e  lo  que  es  neçesario  de  corner  e  beuer  tome  lo  prouechable, 
non  por  el  deleyte  sinon  por  el  gouierrno,  e  acorte  e  menore  fa- 
blar  en  ello  e  de  se  juntar  con  malos  conpafieros,  que  los  sabios 
aborresçieron  fazer  comeres  e  deleytes  que  non  son  de  Dios.  E 
Pinhas,  fijo  de  Yayr,  nunca  comio  con  onbre,  nin  pudo  con  el 
rrabeno  el  santo  para  que  comiese  con  el,  masel  aparçeamiento  en 
el  beuer  demas  sea  en  tus  ojos  peor  quel  ayuntamiento  de  onbres 
desnudos,  descubiertos  de  natura,  que  se  llegan  folgar  en  una  casa 
mientra  fazen  sus  mandados  neçesarios.  Ca  esa  obra  como  quier 
que  es  neçesaria  non  es  manera  que  se  pueda  escusar,  e  la  beudez 
si  que  es  obra  de  maldat,  e  la  fealdat  de  la  luxuria  es  publica  e 
dana  elentendimiento,  eel  cuerpo  lueiïe  de  layntellectuaçion,  pues 
el  que  quiere  ser  onbre  aluenese  délia  nin  trabaje  en  ella  fablar. 
E  farto  dixe  desto  en  la  glosa  de  auod  segunt  nuestra  sabia  ley. 
E  ya  sabes  que  Eliseo  fue  llamado  santo  porque  nunca  penso  en 
ella  fasta  que  jamas  nunca  la  sono,  nin  Jacob  salio  esperma  del 
ante  deRuben.  E  todas  estas  cosas  dixieron  por  demostrar  buenas 
dotrinas.  E  ya  sabes  lo  que  dixieron  :  los  pensamientos  del  pecado 
màs  fuertes  son  que  la  obra  del  pecado.  E  la  su  glosa  marauillosa 
es  que  quando  onbre  peca  es  por  los  açidentes  que  siguen  la  ma- 
teria,  mas  el  pensamiento  es  que  sigue  en  pos  su  forma,  e  quando 
piensa  en  pecar  peco  con  la  mejor  de  su  virtud.  E  non  es  pecado 
el  que  se  seruio  e  fizo  seruir  el  sieruo  loco  como  el  que  fizo  seruir 
el  forro  onrrado,  que  esta  forma  umanal  e  todas  sus  virtudes  non 
se  deuen  trabajar  sinon  en  lo  que  conuiene  a  ellas  porque  se  junte 
con  los  altos  non  que  desçienda  a  alcançar  lo  baxo.  E  ya  sabes 
quanto  mal  es  fablar  suziedades  porque  la  fabla  de  la  lengua  es 
bien  e  galardon  de  Dios  e  virtud  en  el  onbre,  como  diz  quien  puso 
boca  al  onbre,  pues  non  es  de  la  trabajar  en  cosas  suzias.  E  todo  el 
que  en  cantiga  o  fabla  dize  vildades  e  tracta  en  luxuria  es  contra 
el  bien  que  le  Dios  galardo,  e  con  ese  bien  peca  al  que  gelo  endono 
como  diz  en  ellos  e  plata  le  multiplique  e  oro  fîzieron  albaal,  e 
nuestro  lenguaje  es  llamado  santo  non  por  nuestra  bondat  mas 
porque  non  fallaras  nonbre  de  la  obra  luxuriosa  claro,  si  non  por 
nonbres  enprestados  porque  non  son  de  se  nonbrar  quanto  mas 
ponelles  nonbre  propio.  E  si  es  neçesario  de  se  nonbrar  dizense 
por  maneras  sécrétas.  E  quando  es  neçesario  de  se  fazer  nos  en- 
cobrimos  quanto  podemos,  e  llamamos  al  mienbro  g'uid  porque  es 
deriuado  de  venerode  fierro,  e  llamamos  fazer  onbre  sus  mandados 
çoaque  -e  deriua  de  Yaça  que  es  de  salir,  ela  orina  aguasde  pies, 
e  asi  las  otras  cosas  viles  de  fabla.    E  ya  salimos  de  la  rrazon  del 


LXX.    MAÏMONIDE  443 

capitulo  a  fablar  en  costunbres,  e  maguer  non  son  de  la  rrazon  del 
librolaorden  de  las  rrazones  acarreo  esto  (1). 

Cette  traduction  castillane  du  Guide  des  égarés  de  Maï- 
monide,  la  première  en  date  des  traductions  en  langue 
vulgaire,  doit  avoir  été  connue  au  moyen  âge,  puisque 
nous  la  trouvons  mentionnée  dans  le  Catalogue  de  la  bi- 
bliothèque des  comtes  de  Benavente  (2)  et  dans  Y  Indice  de 
Fernando  Colon  (3).  Mais  c'est  en  vain  que  Don  Marcelino 
Menéndez  y  Pelayo  la  chercha  à  la  Colombine  de  Séville(4). 
Nous  avons  publié  une  description  détaillée  de  cette  version 
lorsque  nous  avons  eu  la  bonne  fortune  cle  la  retrouver  (5), 
nous  nous  sommes  aussi  occupé  alors  d'assigner  à  l'œuvre 
de  Pedro  de  Toledo  la  place  qu'elle  mérite  dans  la  liste 
déjà  longue  des  versions  du  More  Nebuchim.  David  Kauf- 
mann,  le  regretté  professeur  du  séminaire  israélite  de 
Budapest,  a  rendu  compte  de  ce  travail  dans  une  importante 
étude  consacrée  au  Guide  de  Maïmonide  dans  la  littéra- 
ture universelle  (6),  et  sa  compétence  spéciale  lui  a  permis 
de  trouver,  dans  les  fragments  publiés  par  nous,  des  éléments 
critiques  que  nous  avions  négligés.  Nous  nous  bornerons 
donc  ici  à  dire  le  peu  que  nous  savons  du  traducteur  et 
comment  nous  expliquons  que  ce  manuscrit  ait  pu  faire 
partie  de  la  bibliothèque  de  Guadalajara. 

Maître  Pierre  de  Tolède,  fils  de  maître  Jean  del  Castillo, 
est  un  juif  converti,  ou  fils  d'un  juif  converti.  L'humilité 
dont  il  fait  preuve  quand  il  parle  de  lui-même,  son  style  et 
sa  langue,  où  l'on  trouve  souvent  des  mots  et  des  phrases 
d'une  douteuse  correction,  le  prouvent  suffisamment.  Faut-il 

1.  En  marge  le  traducteur  a  mis  la  note  suivante  : 

«  En  este  capitulo  ay  cosas  astrosas,  de  se  escreuir  pocas,  e  otras  que 
non  montan,  que  pareçen  burla  en  el  romance  e  por  eso  las  abreuie, 
mas  non  falleçe  del  capitulo  cosa.  » 

2.  Liciniano  Saez,  Monedas  que  corrian  en  Castilla  durante  el  rei- 
nadodel  Sx  Don  Enrique  III,  p.  376. 

3.  Gallardo,  Ensarjo,  t.  II,  c.  532. 

4.  Historia  de  los  Heterodoxos  Espa/îoles,  t.  II,  p.  414,  n.  1. 

5.  Una  traducciôn  espanola  del  More  Nebuchim  de  Maimonides, 
dans  la  Revista  CrUica  de  Historia  y  Literatura,  etc.  Mayo-junio, 
1897,  p.  160-176. 

6.  Der  Fùhrer  Maimûni's  in  der  Weltlitteratur,  dans  Archiv  fur 
Geschichte  der  Philosophie,  t.  XI,  1898,  p.  335-373. 


444  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

voir  en  lui  le  môme  Pierre  qui  écrivit  vers  1433  des  dia- 
logues sur  la  question  :  De  causa  oh  quant  angeli  in  dwevsis 
locis  simul  esse  non  possunt(l)'?  Et  soc  père  serait-il  ce 

maestre  Juanel  viejo,  juif  converti  de  Tolède,  qui  composa 
vers  1416  le  Mémorial  de  las  cosas  que  atanen  à  nuestro 
senor  Jésus  e  à  la  su  santa  Fee{2)l 

Pierre  de  Tolède  était  certainement  un  lettré  conscien- 
cieux, qui  se  rendait  fort  bien  compte  des  difficultés  de  la 
tâche  qu'il  entreprenait  pour  obéir  à  son  seigneur  Gômez 
Suârez  de  Figueroa.  Pourquoi  n'a-t-il  pas  pris  le  texte  arabe 
du  More  comme  base  de  sa  traduction?  Car  il  n'ignorait  pas 
cette  langue,  puisque  c'est  toujours  avec  leur  nom  arabe 
qu'il  cite  les  philosophes  dont  il  invoque  l'autorité.  Il  appelle 
Maïmonide  :  elCordovi,  Alexandre  d'Aphrodisias  est  pour 
lui  Alixandre  Alfaradosi,  et  Alfarabi:  Abunacer  Alfaravi, 
etc.  De  même  lorsqu'il  cite  Aristote,  c'est  d'après  la  trasla- 
daçion  morisca.  Peut-être  un  texte  arabe  du  Guide  des 
égarés  n'était-il  pas  chose  facile  à  trouver  en  Espagne  à  ce 
moment-là?  Quoi  qu'il  en  soit,  Pierre  de  Tolède  s'est  servi 
de  la  traduction  hébraïque  de  Jehucla  Charisi,  qu'il  suit 
avec  une  grande  fidélité.  Ce  que  nous  savons,  c'est  que 
Pierre  acheva  la  traduction  du  second  livre  du  More,  et 
peut-être  aussi  celle  du  premier,  à  Zafra,  ville  dont  Gômez 
Suârez  de  Figueroa  était  seigneur.  Or,  Gômez  Suârez  de 
Figueroa  avait  épousé  dofia  Elvira  Laso  de  la  Vega,  sœur 
du  marquis  de  Santillane,  et  de  son  côté  Inigo  Lopez  de 
Mendoza  avait  épousé  dona  Catalina  de  Figueroa,  sœur  du 
seigneur  de  Feria  y  Zafra.  Lorsque  Gômez  Suârez  mourut 
(1429),  Pierre  de  Tolède  n'avait  pas  encore  achevé  sa  tra- 
duction. Nous  pouvons  supposer,  sans  que  l'hypothèse  ait 
rien  d'invraisemblable,  que  Pierre  continua  de  travailler, 
protégé  généreusement  par  le  beau-frère  du  défunt,  le 
célèbre  bibliophile  et  érudit  Iûigo  Lopez  de  Mendoza,  et 
que  c'est  ainsi  que  la  traduction  du  livre  de  Raby  Moisés 
sera  venue  figurer  sur  les  rayons  de  la  bibliothèque  de  Gua- 
dalajara. 

1.  Nicolas  Antonio,  Blbliot.  Vêtus,  t.  II,  p.  236,  n.  1. 

2.  Ibid.,  p.  154,  n.  2,  et  p.  209. 


LXXI 


YMAGEN  DE  LA  VIDA 


(Osuna  :  Plut.  VI.  Lit.  N,  n°  21  ;  Rocam.  n°  12;  Biblioth. 
Nat.    Madrid,  Ji-6) 

Ymagen  de  la  vida.  En  castillan. 

Manuscrit  de  46  feuillets,  plus  1  feuillet  blanc  à  la  fin, 
papier.  Écriture  du  XVe  siècle.  Rubriques  et  lettrines. 
Format  220  X 147  mm.  Reliure  moderne . 

Fol.  1.  Rubrique:  Poluora  para  desapartar  el  oro  del 
argen  en  2  oras,  e  es  esta  que  se  signe.  Suit  une  recette 
d'alchimiste.  L'auteur  donne  aussi  le  secret  de  la  prépa- 
ration de  l'or  potable. 

Fol.  8v°.  Rubrique  :  En  el  nonbre  del  padre  e  del  Jîjo 
e  del  spiritu  santo,  con  el  ayuda  del  quai  començamos  un 
libro  nonbrado  ymagen  de  la  uida,  sacado  de  los  secretos  de 
losjilosofos  sobre  el  arte  de  alquimia,  el  quai  es  departido 
entreynta  capitulos,los  qualesson  contenidos  en  la  nuestra 
platica,  por  uenir  al  conoscimiento  de  la  obra  de  nuestra 
medicina. 

Suit  une  table  des  trente  chapitres  qui  composent  ce 
traité. 

Fol.  10  v°.  Rubrique  :  Aqui  se  acaba  la  primera partida 
que  es  del  conoscimiento  de  la  materna  e  theorica  intro- 
ductiua,  e  por  tanto  nescesaria  cosa  es  que  tractemos  de 
la  segunda  parte,  que  es  del  magisterio  e  platica  opéra- 
tiuay  la  quai  se  sygue. 

Du  feuillet  11  au  feuillet  27,  l'auteur  expose  pratique- 
ment  ce   qui  a  été   théoriquement   et  matériellement  in- 


446  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

diqué  dans  la  table  générale  des  chapitres  qui  précède  le 
texte. 

Fol.  11.  Rubrique:  Çapitulo primer o.  Como  tu  deues 
fazerel  sinabrio  de  que  deue  ser  traydo  nuestro  biuo  argeh 
por  el  començamiento  de  nue$tra  obra. 

Incipit  :  a  Toma  4  partidas  de  biuo  argon  o  una  de  sufre 
commi...» 

Fol.  27  v°.  Explicit  :  «  ca  en  otra  manera  se  encenderia 
sy  auia  do  cspirar  el  ayrc  ;  e  [a]qui  es  acabada  la  obra  de 
la  nuestra  piedra  filosofal  blanca  o  leuadura.  Deo  gra- 
cias. » 

Immédiatement  au-dessous  et  sans  titre  spécial  commence 
un  second  traité.  Rubrique:  Çapitulo  primero  es  en  como 
tu  deues  conuertir  tu  piedra  blanca  en  mediçina  Rubea. 

Incipit:  «  Toma  un  peso  de  la  mediçina  blanca  filosofica, 
que  son  3dineros  e  faz...  » 

Ce  traité  compte  6  chapitres,  il  se  termine  au  fol.  33. 

Fol.  32  v°  et  33.  Explicit  :  «  Ca  en  tanto  como  abrir  e 
çerar  el  ojo  seran  gareçidos  e  curados  de  toda  enfermedat. 
Deo  gratias.  » 

a  El  eterrno  padre,  que  todas  las  cosas  gouierrna  e  or- 
dena,  rresçiba  de  mi  gracias  e  loores  por  ynfenito  e  de 
todas  las  lenguas  de  las  sus  criaturas,  que  este  secreto  ha 
traydo  a  las  mis  manos.  El  quai  fijoyo  te  he  decharaclo  (sic) 
e  te  dexo  por  hereclat  perpétuai,  con  amonestaçion  que  uses 
del  con  temor  de  Dios,  sin  uanida  (sic).  Deo  gratias.  Amen.  » 

Au-dessous  on  trouve  la  rubrique  suivante  : 

Aqui  comiença  el  tercero  tractado  de  los  ystrumentos. 
Incipit  :  «  Fijo,  pues  que  auemos  acabado  el  segundo  tra- 
tado  que  es  de  la  platica,  agora  conuiene  que  digamos  el 
ordenamiento  del  tercero  tratado  que  es  dicho  de  los 
ystrumentos  que  son  neçesarios  en  la  nuestra  obra..  » 

Dans  ce  traité  Fauteur  parle  des  appareils  distillatoires 
dont  il  dessine  les  modèles,  de  la  manière  de  s'en  servir,  et 
des  mesures  qui  correspondent  à  chacune  des  pièces  dont  ces 
appareils  se  composent. 

Les  feuillets  37  v°,  38v°,  39  sont  occupés  par  les  dessins 
des  appareils.  Apres  le  traité  des  instruments,  au  feuillet  44 
nous  trouvons  un  chapitre  isolé,  le  dernier  du  manuscrit. 


LXXI.    YMAGEN    DE    LA   VIDA  447 

Rubrique  :  Obra  blanca  particular,  la  mejor  de  todas 
quantas  son  particulares ,  es  esta  que  se  signe, 

Incipit  :  «  Toma  2  libras  de  limalla.. .  )) 

Fol.  46.  Explicit  :  «  E  quando  esta  limalla  sera  asy  enxu- 
gada  al  sol  dexala  tenplar  dentro  en  esta  lexia  por  el  espa- 
çio  de  9  dias,  e  al  cabo  des  te  termino  trae  la  de  fuera  e 
obra  como  dicho  es,  e  clexando  la  secar  primeramente  al 
sol.  La  quai  fallaras  ynpalpable  de  color  pardilla.  »  Ex- 
plicit. 

A  la  suite,  un  dernier  dessin  représentant  un  four.  Une 
numérotation  au  charbon,  mise  grossièrement  au  bas  des 
feuillets,  avant,  que  le  livre  n'eût  été  relié,  marque  notre 
feuillet  1  du  n°  11 .  Il  est  évident  que  ce  manuscrit  est  in- 
complet du  commencement  ;  ne  manque-t-il  que  les  10  feuil- 
lets que  le  foliotateur  avait  encore  vus  ou  en  manque-t-il 
davantage  ?  Quoi  qu'il  en  soit,  la  numération  au  charbon  va 
du  fol.  11  au  fol.  57. 

M.  Luanco,  dans  le  second  volume  de  son  Alquimia  en 
Espaha  (p.  86),  parle,  en  courant,  de  cet  ouvrage,  et  son 
étude  nous  renseigne  peu  sur  les  doctrines  auxquelles  se 
rattache  la  Ymagen  de  la  Vida.  Heureusement  nous  avons 
pu  consulter  M.  Mourelo,  professeur  à  l'école  des  arts  et  mé- 
tiers de  Madrid,  qui,  après  avoir  examiné  attentivement  ce 
manuscrit,  l'a  jugé  digne  d'un  long  article  paru  dans  le 
numéro  de  février  1899  de  la  Revista  de  Archivos,  Bi- 
bliotecas  y  Museos.  L'auteur  de  cet  article,  après  une  ana- 
lyse technique  détaillée  du  manuscrit  Ii-6,  publie  une  in- 
téressante lettre  de  M.  Berthelot,  à  la  compétence  spéciale 
duquel  il  a  fait  appel. 

«  Les  traités  de  ce  MS.,  dit  M.  Berthelot,  se  rattachent 
))  à  la  tradition  des  alchimies  provençales,  3t  espagnoles  que 
))  j'ai  signalées  dans  le  tome  I,  p.  351,  de  mon  Histoire  de 
))  la  chimie  au  moyen  âge.  C'est  la  tradition  des  pseudo- 
»  nymes  qui  ont  pris  le  nom  de  Raymond  Lulle,  et  c'est 
»  dans  leurs  écrits  qu'il  faut  chercher  les  analogues  directs 
ï)  des  idées  et  des  doctrines  de  ce  MS.  »  Quant  à  la  pré- 
sence de  ce  livre,  seul  de  son  espèce,  dans  la  collection  qui 
nous  occupe,  nous  pensons  qu'il  pourrait  être  une  épave  de 
la  fameuse  bibliothèque  de  Don  Enrique  de   Aragon,  que 


448  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

frère  Lope  de  Barrientos,  évêque  de  Ségovie,  fut  chargé 
d'examiner  et  de  détruire  en  partie,  après  la  mort  de  son 
propriétaire  (1). 

1.  Le  faussaire  à  qui  Ton  doit  le  Centon  epistolario  a  beaucoup  enflé 
l'histoire  de  la  destruction  de  cette  bibliothèque,  et  pendant  longtemps  on 
a  cru  en  effet  que  de  grands  trésors  littéraires  avaient  ainsi  disparu.  La 
critique  moderne  a  remis  les  choses  au  point  (Cf.  Ménendez  y  Pelayo, 
Antologia  de  Poeéas  Liricos,  t.  V,  p.  xxxn,  et  Cotarelo  y  Mori,  Don 
Enrique  de  Villcna,  chap.  xiv).  L'auteur  de  la  Chronique  de  Jean  II 
parle,  lui  aussi,  des  livres  de  Don  Enrique.  Son  témoignage  est,  cer- 
tainement, tout  à  fait  digne  de  confiance,  il  dit  :  «  Y  el  rey  mandé  que 
»  le  fuesen  traidos  todos  los  libros  que  ténia,  los  quales  mandé  que 
»  viese  fray  Lope  de  Barriéntos,  maestro  del  Principe,  e  viese  si  habia 
»  algunos  de  malas  artes  :  e  fray  Lope  los  miré  e  hizo  quemar  algunos. 
»  e  los  otros  quedaron  en  su  pocler  »  (L.   c,  année  1434,  chap.  vin). 


APPENDICE  1 

NUNO  DE  GUZMAN 

Nuno  de  Guzman,  dont  nous  connaissons  à  peine  la  sil- 
houette, semble  avoir  été  un  esprit  vif  et  curieux.  Il  est  à 
coup  sûr  un  de  ceux  auxquels  le  premier  humanisme  espa- 
gnol doit  le  plus.  Ses  voyages,  son  séjour  en  Italie,  l'amitié 
qu'eurent  pour  lui  Giannozzo  Manetti,  Leonardo  Bruni, 
Pietro  Candido  Decembri,  Vespasiano  de  Bisticci  et  d  autres 
encore  témoignent  de  ses  goûts  littéraires.  M.  Morel-Fatio, 
qui  s'est  occupé  de  ce  personnage  dans  sa  Notice  sur  trois 
manuscrits  de  la  bibliothèque  d'Osuna  (Romania,  t.  XIV, 
p.  102-108),  se  demande:  a  Quel  est  ce  Guzman  ?»  Et  il 
ajoute  :  «  L'Espagne  semble  n'en  rien  savoir,  et  aucun  de 
«  ses  biographes  ou  bibliographes  n'a  recueilli  le  nom  de  cet 
((  amateur  zélé.  Heureusement  les  Italiens  du  XVe  siècle  se 
a  sont  plu  à  conserver  sa  mémoire;  l'un  d'eux,  l'intelligent 
((  libraire  florentin  Vespasiano  de  Bisticci, luia  consacré  une 
((  curieuse  notice  dans  ses  Vite  cVuomini  illustri {1).  ))  Cette 
notice  que  M,  Morel-Fatio  reproduit,  nous  apprend  entre 
autreschosesqueNunoétait  àFlorence  le22juin  1439,  lorsque 
le  pape  Eugène  IV  signa,  dans  l'église  de  Santa  Maria  del 
Fiore,le  décret  d'union  des  églises  latine  et  grecque,  le  jour 
même  où  les  évêques  réunis  à  Baie  le  déposaient.  Vespa- 
siano nous  dit  aussi  que  Nuno  fit  écrire  de  nombreux  vo- 
lumes en  italien  pour  les  expédier  en  Espagne  et  que,  même» 
après  son  départ  de  Florence,  il  envoya  dans  cette  ville 
des  messagers  chargés  de  faire  copier  des  livres.  Vespa- 
siano  note   encore    que  Guzman  fit   exécuter   des  versions 

1.  Cet  ouvrage,  imprimé  par  Angelp  Mai  dans  son  Spicilegium  ro- 
manum,  Rome,  1839,  a  été  réimprimé,  d'après  d'autres  textes,  par 
A.  Bartoli,  Florence  1859;  la  dernière  et  la  meilleure  édition  des  Vite  ai 
Uoininl  illustri  del  secolo  XV  est  celle  qui  a  paru  en  1892,  par  les 
soins  de  L.  Frati,  dans  la  Collez*  di  Opère  inédite  o  rave  de  Bologne» 

21) 


450  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

italiennes  des  Tusculanes  et  du  De  Oratore  deCicéron, 
des  Déclamations  de  Quintillien  cl  du  De  Saturnalibus  de 

Macrobe.  Et  le  libraire  florentin  termine  8a  notice  par  ces 
mots  :  «  Di  piu  altre  opère  fece  in  questa  linguauna  degnis- 
«  aima libraria, la  quale,prevenuto  lui  dalla  morte  in  Siviglia, 
((  capitô  maie.  »  a  Souhaitons,  dit  M.  Morel-Fatio,  que  des 
a  recherches  habilement  dirigées  dans  les  bibliothèques 
((  de  la  Péninsule  permettent  bientôt  de  reconstituer  quelque 
«  partie  d'une  librairie  formée  aux  prix  d'efforts  intelli- 
«  gents  et  à  laquelle  s'attache  un  des  grands  noms  d'Esr 
«  pagne.  Le  marquis  de  Santillane,  qu'on  croyait  unique 
((  en  son  genre  au  XVe  siècle,  a  désormais  un  émule  ;  et 
((  c'est  bien  à  un  Guzman  qu'il  appartenait  de  rivaliser 
«  avec  un  Mendoza.  »  Nous  avons  eu  l'occasion  de  signa- 
ler dans  notre  introduction  les  inexactitudes  que  contient 
la  notice  consacrée  par  Vespasiano  de  Bisticci  au  Cardinale 
di  Mendoza  spagnolo .  Sans  vouloir  tirer  de  ces  faits  un 
argument  péremptoire  contre  la  véracité  du  libraire  flo- 
rentin, nous  sommes  cependant  autorisé  par  eux  à  nous 
défier  de  ce  qu'il  affirme  lorsqu'il  ne  s'agit  plus  de  choses 
florentines  dont  il  a  lui-même  été  le  témoin.  Nufio  de  Guz- 
man faisait  copier  et  même  traduire  des  livres,  mais  le 
faisait-il  en  vue  de  se  former  une  bibliothèque? 

Nous  savons  que  le  marquis  de  Santillane  a  prié  Nuno  de 
traduire  en  castillan  un  discours  de  Giannozzo  Manetti.  Or,, 
ce  discours,  la  rubrique  du  texte  italien  en  fait  foi,  a  été 
prononcé  le  30  septembre  1453  (Cf.  Notice  *LIV).  Nuûo 
de  Guzman,  qui  à. cette  époque  était  depuis  longtemps  re- 
venu d'Italie,  n'a  pu  connaître  ce  travail  qu'à  la  fin  de 
l'année  1453  et  n'a  pas  dû  le  traduire  avant  1454.  Voilà  déjà 
un  indice  certain  de  l'amitié  qui  liait  ces  deux  nobles  es- 
pagnols. Remarquons  aussi  que  des  quatre  versions  dont 
parle  Vespasiano  de  Bisticci  deux  se  trouvaient  dans  la  bi- 
bliothèque Osuna  et  que  les  manuscrits  qui  les  conservent 
sont  ornés  de  la  même  inscription  et  datés  de  1456  (Cf.  No- 
tice IX,  ms.  D,et  Notice  XXI).  M.  Morel-Fatio  observe  que 
ces  deux  volumes  pourraient  être  entrés  dans  la  biblio- 
thèque de  Guadalajara  après  la  mort  du  Marquis.  Sans 
doute,  niais  il  faut  noter  ici  un  détail  qui,  tout  minime 
qu'il  est,  peut  avoir  de  l'importance  :  ces  manuscrits  sont 


APPENDICE    1.    NUNO    DE   GUZMAN  451 

dépourvus  d'armes,  bien  qu'ils  portent  la  couronne  de  lau- 
rier destinée  à  les  contenir.  Le  cas  n'est  pas  extraordinaire; 
cependant  quand  on  considère  qu'ils  ont  été  exécutés  à 
Florence  par  des  copistes  et  des  enlumineurs  qui  connais- 
saient Nufio  de  Guzman  et  les  armes  de  sa  maison,  cette 
lacune  évoque  l'idée  que  Nufio  pourrait  avoir  donné  l'ordre 
de  laisser  Técu  en  blanc  sur  ces  manuscrits  parce  qu'il 
n'avait  pas  l'intention  de  les  garder. 

Il  est  vraisemblable  que  le  marquis  de  Santillane,  qui 
était  en  sympathie  intellectuelle  avec  Nufio  de  Guzman, 
aura  eu  connaissance  de  ces  nouvelles  versions  de  Cicéron 
et  de  Quintilien  et  qu'il  aura  tout  fait  pour  les  lire  et  pour 
les  posséder.  Vespasiano  nous  a  dit  que  Nufio  envoyait  en 
Espagne  les  livres  qu'il  faisait  copier.  A  qui  les  expédiait- 
il  ?  Sûrement  pas  à  sa  famille  avec  laquelle  il  était  brouillé. 
Et  si  ces  livres  étaient  pour  son  usage  personnel,  que  ne  les 
emportait-il  simplement  dans  ses  bagages  ? 

Traitons  maintenant  un  point  moins  conjectural.  M.  Mo- 
rel-Fatio  a  publié,  dans  son  article  sur  les  Deux  Omero 
castillans  (Rornania,  t.  XXV,  p.  125-126),  deux  lettres 
datées  de  1442  et  qui  sont  fort  importantes.  La  première 
est  une  invitation  d'Alonso  de  Cartagena,  évêque  de  Bur- 
gos,  à  l'humaniste  Decembri  de  Milan,  pour  l'engagera  dé- 
dier à  Jean  II  de  Castille  sa  Vie  d'Homère  et  sa  version  la- 
tine de  V Iliade;  la  seconde  est  la  réponse  de  Pietro  Candido 
accédant  au  désir  de  son  correspondant.  A  quelle  époque  la 
traduction  du  Milanais  est-elle  arrivée  en  Espagne  ?  Nous 
ne  pouvons  pas  indiquer  de  date  précise,  mais  il  est  certain 
que  ce  fut  entre  1442  et  1446.  Nous  verrons  tout  à  l'heure 
pourquoi  nous  avons  choisi  la  seconde  de  ces  deux  dates* 
Le  moment  exact  du  retour  de  Nufio  de  Guzman  dans  sa 
patrie  ne  nous  est  révélé  par  aucun  document.  Vespasiano 
de  Bisticci  nous  a  donné  1439  comme  date  de  l'arrivée  de 
Nufio  en  Toscane.  Là,  Guzman  fit  écrire  par  Giannozzo  Ma- 
netti  un  livre  où  ses  voyages  étaient  racontés  de  manière  à 
fléchir  la  rigueur  de  son  père,  qui  ne  lui  pardonnait  pas  son 
escapade  à  travers  le  monde.  Ce  récit  fut  envoyé  en  Espagne, 
et  le  maître  de  Calatrava  qui,  la  Bible  de  Rabbi  Arragel  1<3 
prouve,  devait  être  un  esprit  cultivé,  pardonna  à  son  fils  et 
lui  envoya  de  l'argent  pour  négocier  des  faveurs  en  cour  dé 


453  mm.io'l  ftÈQÙË    Di;    MARQUIS    DÉ   SANTILLANE 

Rome  avant  son  rétour.  Tout  cela,  sans  compter  les  copies 
do  livres  qu'il  fit  faire,  suppose  un  assez  long  séjour.  Citons 
maintenant  le  commencement  de  la  lettre  que  1(3  marquis  de 
Santillane  écrivit  à  son  fils  Pedro  Gonzalez,  alors  étudiant 
à  Salamanque  :  a  Âlgunos  libros  é  orâçiones  lie  resçibido, 
((  por  un  pariente  é  amigo  mio,  este  otro  (lia,  que  nueva- 
((  mente  es  venido  de  Italia,  los  qùales  asy  por  Leonàrdo  dé 
((  Areçio,  como  por  Pedro  Caudino  {sic),  milanés,  d'aquel 
((  principe  de  los  poetas  Homero,  é  de  la  Historia  Troyana, 
((  que  el  compuso,  a  la  quai  Iliade  intitulé,  traduçidos  del 
((  griégo  a  la  lengua  latina,  creo  ser  primero,  segundo, 
«  terçero  ô  quarto,  é  parte  del  décimo  libro...  »  (Cf.  Los 
Rios,  Obras  del  Marqués,  p.  481).  Cette  lettre  n'est  pas 
datée,  mais  comme  les  biographes  du  futur  cardinal  nous 
apprennent  que  Pedro  Gonzalez  étudia  à  Salamanque  de 
février  1446  à  1450  et  qu'il  y  resta  deux  ans  de  plus,  como 
pretendiente,  faisant  des  leçons  publiques,  il  en  résulte  que 
la  lettre  de  son  père  n'a  pas  pu  lui  être  écrite  avant  1446 
(Cf.  Salazar  de  Mendoza,  Crônica  del  Gran  Cardenal  ; 
Alonso  Nûnez  de  Castro,  Historia  de  Guadalajara).  Il  est 
donc  probable  que  le  pariente  é  amigo  mio,  que  nuevamente 
es  venido  de  Italia  dont  le  Marquis  parle  à  son  fils  n'est 
autre  que  Messere  Nugno  Gusmano,  spagnuolo.  (Cf.  Me- 
néndez  y  Pelayo,  Antologia,  t.  V,  p.  lxxxii)  .  Les  ren- 
seignements nous  manquent  pour  justifier  l'expression  de 
pariente*  dont  se  sert  le  Marquis.  Peut-être  s'agit-il  ici 
d'une  parenté  fort  éloignée,  et  convient-il  de  se  rappeler 
que  le  marquis  de  Santillane  était  le  neveu  de  Fernan 
Perez  de  Guzman,  seigneur  de  Batres. 
.  Une  petite  trouvaille  est  venue  appuyer  d'un  fait  nou- 
veau nos  hypothèses  sur  la  date  du  retour  de  Nuno  de 
Guzman  en  Espagne.  En  parcourant,  à  Milan,  les  lettres  de 
Pietro  Candido  Decembri,  dont  un  manuscrit  de  la  Biblio- 
thèque Ambrosienne  nous  a  conservé  les  copies,  nous  avons 
trouvé  une  lettre  d'Alonso  de  Cartagena,  évêque  de  Burgos, 
à  Pietro  Candido  Decembri,  lettre  écrite  de  Sasamôn,  le 
89  juillet  1446.  Voici  ce  que  l'évoque  écrit  à  son  corres- 
pondant (Bibliôthj  Ambrosienne,  Milan,  I,  235  inf., 
Fol.  86.')  :  ci  Littere  lue,  uir  disertissime,  apud  Mediolanum 
déchna  Jion;i  octubris  de  anno  quadragesimo  quinto  cons- 


APPENDICE    1,    NUNO    DE    GUZMAN  '453 

cripte  ad  manus  meas,  longo  post  exacto  tcmpore,  peruenc- 
runt  (fol.  86  v°),  tardiusquo  deûenissent,  nisi  familiaris 
quidam  meus  ad  inclytam  urbem  Corclubam,  ut  emeret 
aliquos  equos,  de  illis  quos  ginetos  uocant,  quibus.ciuitas 
illa  abundare  solet,  profectus  fuisset;  et  in  ciuitatem  in- 
gressus,  cum  hinc  inde  per  diuersas  eius  partes  uidendorum 
equorum  occasione  deambulans,  a  nobili  uiro  Nunio  de 
Guzman  uisus  cognitusque  fuisset,  tradidit  illi,  ut  ad  me 
reportaret,  litteras  tuas,  breues  lineis  secl  suauitate  et 
amicitie  dulciore  non  modicum  copiosas,  unaque  cum  illis 
librum  declamationum  tuarum  quem  ego  letissimo  animp 
uidi  et  auidissima  mente  ex  parte  perlegi.  »  Ce  passage  est 
fort  curieux.  L/évêque  de  Burgos  remarque  que  les  lettres 
du  19  octobre  1445  lui  sont  parvenues  fort  tard.  Il  est  pro- 
bable qu'il  ne  les  aura  pas  reçues  avant  1446  et  que  même 
il  n'a  pas  dû  les  recevoir  dans  les  premiers  mois  de  Tannée, 
puisque  le  ton  de  sa  lettre,  qui  est  d'ailleurs  très  longue, 
permet  de  supposer  qu'il  n'aura  pas  tardé  à  répondre.  Nous 
venons  de  voir  que  Pedro  Gonzalez  de  Mendoza  se  rendit  à 
Salamanque  en  février  1446.  Il  est  par  conséquent  infini- 
ment probable  que  Nuno  de  Guzman  revint  en  Espagne 
dans  le  courant  de  cette  même  année  et  qu'il  est  bien  ce 
pariante  é  ami  go  mio,  que  nuecamente  es  venido  de  Italia, 
dont  le  marquis  de  Santillane  parle  à  son  fils,  dans  sa 
célèbre  lettre  que  nous  croyons  pouvoir  désormais  dater 
de  1446. 

En  résumé,  nous  voyons  en  Nuno  de  Guzman  un  gentil- 
homme lettré,  qui  renseignait  le  marquis  cle  Santillane  et 
qui  lui  prêtait  obligeamment  ses  services.  Il  contribua  ainsi 
à  former  la  bibliothèque  de  Guadalajara,  où  le  nombre  des 
manuscrits  italiens  est  si  considérable.  Ceci  n'empècho  pas 
que  Nuno  n'ait  eu  quelques  livres  à  lui,  mais  nous  ne  pensons 
pas  que  les  derniers  mots,  un  peu  vagues,  de  la  notice  de 
Vespasiano  de  Bisticci  suffisent  à  faire  admettre  l'existence 
d'une  bibliothèque  pouvant  rivaliser  avec  celle  d'Ifiigo  Lo- 
pez  de  Mendoza.  Ces  explications  nous  semblaient  néces- 
saires pour  indiquer  les  raisons  qui  nous  ont  fait  classer  les 
trois  volumes  qui  portent  le  nom  de  Nuno  de  Guzman  dans 
la  Bibliothèque  du  marquis  de  Santillane. 

Si  nous  n'avons  pu  fixer  avec  une  certitude  absolue  la  date 


454  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

du  retour  d'Italie  de  Nufio  de  Guzman,  nous  pouvons  du  moins 

affirmer  qu'il  se  trouvait  en  Espagne  après  1445.  Ce  renseigne- 
ment nous  est  fourni  par  le  manuscrit  III-T-3  de  la  Biblio- 
thèque de  FEscurial,  qui  contient  une  traduction  castillane 
du  De  Ira  de  Sénèque,  précédée  d'une  préface  qui  commence 
ainsi:  «Este  libro escriuio fray  Gonçalo,  sufiçiente  ortografo, 
capellan  de  la  muy  generosa  e  non  menos  virtuosa  seflora 
dofia  Ynes  de  Torres,  muger  de  don  Luys  de  Guzman  de 
preclarisima  memoria,  maestre  de  Calatraua,  que  dios  aya  e 
acabose  a  ocho  de  otubre,  aûo  de  mill  e  quatrocientos  e 
quarenta  e  cinco  anos  de  la  salutifera  encarnaçion  de  nuestro 
sefior  ihu  xpo  e  rredentor.  E  visto  por  mi  Nufio  de  Guzman 
el  susodicho  libro  que  asi  el  trasladador,  que  lo  transfirio 
de  la  lengua  latina  a  la  nuestra  castellana,  non  bien  con- 
prehendiendo  la  intençion  de  tanto  moral  como  Seneca, 
prestantisymo  varon,  fue,  como  por  la  inperiçia  e  mas  ver- 
daderamente  ygnorancia  de  los  escriptores  era  tan  corrupto 
el  texto  que  totalmente  venia  a  ser  de  sentencia  ayuno,  e 
allende  desto  otros  muchos  defectos  que  toda  la  moral 
utilidat  inpedian  e  ofuscauan,  asi  que  todas  estas  cosas 
yo,  el  suso  memorado  Nufio,  bien  esaminadolas,  segunt 
mas  familiarmente  e  domestica  antes  de  agora  auia  plati- 
cado  el  tractado  aqueste,  en  uno  con  otras  muchas  obras 
del  actor,  dispuseme  a  lo  coregir  (1)  ».  Il  résulte  en  effet  de 
cette  déclaration  que  Nufio  de  Guzman  a  remanié  une  version 
du  De  Ira,  copiée  par  fray  Gonzalo  et  que  celui-ci  avait 
peut-être  déjà  retouchée  lui-même.  (Cf.  Notice  XVI,  p.  128, 
129.) 

Des  rapports  entre  Nufio  de  Guzman  et  Giannozzo  Manetti 
nous  avons  d'autres  témoignages  que  celui  de  Vespasiano  de 
Bisticci.  Mehus,  dans  sa  Vie  d1  Ambrogio  Traoersari  (2), 
dit  avoir  lu  une  biographie  manuscrite  de  Giannozzo  Ma- 
netti, due  à  un  anonyme,  où  Ton  parle  de  la  dédicace  de 
trois  de  ses  ouvrages  à  Luis  de  Guzman,  maître  de  Cala- 


1.  Rodriguez  de  Castro,  Bibliot.  csp.y  t.  II,  p.  44-45,  a  publié  cette 
pré  lace  en  entier. 

2.  Mehus,  Ambrosii  Traversarii  gencralis  Cainaldulensium. . .  latinae 
epistolae...  Accodit  ciusdem  Ambrosii  vita...  Florence,  1759,  in-fol., 
p.  lxxv. 


APPENDICE  1.  NUNO  DE  GUZMAN  455 

trava  :  «  In  hac  autem  scribit  auctor  anonymus,  ditMehus, 
«  Iannotium  Manettum,  tria  opéra  elucubrasse  in  honoren 
((  Gusmani  Equitis  Hispani,  quorum  postremum  de  illustri- 
a  bus  long aevis  inscripsit.  Quum  itaque  hos  Iannotii  Ma- 
«  netti  libros  de  illustribus  longaevis  inter  bibliothecarum 
((  Florentinarum  manuscriptos  frustra  quaererem,  eosdem 
((  reperi  in  codice  membranaceo  Vaticano-Urbinate  (cod .  387) 
((  in  quolegitur:  Liber Iannocii Manetti  de  illustribus  Ion- 
a  gaevis,  ad  illustrissimum  atque  clarissimum  D.  D.  Ludo- 
«  vicum  Gusmanum  insignem  Calatraviae  Provinciae  ma- 
((  gistrum.  »  En  effet,  la  Bibliothèque  Vaticane  conserve  un 
luxueux  manuscrit  qui  contient  huit  ouvrages  de  Giannozzo 
Manetti  parmi  lesquels  se  trouve  le  De  illustribus  long  aevis. 
La  préface  de  ce  traité  est  pour  nous  très  intéressante  et 
nous  en  citerons  le  début  et  la  fin(l)  : 

(Cod.Urb.  387,  fol.  41a).  «  Cum  Nunnius,  celsitudinis  tue 
filius,  illustrissime  princeps  et  clarissime  domine,  ex  longa 
quadam  ejus  peregrinatione  tandem  Florentiam  in  hanc 
urbem  applicuisset,  atque  paulo  post  siue  humanitate  sua, 
siue  similitudine  morum,  siue  nonnulla  precipua  et  singu- 
lari  de  me  opinione  sese  in  familiaritatem  meam  ab  initio 
contulisset,  factum  est  ut  post  solemnia  illa  que  in  primis 
congressibus  hominum  haberi  soient  facile  conueniremus, 
atque  inuicem  instar  amicorum  diu  multumque  conuersare- 
mur.  Ex  hac  diutina  inter  nos  conuersatione  tanta  et  tam 
magna  utrimque  uoluptate  capiebamur,  ut  nulla  fere  dies 
preteriret  quin  simul  conuenientes  eam  totam  uariis  hinc 
inde  sermonibus  jocundissime  contereremus.  Per  hune  igitur 
modum  una  soli  diutius  conuersantes,  in  tantam  amicitiam, 
nam  in  dies  augeri  uidebatur,  ad  extremum  usque  processi- 
mus,  ut  omnia  non  solum  facta  sed  dicta  etiam  et  cogitata 
inter  nos  communia  esse  uiderentur.  Quocirca  cum  de  qui- 
busdam  peregrinationum  suarum  causis  mecum  primum 
comm  uni  caret  quid  deinde  sibi  agendum  esset,  me  ipsum 
utpote  iam  familiarem  et  amicum  familiariter  amieeque 
consuleret,  forte  euenit  ut  ex  liac  cum  tam  beniuola  et  tam 


1.  Nous  devons  la  copie  de  ce  document  à  l'obligeance  de  MM.  Eu- 
gène Déprez  et  Charles  Samaran,  anciens  membres  de  l'École  Française 
de  Rome. 


456  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

arnica  consultatione  apologiam  illam  eius  nomine  ad  te 
perscriberemus,  tibique  per  Rodericum (1)  tabellarium,  liis- 
panum  hominem,  hinc in Hispaniam  usque  transmitteremus, 
Quo  quidem  uix  confeçto,  impensius  rogare  atque  iure  ami- 
cicie  acriusmecum  instare  cepit,  utaliquad  ppus  memoratu 
(lipjmm  tuonominidedicaremus.  Quamobrem,cum  ei  utpote 
familiari  et  ainico  meo  nihil  denegandum  esse  censerem, 
multa  ac .  uaria  mente  uoluebam  quo  sibi  id  petenti  atque 
summis  precibus  roganti  facilius  obsequi  possem.  Diu 
itaque  liée  et  huiusmodi  mecum  ipsi  animaduer  —  (fol.  41b) 
tenti  non  indignum  fore  uidebatur  si  d(^  il  lus  tri  bus  longeuis 
preclara  aliqua  gloriosaque  gesta  tuo  nomine  memorie  man- 
daremus,  at(jue  ad  te,  tantum  ac  tam  illustrerai  principem  <kt 
in  diuturna  quadam  humane  uite  felicitate  diutius  uersatum, 
conscriberemus,  atque  hoc  ideo  libentius  fecimus  quod  hu- 
jusmodi  preclara  longeuorum  gesta  noua  quedam  laudibus 
ac  memoria  digna  atque  perinde  tibi  non  ingrata  fore  pu- 
tabamus,  quoniam  a  latinis  omninopretermissa,  agrecisuero 
jejuneet  exiliter  percursa  fuisse  conspiciebamus.  Unde,  cum 
de  his  ipsis  rébus  jampridem  scribere  cogitassemus,  co- 
gitataque  litteris  mandarecupissemus,  inceptum  opus  uariis 
hincinde  fragmentis  intercisum,  rursus  ab  initio  inchoaui- 
mus  atque  intègre  absoluimus  tuoque  nomini  propterea 
dedicauimus,  cum  ut  minimo  fîlio  tuo,  summis  ut  diximus 
precibus  id  petenti  et  oranti  in  primis  obsequeremur,  tum 
etiam  quia  hoc  nostrum  longeuorum  opus  claritati  et  glorie 
tue  uel  maxime  conuenire  arbitramur.  Sed  hec  hactenus 
dixisse  sufficiat...))  Voici  en  quels  termes  Giannozzo  Manetti 
recommande  son  livre  à  don  Luis  de  Guzman  et  termine  sa 
préface  :  (Fol.  42  v°)  :  «  Tu  uero,  illustrissime  princeps  et 
clarissime  domine,  hoc  nostrum  quodcunque  illustrium 
longeuorum  opus  grate  atque  bénigne  suscipias  etiam  atque 
etiam  rogamus  ;  nam  etsi  paruum  quiddam  censeri  debeat 
presertim  si  cum  claritateet  gloria  tua  compare tur,  ab  aninio 
tamen  tibi  ob  precipuas  et  admirabîles  uirtutes  tuas  de- 
ditissimo  libentissime  simul  atque  deuotissime  mittitur. 
Vale  diu  felix  et  una  cum  hoc  paruulo  meo  ad  te  niunus- 
culo  me  eius  auctorem  in  seruorum  tuorum  numéro  collo- 

1.  \rf'S|,;i^i;iiio  de  Bisticci  l'appelle  Rodcrico  de  Mires. 


APPENDICE    1.    NUNO    DE    GUZMAN  457 

euro  et  connumerare  digneris,  quod  ut  facias  maxime  rogo 
atque  ôbseero,  et  si  pro  tuo  singulari  in  omne  genus  homi- 
num  benignitate  feceris,  gratissimutn  milii  fecisse  scias 
uelim.)) 

Cette  préface  confirme  tout  ce  qui  clans  la  notice  de  Ves- 
pasiano  de  Bisticci  est  relatif  aux  rapports  de  Nuno  de 
Guzman  et  de  Giannozzo  Manetti,  et  ce  rapprochement 
évoque  l'idée  que  le  libraire  florentin  a  peut-être  été  celui 
auquel  l'humaniste  et  le  gentilhomme  espagnol  se  sont 
adressés  pour  faire  transcrire  l'«  apologie  »  qui  devait  va- 
loir à  Nuno  le  pardon  de  son  père.  Vespasiano  de  Bisticci 
a  écrit  un  petit  livre  intitulé  :  Commentario  délia  oita  di 
messer  Giannozzo  Manetti.  Cet  ouvrage,  publié  en  1862 
dans  la  Collezione  di  opère  inédite  o  rare,  contient  (p.  109), 
une  liste  des  œuvres  de  Manetti,  dressée  par  Vespasiano, 
où  nous  trouvons  citée  l'apologie  de  Nuno  sous  le  titre 
suivant  :  «  Escusazione  e  giustificazione  di  mess.  Niugno 
Gusmano  apresso  di  messer  Lodovico  suo  paclre,  del  quale 
aveva  percluta  la  grazia  :  e  questo  libro  lo  restitui  nella 
grazia  del  padre.  >)  Cet  ouvrage  n'a  encore  été  signalé  nulle 
part,  mais  il  est  probable  qu'un  jour  ou  l'autre,  en  Espagne 
ou  en  Italie,  on  le  retrouvera. 

Nuno  de  Guzman,  que  Manetti  avait  en  haute  estime,  ne 
devait  pas  être  moins  lié  avec  Pietro  Candido  Decembri, 
puisque  celui-ci  a  traduit  en  italien,  à  son  intention,  le  Ludus 
de  morte  Claudii  de  Sénèque.  On  voit  dans  la  dédicace  du 
Milanais,  qu'il  fait,  comme  Vespasiano  et  comme  Giannozzo, 
grand  cas  de  l'intelligence  et  du  savoir  de  son  ami.  Qui  est 
l'auteur  de  la  version  castillane  dûJuego  de  Claudio  étape- 
radorf  Nous  pensons  que  ce  pourrait  bien  être  Nuno  lui- 
même,  puisque  déjà  nous  avons  pu  remarquer,  en  parlant  de 
la  traduction  du  De  Ira  conservée  à  l'Escurial,  que  cet  ama- 
teur ne  craignait  pas  de  s'occuper  personnellement  de  travaux 
de  ce  genre.  Le  petit  manuscrit  qui  contient  la  version  de 
Pietro  Canclido  Decembri  a  fait  partie  de  la  bibliothèque  de 
Don  Pascual  de  Gayangos;  il  est  maintenant  à  la  Nationale 
de  Madrid  où  il  porte  la  cote  provisoire  108.  En  voici  la  ru- 
brique et  la  préface  :  Comiença  el  prologo  sobre  el  libro  de 
Aneo  Seneca,  philosofo  i/lustrissimo,  llamado  el  juego  de 
Claudio  enperador,   traduzido  en  vulgar  de  Pedro  Can- 


458  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

clido  al  esptlendiclo  Nufio  de  Guzman,  cauàllero  yspano. 
«[D]e  tan  ppcQs  es  conosçida  la  duçura   sic)  de  los  ^stu- 
dios poetieos,  Nuiio  mio  splendidissimo,  que  yo  me  mara- 

uillo  quasi  [a]  alguno  sus  obras  ser  en  presçio  antcs  en  vili- 
pendio  quasi  de  todos  ser  auidas,  inorando  que  sea  un 
poeta  sy  non  que  del  nonbre  de  aquel  marauillandose  non 

lo  tyenen  nin  piensan  que  sea  sy  non  un  nigromantico  u 
mas  uerdaderamente  adeuino  de  nueuas  fabulas  ser  el  poeta. 
Donde  siguio  la  opinion  de  aquellos  que  creyeron  Virgilio 
por  amorser  tyrado  a  las  altas  finiestras  del  palaçio  de  la 
amada  muger  e  despues  por  vengança  auer  apagado  en  tal 
modo  toda  virtud  del  aeidental  fuego  que  fuesse  neçessario 
a  cada  persona  de  la  amorosa  puerta  ençender  nueua  forma 
de  lunbre(!)  Las  quales  cosas  son  tanajenas  delà  verdat  que 
de  oy  mas  a  los  ninos  non  que  a  los  doctos  deuen  ser  ma- 
niflèstas.  E  quien  es  aquel  tanto  loco  que  créa  la  via  o  la 
cueua  napolitana  ser  fecha  por  encantamentos  quando  vea 
la  estruçion  de  las  piedras,  la  inçisura  del  monte  puesta 
con  tanto  orden  e  nada  syn  mesura  o  medida  de  summos 
artifices  ser  fecha,  non  tal  quai  los  viles  spirtos  sujebtos  a 
las  encantaçiones  lo  suelen  fazer  mas  quai  los  gentiles  cora- 
çones  de  principes  rromanos  nasçidos  fabricauan.  E  mas 
ayna  non  conprebenda  Virgilio  por  imitacion  de  Teoerito, 
poeta  siracusano,  simile  comparaçion  auer  traydo  en  sus 
bocolicas  (sic)  quai  de  el  eran  en  las  suyas  primeramente 
puestas.  Por  tanto  queriendo  yo  a  ty  conplazer  en  la  tra- 
duçion  de  la  ohm,  del  juego  de  Claudio  enperador,  escripto 
de  Seneca,  illustre  filosofo,  elegantissimamente,  entre  mi 
començe  a  dubdar  que  en  lugar  de  fabula  non  fuesse  del 
pueblo  por  verdat  diuulgado,  e  mejor  fuesse  a  sotraer  la 
materia  del  dezir  [a]  aquellos  que  suelen  créer  assi  de  facile 
e  non  fuesse  dicho  por  mi  sentençia  fabricados  nueuos  dioses 
e  nueua  rreligion,  assi  como  a  Socrates  otra  vez  fue  objecto. 
Despues,  considerada  la  humanidat  tuya  (1)  a  quien  yo  siguia, 
pense  mas  façilmente  por  ty  ser  la  verdat  trayda  en  luz, 
ca  nueua  obscuridat  [a]  aquella  poner  quando  tu  en  presen- 
çia  de  tanto  rrey  e  principe,  con  tantos  illustres  sefiores 

1 .  Cet  éloge  garde  de  la  valeur,  même  si  l'on  considère  qu'il  est  dé- 
cerné par  un  humaniste  désireux  d  être  généreusement  récompensé. 


APPENDICE    1.    NUNO    DE   GUZMAN  459 

pratycando  (1),  masayna  aquellos  por  lai  similitud pudiesses 
del  error  emendar,  mostrando  a  essos  ninguna  otra  cosa  ser 
el  poeta  ca  un  docto  onbre,  so  fiçion  corrigendo  los  errores 
de  otrie  (sic),  e  cada  uno  a  la  virtud  con  plazible  sermon 
rreduziendo.  Por  tal  rrazon,  inclinado  yo  a  ta  querer,  de 
nueuo  de  latyn  en  vulgar  lie  traduzido  el  dicho  juego  de 
Claudio  a  tu  nombre,  en  el  quai,  si  se  pudiesse  esprimir  la 
suauidad  de  los  métros  elegantissimamente  del  escriptos 
como  la  prosa  se  traduze,  de  çierto  auries  obra  digna  de  ti 
e  de  tu  nombre,  e  por  la  quai  veries  el  ingenio  del  tu  yspano 
ser  apto  a  todo  verso  e  a  toda  prosa,  nin  otro  auer  escripto 
trajedia  en  simile  titulo  quel  dicho  Seneca  moral,  bien  que 
una  sola  pretestada,  e  penultima  entre  todas  las  otras  inser- 
ta,  por  error  de  otrie,  pongala  su  gloria  en  tan  ta  dubda  (2).  » 

Nous  croyons  utile  d'ajouter  ici  une  remarque  sur  la  lettre  que 
Tévêque  de  Burgos  écrivit  de  Sasamôn,  le  29  juillet,  à  Pietro 
Candido  Decembri.  Les  dates  du  manuscrit  de  Milan  ne  sont 
pas  toujours  claires.  Ainsi  pour  la  lettre  que  nous  citons  on  peut 
hésiter  entre  1446  et  1456.  Pour  nous  il  est  hors  de  doute  que  c'est 
bien  1446  qu'il  faut  lire.  A  défaut  d'autres  preuves  il  suffirait  de 
rappeler  que  l'évêque  de  Burgos  mourut  le  12  juillet  1456.  (Cf.  N. 
Antonio,  Bibliot.  Vêtus,  t.  II,  p.  265). 

1.  Ce  passage  semble  indiquer  que  Nuno  était  de  retour  en  Espagne 
et  qu'il  séjournait  à  la  cour  au  moment  où  Pietro  Candido  Decembri 
lui  adressait  cette  version. 

2.  A  la  suite  de  cette  dédicace,  on  lit  :  Fenesçe  el  prologo.  Comiença 
el  juego  de  Claudio  enperador,  escripto  de  Seneca,  poeta  e  filosofo 
illustrissimo  e  traduzido  en  vulgar  ytaliano  de  Pedro  Candido. 

Fol.  4.  Incipit  :  «  [Q]ue  cosa  sea  lécha  en  el  çielo  ante  del  dia  terçio 
de  los  dias  de  Octubre. .  .  )) 

Fol.  27  v°.  Explicit  :  «  a  Menandro  su  liberto  lo  dio,  afyn  que  mas 
allende  non  fuesse  conosçido.  »  Ffenesçe  el  juego  de  Claudio. 


APPENDICE  2 

DIEGO    DE   BURGOS 
Préface  du  «  Triunfo  dèl  Marqués  » 

(Biblioth.  Part,  du  roi  Alphonse  XIII,  2-F-5) 

Fol.  23.  Rubrique  :  Tratado  quejîzo  Diego  de  Burgos, 
secretario  del  sehor  Marques  de  Santillana,  sobre  la  muertè 
del  dicho  senor  Marques. —  Prologo,  il) 

Muchas  rrazones  ay,  ilustre  y  muy  generoso  senor,  por  donde 
yo  syn  ofensa  de  mi  pudiera  bien  escusarme  deste  luengo  aunque 
a  mi  deleytoso  trauajo,  ca  ténia  para  ello  entre  otras  las  escusas 
que  muchos  suelen  dezir,  quando  de  algund  arduo  negoçio  buscan 
de  se  descargar,  conuiene  a  saber  :  la  dificultad  e  grandeza  de  la 
materia,  e  labaxeza  de  engenio  a  quien  el  peso  liuiano  se  fazemuy 
graue  ;  allende  destas  que  son  de  tanta  eficaçia,  otra  que  yo  para 
mi  non  e  por  de  menos  vigor  esta  es  :  que  ninguna  persona  ténia 
esperança  de  mi  que  yo  un  fecho  tan  grande  osase  enprender, 
como  la  ynorançia  mia  a  quinquera  que  de  mi  tenga  notiçia  sea 
tan  manifiestae  cosa  asaz  conoçida,  que,  sy  yo  guardando  sylençio, 
no  quisiera  publicar  mi  rrudeza  por  escritura,  ninguno  justamente 
me  pudiera  rreprehender,  como  el  carpintero  non  deua  ser  yncre- 
pado  synon  pinta  bien  un  rretablo,  por  ser  su  ofiçio  diferente  de 
aquel  otro  ;  pues  no  menos  era  yo  de  auer  por  escusado  sy  la  pré- 
sente obra  non  començara  como  mucho  mas  sea  ageno  de  mi  el 
eleuado  e  dulçe  ofiçio  de  metrificar.  Pero  como  quiera  que  las  co- 
sas  dichas  me  pudieran  rreleuar  deste  cargo,  e  a  mi  por  ventura 
fuera  el  mas  sano  consejo,  no  lo  consyntio  el  ardiente  amor  e 
afiçion  syn  medida  que  yo  tuue  a  la  virtud  del  senor  de  gloriosa 
rrecordaçion,  mi  senor  el  Marques,  vuestro  noble  progenitor,  en 
cuyo  seruiçio  los  afios  que  yo  despendi  toue  por  bien  enpleados, 

1.  Cotte  dédicace  que  Diego  de  Burgos  a  mise  en  tête  de  son  poème 
intitulé  El  Triunfo  dei  Marques,  <ist  adressée  au  fils  aîné  du  Marquis, 
Le  futur  duc  de  L'Infantado. 


APPENDICE   2.    DIEGO    DE    BUKGOS  461 

ca  puesto  que  por  sus  grandes  fechos  e  claras  obras  generalmente 
touiese  obligados  a  todos  los  que  por  vista  o  por  fama  auiari  del 
conoçimientô  (1),  mui  mas  deuian  por  luenga  criança  ebenefiçios, 
e  por  su  umanidad  auia  [sic),  delibre  como  de  obidiente  sieruo  to 
rnallo  nin  temor  de  munchos  (aunque  munchos)  rreprehensores, 
me  lo  fizo  escusar,  antes  para  esta  obra  quanto   mas  menos   sufi- 
çiente  me  conoçia  tanto  en  parte  clemas  era  contento  porque  mas 
pareçiese  auerme  a  ello   mouido  por  fe   e  deseo  de   pagar  con 
aquello   a   que  basto,    no   por  arrogançia    ni  presunçion  de  mi, 
ni  por  esperança,  que  çelebrando  e  perpetuando  su  nonbre   parte 
de  onrra  paresçiese  qu'esperaua  alcançar,  c  si  de  lo  tal  por  algund 
estudio  e  continuation  de  trauajo,  contra  mi  opynion,  adquiriere  lo 
que  por  la  natura  me  fue  negado,  e  algund  loor  o  fruto  a  el  seguir 
se  podra,  gran  gloria  le  sera  e   a  mi,  sy  dezir  se  puede,  bien 
soberano  pues  su  virtuel  paresçera  auer  fecho  tan  magnifico  mila- 
gro  que  a  onbre  asy  como  mudo  aya  fecho  fablar.  Mas  como  ante 
mis  ojos  pongo,  mui  virtuoso  senor,  e  de  lo  que  puedo  comienço  a 
consyderar  sus  virtudes,  tantos  caminos  veo  (fol.  24)    por   donde 
comiençe  e  tantas  cosas  se  me  rrepresentan  para  escreuir  que  la 
salida  fallo  mucho  difiçile  e  me   pareçe  que  sy  loallas  quisiese 
entraria  en  la  casa  de  [De]dalo,  caeste  es  el  que  nuestras  Espanas 
a  librado  de  la  çiega  ynorançia  ylustrandola[s]  por  lunbre  de  cari- 
dad  verdadera,  e  trayendo  a  notiçia  de  todos  el  conosçimiento  del 
mayor  bien  que  en  la  vida  mortal  se  puecle  buscar  por  los  onbres 
esta  es  la  çiençia,  en  la  quai  quanta  parte  alcanço  no  solo  los  nues- 
tros  en  esta  rrigion  de  oçidente  mas  los  muy  rremotos  e  estranos 
lo  saben  e  aun  no  con  pequena  enbidia  lo  fablan,  e  antes  del  quantos 
e  quales  se  fallauan  en  estaprouinçia  que,  sy  no  los  derechos  cano- 
nicos  [ejlos  çeuiles,  otras  leturas  supiesen,  por  çiertos  yo  creo  que 
pocos  ouo  o  no  ninguno,  ca  la  veja  e  gruesa  costunbre  ténia  enla- 
zados  e  obçegados  en  yerro  los  yntelectos  de  todos,  e  asy  que  deste 
tan  gran  venefiçio  no  solamente  nuestros  prynçipes  e  los  grandes 
senorese  aun  los  otros  teniclos  por  letrados  varoneseran  en  Espana 
menguados  mas  tanuien  todos  los  otros  ornes  de   menor   condi- 
çion  entre  la  multitud  de  los  quales  rrazonable  cosa  fuera  que 
alguno  semejànte  se  ouiera  fallado.  Mas  como  el  varon  de  alto  yn- 
genio  viese  por  discursos  de  tienpos,  desde  Lucano  e  Seneca  e  Quin* 
taliano  e  otros  antiguos  e  sauios,  rrobada  e  desierta  su  patria  de 
tanta  rriqueza,  doliendose  dello,  trauajo  con  grand  diligençia  por 
sus  propios  estudios  e  destreza  e  con  muchas  e  muy  claras  obras 

1.  mui  mas  deuian,  etc.  Tout  ce  p-issai^  a  dû  être  mal  lu  par  le  co- 
piste de  manuscrit.  11  est  incorrect  et  obscur. 


462  BIBLIOTHÈQUE   DU   MARQUIS    DE   SANTILLANE 

conpuestas  del  mesmo,  ygualarla  e  conpararla  con  la  gloria  de  los 
famosos  onbres  de  Atenas  o  de  academia  e  tanbien  de  Rromanos, 
trayendo  a  ella  grand  copia  de  libros  de  todo  genero  de  filosofia  en 
estas  partes  fasta  entonçe  non  conoçidos,  enseaando  el  por  si  a  mu 
chos  e  teniendo  onbres  muy  sabios  que  a  la  letura  de  otros  (24  v°) 
anrouechasen,  despues  desto  mostrando  e  declarando  el  seso  e  las 
moralidades  que  las  poeticas  fiçiones  en  sus  fablas  tienen  veladas, 
dandoa  conoçer  el  fruto  que  de  la  sabia  eloquençia  se  puede  seguir, 
argumentando  la  delectaçion  que  se  toma  de  las  grandes  e  pele- 
grinas  estorias  por  las  quales  los  animos  generosos  a  grandes 
fazanas  e  virtudes  son  ynçitados,  e  no  menos  trayendo  a  memoria 
el  proueymiento  que  délias  se  deue  tomar  para  los  ynfortunos  casos 
umanos,  e  dando  en  toda  dotrina  orden  de  documentos  a  todo  es- 
tado  de  onbres  para  fazerse  muy  enseuados.  Asi  que  ya  por  su 
causa  nuestra  Espana  rresplandeçe  de  çençia,  tanto  que  mui  bien 
le  podrian  dezir  los  éloquentes  onbres  de  Ytalia,  sy  en  algundgraue 
negoçio  le  oy[e]ran,  lo  que  Apolonio  orador  dixo  en  alabança  de 
Tulio  el  quai  como  en  Rrodas  ouies[e]  llegado  e  alli  a  su  rruego 
Tulio  fiziese  en  Griego  una  deelaraçion,  porque  Apolonio  de 
la  lengua  latina  non  era  ensenado,  loando  mucho  todos  los  que 
alli  eran  présentes  la  fuerça  e  orrnato  de  su  dezir  estauan  espe- 
rando  lo  que  Apolonio  dezia,  que  con  gran  turbaçion  non  fablaua,  e 
desque  pensoso  con  grande  admiraçion  ouo  estado  gran  peça  a  la 
fin  dixo  :  yo  te  loo  o  Çiçero  e  de  ti  vengo  en  gran  marauilla,  tanto 
que  si  yo  fasta  agora  e  callado  a  lo  fecho  un  dolor  e  conpasion 
grande  ca  e  traydo  a  mi  memoria  como  los  tienpos  pasados  por 
armas  e  gouernacion  de  rrepublica  e  por  ynstituçiones  domesticas 
lo[s]  griegos  sobre  toda  naçion  floreçian,  en  las  quales  cosas  yan 
los  rromanos  con  marauillosa  yndustria  e  virtud  nos  tienen  ven- 
taja;(fol.  25)  una  sola  cosa  (que)  nos  era  quedada  esta  era  la  dotrina 
e  gloria  de  la  eloquençia,  por  ti  veo  que  nos  es  quitada  (1)  e  a  ellos 
con  gran  loor  traspasada  asi  que  ninguna  cosa  egrejia  nin  singu- 
lar  ya  queda  çerca  de  nos.  Pues  si  Apolonio  asi  se  dolia  que  de  los 
griegos  por  yndustria  de  Tulio  la  eloquençia  fuese  a  los  rroma- 
nos leuada,  quanto  mas  con  rrazon  oy  los  de  Ytalia  se  deuen  doler 
e  quexar  que  por  lunbre  y  ynjenio  deste  sefïor  a  ellos  sea  quitada 
e  traydaa  nuestra  Castilla  e  ya  en  ella  a  tanta  gloria  floresca  que 
notoriamente  se  conoscan  sobrados.  Ni  basto  esto  al  glorioso 
Marques  queaun  de  mui  mayor  quexa  e  sentimiento  dio  causa  a 
los  que  en  la  militar  diçiplina  e  vellicoso  exerçiçio  alcançan  fa- 
tnoso  rrenonbre  e  grandes  preçes  e  titulos  por  las  armas  an  aquis- 
tado.  Como  mayor  cleuan  ser  el  premio  e  onrrade  aquellos  que  dan 

1.  Le  texte  porte  quedadU* 


APPENDICE   2.    DIEGO    DE    BURGOS  463 

prinçipio  a  las  cosas  e  sin  enmienda  las  fazen  que  de  los  quense- 
îiados  por  otros  bien  las  ponen  en  obra;  los  otros  el  ofiçio  por  luen 
gos  tienpos  visto  e  usado  en  su  tierra  por  sus  neçesidades  sauen 
fazer,  este  por  virtud  suya  lo  que  mui  mejor  fizo  que  otro  a  muchos 
fue  causa  e  ynçetamiento  que  mucho  bien  lo  fiziesen.  El  primero 
que  otro  traxo  a  este  rreyno  muchos  orrnamentos  e  ynsynias  de 
caualleria,  muchos  nueuos  aparatos  de  guerra,  e  non  se  contento 
con  traerlos  de  fuera  mas  anadio  e  enmendo  en  ellos  e  ynuento  por 
si  otras  cosas  que  a  toda  persona  eran  gran  marauilla  e  de  que 
muchos  ffeçieron  arreo;  asy  quen  los  fechos  de  armas  ninguno  en 
nuestros  (fol.  25  v°)  tienpos  es  visto  que  tanto  alcançase  nin  quen 
las  cosas  que  allos  [sic)  son  conuinyentes  touiese,  en  estas  partes, 
deseo  tan  grande  de  glorya  e  de  fama,  por  donde  los  onbres  son 
mouidos  a  enprender  qualesquier  altos  fechos,  maduro  e  bien  sano 
consejo  para  bien  ordenar  e  disponer  las  cosas,  mui  presto  prouey- 
miento  a  los  casos  de  la  fortuna  e  a  las  ynsidias  de  los  enemigos, 
esfuerço  muy  grande  para  atender  los  peligros  e  ardideza  del  ani- 
mo,  mayor  que  a  gran  senor  conuenia,  para  los  acometer  dondel 
tienpo  lo  demandaua;  maniflçençia  e  umanidad  con  los  caualleros 
liberalidad  en  los  dones  e  rrazon  en  la  distrybuyçion  de  las  presas, 
gran  çelarydad  e  presteza  en  las  cosas  que  auia  de  fazer,  conoçi- 
miento  muy  çierto  del  tienpo  e  de  los  lugares  e  de  las  personas 
con  quien  auia  de  contender,  e  lo  que  no  es  de  oluidar  una  firme 
costançia  en  los  fechos  ya  començados,  dexo  el  sus...  e  gran 
coleraçion  suya  en  los  corporales  trauajos,  quando  en  las  guerras 
andouo,  los  quales  non  solo  a  onbre  umano  fueran  grandes 
de  conportar,  segund  el  los  tomaua,  mas  aun  a  una  presona  ferrea 
deuieran  cansar,  efinalmente  de  tantos  e  tan  syngulares  dones 
touo  guarnido  su  animo  que  paresçe  bien  claro  quen  muchas 
cosas  por  [yn]dustrya  sobro  a  la  natura,  nin  me  parece  muy 
neçesaryo  trauajar  en  escreuir  particularmente  sus  virtudes 
e  grandes  fechos,  ni  de  la  gracia  e  dulçe  conuersaçion  suya  con 
los  domesticos  e  familiares  asy  porque  a  todo  linaje  de  gentes  e  a 
toda  persona  estan  manifiesto  [s]  como  por  que  luengo  tienpo  a  ello 
nonbastaria,  nyn  menos  que  sus  cosas  con  las  de  algunos  antiguos 
famosos  sean  de  conparar  pues  fueron  sin  duda  taies  que  vençen 
todos  los  loores  del  antiguedad  que  puesto  calgunos  fallasemos 
mayores  en  la  fortuna  pero  non  (fol.  26)  yguales  en  la  virtud.  Pues 
quyen  bastarya  a  loal  (sic)  dignamente  aquel  que  tantos  bienes  fizo 
a  su  patrya,  porque  çierto  creo  que  pocos  osasen  tomar  tal  enpresa 
deuo  yo  pues,  muy  virtuoso  senor,  consejando  a  mi  ynorançia  pasar 
so  sylençio  a  que  yo  non  basto  e  del  por  otro  abundantisimamente 
dezir  se  prodrya,  e  veniendo  a  la  conclusion  solamente  dire  la  ma- 


4G4  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUÉS    DÉ   SANTlLLANÈ 

rauillosa  sefiale  clara  vision  que  dé  su  muèrte  me  fue  démos  trada, 
la  quai,  como  quiera  que  rredicula  o  fabulosa  parezca,  enpero  en 

este  logar  no  pienso  ser  de  callar,  ea  yo  fablo  sefior  verdad,  ansy  lo 
afirmo  por  jurainento,  questando  yo  en  Burgos,  al  tienpo  de  su 
pasamierito, una hoche  antès  o  despues  o  por  ventura  la  mesma  de 
aquel  diaen  quel  sefior  de  bienauenturada  memorya  ouo  el  primero 
sentimiento  de  la  enfermedad  suya  a  mi  pareçia  en  suenos  ver  a 
vuestra  merçed  cubierto  de  paiïos  de  luto  fasta  los  pies,  en  la  cabeca 
un  grand  capirote  de  la  mesma  manera,  firmando  vuestra  mano 
en  unas  cartas  sol  preminente  e  ynsygne  titulo  suyo  de  la  quai  (sic) 
oy  vuestra  manirica  persona  es  decorada  e  nobleçida.  La  quai  vision 
claramente  daua  a  [e]ntender,  a  quien  a  los  sueûos  alguna  le  diera, 
su  gloryosa  partida  e  vuestra  mui  dina  e  légitima  suçeçion,  e  quise 
en  este  tal  suefio  o  visyon  fazer  el  pryncipio  a  la  présente  obra> 
no  porque  por  ventura  otro  mas  dulçe  e  mas  aparente  fallar  no 
se  pudiera  mas  por  euitar  en  algo  la  eostunbre  e  orden  de  los 
poetas  los  quales  en  sus  fiçiones  su  estorya  o  caso  verdadero  se 
suelen  fundar,  e  como  a  la  memorya  me  (fol.  26  v°)  ocurriese  a 
quyen  deuia  esta  tal  obra  yntitular  pareçiome  que  a  vuestra  se- 
noria  antes  que  a  otra  persona  era  rrazon  de  se  diligir  (sic)  asy 
por  vos,  muy  umano  sefior,  auer  quedado  prynçipal  e  mayor  en  la 
casa  del  ya  nonbrado  senor,  como  por  la  syngular  prudençia  vuestra 
e  çientifico  conoçimiento  en  las  semejantes.Jeturas,  lo  quai  pareçe 
que  como  eryditarya  e  diuida  suçesion,  allende  otras  muchas  vir- 
tudes,  vos  dexo  vinculado  con  el  mayorado  ;  e  aun  demas  desto 
porque  vos  senor,  comoya  dicho  es,  fuistes  pryncipio  e  fundamiento 
deste  trauajo  auiendo  seydo  a  mi  como  denunçiador  por  tan  clara 
manera  del  fin  suyo  que  (era)  por  la  prouidençia  diuina  estaua 
ordenado.  Rreçibala  pues  vuestra  merçed,  con  aquella  voluntad 
e  amor  que  se  fizo  e  ofresço,  no  mirando  sus  yerros  que  muchos  con- 
tiene,  nin su  enojosa  prolixidacl  la  quai  non  dudo  vos  trayr a  fastidfi Jo, 
como  ya  non  paresca  breue  dezir  segun  la  moderna  eostunbre  mas 
un  medianotratado,pero  nonpu(e)de  despues  de  començada  menos 
l'azer  ca  fablo  la  boca  del  abundançia  del  coraçon  ;  e  pareçe  que 
pu[e]do  dezir  que  acaesçio  a  mi  con  ella  lo  que  a  los  que  nueuamente 
quieren  edificar  algunas  moradas  que  ante  que  las  comiençen 
piensan  con  determinada  suma  de  dineros  conplirlo  que  quieren  e 
despues  de  metidos  en  la  lauor  aquella  e  otra  tanta  non  basta  e 
an  de  pasar  allende  mucho  de  \o  que  pensaron,  mas  auiendo  sola- 
mente  rrespeto  que  quien  todas  cosas  pôspuso  asy  lo  fiziera  sy 
mas  de  arriba  (fol.  27)  le  fuera  otorgado,  rreputando  por  obra  la 
feque  solàen  este  trauajo  me  fue  conpafièra.  Vala  e  prospère  vues- 
tra merçed  como  alla  desea.  —  Keneçe  el  proemio. 


APPENDICE  3 

INIGO  LOPEZ  DE  MENDOZA,  QUATRIÈME  DUC 
DE   L'INFANTADO 

Préface  du  «  Mémorial  de  Cosas  notables  » 

Prologo  de  Don  Ynigo  Lopez  de  Mendoça,  Duque  quarto  del 
Infantddo,  a  Don  Diego  Hurtado  de  Mendoea,  Marques 
del  Cenete,  hijo  suyo,  sobre  el  libro  intitulado  «  Mémorial  de 

cosas  notables))  (1). 

No  es  liuiana  carga,  Marques  muy  amado  hijo,  la  que  al  nombre 
bien  inclinado  ponen  los  exercicios  virtuosos  de  sus  antepassados  : 
especialmente  de  los  que,  no  contentos  con  la  comun  medida  de 
sus  yguales,  quisieron  senalarse  mas  que  ellos.  En  tiempo  de 
nuestros  mayores,  quando  nuestranacion  ténia  la  guerra  continua 
en  casa,  contra  valientes  y  rezios  aduersarios,  enemigos  nuestros  y 
de  nuestra  religion,  el  exercicio  de  los  liombres  deestado  era  solo 
el  de  las  armas.  En  este  por  la  mayor  parte   se  venia  a  rematar 

,  todo  el  valor  y  estimacion  de  sus  personas.  Este  les  parescia  que 
bastaua  para  seruir  a  Dios  y  a  su  rey,  socorrer  su  patria,  y  ga- 
nar  honrra  para  si  y  para  sus  descendientes  los  quales  procura- 

.  uan  de  no  quedar  atras  en  aquel  mismo  menester.  Mas  los  que 
en  aquel  tiempo  uuo,  que  fueron  muy  pocos,  que  se  estendieron  a 
juntar  con  el  exercicio  de  las  armas  el  estudio  de  buenas  letras, 
estos  por  cierto,  corao  ganaron  para  si  honrra  y  reputacion  do- 
blada,  assi  doblaron  la  obligacion  a  sus  successores  para  procu- 
rar  por  ambas  vias  de  igualar  el  lustre  y  resplandor  de  fama  que 
les  dexaron.  Entre  estos  pocos  me  paresce  a  mi  que  se  pueden 
contar  de  nuestros  passados  sefiores  desta  casa  tanto  y  mas  nu- 
méro que  de  otra  ninguna  de  los  principales  deste  Reyno  :  sino 
que  la  fama  de  todos,  se  la  lleuo  toda  y  con  mucha  razon,  solo 
uno,  que  fue  el  Marques  Don  Inigo  Lopez  de  Mendoça  vuestro 
aguelo  :  porque  no  contento  con  leer  y  entender  muy  bien  obras 
y  escripturas  agenas,  estendio   su  ingenio  a  hazer  y  componer 

1.  «  Impresso  en  Guadalajara  por  Pedro  de  Robles  y  Francisco  de 
Cormelias,  ano  de  MDLXIVf.  »  Gallardo,  Ensaijo,  n°  2770  ne  donne  que 
le  commencement  de  cette  préface. 

30 


466  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANK 

algunas  proprias  que  con  loor  suyo  y  prouecho  comun  leen  nues 
tros  naturales.  Muestrase  este  exercicio  de  letras  de  nuestros  pas- 
sados,  no  solo  por  relaeiones  antiguas  que  de  sus  personas  ay,  sino 
tambien,  por  la  gran  copia  de  libros,  curiosamente  escriptos,  que 
en  esta  casa  dexaron    como  apropriados  y  quasi  vinculados  al 
sefior  délia;   los  quales  en  aquel  tiempo,   faltando  estanueuay 
admirable  inuencion  de  los  moldes,  no  se  pudieron  juntar  sin 
gran  cuydado  y  no  pequeiia  costa  ;  especialmente  las  interpreta- 
ciones   o   translaciones   de  muchas  obras  que  de  una  lengua  en 
otra  por  su  mandado  se  traduzian  por  varones  senalados  a  quien 
largamente  se  remuneraua  su  trabajo.  Estos  libros  dexaron  ellos 
por  bastantes  testigos  de  sus  estudios  y  por  continuos  desperta- 
dores  de  sus  descendientes  para   que  en  la  misma  ocupacion  se 
empleassen.  Y  estos  son  los  que  mucho  tiempo  ha  despertaron  mi 
memoria  para  no  oluidar  la  obligacion,  que,  como  he  dicho,  tene- 
mos  todos  de  imitar  en  esto  la  virtud  de  nuestros  mayores.   Por 
donde  me  puse  en  trabajo,  de  reboluerlos  con  atencion  y  cuydado, 
y  mucha  parte  del  tiempo,  que  comunmente  se  suele  dar  a  recrea- 
ciones  y  passatiempos.  gastar  lo  en  su  conuersacion  y  lectura.  De 
la  quai,  porque  no  fuesse  del  todo  infructuosa,  procuraua  siempre 
sacar  a  parte,  algunas  cosas  de  las  mas  notables  poniendo  las  en 
mi  estilo,   qualquier  que  el  sea,  para  socorro  de  mi   memoria 
quando  me  hallesse  lexos  de  los  originales.  Y  comoquier  que  este 
fue  al  principio  mi  intento,  pero  despues  viendo  que  la  escriptura 
excedia  de  particular  mémorial  y  llegaua  al  tamano  de  libro  no  me 
ha  pesado  del  excesso  assi  por  dexar  en  mi  casa  el  talento  de  los 
libros  que  rescebi  acrescentado,  como  por  poderos  dexar  a  vos  este 
libro  por  prenda  de  amor  y  por  significacion  del  desseo  que  he  te- 
nido  y  tengo  de  veros  assi  mismo  occupar  algunos  ratos,  en  lecion 
de  buenos  libros.  Y  porque  de  la  obra  digamos  algo  ella  es  una  sum- 
ma  o  compendio,  de  lo  que  discurriendo  por  tanta  diuersidad  de 
auctores,  me  parescio  digno  de  notar,   y  sacar  a  parte,  como  he 
dicho.  En  los  quales,  no  dubdo  que  otras  muchas  notas  de  mas 
substancia  deuen  quedar,  mas  donde  ay  mucho  que  tomar,  cadauno 
escoge  conforme  a  su  gusto  :  y  assi  escogi  yo  conforme  al  mio.  Pa- 
rescio me  intitular  le  «  Mémorial  de  cosas  notables  »  :  porque  a  fin 
de  conseruar  las  en  la  memoria,  serecopilo.  Y  porque  no  ay  cosa 
que  tanto  a  la  memoria  ayude  como  la  orden,  procure  guardar 
alguna  :  a  lo  menos  en  la  disposicion  de  los  capitulos  :  que  es  la  de 
los  tiempos  :  poniendo  por  la  mayor  parte,  lo  mas  antiguo  primero 
y  haziendo  comunmente,  un  capitulo  de  Reynos  estraîïos,  o  repu- 
blicasy  tras  cl  luego,  otro  de  cosas  romanas  :  mudandolos,  uno  de 
la  una  suerte,  y  otro  de  la  otra  :  a  manera  de  los  paralellos  de  Plu- 


APPENDICE   3.    INIGO    LOPEZ   DE   MENDOZA  467 

tarcho:  dexando  la  respondencia  y  comparacion  que  el  haze,  de 
un  capitulo  aotro.  Y  si  os  paresciere  que  esta  orden  de  guardar  la 
antiguedad,  se  quiebra  en  algunos  capitulos  a  lo  menos  en  los 
postreros,  entended  que  no  haze  :  porque  el  capitulo  que  parti- 
cipa de  mas  de  un  tiempo,  o  que  no  tienetiempo  seîïalado,  paresce 
que  ay  licencia,  para  ponelle  hombre  en  la  parte  donde  cayere 
mejor.  Va  puesto  el  auctor  que  cuenta  todo  el  capitulo  al  prin 
cipio  del,  y  todos  los  que  le  siguen  o  dizen  la  mayor  parte,  tam- 
poco  se  pone  mas  del  lugar  donde  lo  traen.  Y  los  que  hazenalguna 
différencia,  ocuentan  alguna  paticularidad  de  las  del  capitulo,  van 
sefialados  por  letras  :  apuntando  los  lugares  donde  lo  tratan  :  para 
que  se  vea,  no  solo  de  donde  se  tomo  lo  que  en  el  se  dize,  sino 
tambien  se  entienda  quien  son,  los  escriptore&quedeotra  manera 
lo  cuentan.  Por  donde  si  quisiere  estar  un  poco  atento  el  que  lo 
leyere,  hallara  que  esta  bien.  Y  quando  desta  obra  otro  fructo  no 
se  sacasse,  sino  saber  que  auctores  son,  los  que  decadaunade 
tantas  y  tan  diuersas  materias  escriuen,  y  donde  lo  escriuen,  no 
fuera  inutil  el  trabajo,  que  enello  se  ha  tomado.  Y  si  algun  capi- 
tulo de  los  que  aqui  estan,  paresciere  al  que  le  leyere  que  diffiere 
en  algo  del  latin,  vaya  a  los  libros  de  Toscano  donde  tambien 
se  cuenta  y  hallara  que  lo  dize  assi.  A  los  quales  he  seguido  en 
algunas  cosas,  por  parescerme  que  lo  dizen  bien,  y  junto  con  esto 
por  créer,  que  los  Ytalianos  que  traduxeron  del  latin,  deuieran 
tener  mejores  originales  que  nosotros,  aunque  no  dexamos  de 
seguir  el  Latin,  las  mas  vezes.  Rescebid  pues,  muy  amado  hijos 
este  don  de  vuestro  padre,  que  por  ser  de  letras  es  en  sus  ojos 
mas  precioso  que  si  fuera  de  los  que  de  oro  y  de  plata  mucho  se 
estiman,  y  procurad  no  solo  de  leer  le,  sino  de  anadirle  lo  que 
vos  leyendo  en  otros  libros  notaredes.  Y  lo  mismo  preciaria  yo 
mucho  que  hiziessen  los  que  de  vos  succederan  en  esta  casa,  que 
para  todos  aura  recaudo  segun  la  multitud  de  libros  que  os  que- 
dan,  y  segun  los  que  cada  dia  de  nueuo  salen  a  luz.  Y  tened  creydo^ 
que  para  ningun  genero  de  gente,  haze  tanto  al  proposito  la  lectura 
de  buenos  libros,  como  para  las  personas  de  vuestra  manera  que 
pocas  vezes  hallan  quien  fielmente  les  diga  las  verdades  como  los 
libros,  que  se  llaman  maestros  mudos,  se  las  ensenan.  Estos  os 
mostraran  a  regiros  bien  a  vos  y  a  vuestros  subditos,  y  gênerai- 
mente  a  lleuar  el  curso  de  la  vida  derecho  y  bien  guiado  de 
manera  que  cumplays  con  la  obligacion  que  a  Dios  y  al  mundo 
tienen  los  hombres  de  vuestro  estado  :  especialmente  a  quien  Dios 
ha  hecho  tan  largas  mercedes  como  vos  de  su  mano  aueys  resce- 
bido  y  espero  en  el  que  rescebireys. 


APPENDICE    4 

VERS  LATINS  RELATIFS  A  LA  MORT 
DU  MARQUIS  DE  SANTILLANE 

(Biblioth.  Ambrosienne,  Milan,  D-112,  inf.,  fol.  162) 
P.  Candide  Eulogium  in  Enichum  Hispanum,  cognomine  Lupum. 

Si  lacrimas  Virtus  et  Honos  effundere  possent, 
Enice,  seque  tuis  addere  funeribus, 

Fata,  Lupe,  pariter  teque  impia  mortis  imago 
Deficerent,  tantis  uicta  deum  precibus. 

Sancte  Juliane  clarissime  marchio,  dignus 
Eterna  laude  perpetuoque  die, 

Saldagne  dominus,  Vegueque,  Fite(l),  Leuanteque(2) 
Buitragi  et  multis  amplior  in  titalis. 

Mendocie  per  te  fulget  domus  inclita,  per  te, 
Regalide  cornes,  regia  celsa  fait. 

Tu  sacre  auxilium  fidei  Christoque  tulisti 
Et  te  barbarice  pertimuere  nianus. 

Tu  decus  armorum  latiis  coniungere  musis 
Hesperie  proceres,  doctus  utrumque,  iubes. 

Nobilitas  aule  regni  tibi  paruitomnis, 
Mota  tuis  meritis  eloquioque  pio. 

Félix  illustri  consorte  et  proie  uicissim 
Exemplum  laudis  que  dédit  ipsa  suum. 

(Biblioth.  Ambrosienne,  Milan,  D-112,  inf.,  foi.  162  v°) 

Epitaphlum  Enlci  Lupi  per  Thomam  Reatinum^) 

Enicus  hoc  Lupus  est  sub  marmore,  nobile  germen 
Mendocie,  Martis  Pieridumqué  decus, 

1.  Fite,  lisez  Ilite  (Hita). 

2.  Lievane?  (Licvana). 

•>»  Thomas  de  Rieti,  courtisan  de  François  Sforza» 


APPENDICE   4.    VERS    LATINS  469 

Hic  dux  Ilispano  plures  sub  rege  triumphos 
Retulit  hostiles  depopulatus  opes, 

Precipue  Christi  dum  sacra  fidemque  tuetur 
(1)  Indomita  fregit  barbara  castra  manu. 

Primus  conspicue  facta  inter  florida  uite 
Extulit  antiquos,  marchio  factus,  auos. 

Quid  mors  seua  igitur,  quid  fata  atrocia  possint 
Ex  tam  lugendo  funere  nosse  potes (2)! 

1.  Fol.  163. 

2.  Nous  devons  la  communication  de  ces  deux  pièces  latines  à  l'obli- 
geance de  M.  le  professeur  Novati. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈBES 

ET    DES 

NOMS  DE  PERSONNES 


Abades     (Lamberdo     de     los  ; 

v.  Abadi. 
Abadi    (Lamberto    degli),    172, 

173. 
Abrégé  de  V Enéide  \  v.  Virgile. 
Abrégé   de    Trogue    Pompée  ; 

v.  Justin. 
Abrégé  des  trois  premières  dé- 
cades de   Tite-Live;  v.  Tite- 

Live. 
Acerba\  v,  Ascoli. 
Acuna  ( Alonso  Carillo  de),  xlii. 
Aeneas  Sylvius:  v.  Piccolomini. 
Aguayo  (Alberto  de),  185,  186. 
Aguilô  y  Fuster  (Mariano),  130, 

181,  404. 
Alabanças  de  Espafta  ;  v    Za- 

mora. 
Albanzani  (Donato  degli),  320. 
Albe  (comte  d')  ;  v.   Alvarez  de 

Toledo  (Fernando). 
Alcibiade,  18. 
Aleman  (Fadrique),  313. 
Aleman  (Leonardo),  100. 
Alexandre  (Libro  de)  ;   v.  Ber- 

ceo. 
Alexandri     (Alexandro    degli), 

356. 
Alfarabi,  444. 
Algezira(Alfonso  de),  traducteur 

des  Postilles  de  Nicolas   de 

Lire  à  la  prière  d'Alfonso  de 

Guzmam  seigneur  de  Lepe  et 


Ayamonte,  216,  218,  219,  221, 
222,  223,  224,  225. 

Alighieri  ;  v.  Dante. 

Alighieri  (Pietro),  son  commen- 
taire à  la  d.  c,  traduit  en  cas- 
tillan 303-304,  317,  318,  319. 

Almela  (Alonso  de),  126,  127. 

Almonazid  (Fray  Joseph  de), 
44. 

Alphonse  X  (Roi  de  Castille)  ; 
v.  Alphonse  le  Savant. 

Alphonse  le  Savant,  Primera 
Cronica  General,  en  castil- 
lan, 8,  391-392,  392-393,  395- 
396,  396,  397,  415  ;  —  Espe- 
culo,  en  castillan,  226,  229, 
230,  414,  415  ;  —  Grande  y 
General  Historia,  en  castil- 
lan 393,  397-398,  415  ;  — 
Fuero  de  las  leyes,  en  castil- 
lan, 413. 

Alphonse  XI  (Roi  de  Castille), 
263. 

Alphonse  V  (Roi  d'Aragon), 
xxx,  xxxv,  XLI,  xlv,  l,  37, 
127. 

Alvarez  Osorio(Per),  316. 

Alvarez  de  Toledo  (Alfonso), 
193. 

Alvarez  de  Toledo  (Fernando, 
comte  d'Albe),  xxvi,  xlii, 
xlvi,  lxxviii  ;  —  Version  cas- 
tillane   du  De    bello  ytalico 


472 


1UBLIOTI1KQUK    Dl     MARQUIS    DR   SANTILLANE 


adver8us  Gothos  cje  Leonardo 
Bruni  à  lui  dédiée,  358. 

Ambroise  ;   v.  Saint  Ambroise. 

Amer  (Miguel  Victoriano),  348. 

Ametller  fJoseph),  269. 

Av.iiciiïa  (J)e)  ;  v.  Cicéron. 

Amoros  (Caries),  309. 

Andrinopoli  ;  v.  Tudernopoli. 

Anianus,  traducteur  des  vingt- 
cinq  premières  homélies  de 
saint  Jean  Chrysôstome  sur 
l'évangile  de  saint  Matthieu 
51. 

Animalibus  (De)  ;  v.  Aristote. 

Anrriques  (Johan),  248. 

Antequera  (El  de)  -,  v.  Fernand 
de  Castille. 

Antiquitates  juclaicae  ;  v.  Fla- 
vius Josèphe. 

Antonio  (Nicolas)  ;  v.  Antonio- 
Bayer. 

Antonio-Bayer,  xv,  —  44,  48, 
83,  115,  116,  134,  169,  171, 
183,  193,  211,  238,  348,  349, 
351,  379,  425,  444,  459. 

Aphrodisias  (Alexandre  d'),  444. 

AttoxoXoxuvToxnç ;  v.  Ludus  de 
morte  Claudii. 

Aragon  (Carlos  d')  ;  v.  Viane. 

Aragon  (Éléonore  d'),  155. 

Aragon  (Enrique  de);  v.  Vi- 
llena. 

Aragon  (Jacme  d'),  133. 

Arbre  des  batailles  ;  v.  Bonnet. 

Archidamus,  17. 

Archilibelli  (Giglio  degli)  ;  v.  Ti  - 
fernas. 

Arenga propuesia  en  latin antel 
muy  y  lustre  principe  don 
Alonso  rey  de  Porto  y  al  ; 
v.  Auvergne. 

Aretino  (Leonardo);  v.  Bruni. 

Aretino  (Pietro  ,  348. 


Arezzo  (Leonardo    Bruni   <T)  \ 

v.  Bruni. 
Argelati  (Filippo),  61,  151. 
Argotede  Molina,  Lxxyi. 
Aristote,  84,  174, 444.  —  Morale 

à  Nicomaque,  en  italien,  30  ; 

—  Éthique,  en  italien,  30,  31  ; 

—  Éthique,   en  castillan,  31  ; 

—  Economique,  en  castil- 
lan, 31  ;  —  Maximes,  en  la- 
tin, 32;  —  De  animalibus,  en 
castillan,  34-36  : 

Aristoteles;  v.  Aristote. 

A  rmannino  Giudice,  La  Fiorita, 
en  italien,  352-354. 

Arragel  (Rabbi),  451. 

Arte  de  cavalier ia (El)  ;  v.  Stra- 
tegematon. 

Artes  (Père  d'),  425. 

Ascoli  (Cecco  d'),  LAcerba,  en 
italien,  355. 

Athénagore,  18. 

Attende  tibi  ipsi  ;  v.  Saint- Ba- 
sile 

Augustin  ;  v.  Saint  Augustin. 

Auvergne  (Juan  Jufre  de),  Ha 
rang ue  au  roi  de  Portugal,  en 
castillan,  68,  75. 

Auvray  (Lucien),  318. 

Avalos  (Inigo  d'),  37. 

Avalos  (Ruy  Lopez  de),  Lettre 
au  traducteur  castillan  de 
Boèce  avec  la  réponse  de  ce- 
lui-ci 177-179,  184, 

Avila  (Martin  d'),  lxxxiv  ;  — 
Traducteur  d'une  haranguela- 
tine  de  l'ambassadeur  des 
ducs  de  Bourgogne  au  roi 
Alphonse  de  Portugal,  75;  — 
Traducteur  pour  le  marquis  de 
Santillane  de  la  Comparât ione 
di  Caiolulio  Cesare  impera- 
dore   et  d' ' Alexandro  magno 


TABLE    DES    MATIÈRES 


473 


re   di  Macedoriia   de  Pietro 

Candido  Deeembri  360. 

Axiocus  ;  v.  Platon. 

Avala  (Diego  Lopez  de),  350. 

Ayala  (Juan  de),  359. 

Ayala  (Pero  Lopez  de),  xxv,  — 
Traduction  de  la  version  fran- 
çaise de  Tite-Live  faite  par 
Pierre  Berçuire,  96-98; — Tra- 
duction castillane  de  B.oè- 
ce,  177,  184  ;  —  Traduction 
castillane  du  commentaire  de 
Saint  Grégoire  sur  le  livre  de 
Job,  190-193;  —  Version 
castillane  de  YHistoria  tro- 
jana  de  Guido  délie  Co- 
lonne, 266;  — Traduction  cas- 
tillane du  De  casibus  virorum 
illustrîum  de  Boccace,  345, 
346  ;  —  Cronica  ciel  rey  don 
Pedro,  en  castillan,  402,  402- 
404. 

Bade  (Josse),  86. 

Baist  (Gottfried),  263,  317,  387. 

Balaguer  y  Merino  (Andrés), 
125. 

Balenchana  (José  Antonio  de), 
70,  71,230. 

Bandini,  21,  50,  53,  144,151. 

Baracchi  (Thommaso),  172. 

Barcia(Angel  Maria  de),  lvii. 

Barreda  (Juan),  193. 

Barrientos  (Lopede),  448. 

Barth,  197. 

Barthole,  lxvi.  —  De  insignïïs 
et  armis  en  castillan  226-227, 
230,  233. 

Bartoli  (Adolfo),  449. 

Bartolomeus,  208. 

Bartsch  (Karl),  189. 

Basilea(Fadrique  de),  425. 

Basile  ;  v.  Saint-Basile. 

Batines  (Colomb  de),  284,318. 


Patres  (Fernan  Perez  de  Guz 
man.  seigneur  de);  v.  Guz- 
man. 

Baudri  de  Bourgueil,  Historia 
hievosolymitana,  en  latin,  196- 
197. 

Bayer;  v.  Antonio-Bayer 

Beata  vita  (De);  v.  Sénèque. 

Beata  vita  (De)  ;  v.  Saint  Au- 
gustin. 

Béer  (Rudolf),  266,  349. 

Belle  dame  sans  merci  (La)  ;  v. 
Chartier. 

Belleza  que  debe  aber  el  caballo 
(De  la)  en  castillan  226, 
230. 

Benavente  (Alfonso  Pimentel, 
troisième  comte  de),  xlii  ; 
—  sa  lettre  à  Alvaro  de  Luna 
et  à  l'archevêque  de  Tolède, 
68,76-77.  — Version  de  Y  His- 
toria trojana  faite  pour  lui 
par  Pedro  de  Chinchilla,  266. 

Benavente  (Maria  Josefa  Pi- 
mentel, douzième  comtesse 
de),  xiv. 

Benavente  (Rodrigo  Alfonso, 
deuxième  comte  de),  son 
Abrégé  des  trois  premières 
décades  de  Tite-Live  fait  sur 
la  version  Berçuire-Ayala), 
98-100. 

Benzi  (Ugo),  362. 

Berceo  (Gonzalo  de),  lxxiv, 
lxxxii  ;  — ■  Libro  de  Alexan- 
dre, en  castillan,  386-387. 

Berçuire  (Pierre),  xci  ;  — La 
version  castillane  de  sa  tra- 
duction française  de  Tite- 
Live,  96-98  ;  —  Morales  de 
Ovidio  84-88,  424,  traduction 
castillane  du  livre  xv  du  Re- 
ductorium,  84-88,  424. 


474 


BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE  SANTILLANE 


Herser  (Samuel),  239,  244,  245, 
393,  398. 

Bernard;  v.  Saint  Bernard. 

Bernard  Gui,  Cathalogm  ponti- 
ficum,  en  latin,  212  ;  —  Ca- 
thalogm brevis,  en  latin,  212- 
213  ;  —  De  articulis  fidei  ca- 
tholice,  en  latin,  213  ;  —  De 
origine  prima  francorum , 
en  latin,  213;  —  Comités  tho- 
losani,  en  latin,  213  ;  — 
Imperatores  romani,  en  latin, 
213. 

Bernardus,  scribe,  419. 

Berthelot(Marcellin),  447. 

Bessarion    (Cardinal),    lxxxv; 

—  Traduit  de  grec  en  latin 
l'homélie  de  saint  Basile  : 
Attende  tibi  ipsi  68,  71-72  ; 

—  Dédie  au  roi  Jean  II  de 
Castille  sa  version  latine  de 
l'homélie  de  saint  Basile  : 
Attende   tibi  ipsi  78,  81-82. 

Bias,  lxxvii. 

Biate  (Jacobo  da),  37. 

Bible  (La),  en  latin,  235-236  ; 

—  Concordance  de  la  Bible, 
en  latin,  237  ;  —  Bible  mora- 
lisée,  avec  les  préfaces  de 
saint  Jérôme,  en  latin  et  en 
castillan,  240-246;  —  Les 
saints  Évangiles  et  les  épitres 
de  saint  Paul,  en  castillan, 
237-239  ;  —  Prophéties  de 
l'Ancien  Testament,  avec  les 
préfaces  de  saint  Jérôme,  en 
castillan,  239-240. 

Bible  moralisée  ;  v.  Bible. 

Binet,  relieur,  xiu. 

Bisticci  (Vespasiano  de),  lxiii, 
lxvii,  lxxxvii,  lxxxviii;  — 
449,  450,  451,  453,  454, 
457. 


I loccace,  lxvih,  lxxv,  107, 
174;  Fiammetta,  en  italien, 
327  ;  en  catalan,  347;  en  cas- 
tillan, 347  ;  —  Philostrato; 
en  italien,  328  ;  —  Vit  a  Dan- 
tis,  en  italien,  329;  Tesei 
de,  en  italien,  332  ;  —  Filo- 
colo,  en  italien,  332-333  ;  les 
Questioni  d'amore  tirées  du 
Filocolo,  en  castillan,  349;  — 
Ninfa le  d  A  n i et o , e n  ca s t i  1 1  an , 
333,  351  ;  —  De  Genealogia 
Deorum,  en  castillan,  333-334 
extrait,  334-339;  345;  —  Li- 
ber de  montibus,  en  castillan, 
340,  342,  345  ;  —  De  casibus 
virorum  illustrium,  en  castil- 
lan, 345;  —  Traducteurs  et 
traductions  de  Boccace  en 
Espagne,  345-351; —  De  Cla- 
ris mulieribus,  en  castillan, 
346  ;  —  Décaméron,  en  cata- 
lan, 348  ;  en  castillan,  348;  — 
Corbaccio  en  italien,  328-329; 
en  castillan  348,  350. 

Boèce,  xxi  ;  —  De  consolatione, 
en  italien,  174- 176;  en  castil- 
lan, 176-179;  —  Traducteurs 
et  traductions  de  Boèce  en 
Espagne  180-186;  —  Une 
maxime  en  latin  et  en  castil- 
lan, 376. 

Bofarull  (Antonio  de),  381. 

Bofarull  (Francisco  de),  155. 

Bofarull  (Manuel  de),  269. 

Bofarull  (Prospero  de),  181. 

Bonacorso  da  Montemagno  (ju- 
nior), lxxxv;  —De  nobili- 
tate,  traduit  en  italien  par  An- 
gelo  Decembri  pour  le  marquis 
de  Santillane,  et  traduit  d'ita- 
lien en  castillan  par  le  prince 
de  Viane,  112,  114-115,  117- 


TABLE    DES    MATIÈRES 


475 


118  ;  —  Orazioni,  en  italien  ; 
v.  Porcari. 

Bongars,  197. 

Boniface  VIII  (Pape)  389. 

Bonilla  y  San  Martin  (Adolfo), 
15. 

Bonnet(Honoré),  liii,lviii,  lxii, 
lxvii,  lxxxix  ;  —  Arbre  des 
batailles,  en  français,  373- 
374;  extraits  de  L'Arbre  des 
batailles,  en  castillan,  226, 
228-229;  traduction  castillane, 
374-378,  378,  379;  version 
catalane,  379;  traducteurs  et 
traductions  de  L'Arbre  des 
batailles  en  Espagne,  379. 

Bonsornsy  Cart  (Isidro),  348. 

Borbon  ;  v.  Bourbon. 

Borsa  (Mario),  66. 

Bottari  (Giovanni),  106,  107, 
109. 

Bourbon  (Gabriel  de),  sa  ver- 
sion castillane  de  Salluste  et 
son  opinion  sur  les  traduc- 
teurs qui  l'ont  précédé,  79- 
80. 

Bourland  (Carolina),  349. 

Braga  (Martin  de);  v.  Saint 
Martin. 

Brasidas,  17,  18. 

Brève  copilacion  ;  v.  Sénèque, 

Breviari  d'amor;  v.  Ermen- 
gaud. 

Brocar(Guillen),  80. 

Brunet  (Jacques-Charles),  131, 
208. 

Bruni  (Leonardo),  l,  lxxxv  ; 
—  Sa  version  latine  des  Dia- 
logues de  Platon  sert  de  texte 
au  traducteur  castillan  Pedro 
Diaz  deToledo,  9,  341;—  De 
militia,  en  castillan,  112-114, 
115,   116,   361-362,   363;  — 


Confusion  entre  lui  et  Pietro 
Aretino,  348  ;  —De  bello  ita- 
lico  aclcersus  Gothos,  en  la- 
tin, 357;  en  castillan,  357-359; 
—  Vida  de  Dante,  en  castil- 
lan, 359;  —Vida de  Petrarca 
en  castillan,  359-360;  —Vida 
de  Aristotiles^  en  castil- 
lan 359  ;  —  Lettres,  en  cas- 
tillan, 361,  362;  449. 

Bueno  (Juan)  ;  v.  Giamboni. 

Buonaventuri  (Tommaso),  106, 
107,  109. 

Burgos  (Andres  de),  349. 

Burgos (Diego  de),  xlix,lvi,  lx, 
lxi,  lxxvi  ;  —  308  ;   Préface 
du     Triunfo    del    Marqués 
460-464. 

Burgos  (Juan  de),  80. 

Burley  (Walter),  xc,  316. 

Bustamante  (Jorge  de),  94. 

Byrcman  (Arnold),  100,  101. 


Caballero  de  Dios  ;  v.  Libro 
del. 

Cadier  (Léon),  110. 

Cadira  de  honor  (La);  v.  Pa- 
drôn. 

Calixte  III  (Pape),  51,  53. 

Câmara  (Juan  Rodriguez  de  la); 
v.  Padrôn. 

Cambiador(Lo);Y.  Sant  Jordi. 

Cambiatore  (Tommaso),  362. 

Canals  (  Antoni),  125.  —  Traduc- 
teur des  Memorabilia  de  Va- 
lère  Maxime  en  valencien 
pour  don  Jacme  d'Aragon  et 
en  castillan  à  la  prière  de 
Jean  I,  roi  de  Castille  133-134, 
140. 

Canzoni  délia  VitaNuova;y. 
Dante. 


476 


BIRLIOTIIKQUE  DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 


(  'anzonicre  ;  v  .  Dante. 

Cardenois    ;     v.      Roman    de 
Liesse  et  Cardenois. 

Oarrara  (Francesco  da),  321. 

Carretero     (Alaym)  ;    v.  Char- 
tier. 

Carta  de  Sancho  de  Torres  a 
Fernando  de  la  Torre  ;  v 
Torre  et  Torres. 

Cartagena  (Alonso  de),  xlviii. 
lxii,  lxvi,  lxxxv;  —  Engage 
Pietro  Candido  Decembri  à 
dédier  à  Jean  II  de  Castille 
sa  version  de  Y  Iliade  2-3. 
451  ;  —  A-t-il  traduit  en 
castillan  le  traité  de  Leonardo 
Bruni  sur  la  chevalerie  ? 
114  ;  —  Ses  traductions  de 
Sénèque,  126-127,  129,  130, 
131  ;  —  Auteur  et  traduc- 
teur d'un  recueil  de  dits  de  Sé- 
nèque intitulé  Brève  copila- 
cion  ;  v .  Sénèque  ;  —  Extraits 
de  Quinte-Curce  dont  la  ver- 
sion castillane  est  attribuée  à 
l'évêque  de  Burgos,  149;  — 
Achève,  avec  l'aide  de  Juan 
Alfonse  de  Zamora,  la  version 
castillane  du  De  easibus  vi- 
roriun  illustrium  de  Boccace, 
commencée  par  Pero  Lopez 
de  Ayala,  346;  —  363  ;  —  Sa 
lettre  à  Pietro  Candido  De 
cembri  où  il  nomme  Nuno  de 
de  Guzman,  452-453,  459. 
Cartas  de  Mossen  Diego  de  Va- 

lera  ;  v.  Valera. 
Cascales,  427. 
Caserte    (Comte  de)  ;   v.    Sigi- 

nulfo. 
(  îassien  (Jean),  Collationes  pa- 

trun,  en  catalan,  160-161. 
Cassola  (Jacopo),  151. 


(  îastafle  la  (comte  de),  xl. 
(  'astaûeda  ((  îomtesse  de),  313. 
Castaneda  (Gabriel  de),  149. 
(  îastillo  (Jean  deD,  4  13. 
('astilnovo  (Commandeur  de); 

v.  Toledo. 
Castro  Alonso  Winez  de),  452. 
(Castro  (Pedro  de),  349 
Castro  (Rodrigue/  de),  125,  127, 

128,  129,  130,  149,  237,  239, 

454. 
Catalina Garcia  (Juan),  lxxxiv, 

LXXXVIII,   191. 

Cathalorjufi  h  revis;  v.  Bernard 
Gui.  ' 

Cathalogus  pontificum  ;v .  Ber- 
nard Gui. 

Catherine  (Reine   de  Castille), 

XXVIII. 

Catherine  (Infante  de  Castille), 

XXIX. 

Caton,  84. 

Cean  Bermudez,  lvi. 

Cenete  (Diego  Hurtado  de  Men- 
doga,  marquis  del),  465. 

Cent  noms  deDeu  (Els)  ;  v.  Lull. 

Cercla  (Francisco)  185. 

Cérémonial  de  principes;  v.  Va- 
lera. 

Ceruti  (Antonio),  324. 

Cervantes  (Miguel  de),  349. 

César,  Commentarii  de  bello 
Gallico,  en  castillan,  65-67. 

Chanson  ;  v.  Pardo. 

Charisi  (Jehuda),  444. 

Charles   III   (Roi  de  Navarre), 

XXIX,  XXX. 

Chartier  (Alain),  lxxii,lxxiii;  — 
Le  débat  de  réveille- matin,  en 
français,  371  ;  —  La  belle 
dame  sans  merci,  en  français, 
371,  372  ;  —  Le  débat  des 
deux  fortunés    d'amour,    en 


TABLE    DES    MATIERES 


477 


français,  371  ;  —  Lettres  en- 
voyées par  les  dames  à  Alain, 
en  français,  371,  372;  —  Re- 
quête baillée  aux  dames  contre 
Alain,  en  français,  371,  372; 

—  Uexcusation  d'Alain  aux 
dames,  en  français.  371,  372  ; 

—  Le  Quadrilogue  invectif, 
en  castillan,  372. 

Châtelain  (Emile),  ix. 
Chaves  (Baltazar  de),  270. 
Chinchilla  (Pedro  de),  sa  version 
castillane  de  ïHistoria  troja- 
na  de  Guido  délie  Colonne, 
266;  — Extrait,  267-268. 
Chirurgia    magna    et    parva  ; 

v.  Lanfranc. 
Chrétien  de  Troies,  87. 
Chronique    Générale  ;    v.    Al- 
phonse le  Savant. 
Chronique  de  Heredia  ;  v.  He- 

redia. 
Chronique  universelle  ;  v.   Eu- 

sèbe. 
Chroniques  générales  et  parti- 
culières d'Espagne,  390-412. 
Chrysostome  ;    v.  Saint  Jean- 

Chrysostome. 
Cicéron(Q.).  De  petitione  con- 

sulatus,  en  latin  57. 
Cicéron  (M.  T.),  xvm  ;  —  Ora- 
tiones,  en  latin,  56-57;  —  De 
paradoxis,  en   italien,  59-60. 
— De  oratore,  en  latin,  58-59  ; 
— De  officiis,en  italien,  59;  en 
aragonais,  63;  —  De  amicitia, 
en  italien    59-60;   en  arago- 
nais, 63,  64  ;  —  De  senectutey 
en  italien,  59, 60, 64, 329,  331  ; 
—     Tusculanae    quaestiones, 
en  italien,  60-63,  451  ;  —  Une 
maxime  en  latin  et  en  castil- 
lan, 376;  38L 


Cicogna(Emanuele),  108. 
Cifar  (Histoire  du  chevalier)  ; 
v.  Libro  del caballero  deDios. 
Cisneros  (A.  de),  321. 
Cisneros  (Mencia  de),  xxiv. 
Città  di  Castello  (Lilius  Archili- 

belli  de)  ;  v.  Tifernas. 
Cle.mencin    (Diego\    xvi,   211, 

239. 
Cléobule,  une  maxime  en  latin 

et  en  castillan,  276. 
Cléon,  17. 

Coci  (Georges),  100. 
Coïmbre   (Duc   de)  ;    v.  Pedro, 

Infant  de  Portugal. 
Collationes   Patrum  ;    v.    Cas- 
sien. 
Colonna  (Guido de);  v.  Colonne. 
Colonne  (Guido  délie),  Historia 
Trojana, en  castillan, 265-268; 
en  catalan,  268-270  ;  en  ara- 
gonais, 16,  18,  19,  270;  — Ex- 
trait   de   la   version    arago- 
naise,  25-29. 
Columna  (Guydo  de)  ;     v.    Co- 
lonne- 
Colupnis  (Hugo  de),  18. 
Comedieta  de  Ponça;  v.  Santil- 

lane. 
Comités  tholosani  ;   v.  Bernard 

Gui. 
Commentaire  de  Boèce ;  v.  Va- 

lladolid. 
Commentaire  de  Benvenuto   da 
Lmola  à  V Enfer  et  au  Purga- 
toire ;  v.  Dante. 
Commentaire    de    Pietro   Ali- 
ghieri  à  la  Divine  Comédie; 
v.  Dante. 
Commentaires;  v.  Commentarii 

de  bello  Gallico. 
Commentâmes  sur  la  première 
guerre  punique  >  v.  Polybe. 


478 


BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 


Commentarii  de  bello  Gallieo  ; 
v.  César. 

Comontes  (Diego  de;,  426. 

Comparacion  de  Gayo  Julio 
César  etc.;  v.  Conparatione 
de  Cesare. 

Concordance  de  la  Bible  ; 
v.  Bible. 

Condicion  de  la  nobleza  {De  la); 
v.  De  nobilitate. 

Conesa  (Jacme),  sa  version  ca- 
talane de  ïHistoria  Trojana 
de  Guido  délie  Colonne  268- 
270  ;  -  Extrait  269-270. 

Conesa  (Père  Johan),  420. 

Confessions ;v.  Saint-Augustin. 

Comparât ione  di  Cesare  impe- 
r adore  et  cVAlexandro  ma- 
g  no  re  di  Macedonia  ;  v.  De- 
cembri. 

Conqueridores  [Grant  Croni- 
ca  de  los)  ;  v.  Heredia. 

C onstitncions  gênerais  de  Ca- 
thàlunya,  en  catalan,  419-420- 

Convivio  ;  v.  Dante. 

Copias  ;  v.  Mena. 

Copons  (Pons  de),  404. 

Corbaccio  ;  v.  Boccace. 

Côrdoba  (Gonzalode),  425. 

Cordoue  ;  v.  Séville. 

Coringia  (Nicolas  de)  ;  v.  Co 
reggio. 

Çorita  (Anton)  ;  v.  Zorita. 

Cormellas  (Francisco  de),  465. 

Cornu  (Jules),  264. 

Corpus  juris  civilis;Y.  Justi- 
nien. 

Correggio  fAzzoda),  353. 

Correggio  (Niccolô  da),  son  em- 
blème et  sa  devise  sur  un 
manuscrit  de  LaFiorita,3b3* 

Cortemaggiore  (seigneur  de)  ; 
v.  Pallavicino. 


Cortés  (Juan  Lucas),  xv. 

Corygya  (Nicolaus  de);  v.  Cor- 
reggio. 

Cotarelo  y  Mori  (Emilio),  90, 
286,  448. 

Credo,  v.  Dante. 

Cristobal;  v.  Sant  Cristobal. 

Cromberger  (Jacobo),  193,  316, 
347,  389. 

Crônica  de  1344 ;  v.  Refundi- 
ciôn  de  la  Crônica. 

Crônica  de  los  cuatro  reyes,  en 
castillan,  393-395,  400,  401. 

Crônica   General;  v.    Te  recru, 

Crônica  de  Morea  ;  v.  Heredia. 

Crônica  ciel  rey  don  Alfomo  el 
Onceno,  en  castillan,  401- 
402. 

Crônica  ciel  rey  don  Jaime,  en 
catalan,  404. 

Crônica  de  San  Fernando,  397. 

Crônica  de  los  reyes  de  Castilla, 
en  castillan  399. 

Crônica  del  rey  don  Pedro  ; 
v.  Ayala. 

Chronica  Pontificum  et  Impe- 
ratorum  romanorum  ;  v.  To- 
lède. 

Cuenca  (Miguel  de),  425. 


Dandrade  (Fernan  Perez),  262. 
Daniel  (Arnauld),  lxviii,  lxxiii. 
Dante    Alighieri,     xxvn,    xlv, 

LXVIII,  LXXII,  LXXIII,  LXXIV, 
LXXV,  LXXVI,    LXXVII,    LXXVIIL 

lxxxii,  lxxxiv  ;  —  Convivio, 
en  italien,  273,  —  Canzoni 
délia  Vita  nuova  273-274  ; 
— Credo,  en  italien,  273,  277; 
—  Commentaire  de  Pietro 
Alighieri  à  la  I).  C,  en  cas- 
tillan, 303-304;  —  Commen- 


TABLE    DES    MATIERES 


479 


taire  de  Benvenuto  da  Imola 
sur  l'Enfer;  en  castillan,  305- 
306;  —  Commentaire  de  Ben- 
venuto da  Imola  sur  le  Purga- 
gatoire,  en  castillan,  306-307; 

—  Divina  Commedia,  en  ita- 
lien, 271-272,  275-303;  en  cas- 
tillan, 275-303  ;  —  Commen- 
taires, en  castillan,   303-307  ; 

—  Traducteurs  et  traductions 
de  la  D.  C.  en  Espagne,  308- 
317  ;  —  Traducteurs  et  tra- 
ductions des  commentaires  de 
la  D.  C.  317-319  ;  —  Can- 
zoniere,  en  italien,  273-274, 
329-331. 

Dante  (Vida  de)  ;  v.  Bruni. 

Dares,  265. 

David,  Tractado  deladesigna- 

cion     de      los     officios      de 

Roma,  en  castillan,  359,  360- 

361. 
De    articidis   Jidei     catholice  ; 

v.  Bernard  Gui. 
De  bello  gallico  ;  v.  Commen- 

tarii. 
De  bello   italico    adversus  Go- 

thos;  v.  Bruni. 
De  bello  Jugurthino  ;   v.   Sal- 

luste. 
De  benejiciis  ;  v.  Sénèque. 
De  brevitate  vite;  v.  Sénèque. 
De  claris  mulieribus  ;  v.    Boc- 

cace. 
De  casibus  principum  ;   v.   De 

casibus    virorum    illustrium. 
De  casibus  virorum  illustrium  ; 

v.  Boccace. 
De  clementia;  v.  Sénèque. 
De    compunctione    ad    Deme- 

trium  ;  v.    Saint  Jean  Chry- 

sostome. 
De    compunctione,     ad     Sele^ 


chium  ;  v.  Saint  Jean  Chry- 
sostome. 

De  conjuratione  Catilinae  ;  v. 
Salluste. 

De  consolatione  ;  v.  Boèce. 

De  consolatione  ;  v.  Vincent 
de  Beauvais. 

De  consolatione  ad  Helviam 
matrem  ;  v.  Sénèque. 

De  consolatione,  ad  Marciam, 
v.  Sénèque. 

De  contemptu  bonorum  tempo- 
raliiun  et  voluptatum  ;  v. 
Sénèque. 

De  Copia  verborum,  103. 

De  Dei  provident ia,  v.  Saint 
Jean  Chrysostome. 

De  erudicione  regum  et  prin- 
cipum ;  v.  Guibert  de  Tour- 
nai. 

De  genealogia  deorum;\.  Boc- 
cace. 

De  illustribus  longaevis:  v.  Ma- 
netti. 

De  insigniis  etar?nis;v.  Bar- 
thole. 

De  ira  ;  v.  Sénèque. 

De  legalibus  institut is  ;  v.  Sé- 
nèque. 

De  liberalibus  studiis;  v.  Saint 
Basile. 

De  liberalibus  artibus;  v.  Sé- 
nèque. 

De  militia  ;  v.  Bruni. 

De  moribus,  en  castillan,  92-93, 
103,  124. 

De  mojùbus ;  v.  Sénèque* 

De  natura  angelica,  v.  Exime- 
nis. 

De  nobilitate,  en  castillan  ;  v. 
Plutarque. 

De  oratore  ;  v.  Cicéron. 

De  officiis  ;  v.  Cicéron. 


180 


BIBLIOTHEQUE    DC    MARQUIS    DE   SANT1LLANE 


De  origine  prima  Franèorum, 

v.  Bernard  Gui. 
De paradoxis ;  v.  Cieéron. 

De  petit  ione  consulat  us  \  v.   Ci- 
céron. 

7Je  poenitentia  ;    v.    Saint  Jean 
Chrysostome. 

7J<?    praeparatione    evangelica , 
v.  Eusèbe. 

De  providentiel;  v.  Sénèque. 

/Je  puerorum   nobiliuin    eradi- 
tione  v.  Vincent  de  Beauvais. 

Z)e  quatuor  rirtutibus,  en  latin, 
103,  113;  en  castillan,  124. 

De   quaestionibus  naturalibus  ; 
v.  Sénèque. 

De  remediis  utriusque  fortunae; 
v.  Pétrarque. 

De  re  militari  ;v.  Végèce. 

De  re  rustica  ;  v.  Palladius. 

De    regimine  principum  ;     v. 
Gilles  de  Rome . 

De     regimine    principiun;     v. 
Saint  Thomas  d'Aquin. 

De    remediis    fortuitorum,    en 
latin,  102;  en  castillan,  113. 

De  réparât  ione  lapsi  ;  v.  Saint 
Jean  Chrysostome. 

De  senectute;  v,  Cicéron. 

De  tranquillitate  animi;v.  Sé- 
nèque. 

De    verbo    contra    iudeos  ;     v.' 
Fuent  Sauco. 

De    viris     illustribus;    v.     Pé- 
trarque. 

De    rita    Caesarum  ;    v .    Sué- 
tone. 

De    ri  ta   christ  iana  ;     v.    Saint 
Augustin. 

De  vita  solitaria;   v.    Pétrar- 
que. 

Débat  de  réveille  matin  (Le)  ;  v. 
(  lhartier. 


Débat  des  deux  fortunés  d'amour 

(Le)  ;  v.  Chartier. 
Décaméron  ;  v.   Boccace. 
Décembre  (Pedro  Candido)  ;   v. 

Decembri. 
Decembri  (Angelo),  lxxxv,  38. 

—  Traduit  en  italien,  pour  le 
marquis  de  Santillane  un 
ospuscule  latin  de  Bonac- 
corso  daMontemagno  intitulé 
De  nobilitate  et  qu'il  attribue 
à  Plutarque,  114  115,  117- 
118. 

Decembri  (Pietro  Candido),  lxv 
lxxxiv,  lxxxv,  —  Sa  version 
latine  de  Y  Iliade  traduite  en 
castillan,  1  ;  —  Sa  correspon- 
dance avec  Alonso  de  Cartha- 
gène  qui  l'engagea  dédier  à 
Jean  II  de  Castille  sa  Vie 
d'Homère  et  sa  version  latine 
de  Y  Iliade,  2-3;  452;  —  Sa 
version  italienne  des  Com- 
mentaires sur  la  première 
guerre  punique  de  Polybe,37 
38;  —  Sa  version  italienne 
des  Commentaires  de  César 
traduite  en  castillan  par  un 
anonyme,  65, 66\  —  Sa  version 
italienne  de  Y Historia  Alex- 
andri  Magni&e  Quinte-Curce 
traduite  en  castillan,  146-149; 

—  Comparât  ione  di  Caio 
Iulio  Cesare  imperadore  et 
d 'Alexandro  magno  re  di 
Macedonia,  en  castillan,  146, 
148,  359-360  ;  —  Sa  version 
italienne  du  Ludus  de  morte 
Claudii,  dédiée  à  Nuîïo  de 
G  u/  m  an,  traduite  en  castillan, 
129,  457  ;  —  Dédicace  de  cette 
version  à  Nuuo  de  Guzman, 
en  castillan,  457-159;  —  419 


TABLE    DES    MATIERES 


481 


451,  452  459  ;  —  Eulogium 
in  Enichum  Hispanum,  cog- 
gnomine  Lupum,  en  latin, 
468. 

Déclamations  ;  v.  Quintillien. 

Déclamations  ;  v.  Déclama- 
tionum  liber. 

De  clamai  ionum  [Liber)  ;  v.  Sé- 
nèqne. 

De  Jaqua  (Bernardus),  409, 
410. 

Delaruelle  (Louis),  52. 

Delgado  (Pero  Nuîiez),  270. 

Delisle  (Léopold),  109,  212, 
213. 

Démosthène,  17. 

Déprez  (Eugène),  455. 

Desdevises  du  Dezert  (G.) 
114, 125. 

Destûniga  (Diago),  367. 

Diaz  (Hernando),  sa  version 
castillane  de  la  Divine  Comé- 
die, 316-317. 

Diaz  de  Toledo  (Pedro),  xxvi, 
liv,  lx,  lxi  ;  —  Sa  traduction 
castillane  du  Phédon  de  Pla- 
ton, 8-9  ;  —  Peut-être  est-il  le 
traducteur  du  De  beata  cita 
de  saint  Augustin,  10  ;  — 
Préface  de  sa  traduction  du 
Phédon,  11-15;  —  On  peut 
croire  qu'il  est  l'auteur  de  la 
version  castillane  de  deux  ho- 
mélies de  saint  Basile,  72, 
341  ;  —  Ses  traductions  de  Sé- 
nèque,  126,  127,  129,  131;  — 
Son  explication  de  la  devise 
du  marquis  de  Santillane  232; 
—  Attribution  à  cet  auteur 
de  la  version  castillane  du 
De  r/enealogia  Deorum  de 
Boccace  334  ;  —  Sa  traduc- 
tion castillane  de  ïAxiocus, 


dialogue  longtemps  attribué 
à  Platon,  9,  15,  310-341;  — 
Sa  préface  à  la  traduction 
castillane  de  ïAxiocus,  343- 
345. 

Dictis,  265. 

Diodore,  17. 

Discours  sur  la  pétition  du  con- 
sulat ;  y.  De  petitione  con- 
sulatus. 

Divina  Commedia  ;  v.  Dante. 

Doctrina  de  dure  a  cascuna 
persona;  v.  Eximenis. 

Doncel  (Bernât  Juan),  181. 

Douais  (Célestin),  94. 


Economique  ;  v.  Aristote. 

Elementa  vocabulorum  ;  v .  Pa- 
pias. 

Enéide  ;  v.  Virgile. 

Enfer  de  Dante,  chant  I,  ver- 
sion castillane  anonyme,  311- 
312. 

Enzinas  (Francisco  de),  100, 
101. 

Epistola  ad  Petrum  princi- 
pem  Lusitaniae  ;  v.  Traver- 
sai. 

Epistola  ad  Raymundum;  v. 
Saint-Bernard. 

Epistola  de  lapsis  ;  v.  Saint- 
Jean  Chrysostome. 

Epistola  in  laudem  constanti- 
nopolitane  civitatis  et  greco- 
rum  unionis  ;  v,  Tifernas. 

Epistolae  beati  Augustini  ad 
Bonifacium  comitem  et  Bo- 
ni facii  ad  Augustinum  ;  v. 
Saint  Augstin. 

Epistolae  morales  ad  Lucilium; 
v.  Sénèque. 

Epitaphium     Enici    Lupi  per 


31 


482 


BIBLIOTHEQUE   J)U   MARQUIS    DE   SANTILLANE 


Thomam  Rèatinum  ;v.  Rieti 

et  Santillane. 

Epitoma  in  Titum  Livium  ;  v. 
Florus. 

Ermengaud  (Matfre),  lxxiii  ;  — 
Breviari  d'amor,  en  proven- 
çal 383-384. 

Espanya  [Grant  Crénica  de); 
v.  Heredia. 

Espéculo  ;  v.  Alphonse  le  Sa- 
vant. 

Este  (Béatrice  d'),  353. 

Este  (Nicolô  da),  151. 

Este  (Nicolô  d'Alberto  d')  321. 

Estûniga  (Alvaro  de),  xliv. 

Éthique  ;  v.  Aristote  et  Latini. 

Eugène  IV  (Pape),  50,  58,  449. 

Eulogium  in  Eniehum  Hispa- 
num,  cognomine  Lupum  ;  v. 
Decembri  et  Santillane. 

Eusèbe,  lxxxv  ;  —  De  praepa- 
ratione  evangelica,  en  latin, 
39; — Sa  Chronique  univer- 
selle, en  castillan,  40-43  ;  — 
Version  castillane  du  com- 
mentaire qu'Alonso  de  Ma- 
drigal fit  de  sa  Chronique 
universelle,  43-48. 

Eusebio  ;  v.  Eusèbe. 

Excusation  d'Alain  aux  dames; 
v.  Chartier. 

Eximenis  (Francesch),  Doctrina 
de  viure  a  cascuna  persona, 
en  catalan,  160,  161,  425;  — 
Natura  angelica,  en  castil- 
lan 424-425. 

Exposîtio  super  evangelium 
beati  Mathei;  v.  Saint  Jean 
Chrysostome. 


Fabricius,  183. 
Fadrique  ;  v.  Basilea. 


Fajardo  (Pedro),  426,  427. 

Fanfani  (Pietro),  91,  111. 

Fausses  lettres  de  Sénèque  à 
S.  Paul  et  de  S.  Paul  à  Sé- 
nèque, en  latin,  102  ;  en  cas- 
tillan, 119. 

Fazio  (Bartoiomeo),  l,  lxxxvi. 

Febrer  (Andreu),  lxxvi  ;  —  Sa 
version  catalane  de  la  Divine 
Comédie,  310-311. 

Fedron  ;  v.  Plié  don. 

Fenollet  (Luis  de),  148. 

Ferdinand  de  Castille,  roi  d'A- 
ragon,    XXVII,      XXVIII,     XLIX, 

171,  232,  233. 

Ferdinand  V  (Roi  de  Castille), 
72. 

Ferdinandus,  scribe,  408. 

Fernândez  (Benigno),  xxi. 

Fernândez  de  Béthencourt 
(Francisco),  xi. 

Fernândez  Duro  (  Cesâreo  ) , 
425. 

Fernândez  de  Heredia  (Juan)  ; 
v.  Heredia. 

Fernândez  de  Velasco  (comte 
de  Haro),  xliii,  lxii, 

Fernândez  de  Villegas  (Pedro), 
sa  version  castillane  de  Y  En- 
fer de  Dante,  312-313  ;  —  On 
lui  attribue  une  version  du 
Paradis,  313,315,319. 

Ferrer  de  Blanes  (Jaume), 
lxxxii,  309. 

Ferrer  Sayol,  traduit  en  cas- 
tillan le  De  re  rustiea  de  Pal- 
ladius,  152-159  ;  —  Préface 
de  sa  traduction  castillane 
du  De  re  rustiea  de  Palla- 
dius,  156-159. 

Ferrer  (Vincent)  ;  v.  Saint  Vin- 
cent Ferrer. 

Fiammetta ;  v.  Boccace^ 


TABLE    DES    MATIERES 


483 


Figueroa  (Catalina  de),  xxvn, 
xlvi,  lv,  lvi,  444. 

Figueroa  (Gomez  Suarez  de), 
xxvn  ;  —  Pedro  de  Toledo  lui 
dédie  sa  version  castillane 
du  Guide  des  égarés  de'  Maï- 
monide,  431-434,  444. 

Figueroa  (Lorenzo  Suarez  de), 

XXVII. 

Filipetri  ;  v.  Pétri. 

Filocolo ;  v.  Boccace. 

Fiorita  (La)  ;  v.  Armannino 
Giudice. 

Fita  (Fidel),  426. 

Flavius  Josèphe,  Antiquitates 
judaicae,  en  latin,  135. 

Florus,  Epitoma  in  Titum  Li- 
vium,    en  latin,  95,  100,  101. 

Flos  sanctorum  ;  v.  Legenda 
aurea. 

Fontanini,  151. 

Fragments  moraux,  en  castil- 
lan, 323,  324. 

Frati  (Carlo),  276. 

Frati  (Lodovico),  lxvii,  lxxxvii, 
276,  449. 

Frédéric  II  (Empereur),  xlv; 
—  Discours  d'un  envoyé  de 
V empereur  Frédéric  II  au 
pape  Honorius  III,  en  castil- 
lan, 8,  10. 

Frédéric  III  (Empereur),  Dis- 
cours  concernant  le  couron- 
nement de  ï empereur,  en  la- 
tin, 57-58; — Lettre  à  Charles 
VII,  roi  de  France  pour 
l  inviter  à  prendre  part  à 
la  croisade  contre  les  Turcs, 
58. 

Frontin,  Strategematon,  en  ara 
gonais,  34-36;  en  castillan, 
141-142. 

Fuent  Sauco  (Juan  de)*  De  ver- 


bo  contra  judacos,  en  castil- 
lan, 426-427. 

Fuero  de  las  leyes  ;  v.  Alphon- 
se le  Savant. 

Fuster  ;  v.  Aguilô. 


Gallardo  (Bartolomé  José),  80, 
101,  115,  126,  131,  148,  149, 
182,  185,  316,  346,  347,  348, 
349,  350,  443,  465. 

Galles  (Thomas  de),  86. 

Garay  (Blasco  de),  350. 

Garcia  VI  (Roi  de  Navarre), 
232. 

Garcia  (Iohan),  traduit  en  cas- 
tillan le  De  regimine*  prin- 
cipum sur  l'ordre  de  Barnabe, 
évêque  d'Osma,  210-211. 

Gaspary  (Adolf),  348. 

Gauchi  (Henri  de),  sa  traduction 
française  du  De  regimine 
principum  de  Gilles  de  Ro- 
me, 209-210. 

Gayangos  (Pascual  de),  1,  2, 
129,  313,  348,  364,  372,  457. 

Généalogie  des  rois  d'Espagne, 
du  comte  Fernan  Gonzalez  et 
du  Cid,  en  castillan,  119. 

Gennadius,  166. 

Giamboni  (Bono),  31,  172,  173. 

Gilles  de  Rome.  De  regimine 
principum.  en  latin,  201,  202, 
203-204,  211  ;  en  français 
209-210;  en  castillan,  210-211. 

Ginebreda  (Anthoni),  181,  182, 
183. 

Gomallez  (Angel),  395. 

Gomez  Uriel,  134. 

Gomez  de  Zamora  (Alfonso)  cas- 
tillanise  pour  le  marquis  de 
Santillane  la  version  arago- 
naise  de  Paul  Orose,  167,  424- 


■INI 


BIBLIOTHEQUE    D1     MAKQUIS    DE   SANTILLANE 


'425  ;   —   Sobre  el  provecho 

etc.,  en  castillan  167,  172, 
173. 

Gonzalez  (Nicolas),  263,  117. 

Gonzalez  de  Lucena  (Martin), 
traduit  en  castillan,  pour  le 
marquis  de  Santillane,  le 
commentaire  de  Benvenuto 
da  Imola  au  Purgatoire  de 
Dante,  306-307,  317,  318. 

Gonzalo  (Fray),  copiste  d'une 
ancienne  version  castillane 
du  De  Ira  de  Sénèque,  126, 
128-129,  454. 

Grande  y  General  Hisioria  ; 
v.  Alphonse  le  Savant. 

Grant  coronica  de  los  conquiri- 
dores;  v.  Heredia. 

Grant  crànica  de  Espanya; 
v.  Heredia. 

Grégoire  ;  v.  Saint  Grégoire. 

Gubbio(Bosoneda),  276,  352. 

Guerrini  daLanciza  (Giovanni), 
172. 

Guibert  de  Tournai,  De  erudi- 
cione  regumet  principum,  en 
latin,  201-202. 

Guicciardini,  107,  108. 

Guide  des  égarés  ;  v.  More  Ne- 
buchim. 

Gusmano  (Nugnio)  ;  v.  Guzman. 

Guzman  (Alfonso  de,)  216,  218, 
219,  220,  221,  222,  223,  224, 
225. 

Guzman  (Fernan  Perez  de), 
xxiii,  lxxxiv  ;  —  Demande  à 
Vasco  de  Guzman  de  lui  tra- 
duire Salluste  en  castillan,  69, 
78-80  ;  —  Fait  traduire  en 
castillan  la  version  italienne 
des  Epistolae  morales  ad  Lu- 
cilium  de  Sénèque,  111,  125  ; 
-«-Les  traductions  de  Sénèque 


faites  sôus  ses  auspices,  126, 

127,  131  ;  177,  152. 

Guzman  (Luis  de),  125,  128; 
Manetti  lui  dédié  son  De  Mus- 
tribus  longaevis<  454,  455- 
457. 

Guzman  (Xuno  de),  lxxxvj  ;  — 
La  traduction  italienne  des 
Tusculanes  de  Cicéron  qu'il 
fit  faire  à  Florence  en  1456, 
60-63,  449  150,  451  ;  —  Pietro 
Candido  Decembri  lui  dédie 
sa  version  italienne  du  Indus 
de  morte  Cloudii  de  Sénèque 
que  Nuno  lui-même  pourrait 
bien  avoir  traduit  en  castil- 
lan, 129;  — Corrige  sur  le 
texte  latin  une  ancienne  ver- 
sion du  De  Ira  de  Sénèque 
copiée  par  fray  Gonzalo  pour 
Inès  de  Torres,  femme  de  Luis 
de  Guzman.  126,  128-129;  — 
La  traduction  italienne  des 
Déclamation*  de  Quintillien 
qu'il  fit  faire  à  Florence  en 
1456,  143-144,  449-450,  451  ; 

—  Sa  version  castillane  de 
YOrazdone  di  messer  Gian- 
nozzo  Manetti  al  signor  mes- 
ser Gismondo  Pandolfo  de 
Malatesti,  364-365,  372,  450; 

—  Ce  qu'en  dit  Vespasiano  de 
Bisticci,  449-450;  —  Les  tra- 
ductions italiennes  qu'ilfit  fai- 
re, 450-451  ;  —  Ses  versions 
castillanes,  450,     454,    457  ; 

—  Ses  rapports  avec  Gian- 
nozzo  Manetti,  449,  451,  454- 
457  ;  —  Ses  rapports  avec 
Pietro  Candido  Decembri, 
449, 452-453, 457-459  ;  —  Ses 
rapports  avec  Alonso  de  Car- 
tagena,    453;     —    Ses    rap- 


TABLE    DES    MATIERES 


485 


ports  avec  le  marquis  de  San- 
tillane,  450,  451,452,  45*5;  — 
D'après  Vespasiano  de  Bis- 
ticei ,  il  aurait  fait  exécuter  une 
version  italienne  du  De  Ora- 
tore  de  Cicéron,  449-450  ;  — 
D'après  Vespasiano  de  Bis- 
ticcL  il  aurait  fait  exécuter 
une  version  italienne  lu  De 
Saturnalibus  de  Macrobe , 
449-450. 

Guzman  (Vasco  de),  traduit  en 
castillan  le  De  conjurât ione 
Catllinae  et  le  De  bello  Jucjur- 
thino  de  Salluste,  69  ;  —  La 
préface  de  sa  traduction  de 
Salluste  adressée  à  Fernan 
Perez  de  Guzman,  seigneur 
de  Batres,  78-79  ;  80. 

Gysser  (HansJ,  44. 


Hain,  182. 

Hammerbach  (Jean  de),  203. 

Harisse  (Henri),  115. 

Haro  (comte  de)  ;  v .  Fernandez 
de  Velasco. 

Hauréau  (Jean-Baptiste),  86, 
103. 

Henri  (Prince  des  Asturies)  ; 
v.  HenrilV(RoideCastille). 

Henri  IV  (Roi  de  Castille), 
xxxvi,  xxxix,  xl,  xli,  xlii, 
xliii,  xlv,  xlvi,  xlvii,  lxii, 
lxxx,  lxxxvii,78,  125. 

Henri  (Infant  d'Aragon),   xxix, 

XXX,  XXXV,  XXXIX,  XLI. 

Henri  (Fils  de  l'Infant  Henri 
d'Aragon),  xlvi. 

Heredia  (Juan  Fernandez  de), 
lxxxix  ;  —  La  version  arago- 
naise  de  Thucydide  faite  par 
son  ordre,  19-25  ;  —  La  lettre 


que  lui  écrit  Jean  I  d'Ara- 
gon, 20;  —  Avait  auprès  de 
lui  un  philosophe  grec  qui 
travaillait  pour  lui,  ce  savant 
tiéta  sans  doute  Domitri  Talo- 
diqui,  20  21;  —  Ses  livres  sont 
réclamés,  après  sa  mort,  aux 
prieurs  de  l'Ordre  de  Saint- 
Jean  par  le  roi  Jean  I  d'Ara- 
gon, 22  ;  —  La  version  arago- 
naise  des  Vies  de  Plutarque 
faite    pour   lui,   19,   20,    21  ; 

—  Son  Trogue  Pompée,  93- 
94;  —  La  version  aragonaise 
des  Histoires  de  Paul  Orose 
faite  sous  ses  auspices  par  Do- 
mingo de  Garcia  Martin,  167- 
173  ;  —  Manuscrit  de  la  Crô- 
nica  General  qui  porte  par 
erreur  le  nom  de  Heredia  sur 
la  reliure  mais  qui  ne  fait  pas 
partie  du  groupe  de  chroni- 
ques qui  porte  son  nom,  392  ; 

—  Manuscrit  de  la  Crùnica 
de  los  cuatro  reyes  qui  porte, 
par  erreur,  le  nom  de  Heredia 
sur  la  reliure  et  qui  ne  fait 
pas  partie  du  groupe  de  chro- 
niques qui  porte  son  nom, 
401  ;  —  Sa  Grant  Crônica 
de  Espanya,  en  aragonais, 
405-408  ;  —  El  libro  de  los 
enperadores,  en  aragonais, 
408-409;  —  El  libro  de  los 
J'echos  et  conquistas  del  prin- 
cipado  de  la  Morea,  en  ara- 
gonais, 408,  409-410;  —Grant 
Coronica  de  los  conquiri- 
dores,  en  aragonais,  411-412. 

Herquet  (Karl),  407. 
Herrera  (Fernando  de),  lxxvi. 
Hesdin  (Simon  de),  134. 
Hidalgo;  v.  Mendez  Hidalgo. 


486 


BIBLIOTHEQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


Hirtius  (Aulus),  66. 

Historia  Alexandri  Magni  ; 
v.  Quinte-Curce. 

Historia  Gothica;  v.  Tolède. 

Historia  hierosolymitana  ;  v. 
Baudri  de  Bourgueil. 

Historia  hierosolymitana  ;  v. 
Lisiard  de  Tours. 

Historia  hunnorum,  oandalo- 
rurn  et  suevorum  ;  v.  Tolède. 

Historia  naturalis  ;  v.  Pline. 

Historia  ostrogothorum  ;  v.  To- 
lède. 

Historia  romanorum  ;v  .Tolède. 

Historia  Troyana ;  v.  Troie. 

Historia  de  praeliis  tirée  du 
Pseudo-Callisthènes,  en  la- 
tin 55. 

Historia  scolastica  ;  v.  Pierre 
le  Mangeur. 

Historiarum  adversus par/anos 
libri  VII ;  v.  Orose. 

Hita  et  Buitrago  (seigneur  de); 
v.  Santillane. 

Holkot  (Robert),  86. 

Homélies  de  saint  Jean  Chry- 
sostome  ;  v.  Traversari  et 
Trébizonde. 

Homère,  lxxviii,  lxxxiv,  Iliade, 
en  castillan  1. 

Homilia  super  psalmum  guin- 
quagesimum,  homélie  attri- 
buée à  saint  Jean  Chrysos- 
tome  ;  v.  saint  Jean  Chrysos- 
tome. 

Honorius  III  ;  v.  Frédéric  II. 

Horace,  lxiii,  lxiv,  lxv. 

II (j  ras  de  nostra  dona  Sancta 
Maria;  v.  Lull. 

Houssaye  (Alain  de  la),  370. 

Ilurus(Paul),  80,  134,  347. 


Ibânez  de  Segovia    y  Orellana 

(Matheo),  l  19. 
[barra  fJoachim),  71). 
Iliade,  v.  Homère. 

Imola  (Benvenuto  daj,  lxxvii, 
lxxxiv;  —  Son  commentaire 
kïEnferde  Dante  traduit  en 
castillan,  305-306;  —  Son 
commentaire  au  Purgatoire 
de  Dante  traduit  en  castillan 
par  Martin  Gonzalez  de  Lu- 
cena,  médecin  du  Marquis 
de  Santillane,  3C6-307,  317. 
318. 

Imperatores  romani  ;  v.  Ber- 
nard Gui. 

Impérial  (Francisco),  lxxiii, 
lxxvi,  308. 

Infantado  (Diego  Ilurtado  de 
Mendoza,  premier  duc  de  1'), 

XXXIII,     XXXVI,      XLIII,     LI,     XC, 

393,  403,  460. 

Infantado  (Inigo  Lôpez  de  Men- 
doza, quatrième  duc  de  T), 
lvii,  xc,  préface  de  son  Mé- 
morial de  cosas  notables, 
465-467. 

Infantado  (Pedro  Alcântara  de 
Toledo,  treizième  duc  de  1'), 

XI. 

Inglés  (Jorge),  lvi,  lvii. 
Innocent   III   (Pape)   Liber  de 

vilitate   conditionis   humane, 

en  castillan,  199-200. 
Innocent  VII,  9. 
Ion  ;  v.  Platon. 
Isabelle  de  Portugal   (Reine  de 

Castille),  xlii,  xliv,  lxxx. 


Janer  (Florencio),  387. 
Jean  I  (Roi  d'Aragon),  20,  21, 
22,  93,  94. 


TABLE    DES    MATIERES 


487 


Jean  I(Roi  de  Castille),  133. 
Jean  II  (Roi  deCastilley,  xxvm, 

XXX,  XXXI,  XXXII,  xxxvi, 
XXXVII,  XXXVIII,  XXXIX.  XL, 
XLI,  XLII,  XLIII,  XLIV.  XLV, 
LXXIII,    LXXVIII,    LXXXV,   LXXX- 

vni,  2,  3,  71,   82,  125,  126, 
127,  341,  362. 
Jean    II   (Roi   de   Navarre    et 
d'Aragon),  xxix,    xxx,  xxxv, 

XXXIX,   XL,   XLI,   XLIII,   XLV,  89, 

90. 

Jean  (Fils  des  rois  Catholiques), 
67. 

Jean  Chrysostome  ;  v.  Saint 
Jean  Chrysostome. 

Jérôme  ;  v.  Saint  Jérôme. 

Johan  Lorenzo,  387. 

Joseph  (Rabbin),  élève  de  Maï- 
monide  à  qui  ce  dernier  a 
dédié  son  Guide  des  égarés, 
429;  Dédicace  de  Maïmonide 
à  Rabbi  Joseph,  434-436. 

Juego  de  Claudio  enperador; 
v.  Ludus  de  morte  Claudii. 

Julius  (Nikolaus  Heinrich),312. 

Justin,  Abrégé  de  Troc/ ne  Pom- 
pée, en  castillan,  92-94. 

Justinien,  Abrégé  du  Corpus 
juris  civilis,  en  castillan,  187- 
189. 

Juvénal,  xvm,  312. 


Kaufmann  (David),  443. 
Knust  (Heinrich  Friedrich),  xc. 


Labyrinthe  d'amour,  titre  donné 
par  le  traducteur  castillan 
aux  Questions  d'amour  de 
Boccace,  350. 

Lactance,  47. 


Lactancio;  v,  Lactance. 

Lançalao  Polono,  346. 

Lancia  (Andréa),  62,  91,144; 
—  Pistola  fatta  inpersonadi 
Lucillo,  en  italien,  106, 111;  — 
Version  italienne  des  Mémo- 
rabilia  de  Valère-Maxime 
qui  lui  est  attribuée,  133. 

Landino  (Cristoforo),  son  com- 
mentaire de  YEnfer  et  du 
Purgatoire  de  Dante  traduit 
en  castillan,  319. 

Lanfranc,  Chirurgia  magna  et 
parva,  en  valencien,  207-208. 

La  Serna  Santander  (Charles), 
349. 

Latassa,  134. 

Latini  (Brunetto),  Livre  VI  du 
Trésor,  en  italien.  30,  31  ;  — 
Livre  III  du  Trésor,  en 
catalan,  380,  381  ;  —  Tra- 
duction castillane  du  Trésor, 
381. 

Legenda  aurea;  v.  Varagine. 

Léo  (L'archiprêtre),  traducteur 
de  l' Historia  de  praeliis.  55. 

Lettre  à  Alvaro  de  Lima  et  à 
son  frère  V archevêque  de  To- 
lède ;  v.  Pimentel. 

Lettre  de  Frédéric  III,  empe- 
reur des  Romains,  à  Charles 
VII,  roi  de  France  ;  v. 
Frédéric  III. 

Lettre  de  Juan  Rodriguez  del 
Padron;  v.  Padrôn. 

Lettre  de  Plut  arque  à  Trajan  ; 
v.  Plutarque. 

Lettre  de  Publius  Lentulus  au 
sénat  de  Rome  en  latin,  58; 
en  castillan,  361,  363. 

Lettre  d'amour,  en  catalan,  380, 
382. 

Lettre   des   rois   catholiques  à 


488 


BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


\r((lci'<i  et  Béponse  à   la  dite 

lettre  ;  v.  Valern. 
Lettres  envoyées  pç,r  les  (/(unes 

à  Alain;  v.  Chartier. 
Lettres  de  Léonard    Arét/n;v. 

Bruni. 

Ley  sobre  los  carte  les,  en  cas- 
tillan, 226,  228. 
Liber  arabum  ;  v.  Tolède. 
Liber  de  gestis  Alexandri  Ma- 

cedonis ;  v.  Historia  de  prae- 

liis. 
Liber  de  montibus  ;  v.  Boccace. 
Liber     de    vilitate    condition is 

humane ;  v.  Innocent  III. 
Libri  in  evangelium  sancti  Mat- 

thei;v.  Saint  Jean  Chrysos- 

tome. 
Libro  de  Alexandre  ;  v.  Berceo. 
Libro  del  caballero  de  Dios,  en 

castillan,  388-389. 
Libro  de  los  enperadores   (El); 

v.  Heredia. 
Libro  de  los  f échos  et  conquis- 
tas  del  principado  de  la  Mo- 

rea  (El);  v.  Heredia. 
Libro  délia  cita  civile;  v.    Pal- 

mieri. 
Liesse;  v.  Roman   de  Liesse  et 

Cardenois. 
Lire  (Nicolas  de),  Postillae per- 

petuae  in  universa  Biblia,  en 

castillan,  215-225. 
Lisiard  de  Tours  (?),    Historia 

hierosolymitana  (pars  segun- 

da),  en  latin,  196-197. 
Loaysa  (Juan  de),  115. 
Longiano  (Fausto  da),  61,   62. 
Lopez  (Augustin),  186. 
Lopez  de  lieta  (Agustin),  186. 
Lorris  (Guillaume  de),  lxxiii. 
Lorris  (Guillaume  de)  et  Meun 

(Jean  de),  Roman  de  la  Rose, 


en    français,  368,  369,  3701 
Los  Rios  (Demetrio  de),  lvii. 
Los   Rios    (José   Amador   de), 

XII,  XIV,  XXXIII,  XXXVI,  XXXVII, 
XLIII,     LV,     LVII,      LXIII,     LXXII, 

lxxv,  lxxxvii,  xc  ;  —  20,  48, 
80,89.90,  106,  114,126,  127, 

129,  130,  137,  138,  139,  140, 
166,  169,  170,  171,  172,  173, 
177,  183,  184,  185,  203,  249, 
261,  264,  265,  266,  268,  278, 
284,  286,  311,333,  342,  350, 
351,353,383,  390,406. 

Los  Uios  (Vicente  de),  181. 

Luarico,  447. 

Lucain,  125  ;  —  Pin  usa  le,  en 
latin,  136-137;  en  italien,  138- 
139  ;  en  castillan,  139-140. 

Lucena  (Juan  de),  xlvii,  l,  lxi, 

LXIII,      LXVI,       LXXII,      LXXXVI, 

lxxxvii,  9  ;  —  T  rat  ado  de 
los  gualardones,  en  castil- 
lan, 226,  229-230. 

Lucena  (Martin  de),  traduit  en 
castillan,  les  Évangiles  et  les 
Epitres  de  Saint- Paul,  237- 
239. 

Lucrèce  (  Déclamations  de  )  ; 
v.  Salutato. 

Lucrecia  ;  v.  Lucrèce. 

Ludernopoli  ;  v.Tuclernopoli. 

Ludervopoli  ;  v.  Tudernopoli. 

Ludovicus  Bachalareus;  sa  ver- 
sion castillane  du  De  insigniis 
et  armis  de  Barthole  semble 
adressée  au  marquis  de  San- 
tillane,  lxvi,  227,  231-233. 

Ludus  de  morte  Claudii;\.  Sé- 
nèque. 

Lull  (Raymond),  Els  cent  noms 
de  Deu,  en  catalan,  385;  Ho- 
ras  de  nostra  dona  Sancta 
Maria,  en  catalan,  385. 


TABLE    DES    MATIERES 


489 


Luna  (Alvaro   de),  xxvi,   xxx, 

XXXIII,  XXXVI,  XXXIX,  XL, 
XLI,  XLII,  XLI1I,  XLIV,  XLV,  L, 
LXXVII1,  LXXIX,   LXXX,  379. 

Luna  (Brianda  de),  xxxvi. 


Macabeo  (El)  ;  v.  Lucena  (Mar- 
tin de). 

Madrigal  (Alfonso  de),  lxxxiv  ; 
—  Traduit  en  castillan  la 
Chronique  universelle  d'Eu- 
sèbe,  40  ;  —  Préface  à  sa  tra- 
duction de  la  Chronique  uni- 
verselle d'Eusèbe  et  de  son 
commentaire,  41-42;  —  Son 
commentaire  de  la  Chronique 
universelle  d'Eusèbe,  46-48. 

Mai  (Angelo),  449. 

Maïmonide,  extraits  de  la  ver- 
sion castillane  du  Guide  des 
égarés,  434-443;  —  More  Ne- 
buchim,  en  castillan,  428-444. 

Malatesta  (Gismondo  Pandolfo), 
364,  365. 

Manelli  (Lucas),  125. 

Manetti  (Giannozzo),  Orazione 
di  messer  Giannozzo  Manetti 
al  signor  messe?'  Gismondo 
Pandolfo  de  Malatesti,  en 
castillan,  364-365,  372,450;— 
449, 451, 454, 455, 456,  457  ;  — 
Préface  de  son  De  illustribus 
longaevis.   en  latin,  455-457. 

Manrique  (Diego),  xxxiv. 

Manrique    (Gômez),    xlix,    lv, 

lxi,  LXII,  LXXVI. 

Mansion  (Colard),  86. 
Mappemonde  [La]  ;  v.  Pierre. 
Mariana  (Juan  de),  lxxxviii. 
Marie  d'Aragon  (Reine  de  Cas- 
tille),  XXIX,  XXXIX,  XL. 


Martin  î    (Roi    d'Aragon),    93, 

94,  189. 
Martin    de     Braga  ;    v.     Saint 

Martin  de  Braga. 
Martin   (Domingo    de   Garcia), 

traducteur  aragonais  des  His- 
toires de  Paul  Orose,  168, 171, 

172,  173. 
Martinez    Aîiibarro    y    Rives, 

313. 
Martinez  del  Puerto  (Alonso), 

219,  220,  221,  222,  223,  224, 

225. 
Martinez  Salazar  (Andrés),  263, 

264. 
Martinez  de   Toledo  (Alfonso), 

350. 
Martins  (Fernan),  261,  262. 
Masealcie  equorum  ;  v.  Ruffo. 
Massô   Torrents  (J.),  268,  382, 

404,  420. 
Mayans  y  Siscar  (Gregorio),  xc. 
Maxime  (Marius),  une  maxime 

en  castillan,  119. 
Max  it  ne  s    morales,    en    castil- 
lan, 226,  230. 
Mazzuchelli,  341. 
Medici  (Bernardo  de'),  365. 
Médina  (Pedro  de),  128,  129. 
Médina  de  Mendoza  (Francisco 

de),  lv,  lxxxiv. 
Mehus  50,  53,  362,  363,  454. 
Memorabilia  ;  v.  Valère-Maxi- 

me. 
Mémorial  de    cosas    notables; 

v.   Infantado  (Quatrième  duc 

del'). 
Mena  (Juan  de),  xlvi,  xlvil  li, 

lviii,  lxi,  lxii;  —  Copias,  en 

castillan,  402,  403. 
Mendez-Hidalgo,  131,  148,182, 

211,  346,347,349,425. 
Mendoza   (Diego   Hurtado  de), 


490 


BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE  BANTILLANE 


amiral  de  Castille,  xxiu,  xxv, 

XXVII. 

Mendoza   (Diego  Ilurtado  do)  ; 

v.  Cenete. 
Mendoza   (Diego  Ilurtado  de); 

v.  Infantado  (Premier  duc  de 

n. 

Mendoza  (Elvira  de),  xxvn. 
Mendoza  (Garcia  de),  xxm. 
Mendoza     (Ifiigo     Lopez    de); 

v.  Infantado. 
Mendoza     (Inigo     Lopez    de)  î 

v.  Santillane. 
Mendoza  (Juan),  27C. 
Mendoza  (Pedro  Gonzalez  de), 

XXIV,  XL1X,  LI,  LV,  LVIII, 
LXII,         LXIII,       LXV,        LXXXIV, 

lxxxvii,  lxxxviii,  xei  ;  —  2, 
Préface  de  sa  version  castilla- 
ne de  Y  Iliade,  3-7;  —  452,  453. 

Mendoza  (Ruy  Diaz  de),  xxxi, 

Menéndez  y  Pelayo  (Marcelino) 
vu,  xv  xx,  xxi,  xxxiv,  LXIII, 
lxxi,  9, 83, 101, 184,  264,  265. 
266,  270,  286,  364.  413,  448, 
452. 

Menéndez  Pidal  (Ramôn),  xv, 
xxi,  392,  395,  399,  400, 

Mestica  (Giovanni),  276. 

Meun  (Jean  de),  lxxiii  ;  —  Le 
Testament y  en  français,  368- 
369  ;  —  Traité  des  sept  articles 
de  la  foi,  en  français,  368,  369; 
v.  Lorris. 

Meyer(Paul),  55,  100. 

Michelant  (Henri),  389. 

Milâ  y  Fontanals  (Manuel), 
lxxvi,  269. 

Mino  di  Vanni  (Dietaiuve),  276. 

Miranda  (Comte  de),  395. 

Mires   Roderico  de),  456. 

Molin  (Girolaino),  91. 

Molinier  (Auguste),  196,  197. 


Moliâ   Père),  125. 

Mondéjar  (Gaspar  I  banez  de  Se- 

govia  y  Peralta,  marquis  de  - 

392. 

Monod  (Gabriel),  ix. 

Montalvo  (Luis  Galvez  de),  xc 

Montemagno;  v.  Bonacorso  da 
Montemagno. 

Morale  à  Nicomaque  ;  v.  Aris- 
tote. 

Morales  (Ambrosio  de),  185. 

Morales  de  Ovidio  ;  v.  Berçuire. 

Morales  sobre  Job  ;  v.  Saint- 
Grégoire. 

Morejôn,  208. 

Morel-Fatio  (Alfred),  vu,  ix,  xi, 

XIV,    XX,    LXIII,     LXXV,    LXXXV, 

1,  2,  3,  7,  9,  20,  61,  89, 
125,  126,134,189,  328,341, 
342,  343,  347,  364,  381,  387, 
389,  403,  406,  407,  408,  410, 
412,  425,  449,  450.  45l, 
469. 

More  Nebuchim  ;  v.  Maïmonide. 

Morillo,  32. 

Morpurgo  (Salomone),  21,  276. 

Mourelo  (José  Rodriguez),  447. 

Mùller  (Hermann),  11. 

Muîioz  Garcia  (Jorje),  270. 

Mussafia  (Adolfo),  266,  270. 


Navarre  (Blanche  de),  xxxix. 
Navarro  (Felipe  Benicio),  286. 
Navas  (Comte  de  las),  xx. 
Nicias,  18. 
Nicolas    v     (Pape),      lxxxvii, 

lxxxviii,  20,  39,  52,  54. 
Ninfale  d'Ameto;  v.  Boccace. 
Notule  supra  cyrurgiam  magis- 

tri    Rogerii;    v.    Roland    de 

Parme. 
Novati  (Francesco),  469. 


TABLE    DES    MATIÈRES 


491 


Novello  (Giliola  di  Francesco), 

321. 
Noya;  v.  Vidal. 


Ocampo  (Florian  de),  392,  400. 

Ochoa  (Eugenio  de);  89. 

Olmo  (Isidro  del),  xvi. 

Omont  (Henri),  109. 

Oracion  al  sehor  Sigismundo 
Panclolfo  de  Malatestis;  v. 
Orazione  di  Messer  Gian- 
nozzo  Manetti  etc. 

Orationes  ;v.  Cicéron. 

Orazione  di  messer  Giannozzo 
Manetti  al  signor  messer 
Gismondo  Pandolfo  de'  Ma- 
latesti;  v.  Manetti. 

Orazioni\Y.  Porcari  et  Bona- 
corso. 

Orden  de  la  cav aller ia  (De  la)  ; 
v.  De  Militia. 

Ordenacion  de  bat  allas,  en  cas- 
tillan, 226,  229. 

Ordenamiento  de  Alcalâ,  en 
castillan,  416-417. 

Ordonnances,  416-420. 

Orose  (Paul),  xxxvm;  Histo- 
riarum  adversus  paganos 
libri  vu,  en  latin,  166;  en  cas- 
tillan, 166-167;  en  aragonais, 
167-173  ,  —  Extraits  de  la  ver- 
sion aragonaise  de  Paul  Oro- 
se, 169- 170  ;  —  Traducteurs 
et  traductions  de  Paul  Orose 
en  Espagne  170-173. 

Osuna  (Pedro  de  Alcantara 
Tellez  Giron,  neuvième  duc 
d'),  xiv. 

Osuna  (Pedro  Tellez  Giron, 
onzième  duc  d'),  xi. 

Ovide,  lxxxiv,  xci,  48,  186; 
v.  Ber cuire. 


Pacheco  (Juan);  v.  Villena 
(Marquis  de). 

Padrôn  (Juan  Rodriguez  del), 
La  caclira  de  honor,  en  cas- 
tillan, 226,  227,  230  ;  —  Une 
lettre,  en  castillan,  226,  227, 
230. 

Paez,  404. 

Paitoni  (Iacopo  Maria),  61. 

Palladius,  De  re  rustica,en  cas- 
tillan, 152-159, 

Pallavicino  (Jérôme),  61. 

Palmerola  (Pedro  de),  167,  172, 
173. 

Palmieri  (Matteo),  Libro  délia 
vita  civile,  en  italien,  356. 

Panciatichi,  107,  108. 

Panda  (Pedro  de  la),  sa  traduc- 
tion castillane  du  De  militia 
de  Leonardo  Bruni,  dédiée  à 
Rodrigo  Manrique,  comte  de 
Paredes,  113-114,  363. 

Panormita  (Antonio),  127. 

Papias,  Elementa  vocabulorum, 
en  latin,  194-195. 

Paradis  de  Dante,  chants  I  et 
II,  version  castillane  anony- 
me ;  v.  Fernândez  de  Villegas. 

Pardo  (Aznar),  Chanson,  en 
catalan,  380,381. 

Paredes  (Alfonso  de),  381. 

Paris  (Gaston)  ix,  87. 

Parodi  (Ernesto  Giacomo), 
138,  303. 

Paz  y  Mélia  (Antonio),  xm.  xx, 

XXVI,    XXXVI,   XLVIII,    XLIX,    L, 
LIV,      LVI,        LXI,       LXII,      LXVII, 

lxxxvii,  9,  184,230,261,389. 
Pedro,  Infant  de  Portugal,  duc 

de  Coïmbre,  xliii. 
Pedro,  Connétable  de  Portugal, 

XXV,     XLIII,  LXIII,  LXX,    LXXIV, 

125. 


492 


ÏMBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANTILLANE 


Pellicer  (Juan  Antonio),  48,  67, 
134,  141),  1*5,  286. 

Pëloponèse  (Histoire  de  la 
guerre  du)  ;  v.  Thucydide. 

Pena,  324. 

P^iiafiel  (Pedro  de  Alcantara 
Tellez  Giron  marquis  de)  ;  v. 
Telle/  Giron. 

Perez  Bayer  (Francisco)  ;  v. 
Antonio  Bayer. 

Perez  de  Caceres  (Alfonso),  431. 

Pérez  Pastor  (Cristôbal),  67. 

Perez  Ramirez  (Antonio),  186. 

Perse,  xvm. 

Petit  codicille  du  Testament 
(Le)  ;  v.  Meun. 

Pétrarque,  lxxii,  lxxv,  lxxvii, 
86,  315,  353  ;  —  Sonnet  en 
italien  et  en  castillan,  275  « 
276,  326  ;  —  De  vlta  solltarla, 
en  castillan,  323-326;  —  De 
remediis  uriusqùe  fortunae, 
en  italien,  321-322;  —  De 
viris  Illustrions,  en  italien, 
320-321  ;  —  Sonettl  e  canzonl, 
en  italien,  321  ;  —  Vie  de 
Pétrarque;  v.  Bruni. 

Pétri  dei  Filipetri  (Riccardo), 
105,  107,  109,  111,  120,  127. 

Pharsale\  v.  Lucain. 

Phéclon;  v.  Platon. 

Philippe  (Prince  d'Espagne), 
100. 

Philippe  II  (Roi  d'Espagne); 
v.  Philippe,  prince  d'Es- 
pagne. 

Philippe  III,  le  Hardi  (Roi  de 
France),  210. 

Philippe  IV,  le  Bel  (Roi  de 
France),  210. 

Philippe  VI,  de  Valois  (Roi  de 
France),    manuscrit    des  oeu 
vres  de  Bernard  Gui  offert  au 


roi  par  Tante  ur  en  L331 ,  213- 

211. 

Philippo  Maria  ;  v.  Visconti. 

Philostrato;  v.  Boccace. 

Piccolomini  (Aeneas  Sylvius); 
v.  Pie  II. 

Pie  II  (Pape),  lxxxviii,  11. 

Pierre.  La  Mappemonde \  en 
français,  366. 

Pierre  le  Mangeur,  Historia 
scblastica,  en  latin,  198. 

Pimentel  Alfonso  de);  v. 
Benavente  (troisième  comte 
de). 

Pimentel  (Maria  Josefa)  ;  v. 
Benavente  (douzième  com- 
tesse de). 

Pimentel  (Rodrigo  Alfonso)  ;  v. 
Benavente  (deuxième  comte 
de). 

Plstola  fatta  In  persona  dl 
Luclllo  ;  v.  Lancia. 

Placencia  (Comte  de),  xliii. 

Plainte  d'amour,  en  catalan, 
380,  382. 

Platon,  lxxviii,  lxxxiv  ;  —  P//e- 
don,  en  castillan,  8-9  ;  — 
Axtocus,  en  castillan,  g,  15, 
340-342;  —  Ion,  en  castillan. 
15. 

Pline  l'ancien,  Historia  natu- 
ralisa en  latin,  145. 

Plutarque,  lxxxv  ;  —  I^es  vies 
des  hommes  illustres,  en  ara- 
gonais,  19; — Les  vies  des  hom- 
mes Illustres  en  italien,  21  ;  — 
De  nobllitate  ;  v.  Bonacorso 
da  Montemagno  et  Decembri 
(A);  — Lettre  à  Trajan,  en 
castillan,  119,  149. 

Poggio  Bracciolini  ( G ian- Fran- 
cisco) 362. 

Polono  ;  v.  Stanislao. 


TABLE    DES    MATIERES 


493 


Polybe,  l;  —  Commentaires  sur 
lapremière guerre  punique,  en 

italien,  37-38. 
Pons   de  Icart  (Luis),  347,  351. 
Porcari  (Stefano)  Orazioni,   en 

italien,  329,  331. 
Portai,  206. 
Postillae  perpctuae  in  universa 

biblia\  v.Lire. 
Postumo (Nicole)  ;  v.  Correggio. 
Prades    (Violante    dej,    xxxv, 

lxxv-lxxvi. 
Primera   Crônica  General;   v. 

Alphonse  le  Savant. 
Procope,  l. 

Prophéties  de  l'Ancien   Testa- 
ment ;  v.  Bible. 
Prosper,  43. 
Prospero;  v.  Prosper. 
Proverbia  ;  v.  Sénèque. 
Providencia  contra  fortuna  ;  v . 

Valera. 
Pseudo-Callisthènes  ;    v.    His- 

toria  de  praeliis. 
Pulgar    (Fernando  de),  xxxm, 

XLVJII,  XLIX,   L,  LI,   LVII,  LX. 

Purgatoire  de  Dante,    version 
castillane  anonyme,  313-316. 


Quadrado  (José  Maria),  lvii. 
Quadrilogue  invectif  \  v.  Char- 

tier. 
Questioni  cVamore  ;  v.  Boccace. 
Quétif  et  Echard,  21. 
Quinte-Curce,  Historia  Alexan- 

dri  Magni,  en  castillan,  146- 

149. 
Quintillien.    Déclamations,    en 

italien,  143-144. 
Quinones  (Pedro  de),  xlii. 
Quinones  (Suero  de),  xlii. 
Quixada  ;  v.  Venegas» 


Quod  nemo  ledit ur  nisi  a  semet 
ipso  ;  v.  Saint  Jean  Chrysos- 
tome. 


Rajna  (Pio),  303,  350. 

Raymond  de  Pennafort  ;  v. 
Saint  Raymond. 

Rayon  (S'ancho),  348. 

Razzolini  (Luigi),  320. 

Real  de  Manzanares  (comte  du)  ; 
v.  Santillane. 

Reductorium  ;  v.  Berçuire. 

Refundiciôn  de  la  Crônica  de 
1344,  en  castillan. 

Requête  baillée  aux  clames 
contre  Alain-,  v.  Chartier. 

Rieti  (Thomas  de),  Epitaphium 
Enici  Lupi,  en  latin,  468-469. 

Rios  (Amador  de  los)  ;  v.  Los 
Ri  os. 

Robles  (Pedro  de),  465. 

Rocamora  (José  Maria),  xm, 
xiv,  138,  169,  266,  351, 
398. 

Rocha  (Pedro),  traduit  en  cas- 
tillan l&Fiammetta  et  le  Cor- 
baccio  de  Boccace,  347,  348, 
351. 

Rodrigue  de  Tolède,  49  ;  — 
Historia  gothica,  en  latin, 
390  ;  —  Chronicapontiflcumet 
imperatorum  romanonun,  en 
latin, 390-391  ;  — Historia  ro- 
manorum,  en  latin,  390-391; 

—  Historia  hunnorum,  van- 
dalorum  et  suevorum,en  latin, 
390,  391  ;  —  Historia  ostro- 
gothorum,  en  latin,  390,  391  ; 

—  Liber  arabum,  en  latin, 
390,  391. 

Rodriguez  (Gregorio),  119. 
Rodriguez  (Manuel  R.j,  264. 


494 


BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


RodriguezdeArellano(Vicente), 
186. 

Roger  (Maître)  ;   v.  Roland  de 

Parme. 
Roland   de    Parme  (?),  Notule 

supra    cyrurgiam    magistri 

Rogerii,  en  latin,  206. 
Roman  de  Liesse  et  Cardenois, 

en  français,  380-381. 
Roman  de  la  Rose;    v.    Lorris 

et  Meun. 
Rubio  y  Lluch   (Antonio),  20, 

21.  93,  125,  130. 
Ruffo     (Giordano),     Mascalcie 

equorum,  en  italien,  90-51. 

Saez  (Liciniano),   xv,  349,  443, 

Saint-Ambroise,  Oeuvres  mo- 
rales, en  castillan,  162. 

Saint  André,  lui. 

Satnt  Augustin,  322;  —  De 
beata  vita,  en  castillan,  8, 
165.  —  Epistolae  beati  Au- 
gustini  ad  Bonifacium  co- 
mitem  et  Bonifacii  ad  Au- 
gustinum,  en  latin,  106;  en 
castillan,  119;  —  Sermons, 
en  latin,  163  ;  —  De  vita 
christiana,  en  italien,  164; 
—  Confessions,  en  italien, 
164-165. 

Saint  Basile,  lxxxv  ;  —  Ho- 
milia  :  Attende  tibi  ipsi, 
en  castillan,  68,71-72;  —  De 
liberalibus  studiis,  en  castil- 
lan 340,  341  ;  —  Préface  du 
traducteur  342-343. 

Saint  Bernard,  Epistola  ad 
Raymundum,  en  castillan  68^ 
73.' 

Saint  Bernadin,  de  Sienne,  lui. 

Saint  Christophe,  lui. 


Saint  Grégoire,  Morales  sobre. 
Job,  en  castillan,  190-193. 

Saint  Isidore  de  Séville,  xc< 

Saint  Jean  Chrysostome,  Ser- 
moues  contra  Anomios,  en 
latin,  49  50;  Quod  nemo 
leditur  nisi  a  se  m  ci  /jjso.  en 
latin,  50;  — Ad  Selechium,  de 
compunctione,  en  latin,  50;  — 
Ad  Demetrium,  de  compunc- 
tione,en  latin,  50; — J)e  repa- 
ratione  lapsi,  en  latin,  50;  — 
Eœpositio  super  evangelium 
beati  MatJtei,  en  latin,  50-51  ; 
— Epistola  de  lapsi  s,  en  latin. 
50,51-52; —  De  Deiprori- 
dentia,  en  latin,  51  ;  —  Ho- 
milia  super  psahnum  quin- 
quagesimum,  en  latin,  51,  52; 
—  De  pœnitentia ,  en  latin, 
51 ,  52;  —  Libri  in  evangelium 
sancti  Matthei,  en  latin,  53- 
54. 

Saint  Jérôme,  sa  traduction  la- 
tine de  la  Chronique  univer- 
selle d'Eusèbe,traduiteen  cas- 
tillan par  Alonso  de  Madri- 
gal, 40-43;  —  Sa  version  de 
la  Bible  et  ses  préfaces  aux 
livres  de  Y  Ancien  et  du  Nou- 
veau-Testament, 235  246. 

Saint  Martin  de  Braga,  93, 103, 
127. 

Saint  Michel  Archange,  lui. 

Saint  Paul,  lxiv. 

Saint  Pierre  de  Villacreçes,Lin, 

LXXVII. 

Saint  Raymond  de    Pennafort, 

Summa  Raymundi,  en  latin, 

205. 
Saint  Thomas  d'Aquin,    De  re- 

gimine  principum,  en   latin, 

201,  202. 


TABLE    DES    MATIERES 


495 


Saint  Vincent  Ferrer,  lui. 
lxxvii. 

Sainte  Claire,  lui. 

Sainte  More  (Benoît  de),  Ro- 
man de  Troie,  en  castillan, 
259-261;  en  galicien,  261-265. 

Saints  Évangiles  et  les  épitres 
de  Saint -Paul  (Les);  v.  Bi- 
ble. 

Salazar  (Diego  de),  350. 

Salazarde  Mendoza  (Pedro  de), 
lxxxiv,  452. 

Salluste,  xviii,  lxxxiv;  —  De 
conjuratione  Catilinae,  en  cas- 
tillan, 68-69;  —  De  bello  Ju- 
gurthino,  en  castillan,  69. 

Salutato  (Coluccio),  Déclama- 
tions de  Lucrèce,  en  castillan, 
8,10-11;  —322. 

Salvâ(G),  saversionvalencienne 
de  la  Chirurgia  de  Lanfranc, 
207-208. 

Salvâ  y  Malien  (Pedro),  80, 
100,  131,  148,  149,  182,  183, 
185,211,313,  324,  347,  348, 
349,  350. 

Salviati   (Leonardo),  107,   109. 

Salzedo  (Johan  de),  395. 

Samaran  (Charles),  455. 

San  Miniato  (Giovanni  da),  sa 
version  italienne  du  De  reme- 
diis  utriusquefortunae  de  Pé- 
trarque, 321-322. 

Sanche  IV  (Roi  de  Castille), 
128,  129,  381. 

Sanchez  (Melchor),  44,  387. 

Sanchez  (Tomas-Antonio),xLvi, 

LV. 

Sanchez  de  Viana  (Pedro),  186. 

Sansovino,  353. 

Sant  Jordi  (Jordi  de),  Lo  cam- 

biador,  en  catalan  380,  381- 

382. 


Sant  Cristobal  (Fray  Alfonso 
de),  sa  traduction  castillane 
et  son  commentaire  moral  du 
De  re  militari,  dédiés  au  roi 
Henri  IV  de  Castille  75-76;— 
Préface  de  sa  version  cas- 
tillane du  De  re  militari,  dé- 
diée au  roi  Henri,  78,  82-83. 

Santa  Maria  (Alvar  Garcia  de), 
171. 

Santillane  (Inigo  Lopez  de  Men- 
doza, marquis  de),  ses  manu- 
scrits ont  fait  partie  de  la  bi- 
bliothèque de  l'Infantado,  xn; 
—  Il  passe  son  enfance  chez 
Doua  Mencia  de  Cisneros, 
xxiv  ;  —  Il  se  souvient  d'un 
chansonnier  qu'il  a  vu  chez 
sa  grand'mère,  xxv  ;  —  Son 
amitié  pour  le  comte  d'Albe, 
son  cousin,  xxvi  ;  —  Compo- 
sition du  Diàlogo  de  Bias 
contra  Fortuna,  xxvi,  xliii, 
lxxvii  ;  —  Ses  rapports  avec 
Enrique  de  Villena,  xxvii  ;  — 
Son  mariage,  xxvii  ;  —  Sa 
Defunssion  de  Don  Enrique 
de  Villena,  xxviii,  lxxvii;  — 
Homme  d'affaires,  xxviii  ;  — 
Garde  la  frontière  à  Agreda 
et  y  rime  des  Serranillas, 
xxxi  ;  —  Reste  malade  àCor- 
doue  tandis  que  ses  gens 
prennent  une  part  glorieuse 
à  la  bataille  de  Sierra  Elvira, 
xxxii  ;  —  Négocie  une  trêve 
avec  les  infidèles,  xxxii  ;  — 
Sa  mère  meurt  en  1432,  à 
partir  de  ce  moment  il  cesse 
de  s'intituler  seigneur  de  Hita 
et  Buitrago  pour  s'appeler 
seigneur  de  la  Vega,  xxxii, 
xxxiii  ;   —   Hérite    de    biens 


496 


BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


(huis  les  Asturies  de  Santil- 
lane,  xxxm;  —  S'occupe 
d'enrichir  sa  bibliothèque 
xxxm  ;  —  Sa  Pregunta 
de  Nobles,  xxxiv  ;  —  Son 
procès  avec  Diego  Manrique, 
x.wiv  ;  —  Kétes  à  Buitrago 
xxxv  ;  —  La  composition  de 
la  Comedietade  Ponça,  xxxv, 
LXXV,  lxxvi,  lxxvii,  xci  ;  — 
Le  mariage  de  son  fils  Don 
Diego,  xxxv,  xxxvi  ;  —  La 
composition  de  ses  Proverbes, 

XXX VI,     LXXVI,     lxxx-lxxxii  ; 

—  La  prise  de  iluelma  et  de 
Bexix,  xxxvn  ;  —  Fait  exé- 
cuter le  remaniement  d'une 
version  aragonaise  des  His- 
toires de  Paul  Orose,  xxxvm  ; 

—  Rime  pour  la  princesse  Do- 
ua Blanca  une  chanson  et  une 
serranilla,  xxxix  ;  —  La  no- 
blesse le  charge  de  rester  au- 
près de  Jean  II,  durant  l'exil 
du  connétable,  xl;  —  Refuse 
de  céder  Guadalajara  au  prin- 
ce Henri,  xl;  —  S'empare 
d'Alcalà  de  Henares,  xl  ;  — 
Obtient  l'Alcazar  de  Guada- 
lajara et  la  cession  définitive 
des  Asturies  de  Santillane, 
xli  ;  —  La  bataille  d'Olmedo 
vaut  à  I frigo  Lopez  de  Men- 
doza  les  titres  de  marquis  de 
Santillane  et  de  comte  du 
Real  de  Manzanares,  xli  ;  — 
Adresse  une  chanson  à  la 
jeune  reine  Doua  Isabel  de 
Portugal,  xlii  ;  —  Alonso  Ca- 
rillo  de  Acuiïa  et  lui  repren- 
nent la  forteresse  de  Torija, 
xlii  ;  —  Reprend  une  seconde 
l'ois  la  forteresse    de   Torija, 


XLin  ;  —  Composition  de  la 
('aria  al  eondestable,  xlhi, 
lxxi  ;  •  -  Prête  main-forte  au 
Roi  pour  conquérir  les  villes 
et  les  châteaux  d'Alvaro  de 
Lima,  xliv;  —  Campagne 
contre  le-  infidèles,  xlvi  ;  — 
Pèlerinage  à  Notre-Dame  de 
Gùadalupe,  xlvi;  —  Mort  de 
Doua  Catalina  de  Figueroa, 
xlvi;  —  Mort  du  Marquis, 
xlvii  ;  —  Ce  que  dit  de 
lui  Fernando  de  Pulgar,  xlvii 
xlviii,  xlix,  lx  ii ,  lx  ;  —  Ce 
que  dit  de  lui  Juan  de 
Lucena,  xlviii,  lu,  lxi, 
lxvi-lxvii  ;  —  Ce  que  dit 
de  lui  Diego  de  Burgos,  xlviii- 

XLIX,   LVI,    LVIII  LX,   LXXVI  ;     — 

Ce  que  dit  de  lui  Gôméz  Man- 
rique, XLIX,    LV-LVI,    LXI-LXII, 

lxxvi  ;  —  Son  caractère,  son 
honnêteté  littéraire,  sa  vie 
privée,  xlix,  l,  li,  lu  ;  — 
Villançiço  qu'il  dédie  à  ses 
filles,  li-lii  ;  —  Ce  que  dit  de 
lui  Anton  Zorita,  lii-liii,  lvii- 
lviii,  lxvii-lxviii  ;  -  La  reli- 
gion du  Marquis,  ses  vers 
religieux,  ses  pieuses  fonda- 
tions, lui,  liv,  lv  ;  —  Sa 
Canonieaeion,  lui,  lxxvii;  — 
Ajoute  aux  armes  des  Men- 
doza  celles  des  Vega,  liv  ;  — 
Sa  dévotion  à  la  Vierge  et  sa 
devise  Bios  e  Vos,  liv  ;  — 
Son  portrait  et  celui  de  sa 
femme,  exécutés  par  Jorge 
Inglès,  dans  la  chapelle  de 
l'hôpital  de  Buitrago,  lvi, 
lvii  ;  —  Ce  que  Pedro  Gon- 
zalez de  Mendoza  dit  de  sa 
renommée,   lviii  ;   —  Ce  que 


TABLE    DES   MATIÈRES 


497 


Juan  de  Mena  dit  de  lui,  lviii  ; 
--  Ceque  Pedro  Diaz  deToledo 
dit  de  lui,  lx  ;  —  Le  Marquis 
a-t-il  su  le  latin?  lxiii-lxviii; 

—  Le  Marquis  écrit  à  son  fils 
qu'il  ne  sait  pas  le  latin  parce 
qu'il  ne  l'a  pas  appris,  lxv- 
lxvi  ;  —  Ce  que  Ludovicus 
Bachalareus  dit  de  lui,  lxvi  ; 

—  Ce  que  dit  de  lui  Vespa- 
siano  de  Bisticci,   lxvii  ;  — 
Lisait  le  français,  lxviii  ;  — 
Savait    l'italien,    lxviii;    — 
Son  originalité  véritable  est 
dans  le  choix  de  ses  modèles, 
lxx  ;      —     Ses     serranillas, 
lxxi  ;  —  Ses  canciones  e  déci- 
res f  lxxii  ;   —   Ses  Refranes 
que  diçen    las   viejas,   lxxii- 
lxxiii  ;    —   L'influence   pro- 
vençale directe  sur  le  Marquis 
a  été  nulle,  lxxiii  ;  —  Enri- 
que  de  Villena  a  écrit   pour 
lui  YArte  de  trobar,  lxxiii  ;  — 
Influence  de  Dante  sur   lui, 
lxxiv-lxxv  ;  —  Son  Infierno 
de  los  enamorados,  lxxv  ;  — 
Sa    Coronaçion    de    Mossen 
Jordi,  lxxv  ;  —  Ses  Sonetos 
fechos  al  italico  modo  déri- 
vent de  la  Vie  Nouvelle,  au- 
tant que  des  sonnets  de  Pé- 
trarque, lxxv;  —  On  lui  doit 
l'importation  en  Espagne  de 
l'hendécasyllabe  italien  et  du 
sonnet,  lxxv,  lxxvi  ;   —  Son 
Triunphete  de  Amor,  lxx  vu  ; 
—  Composition  du  Doctrinal 
de   Privados,    xliv,    lxxvii, 
lxxviii  ;  —  Le  premier  Doc- 
trinal de    Privados,    lxxix- 
lxxx  ;    —    Originalité  de    sa 
bibliothèque,  lxxxiii  ;  —  Bi- 


bliophile, lxxxiii  ;  —  Pedro 
Gonzalez  de  Mendoza  n'a  pas 
traduit    pour    son    père    les 
œuvres   dont  ses  biographes 
lui     attribuent     la     version, 
lxxxiv;  —  C'est  Alonso  de 
Cartagena  qui  a  mis  le  Mar- 
quis en  rapport  avec  les  hu- 
manistes italiens,  lxxxv;  — 
Son   enthousiasme   pour   les 
nouveautés  littéraires,  lxxxv- 
lxxxvi  ;  —  Nuno  de  Guzman 
fut    son     agent     en     Italie, 
lxxxvi  ;    —    Fait   venir    des 
livres      d'Italie.      lxxxvii- 
lxxxvui  ;    —   Ses  achats  de 
manuscrits,    lxxxix  ;    —  In- 
cendie de  la  bibliothèque  de 
l'Infantado,  en  1702,   pertes 
que  l'on  doit  peut-être  à  ce 
désastre,  xc-xci;   —  Scrupu- 
leux dans  l'indication  de  ses 
sources,  xci;    —  Traduction 
de  Y  Iliade  faite  pour  lui  par 
son  fils    Pedro   Gonzalez  de 
Mendoza,  1  ;   —  Pedro  Diaz 
de  Toledo  traduit  pour  lui  le 
Phédon,  8;  —  Les  manuscrits 
de   Heredia    conservés  dans 
la     collection     Osuna,      ont 
dû   appartenir  à  Santillane, 
16,  19-20  ;  —  Alonso  de  Ma- 
drigal traduit  à  sa  prière  la 
Chronique  universelle  d'Eu- 
sèbe  et  son  commentaire,  40  ; 
—  Les  Sermones  contra  Ano- 
mios  de  Saint-Jean  Chrysos- 
tome,    traduits   en  latin   par 
Ambrogio    Traversari,    por- 
tent ses  armes,  49  ;  —  La  ver- 
sion italienne  du  De  officiis, 
du  De  amicitia,  du  De  para- 
doxes et  du  De  Senectute   de 


32 


498 


Mim.IOTHEQUE   DU    MARQUIS    DE    SANTÏLLANE 


Cicéron  qu'il  a  fait  faire  à 
Florence,  59-60  ;  —  Corne- 
dieta  de  Ponça,  en  castillan, 
68,  72  ;  —  Martin  de  Avila 
traduit  pour  lui  une  harangue 
latine  de  l'ambassadeur  des 
ducs  de  Bourgogne,  auprès 
du  roi  Alphonse  V  de  Portu- 
gal, 75;  —  U  Enéide  de  Vir- 
gile traduite  à  sa  prière  par 
Enrique  de  Villena,  90  ;  — 
Son  Tite-Live,  97-98  ;  —  Son 
manuscrit  des  Epistolae  ad 
Lucilium  et  du  De  providen- 
tia  de  Sénèque,  en  italien, 
104-111  ;  —  Angelo  Decembri 
lui  dédie  sa  version  italienne 
du  De  nobilitate  de  Bonac- 
corso  de  Montemagno,  114- 
115,  117-118;  —  Son  manu- 
scrit de  la  Pharsale  de  Lucain 
en  italien,  138  ;  —  Son  ma- 
nuscrit du  De  vit  a  chris- 
tiana  de  saint  Augustin,  en 
italien,  164  ;  —  Son  manu- 
scrit des  Confessions  de  saint 
Augustin,  en  italien,  164-165  ; 
—  Son  manuscrit  des  His- 
toires de  Paul  Orose,  en 
castillan, 166-167  ;  —Son ma- 
nuscrit du  De  regimineprin- 
cipum,  de  Gilles  de  Rome,  en 
latin,  d'après  Amador  de  los 
Rios,  203-204,  211  ;  —  Ludo- 
vicus  Bachalareus  s'adresse  à 
lui  dans  sa  préface  de  la  ver- 
sion castillane  du  De  insi- 
f/niis  et  armis  231-233  ;  — 
Récit  de  son  élévation  au 
marquisat  233-234  ;  —  Mar- 
tin de  Lucena,  surnommé  El 
Machabeo,  traduit  pour  lui 
les  Evangiles  et  les   Epitres 


de  saint  Paul,  en  castillan. 
237-239;  —  Son  manuscrit 
italien  de  la  Divine  Comédie 
avec  la  version  castillane  de 
Villena,  275-303,  318  ;  —  Son 
médecin  Martin  Gonzalez  de 
Lucena  traduit  pour  lui  le 
commentaire  de  Benvenuto 
da  Imola  au  Purgatoire  de 
Dante,  306-307  ;  —  Le  mar- 
quis dantologue,  308  ;  —  Son 
manuscrit  de  la  Fiammetta 
de  Boccace,  en  italien,  327  ; 
—  Son  manuscrit  du  Cor- 
baccio  de  Boccace,  en  italien, 
328-329  ;  —  Son  manuscrit 
du  De  viris  illustribus  de  Pé- 
trarque, en  italien,  320  ;  — 
Son  manuscrit  du  De  renie- 
diis  utriusque  fortunae  de 
Pétrarque,  traduit  en  italien, 
par  frère  Giovanni  da  San 
Miniato,  321-322;  —  Son 
manuscrit  du  Philostrato  de 
Boccace,  en  italien,  328  ;  — 
Raisons  qu'il  y  a  de  croire 
que  le  De  Genealogia  Deo- 
rum  de  Boccace  a  été  traduit 
pour  lui  en  castillan  334  ;  — 
Son  manuscrit  du  Liber  de 
montibus  de  Boccace,  en  cas- 
tillan, 340;  —  Pedro  Diaz  de 
Toledo  traduit  pour  lui 
VAxiocus,  340;  — La  version 
castillane  de  l'homélie  De 
liberalibus  studiis  de  saint 
Basile  lui  est  dédiée,  342- 
343  ;  —  Son  manuscrit  du 
Libro  délia  vita  civile  de 
Matteo  Palmieri,  en  italien, 
356  ;  —  Martin  de  Avila  tra- 
duit pour  lui  en  castillan  la 
Comparatione  di  Caio  Iulio 


TABLE    DES    MATIÈRES 


4Ô9 


Cesare  et  d'Alexandre*  ma- 
gno  de  Pietro  Candido  Decem- 
bri,  360;  —  Son  manuscrit 
des  Lettres  de  Léonard  Aré- 
tin,  en  castillan,  361, 362-363; 

—  Son  manuscrit  du  De  mi- 
Ut la  de  Leonardo  Bruni,  en 
castillan,  361-362,  363  ;  — 
Son  manuscrit  de  la  Lettre  de 
Publius  Lentulus  au  sénat  de 
Borne,  en  castillan  361,  363  ; 

—  Traduction  castillane  de 
YOrazione  di  messer  Gian- 
nozzo  al  signor  messer  Gis- 
mondo  Pandolfo  de  Malatesti 
faite  par  Nuno  de  Guzman  à 
la  prière  du  marquis  de  San- 
tillane,  364-365,  372;  —  La 
version  castillane  du  Qua- 
drilogue  invectif  (El  Qua- 
drilogo  inventivo)  a-t-elle  été 
faite  pour  le  marquis  de  San- 
tillane?  372;  —  Manuscrit 
français  de  Y  Arbre  des  ba- 
tailles, d'Honoré  Bonnet,  relié 
pour  lui,  373-374  ;  —  Anton 
Zorita  traduit  pour  lui  en  cas- 
tillan Y  Arbre  des  batailles, 
d'Honoré  Bonnet,  374,  378, 
379  ;  —  Manuscrit  des  œu- 
vres de  Rodrigue  de  Tolède, 
en  latin,  recouvert  de  la  re- 
liure du  marquis  de  San- 
tillane  390-391  ;  —  Son  ma- 
nuscrit de  l&Primera  Crônica 
General,  391-392  ;  —  Notice 
sur  un  manuscrit  perdu  de  la 
Crônica  General  qui,  d'après 
Mondéjar  et  Zurita,  apparte- 
nait au  marquis  de  Santillane, 
392-393  ;  —  Son  manuscrit 
de  la  Grande  y  General  His- 
toria  d'Alphonse  le  Savant, 


393  ;  —  Manuscrit  de  la  Crô- 
nica de  los  cuatro  reyes,  prêté 
par  lui  à  un  certain  Johan  de 
Salzedo,  393-395  ;  —  Notes  et 
vers  de  lui  dans  le  ms.  d'une 
version  castillane  d\xl)eprae- 
conis  Hispaniae  de  Juan  Gil 
de  Zamora,  421-423;  —  Alfon- 
so  de  Zamora  traduit  pour  lui 
le  De  natura  angelica  de 
Francesch  Eximenis  424-425; 

—  La  version  castillane  du 
Guide  des  égarés  de  Maïmo- 
nide,  achevée  pour  lui,  444; 

—  P.  Candidi  Eulogium  in 
Enichum  Hispanum,  cogno- 
mine  Lupum,  468  ;  —  Epita- 
phium  Enici  Lupi  per  Tho- 
mam  Reatinum,  468-469.- 

Sanvisenti    (Bernardo),    lxxv, 

lxxxii,  269,  347. 
SanzdeNavarra(Lopede),  100. 
Saplana  (Père),  181. 
Saroïhandy  (Joseph),  387. 
Savj-Lopez  (Paolo),  lxxxii. 
Sayol  ;  v.  Ferrer. 
Segura    (Johan    Lorenzo)  ;    v. 

Johan  Lorenzo. 
Selma  (Fernando),  Lvii. 
Sehales  de  las  buenas  espadas 

antiguas,  en  castillan  119. 
Sénèque  (M.  A.)  Liber  decla- 

mationum,  en  latin,  103  ;   en 

castillan,  121. 
Sénèque,  lxxviii,   lxxxiv,  xci  ; 

—  De  legalibus  institutis,  en 
latin,  102,  103  ;  —  Epistolae 
morales  ad  Lucilium,  en 
latin,  102;  en  italien,  104-111; 
en  castillan,  118-120;  —  De 
liberalibus  artibus,  en  latin, 
102;  en  castillan,  120,  122; 
123  ;  —  De  questionibus  natu- 


500 


BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE    SANT1LLANE 


ralibu8\  en  latin;  103;  —  De 
breoitaté  vite,  en   latin,  103; 

—  Ad  Marciam  de  consola 
tione  filii  sut',  en  latin,  103  ; 

—  Ad  Helbiam  matrem 
de  consolât  ione,  en  latin 
103  ;  —  De  tranquillitate 
animi,  en  latin,  103  ;  — 
De  bcncficiis,  en   latin,  103; 

—  De     contemptu   honorant 
temporalium  et    voluptatum, 
en  latin,  103  ;   —   De  provi- 
dentiel, en  latin,  103  ;  en  ita- 
lien, 104,  106  ;   en    castillan, 
120-121,   123;   —    De   beata 
vita,   en  latin,  103  ;   en   cas- 
tillan, 123, 124; —  Proverbia, 
en   latin,    103  ;   en  castillan, 
127;  —  Tragédies,  en  italien, 
111-112;    —   Proverbios   de 
Seneca  llamaclos  vicios  ij  vir- 
tudes,  en   castillan,  113  ;    — 
Libido    de   amonestaciones    e 
dotrinas,   en    castillan,   120, 
122,   123  ;    —  De  clementia, 
en  latin,  102;  en  castillan,  120, 
121, 123  ;  —  Brève  copilacion 
que  de  sus  dichos  fue  fecha, 
en    castillan,   120,     121-122, 
123-124  ;   —    Traducteurs  et 
traductions  de    Sénèque    en 
Expagne,  124-131  ;  — De  ira, 
en  latin,  103;  en  castillan,  126, 
454  ;  —  Ludus  de  morte  Clau- 
dii,   en    castillan,   129,457; 
—  315,  422. 

Sermons;  v.  wSaint  Augustin. 

Sermones  contra  Anomios  ;  v. 
Saint  Jean  Chrysostome. 

Sevilla  (Alvar  Perez  de),  406. 

Séville,  Inondations  de  Cor- 
doue  et  de  Séville,  en  cas- 
tillan, 68,  73-74. 


Sforza  (François),  <\W. 
Siginulfo     (Bartolomeo    comte 

deCaserte),  110. 
Singuilerfe   (Bartholomy)  ;    v. 

Siginulfo. 
Singuileyfe    (Bartholomy)  ;    \ . 

Siginulfo. 
Sobre  cl  provecho  etc.  ;  v.  Go- 

mez  de  Zamora. 
Sonetti  e  canzoni  ;   v.    Pétrar- 
que. 
Stanislao     Polono,    130,    208, 

211,  349. 
Stanyol     (Arnau),    traduit    en 

catalan  le  De  régi  mine  prin- 

cipum    de   Gilles   de   Rome, 

211. 
Stolfi  (Casimiro),  322. 
Strategematon;  v.  Frontin. 
Strozzi  (Tito  Vespasiano),  324, 

325. 
Suârez  de  Figueroa  (Catalina), 

278,  341. 
Suchier  (Hermann),  189. 
Suétone,  De  vita  Caesarum,  en 

italien  150-151. 
Syrus  (Publius),  103. 


Talavera  (Hernando  de)  (?), 
Lettre  relative  à  la  succes- 
sion de  Henri  IV,  en  cas- 
tillan, 68,  70-71. 

Talleyrand  (Cardinal),  212. 

Talodiqui  (Domitri),  20,  21. 

Tamayo  de  Vargas  ;  v.  Vargas. 

Tardif  (Jules),  189. 

Tassi  (Francesco),  172. 

Tellez  Giron  (Pedro);  v.  Osuna 
(Onzième  duc  d'). 

Tendilla  (Inigo  Lopez  de  Men- 
doza,  comte  de),  lxxxvii, 
lwxviii. 


TABLE    DES    MATIÈRES 


501 


Tercera  Cronica  General,  en 
castillan,  399-400. 

Teri  (Teri  di  Lorenzo  di),   331. 

Teseide;  v.  Boccaee. 

Testament  {Le);  v.  Meun. 

Teuffel,  155. 

Thomas  d'Aquin;  v.  Saint  Tho- 
mas. 

Thucydide,  Discours  tirés  de 
F  histoire  de  la  guerre  du  Pé- 
loponèse,  en  aragonais,  16- 
18,  19, —  Discours  de  Péri- 
dès  au  peuple  d'Athènes,  22- 
25. 

Ticknor  (Georges),  313. 

Tifernas  (Gregorio),  traduit  en 
latin  le  De  poenitentia  de 
saint  Jean  Chrysostome  51, 
52;  — Fréquemment  confondu 
avec  Lilius  Tifernas,  de  son 
vrai  nom  Lilius  Archilibelli, 
52. 

Tifernas  (Lilius),  Epistola  in 
laudem  constant  inopolitane 
civitatis  et  g  reconnu  unionis, 
en  latin,  51,  53;  —  On  lui  a  at- 
tribué souvent  les  versions  de 
saint  Jean  Chrysostome  dues 
à  Gregorio  Tifernas,  52. 

Tiraboschi(Gerolamo),322,353. 

Tite-Live  ;  v.  Florus. 

Tite-Live,  lxxviii,  86  ;  —  Pre- 
mière décade,  en  castillan  96- 
97  ;  —  Seconde  décade,  en 
castillan  97-98  ;  —  Abrégé 
des  trois  décades  de  Tite-Live, 
en  castillan  98-99. 

Tolède  (Rodrigue  de)  ;  v.  Rodri- 
gue de  Tolède. 

Toledo;  v.  Diaz  de  Toledo, 

Toledo  (Diego  Lopez  de),  67. 

Toledo  (Juan  Carillo  de),  xl. 

Toledo   (Pedro  de),    traduit  en 


castillan  le  More  Nebuchim, 
de  Maïmonide  428-444. 
Toledo  (Pedro  Alcantara    de); 
v.  Infantado  (Treizième  duc 
del'). 
Tordesillas  (Alfonso  de),  395. 
Torre  (Fernando  de  la),  Répon- 
se à  la   lettre  de  Sancho   de 
Torres,  en  castillan,  68,  74. 

Torres  (Inès  de),  125,  128. 

Torres  (Sancho  de),  Lettre  à 
Fernando  de  la  Torre,  en 
castillan,  68,  74. 

Torres  Amat  (Félix),  182,  311, 
347,  381. 

Tostado  (El)  ;  v.  Madrigal. 

Tractatus  de  morali  principis 
institutione  ;  v.  Vincent  de 
Beauvais. 

Traité  de  la  chevalerie;  v.  De 
Militia. 

Traité  des  conditions  requises 
pour  être  bonhéraut  d'armes, 
en  castillan,  226,  227. 

Traité  de  géographie,  en  fran- 
çais, 366,  367. 

Traité  des  sept  articles  de  la 
foi;  v.  Meun. 

Traité  des  vices  et  des  vertus, 
en  castillan,  247,  248-249. 

Tratado  de  las  armas;  v.  Va- 
lera. 

Tratado  de  la  designacion  de 
los  officios  de  Roma;  v.  Da- 
vid. 

Tratado  de  los  gualardones  ;  v . 
Lucena. 

Tratado  de  los  rieptos  e  desa- 
fios;  v.  Tratado  de  las  ar- 
mas. 

Traversari  (Ambrogio),  sa  tra- 
duction latine  des  Sermones 
contra  Anomios  de  saint  Jean 


502 


BIBLIOTHEQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


Chrysostome,  40-50;  —  Sa 
traduction  latine  des  Homé- 
lies de  saint  Jean  Chrysos- 
tome, 50-53  ;  —  Epistola  ad 
Pet rumprincipe m  Lus it article, 
dédicace  de  sa  version  latine 
du  De  Dei  providentia  de 
saint  Jean  Chrysostome,  51. 

Trébizonde  (Georges  de),  tra- 
duit en  latin  le  De  praepara- 
tione  evangelica  d'Eusèbe  39; 
—  Traduit  en  latin  les  Libri 
in  evangelium  sancti  Mat- 
thei  de  saint  Jean  Chrysos- 
tome, 53-54. 

Trésor  (Le)\  v.  Latini. 

Treveth  (Nicolas  de\  86,  180, 
183, 185. 

Triunfo  del  Marqués  (El)  ;  v. 
Burgos  (Diego  de). 

Triveth  (Nicolas);  v.  Treveth. 

Trogue  Pompée;  v.  Justin. 

Troie  (Histoire  de),  en  castil- 
lan et  en  galicien  ;  v.  Benoît 
de  Sainte-More  ;  en  castillan, 
en  catalan  et  en  aragonais  ; 
v.  Guido  délie  Colonne  ;  — 
Traducteurs  et  traductions 
des  Histoires  de  Troie  en  Es- 
pagne, 270. 

Tudernopoli  (Évoque  de),  21. 

Tuscidanes;  v.  Cicéron. 

Ucalego  (Afanto),  traducteur  de 
Y  Ion  de  Platon  ;  v.  Boniila 
y  San  Martin. 

Uhagôn  (Francisco  de),  xxi, 
lxxix,  112,  115,  116,  129, 
313,  314,  363. 

Ungut  (Meynardo),  130,  208, 
211,346,349. 

Uriarte  (Manuel  de),  xvi. 

Urries  (Hugo  de),  134. 

Valdés  (Juan),  185. 


Valencia  (Diego  de),  379. 

Valencia  de  Don  Juan  (Comte 
de),  313. 

Valera  (Diego  de),  Lettres,  en 
castillan,  68,  69  ;  —  De  pro- 
videncia  contra  fortuna,  en 
castillan,  68,  74  ;  —  Doctri- 
nal de  principes,  en  castillan, 
68,  72-73  ;  —  Lettre  des  Rois 
Catholiques  à  Diego  de  Vale- 

■  ra  et  Réponse  à  ladite  lettre, 
68,  77-78  ;  —  Cérémonial  de 
principes,  en  castillan,  68, 
71,77,226,228,230;  —  Tra- 
tado  de  las  armas  226,  228, 
230. 

Valère-Maxime,  Memorabilia, 
en  italien  132-133  ;  en  castil- 
lan, 133-134. 

Valla  (Laurent),  20. 

Valladolid  (Pedro  de),  Com- 
mentaire de  Boèce,  en  castil- 
lan, 179-180,  185. 

Valori  (Baccio),  107. 

Varagine( Jacques  de),  I^egenda 
aurea,  en  castillan,  247-248, 
249;  —  Liste  des  vies  de  saints, 
250-252;  —  Vie  de  saint 
Biaise,  252-258. 

Vargas  (Tomas  Tamayo  de), 
115. 

Vaugris  (Vicenzo),  62. 

Vedia,  313. 

Vega  (Seigneur  de  la)  ;  v.  San- 
tillane. 

Vega,  (Notice  généalogique  de 
la  maison  de  la)  32-34. 

Vega  (Elvira  Laso  de  la),  444. 

Vega  (Garcilaso  de  la),  xxiv. 

Vega  (Leonordela),  xxm,  xxiv, 
xxv,  xxvn,  xxxii,  xxxin,  32. 

Vega  (Lope  de),  lxix. 

Vega  (Fray  Pedro  de  la),  100. 


TABLE    DES    MATIÈRES 


503 


Vega  (Pedro  Lasso  de  îa),xLvi. 

Végèce,  xvin  :  —  De  re  mili- 
tari, en  castillan,  68,  75-76. 

Venegas  Quixada  (Juan),  tra- 
duit Végèce,  en  castillan,  83. 

Viana  (Carlos  d'Aragon,  prince 
de),  125,  127. 

Viana  ("Carlos  d'Aragon,  prince 
de),  traduit  en  castillan  la 
version  italienne  du  De  nobi- 
litate  faite  par  Angelo  Decem- 
bri,  112,114,  116;  —  Préface 
de  sa  version  du  De  nobili- 
tate  de  Bonacorso  da  Mon- 
temagno,  attribué  à  Plutar- 
que,  116-117. 

Viana  (Jaime  de),  sa  version 
de  Végèce  est  la  seule  version 
castillane  imprimée  de  cet 
auteur,  83. 

Vicentia  (Ludovicus  de),  137. 

Vidal  (Miguel),  xvi. 

Vidal  y  Noya  (Francisco),  a  re- 
manié le  Salluste  castillan  de 
Vasco  de  Guzman,  79,  80. 

Vidal  y  Valenciano  (Ga3^etano), 
310,  311. 

Vidas  de  Dante  e  de  Pet  rare  a  ; 
v.  Bruni. 

Vie  de  Jésus  (fragment),  en  cas- 
tillan, 247,  248. 

Vies  de  Plutarque  ;  v.  Plutar- 
que  et  Heredia. 

Vigna  (Pier  délia),  xlv. 

Vilaragut  (Anton),  xci,  125, 
130. 

Villacreçes  (Pierre de)  ;  v.  Saint 
Pierre  de  Villacreçes. 

Villadiego,  100. 

Villanueva,  125,  181,    182,  211. 

Villaquiran  (Juan  de),  349. 

Villegas  (Estéban  Manuel  de), 
186. 


Villegas  (Gerônimo  de),  312. 
Villena    (Enrique    de),    xxvn, 

xxxiv,     LXII,     LXXIII,     LXXVII, 

lxxxiv,  139  ;  —  Sa  traduc- 
tion castillane  de  Y  Enéide  de 
Virgile,  89-90,  285,  286,  287, 
310; — Sa  traduction  castil- 
lane de  la  Divine  comédie 
faite  pour  le  marquis  de  San- 
tillane,  275-303  ;  —  Extraits, 
278-284  ;—  309-310,  318;  — 
Le  traité  d'alchimie  intitulé 
Ymagen  de  la  Vida  est  peut- 
être  une  épave  de  sa  biblio- 
thèque, 447,  448. 

Villena  (Juan  de),  copiste  du 
marquis  de  Santillane,  89. 

Villena  (Juan  Pacheco,  mar- 
quis de),  71. 

Vincent  de  Beauvais,  Tracta- 
tus  de  morali  principis  ms- 
titutione,  en  latin,  201,  202- 
203  ;  — Depuerorum  nobilium 
eruditione,  en  latin,  201,203; 
—  De  consolatione,  en  latin, 
201,  203. 

Violation  des  trêves,  en  castil- 
lan, 226,  229. 

Virgile,  xxvn,  lxv,  lxxviii, 
lxxxiv  ;  —  Enéide,  en  cas- 
tillan, 89-90  ;  —  Abrégé  de 
V Enéide,    en  italien,   90-91. 

Visconti  (Filippo-Maria),  66, 
148,  360. 

Visiani  (Robertode),  133. 

Vita  Aristotelis  ;   v.  Bruni. 

Vta  Dantis;  v.  Boccace. 

Vita  nuova  ;  v.  Canzoni  délia 
Vita  nuova;  v.  Dante. 

Vivero  (Alonso  de),  xliv. 

Voigt  (Georg),  11,  20,  39,  322, 
341. 

Vollmôller(Karl),3,  7. 


504 


BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 


Wagner  (Charles  Philip),  389. 
Walléys  (Thomas)  ;  v.  Galles. 
Ximenez  (Francesch);  \.  Exi- 

menis. 

Ymagen  de  la  Vida,  en  castil- 
lan, 445  448. 

Ynfamados  [De  los)>  en  castil- 
lan, 226,  228. 

Yriarte  (Juan),  242. 

Ystoria  Troyana  ;  v.  Troie. 

Zambrini  (Francesco),  31,  91, 
106,  108,111,   m,  320,  322. 

Zamora  ;  v.  (Gomez  de). 

Zamora  (Alfonso  de),  lxi,  85; 
—  Sa  traduction  castillane  du 
De  natuva  anc/elica  de  Fran- 
cesch Eximenis  faite  pour  le 
marquis  de  Santillane,  424- 
425. 

Zamora  (Gil  de),  Alabanças  de 
Espaiïa,  en  castillan,  278, 
421  423. 


Zamora  (J  uan  Alfonso  de  .  écrit 
sous  la  dictée  d'Alonso  de 
(  îartagena  la  lin  de  la  v  er- 
sion  castillane  du  j  De  casi- 
bus  virorum  ilhustrium  de 
Boccace,  commencée  \>;u-  Pe- 
ro  Lopez  de  Avala.  345, 
346. 

Zamorensis  (Alfonso);  v.  Za- 
mora. 

Zarco  del  Valle  (Manuel  He- 
mon),  348. 

Zonaras  (Jean),  410. 

Zorita  (Anton  ,    lu,    lvii,  lviii, 

LXI,  LXII,  LXVII,  LXVIII,  LXXXIX  ; 

—  Sa  traduction  castillane  de 
l' Arbre  des  batailles  d'Ho- 
noré Bonnet,  374,  378,  379  ; 

—  Préface  de  sa  traduction 
datée  de  1441,  375-378. 

Zurita  (Gerônimo),  233,  392. 


ADDITIONS   ET   CORRECTIONS 


p.  16,  cote,  au  lieu  de  «  Rocam.  n°  19  »,  lisez  «  Rocam.  n°  91  ». 

p.  17,  ligne  2  du  bas,  au  lieu  de  «  Hermocrates  »,  lisez  «  Her- 
m  ocra  te  ». 

p.  19.  ((  La  manière  dont  ce  volume  est  composé  prouve  com- 
bien l'esprit  de  Heredia  était  à  la  fois  curieux  et  actif,  etc.  » 
M.  Daniel  Serruys,  ancien  membre  de  l'École  Française  de  Rome, 
qui  s'est  occupé  spécialement  des  manuscrits  de  Thucydide,  nous 
a  rappelé  qu'il  existe  des  textes  de  cet  auteur  ne  contenant  que 
les  harangues.  Il  n'est  donc  pas  nécessaire  d'admettre  qu'Here- 
dia  ait  commandé  des  extraits  de  Y  Histoire  de  la  guerre  du  Pèlo- 
ponèse,  il  a  peut-être  simplement  fait  exécuter  la  version  d'un 
manuscrit  des  discours. 

p.  20,  ((  Domitri  Talodiqui  ».  A  propos  de  ce  nom,  M.  Morel- 
Fatio,  dans  son  édition  de  la  Crônica  de  Morea  (Préface,  p.  xx, 
n.  2),  dit  que  M.  Sathas  lui  a  fait  observer  que  ce  nom  n'était  pas 
grec,  mais  qu'en  le  «  corrigeant  légèrement,  on  obtiendrait  Dimi- 
iri  Calodiqui  ou  Calotiqui  (KaXoor/r^  ou  KaXoxu^ç,  Démétrius  le 
Bon-juge  ou  le  Fortuné).  » 

p.  35,  ligne  11  du  bas,  «  todo  et  »,  lisez  «  todo  el  ». 

p   64,  ligne  2,  au  lieu  de  Pologo,  lisez  Prologo. 

p.  110.  Dans  un  mémoire  intitulé:  De  l'expansion  de  la  langue 
française  en  Italie  pendant  le  Moyen- Age  (Atti  del  congresso 
internazionale  di  scienze  storicke,  vol.  IV,  Rome,  1904), 
M.  Paul  Meyer  cite  la  version  française  des  lettres  de  Sénèque, 
faite  par  un  italien  à  la  demande  de  Bartolomeo  Siginulfofp.  95- 
98).  L'auteur  se  sert  des  mêmes  arguments  que  nous  pour  déter 
miner  la  date  de  cette  traduction,  il  parle  aussi  de  la  version 
catalane  de  ces  lettres.  Quand  ce  mémoire  a  paru,  notre  notice 
était  déjà  imprimée,  c'est  pourquoi,  n'ayant  pu  consacrer  une 
note  à  cette  intéressante  étude,  nous  la  mentionnons  ici. 

p.  116,  au  lieu  de  «  Voici  les  extraits  que  nous  avons  tirés  », 
lisez  «  Voici  des  extraits  ». 


500  BIBLIOTHÈQUE    DU    MARQUIS    DK    SANTILLANK 

p.  131,  note  1,  au  lieu  de   «  Gallardo,    col.  1030  »,  lisez    «  Ga- 
llardo, n°  1030». 
p.   138,  au  de  «   Lucain.    Manuscrit   perdu.  »,    lisez  a  Lucain,  la 

Pharsale.  En  italien.  Manuscrit  perdu  ». 
p.  143,  au  lieu  de  a  réglé  à  28  lignes.  »,  lisez  «  réglé  à  28  lignes; 

vélin.  » 
p.  146,   au   lieu  de  a  Quinte-Curce,    traduit  en  castillan  »,  lisez 

((  Quinte-Curce,  Histoire  d'Alexandre,  traduite  en  castillan  ». 
p.  171,  note  l,au  lieu  de  «  (p.  475,  note  2»,  lisez  a  (p.  473,  note  2)». 
p.  176,  Ms.  B,  au  lieu   de  «  Rocam.   n°  37   »,  «  lisez  «  Rocam. 

no  36  ». 
p.  179.  Ms.  C,  au  lieu  de  «  Rocam.  n°  36  »,  lisez  «  Rocam.  n°  37  ». 
p.  193,  au  lieu  de  «  Alphonso  Alvarez  de  Toledo  »,  lisez  «  Alfonso 

Alvarez  de  Toledo.  » 
p.  212.  Nous  avons  négligé  d'indiquer  à  propos  de  Bernard  Gui  que 

nous   avons  publié  une  note  sur  ce  manuscrit  de  Madrid  dans 

la  Bibliothèque  de  V École  des  Chartes,  LVII,  637-639. 
p.  214,  au  lieu  de  «  Philippe  IV  »,  lisez  «  Philippe  VI  ». 
p.  226,  2  et  3  au  lieu  de  «  Rodrigues  del  Padron  »,  lisez  «  Rodri- 

guez  del  Padron  ». 
p.  247,  titre,  ajoutez  au  titre  la  mention  «  En  castillan  ». 
p.  333.   au  lieu  de  «  Historia  critica,  t.   IV,  p.  41  »,  lisez  «  His- 

toria  critica,  t.  VI,  p.  41  ». 
p.  341,  au  lieu  de  «  celles  de  sa  seconde  femme  »,  lisez  «  celles  de 

sa  femme  » . 
p.  347,  au  lieu  de  «  Ponz  de  Icart  »,  lisez  «  Pons  de  Icart  ». 
p.  350,  note  2,  au  lieu  de  «  Romania,  t.  XXXI,  p.  1  »,  lisez  «  Ro- 

mania,  t.  XXXI,  p.  28-81  ». 
p.  353,  au  lieu  de  «  Azzo  da  Coregio  »,  lisez  «  Azzo  da  Coreggio». 
p.  361,  ligne  20,  au  lieu  de  «  e  onor  de  las  dioses  »,  lisez  «  e  onor 

de  los  dioses  ». 
p.  389.  M.  Charles  Philip  Wagner  a  publié  dans  la  Revue  His- 
panique, t.  X  (1903)  un  consciencieux  travail  sur  les  sources  du 

Cav aller o  Cifar. 
p.  420,  au  lieu  de  De  Verbo  contra  udaeosf  lisez  De  Verbo  contra 

iudaeos. 
p.  447,  au  lieu  de  «  M,  Mourelo  »,  lisez  «  M.    Rodriguez   Mou- 

relo  » . 


TABLE  DES  CHAPITRES 


Avant-propos •  • xi 

Introduction  : 

Chapitre  I.  —  La  vie  de  D.  Inigo  Lopez  de  Mendoza. . .  xx 

Chapitre  II.  —  Le  marquis  de  Santillane  a-t-il  su  le 

latin  ? lxiu 

Chapitre   III.  —  L'œuvre  littéraire    d'Inigo   Lopez  de 

Mendoza lxx 

Chapitre  IV.  —  La  Bibliothèque  de  Guadalajara lxxxih 

Chapitre    I .  —  Homère 1 

—  II .  —  Platon 8 

—  III.  —  Thucydide 16 

—  IV.  —  Aristote 30 

—  V.  —  Polybe 37 

VI .  —  Eusèbe 39 

—  VII .  —  Saint  Jean  Chrysostome 49 

—  VIII .  —  Historia  de  Praeliis 55 

—  IX.  —  Cicéron 56 

—  X .   —  Jules  César 65 

—  XI .  —  Salluste 68 

—  XII.  —  Ovide 84 

—  XIII .  —  Virgile 89 

—  XIV.  —  Trogue  Pompée 92 

—  XV.  —  Tite-Live 95 

—  XVI .  —  Sénèque. 102 

—  XVII .  —  Valère-Maxime 132 

—  XVIII .  —  Flavius  Josèphe 135 

—  XIX.   —  Lucain 136 

XX.   —  Frontin 141 

—  XXI .  —  Quintilien 142 

—  XXII .  —  Pline  (lAncien) 145 

—  XXIII .  —  Quinte-Curce 146 


50S  BIBLIOTHÈQUE   DU    MARQUIS    DE   SANTILLANE 

Chapitre  XXIV.   —  Suétone 150 

XXV.  —  Palladius 152 

XXVI .   —  Jean  Cassien 160 

—  XXVII.  —  Saint.  Ambroise 162 

—  XXVIII.  —  Saint  Augustin 163 

XXIX.  —  Paul  Orose 166 

XXX .   —  Boèce 174 

XXXI .   —  Justinien 178 

—  XXXII .   —  Saint  Grégoire 190 

--     XXXIII .   —  Papias 194 

—  XXXIV.   —  Historia  Hierosolymitana 196 

—  XXXV.   —  Pierre  le  Mangeur 197 

—  XXXVI .   —  Innocent  III 198 

—  XXXVII .  —  Guibert  de  Tournai 201 

—  XXXVIII.  —  Saint  Raymond  de  Pennafort 205 

—  XXXIX.   —  Lanfranc 207 

XL.   —  Gilles  de  Rome 209 

XLI .    -  Bernard  Gui 212 

XLII .   —  Nicolas  de  Lire 215 

XLIII.   -  Barthole 226 

XLIV.   —  Bible 235 

XLV .   —  Legenda  aurea 247 

XLVI .   —  Histoire  de  Troie 259 

—  XLVII.   -  Dante 271 

—  XLVIII.   —  Pétrarque 320 

XLIX.    -  Boccace .  . 327 

—  L.  —  Armannino  Giudice 352 

—  LI .   —  Cecco  d'Ascoli 355 

LU .  —  Matteo  Palmieri 356 

LUI .   —  Leonardo  Bruni 357 

LI V .   —  Giannozzo  Manetti 364 

LV .   —  La  Mappemonde 366 

—  LVI .   —  Le  Roman  de  la  Rose 368 

LVII .   —  Alain  Chartier 371 

LVIII.   —  Honoré  Bonnet 373 

LIX.   —  Roman  de  Liesse  et  Cardenois 380 

LX.   —  Matfre  Ermengaud 383 

LXI.   --  Raymond  Lull 385 

—  LXII .   —  Lihro  de  Alexandre 386 

LXI II .   --  Lihro  del  Caballero  de  Bios 388 


TABLE    DES    CHAPITRES  5()9 

Chapitre    LXIV.   —  Chroniques  générales  et  particulières 

d'Espagne 390 

—  LXV.   —  Alphonse  le  Savant 413 

LXVI .   —  Ordonnances 110 

LXVII.   —  Gil  de  Zamora 421 

—  LXVIII.   —   Francesch  Eximenis 424 

—  LXIX .   —  Juan  de  Fuent  Sauco 426 

—  LXX .   —  Maïmonide 428 

—  LXXI .   —   Ymagen  de  la  Vida 445 

Appendice  1 .  —  Nuno  de  Guzman 441) 

Appendice  2.  —  Diego  de  Burgos  :  Préface  du   Triunfo  del 

Marqués 460 

Appendice  3.  —  Ifiigo  Lopez  de  Mendoza,  quatrième  duc  de 

l'Infantado  :  Préface  du  Mémorial  de  cosas  notables. . .  .  105 
Appendice  4.    —  Vers  latins  sur  la  mort  du  marquis  de 

Santillane 468